Module Chrétiens désunis? Le mouvement œcuménique aujourd'hui



Bien des manières de vivre la différence



Bien des manières de vivre la différence

Si les chrétiens cherchent à vivre dans la fidélité à l'identité chrétienne, toutes les Eglises n'ont pas la même manière de concevoir ce qui appartient à la pleine identité chrétienne. L'identité confessionnelle concerne cette forme et cette façon qu'a chaque Eglise de confesser sa foi.
En période de séparation, on voit les diverses Eglises se réclamer chacune exclusivement de la fidélité et de l'authenticité chrétiennes. Pourtant chaque confession chrétienne doit se demander si le jugement qu'elle porte sur les autres est véritablement fondé sur l'Evangile. Elle doit notamment reconnaître la riche pluriformité de l'Eglise.
Cela suppose que chaque confession reconnaisse qu'il y a chez elle matière à conversion. Elle doit pour cela " se confesser ", passer à l'aveu de ses limites et de ses insuffisances. Chaque famille confessionnelle doit reconnaître qu'il existe des éléments de tradition chrétienne qu'elle est incapable, au moins pour le moment, de recevoir et d' intégrer à sa propre existence.

d'après le Groupe des Dombes, Pour la conversion des Eglises, 1991.


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Bien des manières de vivre la différence

Si les chrétiens cherchent à vivre dans la fidélité à l'identité chrétienne, toutes les Eglises n'ont pas la même manière de concevoir ce qui appartient à la pleine identité chrétienne. L'identité confessionnelle concerne cette forme et cette façon qu'a chaque Eglise de confesser sa foi.
En période de séparation, on voit les diverses Eglises se réclamer chacune exclusivement de la fidélité et de l'authenticité chrétiennes. Pourtant chaque confession chrétienne doit se demander si le jugement qu'elle porte sur les autres est véritablement fondé sur l'Evangile. Elle doit notamment reconnaître la riche pluriformité de l'Eglise.
Cela suppose que chaque confession reconnaisse qu'il y a chez elle matière à conversion. Elle doit pour cela " se confesser ", passer à l'aveu de ses limites et de ses insuffisances. Chaque famille confessionnelle doit reconnaître qu'il existe des éléments de tradition chrétienne qu'elle est incapable, au moins pour le moment, de recevoir et d' intégrer à sa propre existence.

d'après le Groupe des Dombes, Pour la conversion des Eglises, 1991.


Après étude du texte, nous vous proposons une série de questions qui vous permettront d'actualiser le texte, et de faire de ce récit le vôtre
(nb : les visuels associés aux questions sont uniquement présents pour vous inspirer, mais ne constituent pas un élément de réponse)

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  • 20060213211151


    Quels critères (théologiques, éthiques, historiques ...) utilisez-vous pour dire qu'un choix, qu'une décision, qu'une affirmation est ou n'est pas chrétienne ? Pouvez-vous imaginer d'autres critères ?

  • 20060213211226


    Avez-vous déjà fait (personnellement ou dans votre entourage) l'expérience d'un choix perçu par d'autres comme non-conforme à l'Evangile ? Comment avez-vous réagi ?

  • 20060213211301


    Quelles différences entre les Eglises sont, selon vous, indispensables, indifférentes, superflues, nuisibles à l'unité ?

  • 20060213211447


    Si vous faites partie d'une Eglise, quels aspects de la vie d'autres Eglises aimeriez-vous intégrer dans la vôtre ?



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Soyez acteur de votre lecture


  • Comment définiriez-vous l'identité chrétienne ? Qu'est-ce que l'identité confessionnelle ?
  • Quels critères utiliseriez-vous pour préciser ce qui est compatible avec la foi chrétienne et ce qui ne l'est pas ?
  • Quelles sont selon vous les " limites ", et les " insuffisances " de chacune des grandes traditions chrétiennes : anglicanisme, catholicisme, orthodoxie, protestantisme ?
  • Si vous appartenez à une Eglise, diriez-vous qu'elle a besoin d'opérer des conversions ? Lesquelles ? En diriez-vous autant d'autres Eglises chrétiennes ?
  • Proposition pour un travail écrit :
    A prendre dans les Questions pour aujourd'hui

Un peu de culture...

Malgré les différences, on puise à la même source...

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" Ce n'est pas à l'occasion de superficielles manifestations, qui restent des compétitions, que les vrais rapprochements se font : c'est en profondeur seulement que les distances se raccourcissent. "
Paul Ricoeur


Le témoignage chrétien en diverses confessions

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Façade de l'abbaye (anglicane) de Westminster à Londres
Au cours des siècles, dix niches étaient restées vides au-dessus du porche d'entrée de l'abbaye de Westminster à Londres. Les responsables de ce haut lieu de l'anglicanisme prirent la décision d'y poser les statues de dix " martyrs " du 20e siècle, représentant le témoignage chrétien en diverses confessions : des anglicans bien sûr (Manche Masemola et Janani Luwum), mais aussi deux catholiques (Maximilien Kolbe et Oscar Romero), un luthérien (Dietrich Bonhoeffer), un baptiste (Martin Luther King), une orthodoxe (Elisabeth de Russie), une évangélique (Esther John)... Autour de l'archevêque de Cantorbéry, des responsables de plusieurs Eglises assistèrent le 3 juillet 1998 au dévoilement de cette façade restaurée.


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L'identité chrétienne - [Clés de lecture]

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Une manière de dire l' identité chrétienne est d'exprimer le " spécifique chrétien ", c'est-à-dire sa différence essentielle avec d'autres religions.
Dès les débuts de l'Eglise, on cherche à préciser l'identité chrétienne. Or certains textes diffusés dans les premiers siècles colportaient des doctrines ou des portraits de Jésus qui ne paraissaient pas s'inscrire dans la fidélité au message des apôtres. Il fallait donc réagir et faire un tri : on va s'entendre sur une liste close d'écrits " canoniques " (du grec canôn, qui signifie règle, et plus largement ce qui fait référence) ; d'autres textes seront rejetés. Aujourd'hui encore les Eglises estiment que malgré une légitime diversité, tout n'est pas compatible avec l'Evangile.

L'identité confessionnelle - [Clés de lecture]

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L'identité confessionnelle réside dans une manière particulière de vivre l'identité chrétienne, manière historiquement, culturellement et doctrinalementvoir entrée Pourquoi ces différences ? située. C'est le " profil " propre d'un ensemble d'Eglises, la manière commune dont ces Eglises comprennent leur spécificité spirituelle. Cette identité peut toucher les caractéristiques théologiques, les structures ecclésiales, la vie liturgique, les expressions de la piété personnelle et les prises de position morales. Chaque identité confessionnelle privilégie certains aspects particuliers du message évangélique. Historiquement, chaque Eglise se veut l'Eglise de Jésus-Christ fidèle au message apostolique. Mais cette prétention a pu prendre parfois un caractère exclusif et dresser les Eglises les unes contre les autres. Cela a pu aboutir à un rejet mutuel, voire à des conflits guerriers et des persécutions.

Le jugement - [Clés de lecture]

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En période de séparation, on voit les diverses Eglises se réclamer chacune exclusivement de la fidélité et de l'authenticité chrétiennes. Chacune demande alors l'allégeance à ses propres institutions ou doctrines. Ce sont elles qui conditionneraient alors l'appartenance à la véritable Eglise de Jésus-Christ. On ne peut oublier que les identités confessionnelles se sont construites et cristallisées dans l'histoire à partir d'événements de rupture. Sans doute chacune des parties entendait-elle justifier sa position par des raisons de foi et de fidélité au message chrétien originel en insistant sur des éléments positifs. Mais la naissance d'une nouvelle Eglise s'est faite aussi de manière très polémique s'accompagnant d'aspects de refus et d' agressivité à l'égard de la manière dont d'autres chrétiens vivaient leur identité chrétienne. Au cours des siècles, des Eglises (ou des responsables d'Eglises) se sont condamnées réciproquement. On trouve ainsi de nombreux exemples de polémique violente et de condamnation entre catholiques, orthodoxes et protestants.
Dans un tel contexte polémique, la recherche de l'unité est souvent comprise comme l'absorption d'une Eglise par une autre. On cherche à faire entrer les membres d'autres Eglises dans sa propre Eglise. On ne songe alors qu'à sa propre identité en sacrifiant celle des autres : si une seule Eglise a raison, les autres doivent abandonner leurs manières de voir et de faire.
Une des premières tâches du dialogue œcuménique est donc de lever les condamnations qui ont été proférées au cours de l'histoire.

La pluriformité - [Clés de lecture]

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Un premier pas sur le chemin de l' unité consiste à reconnaître que les différences peuvent être sources d'enrichissement mutuel. L'Eglise n'est pas un bloc monolithique avec une seule manière de vivre et de témoigner de l'Evangile. Ainsi on réalise que les différences d'approche, de compréhension, d'organisation et d'actualisation du message évangélique existent depuis toujours et ne sont pas inévitablement facteurs de division. Le même message a été traduit dans des contextes variés qui ne sont pas réductibles à l'uniformité. Ainsi, les traditions variées qui ont essayé de s'adapter au contexte de leur temps peuvent aujourd'hui être des opportunités d'interpellation mutuelle au lieu d'occasionner conflits et exclusions réciproques.
Il importe de réaliser que la diversité est généralement acceptée quand tous les partenaires du dialogue ont l'impression de ne pas devoir trahir l'essentiel de leurs convictions et que l'on discute d'égal à égal, sans que l'un des partenaires ne prétende confisquer le sens du message. L'ouverture que représente une telle manière de voir est évidente : au lieu de condamner, on valorise des approches différentes. C'est une étape qui peut mener à un enrichissement mutuel des partenaires s'ils restent en dialogue.
Pourtant, le risque en est de consolider le statu quo. Les Eglises se satisfont alors de la condition de séparation ou de relations floues qui ne sont plus considérées comme séparatrices. On juge possible de conserver paisiblement les identités de tous sans se demander si certaines conversions ne s'imposent pas.

La conversion - [Clés de lecture]

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Le mouvement œcuménique refuse le statu quo de la division. Le Groupe des Dombes a particulièrement souligné la nécessité d'une conversion confessionnelle des Eglises. Les identités confessionnelles sont en effet un héritage au sein duquel il faut opérer un discernement afin d'en recueillir toutes les valeurs positives tout en sachant reconnaître leurs limites et leurs insuffisances. Chaque Eglise doit donc opérer un discernement dans son propre héritage. Bien sûr, les conversions à opérer sont différentes pour chacune des Eglises.
Le mouvement œcuménique peut ainsi prendre la forme d'un processus de conversion : il s'agit pour chacun de retrouver des éléments de fidélité à l'Evangile qu'il a pu perdre ; il est amené aussi à considérer comme non décisives certaines de ses propres particularités et celles de l'autre.

Intégrer : l'échange de dons - [Clés de lecture]

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L'exigence de conversion invite les Eglises à s'ouvrir les unes aux autres, à se laisser pénétrer par les valeurs dont les autres sont porteuses. Il n'est en effet pas suffisant pour les Eglises de se dire complémentaires. Chaque Eglise doit apprendre à reconnaître que tel ou tel élément de la foi chrétienne est vécu de manière plus fidèle dans une autre tradition confessionnelle ; humblement, elle peut reconnaître qu'elle gagnerait à intégrer cet élément dans sa propre vie. Le décret de Vatican II sur l'oecuménisme reconnaît par exemple que " certains aspects du mystère révélé [ont] été parfois mieux saisis et mieux exposés " dans les Eglises d'Orient que dans les Eglises d'Occident (Unitatis Redintegratio, 17). Une Eglise peut ainsi recevoir les dons d'une autre Eglise et vice versa. Un tel échange des dons entre les Eglises, dans leur complémentarité, rend féconde la communion.

Légitime diversité - [Contexte]

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Une conviction anime aujourd'hui les acteurs du mouvement œcuménique : l'unité de l'Eglise ne réside pas dans une hypothétique uniformité. Comme le souligne le théologien luthérien André Birmelé, " l'unité consiste à reconnaître dans la confession de foi de l'autre communauté sa propre foi sous une autre expression. Il s'agit de transformer le pluralisme de confessions qui s'excluent l'une l'autre, en une nouvelle diversité où une Eglise pourra reconnaître dans la confession de foi de l'autre Eglise, sa propre foi dans une piété, une ecclésialité et une théologie différentes. Pareille unité dans la diversité ne signifie ni fusion, ni uniformisation, mais bien reconnaissance et acceptation réciproque de l' altérité. Pareille unité dans la diversité est seule en mesure de rendre pleinement témoignage à la richesse de l'Evangile de Jésus-Christ. "

Tout n'est pas compatible avec l'Evangile - [Contexte]

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Aujourd'hui encore des Eglises estiment que certaines doctrines ou attitudes sont incompatibles avec le message du Christ. C'est en effet l'identité chrétienne qui est en jeu.

  • Dans leur ensemble, les Eglises ont combattu le racisme. C'est ainsi qu'en 1982, la 21e Assemblée Générale de l'Alliance Réformée Mondiale réunie à Ottawa (Canada) affirme son refus " de toute justification théologique de l'apartheid comme relevant du status confessionis pour les Eglises, étant donné qu'une telle justification théologique constitue une parodie de l'évangile et, en raison de la désobéissance persistante de la Parole de Dieu qu'elle implique, une hérésie ". En 1984, la Septième Assemblée de la Fédération Luthérienne Mondiale à Budapest excluait deux Eglises blanches d'Afrique du Sud, en raison du soutien continu apporté par ces deux Eglises au système d'apartheid et de leur incapacité à mettre fin à la division établie entre leurs membres selon des critères raciaux.
  • Depuis 2001, l'Eglise catholique ne reconnaît pas comme valide le baptême administré dans l'Eglise de Jésus-Christ des Saints des derniers jours (Mormons). Dans la formule baptismale utilisée par les Mormons, les mots sont ceux de la foi chrétienne (" je te baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit "). Mais la signification de ces mots pour les Mormons n'a rien à voir avec celle que leur donnent les Eglises chrétiennes : les personnes ainsi désignées ne sont pas les trois personnes divines mais trois dieux distincts, des dieux d'origine humaine. Cette différence avec la foi trinitaire des Eglises est si profonde que la doctrine des Mormons ne peut pas être reconnue comme chrétienne, mais comme une croyance totalement étrangère au christianisme. Sur cette base, l'Eglise catholique estime que le baptême mormon ne peut pas être reconnu comme un baptême chrétien. Les Eglises orthodoxes et protestantes se situent dans la même perspective

La hiérarchie des valeurs - [Contexte]

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Dans le dialogue avec l'autre, on constate qu'il y a différence et différence. C'est pourquoi il convient de ne pas tout mettre sur un pied d'égalité. Certaines différences sont profondes, fondamentales, d'autres le sont moins. A l'intérieur d'une même confession, il y a donc une hiérarchie des valeurs, ou comme l'exprime l'Eglise catholique, une " hiérarchie des vérités ". Dès que deux ou plusieurs partenaires entrent dans un dialogue, il convient de vérifier la hiérarchie des valeurs de chacun. Car ce qui est une conviction profonde pour l'un ne l'est pas forcément de la même manière pour l'autre. Il s'avère important dans le dialogue de reconnaître que les partenaires fonctionnent éventuellement avec des " hiérarchies de valeurs " différentes. Le point qui " fait exister ou tomber l'Eglise " (Luther) ne se situe pas chez les uns et les autres au même endroit. Il faut donc se garder de reprocher à l'autre son hésitation dans une question qui est pour lui cruciale, alors qu'on la juge soi-même secondaire.

Différence légitime, différence séparatrice - [Contexte]

Dans la démarche œcuménique, on distingue entre des différences légitimes entre les Eglises chrétiennes et celles qui sont séparatrices. Les différences légitimes ne sont pas un handicap pour l'unité des Eglises, les différences séparatrices signent la désunion. La difficulté provient du fait que souvent la même différence est jugée séparatrice pour les uns, alors qu'elle est considérée comme légitime par les autres. Décider ensemble du critère pour discerner entre différence légitime et différence séparatrice est donc un enjeu fondamental.

Des joueurs de cartes - [Contexte]

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Le luthérien américain George A.Lindbeck (né en 1924) qui était un des observateurs protestants à Vatican II, compare une religion à un langage qui comporte un vocabulaire et une grammaire. Pour les chrétiens, la Bible représente le lexique qui fournit les termes et les notions de notre langage. Chaque confession les utilise, mais en employant une syntaxe différente. Nous avons le même vocabulaire, pas la même grammaire. Pour prendre une autre image, selon Lindbeck, le dialogue interconfessionnel ressemble à une partie de cartes, où deux joueurs joueraient au bridge et deux autres à la belote. Ils constatent que cela ne marche pas, et pour arranger les choses, pour s'accorder, ils se mettent à discuter de la figure du roi de trèfle ou de la dame de carreau. Ils perdent leur temps. Quand ils se seront entendus pour décider que le roi de trèfle sera barbu et la dame de carreau blonde, en fait, ils n'auront rien résolu, car ce ne sont pas les cartes, les notions utilisées, les doctrines particulières qui les séparent, mais les règles mêmes du jeu. (cf. Lindbeck, George A., La nature de la doctrine. Religion et théologie à l'âge du postlibéralisme, Paris : Van Dieren, 2002)

Des conversions différentes - [Contexte]

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Voici quelques conversions suggérées par le Groupe des Dombes au sujet du contentieux sur Marie. On constatera qu'elles sont différentes pour les catholiques et pour les protestants.

  • L'Eglise catholique ne ferait pas de l'acceptation des deux dogmes de l'Immaculée Conception et de l'Assomption " un préalable à la pleine communion entre les Eglises. Elle demanderait seulement aux partenaires avec lesquels elle renouerait cette communion de respecter le contenu de ces dogmes, de ne pas les juger comme contraires à l'Evangile ni à la foi " (Marie dans le dessein de Dieu et la communion des saints, Paris : Bayard, 1999).
  • Les Eglises protestantes devraient " quitter l'horizon des polémiques stériles et des caricatures faciles que l'on prête aisément à l'autre pour mieux s'en démarquer. A force de réagir contre la trop grande place faite à Marie dans la piété catholique, les protestants se sont réduits à un silence qui non seulement ne respecte pas la foi catholique romaine, mais encore provoque une forme d'autocensure qui ne fait droit ni à la position des Réformateurs ni à la place de Marie dans l'histoire du salut " (ibid.)

L'échange de dons - [Contexte]

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  • Un catholique français pourra par exemple apprécier la manière dont les protestants vivent dans le monde contemporain : sans problème apparent avec la modernité, sans peur ni méfiance à l'égard des évolutions sociales. Les pasteurs sont " habillés comme tout le monde ", à l'aise dans un monde sécularisé. Ce catholique pourra souhaiter que l'Eglise catholique sache elle aussi se situer dans la société avec le même a priori bienveillant, sans condamnation.
  • D'une manière analogue, un protestant peut apprécier le sens de la liturgie qu'il découvre en assistant à une célébration catholique ou orthodoxe. Il peut souhaiter que sa propre Eglise veille à intégrer davantage des éléments liturgiques dans un culte centré parfois trop unilatéralement sur le moment de la prédication, voire sur le prédicateur.
  • Un orthodoxe pourra apprécier la capacité qu'a l'Eglise catholique à présenter généralement une position unique et cohérente sur une question d'ordre ecclésiologique, éthique ou encore sociale ; il peut souhaiter une meilleure communication et une meilleure cohésion entre les différentes Eglises orthodoxes de façon à ce qu'elles parlent plus souvent d'une seule et même voix.

Il n'est pas alors question de tout mélanger, mais d'approfondir la connaissance de l'autre tradition pour y puiser des intuitions peu pratiquées ou parfois oubliées pour sa propre Eglise.

Suggestions du Groupe des Dombes - [Contexte]

Le Groupe des Dombes suggère quelques " échanges de dons " possibles, par exemple au sujet de l'apostolicité de l'Eglise :

  • Appel adressé aux Eglises de la réforme protestante
    " Les Eglises issues de la réforme protestante affirment à juste titre que la succession apostolique est la fidélité à la foi des apôtres. Ne doivent-elles pas entendre l'appel que leur adressent les Eglises catholique et orthodoxe au sujet de la continuité visible qui inscrit les ministères dans la suite de celui des apôtres ? " (Pour la conversion des Eglises, n° 206, 1991)
  • Appel adressé à l'Eglise catholique romaine
    L'Eglise catholique romaine " ne doit-elle pas reconnaître que l'apostolicité, avant d'être l'expression d'une continuité historique, consiste d'abord dans la fidélité au Christ, fondement de tout ministère, vécue dans la diversité des formes et des communautés des temps apostoliques selon l'Ecriture ? " (Pour la conversion des Eglises, n° 103, 1991).

L'unité pensée comme koinonia - [Contexte]

Les débats sur la compréhension de l'unité n'ont pas manqué au cours des dernières décennies. Beaucoup reste à faire mais une certaine convergence apparaît autour de la notion de koinonia, l'Eglise une comprise comme communion. Cette vision est centrée sur la réalité spirituelle de l'Eglise et non sur les questions structurelles voire dogmatiques. Le concept de koinonia interdit la réduction de l'Eglise à une donnée sociologique et morale ou le rétrécissement de l'Eglise à une entité juridique et hiérarchique.

La recherche de l'unité aujourd'hui - [Contexte]

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Nous ne pouvons réfléchir aux manières de vivre la différence entre Eglises sans situer cette réflexion au sein de la conscience culturelle qui véhicule bien des attentes. C'est ainsi que notre mentalité socio-culturelle a " découvert " la différence, l'altérité, la particularité, liées au respect de la richesse originale de chaque personne et de chaque groupe humain. Nombre de livres, de revues et de journaux en font l'éloge. On peut discerner là une réaction contre la conception jusqu'alors dominante d'une universalité abstraite, indûment nivelante et parfois impérialiste. C'est pourquoi les démarches d'unité sont désormais l'objet d'un soupçon. L'unité est interprétée comme une uniformité ou comme une réduction à une identité abstraite, plaquée de l'extérieur. On craint l'élimination de l'altérité ou une réduction indue à l'identique.
Mais paradoxalement la différence fait en même temps peur. Aujourd'hui elle est volontiers perçue comme opposition ou même conflit. Est-ce la crainte secrète, ou la panique intérieure, qui nous envahit devant la menace possible que constitue toute différence ? Ainsi, la fuite vers une sorte de fusion gommant toute différence est bien le risque de cette tendance qui se fait jour un peu partout dans la société.

Une Eglise indivise ? - [Espace temps]

" Réconciliation, don de Dieu et source de vie nouvelle ", Documents du 2e rassemblement œcuménique européen à Graz, Graz,Wien/Köln : Verlag Styria, 1998, p.145:
Dans ce texte de 1998, Karékine Ier, catholicos de tous les Arméniens, faisait quelques rappels historiques importants : " Les disciples de notre Seigneur n'étaient pas nés du même moule, ils n'avaient pas la même manière de voir les choses, pas le même esprit, pas la même formation humaine. Diversité, dissensions, divergences, controverses, faisaient partie de la vie des premiers chrétiens. Quand nous évoquons "l'Eglise indivise" des quatre premiers siècles, nous ne nous représentons pas historiquement une Eglise uniforme. Les querelles internes, mêmes les schismes étaient présents au cœur de cette Eglise "une et indivise". Ce qui importait pour tous c'était la conscience d'appartenir au même Christ, à la même Eglise. "

La condamnation de Marcion - [Espace temps]

Dès les débuts de l'Eglise, on a condamné des doctrines qu'on estimait incompatibles avec le message du Christ. Au 2e siècle, Marcion contestait le choix de l'Eglise de conserver ses racines vétéro-testamentaires (c'est-à-dire ses liens avec l'Ancien Testament). Il considérait qu'il y a deux dieux : le " Démiurge ", le Dieu de la création et de l'ancienne alliance, qui est un dieu mauvais ; et le vrai Dieu qui s'est révélé en Jésus Christ. Marcion proposait un " canon des Ecritures " qui ne contenait plus l'Ancien Testament, et supprimait du Nouveau tous les textes jugés trop dépendants de la tradition juive. Cette position extrême fut rejetée par les responsables chrétiens et Marcion fut excommunié en 144.

L'absorption d'une Eglise par une autre - [Espace temps]

L'Eglise catholique s'est opposée aux débuts du mouvement œcuménique. Dans son encyclique Mortalium animos (" Sur les moyens de réaliser la véritable unité de la Religion ") de 1928, le pape Pie XI expose sa vision de l'unité comme suit :
" L'union des chrétiens ne peut être procurée autrement qu'en favorisant le retour des dissidents à la seule et véritable Eglise du Christ, qu'ils ont eu jadis le malheur d'abandonner. [...] Des fils ont, hélas ! déserté la maison paternelle sans que pour cela la maison s'effondre, car elle avait l'appui de l'assistance divine. Qu'ils reviennent donc au Père commun ; oubliant les insultes proférées jadis contre le Siège Apostolique [c'est-à-dire contre Rome], il les accueillera avec toute sa tendresse. "

Agressivité - [Espace temps]

Dans l'histoire du mouvement œcuménique, l'agressivité des Eglises les unes envers les autres a été parfois durement critiquée. A la conférence de Madras en 1938, un représentant déclarait : "Nous, membres des Jeunes Eglises, n'avons aucun besoin de vos damnations (damnations), je veux dire vos dénominations (I mean denominations)".

Extrait de: Catherine E. Clifford (éd.), For the Communion of the Churches: The Contribution of the Groupe Des Dombes, Eerdmans Publishing, Michigan, 2010, p.159.

Exemples de polémique violente et de condamnation - [Espace temps]

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Au cours de l'histoire, les chrétiens des différentes Eglises se sont condamnés sévèrement. En voici deux exemples :

  • Dans les documents protestants du 16e siècle, on trouve de nombreuses caricatures anticatholiques.
    Ce tableau (1521) du célèbre Lucas Cranach l'Aîné, intitulé " L'Antéchrist ", représente le pape accueillant l'argent des indulgences pour la construction de la basilique Saint Pierre de Rome.
  • La critique des catholiques à l'égard des protestants a souvent été sévère : " Si les Protestants savaient à fond comment s'est formée leur religion, avec combien de variations et avec quelle inconstance leurs Confessions de foi ont été dressées ; comment ils se sont séparés premièrement de nous, et puis entre eux ; par combien de subtilités, de détours et d'équivoques ils ont tâché de réparer leurs divisions, et de rassembler les membres épars de leur Réforme désunie : cette Réforme, dont ils se vantent, ne les contenterait guère ; et pour dire franchement ce que je pense, elle ne leur inspirerait que du mépris " (Bossuet (1627-1704), Histoire des Variations des Eglises protestantes)

Un Evangile, quatre évangélistes - [Espace temps]

Dans le Nouveau Testament, il est particulièrement significatif de trouver quatre textes dits " évangiles ", rédigés par quatre auteurs différents. Ceux-ci témoignent, chacun à sa manière, dans le contexte propre dans lequel ils ont respectivement vu le jour, de l'événement central du salut en la personne de Jésus de Nazareth mort et ressuscité. Ils soulignent de la sorte à quel point cet événement fut l'objet de la part des premiers témoins, au sein même de l'Eglise naissante, d'interprétations diverses, voire parfois contradictoires, quoique paradoxalement concordantes sur l'essentiel du message. A cet égard, rien ne serait plus dommageable à l'unité même de l'Eglise du Christ que de vouloir uniformiser les textes bibliques en en gommant les aspérités et en réduisant leurs divergences. L'histoire de l'Eglise a connu ce risque. Le Diatessaron (on traduit généralement en français par " Harmonie des évangiles " ou " Harmonie évangélique ") de Tatien (né vers 120 - mort après 173) en témoigne : une sorte de réécriture en grec puis en syriaque des quatre évangiles en un seul. Le Diatessaron a été utilisé dans l'Eglise assez longtemps, et même comme seul Evangile pendant plus de trois siècles dans l'Eglise syriaque. Nous savons par Théodoret, évêque de Cyr de 423 à 458 (qui mit fin à cet état de fait), qu'il était encore utilisé dans deux cents des quelques huit cents églises de son diocèse.

Différence légitime et différence séparatrice chez les luthériens - [Espace temps]

Pour discerner entre différence légitime et différence séparatrice, les luthériens utilisent un critère établi dans la Confession d'Augsbourg, un texte du 16e siècle. Celui-ci définit l'Eglise de la manière suivante : " [Est considérée comme Eglise chrétienne] l'assemblée des croyants parmi lesquels l'Evangile est prêché fidèlement et les saints sacrements administrés conformément à l'Evangile. Car pour que soit assurée l'unité véritable de l'Eglise chrétienne, il suffit d'un accord unanime dans la prédication de l'Evangile et l'administration des Sacrements conformément à la Parole de Dieu. L'unité véritable de l'Eglise n'exige pas qu'on observe partout des cérémonies uniformes instituées par les hommes. " (Confession d'Augsbourg, article 7)

Enrichissement mutuel - [Textes bibliques]

Paul compare l'Eglise, la communauté chrétienne, à un corps. La diversité qui règne dans le corps est juste et utile à l'ensemble. Il ne faudrait pas la supprimer en argumentant qu'un membre serait plus important ou moins important qu'un autre. Tous ont besoin les uns des autres. Si diversité il y a, Paul rend aussi attentif au fait que le risque de scission est toujours actuel. Ce n'est que lorsque tous les membres dans leurs diverses fonctions travaillent harmonieusement ensemble que le corps se porte bien. Par ailleurs il rappelle que nul membre ne peut revendiquer la place de la tête qui revient au Christ seul.

1Corinthiens 12,1-30
Au sujet des phénomènes spirituels, je ne veux pas, frères, que vous soyez dans l'ignorance. Vous savez que, lorsque vous étiez païens, vous étiez entraînés, comme au hasard, vers les idoles muettes. C'est pourquoi je vous le déclare : personne, parlant sous l'inspiration de l'Esprit de Dieu, ne dit : "Maudit soit Jésus", et nul ne peut dire : "Jésus est Seigneur", si ce n'est par l'Esprit Saint. Il y a diversité de dons de la grâce, mais c'est le même Esprit ; diversité de ministères, mais c'est le même Seigneur ; diversité de modes d'action, mais c'est le même Dieu qui, en tous, met tout en œuvre. A chacun est donnée la manifestation de l'Esprit en vue du bien de tous. A l'un, par l'Esprit, est donné un message de sagesse, à l'autre, un message de connaissance, selon le même Esprit ; à l'un, dans le même Esprit, c'est la foi ; à un autre, dans l'unique Esprit, ce sont des dons de guérison ; à tel autre, d'opérer des miracles, à tel autre, de prophétiser, à tel autre, de discerner les esprits, à tel autre encore, de parler en langues ; enfin à tel autre, de les interpréter. Mais tout cela, c'est l'unique et même Esprit qui le met en œuvre, accordant à chacun des dons personnels divers, comme il veut.
En effet, prenons une comparaison : le corps est un, et pourtant il a plusieurs membres : mais tous les membres du corps, malgré leur nombre, ne forment qu'un seul corps : il en est de même du Christ. Car nous avons tous été baptisés dans un seul Esprit en un seul corps, Juifs ou Grecs, esclaves ou hommes libres, et nous avons tous été abreuvés d'un seul Esprit. Le corps, en effet, ne se compose pas d'un seul membre, mais de plusieurs. Si le pied disait : "Comme je ne suis pas une main, je ne fais pas partie du corps", cesserait-il pour autant d'appartenir au corps ? Si l'oreille disait : "Comme je ne suis pas un œil, je ne fais pas partie du corps", cesserait-elle pour autant d'appartenir au corps ? Si le corps entier était œil, où serait l'ouïe ? Si tout était oreille, où serait l'odorat ? Mais Dieu a disposé dans le corps chacun des membres, selon sa volonté. Si l'ensemble était un seul membre, où serait le corps ? Il y a donc plusieurs membres, mais un seul corps. œil ne peut pas dire à la main : "Je n'ai pas besoin de toi", ni la tête dire aux pieds : "Je n'ai pas besoin de vous." Bien plus, même les membres du corps qui paraissent les plus faibles sont nécessaires, et ceux que nous tenons pour les moins honorables, c'est à eux que nous faisons le plus d'honneur. Moins ils sont décents, plus décemment nous les traitons : ceux qui sont décents n'ont pas besoin de ces égards. Mais Dieu a composé le corps en donnant plus d'honneur à ce qui en manque, afin qu'il n'y ait pas de division dans le corps, mais que les membres aient un commun souci les uns des autres. Si un membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance ; si un membre est glorifié, tous les membres partagent sa joie.
Or vous êtes le corps de Christ et vous êtes ses membres, chacun pour sa part. Et ceux que Dieu a disposés dans l'Eglise sont, premièrement des apôtres, deuxièmement des prophètes, troisièmement des hommes chargés de l'enseignement ; vient ensuite le don des miracles, puis de guérison, d'assistance, de direction, et le don de parler en langues. Tous sont-ils apôtres ? Tous prophètes ? Tous enseignent-ils ? Tous font-ils des miracles ? Tous ont-ils le don de guérison ? Tous parlent-ils en langues ? Tous interprètent-ils ?

La diversité dans l'Eglise naissante - [Textes bibliques]

Nous avons parfois tendance à considérer l'histoire de l'Eglise comme un grand arbre dont le tronc se sépare au fur et à mesure en branches et petites branches. Or, si cette vision qui place l'harmonie et l'unité au départ est compréhensible, elle ne correspond pas à la réalité. Déjà dans les textes du Nouveau Testament, des différences théologiques voient le jour. La théologie de Paul ne correspond pas forcément à celle d'un Matthieu. L'ouverture aux païens de Pierre ne rejoint pas la position d'un Jacques. Ces différences existent et les premiers chrétiens ne vivaient pas une sorte d'harmonie sans heurt. Il leur apparaît alors nécessaire non pas d'uniformiser le tout, mais de choisir un modus vivendi qui permet à l'ensemble de coexister, de témoigner ensemble et d'avancer. On pourra lire par exemple

Actes 14,27 à 15,29
A leur arrivée, ils réunirent l'Église et racontaient tout ce que Dieu avait réalisé avec eux et surtout comment il avait ouvert aux païens la porte de la foi. Et ils passèrent alors un certain temps avec les disciples. Certaines gens descendirent alors de Judée, qui voulaient endoctriner les frères: "Si vous ne vous faites pas circoncire selon la règle de Moïse, disaient-ils, vous ne pouvez pas être sauvés."
Un conflit en résulta, et des discussions assez graves opposèrent Paul et Barnabas à ces gens. On décida que Paul, Barnabas et quelques autres monteraient à Jérusalem trouver les apôtres et les anciens à propos de ce différend. L'Église d'Antioche pourvut à leur voyage. Passant par la Phénicie et la Samarie, ils y racontaient la conversion des nations païennes et procuraient ainsi une grande joie à tous les frères. Arrivés à Jérusalem, ils furent accueillis par l'Église, les apôtres et les anciens, et ils les mirent au courant de tout ce que Dieu avait réalisé avec eux. Des fidèles issus du pharisaïsme intervinrent alors pour soutenir qu'il fallait circoncire les païens et leur prescrire d'observer la loi de Moïse. Les apôtres et les anciens se réunirent pour examiner cette affaire. Comme la discussion était devenue vive, Pierre intervint pour déclarer: "Vous le savez, frères, c'est par un choix de Dieu que, dès les premiers jours et chez vous, les nations païennes ont entendu de ma bouche la parole de l'Évangile et sont devenues croyantes. Dieu, qui connaît les cœurs, leur a rendu témoignage, quand il leur a donné, comme à nous, l'Esprit Saint. Sans faire la moindre différence entre elles et nous, c'est par la foi qu'il a purifié leurs cœurs. Dès lors, pourquoi provoquer Dieu en imposant à la nuque des disciples un joug que ni nos pères ni nous-mêmes n'avons été capables de porter? Encore une fois, c'est par la grâce du Seigneur Jésus, nous le croyons, que nous avons été sauvés, exactement comme eux!" Il y eut alors un silence dans toute l'assemblée, puis l'on écouta Barnabas et Paul raconter tous les signes et les prodiges que Dieu, par leur intermédiaire, avait accomplis chez les païens. Quand ils eurent achevé, Jacques à son tour prit la parole: "Frères, écoutez-moi. Syméon vient de nous rappeler comment Dieu, dès le début, a pris soin de choisir parmi les nations païennes un peuple à son nom. Cet événement s'accorde d'ailleurs avec les paroles des prophètes puisqu'il est écrit: Après cela, je viendrai reconstruire la hutte écroulée de David. Les ruines qui en restent, je les reconstruirai, et je la remettrai debout. Dès lors le reste des hommes cherchera le Seigneur, avec toutes les nations qui portent mon nom. Voilà ce que dit le Seigneur, il réalise ainsi ses projets connus depuis toujours. Je suis donc d'avis de ne pas accumuler les obstacles devant ceux des païens qui se tournent vers Dieu. Écrivons-leur simplement de s'abstenir des souillures de l'idolâtrie, de l'immoralité, de la viande étouffée et du sang. Depuis des générations, en effet, Moïse dispose de prédicateurs dans chaque ville, puisqu'on le lit tous les sabbats dans les synagogues." D'accord avec toute l'Église, les apôtres et les anciens décidèrent alors de choisir dans leurs rangs des délégués qu'ils enverraient à Antioche avec Paul et Barnabas. Ce furent Judas, appelé Barsabbas, et Silas, des personnages en vue parmi les frères. Cette lettre leur fut confiée: "Les apôtres, les anciens et les frères saluent les frères d'origine païenne qui se trouvent à Antioche, en Syrie et en Cilicie. Nous avons appris que certains des nôtres étaient allés vous troubler et bouleverser vos esprits par leurs propos; ils n'en étaient pas chargés. Nous avons décidé unanimement de choisir des délégués que nous vous enverrions avec nos chers Barnabas et Paul, des hommes qui ont livré leur vie pour le nom de notre Seigneur Jésus Christ. Nous vous envoyons donc Judas et Silas pour vous communiquer de vive voix les mêmes directives. L'Esprit Saint et nous-mêmes, nous avons en effet décidé de ne vous imposer aucune autre charge que ces exigences inévitables: vous abstenir des viandes de sacrifices païens, du sang, des animaux étouffés et de l'immoralité. Si vous évitez tout cela avec soin, vous aurez bien agi. Adieu!"

Traduction - trahison - [Textes bibliques]

Le Nouveau Testament, écrit dans un premier temps en grec, a toujours été traduit dans les langues de ceux et celles qui ont souhaité connaître son contenu. Il n'y a pas de version particulière qui pourrait revendiquer être la seule langue dans laquelle l'Evangile doit retentir. Or, la traduction court toujours le risque de la trahison. En grec, dans le Nouveau Testament, le même mot sert pour dire " transmettre " (ce qui inclut la traduction) et " livrer " (ce qui correspond à une trahison). Toutefois, c'est aussi le message lui-même, celui de l'Incarnation, qui s'ouvre à la traduction pour rejoindre chacun là où il est. La traduction révèle des sens multiples qui peuvent parfois s'enrichir mutuellement, parfois donner lieu à des controverses.

Une complémentarité nécessaire - [Aller plus loin]

Dans une conférence donnée au cours du rassemblement annuel des protestants au Musée du Désert, André Gounelle, théologien réformé, insiste sur la complémentarité entre catholiques et protestants.
" Le dialogue ne doit pas viser à faire disparaître l'une des attitudes au profit de l'autre. Il n'y a pas à choisir entre elles, mais à apprendre à les articuler, à les mettre en tension. Elles ont toutes deux leur légitimité, leur bien fondé. L'une insiste sur l'incarnation, l'autre sur la transcendance. Or, la dialectique de la proximité et de l'altérité de Dieu structure la foi biblique. Il ne faut pas voir dans l'opposition entre ces deux pôles un mal. Si elle disparaissait, on tomberait soit dans une religiosité superstitieuse et fanatique soit dans une spiritualité sans substance ni contenu. Plutôt que de chercher à supprimer la divergence entre la tendance sacramentelle et sacerdotale d'une part, l'attitude prophétique et iconoclaste d'autre part, qui tirent chacune dans un sens différent, il importe, au contraire, de l'entretenir, et de la développer de manière dynamique et créatrice. "

Hiérarchie des vérités - [Aller plus loin]

Le Directoire pour l'application des principes et des normes sur l'œcuménisme (publié en 1993) précise ce que l'Eglise catholique entend par " hiérarchie des vérités " : " Il faut, en outre, que soit toujours respectée la " hiérarchie des vérités " de la doctrine catholique, lesquelles vérités, bien qu'elles exigent toutes l'assentiment de foi qui leur est dû, n'ont pas pour autant toutes la même place centrale dans le mystère révélé en Jésus-Christ, parce qu'elles sont différemment liées à ce qui est le fondement de la foi chrétienne " (article 75)

Nos différences doivent être transformées - [Aller plus loin]

" Pour nos relations entre Eglise catholique romaine, Eglises orthodoxes et Eglises nées de la Réforme du 16e siècle, la difficulté vient du fait que les différences qui ont existé entre nous, ont été jugées par nos pères comme étant des différences séparatrices d'où la division de nos familles confessionnelles. Les confessions de foi de mon Eglise luthérienne, sur la base desquelles j'ai été ordonné pasteur, comprennent un certain nombre de "damnatus" (nous condamnons). Et nous condamnons les catholiques romains, les réformés zwingliens et calvinistes, les anabaptistes et d'autres. Ce procédé peut vous paraître intolérable, mais c'est là le chemin qui a été suivi par chacune de nos traditions et dont nous sommes les héritiers. L'enjeu de l'engagement œcuménique est la transformation de la différence : la différence séparatrice d'Eglise doit devenir, si cela est possible, différence légitime donc expression de la richesse de nos diversités. Il ne s'agit pas de supprimer nos différences, mais d'en changer la nature. Il y a transformation, il y a nécessairement transformation. La situation actuelle où il subsiste entre nous des différences séparatrices est inacceptable. Nous ne saurions réaliser l'unité en préservant le statu quo et les différences dans l'état. Nos différences doivent être transformées afin qu'elles perdent leur caractère séparateur. Le "oui" à la différence ne saurait être un oui résigné, acceptant finalement une coexistence pacifique, mais séparée des Eglises et des confessions. Notre oui veut être l'expression d'une découverte spirituelle vivifiante, stimulante et libératrice où je peux reconnaître la foi de l'autre et de sa tradition ecclésiale comme étant une expression légitime de la même foi chrétienne même si cette expression est différente de la manière dont moi-même je confesse cette même foi. " (André Birmelé Unité et différence in : Consensus œcuménique et différence fondamentale Paris Le centurion 1987 p. 31s)

La levée des condamnations réciproques - [Aller plus loin]

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Un des premiers chantiers du mouvement œcuménique est de lever ces condamnations réciproques. En voici quelques exemples :

  • Le décret de Vatican II sur l'œcuménisme Le décret de Vatican II sur l'œcuménisme a ainsi souligné tous les efforts nécessaires " pour éliminer les paroles, les jugements et les actes qui ne correspondent ni en justice ni en vérité à la situation de nos frères séparés et qui, à cause de cela, rendent plus difficiles les relations avec eux " (Unitatis redintegratio, n° 4). Dès 1963, Paul VI avait déclaré : " Si, dans les causes de cette séparation, une faute pouvait nous être imputée, nous en demandons humblement pardon à Dieu et nous sollicitons aussi le pardon des frères qui se sentiraient offensés par nous. Et nous sommes prêts, en ce qui nous concerne, à pardonner les offenses dont l'Eglise catholique a été l'objet et à oublier les douleurs qu'elle a éprouvées dans la longue série des dissensions et des séparations " (Paul VI, "Discours d'ouverture de la 2e session du Concile", in DC, n° 1410, 1963, col. 1355). A ce titre, un des gestes les plus signifiants fut le baiser de réconciliation du pape Paul VI et du patriarche Athénagoras en Terre Sainte en 1964. Les deux hommes procédèrent à la levée mutuelle d'excommunications millénaires.
  • Entre luthériens et réformés Le dialogue entre luthériens et réformés en Europe a permis la rédaction de la Concorde de Leuenberg en 1972. Des controverses au XVIème sur la doctrine de la cène, la christologie et la doctrine de la prédestination avaient divisé ces Églises. Les condamnations réciproques qui en résultaient sont levées par la Concorde de Leuenberg qui déclare la communion ecclésiale entre Eglises luthériennes et réformées.
  • Entre luthériens et mennonites Le dialogue entre les luthériens (de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg en Alsace et en Lorraine) et les Mennonites français a abouti à une demande de pardon : " Nous, membres luthériens du groupe, [...] considérons la persécution des anabaptistes au XVIe siècle, et même au-delà, comme une faute qui nous sépare de ces frères, et pour laquelle nous sollicitons leur pardon ". " Nous, membres mennonites du groupe, héritiers du mouvement anabaptiste de tradition bibliciste et pacifique, sommes reconnaissants pour les affirmations précédentes, qui regrettent les persécutions du passé. Le pardon sollicité est fraternellement accordé. Puisse-t-il permettre que ce drame de l'histoire, et ses conséquences, soient définitivement surmontés " (in Birmelé, André, Terme, Jacques, Accords et dialogues œcuméniques, Paris, Les Bergers et les Mages, 1995, p. VII-13).
  • Entre catholiques et luthériens Au terme d'une longue étude sur la doctrine de la justification, catholiques et luthériens au plan mondial ont pu eux aussi mettre un terme aux condamnations réciproques. Après avoir exprimé leur consensus sur la justification, ils déclarent ensemble : " l'enseignement des Eglises luthériennes présenté dans cette déclaration n'est plus concerné par les condamnations du Concile de Trente. Les condamnations des confessions de foi luthériennes (écrits symboliques) ne concernent plus l'enseignement de l'Eglise catholique romaine présenté dans cette déclaration " (Déclaration commune sur la doctrine de la justification, n° 41)

Malgré les différences, on puise à la même source... - [Culture]

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" Ce n'est pas à l'occasion de superficielles manifestations, qui restent des compétitions, que les vrais rapprochements se font : c'est en profondeur seulement que les distances se raccourcissent. "
Paul Ricoeur

Le témoignage chrétien en diverses confessions - [Culture]

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Façade de l'abbaye (anglicane) de Westminster à Londres
Au cours des siècles, dix niches étaient restées vides au-dessus du porche d'entrée de l'abbaye de Westminster à Londres. Les responsables de ce haut lieu de l'anglicanisme prirent la décision d'y poser les statues de dix " martyrs " du 20e siècle, représentant le témoignage chrétien en diverses confessions : des anglicans bien sûr (Manche Masemola et Janani Luwum), mais aussi deux catholiques (Maximilien Kolbe et Oscar Romero), un luthérien (Dietrich Bonhoeffer), un baptiste (Martin Luther King), une orthodoxe (Elisabeth de Russie), une évangélique (Esther John)... Autour de l'archevêque de Cantorbéry, des responsables de plusieurs Eglises assistèrent le 3 juillet 1998 au dévoilement de cette façade restaurée.

Tolérance - [Culture]

France Quéré, in : Juliet, Charles, Echanges, Vénissieux : Paroles d'aube, 1997
" Il est évident que nous ne pouvons aimer la foi de l'autre comme la nôtre, puisque nous la connaissons peu, faute d'y être nés et de nous en être nourris. Aussi n'est-ce pas une opération équitable que de comparer un culte que je connais par dense et douce expérience à un autre que j'ignore, sauf en ses vagues épures. Devant une confession qui n'a pas été mon habitacle, je dois rester sur le seuil, avec une politesse d'hôte antique, je veux dire tenir mon jugement, dans toute la force du terme, en respect.
(...). Au mieux pouvons-nous dire : si je cherche la vérité, je ne l'ai pas ; si je l'ai, je ne la vis pas. Dans ce désir jamais comblé, de quel avantage puis-je me prévaloir sur les autres ? Mais l'extrême pointe de la tolérance n'est pas dans cette humilité. Elle est dans le feu de la conviction. Il faut aimer sa religion pour estimer celle des autres ... La supériorité que je prête à ma confession se prête d'elle-même à autrui. Tel est le paradoxe d'une vérité toute confondue à l'amour : la fidélité à une Eglise ouvre les portes de la plus vaste Eglise qui est toutes les autres".

Septante

Traduction grecque de la Bible hébraïque entreprise par les communautés juives d'Alexandrie en Egypte au 3e siècle av. JC. Elle était destinée aux juifs qui ne connaissaient plus l'hébreu. La légende veut que 72 (septante deux) savants juifs, travaillant en différents lieux et sans se consulter, soient arrivés à la même traduction en 72 (septante deux) jours. D'où le nom de " Septante " que l’on abrège aussi parfois en chiffres romains : LXX.

Altérité

Le fait d'être autre, d'être différent de manière plus ou moins fondamentale : l'homme et la femme par exemple. Plus radicalement, on parle de l'altérité de Dieu qui ne se confond pas avec l'être humain

Conversion

Le mot conversion a des significations multiples. L'étymologie du mot grec metanoia signifie " changement de regard, changement d'idée ". Dans le contexte oecuménique, il signifie un changement de regard sur ses propres convictions et traditions en vue d'une modification profonde dans la pratique, parfois la théologie professée. Ce qui n'exclut pas un changement de regard sur le vis-à-vis

Groupe des Dombes

Actuellement composé de 40 théologiens français et suisses (20 catholiques, 20 protestants). Sa fondation en 1937 est due à l'initiative des prêtres lyonnais P. Couturier et L.Rémilleux et du pasteur suisse R.Baümlin. Ce groupe s'auto-recrute et s'auto-gère. Il jouit d'une autorité moralement reconnue. Il a publié quatre volumes importants traitant de thèmes oecuméniques controversés. (Voir Bibliographie)

Identité

Le mot " identité " est généralement utilisé à propos du sujet humain pour exprimer le coeur même de son être. L'identité dit ce que l'on est, ce qui anime les choix les plus fondamentaux

Piété/Piétisme

La piété désigne la dévotion, l'attachement aux devoirs et pratiques religieuses, avec une nuance de ferveur dans le langage courant. Ce mot a donné son nom à un courant important qui a touché et marqué fortement le protestantisme : le piétisme. Il vaudrait d'ailleurs mieux parler des piétismes car il y a une grande diversité à l'intérieur de ce mouvement. Dès les 17e et 18e siècles, s'opposant à un christianisme de routine et au dogmatisme théologique, il insiste sur un " Réveil ", une " conversion " de chaque croyant, sur une vivification spirituelle de la vie de l'Eglise et sur une transformation du monde en vue du Royaume du Christ. Il développe la vie communautaire (" communautés de réveillés ") mais tend aussi à développer une pratique centrée sur l'individu (introspection, insistance sur la conversion personnelle et la régénération). Il a suscité de nombreuses productions artistiques et littéraires, et marque encore une partie de la piété protestante. Certaines formes du piétisme ont aussi donné naissance à des oeuvres diaconales

Status confessionis

On parle de status confessionis dans une situation qui exige une confession de foi, dans un temps où l'Eglise doit prendre publiquement une position nette et tranchée, faute de quoi elle cesse d'être l'Eglise

Royaume

Le mot grec utilisé dans le Nouveau Testament peut être traduit par royaume, règne ou royauté. Le Royaume de Dieu est là où Dieu règne. Ce n'est pas un lieu spécifique mais plutôt une relation particulière entre Dieu et les hommes qui se traduit dans des relations de paix, de justice et de fraternité entre les hommes. Jésus annonce qu'il est déjà présent, de manière non éclatante, comme une semence. Il est appelé à une plénitude à la fin des temps quand le Christ reviendra.

Ministre/ministère

Etymologiquement, le mot " ministre " signifie " serviteur " et " ministère " " service " (avec, au départ, une notion d'infériorité : la même racine a donné " moins " ou " mineur " !). La Réforme, reconnaît des ministères divers que tout membre de l'Eglise peut théoriquement exercer, mais qui sont confiés durablement ou temporairement à ceux qui sont aptes à les accomplir. Le ministère de la Parole est confié à des " ministres " formés et reconnus par la communauté. Au 16e siècle, le terme de " ministre " ou de " serviteur " désigne les pasteurs (terme qui ne deviendra courant qu'au 19e siècle). Aujourd'hui encore, ce terme est l'appellation officielle pour les pasteurs de l'Eglise réformée de France

Dogme

Vient d'un verbe grec dokein qui signifie croire, et qui a donné dogma : " opinion " ou " décision ". Dans l'usage théologique actuel, le dogme désigne une vérité que l'Eglise pose comme devant être crue. Mais cette notion ne s'est imposée qu'à partir du siècle des Lumières, remplaçant les expressions " articles de foi " ou " vérités de foi "

Infaillibilité

Ce terme caractérise la capacité à dire ce qui est vrai ou juste sans possibilité d'erreur. On parlera d'un diagnostic infaillible ou d'un jugement infaillible. Mais ce mot appartient habituellement au domaine ecclésial où il désigne l'aptitude et le pouvoir de l'Eglise à énoncer, à travers ses autorités personnelles ou collégiales, la vérité en matière de foi. Le concept d'infaillibilité a pris un relief particulier depuis les décisions du concile Vatican I (1870) qui a attribué l'infaillibilité au pape lorsqu'il intervient ex cathedra, c'est-à-dire qu'il décide, dans l'exercice de sa charge de pasteur et de docteur de tous les chrétiens, qu'une doctrine en matière de foi ou de moeurs doit être admise par l'ensemble de l'Eglise. Contrairement à l'Eglise catholique, les Eglises protestantes ne retiennent pas ce concept considérant que l'Eglise visible est faillible

Annonciation

On désigne ainsi la visite de l'ange Gabriel chez Marie, puisqu'il lui " annonce " qu'elle va enfanter Jésus, le Sauveur

Iconostase

Il s'agit d'un mur en bois qui sépare dans les Eglises orthodoxes l'espace de l'autel de l'espace des fidèles. Sur ce mur en bois, traversé par trois portes, se fixent plusieurs rangées d'icônes. A droite de la porte centrale se trouve celle de Jésus, à gauche celle de Marie avec l'enfant

Synode

Mot grec, sunodos, qui veut dire " route commune ", " cheminer ensemble ". Il désigne une assemblée de représentants légitimes d'Eglise. L'institution synodale se met en place à partir du 2e siècle pour régler un certain nombre de crises ou conflits. Les participants sont généralement des évêques mais aussi des prêtres, des diacres et des laïcs. Les synodes ont lieu au niveau d'une province ou d'une région ecclésiastique. Avant le schisme d'Orient, il n'y a pas de différence de nature entre synode et concile mais une simple différence de langue. Ainsi on parle aussi de conciles régionaux ou locaux. Par contre, à partir de Constantin (empereur romain de 306 à 337), ces assemblées ecclésiales deviennent une instance officielle de l'Empire Romain, et bien évidemment c'est le mot latin concilium qui va s'imposer. Depuis le Moyen Age, le terme concile est réservé aux assemblées de l'Eglise universelle et celui de synode généralement aux assemblées régionales.
Dans les Eglises orthodoxes, le synode (local, provincial, patriarcal, œcuménique) est le seul organe de décision authentique. Il exprime ce que vivent et croient toutes les Eglises locales (doctrine, liturgie, vie spirituelle). Le synode ne comprend pas que des évêques, mais ceux-ci ont la primauté.
Dans l'Eglise catholique romaine, le synode (diocésain, provincial, épiscopal) reste soumis aux instances hiérarchiques, notamment aux décisions des conciles convoqués par le pape. Il n'a, par rapport à elles, qu'une fonction consultative.
La synodalité, sous différentes formes, a connu dans les Eglises protestantes un développement important et spécifique, en réaction contre l'exercice centralisé et hiérarchique du pouvoir dans l'Eglise romaine. Dans le protestantisme luthérien et réformé français, les synodes sont des assemblées où ministres et laïcs, délégués par les Eglises locales, décident des orientations à donner à la vie de l'Eglise dans les domaines théologique, liturgique, financier, éthique... Le synode manifeste le lien de communion qui unit les Eglises locales entre elles. Il rend visible la réalité de l'Eglise sur le plan régional et national.

Patriarcat

Signifie " lieu de juridiction et résidence d'un patriarche ". Patriarche est une désignation d'origine grecque (patri : père, archès : l'origine) qui, dans l'Ancien Testament s'applique aux " pères " du peuple d'Israël : Abraham, Isaac et Jacob. Aux premiers siècles du christianisme, les sièges importants de certains évêques étaient appelés " patriarcats " (Rome, Alexandrie, Antioche, Constantinople et Jérusalem). Aujourd'hui dans les Eglises orthodoxes, il y a les patriarcats historiques et ceux des Eglises nationales indépendantes : les patriarcats de Russie, de Serbie, de Bulgarie et de Roumanie par exemple

Eglise vieille-catholique

Les vieux-catholiques sont membres d'une Eglise qui s'est séparée de l'Eglise Catholique Romaine au moment de la déclaration du dogme de l' infaillibilité pontificale lors du Concile Vatican I (1869-1870). Ils pratiquent l'usage de la langue vernaculaire pour les célébrations. Ils rejettent la pratique des indulgences, l'obligation du célibat, l'interdiction de la crémation et l'exigence de la confession annuelle. La place des laïcs est renforcée. L'Eglise vieille-catholique est membre du Conseil oecuménique des Eglises

Comité épiscopal pour l'unité des chrétiens et les relations avec le judaïsme

Ex-commission épiscopale (française) pour l'unité des chrétiens. Ce comité accompagne le service " Unité des Chrétiens " et son directeur.

Comité mixte catholiques/ protestants

Formé de théologiens et de pasteurs désignés par l'épiscopat français et par le CPLR (Conseil permanent luthéro-réformé), ce comité travaille depuis 1968 sur des sujets oecuméniques, pastoraux et théologiques. La création, plus récente, de nouveaux comités de catholiques avec d'autre branches du protestantisme tend à modifier le titre du plus ancien. Il devient " Comité catholique luthéro-réformé ".

Commission œcuménique de la Fédération protestante de France

Instance que se sont données au plan national les Eglises membres de la Fédération protestante de France pour leurs relations avec les autres confessions. Cette commission accompagne un service œcuménique avec un permanent-responsable.

Commission pour les relations interconfessionnelles de l'Assemblée des évêques orthodoxes

Cette commission est au service des évêques orthodoxes de toutes juridictions installées en France. Elle est chargée de conseiller les évêques, accompagner les situations concrètes qui peuvent se présenter dans les paroisses, et nourrir la réflexion oecuménique orthodoxe.

Communauté du Chemin Neuf

" Communauté catholique à vocation oecuménique " ; c'est une des communautés nées du renouveau charismatique.

Communion

Le terme de communion (en grec koinônia) tend aujourd'hui à remplacer celui d'" unité " entendu (à tort) comme signifiant " uniformité ". La communion entre les Eglises peut être plus ou moins complète. Par exemple, l'Eglise catholique se dit en communion " presque parfaite " avec l'Eglise orthodoxe, mais pas en " pleine communion ".
Du point de vue protestant, la " pleine communion " entre les Eglises signifie la reconnaissance réciproque des sacrements administrés par l'autre Eglise, celle de ses ministres (l'ordination d'un ministre est reconnue par l'autre Eglise), celle de sa manière de s'organiser et de témoigner de sa foi. C'est le cas par exemple des Eglises réunies dans la CEPE.

Concorde de Leuenberg

La Concorde de Leuenberg est un texte datant du 16 mars 1973, liant les Eglises réformées et luthériennes européennes. Ces Eglises reconnaissent partager la même foi tout en l'exprimant dans des formulations différentes et ayant choisi des formes variées d'organisation ecclésiale. Cette reconnaissance mutuelle permet un échange des ministres (pasteurs). En 2003, l'alliance des Eglises liées par ce texte a pris le nom de Communion d'Eglises protestantes en Europe ( CEPE).

CETA

Conférence des Eglises de toute l'Afrique. Communauté d'Eglises et d'institutions qui travaillent ensemble dans leur témoignage commun de l'Evangile, tant sur le plan des dialogues théologiques que de la lutte pour la dignité humaine sur un continent où les questions socio-politiques et humaines sont cruciales.

Confessions

Une confession chrétienne est une des familles du christianisme, par exemple : luthériens, baptistes, coptes ... On parle quelquefois aussi de " dénomination chrétienne "

CEMO

Conseil des Eglises du Moyen Orient. Depuis 1974, dans un contexte minoritaire et difficile, le CEMO promeut les relations entre les Eglises du Moyen Orient, organise une solidarité, sert de relais et de porte parole dans le monde, et apporte à la communauté oecuménique mondiale la spécificité de sa situation.

CPPUC

Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens.
Le Pape Jean XXIII crée d'abord un simple Secrétariat pour la promotion de l'unité des chrétiens en 1960. Il a pour fonction d'inviter les observateurs non catholiques au concile et de préparer des documents conciliaires. Il devient Conseil pontifical en 1988, avec double mission :

  • promouvoir, à l'intérieur de l'Eglise catholique, un authentique esprit œcuménique selon le Décret conciliaire Unitatis redintegratio.
  • développer le dialogue et la collaboration avec les autres Eglises et Communions mondiales.

Consensus différencié

Terme technique désignant un accord théologique ayant abouti, sur un point théologique précis de divergence historique, à la reconnaissance mutuelle des Eglises : après un long travail d'approfondissement, on reconnaît ensemble qu'il s'agit bien de la même foi que l'on exprime de manière différente. Cette reconnaissance signifie que ce consensus assez fort peut supporter des différences sur des convictions secondes par rapport au thème central. L'exemple le plus significatif est la Déclaration commune sur la justification par la grâce entre luthériens et catholiques.

Consubstantiel

De même " substance ", de même nature. Se dit des trois personnes de la Trinité, l'une par rapport à l'autre, surtout du Verbe incarné par rapport à la nature divine du Père, malgré la nature humaine assumée par le Fils. L'adjectif figure dans le credo de Nicée.

Couturier, Paul

L'abbé Paul Couturier (1881-1953) a joué un rôle oecuménique important en suscitant en 1935 la Semaine universelle de prière des chrétiens, " pour l'unité telle que le Christ la veut, par les moyens qu'il voudra "

CPLR

Conseil permanent luthéro-réformé. Instance de communion des Eglises luthériennes et réformées en France, sur la base de la Concorde de Leuenberg.

Immaculée

Pour l'Eglise catholique, la Vierge Marie est, dès sa conception, pure de tout péché et en particulier du péché originel. L'Immaculée Conception a été promulguée comme dogme par Pie IX en 1854. Les orthodoxes ne reconnaissent pas ce dogme, mais considèrent Marie comme " Vierge immaculée " dès la conception du Christ en son sein. Les protestants n'admettent ni le dogme, ni le terme pour deux raisons essentielles : l'absence de référence scripturaire et le refus de la notion de coopération de Marie à l'oeuvre du salut.

Interconfessionnel

Ce mot désigne toutes les formes de relations personnelles ou institutionnelles existant entre les diverses confessions chrétiennes. Il ne doit pas être confondu avec le vocable " interreligieux " qui a un sens plus large et désigne toutes les formes de relations personnelles et institutionnelles existant entre les grandes religions (christianisme, judaïsme, islam, hindouisme ... )

Irénée de Lyon

Originaire d'Asie Mineure, Irénée avait passé sa jeunesse à Smyrne où il avait été en relations avec l'évêque de cette ville, Polycarpe, lequel avait reçu l'enseignement de Jean " qui avait vu le Seigneur ". Devenu évêque de Lyon en Gaule, vers 175, il fut mêlé à certaines controverses ecclésiastiques entre Eglises orientales et Rome sous les papes Eleuthère et Victor (175-199). Son oeuvre, dirigée en grande partie contre le gnosticisme, contient des formules qui ont trouvé beaucoup d'écho dans la pensée chrétienne moderne. En fait, il est avant tout un homme de tradition qui reproduit des enseignements transmis dans l'Eglise bien avant lui. Il est par là un précieux témoin, à la fois des systèmes gnostiques qu'il combat et de la tradition chrétienne primitive qu'il utilise contre le gnosticisme.

Jean Chrysostome

Jean Chrysostome (344-407), aussi appelé Jean " bouche d'or " (c'est le sens du mot chryso-stome) est originaire d'Antioche. Il devient évêque de Constantinople. C'est un des Pères grecs les plus connus par sa vie de témoin et sa courageuse prédication.

Magistère

Désigne couramment les instances ecclésiales catholiques chargées de maintenir la saine doctrine, de l'enseigner et de trancher en cas de conflit doctrinal. Le magistère est assuré par les évêques, celui de Rome et tous les autres, et la curie romaine, aidés des théologiens.

Mémorial

Récit liturgique de la Cène, pendant la célébration eucharistique et plus largement rappel (anamnèse) de la mort et de la résurrection du Christ. Dans l'Eglise catholique et l'Eglise orthodoxe, une prière d'offrande du sacrifice du Christ et de l'Eglise est intimement associée à ce récit. L'idée d'une présence particulière du Christ dans la nourriture du repas eucharistique est introduite d'emblée par les paroles mêmes de la Cène, répétées dans le mémorial (" Prenez et mangez, ceci est mon corps..., Buvez-en tous car ceci est mon sang... " , Matthieu 26,26-27).

Monophysisme

Ce terme vient de deux mots grecs : monos, " seul " et phusis, nature. Il désigne les chrétiens ou Eglises qui attribuent au Christ une seule nature. Il convient toutefois de distinguer deux formes de monophysisme.

  • La première a pour principal représentant le moine Eutychès (milieu du 5e siècle). Pour lui, il y a assimilation entre la nature humaine et la nature divine du Christ en sorte que l'humain, absorbé par le divin, n'a plus de consistance propre. Cette position fut condamnée en 451 par le concile de Chalcédoine qui déclara que le Christ est " reconnu en deux natures, sans confusion, sans changement ".
  • La deuxième forme de monophysisme est postérieure à Chalcédoine. C'est la position de ceux qui refusent la formulation de Chalcédoine sur les deux natures, mais qui, pour autant reconnaissent à l'humanité du Christ tous les caractères spécifiques de la nature humaine.
    La première forme de monophysisme est considérée comme contraire à l' orthodoxie chrétienne. La seconde ne l'est pas. Aujourd'hui encore, il existe des Eglises chrétiennes appelées monophysites ou " préchalcédoniennes " : l'Eglise copte orthodoxe, l'Eglise éthiopienne, l'Eglise arménienne orthodoxe ou " grégorienne ", l'Eglise orthodoxe syrienne ou " jacobite ".

Prosélytisme

Du grec prosèlutos qui est lui-même la traduction de l'hébreu ger qui désigne l'étranger installé dans le pays et naturalisé. Le terme prosélyte est utilisé dans le Nouveau Testament pour désigner le païen qui est venu s'ajouter au peuple juif en pratiquant sa religion comme le " craignant Dieu " (Actes 10,2-22 ; 13,16), mais aussi en acceptant la circoncision (Actes 2,10 ; 6,5). Aujourd'hui on appelle prosélyte le nouveau converti à une religion, le nouvel adepte d'une Eglise.
Le mot prosélytisme a souvent une connotation négative. Il désigne alors l'attitude de personnes, d'Eglises ou de religions qui font preuve d'un zèle intempestif et parfois de méthodes critiquables pour rallier à tout prix les autres à leurs propres convictions. Cela a pu être et est encore en certains lieux une source de tensions et de conflits.

Protestants

Du latin protestare, protester/attester. Cette appellation remonte à 1529 lorsque les villes et les princes allemands qui avaient adhéré à la Réforme refusent solennellement de condamner une doctrine qu'ils tiennent pour chrétienne et de prononcer son abolition dans leurs Etats. Dans le texte de la " protestation " qu'ils adressent à l'Empereur Charles-Quint, ils écrivent notamment : " Si vous ne vous rendez pas à notre requête, nous PROTESTONS par les présentes, devant Dieu, notre unique Créateur.... ainsi que devant tous les hommes et toutes les créatures, que nous ne consentons ni n'adhérons en aucune manière pour nous et pour les nôtres, au décret proposé dans toutes les choses qui sont contraires à Dieu, à sa sainte Parole, à notre bonne conscience, au salut de nos âmes ... ". " Nous protestons " : de là est né le mot de " protestant " donné aux fidèles des Eglises issues de la Réforme du 16e siècle. Le protestantisme est composé de différentes Eglises : luthériennes (Martin Luther), réformées (Jean Calvin), méthodistes (John Wesley), baptistes... S'y rattachent aussi, plus ou moins directement, des communautés et mouvements pentecôtistes ou " évangéliques " (au sens anglosaxon : evangelicals).

Réception

Terme technique désignant le processus d'appropriation par l'ensemble de l'Eglise, d'un texte, d'une décision, d'un accord doctrinal, synodal, conciliaire ou interconfessionnel.

Sacerdoce royal

C'est dans l'Eglise orthodoxe le sacerdoce des baptisés, se référant à Apocalypse 1,6 " il nous a faits rois et prêtres de Dieu son Père ". Ce sacerdoce ne se confond en aucune manière avec le sacerdoce des ministres ; tous sont avant tout membres du peuple de Dieu. Christ seul est prêtre, tous sont prêtres par participation (sacerdoce royal), quelques-uns sont évêques et presbytres (sacerdoce d'ordre). Christ est prêtre par l'onction, les ministres le sont par l'imposition des mains ; la seule ordination sacerdotale par onction est celle de l'onction chrismale du sacerdoce royal conféré à tout baptisé. L'Eglise catholique tient une doctrine semblable.

Saint

La sainteté est un attribut fondamental de Dieu. L'homme créé à l'image de Dieu est appelé à la sainteté. Dans l'Eglise primitive, les saints étaient les baptisés qui vivaient dans l'esprit évangélique. De nos jours les saints sont ceux, reconnus par l'Eglise ou non, qui ont atteint, dans cette vie, un degré important de participation à la sainteté de Dieu. Catholiques et orthodoxes pensent qu'ils peuvent intercéder pour les vivants ou les défunts devant Dieu.

Söderblom, Nathan

Professeur et évêque luthérien suédois (1866-1931). Fondateur du mouvement du Christianisme pratique.

Succession apostolique

L'expression " succession apostolique " désigne, de manière large, la continuité de l' apostolicité de l'Eglise c'est-à-dire sa fidélité à l'enseignement originel posé par les apôtres. Mais cette expression s'entend souvent, de manière plus étroite, d'une succession historique d'évêques remontant sans interruption jusqu'aux apôtres. Dans la doctrine officielle de plusieurs Eglises (Eglise catholique romaine, Eglises orthodoxes, Eglise anglicane...), l'ordination d'un évêque, pour être valide, nécessite l'imposition des mains par un, ou plutôt plusieurs, autres évêques, inscrits eux-mêmes dans cette succession historique par l'imposition des mains reçue lors de leur propre ordination. Par contre, pour les Eglises luthériennes et réformées, l'apostolicité de l'Eglise n'est pas garantie par la continuité historique de la succession à travers le ministère épiscopal de l'Eglise, mais par la fidélité au message des apôtres.

Trinité

Un seul Dieu en trois personnes. Terme traditionnel par lequel on qualifie Dieu (Père, Fils et St Esprit) dans son unité et sa diversité, sans confusion ni séparation.

Vissert'Hooft, Willem Adolf

Pasteur réformé néerlandais (1900-1985) qui joua un rôle considérable dans le mouvement oecuménique des deux premiers tiers du 20e siècle. Il fut en particulier le premier secrétaire général du COE ; on dit qu'il en fut l'architecte.

Eglise

Le mot Eglise vient de la racine "assembler", "rassembler". Il s'utilise dans différents sens, voisins mais distincts. Il peut désigner :

  • le bâtiment où se rassemblent les fidèles et où on célèbre le culte (dans ce cas on met une minuscule).
  • les personnes qui se rassemblent, l'assemblée qui se réunit.
  • l'ensemble des chrétiens : le Nouveau Testament compare l'Eglise au corps du Christ ou à son épouse, images qui entendent souligner le lien étroit entre le Christ et l'Eglise. En ce sens, on parle de l'Eglise au singulier (elle regroupe tous les fidèles, à travers le temps et l'espace).
  • une institution ou une organisation religieuse chrétienne : on parle de l'Eglise réformée de France, de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine, de l'Eglise orthodoxe grecque, de l'Eglise catholique romaine. Dans ce cas, on parle des Eglises au pluriel.
    La compréhension de l'Eglise (on parle alors d' ecclésiologie) est aujourd'hui l'un des enjeux principaux du dialogue œcuménique. C'est en effet ce point qui demeure l'une des différences fondamentales entre les grandes confessions chrétiennes.
    Pour les protestants, les 2e et 3e sens ne se recouvrent pas. L'Eglise du Christ, Eglise invisible, ne coïncide pas avec les formes visibles des Eglises particulières. C'est une réalité spirituelle que Dieu seul connaît.
    Pour les catholiques, par contre, l'Eglise du Christ s'identifie à l'Eglise catholique romaine.

Mott, John

Laïc méthodiste américain (1865-1955), véritable " patriarche " du mouvement oecuménique. C'est lui qui a présidé la conférence missionnaire d'Edimbourg en 1910, première étape du mouvement oecuménique du 20e siècle

Multiconfessionnel

Ce mot désigne tout ce qui se rapporte aux relations entre deux ou plusieurs confessions chrétiennes. En particulier les dialogues oecuméniques qui peuvent être soit bilatéraux entre représentants de deux Eglises, ou multilatéraux entre représentants de plusieurs Eglises

Mystique

Ce mot peut désigner des expériences spirituelles variées. Il est souvent utilisé de manière abusive. Il recouvre au sens strict tous les courants et méthodes qui visent à une rencontre directe entre l'être humain et le divin/Dieu. Cette rencontre peut avoir les traits d'une union, voire d'une fusion. La tradition chrétienne souligne l'importance d'une telle expérience personnelle avec Dieu. Elle met toutefois en garde contre tout ce qui tendrait à effacer la dimension d'altérité et fusionnerait l'être humain et Dieu en une seule réalité. Le risque de la mystique est aussi de conduire parfois à un détachement des réalités matérielles et sociales

Nestorius-Nestorianisme

Nestorius, patriarche de Constantinople, sépare l'humanité et la divinité en Jésus et déclare que Marie n'est que la mère de l'homme et non la mère de Dieu. Sa doctrine sera condamnée au concile d'Ephèse, en 431, qui affirmera que Marie peut être appelée " Mère de Dieu " (en grec : Théotokos)

Œcuménique

Du mot grec oikoumenê qui signifie "la terre habitée". Le Nouveau Testament utilise ce mot pour désigner l'empire romain (Luc 2/1 ; Matthieu 24/14). Est donc œcuménique ce qui a une portée universelle. Ainsi les conciles des premiers siècles de l'Eglise sont appelés conciles œcuméniques car leurs décisions s'appliquaient à l'ensemble de la chrétienté de l'époque. Le mot œcuménique a pris, à partir du 20e siècle, un sens plus spécifique. Il qualifie les relations qui existent entre les différentes Eglises chrétiennes (anglicane, catholique, orthodoxes, protestantes) en vue de leur rapprochement. A différents niveaux (local, national, international...) et sous différentes formes (institutionnelles, doctrinales, spirituelles...), le mouvement œcuménique travaille à la réconciliation et à l'unité des Eglises. L'usage du mot œcuménique dépasse aujourd'hui cette seule signification ecclésiale. Certains s'en servent pour évoquer le dialogue des Eglises avec d'autres religions ou pour qualifier tout effort en vue de l'unité entre des personnes ou des groupes humains.

Orthodoxie

De deux mots grecs orthos : " ce qui est droit " et doxa : " l'opinion, l'enseignement, la doctrine ". C'est l'ensemble des idées ou conceptions traditionnellement admises dans une discipline (art, science, morale...) ou une institution (parti, école, Eglise...). Le terme " orthodoxie " peut donc être traduit par " la droite doctrine ". On appelle " orthodoxie " l'ensemble des opinions, considérées comme " droites et vraies " par la fraction dominante d'une Eglise (et par extension de toute organisation) et enseignée officiellement.
En théologie, ce terme désigne la conformité aux opinions, croyances et doctrines reconnues comme officielles par l'Eglise. Il s'oppose à hétérodoxie (qui s'écarte de la doctrine reçue) et à hérésie. On considère que l'ensemble des Eglises reconnaissent dans les formulations des quatre premiers conciles œcuméniques l'expression orthodoxe de la foi chrétienne.
Mais le mot orthodoxie (ou le qualificatif orthodoxe) a aussi un sens plus précis. Il désigne les Eglises d'Orient, appelées encore Eglises orthodoxes, qui se sont séparées de l'Eglise romaine depuis le schisme de 1054.

Péché

Correspond au mot hébreu " manquer un but ", " être séparé de ". Dans la Bible, le péché est la rupture du lien de la personne avec Dieu. Le pécheur est celui qui oublie l'alliance avec Dieu en ne respectant pas ses commandements, en violant ses droits et en transgressant ses lois. Deux compréhensions de ce mot existent dans le langage de la Bible. Certains textes jouent justement sur ces deux compréhensions. L'une est morale et l'autre théologique. La compréhension morale appelle " pécher " : commettre des actions non conformes à la loi. Par exemple : voler quelque chose à quelqu'un, mentir, etc. Il existe aussi une compréhension théologique de ce terme. " Pécher " veut alors dire : vivre sans référence à Dieu, être coupé de Dieu. Le péché, c'est vivre sans Dieu ou prendre sa place ou encore se fabriquer des dieux avec les choses du monde, c'est-à-dire l'idolâtrie. Le péché n'est pas identifiable aux fautes morales, mais elles sont les effets et les symptômes de cette relation faussée avec Dieu

Péché originel

Le terme de " péché originel " se rapporte à la théologie d' Augustin qui, pour expliquer le mal toujours déjà là, développe l'idée selon laquelle la transgression d'Adam et Eve se transmets (en allemand, on parle de Erbsünde ce qui veut dire " péché hérité ") quasi biologiquement à tous leurs descendants. Très vite, l'acte sexuel devient alors le moment de cette transmission. Cette représentation explique en partie pourquoi la sexualité censée véhiculer le péché " des origines " a été considérée avec autant de méfiance par toute une partie de la tradition chrétienne

Pentarchie

Nom donné à l'organisation ecclésiale qui, dans les derniers siècles de l'époque patristique, s'est cristallisée autour de cinq sièges épiscopaux majeurs : en Occident, Rome ; en Orient Constantinople, Alexandrie, Antioche et Jérusalem. Cette organisation a été reconnue par le concile oecuménique de Constantinople IV (869-870)

Pères/Patristique

On dit plus couramment " Pères de l'Eglise ". Dans l'Antiquité, le maître était souvent désigné comme " Père ". C'est pourquoi on désigne ainsi les théologiens considérés comme témoins de la tradition authentique de l'Eglise, jusqu'aux 7e/8e siècles. En patristique (recherche sur les textes des Pères de l'Eglise), on appelle " Pères Apostoliques " ceux qui succèdent directement aux apôtres. Pour les suivants, on distingue entre " Pères latins " et " Pères grecs " selon la langue dans laquelle ils rédigeaient leurs écrits. Par exemple, Jean Chrysostome est un " Père grec ", Augustin, un " Père latin "

Phylétisme

Du grec phylon, race, tribu. Se dit des Eglises orthodoxes autocéphales lorsque leur caractère local s'exacerbe en nationalisme. Le phylétisme est considéré comme une véritable hérésie condamnée par le synode des patriarches orthodoxes tenu à Constantinople en 1872. A cette date l'Eglise de Bulgarie proclama, sans l'accord de Constantinople, son autocéphalie et prétendit établir, à Constantinople même, un évêché pour les Bulgares soustrait à la juridiction de la hiérarchie locale. Mais cette condamnation n'enraya nullement la tendance contemporaine à la multiplication des autocéphalies

Symbole de la foi/credo

Aussi appelé credo, son premier mot en latin (je crois). Profession de foi chrétienne résumant l'essentiel des points sur lesquels les Pères sont tombés d'accord (c'est le sens du mot Symbole dans ce cas) lors des deux premiers conciles oecuméniques (Nicée 325 et Constantinople 381)

ACAT

Action des chrétiens pour l'abolition de la torture. Association interconfessionnelle de chrétiens

Alliance biblique Française

Organisme de diffusion de la Bible et de littérature biblique, rattaché à l'Alliance biblique universelle qui fédère les Alliances bibliques des divers pays

Hérésie

D'un mot grec issu des verbes " choisir " ou " prendre ". En grec le mot hérésie désigne le choix d'un objet intellectuel, donc une école philosophique. Au début les juifs désignaient ainsi les différentes tendances au sein du judaïsme puis ce terme a pris une connotation négative de déviance par rapport à une tradition jugée bonne. Ainsi, au début du christianisme, ce terme hérite de la tradition grecque le sens de choix d'une tradition philosophique sans jugement et de la tradition juive le sens d'hétérodoxie, ou déviance par rapport à la doctrine juste. Dès les écrits du Nouveau Testament c'est ce sens qui va dominer dans le christianisme. On appellera hérésie toute expression de la foi qui n'est pas conforme à la doctrine officielle énoncée par l'Eglise

Anglicans

L'Eglise d'Angleterre est née de la rupture d'Henri VIII avec le pape Clément VII qui lui avait refusé l'annulation de son mariage. Son successeur, Edouard VI, entraîne l'Eglise d'Angleterre vers la Réforme. L'anglicanisme s'installe véritablement sous le long règne d'Elisabeth 1ère (1558-1603), excommuniée en 1570. Un exposé de la foi, les Trente-Neuf Articles, d'inspiration protestante (1571), reste la base doctrinale de l'anglicanisme (autorité des Ecritures, deux sacrements du baptême et de la Cène). Cependant la tradition anglicane garde des aspects du catholicisme : hiérarchie (épiscopat), formes liturgiques ... L'anglicanisme ce n'est pas seulement l'Eglise d'Angleterre mais ce sont 70 millions de fidèles dans le monde entier

Anthropologie

Du grec anthrôpos (homme) et logos (discours) : Etude de ou discours sur l'homme

Apostolique

Du grec apostolos, apôtre, envoyé : une des quatre notes ou marques de l'Eglise (avec l'unité, la sainteté et la catholicité). Voir succession apostolique

ARCIC

Anglican Roman Catholic international commission
Instance de dialogue internationale regroupant depuis près de 40 ans théologiens anglicans et catholiques. Son équivalent existe en France (French ARC) sur des questions pastorales et liturgiques

Arius, arianisme

Arius (256-336), prêtre d'Alexandrie, niait la divinité du Christ. Sa doctrine, l'arianisme, provoqua une des plus graves crises de l'Eglise, elle a été condamnée par les Conciles oecuméniques de Nicée (325) et de Constantinople (381). Néanmoins elle survécut parmi les peuples barbares jusque vers le 7e siècle

ARM

Alliance réformée mondiale. Cette alliance regroupe la plupart des Eglises réformées dans le monde. (environ 75 millions de fidèles)

Assomption

Croyance catholique devenue un dogme en 1950 : " L'Immaculée Mère de Dieu, Marie toujours vierge, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre a été élevée, corps et âme, à la gloire céleste. "
L'Eglise orthodoxe utilise le terme de " Dormition ", mais n'en fait pas un dogme. Dormition et Assomption sont célébrées le 15 août en Orient et en Occident

Athanase d'Alexandrie

Evêque d'Alexandrie de 328 à 373, Athanase, mêlé à toutes les péripéties de la crise arienne, a joué un grand rôle dans la formulation et le maintien de la foi orthodoxe

Concile

Assemblée de représentants autorisés de plusieurs ou de toutes les Eglises particulières. Il prend des décisions en matière de doctrine et de vie chrétienne. L'assemblée de Jérusalem (Actes 15 ; Galates 2,1-10) en est le modèle néo-testamentaire.

Conciles œcuméniques

Conciles considérés comme " universels ". Ceux du premier millénaire se sont tous tenus en Orient, sur le territoire de la Turquie actuelle. Les quatre premiers (Nicée 325, Constantinople 381, Ephèse 431 et Chalcédoine 451) qui ont " défini " la foi sur les trois personnes de la Trinité et sur Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, sont reconnus par toutes les Eglises à l'exception des Eglises dites (à tort) monophysites ou nestoriennes. Les trois conciles suivants (Constantinople 553 et 681, Nicée 787) sont reconnus par l'Eglise catholique et l'Eglise orthodoxe. Au 2e millénaire l'Eglise catholique a continué de qualifier les conciles tenus par elle en Occident d' "œcuméniques " jusques et y compris Vatican II (1962-1965). Mais ces conciles occidentaux ne peuvent avoir la même importance que ceux de l'Eglise ancienne dite (au sens large) " indivise ".

Conciliaire

Une démarche conciliaire tend vers une pratique de discernement spirituel et de convergence (en vue de la communion des Eglises) par un débat largement partagé entre les Eglises

Schisme

Du verbe grec schizein qui veut dire " déchirer ", " fendre " et du substantif schisma " division " " séparation ". Aujourd'hui, dans son usage profane, ce mot s'apparente à celui de division, de dissidence. C'est quitter seul ou avec d'autres un groupe organisé auquel on appartenait. En contexte chrétien, un schisme est une brisure de l'unité de la communauté chrétienne et celle-ci est intervenue très tôt dans les Eglises. Paul exhorte les Corinthiens à ne pas se diviser (1Corinthiens 1,10 ; 11,18 ; 12,25). Les Corinthiens schismatiques suivent d'autres maîtres que le Christ et font souffrir le corps de l'Eglise dont les membres sont écartelés. Dans l'Evangile de Jean, le schisme (schisma) est une division provoquée par la parole de Jésus parmi ses auditeurs (les foules Jean 7,43 ; les Juifs Jean 9,16 ; 10,19). Selon le catéchisme catholique, le schisme est une séparation de la pleine communion de l'Eglise catholique (canon 817). De ce point de vue, on doit distinguer le schisme de l' hérésie qui recouvre une erreur dogmatique ; et le schisme de l'apostasie qui signifie le reniement de la foi, même si, en pratique, ces positions constituent toutes une séparation d'avec l'Eglise de Rome. Au 4e siècle, des courants tels que le donatisme et l'arianisme furent condamnés par des conciles comme schismatiques et hérétiques. L'Eglise a connu plusieurs grands schismes au cours de l'histoire (Voir aussi " Schisme de 1054 " et " Grand schisme d'Occident ").

Schisme de 1054

En 1054 un schisme a rompu l'unité de l'Eglise, séparant l'Eglise de Rome de l'Eglise de Constantinople. Plusieurs tentatives ont été faites pour retrouver l'unité, en particulier aux conciles de Lyon (1274) et de Florence (1438) ; elles ont échoué. En 1964, le contact a été renoué entre le pape Paul VI et le patriarche Athënagoras de Constantinople. En 1975 les anathèmes de 1054 ont été voués par eux à l'oubli. Mais l'unité n'est toujours pas retrouvée

Grand schisme d'Occident

Il va durer de 1378 à 1417. Il a pour origine les rivalités entre le pape de Rome et les rois de France. La papauté va s'installer à Avignon puis elle retourne à Rome et finalement il y aura à la fois des papes à Rome et à Avignon. Une première tentative de réunification échoue au concile de Pise (1409). Il faut attendre le concile de Constance (1414-1418) pour obtenir, sous l'autorité de l'empereur Sigismond de Germanie, la réunification de la papauté à Rome avec l'élection de Martin V.

Autocéphales (Eglises)

Du grec autoképhalos, " qui a sa propre tête ", se dit des Eglises orthodoxes qui, sous l'autorité d'un patriarche, d'un métropolite, ou d'un archevêque, règlent elles-mêmes l'ensemble de leur vie ecclésiale, tout en gardant la communion dans la foi et la vie liturgique avec les autres Eglises autocéphales (ou, avec une nuance, " autonomes ")

Beaudoin, Lambert

Bénédictin belge (1873-1960), pionnier dans le domaine de la liturgie, du monachisme et surtout de l'oecuménisme. Fondateur du " Monastère de l'Union " à Amay sur Meuse transféré ultérieurement à Chevetogne (Belgique)

BEM

Baptême, Eucharistie, Ministère : texte de convergence adopté en 1982 à Lima par la commission " Foi et Constitution " du Conseil oecuménique des Eglises. Ce texte, largement diffusé, traduit et discuté, a eu d'importantes répercussions tant dans les Eglises que sur leurs relations mutuelles

Bilatéral et multilatéral

Les dialogues théologiques sont soit bilatéraux (entre deux Eglises) soit multilatéraux (entre plusieurs Eglises). Par exemple, la déclaration commune luthéro-catholique sur la justification est le fruit d'un dialogue bilatéral international catholique luthérien. Le BEM est le fruit d'un dialogue multilatéral orthodoxes, anglicans, catholiques et protestants de diverses tendances

Brent, Charles

Evêque épiscopalien (anglican) américain (1862-1929), fondateur du mouvement oecuménique Foi et Constitution

COE

Conseil oecuménique des Eglises : titre officiel de l'organisme que les anglophones nomment World Council of Churches (WCC). Créé en 1948 à Amsterdam, il regroupe aujourd'hui près de 350 Eglises anglicanes, orthodoxes et protestantes, soit plus de 500 millions de chrétiens. L'Eglise catholique n'en est pas membre mais collabore à la commission Foi et Constitution dans le domaine de la mission, de la formation (Institut de Bossey) et par le GMT

Boegner, Marc

Pasteur réformé français (1881-1970), longtemps président de la Fédération protestante de France et acteur très engagé dans les décrets du COE

Canon

Le mot, d'origine grecque, signifie " roseau ", " règle ". Il a été utilisé pour désigner la liste des livres juifs puis chrétiens reconnus comme normatifs pour la foi chrétienne. La délimitation du canon biblique fut un processus de discernement progressif, non sans hésitations et différences entre les communautés locales. En présence de deux canons juifs de l'Ancien Testament (celui des Juifs de Palestine rédigé en hébreu ou araméen et la version grecque dite des Septante) l'Eglise chrétienne adopta la version grecque contenant les livres deutérocanoniques. Au 16e siècle, les Eglises de la Réforme revinrent à la version en hébreu

Catholiques

Etymologiquement (kat'olos, selon le tout), l'adjectif a un sens voisin de " apostolique ", " oecuménique ", voire " universel ". Dès le 2e siècle, les Pères de l'Eglise l'utilisent pour désigner l'universalité du message chrétien. A partir du 4e siècle, il ne s'applique plus qu'à l'Eglise et à la doctrine qu'elle professe. Voir Ignace d'Antioche. Depuis le schisme de 1054, et la Réforme du 16e siècle, on désigne par Eglise catholique (romaine) la communauté de croyants en communion avec l'évêque de Rome, le pape. Et l'adjectif catholique désigne ces croyants et la doctrine qu'ils professent. Cependant l'adjectif catholique est parfois utilisé par les Eglises orthodoxes dans un sens voisin de " orthodoxe "

CCEE

Conseil des conférences épiscopales d'Europe. Instance qui a pour but la collaboration épiscopale catholique au niveau européen

CECEF

Conseil d'Eglises chrétiennes en France
Il rassemble en son sein, outre les trois présidents de la Fédération protestante, de l'Assemblée des évêques orthodoxes, et de la Conférence épiscopale catholique, des délégations de ces trois confessions, de l'Eglise anglicane et de l'Eglise arménienne. Son but : concertation, information mutuelle et prises de positions communes sur des questions de société.

CEPE

Communion d'Eglises protestantes en Europe
Autour d'une Concorde dite de Leuenberg (signée en Suisse, à Leuenberg en 1973) les Eglises luthériennes et réformées d'Europe se sont déclarées en pleine communion ecclésiale, ce qui signifie la levée des anathèmes historiques, la pleine reconnaissance mutuelle, l'intercommunion et l'échange des ministres. Depuis, cette communion d'Eglises s'est élargie aux Eglises méthodistes. Elle poursuit le chemin d'approfondissement de sa communion par un travail théologique régulier, en développant des dialogues avec d'autres communions d'Eglises en Europe, notamment anglicanes, baptistes et orthodoxes.

Chalcédoine

Le 4e Concile œcuménique tenu à Chalcédoine, bourgade proche de Constantinople, en 451, a exprimé le mystère du Christ vrai Dieu et vrai homme en une formule technique : le Christ est une personne, possédant deux natures (divine et humaine) unies entre elles " sans confusion ni changement, sans division ni séparation ". Ce qui permet d'affirmer, sans contradiction, que, tout en devenant homme, il ne cesse pourtant pas un instant d'être Dieu.

Charisme/Charismatique

A l'origine, le mot charisme désigne un don de la grâce (charis), distribué par le Saint Esprit, utile à la vie des communautés. L'adjectif charismatique sert à caractériser une spiritualité qui insiste sur certains dons. Le " mouvement charismatique " insiste sur ces dons, individuels et communautaires : prière expressive, prophétie, guérison, parler en langues

KEK, Conférence des Eglises Européennes

Instance européenne (grande Europe) de dialogue entre orthodoxes, anglicans et protestants. Son but : promouvoir le dialogue entre ces Eglises, susciter des engagements communs, être témoin vis-à-vis des structures politiques européennes. L'Eglise catholique, qui n'en est pas membre, collabore par le biais du Conseil des conférences épiscopales d'Europe ( CCEE) et de la Commission des épiscopats de la Communauté européenne (COMECE)

Charte œcuménique européenne

Document signé à Pâques 2001 à Strasbourg par la Conférence des Eglises Européennes (KEK) et le CCEE. Ces deux organismes s'engagent à promouvoir, à tous niveaux de la vie de l'Eglise en Europe, une culture œcuménique de dialogue et de collaboration. Ce document est incitatif mais ne revêt pas un caractère normatif.

Christianisme pratique

L'un des courants fondateurs du COE, appelé aussi " Vie et Action " (d'après l'anglais Life and Work). Il vise la collaboration des Eglises dans le domaine des questions sociales, de la justice et de la paix

Chute

On désigne par " chute " la désobéissance d'Adam et d'Eve qui provoque leur éviction du jardin d'Eden (Voir aussi Genèse 3,1-23).

COMECE

Commission des épiscopats de la Communauté européenne.
Instance épiscopale ayant pour but d'analyser et de suivre le processus de construction européenne.

Déification

Terme orthodoxe qui désigne l'union entre l'homme et Dieu à laquelle l'homme est appelé. On parle encore de " participation à la nature divine ", citée par Pierre (2Pierre 1/4), par la grâce et non par l'essence. Dans la théologie orthodoxe, c'est la vocation même de l'être humain de coopérer librement avec la grâce divine

Deutérocanonique

Du grec deuteros, " deuxième", et canon, " règle, norme ". Nom donné à sept livres qui se trouvent dans la traduction grecque de la Bible, version dite de la Septante (LXX). Ils comprennent deux livres de récits historiques 1 et 2 Maccabées, deux récits fictifs : Judith et Tobie, et trois livres de sagesse : la Sagesse (de Salomon), le Siracide (ou l'Ecclésiastique) et Baruch. Par contre ces livres ne figurent pas dans la Bible hébraïque. En effet, le " synode " juif de Jamnia (environ 90-95), qui en fixa le canon, ne les retint pas dans la liste des livres canoniques. Ces livres font partie du canon des Ecritures tel que le reconnaissent les Eglises catholique et orthodoxe. S'ils figurent dans les traductions protestantes jusqu'au 19e siècle, et dans la traduction œcuménique moderne (TOB), les Eglises issues de la Réforme ne leur reconnaissent pas la valeur normative des autres livres bibliques. Ainsi, la Confession de foi dite de La Rochelle déclare à leur sujet : " ... encore qu'ils soient utiles, on ne peut fonder [sur eux] aucun article de foi ".

Directoire œcuménique

Document catholique promu par le Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens dont le titre exact est : Directoire pour l'application des principes et des normes sur l'œcuménisme. A caractère disciplinaire, il fait loi dans l'Eglise catholique pour la pratique œcuménique. La dernière version date de 1993. Il en existe une version commentée et complétée, adaptée à la situation française (Paris : Cerf, 1994).

Donation de Constantin

Document inauthentique comprenant deux parties. La Confession expose la légende de la conversion de Constantin, qui aurait été guéri de la lèpre par l'évêque Sylvestre de Rome. La Donation énumère les cadeaux de l'empereur reconnaissant : le palais du Latran, les territoires impériaux d'Italie et la ville de Rome, avec le droit de porter le sceptre, le diadème et la pourpre. Cet écrit a dû être composé à la chancellerie papale au milieu du 8e siècle. C'est au 15e siècle que l'humaniste Laurent Valla en prouva l'inauthenticité

Droit canonique

Volume regroupant les règles de droit dans l'Eglise catholique. La Discipline de l'Eglise réformée joue un rôle analogue

Ecclésiologie

Réflexion dogmatique au sujet de l'origine et de la nature de l'Eglise, de son statut théologique et juridique, des charismes, des ministres, ainsi que de la question de l'unité de l'Eglise dans une chrétienté divisée. Les divergences ecclésiologiques sont au coeur du dialogue oecuménique

Epiclèse

(du grec epiclesis, invocation) Invocation à l'Esprit Saint, notamment pendant la Divine Liturgie, après les paroles de l'institution de l'Eucharistie (ou avant dans la messe catholique), pour qu'il opère le changement du pain et du vin en corps et sang du Christ et la sanctification des fidèles. Tous les sacrements ont une forme d'épiclèse qui leur donne leur efficacité par la présence de la grâce divine

Evangélisation

Action d'apporter par la parole ou par l'écrit l'Evangile, c'est-à-dire la " Bonne Nouvelle " de Jésus Christ à des êtres humains qui l'ignorent ou la méconnaissent. A distinguer du prosélytisme

Fiat

Réponse de la Vierge Marie à l'ange Gabriel lorsqu'il lui annonça qu'elle serait la mère du Sauveur (Annonciation). Marie déclara " qu'il me soit fait (selon ta parole) " (Luc 1,38), en latin fiat. Les théologiens sont dans l'ensemble de l'avis que la réponse de Marie est décisive et que l'incarnation n'aurait pu avoir lieu sans son accord, soulignant ainsi le respect de Dieu face à la liberté humaine.

FLM

Fédération luthérienne mondiale. Elle rassemble la grande majorité des Eglises luthériennes du monde dans une même communion ecclésiale basée sur les Ecrits fondateurs du luthéranisme. Environ 66 millions de chrétiens

Foi et Constitution

Courant constitutif du mouvement œcuménique, aujourd'hui intégré dans le Conseil œcuménique des Eglises, favorisant la réflexion théologique entre les Eglises sur les question de foi et de discipline ecclésiale (comme son nom l'indique). Il propose aux Eglises et met en débat des textes théologiques dits de convergence. Le plus connu est le BEM.

Fondamentalisme

Courant né dans les Eglises évangéliques aux Etats-Unis au début du 20e siècle. C'est une réaction à l'avancée des idées modernistes dans le protestantisme, principalement sur trois points : l'acceptation des idées de Darwin sur l'évolution, l'introduction de l'exégèse scientifique dans les séminaires et facultés, et la vision progressiste de l'histoire qui contredisait la vision apocalyptique des conservateurs évangéliques. En 1920, un mouvement fondamentaliste se crée autour de quatre fondamentaux (d'où le terme de fondamentalisme) chacun étant une conséquence directe du dogme de l'inerrance de la lettre de la Bible : la naissance virginale de Jésus, la croix interprétée comme châtiment expiatoire nécessaire au salut, la résurrection physique des corps et le second avènement de Jésus Christ. Depuis les années 1980, ce courant a acquis une influence politique importante aux Etats-Unis en s'appuyant sur les conservateurs Républicains.
Le fondamentalisme touche peu le catholicisme qui ne considère pas la Bible comme la seule et unique autorité. Il y a dans le catholicisme quelques mouvements conservateurs qui s'appuient sur des traditions et des documents anciens pour contester Vatican II, comme le courant de Mgr Lefebvre. Ils sont qualifiés d'intégristes puisqu'il s'agit plus de conserver l'intégrité de la religion catholique qu'un retour à des fondamentaux.

GMT

Le Groupe mixte de travail a été fondé en 1965 par l'Eglise catholique et le COE. C'est une sorte de commission paritaire assurant la concertation entre les deux entités, rendue utile par le fait que l'Eglise catholique n'est pas membre du COE. Il publie un rapport pour chacune des assemblées mondiales du COE.

Herméneutique

Qui concerne les questions d'interprétation des Ecritures. L'herméneutique est la discipline scientifique qui travaille sur ce sujet

Ignace d'Antioche

Père de l'Eglise d'Antioche mort martyr à Rome entre 100 et 117. Après les textes du Nouveau Testament, les lettres d'Ignace représentent, pour l'ecclésiologie, le dogme et la spiritualité, le document le plus important qui nous soit parvenu sur les origines chrétiennes au tout début du 2e siècle. Le chef de l'Eglise d'Antioche y exprime avec autant d'autorité que d'insistance son souci, presque son obsession, de l'unité à garder pour chaque Eglise autour de son évêque et pour toutes les Eglises entre elles. Gardien du mystère de Jésus-Christ, il y multiplie les mises en garde contre les fausses interprétations et les tentations gnostiques. C'est dans Saint Ignace que pour la première fois l'Eglise est qualifiée de " catholique "

Ascétisme/ascétique/Ascèse

Vient du mot grec askesis qui veut dire " exercice, peine que l'on endure ". On désigne par ascèse le choix religieux de limiter, voire de renoncer temporairement (ou définitivement) à la nourriture et/ou à la boisson, au confort d'une habitation (vie itinérante), au sommeil, au vêtement, aux biens sous toute forme, à une vie sexuelle, etc. Les justifications de ces choix sont variées selon le contexte théologique et historique. Certains mouvements pratiquent l'ascèse dans l'intention de libérer l'être humain de la " servitude " de la matière. Dans le bouddhisme, sa pratique consiste à montrer que tout ce qui appartient au monde est illusoire. Dans l'histoire de l'Eglise, elle est tantôt exigée et justifiée (pour rendre possible une plus grande attention aux " choses de Dieu ", pour exprimer un certain mépris à l'égard de tout ce qui attache l'être humain " au monde ", pour préparer des moments particuliers de l'existence, etc.), tantôt critiquée à cause du risque d'une surévaluation de l'effort humain, de l'idée de mérites, etc

Cène

C'est le nom donné au dernier repas de Jésus avec ses disciples. Il leur demande de partager après sa mort un tel repas en mémoire de lui. Pour désigner ce repas de communion, la tradition protestante parle plutôt de Cène ou Sainte Cène, la tradition catholique d' Eucharistie ou de messe

Clément d'Alexandrie (vers 150-vers 215)

Clément devient vers 189 le directeur de l'Ecole d'Alexandrie où il enseigne jusqu'en 202. Cette école est un véritable centre d'études supérieures d'exégèse et de théologie. Sous le patronage de l'évêque, elle a pour fonction de préciser la juste doctrine. En effet, dans le bouillonnement culturel d'Alexandrie au 2e siècle, le christianisme est soumis à de nombreuses influences philosophiques ou religieuses. Clément admire la philosophie de Platon et donne à l'école d'Alexandrie une orientation intellectuelle et philosophique.
En 202 il quitte Alexandrie pour l'Asie Mineure afin d'échapper aux persécutions de Septime Sévère. Clément a laissé essentiellement trois ouvrages: Le Protreptique-Exhortation aux grecs, Le Pédagogue, et un recueil de mélanges nommé Stromates ou Tapisseries. Le Pédagogue mêle l'examen des points de doctrine chrétienne, l'exégèse des Ecritures et de textes philosophiques. Il donne de précieuses indications sur le contenu de l'expérience pédagogique comportant un objectif religieux : pour lui, l'éducation à la vérité passe par l'intermédiaire de l'enseignement du Christ.

Erasme (1469-1536)

Né à Rotterdam, il fut appelé " le prince des humanistes ". Il entra au couvent des Augustins. Il poursuivit ses études à Paris au Collège Montaigu où, quelques années plus tard, étudia Calvin. Il s'efforça d'appliquer les règles philologiques -mises au point par les humanistes- aux Ecritures bibliques avec le souci de les rendre accessibles aux plus humbles. Il voyagea dans toute l'Europe où il diffusa des idées qui seront reprises par les Réformateurs. Lié d'amitié avec plusieurs d'entre eux (Bucer, Farel, Melanchthon, Oecolampade, Zwingli...) et malgré la sympathie qu'il avait pour nombre de leurs thèses, il refusa toujours de rompre avec l'Eglise romaine. Il pensait possible une réforme de l'Eglise de l'intérieur. Erasme refusait la violence, notamment en matière religieuse. Sa pensée était faite de mesure et de pondération. Luther lui a reproché sa tiédeur. En 1521, à Bâle, il écrit son Essai sur le libre-arbitre. Luther lui répondra dans son Traité du serf arbitre

Eucharistie

Vient du verbe grec eucharistein (" rendre grâces "). Le mot désigne aujourd'hui le repas célébré en mémoire du dernier repas de Jésus avec ses disciples. Jusqu'à la fin du 1er siècle, le mot était utilisé uniquement pour la prière qui précède la formule de consécration du pain et du vin. La tradition protestante parle plutôt de Cène ou Sainte Cène.

François d'Assise (1182-1226)

François naît en 1182, à Assise. Il doit son prénom Francesco au fait que son père, Pietro Bernardone, un riche marchand, fait du commerce avec la France et que sa mère, Pica, est d'origine provençale. François connaît une enfance comblée, sans soucis matériels. Il est entouré d'amis. Il se prépare tout naturellement à prendre la succession de son père. Mais il rêve de devenir chevalier. Sa première expérience est désastreuse : après une guerre contre la ville voisine de Pérouse, il se retrouve pendant un an en prison. Puis il tombe malade. En 1205, à vingt-trois ans, il a une révélation dans l'église Saint-Damien. Il entend le Christ lui demander de réparer son église. Comme celle-ci est en effet en train de tomber en ruines, il s'attaque aux travaux de rénovation. Bientôt, il comprend que l'appel concerne l'Eglise d'une manière plus large.
L'année suivante, il rompt avec sa famille et renonce à ses biens. Pendant deux ans, il soigne des lépreux et répare des chapelles. En 1208 - à vingt-six ans - entendant l'Evangile à la messe, il découvre que sa vocation est de le vivre à la lettre. Très vite, des hommes viennent le rejoindre. Ils vont à Rome demander au pape son accord pour cette forme nouvelle de vie dans l'Eglise. Puis des femmes adoptent le même style de vie : on les appellent " Clarisses ", du nom de la première d'entre elles, Claire, une jeune fille d'Assise. Puis, des laïcs souhaitent pouvoir mener cette forme de vie évangélique, tout en continuant à vivre avec leur famille et à pratiquer leur métier. C'est le Troisième Ordre, qui complète la Fraternité.
Des frères partent pour les autres pays d'Europe. En 1219, François lui-même va en Egypte pour convertir le sultan. Les deux hommes se quittent dans l'estime mutuelle. Il abandonne la direction de son ordre et se retire pour écrire un projet de vie, une règle pour ses frères. En 1223, il reçoit l'approbation du pape. Il fête Noël à Greccio, où il réalise la première crèche vivante.
En quête d'une relation toujours plus proche avec le Christ, François se retire dans la montagne de l'Alverne. C'est là qu'il reçoit les traces de la Passion de Jésus (stigmates) se manifestant visiblement dans son corps. Malade, souffrant des yeux et presque aveugle, il se retire à Saint-Damien, où il compose le Cantique des Créatures et son Testament. Il y meurt le 3 octobre 1226, à 44 ans. En 1228, il est canonisé, et le pape fait construire en son honneur une basilique à Assise.

Hus, Jan (vers 1370-1415)

Jan Hus naît vers 1370 à Husinec en Bohême méridionale dans une famille rurale pauvre. Doué pour les études et avide de promotion sociale, il se rend à Prague, où il étudie les lettres puis la théologie. En 1398, il obtient sa licence d'enseignement en théologie. Nommé professeur à l'Université, il entre en contact avec le mouvement de réforme et subit l'influence de Wyclif. En 1400, il est ordonné prêtre. L'année suivante, il est nommé doyen de la Faculté des Arts et Lettres de Prague. En 1402, il devient curé, sans charge de communauté, à la chapelle de Bethléem. Il s'illustre par une prédication évangélique et sociale, dénonçant les vices des laïcs et les profits du clergé. En 1409, il commence à être accusé de ne pas dénoncer Wyclif et de contester l'autorité du pape. Elu recteur de l'Université, il participe à sa réorganisation, et devient le chef du mouvement réformateur. En 1411, il subit l'interdit du pape qui s'étend sur toute la ville. Dans des disputes universitaires, des prédications, des publications, il se lance dans la controverse contre les indulgences. En 1412, alors que des émeutes éclatent à Prague et qu'il est menacé d'excommunication, Hus s'exile en Bohême du sud où il développe une intense activité littéraire. En 1413, il publie son grand ouvrage De ecclesia censuré à Prague, Paris et Constance. En 1414, il se rend au concile de Constance pour y défendre sa cause. Il poursuit une correspondance avec les fidèles de la chapelle de Bethléem et approuve la communion sous les deux espèces. En juillet 1415 il refuse d'abjurer devant le concile qui le condamne, le dégrade de ses titres sacerdotaux et le remet à l'autorité civile pour être exécuté sur le bûcher (6 juillet)

Iconoclaste

Mot d'origine grecque qui veut dire " briseur d'image ". On appelle " iconoclastes " les partisans des empereurs byzantins qui s'opposèrent à l'adoration et au culte des images saintes

Indulgences

L'indulgence existe dès le 11e siècle dans l'Eglise d'Occident. C'est la remise par l'Eglise des peines temporelles méritées par le pénitent en raison de ses péchés. La doctrine des indulgences a sa source dans la conviction que l'Eglise est l'administratrice du trésor des mérites du Christ et des saints. Elle a donc le pouvoir d'en faire bénéficier les fidèles, moyennant certaines contreparties (récitation de prières, pèlerinages, processions...), et de leur permettre ainsi d'échapper. Au moment de la Réforme, cette rémission de la peine pouvait aussi s'obtenir en acquittant une somme d'argent.
Cette vente, et plus encore la doctrine qui la justifie, ont rencontré de nombreux opposants au cours des siècles : Hus, Wyclif, Luther...

Origène (vers 185-253 ou 254)

Origène est un Père de l'Eglise du 3e siècle dont l'œuvre théologique et exégétique est très importante. Il naît à Alexandrie vers 185. Son père meurt martyr en 202. Il n'a que 18 ans quand Démétrios, l'évêque d'Alexandrie, lui confie la direction de l'école de catéchèse dans cette ville. Il y enseignera et rédigera ses traités et ses commentaires bibliques jusqu'en 232 environ. A cette date, un conflit avec l'évêque Démétrios l'oblige à quitter Alexandrie pour Césarée où il avait été ordonné prêtre et où il continuera son œuvre. Son but était l'enseignement de " la vérité de la foi " à partir des Ecritures et la réfutation des courants jugés hérétiques. Il a eu de son vivant une très forte influence sur la constitution de la théologie chrétienne et il a posé les règles de l'exégèse. Emprisonné et torturé pendant la persécution de l'empereur Dèce, il meurt vers 253 des suites des sévices subis. Après sa mort, son œuvre sera traduite en latin et commentée par ses disciples. Elle reste très vivante jusqu'au 6e siècle, suscitant des confrontations avec la doctrine de la Trinité définie par le concile de Nicée. L'empereur d'Orient Justinien condamne Origène et sa doctrine en 543. Du fait de cette condamnation, une grande partie de l'œuvre en grec d'Origène s'est perdue

Salut

L'Ancien Testament comprend le salut comme l'action de Dieu qui libère. Le texte de référence est la sortie d'Egypte, la libération de l'esclavage, de l'oppression. Cette idée de libération est reprise par le Nouveau Testament. La guérison d'une maladie, la relation rétablie avec Dieu et les autres, l'accueil de celui qui se considère perdu...sont signes du salut que Dieu donne. Le verbe " sauver " s'emploie au passif ce qui souligne le fait que Dieu est l'auteur du salut. L'être humain est sauvé, il ne se sauve pas lui-même

Valdo, Pierre (vers 1135-1215)

Aux 12e et 13e siècles, plusieurs mouvements réformateurs font leur apparition, avec pour idéal un retour aux pratiques et à la simplicité de l'Eglise primitive. L'un des plus importants de ces mouvements est celui des Pauvres de Lyon, appelés communément Vaudois, du nom de son inspirateur, Vaudès ou Valdès. L'usage a retenu la forme italienne de ce patronyme : Valdo. Ce riche bourgeois de Lyon connaît la double vocation de pauvreté et de prédication. Il quitte son métier, sa famille, sa cité, regroupant à ses côtés un certain nombre de partisans pour mener avec eux la vie communautaire des premiers chrétiens. Méprisés par les uns comme des sortes de fous, injuriés comme prêchant l'Evangile sans autorisation, les Vaudois progressent quand même et se dispersent dans les régions les plus diverses : Dauphiné, Languedoc, Provence, Italie du Nord, Lorraine, Allemagne, jusqu'en Bohême où serait mort Valdo. Interdite par l'archevêque de Lyon, condamnée par le concile du Latran, l'oeuvre de Valdo se poursuit malgré de nombreuses persécutions. Les Vaudois choisissent en 1532 d'adhérer à la Réforme. Une Eglise vaudoise s'est constituée en Italie et dans le Rio de la Plata (Argentine et Uruguay)

Wyclif, John (entre 1320 et 1330-1384)

Après des études à Oxford, il devient professeur en 1361. Il prend position contre le pape pour défendre les intérêts nationaux. Il déclare que l'Eglise n'est pas la propriétaire de ses biens mais simplement l'intendante. Il réclame la sécularisation des biens du clergé. Il est appelé à comparaître en 1377 devant un tribunal d'évêques à la cathédrale Saint Paul de Londres. Grâce au duc de Lancastre et malgré une audience houleuse et un début d'émeute populaire, il est acquitté. Il continue à réclamer une réforme de l'Eglise : il attaque la confession obligatoire, les pénitences, les indulgences, le système de gouvernement dont le pape est le chef. Mais surtout Wyclif veut mettre la parole de Dieu à la portée de tous. Il traduit donc la Bible en langue anglaise, multiplie les sermons et les traités et organise un corps de prédicateurs itinérants. Il a pour devise : " Je crois que la vérité finira par triompher "

Augustin

Père de l'Eglise d'Occident (354-430). En 396, il devient évêque d'Hippone, près de Bône en Algérie. Il exerça une forte influence sur la théologie catholique et plus tard sur certains aspects de la théologie protestante. Son oeuvre la plus connue d'un large public est probablement les Confessions.

Anathème

Le grec anathèma signifie littéralement " ce qu'on place par-dessus ", " ce qu'on offre par surcroît ", " ce qu'on met à part ". Ce terme appartient déjà au langage religieux avant le christianisme. Il désigne l'offrande faite à une divinité ou encore ce que l'on appelle des ex voto comme en témoigne Luc 21,5.

Il traduit dans la Septante (la Bible en grec) le terme hébreu qui signifie « mis à l’interdit », donc « exclu de la communauté ». L’interdit a un rapport étroit avec le sacré, soit que la personne ou l’objet souille l’espace sacré, soit qu’il est déclaré interdit parce que réservé à Dieu, comme pour le butin de guerre par exemple dans l’Ancien Testament.

Ce mot est présent avec d'autres significations dans le Nouveau Testament où il est très rare. C'est alors un serment par lequel, en cas de parjure, on affirme s'en remettre au jugement, à la malédiction de Dieu (Actes 23,14), une imprécation pour vouer quelqu'un à la malédiction de Dieu (1Corinthiens 12,3;16,22, Galates 1,8s). C'est encore le fait d'être séparé de Dieu (Romains 9,3).

Dans l'Antiquité chrétienne, le mot anathème désigne la mise au ban de la communauté. L'anathème est généralement porté contre les hérétiques qui combattent la doctrine ou l'autorité de l'Eglise. Le concile d'Elvire en 306 est le premier à comporter des anathèmes, qui deviendront ensuite très fréquents.