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Le rire diffère selon les civilisations et évolue selon les époques : il est d'abord un phénomène culturel. Au Moyen-Age, le rire est même un enjeu idéologique d'importance. C'est ce qu'illustre le roman de l'italien Umberto Eco : Le nom de la rose (1980).
L'histoire se déroule en 1327, alors que la chrétienté est divisée entre l'autorité du pape et celle de l'Empereur du Saint-Empire. L'intrigue a lieu dans une abbaye bénédictine où un ancien inquisiteur, Guillaume de Baskerville, se livre à une véritable enquête policière suite aux meurtres de plusieurs moines.
L'histoire l'oppose alors à un moine ultra-rigoriste, Jorge de Burgos, grand ennemi du rire. C'est un vieillard intransigeant qui cherche à tout prix à interdire l'accès à un livre. Il s'agirait d'un inédit d'Aristote dans lequel le philosophe grec aurait prononcé l'éloge du rire. Jorge de Burgos ne veut pas que les hommes se croient autorisés à rire: il faut, pense-t-il, les tenir ployés sous terreur. Le rire, selon lui, anéantirait la crainte de Dieu et amènerait la ruine de l'Eglise.
Le Christ riait-il ? Le Christ possédait-il, en propre, sa tunique ? Une paire de lunettes est-elle ou non un outil du Diable ?
Ces questions qui, à première vue, pourraient sembler saugrenues sont pourtant les enjeux cardinaux du Nom de la rose. L'auteur aborde ainsi les conflits intellectuels, religieux et politiques du début du 14e siècle dont la question de la nature du rire faisait partie.


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