Les vaudois d'hier à aujourd'hui

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Aujourd'hui les Vaudois sont moins de 30 000 en Italie : une moitié vit dans les vallées du Piémont. 120 églises pour 103 pasteurs -dont 17 femmes- qui ont été formés à la Faculté de théologie de Rome. L'Eglise évangélique vaudoise gère plusieurs écoles et oeuvres diaconales, dont le centre d'Agape à Riesi : lieu de réconciliation oecuménique. 14 000 Vaudois forment l'Église évangélique vaudoise du Rio de la Plata en Uruguay et en Argentine, qui a son origine dans l'émigration du 19e siècle. Dans son organisation, l'Eglise vaudoise est basée sur deux principes protestants : la responsabilité de chaque Eglise locale et celle de l'assemblée des Eglises locales ou synode dans le gouvernement de l'Eglise. L'Eglise vaudoise d'Italie est aujourd'hui unie avec les Eglise méthodistes pour former l'Eglise valdo-méthodiste d'Italie.


Les " Quatre Articles "

Dans ce texte Wyclif demande : l'abolition des vœux monastiques, l'abolition de l'exemption des taxes fiscales pour le clergé et ses biens, la suppression des dîmes et offrandes imposées, la prédication de la pure doctrine de Jésus-Christ sur l'eucharistie.
Un tribunal ecclésiastique condamne Wyclif qui, abandonné par la noblesse à la suite d'une révolte paysanne dont il n'est pas responsable, se retire dans sa paroisse de Lutterworth (Leicestershire). Là, il peut achever un grand traité, le Trialogus. Entre d'autres idées hardies pour l'époque, il place la Bible au-dessus de l'Eglise. Wyclif a beaucoup lutté mais sans être fortement persécuté. Il n'en sera pas de même pour ses disciples et pour sa dépouille mortelle qui est condamnée par le concile de Constance (1415) à être exhumée et brûlée. Ce qui fut fait un peu plus tard.


Wyclif (1324-1384)

Après des études à Oxford, il devient professeur en 1361. Il prend position contre le pape pour défendre les intérêts nationaux. Il déclare que l'Eglise n'est pas propriétaire de ses biens mais simplement l'intendante. Il réclame la sécularisation des biens du clergé. Il est appelé à comparaître en 1377 devant un tribunal d'évêques à la cathédrale Saint Paul de Londres. Grâce au duc de Lancastre et malgré une audience houleuse et un début d'émeute populaire, il est acquitté. Il continue à réclamer une réforme de l'Eglise : il attaque la confession obligatoire, les pénitences, les indulgences, le système de gouvernement dont le pape est le chef. Mais surtout Wyclif veut mettre la parole de Dieu à la portée de tous. Il traduit donc la Bible en langue anglaise, multiplie les sermons et les traités et organise un corps de prédicateurs itinérants. Il a pour devise : " Je crois que la vérité finira par triompher ". En 1382, Wyclif présente au roi et au Parlement les " Quatre Articles ".


Une décision significative

A Chanforan, on décide de recueillir des fonds (1500 écus) pour faire traduire et imprimer la Bible en langue française. On se rend compte qu'une situation aussi nouvelle exige de nouveaux instruments de témoignage et que les vieilles traductions en " langue vaudoise " ne correspondent ni aux exigences de l'époque ni aux récentes recherches sur les textes. On confie l'entreprise à Pierre Robert, dit Olivétan, parent de Calvin, qui achève son travail après des mois de labeur acharné dans une localité des Alpes dont le nom ne nous est pas parvenu. Calvin en écrit la préface. Le résultat de ce travail colossal, c'est la réalisation de la célèbre Bible d' Olivétan, la première Bible réformée, imprimée à Neuchâtel en 1535.


Assemblée de Chanforan, adhésion des Vaudois à la Réforme (1532)

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C'est une sorte d'assemblée constituante qui se tient en 1532 à Chanforan dans le Piémont. Malgré la prudence, voire les réserves du courant vaudois traditionaliste attaché au passé et grâce sans doute à la présence de Guillaume Farel, les Vaudois décident d'adhérer à la Réforme. Pour eux, il ne s'agit pas de devenir protestants (les Eglises protestantes n'existent pas encore en 1532 !), dans le sens d'une adhésion à une confession rigidement définie sur le plan du dogme et des structures, mais de s'insérer dans un mouvement religieux en développement. Cela dit c'est un tournant important. " C'est toute la théologie et la spiritualité du mouvement vaudois médiéval dont certains aspects étaient encore proches de la piété catholique, qui sont refondues sur le moule d'une théologie plus biblique. " (Giorgio Tourn). Ce climat de renouveau théologique est propice à une décision significative.


Premiers contacts avec la Réforme

Intéressé par les idées réformatrices qui circulent, le Chapitre général vaudois décide en 1526 d'envoyer des émissaires dans le nord des Alpes pour juger de la situation. Ils rencontrent Guillaume Farel à Aigle. Quatre ans plus tard, le Chapitre de Mérindol envoie une nouvelle mission exploratoire qui va à Berne, Bâle et Strasbourg. Les délégués vaudois vont avoir des entretiens avec Oecolampade et Bucer. Ceux-ci expriment un jugement positif sur la théologie et la spiritualité vaudoises. Ils lui reconnaissent un caractère profondément biblique et évangélique, tout en formulant quelques réserves. Ils craignent avant toute chose les mouvements sectaires comme les anabaptistes qui poussent le message luthérien jusqu'à ses extrêmes conséquences, en proposant comme modèles des communautés de croyants parfaits. Les Vaudois ont en effet un point commun avec ce courant anabaptiste : la nette séparation des pouvoirs civils et religieux.


Le mouvement s'organise

Cinquante ans après la conversion de Valdo, le mouvement vaudois en Lombardie est organisé. Il ne s'agit plus d'un groupe d'hommes et de femmes réunis par des convictions spirituelles, mais d'une communauté qui s'est donné un programme et qui a un projet à réaliser. Désormais une sorte de hiérarchie s'est installée avec des diacres, des anciens, des évêques. En Lombardie, c'est l'ancien qui est la figure centrale du groupe, ailleurs, dans le Midi de la France par exemple, c'est le majoralis (le majeur, le premier) qui en forme le noyau. A partir du 15e siècle, les Vaudois utilisent le mot " barbe " pour désigner leurs ministres. On considère généralement que ce mot dérive du latin du Bas-Empire et indique l'oncle maternel. Dans les dialectes lombards, il désigne une personne âgée, expérimentée et aussi, parfois, l'oncle. Ce pourrait être alors indirectement un terme polémique qui s'oppose à celui de " père " (employé pour le curé) alors qu'il est dit " n'appelez personne sur la terre votre père, car un seul est votre Père " (Matthieu 23/9). " Les "barbes" du 15e siècle ne sont plus seulement des artisans qui parcourent le monde pour garder le contact entre les groupes de la diaspora tout en exerçant un métier comme l'avaient fait les ministres vaudois des siècles précédents. Au 15e siècle les barbes sont de véritables maîtres de foi, de vie, et de culture aussi ; ils propagent la littérature vaudoise, recueillent des sermons, composent des poèmes. On ne saurait naturellement les comparer aux grands humanistes qui furent leurs contemporains ! Leur bibliothèque est aussi modeste que peut l'être celle d'un homme continuellement par monts et par vaux, mais elle est de bonne qualité. Les barbes sont en mesure de lire des oeuvres de théologie en latin et de les traduire ; ils étudient les mathématiques et juste ce qu'il faut de médecine et de botanique pour leur permettre d'être un tant soit peu guérisseurs " (Giorgi Tourn). Les jeunes Vaudois qui se préparent à être barbes ont une formation rigoureuse, en particulier en accompagnant un barbe plus âgé et expérimenté dans ses voyages pendant plusieurs années.


Les Vaudois et les Hussites

Des liens étroits ont existé entre le mouvement vaudois et le mouvement hussitevoir entrée Hus. Au point même que les Vaudois du Dauphiné ouvrirent une souscription en faveur des taborites en guerre. Et au début du 16e siècle un groupe de Vaudois de Paésana, dans la haute vallée du Pô, s'attendait d'un instant à l'autre à être libéré par le roi de Bohême ! Pour autant les hussites n'acceptèrent pas toutes les thèses vaudoises et les Vaudois ne renoncèrent pas davantage à leurs propres positions. Le mouvement hussitevoir entrée Hus a fourni aux Vaudois une culture théologique devenue indispensable aux nouvelles générations. L'influence hussite fut un réconfort et même un renouvellement pour la diaspora vaudoise. Le théologien tchèque Amedeo Molnar a forgé un terme très expressif pour désigner cette solidarité missionnaire de la chrétienté non romaine au 15e siècle. Il l'appelle " l'Internationale valdo-hussite ". Les " barbes " sont les agents de ce renouveau vaudois.


Développement du mouvement vaudois à travers l'Europe

Au milieu du 13e siècle, les Pauvres lombards doivent quitter les villes d'Italie septentrionale pour les zones rurales. Ils vont s'installer dans les vallées des Alpes qui s'ouvrent au sud du Montgenèvre. Cette région deviendra un des centres les plus importants du mouvement vaudois et plus tard le seul refuge de l'Eglise vaudoise. L'Inquisition s'installe de part et d'autre des Alpes vers 1290. Les Pauvres lombards vont propager aussi le valdéisme sur les terres allemandes et slaves. Il est difficile de suivre leur progression vers le nord. Les documents vaudois sont très rares. Seule la documentation des inquisiteurs qui les pourchassent apporte des éléments. On sait ainsi que la vallée du Danube a été un lieu important de diffusion des idées vaudoises. Vers 1266, on y compte une quarantaine de communautés et leur " évêque " a établi sa résidence à Anzbach en Basse-Autriche. Vers la fin du 14e siècle, deux inquisiteurs, Martin de Prague et Pierre Zwicker organisent une répression de grande envergure. En 1381 en Bavière, l'année suivante à Erfurt. En 1382 elle touche le Brandebourg et plus exactement Stettin, puis en 1395 la Styrie. En 1392, l'Inquisition rédige une liste de douze responsables : on y trouve des Polonais, des Hongrois, des Tchèques, des Bavarois, des Autrichiens et des Grisonnais, ce qui témoigne de l'extension de la diaspora vaudoise sur les terres de l'Empire. On signale des Vaudois en Suisse, contraints d'abjurer à Berne puis à Fribourg en 1399. En 1410 et 1404 ce sont deux localités hongroises, Sopron et Buda, qui sont frappées. Les inquisiteurs sont en Slovaquie en 1403. La Bohême enfin fut une terre de diffusion intense, la présence vaudoise y étant liée à l'immigration allemande à la recherche de nouvelles terres à défricher. La Flandre est aussi en rapport avec l'histoire vaudoise par des traces ambiguës. Ainsi, l'adjectif " vaudois " dans cette région est non seulement synonyme d'hérétique, comme partout ailleurs (ce n'est pas par hasard que Jeanne d'Arc fut condamnée comme " vaudoise "), mais il devient aussi l'équivalent de sorcier. " Aller "à la vauderie" signifie participer aux rencontres nocturnes avec les sorcières pour leur sabbat et y adorer le diable sous forme d'un bouc. En 1459-1460, la ville d'Arras fut au centre d'une grosse affaire d'hérésie qui prit le nom de "Vauderie d'Arras", l'accusation étant précisément celle de " vauderie" dans le sens flamand, c'est-à-dire de sorcellerie " (Giorgio Tourn). On trouve des exemples comparables dans le Dauphiné. Les Vaudois du Languedoc, malgré la répression de l'Inquisition n'ont pas totalement disparu. L'inquisiteur Pierre Sellan en découvre deux cents à Montauban entre 1241 et 1242. Des documents datant du milieu du 13e siècle témoignent de la présence de Vaudois à Auch, Narbonne, Nîmes. A la même époque, la Haute Provence enregistre une migration de Vaudois. On connaît l'existence de groupes vaudois dans le Luberon vers la moitié du 14e siècle. Des familles entières y sont accueillies et y vivent en cachette venant du Dauphiné et du Piémont. Ainsi les Vaudois d'Italie et ceux du Midi de la France traversent aux mêmes époques les mêmes vicissitudes.


Arnaud de Brescia (1100-1155)

Ce moine, disciple d'Abélard, va être contraint à se déplacer fréquemment entre l'Italie, la France, la Suisse, à cause des idées qu'il professe. Elles sont en effet vigoureusement combattues par les théologiens officiels. En particulier Bernard de Clairvaux qui, par deux fois, le fait expulser de France. Arnaud est un esprit agité, porté à la controverse, qui critique vigoureusement le clergé, le luxe et la corruption de l'Eglise, son fonctionnement. C'est lui qui, le premier, a avancé l'idée d'une séparation du pouvoir religieux et du pouvoir politique et a oeuvré pour lui donner réalité. Sans doute influencé par la mentalité " patarine ", il mène une vie exemplaire de pauvreté. Ce qui le rend crédible auprès du peuple. Vers 1147, à Rome, il prend la tête d'un mouvement insurrectionnel. Cette " Commune " dure une dizaine d'années grâce à son sens de l'organisation et à sa capacité à convaincre. Le pape Eugène III (1145-1153) est obligé de fuir. Il déclare Arnaud schismatique en 1148, puis hérétique en 1152 et doit faire appel à son ennemi, l'empereur Frédéric Barberousse, pour en venir à bout. Les partisans d'Arnaud (les " arnaldistes ") sont écrasés par les troupes impériales en 1155. Arnaud réussit à quitter la ville pour la Toscane, mais il est livré à l'empereur qui l'emprisonne et le fait brûler vif. Les disciples de ce religieux révolutionnaire ne disparaissent pas. Ses idées non plus. Elles vont, pour une part, nourrir le mouvement des Pauvres lombards qui entretiendra des relations avec les Pauvres de Lyon et s'unira à eux en 1218. Le Concile de Vérone, en 1184, a condamné ensemble les disciples d'Arnaud et les Vaudois.


Patarins

Apparu en Lombardie, dans le prolétariat urbain, c'est certainement le plus ancien mouvement de Pauvres. De nombreux historiens (Christine Thouzellier, Tadeusz Manteuffel) pensent qu'il remonte au 11e siècle, peut-être lié à l'action d'un clerc, Ariald, qui combat dans les années 1056-1057 les pratiques immorales du clergé (concubinage, luxe, simonie...). Ce nom de " Patarins " correspondrait à l'appellation de " chiffonniers " ou viendrait de leur propension à réciter des Pater Noster. Ils vivent en bordure des grandes villes, notamment à Milan. Ils critiquent la richesse du monde ecclésiastique séculier ou régulier et exaltent l'état de pauvreté. Ils se révoltent, parfois violemment, contre les injustices criantes, ce qui entraîne des répressions sévères de la part des autorités. L'enracinement théologique de la contestation des Patarins est faible, c'est surtout devant la misère sociale qu'ils se dressent. Ce mouvement populaire reste peu organisé, ses revendications circulent sourdement parmi les plus pauvres et, de temps en temps, des insurrections naissent. Il en restera, dans cette région, une mentalité " patarine " qui ressurgira pour une part dans le mouvement d'Arnaud de Brescia.


L'évolution de la situation

Après la conquête des Lieux saints au 7e siècle, les Arabes sont en général tolérants à l'égard des pèlerins. Ils respectent les édifices de Jérusalem, la Ville sainte. Ainsi le calife Haroun al-Rachid entretient des rapports amicaux avec Charlemagne à qui il remet les clés du Saint-Sépulcre. Certes les pèlerins doivent payer pour connaître le privilège de voir les Lieux saints, mais la situation est acceptable jusqu'au début du 11e siècle. Toutefois en 1009 le Saint-Sépulcre et beaucoup d'églises sont détruits par les Arabes. Dès lors les rapports entre chrétiens et Arabes deviennent tendus. Les pèlerinages sont rendus difficiles. Aussi lorsque l'empereur d'Orient demande de l'aide, l'Occident se sent d'autant plus concerné. Pour les chrétiens qui partent vers l'Orient, il s'agit de réparer une injustice, de libérer les frères chrétiens douloureusement brimés. Il n'est pas question pour eux de conquête, mais de délivrance et de reconquête. Il y aura sept croisades vers les Lieux Saints.


Croisades

La foi ardente des chrétiens du Moyen Age, mais aussi leur superstitions et la confusion entre politique et religieux, expliquent bien des aspects des Croisades. Les pèlerinages en Terre sainte sont de vastes mouvements populaires et militaires qui témoignent de cette foi (non sans de cruelles ambiguïtés) : il s'agit de mieux connaître et imiter son Seigneur en allant sur les lieux où il a vécu. Les Croisades vont aussi permettre un affermissent temporel et spirituel de la papauté. Mais c'est surtout l'évolution de la situation des Lieux saints qui va déterminer les Croisades. Le mot croisade désigne aussi, plus généralement, une action d'envergure menée pour combattre les hérétiques, ainsi la croisade contre les Albigeois.


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