A

Altérité

Caractère de ce qui est autre, ou un autre. C'est le fait d'être différent de manière plus ou moins fondamentale : l'homme et la femme par exemple. Plus radicalement, on parle de l'altérité de Dieu qui ne se confond pas avec l'être humain. On le désigne comme le Tout-Autre. Comme la différence, l'altérité s'oppose au même, à l'identité

C

Communautarisme

Ce mot recouvre des expressions sociales et politiques diverses. Toutes soulignent l'importance de la communauté existante. Caractérisée par des traits communs (ethnie, culture, race, langue, coutumes, religion...), elle est considérée comme le lieu d'accomplissement de l'être humain et la condition de son identité. Le communautarisme privilégie la différence et en vient à revendiquer des droits particuliers, y compris parfois sur le plan politique. Il reproche au républicanisme étatique son caractère abstrait, réducteur et uniformisateur. Mais lui-même peut être l'expression d'un repli identitaire s'opposant à la visée citoyenne commune

Concordat

Traité international qui organise les relations entre le Vatican (lui-même Etat reconnu avec des nonces pour ambassadeurs) et un Etat particulier afin de régler les questions d'ordre religieux les concernant l'un et l'autre. Un tel accord bilatéral précise juridiquement les conditions d'existence et d'activités de l'Eglise catholique sur le sol de l'Etat concerné. En France, le Concordat promulgué par Napoléon Bonaparte, en 1802, introduit à la fois un contrôle des cultes et une reconnaissance de la pluralité religieuse

E

Espace public

Public du latin publicus, ce qui concerne tout le monde. L'espace public est au départ un espace physique : celui de la rue, de la place, du commerce et des échanges. Des penseurs contemporains en ont élaboré une théorie particulièrement féconde qui peut renouveler la compréhension de la laïcité et enrichir l'exercice de la démocratie. Pour eux c'est la sphère intermédiaire entre les individus et l'Etat. Comme la place publique d'antan, c'est le lieu accessible à tous où, même des convictions privées, personnelles, particulières, peuvent s'exprimer publiquement. Dans l'espace public, peuvent s'instaurer des débats libres, critiques et ouverts, se confronter des convictions différentes et se construire les valeurs communes permettant de vivre ensemble. Les religions, à côté d'autres communautés et familles de pensée, y ont leur place

I

Idéologie

Au début du 19e siècle, ce mot désigne la science des idées, leur origine, leur nature et leurs lois. Les adversaires de l'idéologie vont donner au mot le sens péjoratif d'analyse et de discussion vaine, abstraite sans rapport avec la réalité. Le mot va ensuite acquérir une dimension politique, ce sont alors les idées qui inspirent l'action d'un mouvement ou d'un parti. Karl Marx va donner au mot une inflexion critique. C'est pour lui l'ensemble des idées ou représentations illusoires grâce auxquelles une classe sociale assoit sa domination. L'idéologue est celui qui travaille dans l'illusion, mais sans le savoir, avec le risque d'ériger en vérité universelle son point de vue particulier. Dans un sens général, on peut dire que l'idéologie est une conception profane du monde, une représentation globale du réel sans le recours à une religion ni à la raison. Le mot peut alors correspondre à l'allemand Weltanschauung.

L

Laïcisme

Ce mot a un sens péjoratif. Il désigne la position de ceux qui défendent une laïcité stricte, redoutant tout empiètement des religions dans la vie publique. Pour eux la religion doit rester une affaire totalement privée et ils lui refusent toute expression dans le domaine temporel. La laïcité est alors absolutisée, sacralisée. Elle devient une idéologie qui peut devenir aussi intolérante qu'une religion.

Les Lumières

C'est à la fois une période de l'histoire de la philosophie : le 18e siècle appelé " Siècle des Lumières ", et le courant philosophique qui s'y développe. Il se caractérise par une conception optimiste et progressiste de l'histoire, par la foi dans les avancées de la connaissance et de la culture, par l'avènement d'un individu libéré des tutelles religieuses, par l'invitation à penser et juger par soi-même grâce à l'usage libre et responsable de la raison. La grande figure de la philosophie des Lumières est, en Allemagne, Emmanuel Kant. En France, l'esprit des Lumières est représenté par Voltaire, Diderot, d'Alembert et les Encyclopédistes. Les idées de progrès, de tolérance, de laïcité, s'enracinent dans ce courant.

M

Manichéisme

Le manichéisme est une religion syncrétique fondée par un perse Mani au 3e siècle. Cette religion mêlait des éléments du christianisme et du bouddhisme. Dans cette religion, le bien et le mal sont des principes fondamentaux, égaux et antagonistes. Ce terme désigne maintenant une conception dualiste du bien et du mal, comme principes essentiellement irréductibles.

Messianisme

Le mot " Messie " est un mot d'origine hébraïque utilisé dans l'Ancien Testament. Il a la même signification que le mot " Christ ", d'origine grecque, employé dans le Nouveau Testament. Les deux mots veulent dire en français : " celui qui est oint ". Le peuple d'Israël attend le Messie pour qu'il rétablisse la véritable royauté. Les chrétiens ont reconnu en Jésus le Messie dont ils attendent le retour. Ils croient qu'il établira alors son Royaume sur la terre.
Par extension le messianisme est la croyance en la venue d'un sauveur de l'humanité. Ce terme d'origine judéo-chrétienne est alors appliqué à d'autres religions ou idéologies du salut qui croient en la venue d'un monde meilleur, voire parfait. Le mot a notamment été utilisé à propos de l'utopie communiste.

Millénarisme

Croyance dans un règne terrestre à la fin des temps, inauguré par le Messie et ses élus, qui durera pendant 1000 ans. La pensée millénariste s'appuie en particulier sur des textes du livre biblique de l'Apocalypse. On y trouve souvent un rejet radical de l'ordre social et politique existant.

Modernité

Vient du terme moderne qui désigne ce qui est actuel, contemporain par opposition à l'ancien, au traditionnel, à l'antique. Certains font naître la modernité à la Renaissance (16e siècle), d'autres au 17e siècle avec l'apparition de la science expérimentale, d'autres au 18e siècle avec l'esprit des Lumières et la Révolution, d'autres enfin la lient à la révolution industrielle du 19e siècle. La modernité se caractérise par le libéralisme, l'individualisme, l'effacement de la religion, l'avènement de la technique et de la science, l'émergence de la nation et de l'Etat et plus récemment la mondialisation.

P

Particulier

Ce terme désigne ce qui appartient en propre à une personne ou à une chose, ce qui caractérise un individu, un groupe, une communauté. Il est synonyme de singulier et s'oppose à universel.

Philosophes du soupçon

On doit cette expression au philosophe protestant français Paul Ricoeur (1913-2005). Il a désigné ainsi Marx, Nietzsche et Freud à cause de leur démarche critique radicale. Selon des modalités diverses, ces trois penseurs ont en effet " soupçonné ", c'est-à-dire interrogé, démystifié et du coup ébranlé les certitudes des conceptions classiques, notamment en ce qui concerne le sujet, sa conscience et le sens de son existence.

Positivisme/néo-positivisme

C'est, au départ, la pensée d'Auguste Comte (1798-1857) qui consiste à ne s'appuyer que sur les faits pour les décrire et en dégager des lois. Il ne s'intéresse pas au " pourquoi " des choses mais seulement au " comment " en vue de systématiser l'ensemble du savoir en une théorie de la connaissance. Le terme s'est ensuite banalisé pour désigner toute pensée qui ne veut s'en tenir qu'aux faits, aux sciences, excluant toute interprétation d'ordre religieux, métaphysique ou philosophique. Le mot a pris parfois un accent péjoratif pour décrire une pensée purement matérialiste et sans profondeur. On parle généralement de néo-positivisme pour caractériser les résurgences contemporaines de ce courant philosophique. Toutefois, au sens strict, l'expression néo-positivisme désigne un mouvement philosophique, né au lendemain de la 1ère Guerre mondiale qui ajoute au positivisme une attention portée à la logique et aux structures du langage (Bertrand Russell, Ludwig Wittgenstein, Cercle de Vienne...)

R

Rationalisme

C'est une pensée qui considère que la raison est une capacité humaine autonome permettant de tout comprendre et tout expliquer. Cette confiance en la raison toute-puissante peut conduire à penser que le réel est totalement rationnel et finalement que l'irrationnel n'existe pas. Le rationalisme, nourri de l'esprit des Lumières, s'est opposé à toutes les formes d'obscurantisme et de superstition. Il en est venu à prendre parfois, de manière plus ou moins péjorative, le sens de d'athéisme et de libre-pensée. Il a pu avoir comme dérive le scientisme

Religion

Quand on parle de religion, des religions, de religieux ou de religiosité, il est difficile de parvenir à une définition. C'est un phénomène dont les chercheurs s'accordent à reconnaître aussi bien l'extraordinaire diversité des manifestations particulières que l'universalité. En effet, on ne connaît pas de société humaine dépourvue de toute dimension religieuse. Cette réalité dépasse le cadre des religions (christianisme, judaïsme, islam, hindouisme, etc.) et désigne toute référence que l'être humain revendique comme ultime, guidant sa vie, ses décisions, ses choix. On peut par exemple avoir un sentiment religieux en contemplant la nature. Pour d'autres, des convictions politiques revêtent un caractère religieux. L'étymologie du mot religion est incertaine. La plupart des Anciens (Lactance, saint Augustin...), le tirent du verbe religare, lier, attacher et y voient donc l'idée d'un lien : soit un lien d'obligation à l'égard de certaines pratiques, soit un lien d'union entre les humains, ou entre les humains et les dieux. Cicéron fait venir le mot religion du verbe relegere qui peut signifier recueillir, rassembler, mais aussi lire de nouveau, lire à plusieurs reprises, d'où le sens d'observance scrupuleuse (l'adverbe " religieusement " l'a conservé).
On peut caractériser la religion comme la relation (individuelle ou communautaire) à Dieu, à l'Absolu, comme un système de croyances et de pratiques (cultuelles ou comportementales) en lien avec une divinité. Dans la théologie protestante on distingue généralement la religion de la foi. Si le mot religion est absent de la Bible, la réalité qu'il recouvre y est fréquente.

S

Sacré

Le mot latin sacer désigne ce qui ne peut être touché sans être souillé ou sans souiller. Il y a de multiples définitions du sacré. En première approche, cette notion désigne la présence ou l'action d'une divinité, d'une puissance transcendante, d'une force mystérieuse et, par extension, tout ce par quoi elles se manifestent : objet, animal, plante, temps, lieu, personne... Ces réalités sont dès lors considérées comme étant de nature différente, possédant une qualité ou un pouvoir particuliers. Il faut donc les approcher avec réserve, selon certaines règles, ou les vénérer pour se les rendre propices. Ainsi, comme en témoigne son étymologie latine, le sacré suscite d'une part du respect, de la fascination et d'autre part de la crainte. Par analogie, le mot sacré désigne aussi ce qui est digne d'un respect absolu, inviolable. On parlera de la personne sacrée du roi, du caractère sacré de la vie ou de la personne humaine.
Les catégories de " sacré " et de " profane " relèvent d'une conception du monde où les lieux, les objets et les êtres sont définis en fonction de leur nature propre, de leur essence. Dans le Nouveau Testament aussi bien que dans l'Ancien Testament, ces catégories s'effacent devant celles de " saint " et de " pécheur " qui définissent l'être humain non pas en fonction de sa nature, mais de sa relation à Dieu.

Scientisme

Terme utilisé souvent de manière péjorative pour désigner les dérives du positivisme ou du rationalisme. Pour le scientisme, la connaissance scientifique peut résoudre tous les problèmes et toutes les énigmes, considérant les questions sans réponses comme des non-sens. C'est " la religion de la science, ou la science comme religion " (André Comte-Sponville). C'est une manière d'ériger la vérité scientifique en un dogme capable de rendre compte de l'absolu

Séculier/Sécularisation

Ces mots viennent du latin saeculum qui veut dire le " siècle " ou le " monde ". Est séculier tout ce qui concerne le monde profane, en dehors de toute référence religieuse. La sécularisation désigne donc le processus moderne de désacralisation d'activités qui dépendaient jusque-là, partiellement ou totalement, de la religion : l'art, la politique, la morale, les techniques et les sciences... La sécularisation caractérise un monde autonome qui se comprend à partir de lui-même, sans recourir à des références religieuses. C'est un processus lent d'évolution qui ne doit pas être confondu avec la laïcité. Celle-ci est le fruit d'une volonté politique définissant la place du religieux dans la société et elle peut donc s'instaurer dans un délai relativement court.

T

Transcendance

D'une racine latine qui veut dire " ce qui franchit, dépasse ". C'est l'extériorité ou la supériorité absolues. Dans le domaine philosophique ou religieux, on désigne de ce mot des réalités qui se situent hors de portée ou de connaissance de l'être humain. Quand on parle de la transcendance de Dieu, on souligne son caractère insaisissable. La transcendance du Dieu chrétien n'exclut toutefois pas sa proximité puisqu'il s'incarne en Jésus-Christ : Dieu Emmanuel (" Dieu avec nous "), celui qui se tient aux côtés de l'humain... Dans la philosophie contemporaine, on parlera de transcendance pour désigner le mouvement de la conscience qui la conduit au-delà d'elle-même et de ce qui est. C'est une capacité de liberté et de dépassement qui fait que l'être l'humain ne peut se réduire ni à la matière, ni à la nature, ni à l'histoire.

U

Universel

Ce mot caractérise des réalités qui concernent ou devraient concerner l'ensemble des êtres ou des choses. Il s'oppose à particulier qui ne concerne qu'une partie d'entre eux. On dira ainsi que les droits de l'homme sont universels parce qu'ils valent pour tout être humain. Sur le plan politique, les intérêts particuliers d'un groupe entrent souvent en tension avec la recherche du bien et de l'intérêt communs. Dans la société laïque, on considèrera alors que l'universalisme républicain s'oppose au communautarisme.

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