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Abélard, Pierre (1079-1142)

Auteur d'une autobiographie (Historia calamitatum) et du Sic et non. Né au Pallet (Bretagne) en 1079, il appartient à la petite noblesse. Il abandonne le métier des armes à ses frères et se consacre aux études. En 1113, il obtient une chaire à l'Ecole cathédrale de Paris. Il est plus généralement connu pour sa relation avec Héloïse (Cf. le roman de Régine Pernoud, Héloïse et Abélard), nièce du chanoine Fulbert. Précepteur de la jeune fille, Abélard en tombe amoureux. De leur union naît un enfant. Abélard doit alors quitter la maison de Fulbert et l'enfant est confié à la sœur d'Héloïse. Abélard, châtré par des amis de Fulbert, se réfugie comme moine dans l'abbaye de Saint-Denis. Il est théologien et philosophe, soucieux d'établir des liens entre science et théologie. Il applique à la lecture de la Bible la méthode des disputes scolastiques. Ses idées suscitent de vifs débats. Il est condamné au concile de Soissons en 1121 pour ses convictions théologiques jugées incompatibles avec l'orthodoxie, notamment au sujet de la Trinité. Mais son interdiction d'enseigner et de publier sera levée et il est élu abbé de Saint-Gildas de Rhuys. Bernard de Clairvaux le fait condamner à nouveau au concile de Sens en 1141. Cette fois-ci, sa condamnation est confirmée par le pape Innocent II. Pierre le Vénérable le recueille à Cluny où il meurt en 1142.

Agapes

Ce mot désigne des repas communautaires partagés entre chrétiens, accompagnés de prières, mais distincts du repas du Seigneur (appelé aussi eucharistie ou cène). Directement calqué sur le mot grec agapê, charité, il souligne le caractère fraternel et communautaire de ces repas. On le trouve mentionné dans l'épître de Jude, verset 12. Ces agapes sont fréquemment attestées dans les écrits chrétiens jusqu'au 3e siècle et semblent avoir perdu de l'importance après. Aujourd'hui, on les célèbre à nouveau dans certaines Eglises

Albert le Grand (vers 1200-1280)

Philosophe et théologien, ce dominicain s'applique à diffuser et commenter les écrits retrouvés d'Aristote et des savants juifs et arabes. Il est encore connu comme naturaliste, ayant proposé une classification des plantes. Ses propres analyses le poussent à critiquer un nombre important de convictions mythologiques en matière de nature

Albigeois

Les albigeois, un groupe de cathares nommés ainsi en lien avec la ville d'Albi, avaient une théologie manichéenne, des exigences strictes d'ascèse et vivaient en communautés très hiérarchisées. Sous le pape Innocent III, qui a appelé à la croisade contre les albigeois, ils seront persécutés et exterminés

Ame

Le mot "âme" a été et est encore souvent utilisé dans un sens assez vague pour désigner la part la plus intime, la plus profonde de l'être humain, celle qui a du mal à se dire par un langage rationnel, ce qui s'éprouve sans toujours pouvoir s'exprimer, la vie intérieure dans ce qu'elle a d'indicible.
Ce terme d'âme a son origine dans la pensée grecque qui considère que l'être humain est fait de plusieurs parties : le corps, l'âme et l'esprit. L'âme est le composant immatériel. Dotée de l'immortalité, elle est distincte du corps voué à la disparition. Cette conception est étrangère à la vision biblique qui souligne avant tout l'unité de la personne et annonce sa résurrection y compris celle du corps. On voit donc le contresens que peut entraîner l'utilisation du terme d'âme dans certaines traductions de la Bible.
Le mot grec psychè a toutefois été utilisé par la Septante pour traduire l'hébreu nefesh. Ce vocable désigne dans l'Ancien Testament la gorge, la respiration, donc la vie et plus largement l'être vivant dans son unité concrète. On retrouve ce sens dans l'origine latine du mot âme qui vient de animus ou anima, à l'origine "souffle", "vent". Dans le Nouveau Testament la psychè c'est l'être entier, la vie physique (Matthieu 2,20), l'existence humaine (Matthieu 6,25), la personne en vie (Luc 6,9). Aimer Dieu "de toute son âme" (psychè), c'est s'engager totalement envers lui (Luc 10,27).

Anabaptisme

On désigne de ce nom un mouvement réformateur du 16e siècle, appelé aussi " Réforme radicale " ou " aile gauche de la Réformation ". Poussant à l'extrême les principes réformateurs, les anabaptistes prônent une rupture totale avec l'Eglise de leur temps et un retour au christianisme primitif. Ils seront appelés " rebaptiseurs " (c'est l'étymologie du mot " ana-baptistes ") par leurs adversaires car refusant le baptême des enfants, ils baptisent à nouveau les adultes qui se convertissent. Ils récusent également toute forme d'alliance entre l'Eglise et les autorités politiques. Plusieurs formes différentes d'anabaptisme apparaissent presque simultanément au 16e siècle. En Suisse, c'est un mouvement non-violent. En Autriche, il prend une forme communautaire. En Allemagne, on les appelle Schwärmer (illuminés). Pour ceux-ci, il existe une révélation qui dépasse l'Ecriture, une " illumination " directe par des visions et des songes. Ils croient que le temps du jugement est arrivé et que le Royaume de Dieu va bientôt devenir une réalité visible. Sous la conduite notamment de Thomas Müntzer, ils élaborent une utopie socio-politique révolutionnaire qui sera réprimée dans le sang lors de la Guerre des Paysans (1525). En Hollande, il y aura l'expérience millénariste du Royaume de Münster

Anathème

Le grec anathèma signifie littéralement " ce qu'on place par-dessus ", " ce qu'on offre par surcroît ", " ce qu'on met à part ". Ce terme appartient déjà au langage religieux avant le christianisme. Il désigne l'offrande faite à une divinité ou encore ce que l'on appelle des ex voto comme en témoigne Luc 21,5.

Il traduit dans la Septante (la Bible en grec) le terme hébreu qui signifie « mis à l’interdit », donc « exclu de la communauté ». L’interdit a un rapport étroit avec le sacré, soit que la personne ou l’objet souille l’espace sacré, soit qu’il est déclaré interdit parce que réservé à Dieu, comme pour le butin de guerre par exemple dans l’Ancien Testament.

Ce mot est présent avec d'autres significations dans le Nouveau Testament où il est très rare. C'est alors un serment par lequel, en cas de parjure, on affirme s'en remettre au jugement, à la malédiction de Dieu (Actes 23,14), une imprécation pour vouer quelqu'un à la malédiction de Dieu (1Corinthiens 12,3;16,22, Galates 1,8s). C'est encore le fait d'être séparé de Dieu (Romains 9,3).

Dans l'Antiquité chrétienne, le mot anathème désigne la mise au ban de la communauté. L'anathème est généralement porté contre les hérétiques qui combattent la doctrine ou l'autorité de l'Eglise. Le concile d'Elvire en 306 est le premier à comporter des anathèmes, qui deviendront ensuite très fréquents.

Anglicanisme

L'Eglise d'Angleterre est née de la rupture d'Henri VIII avec le pape Clément VII qui lui avait refusé l'annulation de son mariage. Mais c'est son successeur, Edouard VI, qui va amener l'Eglise d'Angleterre vers la Réforme. Une nouvelle liturgie, le Prayer Book (Livre de prière), est adoptée en 1549. Sa 2e édition (1552) est fortement marquée d'une empreinte protestante, sous l'influence notamment de Bucer. Mais l'anglicanisme ne s'installe véritablement que sous le long règne d'Elisabeth 1e (1558-1603) qui fut excommuniée en 1570. Un exposé de la foi, les Trente-Neuf Articles, d'inspiration protestante, paraît en 1571. C'est aujourd'hui encore la base doctrinale de l'anglicanisme : affirmation de l'autorité des Ecritures, reconnaissance de deux seuls sacrements : le baptême et la cène, possibilité de mariage pour les ministres du culte. Aujourd'hui les femmes peuvent être ordonnées prêtres et évêques, ce qui a suscité des tensions vives au sein de la Communion anglicane et avec l'Eglise romaine. La tradition anglicane garde toutefois encore bien des aspects du catholicisme : hiérarchie, formes liturgiques, succession apostolique historique. L'anglicanisme ce n'est pas seulement l'Eglise d'Angleterre, c'est 70 millions de fidèles partout dans le monde

Anselme de Cantorbéry (1033 ou 1034 - 1109)

Anselme naît à Aoste , dans le Piémont. A 15 ans, il veut se faire moine mais change d'avis. A la mort de sa mère, il quitte son père et prend la direction de la France " à la recherche du plaisir ". Il poursuit des études à l'abbaye bénédictine du Bec en Normandie, attiré par la renommée de cette école. A 27 ans, il y entre comme moine. Très vite, il est choisi comme prieur. On souligne la douceur avec laquelle il remplit sa fonction. Il devient abbé en 1073 et entreprend en même temps une intense réflexion théologique. Selon lui, puisque Dieu est le créateur de la raison, celle-ci, loin de s'opposer aux vérités de la foi, doit pouvoir en rendre compte. Philosophe, moine et théologien, il propose un lien fort entre foi et connaissance dans la phrase suivante : Credo ut intelligam (" Je crois pour connaître ").
Vingt ans plus tard, le roi d'Angleterre, Guillaume le Conquérant, le nomme archevêque de Cantorbéry. Mais il défend l'indépendance de l'Eglise par rapport aux prétentions des rois d'Angleterre. Une position qui lui vaudra un premier bannissement de son archevêché en 1097 par le roi. Il est réinvesti dans son poste quelque temps plus tard par le roi Henri 1er , mais à nouveau chassé en 1103. Compte tenu de la situation difficile, il demande de pouvoir retourner comme simple moine dans son monastère mais le pape s'y oppose. Il restera alors dans sa charge d'évêque, revient en Angleterre en 1106 et meurt à Cantorbéry en 1109. Il est canonisé en 1494 et proclamé docteur de l'Eglise en 1720. On l'appelle, à cause de l'ampleur de son oeuvre théologique " Docteur magnifique ". Son oeuvre théologique centrale est le Cur Deus homo (Pourquoi Dieu devint homme) écrite entre 1097 et 1099. Les images qui le représentent soulignent l'un ou l'autre trait de son personnage : évêque, philosophe, moine bénédictin

Apocryphe

Ce terme vient du grec apokruphos qui signifie " secret ", " caché ", " mystérieux ". Les apocryphes désignent donc des livres qui exigent une initiation particulière, par opposition aux livres lus en public et accessibles à tous. Les païens de l'Antiquité donnaient ce nom aux livres ésotériques, cachés aux profanes et réservés uniquement aux élus. Dans la première Eglise, il désigne des livres que l'on conseille de lire en privé, à la différence de la Bible dont la lecture est publique. Les Pères de l'Eglise appellent apocryphes, et c'est encore le sens actuel, des livres qui ne font pas partie du canon biblique. Mais ils distinguent ceux qui sont à bannir, parce que s'écartant de la juste doctrine, et ceux qui peuvent nourrir la piété chrétienne. Ainsi, par définition, il n'y a pas de catalogue précis des livres apocryphes

Apologétique

L'apologétique est la partie de la théologie ou un discours théologique qui vise à défendre la religion chrétienne contre ses détracteurs et fonder ainsi la foi des fidèles eux-mêmes

Apostat

Un apostat est une personne qui a renié sa foi. C'est la traduction du mot latin lapsi qui signifie " ceux qui ont failli " en opposition à ceux qui sont restés fermes dans la foi. Ce terme est employé pendant des périodes de persécution. La question de l'accueil des apostats (lapsi) qui demandent à participer à nouveau à l' eucharistie est l'occasion de débats théologiques et pastoraux importants. Certains évêques soutiennent que toute demande de pénitence doit être accueillie. D'autres au contraire considèrent que les apostats ne peuvent pas être réintégrés dans la communauté chrétienne

Apôtres

Du grec apostolos, " envoyé ". On trouve déjà ce mot dans des textes hellénistiques anciens. On pourrait le traduire par " chargé de mission " pour signifier qu'une autorité est conférée à celui qui est envoyé, par celui qui l'envoie. Jésus qualifie de ce terme les douze disciples qu'il choisit (Luc 6,13), qu'il envoie et à qui il donne une autorité (Marc 6,7). Alors que le mot disciples (qui veut dire " celui qui apprend ") est utilisé 216 fois dans les évangiles, le mot apôtre n'y apparaît que 9 fois. Il est par contre employé 71 fois dans les autres écrits du Nouveau Testament. Les apôtres, au sens strict, ce sont les douze disciples qui ont été témoins de la vie de Jésus-Christ et qui ont directement reçu de lui leur instruction, leur formation et leur mission. Paul sera toutefois appelé aussi apôtre bien qu'il n'ait pas été témoin direct de la vie de Jésus. La mission des apôtres est de continuer celle du Christ après sa disparition, de conserver et transmettre fidèlement ce qu'ils ont reçu de lui. " Voici ce que moi j'ai reçu du Seigneur, et ce que je vous ai transmis " (1Corinthiens 11,23). L'Eglise est appelée à poursuivre, à son tour, cette mission d'annonce de l'Evangile en fidélité à l'enseignement des apôtres (ce que l'on appelle la succession apostolique).

Arianisme

Courant théologique fondé par Arius (vers 260-336), un prêtre d'Alexandrie qui radicalise l'enseignement d' Origène. Origène établissait une hiérarchie des fonctions du Père, du Fils et de l'Esprit. Arius en fait une hiérarchie des natures. Pour lui, seul le Père est Dieu à proprement parler ; il est le seul qui n'est pas engendré. Le Fils est subordonné au Père, engendré par sa volonté avant la création. Une vive querelle se répand alors dans le clergé d'Alexandrie. L'évêque Alexandrie expulse Arius. Les Eglises d'Orient restent divisées sur cette question malgré les condamnations répétées d'Arius dans différents conciles, et finalement confirmées par le concile de Nicée en 325. Ce concile rallie presque tous les évêques contre l'arianisme, sans pour autant redéfinir de façon satisfaisante l'unité de Dieu en trois personnes. Arius est rappelé d'exil mais ne réintègre pas le clergé d'Alexandrie. Durant tout le 4e siècle, le débat se poursuit. La doctrine d'Arius se radicalise notamment avec Aèce et Eunome. Ils défendent l'unité parfaite de Dieu, la trinité étant pour eux seulement formelle. La réfutation de ces idées aboutit à la formulation trinitaire du Concile de Constantinople en 381

Aristote (385-322 avant JC)

Il est disciple de Platon, précepteur et ami d'Alexandre le Grand. Pour lui, la philosophie offre une vision ordonnée de l'ensemble du savoir humain. Il a posé les bases de la logique. Observateur de la nature, il considère que chaque être tend vers la perfection. Au sommet de la hiérarchie des espèces animales, il y a l'être humain, doué de raison. Sa philosophie a eu une influence considérable sur la théologie scolastique et sur Thomas d'Aquin. Sa pensée était dominante dans la philosophie traditionnelle au moment de la Réforme qui se situera en rupture avec elle

Aristotélisme

Il s'agit du développement et du commentaire de la pensée d' Aristote par des disciples. Au début du christianisme, ce n'est pas la philosophie dominante. Elle semble tout à fait contradictoire avec la pensée chrétienne, au moins sur deux points. La pensée d'Aristote repose sur l'éternité du monde, ce qui est incompatible avec la foi en la création. D'autre part, l'aristotélisme conçoit Dieu comme totalement étranger au monde, qu'il ne connaît pas et pour lequel il n'est qu'une cause finale et non efficiente

Ascèse/ascétique

Vient du mot grec askesis qui veut dire " exercice, peine que l'on endure ". On désigne par ascèse le choix religieux de limiter, voire de renoncer temporairement (ou définitivement) à la nourriture et/ou à la boisson, au confort d'une habitation (vie itinérante), au sommeil, au vêtement, aux biens sous toute forme, à une vie sexuelle, etc. Les justifications de ces choix sont variées selon le contexte théologique et historique. Dans la gnose, l'ascèse a pour intention de libérer l'être humain de la " servitude " de la matière. Dans le bouddhisme, elle veut insister sur la conviction que tout ce qui appartient au monde est illusoire. Dans l'histoire de l'Eglise, elle est tantôt exigée et justifiée (pour rendre possible une plus grande attention aux " choses de Dieu ", pour exprimer un certain mépris à l'égard de tout ce qui attache l'être humain " au monde ", pour préparer des moments particuliers de l'existence, etc.), tantôt critiquée à cause du risque d'une surévaluation de l'effort humain, de l'idée de mérites, etc

Augustin (354 - 430)

Augustin est sans doute le plus célèbre des Pères de l'Eglise. C'est lui qui a laissé l'œuvre la plus abondante, la mieux conservée et qui a produit un héritage important, même si ses héritiers n'ont pas toujours été fidèles à la pensée du maître. Il est aussi connu à cause de son livre Les Confessions, où il parle de sa vie à la première personne. Augustin est né en Afrique à Thagaste, dans une famille de la classe moyenne. Seule sa mère Monique était chrétienne. Brillant élève, il peut continuer ses études de rhétorique grâce à l'appui financier d'un ami de son père. Il est très ambitieux et voudrait gravir les échelons de la société romaine. Il fait remonter lui-même le tournant majeur de sa vie à la lecture de l'Hortensius de Cicéron. Commence alors pour Augustin une quête de la vérité qui aboutira quatorze ans plus tard au baptême, puis à la prêtrise et à sa charge d'évêque d'Hippone. Entre temps, il découvre la philosophie, tout en lisant la Bible qui le déçoit beaucoup. Nommé rhéteur à Milan en 384, il rencontre Ambroise dont la qualité de la prédication lui permet de se faire une autre idée de la foi chrétienne. En même temps il découvre, sans doute à partir de la philosophie de Plotin, la voie de l'intériorité. A la suite d'une expérience spirituelle, il renonce à son métier. Il mène pendant quelque temps une vie monastique en communauté.
De retour en Afrique, après la mort de sa mère et de son fils Adéodatus, sa vie se confond avec sa double tâche d'évêque et de théologien. Il a contribué au maintien de l'unité de l'Eglise en Afrique, fortement menacée par des hérésies et isolée après la chute de Rome. Il meurt le 28 août 430 dans Hippone assiégée par les Vandales, laissant 800 sermons, 300 lettres, et une centaine de traités. La Cité de Dieu, ouvrage apologétique rédigé à la fin de sa vie, reste son chef d'œuvre. Son traité dogmatique La Trinité a exercé une influence décisive sur la doctrine trinitaire occidentale.

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B

Barbares

Ce mot est d'origine grecque et désigne tous ceux qui ne parlent pas grec, puis, par extension, tous les étrangers. Les " barbares " pour les Romains sont tous les peuples qui habitent en dehors du cadre culturel et politique gréco-romain

Béguines

On appelle " béguines " des femmes qui, depuis le 13e siècle, se regroupent dans des communautés sans appartenir à un ordre spécifique et sans suivre une règle monastique particulière. Elles ne sont donc pas considérées comme religieuses par les autorités ecclésiastiques. L'étymologie de leur nom reste obscure. Tantôt, on l'a fait venir de la sainte Begga (morte en 695), tantôt du nom d'un prêtre liégeois, Lambert " le Bègue " (mort en 1177). Plus vraisemblablement, il y a un lien avec le nom " albigeois " (utilisé alors pour désigner d'une manière générale des hérétiques) ou encore avec leur habit de couleur " beige ". L'équivalent masculin de " béguine " est " bégard ". Les béguines suivent un idéal de pauvreté et de chasteté. Ce mouvement de pauvreté qui débute au 12e siècle a suscité d'abord à Nivelles (résidence des ducs de Brabant), puis en Allemagne de tels regroupements de femmes. D'abord accompagnées spirituellement par des cisterciens, puis par des dominicains et franciscains, elles sont très influencées par la mystique

Bénédictins

Le nom de l'ordre s'abrège en OSB (Ordo Sancti Benedicti). Les bénédictins sont les moines qui vivent selon la règle de Benoît de Nursie. Cette Règle a été écrite au Mont Cassin en 530. Elle n'est pas organisée selon une logique théologique, mais en fonction des expériences de la vie quotidienne. Aux 10e et 11e siècles, elle a été imposée à tous les moines d'Occident. D'autres ordres l'ont plus tard acceptée comme référence

Benoît de Nursie

Né en 480, et mort vers 547 au Mont Cassin, Benoît a vécu en Italie. Il est considéré comme le fondateur du monachisme en Occident. Après ses études à Rome, Benoît rejoint un groupe de moines à Affile. Plus tard, il vit près de Subiaco comme ermite et fondateur de monastère. L'année 529 est considérée comme l'année de fondation du monastère du Mont Cassin qui devient la maison-mère des bénédictins

Bernard de Clairvaux (autour de 1090-1153)

Né à Fontaine-lès-Dijon autour de 1090, mort à Clairvaux le 20 août 1153. Il entre en 1112 au monastère de Cîteaux, né d'un mouvement de réforme au sein des bénédictins de Cluny. En 1115, Etienne Harding, troisième abbé de Cîteaux, l'envoie avec 12 autres moines fonder une nouvelle abbaye à Clairvaux. Il en devient l'abbé. Il ne tarde pas à convertir son père, certains de ses frères et sa soeur Ombeline, qui ira s'installer au monastère féminin de Jully. Bernard publie une Apologie qui défend la réforme cistercienne contre les accusations des bénédictins de Cluny. Il se lie d'amitié avec Pierre le Vénérable. En 1128, il rédige la règle des Templiers. Son influence grandit, et en 1130, c'est son soutien qui décide de la reconnaissance d'Innocent II contre l'antipape Anaclet. En 1134, il prêche la 2e Croisade à Vézelay. Avec Guillaume de Saint-Thierry, il conteste les idées d' Abélard et provoque la retraite de celui-ci à Cluny, puis fait condamner les idées de Gilbert de la Porrée à Paris en 1147 et à Reims en 1148. Bernard meurt en 1153, et est canonisé en 1173. Il est nommé " docteur de l'Eglise ". L'influence de ses écrits s'étend à tout le Moyen Age et jusqu'à l'époque moderne, en particulier en ce qui concerne la prédication et la vie chrétienne. On l'appelait dès le 15e siècle Doctor mellifluus : " docteur coulant de miel ". Ce nom fit de lui dans l'Eglise catholique le patron des apiculteurs. La mystique de Bernard influence largement les théologiens après lui. Voir aussi l'entrée qui lui est consacrée

Bèze, Théodore de (1519-1605)

Né à Vézelay, il reçoit une formation humaniste, notamment de Melchior Wolmar qui avait déjà initié Calvin aux idées de la Réforme. Doué pour les lettres, il écrit des poèmes, une tragédie biblique Abraham sacrifiant, traduit les Psaumes en français. Il réalise une édition du Nouveau Testament avec commentaires et annotations qui fut rééditée plus de cent cinquante fois. Condamné en 1548 par le Parlement de Paris, il va à Genève puis s'installe à Lausanne. Il rejoint Calvin à Genève en 1558 et en devient un proche disciple. En 1559, il est le premier Recteur de l'Académie. Ses qualités de théologien, de débatteur et de diplomate vont l'amener à intervenir pour conduire des négociations. Ainsi, entre 1557 et 1558, il va trois fois en Allemagne pour un rapprochement avec les luthériens. Il conduit aussi la délégation réformée au Colloque de Poissy en 1561. Après la mort de Calvin, il poursuit son oeuvre à Genève et maintient l'influence de l'Eglise de Genève en France. Il veille à l'unité des réformés français contre les tentatives de repli et préside plusieurs synodes dont celui de la Rochelle (1571). Cette assemblée établit le texte définitif de la Confession de Foi dite de la Rochelle. Elaborée par le Synode clandestin de Paris en 1559, elle est inspirée dans une large mesure par Calvin. Théodore de Bèze est considéré comme une figure et un défenseur de la théologie réformée

Bréviaire

Du latin breviarium, " sommaire ", " abrégé ". Il s'agit d'un livre contenant l'office " abrégé " que doivent lire, réciter ou chanter quotidiennement celles et ceux qui sont dans les ordres de l'Eglise. Il est constitué de prières, de textes bibliques, d'hymnes. L'ordre suit l'année liturgique et propose pour chaque jour des temps de prière. Pour éviter les trop nombreuses variations de l'office, le pape Pie V imposa en 1568 un nouveau bréviaire suivant les directives du Concile de Trente. Depuis le concile de Vatican II, le bréviaire est édité dans la langue du pays

Briçonnet, Guillaume (vers 1472-1534)

Guillaume Briçonnet, évêque de Meaux, participe au mouvement de redécouverte de l'Evangile qui se développe dans les années 1520-1530. Nourri de la pensée et des travaux humanistes, ce courant prône un retour aux textes bibliques originaux traduits dans la langue du peuple, même si c'est d'abord un mouvement d'érudits. Sous l'influence de son ami Lefèvre d'Etaples, Guillaume Briçonnet entreprend de réformer le clergé et d'instruire les fidèles de " la vérité évangélique ". A sa demande Lefèvre d'Etaples fait paraître en 1523 une traduction en français du Nouveau Testament qui suscite des réactions critiques de la part des théologiens de la Sorbonne. Les " bibliens " de Meaux sont soupçonnés d'hérésie " luthérienne ". Malgré le respect de Briçonnet à l'égard de l'Eglise romaine, le Parlement de Paris lui intente un procès (1525) et le groupe de Meaux se disperse

Bucer, Martin (1491-1551)

Né en 1491 à Sélestat en Alsace, Martin Bucer entre dans l'ordre des Dominicains à l'âge de quinze ans. Il est gagné à la Réforme par Luther au cours de la dispute de Heidelberg (1518). Excommunié, il s'enfuit à Wissembourg en Alsace où il prêche l'Evangile. Pourchassé à nouveau, il trouve refuge à Strasbourg (1523). Il y est nommé prédicateur en 1524. En 1529, la ville passe à la Réforme. Quand Calvin arrive dans cette ville (1538), Bucer y travaille depuis quatorze ans déjà : il a eu le temps d'organiser une Eglise selon les idées réformatrices dont maints caractères seront repris à Genève quand Calvin y retournera. Ce qui caractérise Bucer, c'est son sens de l'unité. Il travaillera en vain à des compromis entre les positions de Luther et de Zwingli sur la cène, ou à des accords avec les anabaptistes et même avec les théologiens catholiques (colloques de 1540-1541). Sur ordre de Charles-Quint, il doit quitter Strasbourg (1549). Il se réfugie à Cambridge où il enseignera jusqu'à sa mort. Il contribuera à réviser le Prayer Book

Bullinger, Heinrich (1504-1575)

Il fait ses études à Cologne (1519-1522). Il est amené progressivement à la foi évangélique à travers ses lectures d' Erasme, Mélanchthon et Luther. Pasteur à Cappel (1522-1527), il doit s'enfuir à Zurich. Successeur de Zwingli dans cette ville, il poursuivra son oeuvre réformatrice, luttant contre les menées catholiques et anabaptistes. Refusant tout compromis avec les luthériens, il conclut avec Calvin un accord (appelé Consensus Tigurinus) sur la question de la cène. On découvrira à cette occasion que si Calvin est un homme de conviction, il peut être aussi un homme de compromis et un habile négociateur. On a dit de ce texte qu'il était " un habile patchwork de diplomatie théologique où chacun des signataires peut retrouver du sien " (Bernard Roussel)

C

Calixtins/Utraquistes

Les calixtins (ou utraquistes) représentent le mouvement hussite (cf. Jan Hus) modéré. On les appelle calixtins à cause de leur symbole, le calice. Ils revendiquent la liberté de choisir entre la communion " nouvelle " (le calice réservé au seul prêtre) et celle qu'ils appellent " ancienne " : la communion sous les deux espèces (vin et pain). Ils se recrutent parmi les notables. L'autre nom pour désigner ce mouvement, utraquiste, s'est formé sur l'expression sub utraque specie : [la communion] sous les deux espèces (pain et vin)

Calvin, Jean (1509-1564)

Réformateur français né à Noyon. Il a une formation d'humaniste, étudiant les lettres, la philosophie, le droit, l'hébreu, le grec, la théologie en divers lieux universitaires (Paris, Orléans, Bourges). En 1533, il adhère aux idées de la Réforme qu'il va, dès lors, inlassablement et de toutes sortes de manières, diffuser. En 1534 il est obligé de quitter la France pour Bâle où il rédige la première édition de l'un de ses ouvrages majeurs l'Institution de la Religion Chrétienne. Il ira ensuite à Genève (1536), à Strasbourg (1538), puis à nouveau Genève (1541) où il jouera un rôle théologique et politique très important. Exégète, enseignant, prédicateur, sa pensée rigoureuse fut largement diffusée en France dans les années 1540-1550. Elle va contribuer à l'édification d'une Eglise réformée en France, dont le premier synode se tient en 1559 à Paris. La confession de foi et la discipline ecclésiastique qui y furent adoptées sont l'une et l'autre directement inspirées par lui

Canon

Le mot est d'origine grecque et signifie " baguette " ou " règle de charpentier " et par extension a pris le sens de " règle ". Finalement, ce mot désigne un catalogue de livres reconnus comme ayant autorité. Dans le christianisme, on appelle " canon biblique " la liste des livres qui constituent la Bible

Canon / canonique

Le mot est d'origine grec et signifie à l'origine " baguette " ou " règle de charpentier " et par extension a pris le sens de " règle " . Finalement ce mot a désigné une liste ou un catalogue de livres, représentant la règle qui délimitait les Ecritures reconnues, et faisant autorité pour la foi juive puis chrétienne. Dans le christianisme, on appelle " canon biblique " la liste des livres qui constituent la Bible.

Canonisation

Dans l'Eglise catholique romaine, cette déclaration liturgique, réservée au pape, permet la vénération d'un homme ou d'une femme précédemment béatifié(e) en tant que " saint " ou " sainte ". La béatification précède la canonisation qui intervient après une enquête prévue à cet effet par le Droit canon (comportant en particulier des attestations de miracles)

Capiton (1478-1541)

Il a fait des études de théologie, de médecine, de droit. C'est un humaniste, helléniste et hébraïsant. Prédicateur et enseignant à Bâle, il est, un temps, collaborateur d' Erasme. Dès 1518, ses écrits témoignent de l'influence de Luther. Il se démarque alors d'Erasme, notamment sur la question du " Libre Arbitre ". De tempérament irénique, il montre des sympathies pour le courant anabaptiste. Ce n'est qu'en 1533, à Strasbourg, qu'il adhère officiellement à la Réforme.

Carlstadt (1486-1541)

Son vrai nom est Andreas Bodenstein. Il a pris le nom de la ville où il est né. Fortement marqué par la pensée d'Augustin, collègue de Luther à la faculté de Wittenberg, il adhèrera aux idées réformatrices dès 1517. Il travaillera à les faire avancer, en particulier pendant le séjour de Luther à la Wartburg. Il fait partie de ceux dont Luther, lors de son retour à Wittenberg, fustige les excès, le qualifiant d'" enthousiaste ". Le conflit va ensuite s'amplifier. Il portera notamment sur le rapport à la loi et le spiritualisme, le rôle des images et la compréhension du sacrement

Caroli, Pierre (1481-après 1545)

Etudiant à la faculté de Paris, disciple de Lefèvre d'Etaples, ami de Briçonnet, il opte pour l'évangélisme. La persécution consécutive à l'Affaire des Placards le contraint à fuir à Genève. Là, il se brouille avec Farel et Viret. Il est nommé pasteur de Lausanne en 1536 où il se met à recommander la prière pour les morts. Calvin et Farel lui reprochent ce retour à la doctrine romaine. Alors Caroli riposte en les accusant de refuser l'expression trinitaire de la foi. Mais les écrits de Calvin parlent pour lui. Un synode se réunit le 14 mai 1537 et déboute Caroli de ses accusations. Cette controverse fut toutefois l'occasion pour Calvin de souligner que les confessions de foi avaient une autorité seconde, dérivée et que la foi devait s'appuyer sur la seule autorité de la Parole de Dieu entendue dans les Ecritures. On peut aussi penser que la rigueur avec laquelle plus tard Calvin poursuivra l'antitrinitaire Servet n'est pas sans lien avec cette histoire. Il y aura sans doute le désir de montrer que les accusations de Caroli étaient infondées.

Castellion, Sébastien (1515-1563)

Il est d'abord proche de Calvin à Strasbourg (1540) puis à Genève. Suite à des dissensions théologiques avec lui, il part à Bâle où il poursuit son labeur humaniste (enseignant de grec, traducteur, poète, éditeur...). Le procès et l'exécution de Servet (1553) vont attiser les divergences avec Calvin. Contre Calvin et Bèze il prend la défense des hérétiques (1555). Le débat s'envenime encore au sujet de la prédestination (1554-1558). Acquis aux idées de tolérance, il considère que catholiques et protestants sont également responsables des luttes armées en France (Conseil à la France désolée, 1567). Il sera rejeté par les uns et les autres. Jusqu'à sa mort, il poursuivra son oeuvre d'humaniste théologien

Catéchèse

Ce terme (comme ceux apparentés "catéchisme", "catéchumène", "catéchiste") est lié au verbe grec kathekheô qui signifie "résonner", et a donc d'abord le sens d'enseignement oral. Très vite la catéchèse désigne les éléments essentiels du christianisme transmis dans le cadre de l'initiation chrétienne, notamment de la préparation au baptême.

Cathares

Du grec katharos qui veut dire " pur ", il s'agit d'un mouvement religieux qui se considère comme chrétien. Il se développe en Lombardie et en Languedoc dans la deuxième moitié du 12e siècle. Les Cathares donnent une importance particulière à certains aspects du message évangélique comme la pureté. Ils vont élaborer une doctrine simple et exigeante, fondée sur l'opposition entre le Bien et le Mal. Le mouvement a pris la forme d'une véritable communauté religieuse avec des rites, des cérémonies, des livres sacrés, des ministres (les " bonshommes ", les parfaits), des membres et des sympathisants, des assemblées délibératives. Devant ce phénomène qui représente une menace, est créé à Toulouse en 1215 l'ordre des Dominicains ou Frères Prêcheurs, en vue de convertir les cathares. Mais le succès étant trop long à venir, la répression se met en place, organisée par la tristement célèbre Inquisition confiée aux Dominicains. La Croisade contre les Cathares, appelés aussi Albigeois du nom de la ville d'Albi où ils étaient nombreux, se déchaîne en 1208. La capitulation des Cathares du Languedoc se termine par le bûcher de Montségur (Ariège) en 1244

Catholique

Ce substantif ou adjectif qui signifie universel vient du grec katholikos transcrit en latin catholicus. Dès le 2e siècle, les Pères de l'Eglise l'utilisent dans un sens chrétien pour désigner l'universalité du message chrétien. A partir du 4e siècle il ne s'applique plus qu'à l'Eglise et à la doctrine qu'elle professe. Après le schisme entre l'Eglise d'Orient et l'Eglise d'Occident (1054), l'Eglise Catholique représente les croyants qui reconnaissent l'autorité suprême en l'évêque de Rome et l'adjectif catholique désigne la doctrine et les rites de l'Eglise de Rome

Celse

Philosophe platonicien qui écrit sous Marc Aurèle (entre 160 et 180). Vers 178 il écrit le Discours véritable, premier ouvrage polémique contre les chrétiens. Toute l'oeuvre de Celse a été perdue et elle n'est connue que par les citations qu'en font les Pères de l'Eglise, notamment Origène, pour le réfuter

Cène

C'est le nom donné au dernier repas de Jésus avec ses disciples. Il leur demande de partager après sa mort un tel repas en mémoire de lui. Pour désigner ce repas de communion, la tradition protestante parle plutôt de Cène ou Sainte Cène, la tradition catholique d'Eucharistie.

Chanoines

Les chanoines sont des prêtres qui aident l'évêque dans sa tâche pastorale et sont en lien direct avec lui. Tout en faisant partie du clergé séculier, ils mènent une vie communautaire. Généralement, ils adoptent la " règle " de saint Augustin, qui n'est pas à proprement parler une règle mais un ensemble de conseils. Le recrutement des chanoines se fait généralement dans l'aristocratie ou dans la grande bourgeoisie. Ils ont souvent des maisons particulières. Il existe ainsi, parfois, de véritables quartiers de chanoines, avec domesticité

Chapitre

On appelle " chapitre " la réunion des responsables d'une communauté religieuse. Les décisions du " chapitre général " d'un ordre religieux s'appliquent à tous ses membres. Le chapitre général, introduit dans la législation ecclésiale par les cisterciens, représente ainsi le plus haut pouvoir législatif d'un ordre

Cisterciens

Leur nom en latin (Sacer Ordo Cisterciensis) s'abrège en SOCist, SOrdCist, SOC ou OCist. Il s'agit d'un ordre de réforme de l'ordre bénédictin. Robert de Molesme fonde le monastère de Cîteaux. En 1108, avec une liturgie et une constitution interne propres, celui-ci devient indépendant sous la direction d'Etienne Harding (troisième abbé de Cîteaux). Cette réforme visait surtout la simplicité de la liturgie, l'absence d'ornement dans les églises (pas de mobilier précieux, pas de vitraux colorés). L'ordre prend son essor sous la direction de Bernard de Clairvaux qui a influencé la piété des cisterciens au point qu'on les appelait aussi les " Bernardins ". Leur attachement au travail manuel, aux travaux des champs les rend célèbres. Sous la direction de Harding, une branche féminine voit le jour : on les appelle les cisterciennes ou les " bernardines ". Contrairement à d'autres ordres où l'on distingue entre le Premier Ordre (les moines), le Second Ordre (les moniales) et le Tiers Ordre (des hommes et des femmes laïcs, non consacrés), chez les cisterciens, les deux premiers sont considérés comme une unité.
Ce n'est qu'à la fin du 19e siècle qu'une nouvelle réforme a conduit à une scission qui a fait naître les Trappistes, un ordre exclusivement contemplatif.

Colloque de Poissy

En 1559 se tient à Paris le premier synode de l'Eglise réformée en France. Les nobles réformés, proches de la cour, espèrent infléchir la politique en faveur de la Réforme. Ils décident de soustraire le jeune roi François II à l'influence de ses oncles, les Guise, qui mènent une lutte implacable contre les protestants. Ils fomentent alors la conjuration d'Amboise (1560) qui échoue et qui est durement réprimée. Cependant la mère du roi, Catherine de Médicis, est soucieuse de renforcer la cohésion de l'Etat. Conseillée par Michel de l'Hospital, un homme de conciliation, elle organise le Colloque de Poissy (1561) où Théodore de Bèze prononce un discours célèbre. Mais l'espoir de faire l'unité religieuse du royaume débouche sur un échec. En 1562, par l'édit de Janvier, la reine reconnaît la " nouvelle religion " et accorde aux réformés la liberté de culte hors des villes. Le parti catholique ne l'accepte pas. Deux mois plus tard des réformés sont massacrés à Wassy. C'est le début des guerres de religion

Concile de Trente

Ce concile fut convoqué par le pape Paul III à la demande de Charles-Quint pour répliquer aux progrès de la Réforme. Il se réunit en trois sessions entre 1545 et 1563. Tous les points fondamentaux de la doctrine catholique furent examinés, les pratiques du culte réaffirmées et les institutions révisées. Le concile donna à l'Eglise romaine les outils de sa propre réforme ( Contre-Réforme). Il décida de la version officielle de la Bible (la Vulgate), rédigea un Catéchisme, un Bréviaire, un Missel, un corpus de textes canoniques, promulgua l' Index qui prohibait certains écrits parmi lesquels ceux de Bèze, Bucer, Calvinvoir entrée Calvin, Erasme, Luther, Mélanchthon, Rabelais, Servet, Wyclif, Zwingli...

Conciles/Conciles oecuméniques

On appelle concile l'assemblée des représentants légitimes de l'Eglise, rassemblés au niveau local, régional ou universel. Ces assemblées ont pour rôle de délibérer et décider en matière de foi, de vie chrétienne et d'organisation ecclésiale. Le mot latin concilium vient d'un verbe qui veut dire convoquer. Les conciles œcuméniques sont les assemblées qui représentent l'Eglise universelle. Le caractère œcuménique des conciles est reconnu de manière différente suivant les Eglises. Avant le schisme de 1054 avec l'Eglise d'Orient, il y a eu 8 conciles convoqués par l'Empereur, ayant pour objet d'assurer l'unité de l'Eglise et ayant valeur de lois impériales. Les Eglises Orthodoxes issues de l'Eglise d'Orient reconnaissent comme œcuméniques les 7 premiers. L'Eglise catholique romaine reconnaît comme oecuméniques les 8 premiers conciles oecuméniques d'avant le schisme, plus les 8 conciles généraux de l'Eglise occidentale qui l'ont suivi. Les Eglises issues de la Réforme reconnaissent le caractère de conciles œcuméniques aux 4 premiers : 1er concile de Nicée (325), 1er concile de Constantinople (381), Ephèse (431), Chalcédoine (451), parce qu'elles considèrent que ces quatre conciles traitent directement de l'interprétation des Ecritures. Mais pour les Eglises issues de la Réforme, le concile reste toujours une institution humaine faillible, fondée sur le droit humain. Ce sont les Ecritures qui ont autorité, et les conciles font autorité dans la mesure où ils les interprètent correctement.

Confession d'Augsbourg

La Confession d'Augsbourg écrite en 1555 par Mélanchthon est la confession de foi fondamentale du luthéranisme. Elle constitue aujourd'hui la référence pour toutes les Eglises luthériennes. En 1540 à Strasbourg, Calvin en a signé une version latine, la Confessio Augustana variata, dans le cadre des tentatives d'accord entre les différents courants issus de la Réforme.

Confession de foi / Symbole

La confession de foi est un texte de référence qui exprime la doctrine de l'Eglise. Elle a pour but de maintenir une prédication fidèle de l'Evangile. Elle reformule la foi dans un temps et des circonstances précises. Les confessions de foi classiques de l'Eglise ancienne sont intitulées " symboles " et ont souvent une fonction liturgique. Voir aussi Credo

Contre-Réforme

Appelé aussi Réforme catholique, ce mouvement s'enracine dans les travaux et décisions du Concile de Trente. Au cours de ses trois sessions (1545-1549, 1551-1552, 1562-1563), ce concile posa les bases doctrinales, liturgiques, canoniques d'une réforme interne à l'Eglise romaine afin de combattre les progrès de la réforme protestante. Parmi les personnalités, documents et institutions liés à la Contre Réforme, on peut citer bien sûr les papes de cette période, mais aussi Ignace de Loyola et l'ordre des jésuites, l' Inquisition, l' Index...

Credo

Credo signifie en latin " je crois ". On appelle " Credo " ou symboles de foi les textes des premiers siècles à travers lesquels l'Eglise primitive a exprimé le contenu de sa foi. Il s'agit du Symbole des Apôtres (fin du 2e siècle), du Symbole de Nicée (325), du Symbole de Nicée-Constantinople (381) qui expriment la foi chrétienne de manière trinitaire : Dieu Père, Fils et Saint-Esprit. Aujourd'hui on utilise généralement le mot Credo pour désigner le Symbole des Apôtres dans son usage liturgique

Croisade

La foi ardente des chrétiens du Moyen Age explique bien des aspects des Croisades. Dès le 4e siècle, les pèlerinages en Terre sainte sont de vastes mouvements populaires qui témoignent de cette foi : il s'agit de mieux connaître et imiter son Seigneur en allant sur les lieux où il a vécu. Mais très vite vont se mélanger aux intentions de pèlerinages des motifs politiques et commerciaux. Les Croisades vont ainsi permettre un affermissent temporel et spirituel de la papauté. C'est l'évolution de la situation des Lieux saints (en 1009, destruction du Saint Sépulcre par les Arabes) qui va donner aux Croisades une dimension délibérément guerrière. Il s'agit alors de " libérer les lieux saints du pouvoir musulman ".
Le mot " croisade " désigne aussi une action d'envergure menée pour combattre les hérétiques, ainsi la croisade contre les Albigeois.

Cyprien de Carthage

Evêque de Carthage entre 249 et 258. Il meurt martyr pendant la persécution de Valérien. Son action est celle d'un pasteur plus que celle d'un théologien. Pendant la persécution de Dèce en 250, il fuit Carthage et de sa cachette continue à diriger sa communauté. Devant le nombre grandissant de ceux qui abandonnent la foi chrétienne, Cyprien rappelle aux confesseurs que le sort des apostats ne peut être réglé que par l'évêque. Sa position est assez stricte et il refuse que les apostats puissent participer de nouveau à l' eucharistie

D

Diète

Dans le Saint Empire romain germanique, la diète est une assemblée convoquée par l'empereur. Elle réunit des princes, des dignitaires ecclésiastiques, des représentants des villes. C'est une instance à la fois politique et religieuse. L'empereur et le pape s'efforcent d'y défendre leurs intérêts respectifs et ceux de leurs sujets. La Diète est donc représentative des différents partis concernés, mais elle a aussi une dimension symbolique. Sa convocation doit impressionner le peuple et marquer l'importance des sujets débattus

Diète d'Augsbourg

En 1530, soucieux de l'unité de l'empire, Charles-Quint convoque la Diète. Il demande aux partis en présence d'y faire connaître leurs positions. Luther, mis au ban de l'Empire ne peut quitter la Saxe pour participer à cette assemblée. Il est demandé à Philippe Mélanchthon de rédiger une Confession de foi exprimant la doctrine des " protestants " et de la défendre à la Diète. Elle sera lue en séance publique après avoir reçu la signature de neuf princes, seigneurs et villes, ralliés à la Réforme. Luther lui a donné son accord. Mais malgré le souci de Mélanchthon de ne pas heurter de front et de trouver un terrain d'entente ce texte sera réfuté et refusé par les théologiens officiels et par l'empereur. L'édit de Worms qui excommuniait Luther et ses partisans est confirmé.

Discipline

Au sens large, ce terme désigne la règle de conduite commune aux membres d'une collectivité permettant de vivre dans l'ordre et l'harmonie. Dans l'Eglise, ce mot évoque " la règle de vie des disciples ". Elle est constituée par les lois qui régissent l'organisation et le fonctionnement internes de l'Eglise. On l'appelle aussi droit ecclésial. Elle permet aux chrétiens de vivre ensemble en fidélité à la volonté de Dieu. C'est dire que les dispositions de la discipline ne sont pas simplement des règlements administratifs. Ils sont en fait la traduction concrète des convictions théologiques qui fondent la vie communautaire. Calvin écrit : " Comme la doctrine de notre Seigneur Jésus est l'âme de l'Eglise, ainsi la discipline est en elle comme les nerfs sont en un corps, pour unir les membres et les tenir chacun en son lieu et ordre ". Pour les Eglise protestantes, en particulier les Eglises réformées, la discipline est une réalité importante et nécessaire, même si elle est toujours seconde et subordonnée à la Parole de Dieu. C'est pourquoi une discipline ne doit pas être figée ni sacralisée, mais elle appelle constamment des adaptations et des révisions

Dispute

Il s'agit d'une discussion publique sur une thèse philosophique, scientifique ou théologique. Dès l'Antiquité, Aristote en avait fixé les règles et les formes. Elle devient courante au 12e siècle et peut prendre différentes formes. Au 16e siècle, ce mode de débat contradictoire est particulièrement prisé par les théologiens. Les Réformateurs y auront fréquemment recours pour défendre et faire avancer leurs idées

Dogme

Vient d'un verbe grec dokein qui signifie croire, décider et qui a donné dogma : opinion ou décision. Dans l'usage théologique actuel, le dogme désigne une vérité que l'Eglise pose comme devant être crue. Mais cette notion ne s'est imposée qu'à partir du siècle des Lumières, remplaçant les expressions " articles de foi " ou " vérités de foi ". Dans le Nouveau Testament, comme chez les Pères de l'Eglise, le mot " dogme " désigne aussi bien la doctrine de l'Eglise que les doctrines philosophiques.
Au Moyen Age, la scolastique pose des " articles de foi " comme principes premiers de la " science " théologique. Au moment de la Réforme, ce sont les conciles, mais aussi de plus en plus le pape qui décident de l'autorité des " vérités de foi " et de leur caractère obligatoire. La Réforme va mettre en question ce caractère obligatoire. Ensuite, on insiste de plus en plus sur la possibilité d'examiner le bien-fondé de la doctrine. Contre ce mouvement de critique par la raison, le Concile Vatican I (1869-1870) définit le dogme comme un énoncé contenu dans la Parole de Dieu, écrite ou transmise par la tradition, et posé par le magistère ordinaire et universel de l'Eglise comme devant être cru. Le même concile présente l'infaillibilité pontificale, dont il pose la doctrine, comme un " dogme révélé par Dieu ".
Le dogme fait l'objet dans le protestantisme d'une critique fondamentale, soit pour des motifs spirituels, soit pour des raisons proprement théologiques.

Dominicains

L'abréviation des dominicains est O.P. du latin Ordo [Fratrum] Praedicatorum : l'ordre des prédicateurs. Ce 2e ordre mendiant (après les franciscains) est fondé par l'espagnol Dominique. Celui-ci reçoit en 1216 du pape Honoré III la permission de créer un ordre dont les activités principales seront la prédication, l'étude de la théologie et le combat contre les hérétiques. Au Moyen Age, les dominicains sont les théologiens de la cour papale. Les plus connus parmi eux sont Albert le Grand et Thomas d'Aquin. Après 1232, les dominicains sont chargés de postes principaux dans l' Inquisition ce qui leur a valu le surnom Domini canes : " les chiens du Seigneur ".
L'ordre des dominicains a une branche féminine et un Tiers Ordre.

Dominique (vers 1170-1221)

Né à Caleruega, dans la province de Burgos (Espagne) aux environs de 1170, mort à Bologne (Italie) le 6 août 1221. En 1195, à la demande de l'évêque du lieu, il devient chanoine à Osma. Il est élu sous-prieur de cette communauté. Accompagnant son évêque lors d'un déplacement au Danemark, Dominique traverse le sud de la France et découvre l'existence des Cathares. Au retour d'un voyage à Rome, en 1206, l'évêque d'Osma et Dominique passent à nouveau dans le Midi de la France où ils rencontrent les légats du pape qui essayent vainement de convertir les Cathares. L'évêque d'Osma, Diègue, conseille alors aux légats de se défaire de leurs escortes et de leurs chevaux et d'aller prêcher l'Evangile à pied, n'emportant que les livres nécessaires. Diègue lui-même joint aussitôt le geste à la parole, et part prêcher avec Dominique, accompagné par les légats. Pendant deux ans, ils vont prêcher ainsi : à pied et sans escorte, à travers tout le Languedoc. Leur prédication connaît un certain succès. Des femmes cathares s'y convertissent. Coupées de leur communauté, elles se trouvent alors sans aucun moyen de subsistance. Dominique et son évêque les rassemblent et les installent à Prouille. Ainsi est constitué un monastère qui deviendra le point de départ de l'Ordre des Moniales dominicaines. Après la mort de Diègue, Prouille sert à Dominique de quartier général. Les légats missionnaires se dispersent. De 1208 à 1213, Dominique poursuit seul l'œuvre de prédication.
En 1215, Dominique réunit quelques compagnons avec lesquels il commence une vie monastique. La petite communauté s'installe d'abord à Fanjeaux, près de Prouilhe, dans une église. En 1215, Foulques, évêque de la ville de Toulouse, reconnaît officiellement la communauté avec son projet de prédication, et lui concède comme revenu une partie de la dîme des pauvres. Ce furent là les débuts de l'ordre dominicain, spécialement consacré à la prédication et dont l'essor fut rapidement considérable. Dominique a été canonisé en 1234.
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Donat, donatisme

Le donatisme, du nom de son initiateur Donat (évêque de Carthage, mort en 355), est un vaste mouvement de contestation qui a touché l'Eglise d'Afrique du 4e siècle au 7e siècle. A l'origine, il s'agit d'un durcissement de la position de Cyprien de Carthage concernant les apostats et les membres du clergé qui, pendant les persécutions, ont livré aux autorités romaines les manuscrits des Ecritures en leur possession. Le donatisme devient ensuite un mouvement de contestation contre une Eglise supposée soumise aux puissants et aux riches. Les donatistes condamnent les prêtres jugés indignes et proclament que la validité des sacrements dépend de la sainteté des ministres

Droit canon

On désigne ainsi l'ensemble des lois du droit ecclésiastique de l'Eglise catholique romaine. Il contient les règles qui doivent s'appliquer dans l'Eglise en matière de foi et de discipline. Le Droit canon est une discipline enseignée dans les facultés catholiques de théologie

E

Eckhart, Maître (vers 1260-1328)

Maître Eckhart, dominicain allemand, enseigne dans différents monastères. En 1302, il obtient une maîtrise à Paris et à partir de 1323, il enseigne à Cologne. Ses charges dans l'ordre dominicain l'ont amené à faire de nombreux déplacements. Il doit quitter Cologne pour aller se justifier devant la Curie Pontificale, alors en Avignon. Il meurt en cours de route et nul ne sait où. Depuis 1326 déjà, il est soupçonné d'hérésie. Le centre de son enseignement est l'union du croyant avec Dieu, la pauvreté absolue qui va jusqu'à exiger l'abandon (ou détachement) de soi, de la vertu, voire, dans certains de ses textes, de Dieu lui-même. Ses écrits ne sont pas faciles à lire ; Eckhart crée dans son écriture des expressions nouvelles qui entrent dans la langue allemande et l'influencent profondément. Maître Eckhart est définitivement condamné comme hérétique le 27 mars 1329

Erasme (1469-1536)

Né à Rotterdam, il fut appelé " le prince des humanistes ". Il entra au couvent des Augustins. Il poursuivit ses études à Paris au Collège Montaigu où, quelques années plus tard, étudia Calvin. Il s'efforça d'appliquer les règles philologiques -mises au point par les humanistes- aux Ecritures bibliques avec le souci de les rendre accessibles aux plus humbles. Il voyagea dans toute l'Europe où il diffusa des idées qui seront reprises par les Réformateurs. Lié d'amitié avec plusieurs d'entre eux ( Bucer, Farel, Melanchthon, Oecolampade, Zwingli...) et malgré la sympathie qu'il avait pour nombre de leurs thèses, il refusa toujours de rompre avec l'Eglise romaine. Il pensait possible une réforme de l'Eglise de l'intérieur. Erasme refusait la violence, notamment en matière religieuse. Sa pensée était faite de mesure et de pondération. Luther lui a reproché sa tiédeur. En 1521, à Bâle, il écrit son Essai sur le libre-arbitre. Luther lui répondra dans son Traité du serf arbitre

Eucharistie

Vient du verbe grec eucharistein (" rendre grâces "). Le mot désigne aujourd'hui le repas célébré en mémoire du dernier repas de Jésus avec ses disciples. Jusqu'à la fin du 1er siècle, le mot était utilisé uniquement pour la prière qui précède la formule de consécration du pain et du vin. Voir aussi Cène.

F

Farel, Guillaume (1489-1565)

Né à Gap dans le Dauphiné, son itinéraire est étroitement lié à celui de Calvin dont il est le compagnon et l'ami. C'est en 1509 qu'il vient à Paris pour ses études. Il y fréquente les humanistes : Lefèvre d'Etaples, Gérard Roussel, Guillaume Budé. Il raconte sa conversion (que l'on place en 1521) en des termes analogues à ceux de Calvin. Désormais il se met au service des idées de la Réforme, à Meaux, dans le Dauphiné, en Guyenne, à Bâle, Zurich, Montbéliard, Strasbourg, Berne, Aigle, Neuchâtel, Lausanne, Genève. On considère qu'il a écrit la première dogmatique réformée de langue française intitulée " Sommaire et brève déclaration " (1525). A cause de sa fougue, il est souvent obligé de passer d'un lieu à l'autre. Au cours de ses nombreux déplacements, il rencontre Briçonnet, Oecolampade, Zwingli, Erasme, Capiton, Bucer. Il participe au Synode de Chanforan au cours duquel les Vaudois du Piémont adhèrent à la Réforme en 1532. C'est cette année là qu'il arrive à Genève. Il en est rapidement chassé, mais y revient en 1533. En 1536, sous son impulsion, la ville passe à la Réforme. C'est lui qui y retient Calvin afin qu'il organise l'Eglise et la ville selon les principes de la Réforme. Cette même année, il participe avec Calvin et Viret à la Dispute de Lausanne. Chassé de Genève avec Calvin en 1538, il va à Neuchâtel où il pose les bases d'une Eglise réformée dans la ligne théologique de Calvin. Il y meurt en 1565.

Franciscains

Ordre religieux fondé par François d'Assise (1182-1226). Entendant le texte de l'évangile selon Matthieu (10,7-11) où Jésus annonce aux disciples qu'ils doivent aller prêcher dans la pauvreté, François décide de devenir prédicateur itinérant. Rejoint par quelques compagnons, et avec l'autorisation du pape, ils vont de lieu en lieu pour annoncer la Parole de Dieu en vivant dans la pauvreté. Puis ils établissent un premier monastère. Pour les femmes, un ordre, les Clarisses, est fondé par une jeune fille d'Assise nommée Claire. Puis un troisième ordre, ou Tiers-Ordre, voit le jour, pour aider les laïcs à vivre dans leur vie quotidienne les conseils évangéliques (pauvreté, chasteté, obéissance) remis en vigueur par François. L'ordre des Frères Mineurs ou Franciscains est créé. La règle de 1221, remaniée en 1223, en fixe définitivement l'organisation. A sa suite apparaissent d'autres ordres mendiants, en particulier les Dominicains qui vont fortement influencer la vie religieuse du 13e siècle. A ce même moment, des conflits internes entre spirituels et conventuels agitent le mouvement : les spirituels cherchent le respect littéral de la Règle, en particulier le voeu de pauvreté ; les conventuels se rapprochent plutôt des ordres établis.

François d'Assise (1182-1226)

Il est né en 1182, dans la famille Bernardone, à Assise. Son père Pietro, un riche marchand, le prénomme Francesco (François). Pietro Bernardone faisait du commerce avec la France et son épouse, Pica, était d'origine provençale. François connaît une enfance comblée, sans soucis matériels et entourés d'amis. Il s'est tout naturellement préparé à prendre la succession de son père. Mais il rêvait de devenir chevalier. Sa première expérience fut désastreuse : après une guerre contre la ville voisine de Pérouse, il s'est retrouvé pendant un an en prison. Puis il tombe malade.
En 1205, à vingt-trois ans, il vit une révélation dans l'église Saint-Damien. Il entend le Christ lui demander de réparer son église. Comme celle-ci est en effet en train de tomber en ruines, il s'attaque aux travaux de rénovation. Bientôt, il comprend que l'appel concerne l'église d'une manière plus large.
L'année suivante, il rompt avec sa famille et renonce à ses biens. Pendant deux ans, il soigne des lépreux et réparé des chapelles. Et, en 1208 - à vingt-six ans - il découvre, en entendant l'Evangile à la messe, que sa vocation est de le vivre à la lettre. Très vite, des hommes viennent le rejoindre. Ils vont à Rome demander au pape son accord pour cette forme nouvelle de vie dans l'Eglise. Puis des femmes adoptent le même style de vie : on les appellent " Clarisses ", du nom de la première d'entre elles, Claire, une jeune fille d'Assise. Des laïcs ensuite demandent à mener cette forme de vie évangélique, tout en restant avec leur famille et leur métier. Ce fut le Troisième Ordre, qui complète la Fraternité. Des frères partent pour les autres pays d'Europe. En 1219, François lui-même va en Egypte pour convertir le sultan. Les deux hommes se quittent dans l'estime mutuelle. Il a alors abandonné la direction de son ordre et s'est retiré pour écrire un projet de vie, une règle pour ses frères. En 1223, il reçoit l'approbation du pape. Il fête Noël à Greccio, où il réalise la première crèche vivante.
Cherchant de plus en plus une relation proche avec le Christ, François se retire dans la montagne de l'Alverne. C'est là, où il reçoit les traces de la Passion de Jésus (stigmates) qui se manifestent visiblement dans son corps. Malade, souffrant des yeux et presque aveugle, il se retire à Saint-Damien, compose le Cantique des Créatures et son Testament. Et le 3 octobre 1226, à 44 ans, il meurt.
En 1228, il est canonisé, et le pape fait construire en son honneur une basilique à Assise

G

Gilbert de la Porrée (vers 1080-1154)

Théologien scolastique né à Poitiers. En 1142, il est nommé évêque de Chartres. C'est surtout sa doctrine de la Trinité qui suscite de vifs débats. Pour lui, en effet, on ne peut pas dire qu'un seul Dieu est à la fois Père, Fils et Saint-Esprit, ni que la divinité est devenue chair. En 1147, deux prêtres de son diocèse dénoncent cette doctrine considérée comme un " trithéisme " lors un concile tenu à Paris. L'année suivante, l'accusation est reprise devant le concile de Reims et soutenue par Bernard de Clairvaux, mais aucune condamnation n'est prononcée personnellement contre Gilbert et sa doctrine. Il reçoit du pape des témoignages de bienveillance et conserve son évêché et sa considération

Gnose/Gnostique

Ce terme, qui signifie " connaissance " en grec, désigne au début de l'ère chrétienne la connaissance portant sur l'essentiel, à savoir les mystères divins. Cette connaissance dépasse la simple foi. Pour les gnostiques, elle est acquise par initiation et elle garantit le salut

Grâce

Emprunté au latin gratia, le mot signifie d'abord "reconnaissance", "ce que l'on accorde à quelqu'un". Au sens religieux, la grâce désigne le don de Dieu, ce qu'il offre aux hommes gratuitement. Dans l'épître aux
Ephésiens (2, 8), Paul écrivait : "vous êtes sauvés par la grâce, par le moyen de la foi, cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu". Il exprime ainsi une des affirmations centrales du Nouveau Testament : celle du salut gratuit, ou de la justification par grâce (les deux expressions équivalent ici). Avec les Réformateurs, cette notion de don est intimement liée à celle de salut. Luther insistera sur le caractère totalement gratuit du salut : la justification ne vient pas de l'être humain, elle se passe extra nos, littéralement "en dehors de nous". On retrouve là l'affirmation du Sola Gratia (la grâce seule) issus du message de la Réforme. En l'articulant à la foi (dont la notion est très proche), Calvin distinguera d'une part "la grâce générale" dont bénéficient tous les êtres humains sans qu'elle les conduise à la foi (Dieu offre la vie, la nature, les liens familiaux, etc.) et d'autre part "la grâce particulière" qui touche les seuls croyants et fait surgir en eux la foi en Christ.

Guillaume de Saint-Thierry (vers 1085-1148)

Guillaume est d'abord moine bénédictin à Saint-Nicaise de Reims, puis il devient abbé de Saint-Thierry (Champagne). Il se lie d'amitié avec Bernard de Clairvaux. Tous deux malades, les deux hommes se rencontrent lors de leur convalescence et méditent ensemble le Cantique des cantiques. Ils étudient le commentaire qu' Origène en avait fait. Guillaume rejoint Bernard dans la polémique contre Pierre Abélard. Voir aussi l'entrée Origène.

Gutenberg (1400-1468)

Imprimeur strasbourgeois qui a inventé en 1534 la presse à imprimer, ainsi qu'une encre qui permettait d'imprimer le papier sur ses deux faces. Il abandonna l'usage des caractères mobiles en bois et les remplaça par des caractères métalliques. La nouvelle technique typographique qu'il a mise au point (1450-1455) et l'essor qu'il a ainsi donné à l'imprimerie ont largement contribué à la diffusion de la Bible et des idées de la Réforme

H

Harding, Etienne (vers 1060-1134)

Né dans une famille noble anglaise, il entre à l'abbaye de Sherborne avant d'aller étudier à Paris. En rentrant chez lui, il s'arrête au monastère bénédictin de Molesme où il est impressionné par l'abbé Robert de Molesme et demande à rester. En 1098, il quitte Molesme avec Robert pour s'installer à Cîteaux. En 1109, il devient abbé de Cîteaux. C'est lui qui reçoit Bernard (de Clairvaux) quand celui-ci y demande son admission. Après la fondation des quatre premiers monastères cisterciens, Harding rédige la Charte de charité, véritable constitution de l'ordre cistercien. Il démissionne en 1133.

Hérétique/Hérésie

Vient d'un verbe grec (haireo) qui veut dire " choisir ". Dans le monde grec, il décrit un choix opéré dans le domaine scientifique, religieux ou politique. Par la suite, on désigne par " hérésie " un mode de penser ou de croire qui est différent de la doctrine officielle. Le reproche d'hérésie peut concerner des points de doctrine variés : la manière de comprendre l'Eglise, la conception de la figure du Christ, les critères pour accéder au salut, etc. Il est toutefois toujours nécessaire de considérer le contexte précis d'une hérésie. Car au moment où la doctrine officielle change, ce qui était déclaré " hérétique " peut devenir " orthodoxe ", c'est-à-dire considéré comme la " doctrine droite et juste ", et réciproquement. Le protestantisme a été ainsi traité d'hérésie par rapport à la doctrine officielle de l'Eglise catholique ce qui n'est plus le cas aujourd'hui. Souvent l'Eglise officielle a confondu sous ce même terme, pour les condamner, aussi bien des mouvements de réforme fidèles à l'Evangile (p.ex. les Vaudois) que des mouvements religieux qui s'en séparaient nettement sur différents points (p.ex. les Cathares)

Hétérodoxie

On appelle hétérodoxe (du grec hétéro=autre et doxa=doctrine) un enseignement qui ne correspond pas à la doctrine officielle (orthodoxie, de ortho=droit et doxa=doctrine)

Hostie

Du latin hosta qui désigne "l'animal pour le sacrifice". On appelle "hostie" le pain sans levain (qui fait référence à la sortie d'Egypte et la fête de la Pâque, cf. le livre de la Genèse, chapitre 12). Il est utilisé dans l'Eucharistie catholique et la Cène luthérienne. Dans les Eglises réformées, on continue à utiliser du pain ordinaire.

Huguenot

Ce mot, qui est utilisé parfois pour désigner les protestants, a une étymologie controversée. Il apparaît à Genève en 1536 et vient vraisemblablement d'une déformation de l'allemand eidgenossen, les fédérés. Des Genevois voulaient en effet s'allier aux Bernois pour défendre le protestantisme. En France, le mot a pu s'amalgamer avec d'autres sobriquets, au point d'être employé péjorativement par les catholiques. Au 16e siècle, les protestants se l'approprièrent, et il prit alors une coloration politique (le parti huguenot). Après la Révocation de l'Edit de Nantes (1685) le terme désigna, jusqu'à aujourd'hui, les protestants qui trouvèrent asile dans les pays dits du Refuge (Allemagne, Angleterre, Pays-Bas...). En France, certains protestants sont attachés à ce mot pour exprimer leur fidélité au protestantisme historique. http://croixhuguenote.free.fr/images/2A.jpg

Hugues de Saint-Victor (vers 1096-1141)

D'origine inconnue (saxonne ou flamande), Hugues entre vers 1118 chez les chanoines de Saint-Victor, monastère fondé en 1108 par Guillaume de Champeaux dans l'enceinte de l'ermitage de Saint-Victor, à Paris. Il devient vite une personnalité marquante, considéré par ses contemporains comme un " nouvel Augustin ".
D'une grande curiosité intellectuelle et d'une vaste culture, il conseille à ses disciples de tout apprendre, car, estime-t-il, rien n'est inutile. Son oeuvre reflète son insatiabilité : il traite des arts libéraux (grammaire, rhétorique, dialectique...), des sciences, de la philosophie, commente les Ecritures, écrit un traité consacré à l'histoire universelle. Son ouvrage d'enseignement, le Didascalicon, est à la fois programme d'étude pour le maître comme pour le disciple et méthode de lecture. La pensée de Hugues s'organise autour de l'idée suivante : il y a une unité essentielle des savoirs et de l'être humain que la chute originelle a brisée ; il s'agit de la restaurer. L'être humain retrouvera son intégrité grâce à l'étude de la logique et de la philosophie (qui vise à la connaissance du vrai) et grâce à la pratique de l'amour (qui vise à l'exercice du bien). L'influence de Hugues de Saint-Victor sera très importante sur la théologie de son époque et se prolongera jusqu'à la fin du Moyen Age. Son traité Des Sacrements de la foi chrétienne est une véritable somme théologique.

Humanistes

En rupture avec la culture du Moyen Age, l'humanisme se caractérise par une redécouverte de l'Antiquité et de ses textes, notamment bibliques, qui vont être source d'inspiration en littérature, peinture, musique, sculpture. Les humanistes vont poser les bases de l'étude moderne des textes et, renouvelant leur approche, ils vont bouleverser un certain nombre d'idées reçues. C'est aussi un siècle de découvertes, d'innovations, de libérations des cadres anciens. Les Réformes religieuses sont incontestablement liées à ce renouveau dans tous les domaines, en particulier le retour aux textes bibliques dans leur langue originelle et leur étude selon les méthodes nouvelles

Hus, Jan (vers 1370-1415)

Jan Hus naît vers 1370 à Husinec en Bohême méridionale dans une famille rurale pauvre. Doué pour les études et avide de promotion sociale, il se rend à Prague, où il étudie les lettres puis la théologie. En 1398, il obtient sa licence d'enseignement en théologie. Nommé professeur à l'Université, il entre en contact avec le mouvement de réforme et subit l'influence de Wyclif. En 1400, il est ordonné prêtre. L'année suivante, il est nommé doyen de la Faculté des Arts et Lettres de Prague. En 1402, il devient curé, sans charge de communauté, à la chapelle de Bethléem. Il s'illustre par une prédication évangélique et sociale, dénonçant les vices des laïcs et les profits du clergé. En 1409, il commence à être accusé de ne pas dénoncer Wyclif et de contester l'autorité du pape. Élu recteur de l'Université, il participe à sa réorganisation, et devient le chef du mouvement réformateur. En 1411, il subit l' interdit du pape qui s'étend sur toute la ville. Dans des disputes universitaires, des prédications, des publications, il se lance dans la controverse contre les indulgences. En 1412, alors que des émeutes éclatent à Prague et qu'il est menacé d'excommunication, Hus s'exile en Bohême du sud où il développe une intense activité littéraire. En 1413, il publie son grand ouvrage De ecclesia censuré à Prague, Paris et Constance. En 1414, il se rend au concile de Constance pour y défendre sa cause. Il poursuit une correspondance avec les fidèles de la chapelle de Bethléem et approuve la communion sous les deux espèces. En juillet 1415 il refuse d'abjurer devant le concile qui le condamne, le dégrade de ses titres sacerdotaux et le remet à l'autorité civile pour être exécuté sur le bûcher (6 juillet).
Voir aussi l'entrée qui lui est consacrée.

I

Imitation de Jésus Christ (Imitatio Christi)

L'imitation de Jésus Christ est proposée par beaucoup d'auteurs spirituels du Moyen-Age (et plus tard) comme chemin d'une véritable union avec le Christ. Il s'agit de ressembler le plus possible à ce que l'on sait du Christ : adopter son humilité, sa patience, sa douceur, mais aussi sa souffrance. Certains auteurs de l'imitatio Christi vont insister sur la recherche de la souffrance et ainsi donner naissance au dolorisme. Ce mot désigne un type d'union avec le Christ qui exalte souffrances et douleur du croyant en communion avec lui

Index

Catalogue de livres que l'autorité catholique romaine interdit de lire, d'imprimer et de diffuser. Cette censure a été créée au 16e siècle et elle a été abolie par le pape Paul VI en 1965

Indulgences

L'indulgence existe dès le 11e siècle. C'est la remise par l'Eglise d'une peine infligée au pénitent après qu'il a confessé sa faute et reçu l'absolution. La doctrine des indulgences a sa source dans la conviction que l'Eglise est l'administratrice du trésor des mérites du Christ et des saints. Elle a donc le pouvoir d'en faire bénéficier les fidèles, moyennant certaines contreparties (Ave Maria, Pater noster, pèlerinages, processions...), et de leur permettre ainsi d'échapper aux peines temporelles imposées pour l'expiation de leurs péchés. Mais on pouvait aussi obtenir rémission de la peine en acquittant une somme d'argent.
Cette vente, et plus encore la fausse doctrine qui prétend la justifier, scandalisent à travers les siècles beaucoup de chrétiens : Hus, Luther....Voir aussi les entrées Hus et Luther

Inquisition

Jusqu'à la fin du Moyen Age, c'est l'institution ecclésiale qui se chargeait de l'enquête concernant les hérétiques, le bras séculier mettant en œuvre leur éventuelle condamnation. A partir de ce moment-là, notamment dans le contexte de la persécution des vaudois et albigeois, c'est une institution particulière soumise à l'évêque qui va en être chargée : l'Inquisition. En 1231/1232, à l'instigation du pape Grégoire IX, l'Inquisition est centralisée sous l'autorité papale. Gérée surtout par des dominicains, elle met au point un processus particulier :

  • exigence adressée aux hérétiques de pratiquer l'auto-accusation ;
  • exhortation des fidèles à la dénonciation ;
  • convocation de l'accusé ;
  • éventuellement arrestation pour comparution devant le tribunal ;
  • enquête en vue de l'aveu (pas de révélation des noms des dénonciateurs et témoins ; pas de défense acceptée).

A partir de 1252, le pape Innocent IV permet l'usage de la torture. En 1542, le pape Paul III établit à la place de l'Inquisition la " Congrégation romaine et universelle de l'Inquisition " (le " Saint Office "). Au Concile de Vatican II, sur proposition du pape Paul VI, le " Saint Office " devient la " Congrégation pour la doctrine de la foi ". Aujourd'hui, selon l'article 48 de la Constitution apostolique sur la Curie romaine Pastor bonus, promulguée par le pape Jean Paul II en 1988, " la tâche propre de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi est de promouvoir et de protéger la doctrine et les moeurs conformes à la foi dans tout le monde catholique : tout ce qui, de quelque manière, concerne ce domaine relève donc de sa compétence ".

Interdit

L'interdit prononcé par le pape contre une ville la prive de tout service religieux : mariages, baptêmes, enterrements ne sont plus célébrés, les églises sont fermées, les cloches ne sonnent plus. L'interdit est inauguré par une cérémonie de l' anathème dans les églises de la ville

Investitures, querelle des

On appelle " querelle des Investitures " le conflit concernant l'installation (investiture= fait de revêtir quelqu'un d'une charge ecclésiale) des évêques et des abbés. La querelle oppose la papauté aux rois d'Europe dans la deuxième moitié du 11e siècle. Ce conflit entre le pouvoir spirituel et séculier va s'amplifier. Henri IV d'Allemagne s'oppose en effet aux réformes du pape Grégoire VII qui rompent avec la traditionnelle soumission du clergé au pouvoir séculier. Une première solution se dessine en 1077 quand Henri IV reconnaît le pouvoir papal pour tout ce qui concerne les investitures ecclésiales. Cet événement ouvre la voie au concordat de Worms qui mettra fin à la querelle en 1122

Irénée de Lyon (2e siècle)

Irénée est originaire d'Asie Mineure. Il rapporte qu'encore jeune il a entendu le vieux Polycarpe, évêque de Smyrne, ce qui, en conséquence, situe sa naissance entre 130 et 140. Il se rattache ainsi très haut dans la transmission de la doctrine, puisque Polycarpe était contemporain d'Ignace d'Antioche, lui-même contemporain de la rédaction des écrits les plus tardifs du Nouveau Testament. Cette familiarité revendiquée avec Polycarpe est importante, elle permet de comprendre son action et sa pensée. On sait qu'Irénée était à Lyon en 177 parce que la communauté de cette ville l'envoie à Rome pour qu'il porte la Lettre des martyrs de Lyon. A son retour, il succède à Pothin comme évêque. Le dernier acte ecclésial que l'on connaît de lui est une intervention auprès de Victor, évêque de Rome entre 189 et 198. Il est mort martyr à une date inconnue. Deux ouvrages d'Irénée nous sont parvenus : Contre les Hérésies (Adversus haereses) et une traduction arménienne d'un court ouvrage De la Démonstration de la prédication apostolique, résumé de la foi chrétienne de nature catéchétique

J

Jansénisme

Doctrine chrétienne issue de la pensée de Cornélius Jansen (1585-1638), dont le nom a été latinisé en Jansénius. Ce théologien hollandais, enseignant à l'université de Louvain puis évêque d'Ypres, est l'auteur de l'Augustinus, ouvrage publié après sa mort, en 1640. Il s'agit d'une simple compilation des textes d'Augustin sur la grâce. A partir de la maxime augustinienne " il est nécessaire que nous agissions conformément à ce qui nous plaît le plus ", Jansénius tire la conséquence que la volonté de l'homme peut être orientée aussi bien vers le bien que vers le mal, en fonction des éléments prépondérants au moment de la décision. Seule la grâce efficace peut faire que l'homme, corrompu depuis le péché originel se tourne vers Dieu. Cette grâce toute-puissante n'est pas toujours donnée à l'homme : elle est un don gratuit de Dieu. Condamné par Rome (1er août 1641, décret de l' Inquisition, et 6 mars 1642, Bulle In eminenti), l'ouvrage trouve des défenseurs en France sous l'impulsion de l'abbé de Saint-Cyran, en particulier la Mère Angélique, réformatrice du monastère de Port-Royal, son frère Antoine Arnauld (le " Grand Arnauld "). L'affaire va prendre alors une coloration politico-religieuse du fait de l'opposition frontale des jansénistes aux jésuites, particulièrement influents. Le jansénisme fut réprimé par le pouvoir monarchique de Louis XIV dont il dénonçait l'absolutisme. Désormais le jansénisme prend un caractère nouveau et original : la querelle théologique de fond sur la grâce se trouve délaissée au profit d'un rigorisme moral opposé au laxisme des jésuites. C'est souvent ce dernier aspect qui en vient à caractériser, en France, dans le grand public, la doctrine janséniste. Le jansénisme eut sur Pascal (1623-1662), qui prit sa défense dans Les Provinciales, une influence déterminante

Jean Chrysostome (entre 344 et 354-407)

Ce Père de l'Eglise est promu évêque de Constantinople contre son gré. Puis, son attitude sévère provoque sa destitution et sa proscription à la frontière arménienne. Ses nombreux écrits font partie de la patristique grecque. Son surnom " Chrysostome " (chrysos-stoma : " bouche d'or ") vient du fait qu'il est un prédicateur hors pair

Jérôme (env. 347-419)

Jérôme est le Père de l'Eglise dont le nom reste attaché à la traduction de la Bible en latin, la Vulgate, qui est devenue la version de base de l'Occident chrétien. Après des études à Rome, il s'engage dans la vie monastique orientale et quitte l'Italie pour l'Orient. Il alterne alors des périodes de traduction des textes bibliques à partir du grec et de l'hébreu et de retraites dans le désert. Il passe quelques années à Rome sous la protection du pape Damase, puis retourne en Palestine, où il entre en discussion avec les différents courants d'interprétation exégétique, issus d' Origène ou de l'école d'Alexandrie. A côté de son oeuvre de traduction et d'exégèse, Jérôme laisse d'importants écrits sur le monachisme et des traités polémiques qui reflètent la virulence de ses prises de position. A la fin de sa vie, Jérôme entretiendra avec Augustin et des hommes d'Eglise occidentaux des relations plus confiantes et transmettra ses connaissances très étendues de la littérature chrétienne, tant latine que grecque.

K

Knox, John (1513-1572)

Il a implanté en Ecosse une Réforme très influencée par la pensée de Calvin. Après des études universitaires à Glasgow, il se destine à la prêtrise. Mais les idées de la Réforme sont déjà connues en Ecosse. Il y adhère après l'étude de la Bible et des textes d'Augustin. Fait prisonnier au siège de Saint-André, il est condamné aux galères du roi de France, allié du roi d'Angleterre. Libéré au bout d'un an, il retourne en Angleterre (1549). Mais sous le règne de la très catholique Marie Tudor, il est obligé de s'exiler. Il fait trois séjours à Genève où il se lie avec Calvin. Knox est dans cette ville le pasteur de l'Eglise anglaise. Il la dote d'une liturgie directement inspirée de la Forme des prières de Calvin, qui sera plus tard la liturgie de l'Eglise écossaise. De retour en Ecosse (1559), il y établit la Réforme. Quand Marie Stuart devient reine, il tient tête à la souveraine catholique. Peu à peu se met en place ce qui allait devenir l'Eglise presbytérienne d'Ecosse

L

Lefèvre d'Etaples (1455-1536)

Comme Calvin, il est originaire de Picardie. Il est ordonné prêtre. Il enseigne à Paris. A partir de 1492, il voyage en Italie où il rencontre notamment Pic de la Mirandole. En 1507, il fait partie, autour de Briçonnet, du " groupe de Meaux ". Ses commentaires sur les Psaumes (1509) et sur les épîtres de Paul ont ouvert la voie à l'exégèse réformée. Il entreprend une révision critique de la traduction latine de la Bible (la Vulgate) et en fait paraître une traduction française, cinq ans au moins avant la Bible d' Olivétan (1535). A la demande de Briçonnet, il publie déjà en 1523 une traduction en français du Nouveau Testament. Inquiété par la Sorbonne dès 1517, il est protégé par le roi François 1er. Mais en 1525, ses opposants profitent de l'emprisonnement du roi pour le faire condamner par le Parlement de Paris. Il se réfugie alors à Strasbourg. Il finira ses jours à Nérac à la cour de Marguerite de Navarre. C'est là qu'il rencontrera Calvin. Evangélique, attaché à la Parole de Dieu, Lefèvre était un esprit modéré qui n'a jamais réellement rompu avec l'Eglise romaine. " Lefèvre est un réformiste sans jamais devenir un réformateur " (Irena Backus). Au soir de sa vie, il aurait confié, en pleurs, à la reine Marguerite de Navarre qui l'interrogeait sur sa tristesse : " Madame,... comment pourrais-je subsister devant le tribunal de Dieu, moi qui ayant enseigné en toute pureté l'Evangile à tant de personnes, qui ont souffert la mort pour cela, l'ai cependant toujours évitée dans un âge même où bien loin de la craindre, je la devais plutôt désirer... "

Libre Arbitre

C'est la capacité de choisir, de vouloir, de faire une chose ou son contraire. Le libre-arbitre c'est le pouvoir d'agir ou de ne pas agir, en dehors des déterminismes et même contre eux, selon son bon vouloir. Il représente en quelque sorte l'absolu de la liberté. Il est chez Thomas d'Aquin identifié à la volonté. Par opposition au libre-arbitre, Martin Luther, dans sa controverse avec Erasme, parlera du serf arbitre (1525). Il désigne ainsi la dépendance totale de la volonté humaine à l'égard de la grâce de Dieu. La véritable liberté du chrétien ne peut découler que de cette grâce. C'est une liberté offerte et non conquise. Cette conception se distingue radicalement de la notion philosophique de la liberté. Pour le Réformateur, la liberté n'est pas autonome, mais liberté reçue, donnée, constituée par un Autre.

Libre Esprit, Frères et sœurs du

Il s'agit d'un mouvement hérétique qui s'est surtout développé à la fin du 13e siècle et pendant tout le 14e dans le Nord de la France, en Belgique, aux Pays Bas et en Rhénanie. Le contenu de leur enseignement est l'union avec Dieu dès ici-bas au moyen de l'Esprit. Cette union est source de liberté totale. Cette liberté est alors vécue dans le domaine moral par la transgression des lois établies. Ils sont persécutés autant pour leur enseignement théologique que pour leur mœurs.

Loyola, Ignace de (1491-1556)

Fondateur de la Compagnie de Jésus, il est contemporain du Réformateur Jean Calvin. Il voulait être chevalier, mais en fut empêché par une grave blessure reçue au siège de Pampelune (1521). Répondant à un appel de Dieu, il veut annoncer l'Evangile aux " infidèles " qui sont à Jérusalem. Après un long temps de retraite et un voyage à Jérusalem, il entreprend des études de théologie en Espagne puis à Paris (1528-1534). C'est là, à Montmartre, le 15 août 1534, qu'il fonde avec sept compagnons la Compagnie de Jésus. Parmi eux, François-Xavier, qui deviendra le plus célèbre missionnaire de l'Eglise catholique romaine au 16e siècle. Cet ordre religieux (les Jésuites) est organisé de manière très hiérarchisée, l'obéissance totale y est exigée. Les Jésuites ne dépendent que du pape. A la mort d'Ignace de Loyola, ils sont 1000, cinquante ans plus tard ils sont 13000. Les Exercices spirituels qu'il a rédigés, demeurent la base de la spiritualité des Jésuites. Ignace de Loyola a été canonisé en 1622

Luther, Martin (1483-1546)

Réformateurvoir entrée Luther allemand né et mort à Eisleben. Moine, prêtre, docteur en théologie, professeur d'exégèse biblique, il était habité par une intense quête spirituelle concernant le salut. En travaillant l'épître aux Romains il découvre ce qui sera le coeur de son oeuvre et de la Réforme protestante au 16e siècle, le message du salut par la seule grâce de Dieu, en dehors des mérites de l'homme. En 1517 il rédige " 95 thèses " où il développe cette affirmation et dénonce la vente des indulgences. Déclaré hérétique en 1518, il est excommunié et mis au ban de l'Empire à la Diète de Worms en 1521. Il trouve alors un appui auprès des princes allemands. Auteur d'une oeuvre théologique considérable et traducteur de la Bible en allemand, il a pris part aux débats de son temps (controverse avec Erasme, attitude lors de la Guerre des Paysans...). Il a résisté à toute forme de désordre ecclésial et a commencé à poser les bases d'une Eglise " luthérienne "

M

Mani/manichéisme

Mani est né en Perse en 216. Son père était un prince parthe et sa mère une judéo-chrétienne, de famille royale elle aussi. Il a été élevé dans la tradition judéo-chrétienne perse. Très jeune, il aurait reçu de l'Esprit la révélation de la guerre entre la lumière et les ténèbres. Il part en Inde où il entre en contact avec le bouddhisme. De là, il fonde une religion syncrétiste, le manichéisme, dont la base est la lutte originaire entre les ténèbres et la lumière. Il prêche cette religion dans tout l'empire perse pendant les trente années du règne de Shapour 1e qui est très tolérant vis à vis des religions étrangères qui peuvent exister à côté du zoroastrisme, religion officielle de la Perse. A la faveur des campagnes militaires entre l'empire perse et l'empire romain, le manichéisme se répand en occident. En 274, le nouvel empereur perse Bahrâm 1e prend le contre-pied de son ennemi l'Empire romain et déclenche une répression contre les religions étrangères. Mani est arrêté et décapité. Mais le manichéisme continuera son expansion grâce aux écrits laissés par Mani et à ses disciples. Le manichéisme sera dénoncé et combattu par les chrétiens à partir du 4e siècle, notamment par Augustin. On retrouve des idées du manichéisme chez les cathares combattus comme hérétiques par l' Inquisition au 12e siècle

Marcion (vers 85 - vers 160)

Considéré comme hérétique, il est excommunié par l'Eglise en 144. Il est à l'origine d'un mouvement gnostique, le marcionisme, qui s'est répandu dans le bassin méditerranéen et a existé jusque vers 400. Marcion rejette l'Ancien Testament et ne garde du Nouveau Testament que l'évangile de Luc et l'oeuvre de Paul. Ses Antithèses sont connues à travers ce qu'en disent ses adversaires (Tertullien, Irénée de Lyon en particulier) qui réfuteront cette forme d'antijudaïsme

Martyr(e)

Le mot martyr, en grec martus, veut d'abord dire simplement " témoin ". Mais il a ensuite été associé à la réalité de la persécution. En effet dès les premiers siècles, les chrétiens qui mourraient pour ne pas avoir renié leur foi étaient appelés martyrs car il s'agissait pour eux d'un témoignage de leur foi devant le pouvoir de l'empereur

Mechthild de Magdebourg (vers 1210 - 1282 ou 1294)

Née aux environs de 1210 en Basse Saxe (Allemagne), Mechthild fait partie des femmes mystiques qui vivaient comme béguines sous la direction spirituelle des dominicains. Son lieu d'attache est Magdebourg. Elle fait preuve d'audace dans sa critique de l'Eglise et de son temps. Elle écrit un ouvrage important : La lumière fluente de la divinité. Vers la fin de sa vie, elle se retire au monastère cistercien de Helfta (Eisleben, Allemagne) où elle meurt en 1282 ou 1294

Mélanchthon, Philippe (1497-1560)

C'est un des grands Réformateurs allemands. Il fit ses études à Heidelberg et Tübingen. Nommé magistrat à Wittenberg en 1518, il y demeurera jusqu'à sa mort. C'est là qu'il rencontre Luther dont il devient le disciple et l'ami fidèle. Il y étudie la théologie sans abandonner ses tâches de professeur de grec. Son oeuvre la plus importante, les Loci communes (1521), fut plusieurs fois remaniée. C'est lui qui a rédigé la Confession d'Augsbourg (1530) et l'Apologie de la Confession d'Augsbourg (1531) qui font partie des " livres symboliques " où les Eglises luthériennes reconnaissent l'expression autorisée de leur foi. C'était un homme cultivé et conciliant qui s'efforcera toujours d'aplanir les divergences entre les différents courants de la Réforme, comme entre protestants et catholiques. C'est lui qui, à la mort de Luther, poursuivra l'organisation de l'Eglise évangélique avec toujours un souci particulier de l'éducation

Merswin, Rulmann (vers 1307-1382)

Rulman Merswin est patricien et banquier strasbourgeois. Suite à une conversion dont on ne connaît pas vraiment les circonstances, il quitte les affaires en 1347 et choisit de vivre désormais, avec sa femme, une vie de prière et de pénitence. En 1328, Jean Tauler devient son maître spirituel. En 1367, six ans après la mort de Tauler, Merswin rachète et restaure l'ancienne chapelle de la Trinité, et les terrains y attenant (l'Ile Verte). En accord avec les autorités ecclésiastiques, il y installe en 1368 quatre chapelains séculiers qu'il rejoint à la mort de sa femme en 1371. Il y meurt en 1382. Merswin est une des figures importantes de la mystique rhénane

Messie

Le mot " Messie " est un mot d'origine hébraïque qui apparaît dans l'Ancien Testament, il a la même signification que le mot " Christ " d'origine grecque. Les deux mots veulent dire en français : " celui qui est oint ". Le peuple d'Israël attend le Messie pour qu'il rétablisse la véritable royauté. Les chrétiens ont reconnu en Jésus le Messie dont ils attendent le retour. Ils croient qu'il établira alors son Royaume sur la terre

Millénarisme

Croyance dans un règne terrestre à la fin des temps, inauguré par le Messie et ses élus, qui durera pendant 1000 ans. La pensée millénariste s'appuie en particulier sur des textes du livre de l'Apocalypse. On y trouve souvent un rejet radical de l'ordre social et politique existant. Müntzer verra dans la révolte paysanne un moment fondamental du jugement de Dieu

Missel

Le nom vient du latin missa, la messe. Il s'agit en effet du livre contenant les textes de prières, les lectures et les hymnes pour la célébration de la messe dans l'Eglise catholique romaine. Les liturgies latines connaissent le missel depuis le 8e siècle. En 1570, Pie V impose une version du missel, désormais seule autorisée pour pratiquement toutes les communautés et ordres monastiques. Elle reflète dans la liturgie les orientations du concile de Trente. Ce n'est qu'en 1969, sous l'influence du pape Paul VI, qu'une rédaction nouvelle voit le jour

Monachisme

Du verbe grec monazeïn " être/vivre seul, retiré ". Les moines ou moniales vivent soit dans la solitude (comme ermite sédentaire ou ermite itinérant) soit regroupés dans des communautés. L'histoire du monachisme débute au 3e siècle avec les ermites dans les déserts d'Egypte, de Palestine et de Syrie. Ce n'est que plus tard que la forme communautaire (cénobitique) voit le jour. Basile le Grand (mort en 379) en est considéré comme le fondateur. La forme qu'a pris le monachisme occidental est intimement liée à la figure de Benoît de Nursie (480- vers 547) Au 14e siècle, une forme particulière de monachisme communautaire apparaît. On l'appelle l'idiorythmie (de idios = " ce qui est particulier, propre, personnel " ; ruthmie = " rythme "). Les moines (ou moniales) vivent ensemble mais largement indépendants les uns des autres en ce qui concerne leur rythme de vie : prière, repas, travail. Cette forme concilie d'une manière intéressante les deux dimensions de la vie du moine : solitude et vie communautaire. Beaucoup de monastères de tradition orientale (en particulier dans l'orthodoxie grecque et russe) fonctionnent encore aujourd'hui sur ce modèle

Monophysites

Ce terme vient de deux mots grecs : monos, " seul " et phusis, nature. Ils désignent les chrétiens ou Eglises qui attribuent au Christ une seule nature. Il convient toutefois de distinguer deux formes de monophysisme. La première a pour principal représentant le moine Eutychès (milieu du 5e siècle). Pour lui, il y a assimilation entre la nature humaine et la nature divine du Christ en sorte que l'humain, absorbé par le divin, n'a plus de consistance propre. Cette position fut condamnée en 451 par le concile de Chalcédoine qui déclara que le Christ est " reconnu en deux natures, sans confusion, sans changement ". La deuxième forme de monophysisme est postérieure à Chalcédoine. C'est la position de ceux qui refusent la formulation de Chalcédoine sur les deux natures, mais qui, pour autant reconnaissent à l'humanité du Christ tous les caractères spécifiques de la nature humaine. La première forme de monophysisme est considérée comme contraire à l' orthodoxie chrétienne. La seconde ne l'est pas. Des Eglises chrétiennes, appelées monophysites ou " préchalcédoniennes " se situent aujourd'hui encore dans cette tradition : l'Eglise copte orthodoxe, l'Eglise éthiopienne monophysite, l'Eglise arménienne orthodoxe ou " grégorienne ", l'Eglise orthodoxe syrienne ou " jacobite ".

Moyen Age

Période de l'histoire entre l'Antiquité et les temps modernes. On fait généralement débuter le Moyen Age à la chute de l'Empire romain en 476. On considère qu'il s'achève avec la chute de Constantinople en 1453, ou encore en 1492 date de la découverte de l'Amérique

Münster, Royaume de

Après 1530, sous l'influence de Melchior Hoffman, un mouvement anabaptiste se développa, marqué par l'idée que la fin des temps était proche. On en vint à appeler les fidèles à prendre les armes pour établir le règne de Dieu. Avec Jean de Leyde qui se proclama roi de Sion, l'illuminisme prit le dessus, une théocratie et la polygamie furent instaurées. La ville de Münster fut assiégée par une coalition catholique-protestante et prise le 25 juin 1535. Les survivants furent torturés et exécutés. Tout au long du 16e siècle, les anabaptistes ont été combattus et persécutés aussi bien par les Réformateurs que par les catholiques

Müntzer, Thomas (1490 ?-1525)

C'est un prêtre de l'ordre des Augustins. Il étudie la mystique médiévale et reçoit également une formation humaniste. En 1519, il rencontre Luther et adhère aux idées de la Réforme. Mais il va s'en séparer à la fois sur le plan théologique et le plan politique. Prédicateur à Zwickau (1520) et Allstedt (1523), il sera chassé de chacune de ces villes. En 1524, il rédige son Sermon aux princes où il présente son programme de réforme, très marqué par le millénarisme. Il devient le chef anabaptiste de la Guerre des Paysans, prêchant une sorte de communisme évangélique. Engels verra en lui un des premiers révolutionnaires. Capturé lors de la bataille de Frankenhausen (1525), il sera torturé puis exécuté

Mystique

Vient du verbe grec muein qui veut dire " se fermer (les lèvres et les yeux) ". Un type de piété que l'on peut caractériser comme suit :

  • un but : l'expérience d'une relation à Dieu/au divin qui peut aller jusqu'à une forme d'union, voire de fusion avec lui (unio mystica)
  • une pratique : contemplation, méditation, ascèse, etc. pour arriver à cette union
  • une tendance critique par rapport à toute institution, par rapport aussi à la religion établie
  • une insistance sur l'expérience individuelle par rapport au vécu collectif et social La tendance mystique n'est pas réservée au christianisme. On la trouve en Inde dans une forme du bouddhisme, en Chine dans une forme du taoïsme. Elle existe dans le judaïsme et dans l'islam (soufisme). Dans le Nouveau Testament, on trouve une forme de mystique chez Jean (" C'est l'Esprit de vérité, celui que le monde est incapable d'accueillir parce qu'il ne le voit pas et qu'il ne le connaît pas. Vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous et il est en vous. " Jean 14,17 ; " Jésus lui répondit : Si quelqu'un m'aime, il observera ma parole, et mon Père l'aimera ; nous viendrons à lui et nous établirons chez lui notre demeure ", Jean 14,23) et chez Paul (" Ce n'est plus moi qui vit, c'est le Christ qui vit en moi ", Epître aux Galates 2,20), mystique qui a pour centre le Christ et l'union avec lui. Au Moyen Age, cette mystique devient une mystique de la passion qui s'exprime dans une " souffrance avec le Christ ". Bernard de Clairvaux enrichit la pensée mystique d'une dimension érotique qu'il puise dans le Cantique des Cantiques (plus exactement dans le commentaire qu' Origène en fait) : l'âme devient l'épouse du Christ. La mystique allemande (couramment appelée " mystique rhénane ") du 13e au 15e siècle, avec Maître Eckhart, Jean Tauler, Henri Suso, Mechthild de Magdebourg, etc. en est profondément influencée. En dehors de l'apport strictement religieux, les auteurs mystiques ont aussi profondément contribué à modeler la langue allemande.
    Voir aussi les entrées Origène, Bernard de Clairvaux et Tauler
N

Nicodémisme

Au 16e siècle, quand les difficultés commencent pour les protestants français, certains d'entre eux considèrent que pour éviter la persécution, il vaut mieux se conformer extérieurement aux pratiques officielles, cacher ses convictions réelles et, à l'instar du personnage biblique de Nicodème, " venir à Jésus la nuit " (Jean 3/2). Le Réformateur français Jean Calvin dénonce le manque de courage de ceux qui n'osent pas afficher leur foi au grand jour. Il écrira contre eux un texte très sévère, les affublant du sobriquet moqueur de " Nicodémites " dénonçant leur double jeu et leur double langage

O

Oblat

Du mot latin oblare (" donner, offrir "). Au Moyen Age, ce nom désigne l'enfant qu'une famille pouvait " offrir " à un monastère. Le monastère décidait alors à partir de quel moment l'enfant allait définitivement rejoindre la vie communautaire. Ainsi, Thomas d'Aquin, mais aussi Jean Tauler, entrent au monastère dès leur enfance

Occam, Guillaume d' (fin du 13e siècle -1349 ou 1350)

Philosophe et théologien anglais appartenant à l'ordre des franciscains. Il étudie à Oxford et Paris. Il s'oppose à la papauté et, à cause de cela, est excommunié. Il se rattache au courant nominaliste selon lequel nous n'avons pas d'idées ou concepts généraux mais seulement des mots, des signes évoquant des réalités toujours singulières. Ce courant philosophique était très présent à l'université d'Erfurt où Luther étudia et au couvent des Augustins de cette même ville où il entra en 1505. On peut dire que l'occamisme a eu une influence sur l'émergence et la formulation des idées de la Réforme, même si Luther critiquera cette pensée

Oecolampade (1482-1531)

Il étudie la théologie à Heidelberg. Il se lie avec Capiton, Erasme et Mélanchthon. Humaniste, il apprend le grec et l'hébreu. Il devient prêtre en 1510, entre au couvent en 1520. C'est là que mûrissent ses idées réformatrices. Arrivé à Bâle en 1523, il travaille à la Réforme dans cette ville. Il écrit plusieurs commentaires bibliques. Après l'abolition de la messe (1529), il y organise l'Eglise en donnant une place importante aux laïcs. Au sujet de la cène, il considère que le Christ y est présent de manière symbolique.

Olivétan (vers 1505-1538)

Comme Jean Calvin auquel il est apparenté, Pierre Robert, dit Olivétan, est originaire de Noyon. Il fait ses études à Orléans puis doit s'enfuir en 1528 à Strasbourg où il apprend l'hébreu avec Bucer et Capiton. On le retrouve instituteur à Neuchâtel (1531), précepteur à Genève (1532), instituteur dans le Piémont (1533). Il y a chez lui un incontestable souci pédagogique. Il publie en 1533 une Instruction des enfans. A la demande de Guillaume Farel, il traduit en moins de deux ans la Bible en français, à partir des textes originaux. Il meurt en Italie en 1538

Ordres mendiants

On désigne ainsi les ordres qui se développent s'inscrivent dans le mouvement médiéval de retour à une pauvreté évangélique. Non seulement les moines et moniales, mais encore le monastère et l'ordre lui-même s'engagent à vivre dans la pauvreté. Les membres gagnent leur vie par le travail manuel et la mendicité. Dans un premier temps, on compte parmi les ordres mendiants les franciscains et les dominicains. Plus tard, on élargit la notion à d'autres ordres, comme les carmes et les augustins

Origène (vers 185-253 ou 254)

Origène est un Père de l'Eglise du 3e siècle dont l'oeuvre théologique et exégétique est très importante. Il naît à Alexandrie vers 185. Son père meurt martyr en 202. Il n'a que 18 ans quand Démétrios, l'évêque d'Alexandrie, lui confie la direction de l'école de catéchèse dans cette ville. Il y enseignera et rédigera ses traités et ses commentaires bibliques jusqu'en 232 environ. A cette date, un conflit avec l'évêque Démétrios l'oblige à quitter Alexandrie pour Césarée où il avait été ordonné prêtre et où il continuera son oeuvre. Son but était l'enseignement de " la vérité de la foi " à partir des Ecritures et la réfutation des courants jugés hérétiques. Il a eu de son vivant une très forte influence sur la constitution de la théologie chrétienne et il a posé les règles de l'exégèse. Emprisonné et torturé pendant la persécution de l'empereur Dèce, il meurt vers 253 des suites des sévices subis. Après sa mort, son oeuvre sera traduite en latin et commentée par ses disciples. Elle reste très vivante jusqu'au 6e siècle, suscitant des confrontations avec la doctrine trinitaire définie par le concile de Nicée. L'empereur d'Orient Justinien condamne Origène et sa doctrine en 543. Du fait de cette condamnation, une grande partie de l'oeuvre en grec d'Origène s'est perdue

Orthodoxie

L'étymologie grecque de ce mot signifie l'opinion (doxa) droite (orthè). C'est l'ensemble des idées ou conceptions traditionnellement admises dans une discipline (art, science, morale...) ou une institution (parti, école, Eglise...). En théologie, ce terme désigne la conformité aux opinions, croyances et doctrines reconnues comme officielles par l'Eglise. Il s'oppose à hétérodoxie (qui s'écarte de la doctrine reçue) et à hérésie. On considère que l'ensemble des Eglises reconnaissent dans les formulations des quatre premiers conciles oecuméniques l'expression orthodoxe de la foi chrétienne.
Mais le mot orthodoxie (ou le qualificatif orthodoxe) a aussi un sens plus précis. Il désigne les Eglises d'Orient, appelées encore Eglises orthodoxes, qui se sont séparées de l'Eglise romaine en 1054 lors du schisme d'Orient. Les Eglises orthodoxes n'acceptent pas l'autorité universelle du pape, ni son infaillibilité.

Œcuménique

Vient d'un mot grec oikoumenê qui signifie " la terre habitée ". Le Nouveau Testament utilise ce mot pour désigner l'empire romain (Luc 2,1, Matthieu 24,14). Est donc œcuménique ce qui a une portée universelle. Ainsi les conciles des premiers siècles de l'Eglise sont appelés conciles œcuméniques car leurs décisions s'appliquaient à l'ensemble de la chrétienté de l'époque. Le mot œcuménique a pris, à partir du 20e siècle, un sens plus spécifique. Il qualifie les relations qui existent entre les différentes Eglises chrétiennes (anglicane, catholique, orthodoxes, protestantes) en vue de leur rapprochement. A différents niveaux (local, national, international...) et sous différentes formes (institutionnelles, doctrinales, spirituelles...), le mouvement oecuménique travaille à la réconciliation et à l'unité des Eglises. Créé en 1948, le Conseil œcuménique des Eglises est une communauté fraternelle d'Eglises, qui regroupe les grandes dénominations chrétiennes, à l'exception de l'Eglise catholique romaine. L'usage du mot œcuménique dépasse aujourd'hui cette seule signification ecclésiale. Certains s'en servent pour évoquer le dialogue des Eglises avec d'autres religions ou pour qualifier tout effort en vue de l'unité entre des personnes ou des groupes humains.

P

Paix d'Augsbourg

Le luthéranisme, à la faveur des princes, a pénétré dans le nord de l'Allemagne. Lors de la paix d'Augsbourg, en 1555, l'Allemagne est partagée entre luthériens et catholiques. Au nom du principe selon lequel les sujets doivent adopter la religion du prince (cujus regio, ejus religio), les deux tiers du pays sont luthériens. Le luthéranisme s'implante aussi rapidement au Danemark, en Norvège, en Suède, en Finlande.

Pascal, Blaise (1623-1662)

Philosophe, mathématicien et physicien. Dès sa jeunesse, Pascal est considéré comme un génie mathématique. A 16 ans, il a écrit un traité sur des cônes ; dès 1642, il travaille à la construction d'une machine à additionner et soustraire. Il découvre à travers des expériences physiques la loi des vases communicants.
En 1646, Pascal rencontre le jansénisme. Il s'ouvre alors à des problématiques théologiques et religieuses En 1654, il fait une expérience spirituelle forte. Il en parle dans son Mémorial. Pascal se retire à plusieurs reprises au monastère de Port Royal. Proche du jansénisme, il soutient par ses Lettres provinciales A.Arnauld contre les attaques de la curie et des jésuites. Pascal y critique leur morale légaliste.
Il peut être considéré comme le premier critique de la science. Il lutte contre une compréhension trop cartésienne de la science et du monde. L'intuition, le sentiment et " la logique du cœur " sont pour lui autant de sources de connaissance. Ses œuvres sont lues et ont influencé beaucoup de penseurs après lui : Kierkegaard, Nietzsche et jusqu'aux existentialistes français. Les Pensées, une apologie du christianisme, restent inachevées.

Pélage, Pélagianisme

Comme pour beaucoup de courants hérétiques, on ne connaît la pensée de Pélage que par ses détracteurs, principalement Augustin. Pélage se trouve à Rome à partir de 380 jusqu'à la prise de la ville par Alaric en 410, date à laquelle il part en Afrique puis en Palestine. C'est un de ses disciples, Célestius, qui met en forme ses idées, tout en les radicalisant. Pélage affirme que l'homme, créature libre, participe à la grâce du Créateur. Il peut ainsi devenir véritable image de Dieu, sans péché, par ses propres forces. Par conséquent, Pélage rejette l'idée de péché originel. Les chrétiens sont donc appelés à devenir des purs au plan moral. La doctrine de Pélage, reprise par ses disciples, reçoit un écho favorable parmi les aristocrates, mais aussi dans les milieux monastiques d'Afrique. L'évêque Julien d'Eclane reprend ses idées. C'est surtout avec ce dernier qu'Augustin entre en discussion polémique

Pères de l'Eglise

Dans l'Antiquité, le maître était souvent désigné comme " Père ". De ce fait, ce nom revient aux évêques, mais on étend ce sens de Père à des écrivains reconnus comme témoins de la tradition authentique de l'Eglise. Sont donc appelés Pères de l'Eglise les théologiens des premiers siècles, jusqu'aux 7e/8e siècles. En patristique (recherche sur les textes des Pères de l'Eglise), on appelle " Pères Apostoliques " ceux qui succèdent directement aux apôtres. Pour les suivants, on distingue entre " Pères latins " et " Pères grecs " selon la langue dans laquelle ils rédigeaient leurs écrits. Par exemple, Jean Chrysostome est un " Père grec ", Augustin un " Père latin "

Pic de la Mirandole (1463-1494)

Philosophe italien appelé le " prince des érudits ". A Padoue, il étudie l'arabe, l'hébreu, l'araméen et s'initie à la Kabbale (courant ésotérique du judaïsme déjà présent dans l'Antiquité, mais dont les principaux ouvrages sont apparus au Moyen Age). Après un séjour en France, il se rend à Florence où il découvre la pensée de Platon et le courant néo-platonicien. L'un de ses ouvrages est condamné par l'Eglise. Déclaré hérétique, il se réfugie en France. De retour à Florence, il se place sous la protection de Laurent de Médicis (le Magnifique). A cette époque, il se lie avec Savonarole. On pense qu'il est mort empoisonné. Dans son oeuvre, il a montré les liens qui existent entre les religions, mais surtout analysé la Bible et interprété le christianisme à partir des théories de la Kabbale

Pierre le Vénérable (1092-1156)

Il entre comme oblat à l'abbaye clunisienne de Sauxillanges. Très jeune, à 20 ans, il devient prieur de Vézelay. En 1122, il est élu abbé de Cluny. Il prend parti avec Bernard de Clairvaux contre l'antipape Anaclet II. Après une visite en Espagne, il s'intéresse à l'Islam (dans le but de pouvoir mieux le combattre !) et il fait traduire le Coran. Quand Abélard sera condamné à Soissons, il le recueillera à Cluny, convaincu de la valeur de ses idées. Il l'appelle " Socrate de France, Platon de l'Occident, notre Aristote "

Placards, Affaire des (1534)

Dans la nuit du 17 octobre 1534, des centaines de petites affiches critiquant la messe sont " placardées " à Paris et dans d'autres villes, jusque dans les appartements royaux. Cet événement va déterminer le roi à réprimer les tenants des idées évangéliques, alors que jusque-là François 1er ne s'était pas opposé à eux. Sa soeur, Marguerite d'Angoulême, protégeait d'ailleurs les humanistes évangéliques. Mais désormais, ils vont être considérés comme de dangereux hérétiques et des blasphémateurs qui perturbent l'ordre public. Commence alors une répression qui se poursuivra pendant 20 ans. Face à la persécution, beaucoup vont s'expatrier, à Strasbourg notamment. D'autres resteront au péril de leur vie. Arrêtés, ils seront condamnés au bûcher (Barthélémy Milon, Etienne de la Forge...)

Platonisme / Néoplatonisme

Le mot platonisme désigne la philosophie de Platon (428-347 av. JC), mais aussi le courant philosophique inspiré ou issu de lui. Cette philosophie est caractérisée par une dualité entre le monde sensible et le monde intelligible, entre les réalités concrètes qui sont de l'ordre de l'apparence et le monde des Idées, formes idéales et objectives qui concernent l'essence des choses. L'âme est appelée à s'élever par degré des apparences multiples, variables, changeantes vers les Idées, modèles immuables, dont le monde sensible n'est que le reflet. L'absolu étant l'Idée de Bien. La philosophie de Platon a eu une grande influence sur la théologie chrétienne. Qu'elle soit attaquée ou passée sous silence elle était généralement connue des chrétiens érudits. Certains ont identifié l'Idée du Bien à Dieu.
On appelle néoplatonisme le mouvement philosophique dont Plotin (204-vers 270) est la figure de proue. C'est une sorte de syncrétisme de la pensée grecque (Pythagore, Aristote et Platon) et de mystique orientale. Pour Plotin, toute chose provient d'un principe ultime, simple, parfait, éternel, immuable, transcendant, inconnaissable qu'il appelle l'Un. Il n'y a pas de principe du mal, ce qui s'en approche le plus c'est la matière. L'influence de Plotin sur la pensée chrétienne commence avec Augustin.

Prédestination

Ce terme vient d'Augustinvoir entrée Augustin. Mais c'est surtout au Réformateur Jean Calvinvoir entrée Calvin qu'on associe ce mot par lequel est désigné un des points essentiels de sa théologie. La doctrine de la prédestination affirme que c'est Dieu qui décide d'avance qui sera sauvé, et il ajoute : qui sera perdu ! Ce qui pour un esprit du 21e siècle est ressenti comme une injustice et une négation de la liberté de l'être humain, ne fonctionne pas de la même manière pour l'être humain du 16e siècle. Au contraire : l'idée que tout est joué d'avance fait tomber l'angoisse. Tout d'un coup, la question : " Qu'est-ce que je dois encore faire pour être sauvé ?" n'a plus de sens. La doctrine de la prédestination dit donc d'abord : tout est fait, on n'y revient plus. Elle s'oppose au système des mérites qui fait croire que l'être humain coopère à son salut, qu'il y est pour quelque chose. La prédestination dit encore autre chose. Elle est en effet souvent liée à un autre terme de la pensée calvinienne : la providence de Dieu. Etymologiquement le mot " providence " vient du latin providere, il exprime la sollicitude de Dieu qui pourvoit au bien de sa création et de ses créatures. Il les protège et les dirige. La foi en la providence permet au croyant d'assumer les défis de sa vie en toute liberté, dans une sérénité lucide, conscient des limites qui lui sont imparties, en sachant que l'ultime, y compris ce qu'il ignore est dans la main bienveillante de Dieu

Presbytérien

Ce terme (du grec presbuteros, ancien) désigne un mode d'organisation et de fonctionnement des Eglise réformées, dans lequel des laïcs (ou Anciens) participent au gouvernement de l'Eglise. A la suite de John Knox, ce terme désigne aussi, dans les pays anglo-saxons, les Eglises de tradition réformée

Prosélyte/Prosélytisme

Ce mot vient du grec prosèlutos qui est lui-même la traduction de l'hébreu ger qui désigne l'étranger installé dans le pays et naturalisé. Il est utilisé dans le Nouveau Testament pour désigner le païen qui est venu s'ajouter au peuple juif en pratiquant sa religion comme le " craignant Dieu " (Actes 10,2,22 ; 13,16), mais aussi en acceptant la circoncision (Actes 2,10 ; 6,5). Aujourd'hui on appelle prosélyte le nouveau converti à une religion, le nouvel adepte d'une Eglise. Le mot prosélytisme a souvent une connotation négative. Il désigne alors l'attitude de personnes, d'Eglises ou de religions qui font preuve d'un zèle intempestif et parfois de méthodes critiquables pour rallier à tout prix les autres à leurs propres convictions. Cela a pu être et est encore en certains lieux une source de tensions et de conflits.

R

Réforme grégorienne

Ce mouvement de réforme a été initié et conduit par le pape et bénédictin Grégoire VII (devenu pape en 1073). Il se bat avec véhémence contre la simonie et le mariage des prêtres, pour la " pureté et la liberté de l'Eglise ". Mais la réforme s'oppose aussi aux droits de l'empereur dans le choix du pape, à l'accès de non-religieux aux postes de dirigeants de l'Eglise, etc. A l'issue de la réforme, les pouvoirs spirituel et séculier sont mieux séparés mais la place prépondérante de la papauté est réaffirmée. La hiérarchie ecclésiale est davantage soudée et placée sous l'autorité ultime centralisée du pape. Le collège des cardinaux et la curie romaine se développent

Règle de foi ou règle de vérité

Irénée de Lyon utilise cette expression pour désigner un bref énoncé où s'exprime l'essentiel de la foi de l'Eglise qui est transmis aux fidèles lors de leur baptême. La terminologie utilisée est encore souple mais elle est généralement structurée autour de l'unicité du Dieu créateur et rédempteur, Père de Jésus Christ, Verbe incarné, qui agit à travers l'Esprit. De ces formules naîtront les symboles de foi

Régulier, séculier

L'adjectif " régulier " vient du mot latin regula (règle) et désigne des religieux liés par une règle monastique. On l'oppose à " séculier ". Cet adjectif vient du mot latin saeculum (siècle, temps présent) et désigne un clerc qui exerce son ministère dans le " siècle ", c'est-à-dire le monde. Il peut être lié par différents engagements religieux mais sans avoir à obéir à une règle monastique. On distingue ainsi le clergé régulier (où le prêtre est moine d'un ordre religieux) du clergé séculier (où le prêtre vit en dehors d'une structure monastique et est directement dépendant de l'évêque du lieu)

Réveil

Le Réveil ou les réveils désignent divers mouvements qui se sont manifestés dans le protestantisme, surtout anglo-saxon, à partir du 18e siècle et jusqu'au début du 20e siècle, qui se proposaient de " réveiller " une foi jugée " endormie ". La conversion de la personne interpellée par une prédication de type émotionnel est centrale. Les réveils se manifestèrent par des mouvements spectaculaires de conversions et un dynamisme dans le domaine de l'évangélisation. Cherchant à réveiller les Eglises existantes, ces mouvements aboutirent plusieurs fois à la formation de nouvelles Eglises (ainsi les Eglises méthodistes ou le Pentecôtisme)

Robert d'Arbrissel (vers 1045-1116)

Né à Arbrissel en Bretagne, Robert est, d'après son biographe, un fils de prêtre (les prêtres séculiers n'étaient pas encore tenus au célibat). A la mort de son père, il devient à son tour curé d'Arbrissel. Vers 1078, il part à Paris pour continuer ses études. Puis il va à Rennes, devient archiprêtre et épaule l'évêque de Rennes dans ses entreprises réformatrices ( Réforme grégorienne). A la mort de l'évêque, il s'enfuit à Angers, et quelques années plus tard, il se retire " au désert " : dans les forêts de l'ouest de la France. Des disciples le rejoignent. Il fonde une abbaye de chanoines à La Roë, en Mayenne. Sur demande du pape Urbain II, il part à nouveau prêcher sur les routes. Des disciples, parmi eux beaucoup de femmes, le suivent. Le groupe se fixe à Fontevrault, à l'est de Saumur. Vers 1101, Robert y fonde un monastère double : hommes et femmes sont strictement séparés et la direction de l'ensemble incombe à une femme. Fin octobre 1115, il choisit Pétronille de Chemillé comme abbesse générale, ayant autorité sur les frères et les soeurs, et sur toutes les maisons de l'ordre (près d'une vingtaine de prieurés du vivant du fondateur). Composée de quatre abbayes qui comptent jusqu'à une centaine d'hommes et près de 500 femmes, la fondation de Fontevrault a la particularité d'avoir toujours été dirigée par une femme. 36 abbesses se succèdent à sa tête jusqu'à ce que les moines et les moniales en soient chassés à la Révolution

Robert de Molesme (vers 1029-1111)

Bénédictin et abbé de Saint-Michel-de-Tonnerre (diocèse de Langres), il fonde le monastère de Molesme en 1075. Ce monastère comme d'autres à l'époque s'enrichit rapidement. Robert cherche alors à revenir vers une discipline plus conforme à la règle de saint Benoît : pauvreté, ascèse, travail manuel... Il se heurte à l'hostilité et à l'indiscipline de la majorité des moines. Il décide de quitter le monastère avec ceux qui approuvent ses idées réformatrices. En 1098, il fonde le monastère de Cîteaux

S

Saint Empire Romain Germanique

D'abord appelé Saint Empire Romain (Sacrum Romanorum Imperium), il désigne à partir du Moyen-Age jusqu'en 1806, les territoires sur lesquels règne l'empereur romain d'Occident et les institutions à travers lesquelles il exerce son pouvoir. Le mot " saint " (sacré), qui apparaît pour la première fois dans le titre en 1157, est la réponse à la désacralisation de l'empereur lors du querelle des Investitures. Du 15e jusqu'au milieu du 16e siècle, on parle du Saint Empire Romain Germanique

Savonarole, Jérôme (1452-1498)

Il appartient à l'ordre des dominicains à Bologne puis devient prieur du couvent San Marco à Florence. Dans cette ville, il prêche la repentance et ses prédications connaissent une grande audience. Il s'impose bientôt comme chef politique. Il instaure un régime théocratique et entreprend un travail de réforme de la constitution, de la justice, des finances, des moeurs. Austère et intransigeant, il va diviser les habitants de la ville et s'opposer au pape Alexandre VI. Excommunié, il sera condamné à mort, pendu puis brûlé

Schisme

Ce terme vient du verbe grec schizein qui veut dire " déchirer ", " fendre " et du substantif schisma " division " " séparation ". Aujourd'hui, dans son usage profane, ce mot s'apparente à celui de division, de dissidence. C'est quitter seul ou avec d'autres un groupe organisé auquel on appartenait. En contexte chrétien, un schisme est une brisure de l'unité de la communauté chrétienne et celle-ci est intervenue très tôt dans les Eglises. Paul exhorte les Corinthiens à ne pas se diviser (1Corinthiens 1,10 ; 11,18 ; 12,25). Les Corinthiens schismatiques suivent d'autres maîtres que le Christ et font souffrir le corps de l'Eglise dont les membres sont écartelés. Dans l'Evangile de Jean le schisme (schisma) est une division provoquée par la parole de Jésus parmi ses auditeurs (les foules Jean 7,43 ; les Juifs Jean 9,16 ; 10,19). Selon le droit canonique catholique, le schisme désigne le refus de se soumettre au pape ou de s'intégrer à l'Eglise rassemblée sous son autorité. Il est puni par l'excommunication. De ce point de vue, on doit distinguer le schisme de l' hérésie qui recouvre une erreur dogmatique ; et le schisme de l' apostasie qui signifie le reniement de la foi, même si, en pratique, ces positions constituent toutes une rupture avec l'Eglise de Rome. Au 4e siècle des courants tels que le donatisme et l' arianisme furent condamnés par des conciles comme schismatiques et hérétiques.

Schismes (Grands)

L'Eglise a connu de nombreux schismes au cours de l'histoire. Les deux principaux sont le Schisme d'Orient (1054) qui a vu la séparation de l'Eglise d'Orient (Eglises orthodoxes) et de l'Eglise d'Occident (Eglise romaine) et le Grand Schisme d'Occident. Ce dernier va durer de 1378 à 1417. Il a pour origine les rivalités entre le pape de Rome et les rois de France. La papauté va s'installer à Avignon puis elle retourne à Rome et finalement il y aura à la fois des papes à Rome et à Avignon. Une première tentative de réunification échoue au concile de Pise (1409). Il faut attendre le concile de Constance (1414-1418) pour obtenir, sous l'autorité de l'empereur Sigismond de Germanie, la réunification de la papauté à Rome avec l'élection de Martin V.

Scolastique / théologie scolastique

Du latin schola qui veut dire " école ". La théologie scolastique est l'enseignement théologique donné au Moyen-Age par les écoles et universités, qui étaient des institutions ecclésiastiques. Elle ne cherche pas à trouver des vérités religieuses, mais à les prouver, à les défendre, à les fonder de manière rationnelle.
La méthode scolastique a été développée de manière déterminante par Pierre Abélard (1079-1142). La scolastique du 13e siècle, en particulier avec Thomas d'Aquin, va devoir prendre en compte des données nouvelles. En effet, on a accès désormais aux écrits d' Aristote concernant les sciences naturelles, à ceux des savants juifs et arabes (Averroès) ; la fondation d'universités ouvre l'enseignement au public laïc ; les franciscains et les dominicains commencent à enseigner en dehors des murs de leurs monastères. Ces trois facteurs mettent la scolastique devant un défi nouveau : " réconcilier " les idées philosophiques et scientifiques avec les dogmes religieux.
Ainsi la scolastique est une forme d'intelligence de la foi qui s'efforce de prendre en compte les différents savoirs humains, en particulier la philosophie, et de les organiser par la raison. Cette expression qui recouvre un important courant de la théologie est parfois utilisée de manière péjorative pour désigner une démarche et une pensée très " scolaires ", pour en dénoncer le formalisme ou en critiquer les subtilités intellectuelles.

Voir l'entrée Bernard de Clairvaux

Septante

Traduction grecque de la Bible hébraïque entreprise par les communautés juives d'Alexandrie en Egypte au 3e siècle av. JC. Elle était destinée aux juifs qui ne connaissaient plus l'hébreu. La légende veut que 72 (septante deux) savants juifs, travaillant en différents lieux et sans se consulter, soient arrivés à la même traduction en 72 (septante deux) jours. D'où le nom de " Septante " que l’on abrège aussi parfois en chiffres romains : LXX.

Servet, Michel (1509-1553)

Né en Espagne, il étudie le droit à Toulouse, la médecine à Lyon et Paris. Il est persécuté aussi bien par les Réformateurs que par l'Eglise romaine. Il considère que la formulation trinitaire de la foi chrétienne reçue des conciles de l'Eglise ancienne (Dieu Père, Fils et Saint-Esprit) n'est pas biblique. Il refuse aussi le baptême des enfants et la prédestination. Il correspond avec Calvin (1546-1547) qui aussitôt condamne ses positions. Dénoncé à l' Inquisition et condamné, Servet s'enfuit. Il est arrêté à Genève où un procès lui est fait pour hérésie. Il est condamné au bûcher par le conseil de la ville, mais Calvin et les pasteurs avaient donné leur accord à la sentence. Cette exécution déclencha une polémique, notamment avec Sébastien Castellion défenseur de la tolérance religieuse

Simonie/simoniaque

La simonie désigne la vente ou l'achat, voire le trafic de charges ecclésiastiques. Le droit canon le réprouve et prévoit une punition. On rencontre toutefois cette pratique couramment dans l'histoire de l'Eglise.
L'expression vient d'un épisode biblique (Actes 8,9-24) : Simon, un magicien, se convertit à la foi chrétienne. Il propose ensuite d'acquérir par de l'argent la capacité de faire venir l'Esprit Saint en imposant les mains. Les apôtres le reprennent sévèrement.

Simons, Menno (1494-1561)

Théologien d'origine hollandaise, il est l'une des figures emblématiques de l' anabaptisme au 16e siècle. Curé catholique, il quitte l'Eglise romaine et se fait rebaptiser. C'est le début d'une vie d'itinérance au cours de laquelle il prêche et baptise. A partir de 1535 et la fin dramatique du " Royaume de Münster ", il s'efforce de réunifier les groupes anabaptistes et de leur donner un caractère pacifique. Il a donné son nom à l'une de leurs expressions : les Mennonites. Ils se caractérisent par la pratique du baptême des adultes, le refus de porter les armes et de prêter serment. Aujourd'hui des Eglises mennonites existent dans tous les continents. Ils comptaient environ 857 000 membres en 1990. Les Amishs, rendus célèbres par le film " Witness ", en sont issus

Stoïcisme

Ecole philosophique fondée par Zénon (335-264 av. JC à Athènes). Celui-ci enseignait au portique du Pécile (en grec stoa poïkilê d'où le nom " stoïcisme "). Ce courant a connu trois périodes représentées en particulier par Sénèque (4 av. JC.-65 ap. JC), Epictète (vers 50-vers 127 ap. JC.) et Marc-Aurèle (121-180 ap. JC). Pour le stoïcisme, l'univers n'est pas seulement matière, il est vivant. Le pneuma, c'est-à-dire le souffle, le parcourt entièrement. Le stoïcisme est dirigé par l'idée de destin et de providence. Le Logos, qui est la raison universelle divinisée, régit et organise la vie du monde et des humains. Une étincelle en est déposée en chaque être humain, elle constitue son âme. Il existe une loi naturelle commune à tous les hommes. Il faut donc vivre selon sa nature et selon la nature afin d'atteindre la paix de l'âme (apathie). Des exercices sur soi permettent d'y parvenir. Le stoïcisme est à la fois reconnaissance fataliste de l'ordre cosmique et effort sur soi-même.
Le stoïcisme a offert à la théologie chrétienne des ressources pour construire sa réflexion (Clément, Origène...). Par exemple l'idée de Logos, de filiation unique de l'humanité, de loi naturelle universelle, rendent acceptables en un sens chrétien une phrase comme " suivre la nature, c'est suivre Dieu ".

Succession apostolique

L'expression " succession apostolique " désigne, de manière large, la continuité de l'apostolicité de l'Eglise c'est-à-dire sa fidélité à l'enseignement originel posé par les apôtres. Mais cette expression s'entend souvent, de manière plus étroite, d'une succession historique d'évêques remontant sans interruption jusqu'aux apôtres. Dans la doctrine officielle de plusieurs Eglises (Eglise catholique romaine, Eglises orthodoxes, Eglise anglicane...), l'ordination d'un évêque, pour être valide, nécessite l'imposition des mains par un autre évêque, inscrit lui-même dans cette succession historique par l'imposition des mains reçue lors de sa propre ordination. Par contre, pour les Eglises luthériennes et réformées, l'apostolicité de l'Eglise n'est pas garantie par la continuité historique de la succession à travers le ministère épiscopal de l'Eglise, mais par la fidélité au message des apôtres

Suso, Henri (vers 1295 - 1366)

Henri Suso (Heinrich Seuse) naît à Constance ou à Überlingen en 1295 (1300?) et meurt à Ulm en 1366. Il entre chez les dominicains à l'âge de 13 ans. De 1322 à 1324, il est l'élève de Maître Eckhart à Cologne. Autour de l'année 1326, il rédige le Livret de la vérité pour défendre la théologie mystique de Maître Eckhart en la distinguant de celle des frères et sœurs du Libre Esprit. Ce qui lui vaut d'être rappelé à l'ordre par le chapitre général des dominicains de 1330. En 1343/1344, il est prieur du couvent de Constance qui déménage à Diessenhofen. Il est profondément marqué par la mystique de Maître Eckhart et sa théologie porte les traits d'une mystique de l'Imitatio Christi

Synode

Mot grec, sunodos, qui veut dire " route commune ", " cheminer ensemble ". Il désigne une assemblée de représentants légitimes d'Eglise. L'institution synodale se met en place à partir du 2e siècle pour régler un certain nombre de crises ou conflits. Les participants sont généralement des évêques mais aussi des prêtres, des diacres et des laïcs. Les synodes ont lieu au niveau d'une province ou d'une région ecclésiastique. Avant le schisme d'Orient, il n'y a pas de différence de nature entre synode et concile mais une simple différence de langue. Ainsi on parle aussi de conciles régionaux ou locaux. Par contre, à partir de Constantin (empereur romain de 306 à 337), ces assemblées ecclésiales deviennent une instance officielle de l'Empire Romain, et bien évidemment c'est le mot latin concilium qui va s'imposer. Depuis le Moyen Age, le terme concile est réservé aux assemblées de l'Eglise universelle et celui de synode généralement aux assemblées régionales.
Dans les Eglises orthodoxes, le synode (local, provincial, patriarcal, oecuménique) est le seul organe de décision authentique. Il exprime ce que vivent et croient toutes les Eglises locales (doctrine, liturgie, vie spirituelle...). Le synode ne comprend pas que des évêques, mais ceux-ci ont la primauté. Dans l'Eglise catholique romaine, le synode (diocésain, provincial, épiscopal...) reste soumis aux instances hiérarchiques, notamment aux décisions des conciles convoqués par le pape. Il n'a, par rapport à elles, qu'une fonction consultative.
La synodalité, sous différentes formes, a connu dans les Eglises protestantes un développement important et spécifique, en réaction contre l'exercice centralisé et hiérarchique du pouvoir dans l'Eglise romaine. Dans le protestantisme luthérien et réformé français, les synodes sont des assemblées où ministres et laïcs, délégués par les Eglises locales, décident des orientations à donner à la vie de l'Eglise dans les domaines théologique, liturgique, financier, éthique... Le synode manifeste le lien de communion qui unit les Eglises locales entre elles. Il rend visible la réalité de l'Eglise sur le plan régional et national.

T

Taborites

Du nom de la ville de Tabor en Bohême méridionale (actuelle République tchèque). Les plus radicaux des disciples de Jan Hus, fuyant Prague, s'y replient en 1420 et la déclarent " ville élue ". Ils prennent alors le nom de taborites

Tauler, Jean (vers 1300 - 1361)

Né vers 1300 à Strasbourg dans une famille aisée, il entre chez les dominicains à l'âge de 14 ou 15 ans. Une de ses soeurs, Greda, entrera aussi quelques années plus tard dans un couvent de dominicaines. Tauler a dû rencontrer personnellement Maître Eckhart, soit pendant ses années d'études à Strasbourg, soit pendant son séjour de six ou huit ans à Cologne. Il en deviendra un disciple fervent avec Henri Suso et est considéré comme l'un des représentants de la mystique rhénane

Templiers

Officiellement, leur souci était de protéger les pèlerins se rendant à Jérusalem. On leur octroie un terrain situé sur les ruines du Temple de Salomon. Ils deviennent ainsi les Chevaliers du Temple : les Templiers.
En 1127, le pape Honorius II convoque à Troyes un concile qui consacre l'existence officielle de l'Ordre et, surtout, qui lui assure une indépendance totale, morale et financière, par rapport aux souverains temporels. Ordre international, les Templiers ne rendent compte de leurs agissements qu'au Pape. Ce concile leur donne également des statuts fixant leur mode de vie, leur hiérarchie et crée une nouvelle catégorie, celle de " moine-soldat ".

Théocratie

Le mot vient du grec theokratia qui veut dire " autorité/pouvoir de Dieu ". Il s'agit d'une forme de gouvernement où le pouvoir, considéré comme venant de Dieu, est exercé par des prêtres ou par des ministres de l'Eglise ou par un souverain divinisé (ou appelé fils de Dieu). Dans l'Orient Ancien, l'Egypte et Israël, tel qu'il est décrit dans l'Ancien Testament, sont des formes de théocratie. A l'époque moderne, le Tibet a été jusqu'en 1950 une théocratie. Il faut distinguer la théocratie du césaropapisme, forme de gouvernement dans lequel l'empereur prétendait imposer sa domination à tous les souverains et surtout au pape. On peut parler de césaropapisme chaque fois que le pouvoir politique s'approprie le pouvoir religieux, devenant ainsi généralement un pouvoir absolu. Toutefois, la théocratie comme le césaropapisme sont parfois confondus dans la réalité, parce qu'ils participent d'un même monde où religion et politique sont imbriqués et non séparés

Thomas d'Aquin (1225 ou 1226-1274)

Philosophe et théologien scolastique. De naissance noble (sa famille fait partie de l'aristocratie napolitaine), il est oblat de 1230 à 1235 à l'abbaye bénédictine du Mont-Cassin. A partir de 1239 il fait ses études à Naples et entre en 1243 chez les dominicains malgré le désaccord de sa famille. En 1245, il devient disciple d' Albert le Grand à Paris. Ses études vont l'amener aussi, de 1248 à 1252, à Cologne. Il enseigne à Paris, Orvieto, Viterbe et Rome. De 1269 à 1272, il est à nouveau à Paris et à partir de 1272 à Naples. Il meurt pendant son voyage pour le Concile de Lyon. Alors qu'à la suite des croisades, l'Occident retrouve les œuvres perdues d'Aristote qu'avait conservées la civilisation arabe, Thomas d'Aquin va tenter de faire la synthèse de la philosophie d'Aristote et du christianisme. Thomas d'Aquin développe ainsi l'orientation d'Albert le Grand : une synthèse globale entre foi et savoir, révélation et raison, théologie et philosophie. Son œuvre culmine dans la Somme théologique, écrite entre 1266 et 1273 et non achevée. Sa doctrine est critiquée par l'école des franciscains. La critique va aboutir en 1277 à la condamnation de sa doctrine. Mais dès 1309, elle est réintégrée comme doctrine officielle de l'ordre des dominicains. La canonisation de Thomas d'Aquin en 1323 et sa promotion comme " Docteur de l'Eglise " en 1567 ont garanti, du point de vue institutionnel, l'influence de sa doctrine.

Tiers Ordre

Le mot désigne un groupe de personnes qui se sentent proches d'une spiritualité particulière et qui en vivent certaines modalités tout en restant laïcs. Les grands ordres, bénédictins, dominicains, franciscains, etc. ont généralement un Tiers Ordre. L'engagement dans le Tiers Ordre est ouvert à des femmes et des hommes, mariés ou non

Transsubstantiation

Ce mot signifie qu'après leur consécration, et tout en gardant leur aspect extérieur, les espèces eucharistiques (pain ou hosties et vin) sont transformées en corps et sang du Christ de sorte que le Christ est réellement présent dans les espèces. D'où la notion de " présence réelle " que les théologiens vont utiliser pour qualifier le type de présence du Christ dans la cène. La transsubstantiation est la doctrine catholique officielle depuis le 4e Concile du Latran de 1215.

Trinité

Même si les textes de l'Ancien Testament ou du Nouveau se servent des notions de Père, de Fils et d'Esprit pour dire comment Dieu se révèle, la doctrine de la Trinité en tant que telle ne s'y trouve pas. Elle a été formulée et est devenue la doctrine officielle de l'Eglise au cours des premiers siècles (concile de Nicée en 325 et 1er Concile de Constantinople en 381), non sans débats et conflits. Elle cherche à dire l'unicité de Dieu se manifestant aux croyants sous différentes formes. On parle de Dieu en trois " personnes " : le Père, le Fils et le Saint Esprit. Pour bien comprendre le sens de cette formulation, il ne faut pas perdre de vue que ses racines sont à la fois liées à la religion juive et à la philosophie grecque. Au cours des siècles, cette doctrine a été régulièrement contestée par des théologiens qui se considéraient pourtant chrétiens, par exemple Michel Servet au 16e siècle ou aujourd'hui les Eglises unitariennes

V

Valdo, Pierre (vers 1135-1215)

Aux 12e et 13e siècles, plusieurs mouvements réformateurs font leur apparition, avec pour idéal un retour aux pratiques et à la simplicité de l'Eglise primitive. L'un des plus importants de ces mouvements est celui des Pauvres de Lyon, appelés communément Vaudois, du nom de son inspirateur, Vaudès ou Valdès. L'usage a retenu la forme italienne de ce patronyme : Valdo. Ce riche bourgeois de Lyon connaît la double vocation de pauvreté et de prédication. Il quitte son métier, sa famille, sa cité, regroupant à ses côtés un certain nombre de partisans pour mener avec eux la vie communautaire des premiers chrétiens. Méprisés par les uns comme des sortes de fous, injuriés comme prêchant l'Evangile sans autorisation, les Vaudois progressent quand même et se dispersent dans les régions les plus diverses : Dauphiné, Languedoc, Provence, Italie du Nord, Lorraine, Allemagne, jusqu'en Bohême où serait mort Valdo. Interdite par l'archevêque de Lyon, condamnée par le concile du Latran, l'oeuvre de Valdo se poursuit malgré de nombreuses persécutions. Les Vaudois choisissent en 1532 d'adhérer à la Réforme. Une Eglise vaudoise s'est constituée en Italie et dans le Rio de la Plata (Argentine et Uruguay)

Valentin

Venant d'Egypte, Valentin a fondé sa propre école à Rome aux alentours de 140. Sa pensée n'est connue qu'à travers son détracteur Clément d'Alexandrie. Il ne subsiste de son oeuvre que quelques fragments, à partir desquels il est difficile de reconstituer sa théologie. D'après ces rares écrits, Valentin apparaît comme un théologien biblique influencé par le platonisme. Mais il ne s'écarte guère des frontières encore mal tracées de l'orthodoxie chrétienne. Ce sont les disciples de Valentin, ou des penseurs venant d'autres horizons qui élaborent vraiment la doctrine de la gnose chrétienne

Vaudois

Ce mouvement tire son nom de celui de son fondateur : un certain Pierre Valdovoir entrée Valdo (Valdès ou Vaudès) qui vécut à Lyon à la fin du 12e et au début du 13e siècle. Vers l'an 1170, il vendit tous ses biens pour vivre dans la pauvreté et se consacrer à la prédication de l'Evangile. Lui et ses compagnons, " les pauvres de Lyon ", reçurent d'abord l'autorisation de prêcher, mais elle leur fut assez vite retirée par le pape. Accusés d'insoumission à l'autorité et de schisme, ils furent excommuniés et chassés de Lyon (1182), condamnés comme hérétiques (1184). Cela n'empêcha pas le mouvement de se développer dans le Sud de la France, en Italie, dans les pays germaniques, en Bohême (avant Jan Husvoir entrée Hus). En 1532, au Synode de Chanforan (Italie), les Vaudois décident de se rallier à la Réforme. Ils constituent aujourd'hui l'une des principales Eglises protestantes d'Italie

Viret, Pierre (1511-1571)

Réformateur suisse. Comme Calvin, il étudie au Collège Montaigu à Paris. Pendant 40 ans, il exerce le ministère pastoral en Suisse : Orbe, Payerne, Neuchâtel, Genève puis Lausanne. Il participe à la Dispute de Lausanne en 1536 et à la controverse avec Caroli. Il a les mêmes convictions théologiques et ecclésiologiques que Calvin, le même goût pour la discipline ecclésiastique. En 1559, suite à divers conflits, il doit quitter Lausanne et séjourne à Genève jusqu'en 1561. Il s'en va soudainement de cette ville. Soit pour des raisons de santé soit parce que la collaboration avec Calvin et Bèze était difficile du fait qu'il avait une conception plus " démocratique " qu'eux du pouvoir dans l'Eglise. Il séjourne alors en France : Nîmes, Montpellier, Lyon, ville où il préside le synode national des Eglises réformées (1563). Chassé, il trouve refuge dans le Béarn, où il a été appelé par Jeanne d'Albret, reine de Navarre, et où il meurt en 1571

Vulgate

Du latin vulgatus, répandu. On désigne ainsi la traduction latine de la Bible par Jérôme (vers 347-419). Il travaille à partir des anciennes versions latines de la Bible, mais aussi des textes hébreu et grec. C'est d'abord le pape Damase qui lui demande en 383 une révision du texte latin des évangiles. Puis, à partir de 390, Jérôme entreprend la traduction de l'Ancien Testament. Cette version ne s'imposa que tardivement, à partir du 7e siècle. Elle devint la version officielle de la Bible, reconnue par l'Eglise catholique, en 1546 au Concile de Trente

W

Wyclif, John (1324-1384)

Après des études à Oxford, il devient professeur en 1361. Il prend position contre le pape pour défendre les intérêts nationaux. Il déclare que l'Eglise n'est pas la propriétaire de ses biens mais simplement l'intendante. Il réclame la sécularisation des biens du clergé. Il est appelé à comparaître en 1377 devant un tribunal d'évêques à la cathédrale Saint Paul de Londres. Grâce au duc de Lancastre et malgré une audience houleuse et un début d'émeute populaire, il est acquitté. Il continue à réclamer une réforme de l'Eglise : il attaque la confession obligatoire, les pénitences, les indulgences, le système de gouvernement dont le pape est le chef. Mais surtout Wyclif veut mettre la parole de Dieu à la portée de tous. Il traduit donc la Bible en langue anglaise, multiplie les sermons et les traités et organise un corps de prédicateurs itinérants. Il a pour devise : " Je crois que la vérité finira par triompher "

Z

Zwingli, Huldrych (1484-1531)

C'est le principal Réformateur de la Suisse Alémanique. Après des études latines à Berne, il fréquente les universités de Vienne et de Bâle. Il est influencé d'abord par la pensée d'Erasme. Ordonné prêtre en 1506, il étudie avec ferveur le Nouveau Testament. En 1519 il est curé de Zurich et amorce en 1522 la réforme de cette ville. A la première Dispute de Zurich, il fait triompher les idées évangéliques. On les trouve exposées dans la Brève instruction chrétienne. Il abolit la messe en 1525. Ayant réformé l'Eglise de Zurich, il contribue à l'expansion de la Réforme en Suisse alémanique. Il participe à la Dispute de Berne, à l'issue de laquelle les Bernois touchés par ses arguments décident d'adopter la Réforme. Ce qui entraîne le rattachement au protestantisme du pays de Vaud et de plusieurs villes romandes situées dans la zone d'influence bernoise. Accompagnant comme aumônier les troupes zurichoises qui se battent contre les troupes des cantons restés attachés au catholicisme, il est tué à la bataille de Cappel. Ce sera la fin de l'expansion évangélique dans les cantons alémaniques. Tout au long de sa vie, Zwingli va mener trois combats. D'abord contre l'Eglise romaine dont il conteste les enseignements au nom d'une étude savante et approfondie des Ecritures bibliques. Contre Luther auquel il s'oppose vivement à Marbourg en 1529 à propos de la cène où pour lui le Christ est présent dans les cœurs par son Esprit. Contre les anabaptistes, il maintient le baptême des petits enfants en relation avec le thème biblique de l'alliance. Zwingli " apparaît comme le véritable père du courant réformé. On trouve chez lui la plupart des thèmes essentiels que reprendra et développera ensuite Calvin : la souveraineté absolue de Dieu, la prédestination, la différence radicale entre le Créateur et les créatures, l'alliance, l'importance de l'Esprit, la théologie comprise comme connaissance de Dieu et de l'homme, la nécessité d'une lecture savante de la Bible selon les méthodes humanistes, l'organisation ministérielle de l'Eglise, la critique de l'anabaptisme. " (André Gounelle)

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