Au milieu du 13e siècle, les Pauvres lombards doivent quitter les villes d'Italie septentrionale pour les zones rurales. Ils vont s'installer dans les vallées des Alpes qui s'ouvrent au sud du Montgenèvre. Cette région deviendra un des centres les plus importants du mouvement vaudois et plus tard le seul refuge de l'Eglise vaudoise. L'Inquisition s'installe de part et d'autre des Alpes vers 1290. Les Pauvres lombards vont propager aussi le valdéisme sur les terres allemandes et slaves. Il est difficile de suivre leur progression vers le nord. Les documents vaudois sont très rares. Seule la documentation des inquisiteurs qui les pourchassent apporte des éléments. On sait ainsi que la vallée du Danube a été un lieu important de diffusion des idées vaudoises. Vers 1266, on y compte une quarantaine de communautés et leur " évêque " a établi sa résidence à Anzbach en Basse-Autriche. Vers la fin du 14e siècle, deux inquisiteurs, Martin de Prague et Pierre Zwicker organisent une répression de grande envergure. En 1381 en Bavière, l'année suivante à Erfurt. En 1382 elle touche le Brandebourg et plus exactement Stettin, puis en 1395 la Styrie. En 1392, l'Inquisition rédige une liste de douze responsables : on y trouve des Polonais, des Hongrois, des Tchèques, des Bavarois, des Autrichiens et des Grisonnais, ce qui témoigne de l'extension de la diaspora vaudoise sur les terres de l'Empire. On signale des Vaudois en Suisse, contraints d'abjurer à Berne puis à Fribourg en 1399. En 1410 et 1404 ce sont deux localités hongroises, Sopron et Buda, qui sont frappées. Les inquisiteurs sont en Slovaquie en 1403. La Bohême enfin fut une terre de diffusion intense, la présence vaudoise y étant liée à l'immigration allemande à la recherche de nouvelles terres à défricher. La Flandre est aussi en rapport avec l'histoire vaudoise par des traces ambiguës. Ainsi, l'adjectif " vaudois " dans cette région est non seulement synonyme d'hérétique, comme partout ailleurs (ce n'est pas par hasard que Jeanne d'Arc fut condamnée comme " vaudoise "), mais il devient aussi l'équivalent de sorcier. " Aller "à la vauderie" signifie participer aux rencontres nocturnes avec les sorcières pour leur sabbat et y adorer le diable sous forme d'un bouc. En 1459-1460, la ville d'Arras fut au centre d'une grosse affaire d'hérésie qui prit le nom de "Vauderie d'Arras", l'accusation étant précisément celle de " vauderie" dans le sens flamand, c'est-à-dire de sorcellerie " (Giorgio Tourn). On trouve des exemples comparables dans le Dauphiné. Les Vaudois du Languedoc, malgré la répression de l'Inquisition n'ont pas totalement disparu. L'inquisiteur Pierre Sellan en découvre deux cents à Montauban entre 1241 et 1242. Des documents datant du milieu du 13e siècle témoignent de la présence de Vaudois à Auch, Narbonne, Nîmes. A la même époque, la Haute Provence enregistre une migration de Vaudois. On connaît l'existence de groupes vaudois dans le Luberon vers la moitié du 14e siècle. Des familles entières y sont accueillies et y vivent en cachette venant du Dauphiné et du Piémont. Ainsi les Vaudois d'Italie et ceux du Midi de la France traversent aux mêmes époques les mêmes vicissitudes.


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