A

Anabaptisme

On désigne de ce nom un mouvement réformateur du 16e siècle, appelé aussi " Réforme radicale " ou " aile gauche de la Réformation ". Poussant à l'extrême les principes réformateurs, les anabaptistes prônent une rupture totale avec l'Eglise de leur temps et un retour au christianisme primitif. Ils seront appelés " rebaptiseurs " (c'est l'étymologie du mot " ana-baptistes ") par leurs adversaires car refusant le baptême des enfants, ils baptisent à nouveau les adultes qui se convertissent. Ils récusent également toute forme d'alliance entre l'Eglise et les autorités politiques. Plusieurs formes différentes d'anabaptisme apparaissent presque simultanément au 16e siècle. En Suisse, c'est un mouvement non-violent. En Autriche, il prend une forme communautaire. En Allemagne, on les appelle (illuminés). Pour ceux-ci, il existe une révélation qui dépasse l'Ecriture, une " illumination " directe par des visions et des songes. Ils croient que le temps du jugement est arrivé et que le Royaume de Dieu va bientôt devenir une réalité visible. En Allemagne (1525) et en Hollande (1535) les anabaptistes élaborent une utopie socio-politique révolutionnaire qui sera réprimée dans le sang

Arminianisme

Initié par Jacobus Arminius (1560-1609), d'abord pasteur à Amsterdam puis professeur de théologie à Leyde, l'arminianisme est une position théologique hostile à une certaine compréhension de la doctrine calvinienne de la prédestination. Arminius s'oppose à l'idée d'un décret éternel de réprobation. Il estime une telle prédestination sans fondement biblique et contraire à l'universalité de la proclamation de grâce de Dieu.

Assemblée

Avant la Révocation de l'Edit de Nantes (1685), on appelait assemblée la réunion " politique " des délégués des Eglises réformées discutant des affaires publiques concernant " ceux de la Religion " avec les représentants du pouvoir royal. Après la Révocation et pendant les persécutions, ce mot désigne la réunion clandestine de protestants, hommes, femmes, enfants, dans un lieu naturel isolé (carrière, clairière) où étaient écoutés pasteurs ou prédicants, et où était célébré le culte interdit

B

Baptiste

Les baptistes pratiquent uniquement le baptême d'adulte. Car, selon eux, ce n'est que celui ou celle qui confesse personnellement sa foi à Jésus-Christ qui peut être accueilli dans la communauté des croyants. Ce qui exclut les nourrissons et petits enfants. Parce qu'il est intimement lié à une éthique, l'engagement de la foi se traduit par des actes concrets au quotidien. Ainsi, les baptistes sont par exemple souvent membres de mouvements pacifistes et refusent le service militaire. Martin Luther King faisait partie de l'Eglise baptiste

Barth, Karl (1886-1968)

Karl Barth est né à Bâle le 18 mai 1886. Il fait des études de théologie en Suisse et en Allemagne. D'abord proche de la théologie libérale, sa pensée et sa théologie vont ensuite se développer en opposition à cette pensée. Son Commentaire de l'Epître aux Romains, publié en 1922, dans lequel il insiste sur la distance entre l'homme et Dieu, manifeste ce changement radical. A partir de là, Barth va situer Dieu résolument en dehors de l'être humain, comme le " Tout Autre ". Sa Dogmatique, rédigée de 1932 à 1967, est emblématique de la théologie dialectique. Depuis toujours engagé dans la politique, proche des Socialistes religieux, puis membre du Parti social-démocrate allemand, il est conduit dans les années 30 à s'opposer aux " Chrétiens allemands " qui se soumettent à la doctrine nazie de la pureté de la race. Sous son influence, l'Eglise confessante (qui résiste à la falsification de la doctrine chrétienne par l'idéologie raciste du nazisme) organise la résistance. En 1934, c'est lui qui est le principal rédacteur de la Déclaration de Barmen qui prend ses distances vis-à-vis des autorités national-socialistes de l'Eglise du Reich. En 1935, Barth est licencié de son poste à Bonn pour avoir refusé de prêter serment à Hitler. Il est expulsé d'Allemagne, se réfugie à Bâle où il enseigne. Il retrouve son poste à Bonn en 1946/47. En 1948, il participe à la première Assemblée mondiale du Conseil Oecuménique des Eglises à Amsterdam. A la fin de sa vie, Barth collabore aux mouvements qui luttent contre la prolifération des armes atomiques. Il meurt à Bâle en 1968. Il est l'un des théologiens les plus marquants du 20e siècle

Bayle, Pierre (1647-1706)

Ecrivain et érudit né au Carla (aujourd'hui Le Carla-Bayle, Ariège) en 1647, mort à Rotterdam en 1706. Formé à Genève, il est professeur d'histoire et de philosophie à l'Académie protestante de Sedan jusqu'en 1681, puis s'établit à Rotterdam où il enseigne la philosophie. En 1693 Jurieu le fait destituer de sa chaire. Il se consacre alors à l'écriture de son Dictionnaire historique et critique (1696-97) qui connaît 10 éditions avant 1760. Esprit libre et critique, il s'attaque à tout, en particulier au dogme et à l'autorité, et recherche les faits et l'authenticité

Bucer, Martin (1491-1551)

Né en 1491 à Sélestat en Alsace, Martin Bucer entre dans l'ordre des Dominicains à l'âge de quinze ans. Il est gagné à la Réforme par Luther au cours de la dispute de Heidelberg (1518). Excommunié, il s'enfuit à Wissembourg en Alsace où il prêche l'Evangile. Pourchassé à nouveau, il trouve refuge à Strasbourg (1523). Il y est nommé prédicateur en 1524. En 1529, la ville passe à la Réforme. Quand Calvin arrive dans cette ville (1538), Bucer y travaille depuis quatorze ans déjà : il a eu le temps d'organiser une Eglise selon les idées réformatrices dont maints caractères seront repris à Genève quand Calvin y retournera. Ce qui caractérise Bucer, c'est son sens de l'unité. Il travaillera en vain à des compromis entre les positions de Luther et de Zwingli sur la cène, ou à des accords avec les anabaptistes et même avec les théologiens catholiques (colloques de 1540-1541). Sur ordre de Charles-Quint, il doit quitter Strasbourg (1549). Il se réfugie à Cambridge où il enseignera jusqu'à sa mort. Il contribuera à réviser le Prayer Book.

C

Calvin, Jean (1509-1564)

Réformateur français né à Noyon. Il a une formation d'humaniste, étudiant les lettres, la philosophie, le droit, l'hébreu, le grec, la théologie en divers lieux universitaires (Paris, Orléans, Bourges). En 1533, il adhère aux idées de la Réforme qu'il va, dès lors, inlassablement et de toutes sortes de manières, diffuser. En 1534 il est obligé de quitter la France pour Bâle où il rédige la première édition de l'un de ses ouvrages majeurs l'Institution de la Religion Chrétienne. Il ira ensuite à Genève (1536), à Strasbourg (1538), puis à nouveau Genève (1541) où il jouera un rôle théologique et politique très important. Exégète, enseignant, prédicateur, sa pensée rigoureuse fut largement diffusée en France dans les années 1540-1550. Elle va contribuer à l'édification d'une Eglise réformée en France, dont le premier synode se tient en 1559 à Paris. La confession de foi et la discipline ecclésiastique qui y furent adoptées sont l'une et l'autre directement inspirées par lui

Cantor

Chantre chargé du chant liturgique ou de la direction des musiciens, dans certaines grandes églises ou écoles allemandes

COE

Conseil oecuménique des Eglises : titre officiel de l'organisme que les anglophones nomment World Council of Churches (WCC). Créé en 1948 à Amsterdam, il regroupe aujourd'hui près de 350 Eglises anglicanes, orthodoxes et protestantes, soit plus de 500 millions de chrétiens

Concordat

Un concordat est un traité de droit international passé entre le Saint-Siège et un Etat. Il réglemente toutes les questions touchant aux activités et aux intérêts de l'Eglise catholique dans cet Etat. Historiquement, les concordats sont devenus nécessaires dès que le pouvoir temporel s'est distingué du pouvoir spirituel, à la fin de la chrétienté médiévale. Le 19e siècle marque une nouvelle ère concordataire, les Etats étant pour la plupart autonomes vis-à-vis de l'Eglise catholique et pour beaucoup d'entre eux laïques ou déconfessionnalisés. Le concordat de 1801 conclu entre Bonaparte et Pie VII est caractéristique de cette époque. Il est associé aux Articles organiques de 1802 qui concernent tous les cultes en France, ce qui explique l'existence d'Eglises protestantes dites " concordataires ". Il a été dénoncé par le gouvernement français en 1904 mais il subsiste en Alsace-Moselle, qui était sous autorité allemande en 1904

Confession de foi / Symbole

La confession de foi est un texte de référence qui exprime la doctrine de l'Eglise. Elle a pour but de maintenir une prédication fidèle de l'Evangile. Elle reformule la foi dans un temps et des circonstances précises. Les confessions de foi classiques de l'Eglise ancienne sont intitulées " symboles " et ont souvent une fonction liturgique

Congrégationaliste

Les congrégationalistes sont attachés à une organisation de l'Eglise en communautés locales autonomes les unes vis-à-vis des autres. Attachés à l'autonomie de l'organisation religieuse, ils refusent une Eglise d'Etat ou une structure nationale de l'Eglise imposant ses décisions aux Eglises locales

D

Désert

Le " Désert " est à la fois une réalité physique et une réalité spirituelle. La réalité physique désigne l'ensemble des lieux cachés (grottes, ravins, forêts,...) où les protestants vont célébrer leur culte dans la clandestinité à la suite de la Révocation de l'Edit de Nantes. La réalité spirituelle est en lien étroit avec l'évocation du désert dans la Bible. En effet, suite à la sortie d'Egypte (livre de l'Exode dans la Bible), les Hébreux ont traversé pendant quarante ans le désert, lieu de tribulations, de tentations et de désespoirs, mais aussi lieu où se fait entendre la Parole de Dieu

Diacre

Le mot diacre vient du grec diakonos qui veut dire serviteur. On les mentionne dans le Nouveau Testament, dans les Actes des Apôtres (chapitre 6 et suivants). Ultérieurement dans l'Eglise, il s'agit d'hommes mariés qui sont là pour le service des plus démunis dans la communauté. Aujourd'hui, dans les différentes confessions chrétiennes, le ministère du diacre recouvre différentes tâches concrètes (tâches diaconales, travail avec les jeunes, participations à la liturgie, célébrations variées,)

Dialectique, théologie

La théologie dialectique se construit dans une tension jamais résolue entre la promesse de Dieu et la faiblesse humaine. On dit de la théologie dialectique qu'elle est une théologie de la crise (étymologiquement, crise veut dire " jugement ") car la révélation de Dieu en Christ met en jugement l'humanité, qui ne peut recevoir son salut que d'un Autre qu'elle-même. La théologie dialectique s'oppose à la théologie libérale qui insiste au contraire sur la possibilité pour l'homme, par ses capacités propres, de progresser dans tous les domaines et de s'approcher de Dieu

Discipline

Au sens large, ce terme désigne la règle de conduite commune aux membres d'une collectivité permettant de vivre dans l'ordre et l'harmonie. Dans l'Eglise, ce mot évoque " la règle de vie des disciples ". Elle est constituée par les lois qui régissent l'organisation et le fonctionnement internes de l'Eglise ainsi que la correction des moeurs. Elle ne fut pas d'emblée acceptée sans discussion dans l'Eglise réformée de France. Ses 40 articles, déclarés modifiables, lors du 1er synode de 1559, sont déjà 222 en 1661 ! Ils posent l'égalité entre toutes les Eglises locales, la hiérarchie des ministères (pasteurs, anciens, diacres, maîtres d'école...) la liste des sacrements (baptême, cène), et définissent les compétences des consistoires, colloques, synodes provinciaux, et synode national. On l'appelle aussi droit ecclésial. Elle permet aux chrétiens de vivre ensemble en fidélité à la volonté de Dieu. C'est dire que les dispositions de la discipline ne sont pas simplement des règlements administratifs. Ils sont en fait la traduction concrète des convictions théologiques qui fondent la vie communautaire. Calvin écrit : " Comme la doctrine de notre Seigneur Jésus est l'âme de l'Eglise, ainsi la discipline est en elle comme les nerfs sont en un corps, pour unir les membres et les tenir chacun en son lieu et ordre ". Pour les Eglises protestantes, en particulier les Eglises réformées, la discipline est une réalité importante et nécessaire, même si elle est toujours seconde et subordonnée à la Parole de Dieu. C'est pourquoi une discipline ne doit pas être figée, ni sacralisée, mais elle appelle constamment des adaptations et des révisions

Dogme

Vient d'un verbe grec dokein qui signifie croire, décider et qui a donné dogma : opinion ou décision. Dans l'usage théologique actuel, le dogme désigne une vérité que l'Eglise pose comme devant être crue. Mais cette notion ne s'est imposée qu'à partir du siècle des Lumières, remplaçant les expressions " articles de foi " ou " vérités de foi "

E

Eglise anglicane

L'Eglise d'Angleterre est née de la rupture d'Henri VIII avec le pape Clément VII qui lui avait refusé l'annulation de son mariage. Mais c'est son successeur, Edouard VI, qui va amener l'Eglise d'Angleterre vers la Réforme. Une nouvelle liturgie, le Prayer Book (Livre de prière), est adoptée en 1549. Sa 2e édition (1552) est fortement marquée d'une empreinte protestante, sous l'influence notamment de Bucer. Mais l'anglicanisme ne s'installe véritablement que sous le long règne d'Elisabeth 1e (1558-1603) qui fut excommuniée en 1570. Un exposé de la foi, les Trente-Neuf Articles, d'inspiration protestante, paraît en 1571. C'est aujourd'hui encore la base doctrinale de l'anglicanisme : affirmation de l'autorité des Ecritures, reconnaissance de deux seuls sacrements : le baptême et la cène, possibilité de mariage pour les ministres du culte. Aujourd'hui les femmes peuvent être ordonnées prêtres et évêques, ce qui a suscité des tensions vives au sein de la Communion anglicane et avec l'Eglise romaine. La tradition anglicane garde toutefois encore bien des aspects du catholicisme : hiérarchie, formes liturgiques, succession apostolique historique.
L'anglicanisme ce n'est pas seulement l'Eglise d'Angleterre, c'est 70 millions de fidèles partout dans le monde

ERF

Eglise réformée de France

Eschatologie

Du grec eschatos, dernier, et logos, discours. Il s'agit de la compréhension des " choses dernières ", " des derniers temps ", de " la fin du monde ". Israël a toujours été tourné vers l'avenir, et l'Ancien Testament parle de ce temps où Dieu rétablira la justice et la paix. Dans le Nouveau Testament, Jésus annonce que le Royaume de Dieu est déjà là. Mais ce Royaume ne sera réalisé qu'à la fin des temps quand le Christ reviendra

Ethique

Ce mot est souvent confondu avec celui de morale dont il est proche. L'un et l'autre désignent ce qui permet de déterminer les finalités de la vie humaine, ce qui est bien et mal, bon et mauvais, juste et injuste. On peut toutefois les distinguer en désignant du terme " morale " les dispositions et prescriptions concrètes (dont le moralisme est la forme extrême) et du terme " éthique " les orientations ou convictions générales permettant à chacun de s'orienter dans ses comportements

F

FPF

Fédération protestante de France

G

Gounelle, Elie (1865-1950)

Né dans une famille méthodiste du Gard, Elie Gounelle fait preuve dès ses études de théologie à Montauban d'un souci d'ouverture au monde ouvrier. Après avoir rencontré le pasteur Tommy Fallot (1844-1904), il adhère au Mouvement du christianisme social. Pasteur à Alès puis à Roubaix, Gounelle ouvre en plein quartier ouvrier une Solidarité, première de toute une série, lieu d'expérimentation d'action sociale et de théologie. Il adhère à l'Union des socialistes chrétiens, aile gauche du christianisme social. Il est chargé de la direction de la revue du Mouvement : le Christianisme Social. Pendant la première guerre mondiale, il est aumônier, puis pasteur de paroisse à Saint Etienne jusqu'en 1935. Pendant cette période, il participe à la conférence oecuménique du Christianisme pratique, et met tout en oeuvre pour donner de la cohérence au Mouvement du christianisme social en France, divisé en tendances parfois divergentes. Outre de nombreux articles parus dans le Christianisme social, il écrit plusieurs ouvrages définissant la pensée sociale chrétienne. Cette pensée repose sur la notion de " salut intégral de l'humanité ", où le salut individuel ne peut se dissocier du salut social, et sur la notion de Royaume de Dieu, caché par le péché mais en devenir.

H

Harnack, Adolf von (1851-1930)

Théologien protestant, historien, philologue et éditeur des Pères de l'Eglise, Adolf von Harnack est successivement professeur de théologie à Leipzig, Giessen, Marbourg et Berlin. Il cherche à montrer l'unité entre christianisme et culture et pose " l'Evangile comme seule base de toute culture morale ". Comme historien de l'Eglise, il donne beaucoup d'impulsion à la recherche. Il est l'auteur d'une oeuvre monumentale concernant l'histoire du christianisme ancien. Il publie en trois volumes l'Histoire de la littérature du christianisme primitif et, surtout, l'Histoire des dogmes en trois volumes (1886-1890)

Historico-critique

La lecture et l'étude historico-critiques de la Bible visent une approche rigoureuse des textes bibliques. Ainsi, elle met en oeuvre plusieurs méthodes scientifiques : la critique textuelle vise à l'établissement des textes ; la critique littéraire s'intéresse à la formation des textes et de leur origine ; la critique des formes analyse les genres littéraires, la critique de la rédaction s'intéresse à la composition des textes et aux traditions (écrites ou orales) qu'ils transmettent

Huguenots

Ce mot, qui est utilisé parfois pour désigner les protestants, a une étymologie controversée. Il apparaît à Genève en 1536 et vient vraisemblablement d'une déformation de l'allemand Eidgenossen, les fédérés. Des Genevois voulaient en effet s'allier aux Bernois pour défendre le protestantisme. En France, le mot a pu s'amalgamer avec d'autres sobriquets, au point d'être employé péjorativement par les catholiques. Au 16e siècle, les protestants se l'approprièrent, et il prit alors une coloration politique (le " parti huguenot "). Après la Révocation de l'Edit de Nantes (1685) le terme désigna, jusqu'à aujourd'hui, les protestants qui trouvèrent asile dans les pays dits du Refuge (Suisse, Allemagne, Angleterre, Pays-Bas...). En France, certains protestants sont attachés à ce mot pour exprimer leur fidélité au protestantisme historique

Hus, Jan (vers 1370-1415)

Jan Hus naît vers 1370 à Husinec en Bohême méridionale dans une famille rurale pauvre. Doué pour les études et avide de promotion sociale, il se rend à Prague, où il étudie les lettres puis la théologie. En 1398, il obtient sa licence d'enseignement en théologie. Nommé professeur à l'Université, il entre en contact avec le mouvement de réforme et subit l'influence de Wyclif. En 1400, il est ordonné prêtre. L'année suivante, il est nommé doyen de la Faculté des Arts et Lettres de Prague. En 1402, il devient curé, sans charge de communauté, à la chapelle de Bethléem. Il s'illustre par une prédication évangélique et sociale, dénonçant les vices des laïcs et les profits du clergé. En 1409, il commence à être accusé de ne pas dénoncer Wyclif et de contester l'autorité du pape. Élu recteur de l'Université, il participe à sa réorganisation, et devient le chef du mouvement réformateur. En 1411, il subit l'interdit du pape qui s'étend sur toute la ville. Dans des disputes universitaires, des prédications, des publications, il se lance dans la controverse contre les indulgences. En 1412, alors que des émeutes éclatent à Prague et qu'il est menacé d'excommunication, Hus s'exile en Bohême du sud où il développe une intense activité littéraire. En 1413, il publie son grand ouvrage De ecclesia censuré à Prague, Paris et Constance. En 1414, il se rend au concile de Constance pour y défendre sa cause. Il poursuit une correspondance avec les fidèles de la chapelle de Bethléem et approuve la communion sous les deux espèces. En juillet 1415 il refuse d'abjurer devant le concile qui le condamne, le dégrade de ses titres sacerdotaux et le remet à l'autorité civile pour être exécuté sur le bûcher (6 juillet).

J

Jurieu, Pierre (1637-1713)

Il étudie la théologie à l'Académie de Sedan. A partir de 1658, il poursuit ses études en Hollande puis en Angleterre où il est ordonné dans l'Eglise anglicane. Il est ensuite ordonné pasteur en France. Il est nommé professeur à l'Académie de Sedan en 1674. Lorsque celle-ci est fermée, il s'exile en Hollande où il est à la fois professeur de théologie et pasteur. Après la Révocation de l'Edit de Nantes, il va se brouiller avec Pierre Bayle. En effet, ce dernier demeure attaché au loyalisme des protestants à l'égard du pouvoir politique. Jurieu, au contraire, s'allie avec l'Angleterre protestante contre le roi de France qui, selon lui, a trahi le contrat passé avec son peuple. Il s'attachera à soutenir le moral des Réformés persécutés en France, notamment par ses Lettres pastorales adressées aux fidèles de France qui gémissent sous la captivité de Babylone

K

Knox, John (vers 1505-1572)

Il a implanté en Ecosse une Réforme très influencée par la pensée de Calvin. Après des études universitaires à Glasgow, il se destine à la prêtrise. Mais les idées de la Réforme sont déjà connues en Ecosse. Il y adhère après l'étude de la Bible et des textes d'Augustin. Fait prisonnier au siège de Saint-André, il est condamné aux galères du roi de France, allié du roi d'Angleterre. Libéré au bout d'un an, il retourne en Angleterre (1549). Mais sous le règne de la très catholique Marie Tudor, il est obligé de s'exiler. Il fait trois séjours à Genève où il se lie avec Calvin. Knox est dans cette ville le pasteur de l'Eglise anglaise. Il la dote d'une liturgie directement inspirée de la Forme des prières de Calvin, qui sera plus tard la liturgie de l'Eglise écossaise. De retour en Ecosse (1559), il y établit la Réforme. Quand Marie Stuart devient reine, il tient tête à la souveraine catholique. Peu à peu se met en place ce qui allait devenir l'Eglise presbytérienne d'Ecosse

L

Libéral

On désigne par ce terme le courant théologique qui relativise l'importance du dogme et met en avant l'aspect existentiel et éthique de la foi. Issu de la pensée des Lumières, il insiste sur l'importance du libre examen de la raison et sur la libre adhésion du coeur. Il s'appuie sur une lecture historico-critique de la Bible. Il s'oppose à tout autoritarisme dans le domaine de la foi, au cléricalisme et au dogmatisme. En France au 19e et au début du 20e siècles, il est très proche de la Libre Pensée. Il agit dans le sens de la séparation de l'Eglise et de l'Etat et lutte pour la liberté des consciences

Luther, Martin (1483-1546)

Réformateurvoir entrée Luther allemand né et mort à Eisleben. Moine, prêtre, docteur en théologie, professeur d'exégèse biblique, il était habité par une intense quête spirituelle concernant le salut. En travaillant l'épître aux Romains il découvre ce qui sera le coeur de son oeuvre et de la Réforme protestante au 16e siècle, le message du salut par la seule grâce de Dieu, en dehors des mérites de l'homme. En 1517 il rédige " 95 thèses " où il développe cette affirmation et dénonce la vente des indulgences. Déclaré hérétique en 1518, il est excommunié et mis au ban de l'Empire à la Diète de Worms en 1521. Il trouve alors un appui auprès des princes allemands. Auteur d'une oeuvre théologique considérable et traducteur de la Bible en allemand, il a pris part aux débats de son temps (controverse avec Erasme, attitude lors de la Guerre des Paysans...). Il a résisté à toute forme de désordre ecclésial et a commencé à poser les bases d'une Eglise " luthérienne "

M

Martyr

Le mot martyr, en grec martus, veut d'abord dire simplement " témoin ". Mais il a ensuite été associé à la réalité de la persécution. Dès les premiers siècles, les chrétiens qui mourraient pour ne pas avoir renié leur foi étaient appelés martyrs car il s'agissait pour eux d'un " témoignage " de leur foi face au pouvoir de l'empereur. On désigne aussi de ce mot tous les chrétiens qui au long des siècles ont été victimes des pouvoirs religieux ou politiques, à cause de leurs convictions de croyants. Ainsi les Réformés français, persécutés, pourchassés et exécutés pour avoir voulu témoigné jusqu'au bout de leur foi face à l'absolutisme du pouvoir royal

Ministère

Etymologiquement, le mot " ministre " signifie " serviteur " et " ministère " " service " (avec, au départ, une notion d'infériorité : la même racine a donné " moins " ou " mineur " !). La Réforme, reconnaît des ministères divers que tout membre de l'Eglise peut théoriquement exercer, mais qui sont confiés durablement ou temporairement à ceux qui sont aptes à les accomplir. Le ministère de la Parole est confié à des " ministres " formés et reconnus par la communauté. Au 16e siècle, le terme de " ministre " ou de " serviteur " désigne les pasteurs (terme qui ne deviendra courant qu'au 19e siècle). Aujourd'hui encore, ce terme est l'appellation officielle pour les pasteurs de l'Eglise réformée de France

Monod, Wilfred (1867-1943)

Né dans une famille de pasteurs, Wilfred Monod fait des études de philosophie, puis de théologie. Il voyage beaucoup pendant ses études. Il découvre les questions sociales dans ses premières paroisses : dans le Calvados, puis à Rouen. Il obtient son doctorat en théologie en 1901, sa thèse s'intitulant : Le Royaume. Il est pasteur à l'Oratoire (Paris) en 1907, au coeur des débats entre orthodoxes et libéraux et il devient le président de l'Union dite de Jarnac. Il est titulaire de la chaire de Théologie pratique à la faculté protestante de théologie de Paris jusqu'en 1937. W.Monod est une personnalité contradictoire, piétiste mais socialiste. Pour lui, le seul christianisme authentique est à la fois spirituel et social. Sa pensée traduit la difficulté qu'il y a à tenir l'équilibre entre les exigences de la piété et celles du social. Comme pour Elie Gounelle, le Royaume de Dieu est la notion centrale qui doit commander et la réflexion théologique et l'action sociale

Morave

Le mouvement des Frères Moraves, fondé en 1457 à Kunwald en Bohême et organisé en " Union des Frères " vers 1470, doit beaucoup à Jan Hus (1368-1415). Les Frères Moraves pratiquent la mise en commun des biens, élisent leur clergé et rejettent la hiérarchie officielle. Exilés en Bohême en 1548, ces précurseurs de la Réforme du 16e siècle s'installent en Moravie et jouent dès lors un rôle important dans la culture nationale tchèque, surtout en traduisant la Bible en langue vulgaire (" Bible de Kraslice ").
Parmi les figures illustres du moravisme, on trouve le comte de Zinzendorf.

Mouvement international de la Réconciliation

L'objectif fondamental du MIR est de contribuer à la mise en oeuvre d'une résolution non-violente des conflits interpersonnels, intercommunautaires et internationaux. Cette non-violence active s'inspire de l'Evangile et s'enrichit de la pensée et de l'expérience de grands acteurs de paix tels que Gandhi et Martin Luther King, qui était lui-même membre du MIR

Mystique

Ce mot peut désigner des expériences spirituelles variées. Il est souvent utilisé de manière abusive. Il recouvre au sens strict tous les courants et méthodes qui visent à une rencontre directe entre l'être humain et le divin/Dieu. Cette rencontre peut avoir les traits d'une union, voire d'une fusion. La tradition chrétienne souligne l'importance d'une telle expérience personnelle avec Dieu. Elle met toutefois en garde contre tout ce qui tendrait à effacer la dimension d'altérité et fusionnerait l'être humain et Dieu en une seule réalité

N

Non-conformiste

Terme emprunté de l'anglais non-conformist, admis par l'Académie Française en 1688. Il signifie, historiquement, celui qui n'appartient pas à l'Eglise établie, l'Eglise anglicane, qui est donc un dissident. Couramment, le non-conformiste est une personne faisant preuve de liberté vis-à-vis des usages communs dans tous les domaines (éthique, esthétique, philosophique, etc.)

O

Ordonné

L'ordination est un rite liturgique par lequel on affecte une personne au service de Dieu. Le mot " ordonné " signifie que la personne rejoint un " ordre ", celui des prêtres par exemple

Orthodoxe (au sens théologie)

De deux mots grecs orthos : " ce qui est droit " et doxa : " l'opinion, l'enseignement, la doctrine ". C'est l'ensemble des idées ou conceptions traditionnellement admises dans une discipline (art, science, morale...) ou une institution (parti, école, Eglise...). Le terme " orthodoxie " peut donc être traduit par " la droite doctrine ". On appelle " orthodoxie " l'ensemble des opinions, considérées comme " droites et vraies " par la fraction dominante d'une Eglise (et par extension de toute organisation) et enseignée officiellement

Orthodoxie

On désigne ainsi au 19e siècle et au début du 20e le courant théologique (opposé au courant libéral) qui anime les Eglises protestantes attachées à la doctrine telle qu'elle est confessée dans le Symbole des apôtres, la Confession de foi de La Rochelle et les Confessions successives de l'Eglise réformée, d'où le nom d'orthodoxe. La nécessité d'une rédaction nouvelle de la Confession de foi peut être reconnue, mais de toutes façons l'adhésion personnelle de chaque fidèle à la confession de foi est exigée. A l'extrême elle devient même condition de salut

P

Païen

La TOB a choisi de traduire le mot grec qui signifie « nation » (ethne, racine que l’on retrouve dans « ethnique ») par « païens ». Certaines traductions parlent de « gentils » du latin gens signifiant « nation ». Dans les lettres de Paul, ces mots « gentils » ou « païens » désignent tous les non juifs. Il ne faut donc pas prendre le terme « païens » dans le sens, souvent péjoratif, de non chrétien ou idolâtre.

Paix d'Augsbourg

Lors de la paix d'Augsbourg, en 1555, l'Allemagne est partagée entre luthériens et catholiques. Au nom du principe selon lequel les sujets doivent adopter la religion du prince (cuius regio, eius religio), les deux tiers du pays sont luthériens. Les sujets qui refusent de changer de confession, doivent émigrer vers un territoire qui corresponde à leur conviction religieuse. Mais cela ne concerne que les couches sociales qui ont la possibilité matérielle de se déplacer : classe aisée, artisans, commerçants, employés... Les paysans propriétaires sont contraints à la sédentarité

Piété/Piétisme

La piété désigne la dévotion, l'attachement aux devoirs et pratiques religieuses, avec une nuance de ferveur dans le langage courant. Ce mot a donné son nom à un courant important qui a touché et marqué fortement le protestantisme : le piétisme. Il vaudrait d'ailleurs mieux parler des piétismes car il y a une grande diversité à l'intérieur de ce mouvement. Dès les 17e et 18e siècles, s'opposant à un christianisme de routine et au dogmatisme théologique, il insiste sur un " Réveil ", une " conversion " de chaque croyant, sur une vivification spirituelle de la vie de l'Eglise et sur une transformation du monde en vue du Royaume du Christ. Il développe la vie communautaire (" communautés de réveillés ") mais tend aussi à développer une pratique centrée sur l'individu (introspection, insistance sur la conversion personnelle et la régénération). Il a suscité de nombreuses productions artistiques et littéraires, et marque encore une partie de la piété protestante. Certaines formes du piétisme ont aussi donné naissance à des oeuvres diaconales

Prédestination

Ce terme vient d'Augustin. Mais c'est surtout au Réformateur Jean Calvin qu'on associe ce mot par lequel est désigné un des points essentiels de sa théologie. La doctrine de la prédestination affirme que c'est Dieu qui décide d'avance qui sera sauvé, et il ajoute : qui sera perdu ! Ce qui pour un esprit du 21e siècle est ressenti comme une injustice et une négation de la liberté de l'être humain, ne fonctionne pas de la même manière pour l'être humain du 16e siècle. Au contraire : l'idée que tout est joué d'avance fait tomber l'angoisse. Tout d'un coup, la question : " Qu'est-ce que je dois encore faire pour être sauvé ?" n'a plus de sens. La doctrine de la prédestination dit donc d'abord : tout est fait, on n'y revient plus. Elle s'oppose au système des mérites qui fait croire que l'être humain coopère à son salut, qu'il y est pour quelque chose

Prédicant

Après la Révocation de l'Edit de Nantes, quand les Eglises protestantes ont été contraintes à la clandestinité et que le corps pastoral formé en théologie était dispersé, des hommes non reconnus officiellement comme pasteurs, portaient spontanément la Parole de Dieu aux assemblées clandestines du Désert, soit en lisant des textes interdits édités à l'étranger, soit en commentant des versets bibliques selon leur inspiration. Ces prédicants, courageux mais souvent exaltés, persuadés d'être conduits par l'Esprit Saint, n'hésitaient pas, dans leurs pérégrinations pour entretenir " la flamme de la vraie foi " au péril de leur vie (et au péril de la vie de ceux qui les écoutaient), à exagérer le côté apocalyptique (annonçant la fin des temps) d'un temps de réelle persécution

Presbytérien

Ce terme (du grec presbuteros, ancien) désigne un mode d'organisation et de fonctionnement des Eglises réformées, dans lequel des laïcs (c'est-à-dire des fidèles non-pasteurs) appelés Anciens participent au gouvernement de l'Eglise. A la suite de John Knox, dans les pays anglo-saxons, les Eglises de tradition réformée sont appelées " presbytériennes "

Prophète

Le mot " prophète " vient du grec prophètès, qui signifie " celui qui s'avance (pro) pour parler (phèmi) ". Dans certains textes bibliques, il est parfois nommé " voyant " ou " visionnaire ". Son rôle consiste moins à prédire l'avenir qu'à interpréter les événements qui lui sont contemporains à la lumière de la volonté divine

Puritain

Le mot " puritain " (vient du verbe purifier) désigne un mouvement protestant de la fin du 16e siècle et au début du 17e siècle. Purifier constamment l'anglicanisme de ses restes de catholicisme, telle pourrait être la définition de base du puritanisme. Il surgit pour tenter de dépasser le compromis entre réformés et catholiques. Il réaffirme la seule souveraineté de Dieu sur les individus et la société. Ainsi il crée l'Eglise des purs dans l'Eglise de la multitude. Cette exigence de pureté les mène à rejeter tout ce qui ne se laisse pas directement déduire de la Bible. Les puritains refusent ainsi la plupart des caractéristiques du cérémonial anglican : vêtements de cérémonie, surplis, orgues, génuflexions...qualifiés de popish pomp and rags (splendeurs et chiffons papistes). Ils insistent sur l'importance de sermons simples, tirant leur inspiration des images de la Bible et de la vie quotidienne

Q

Quakers

Les Quakers, ou la Société des Amis, est un mouvement religieux issu de la Réforme, très minoritaire aujourd'hui. Pour eux l'inspiration directe est l'unique canal de la grâce divine. Ce mouvement se caractérise ainsi par l'absence de structure ecclésiale, le rejet de tous les sacrements, et la place importante de la mystique. Mais cette mystique est vécue dans le monde. En effet tout acte du chrétien doit être un signe de la grâce de Dieu. Les Quakers sont des pacifistes absolus. Ils refusent d'effectuer le service militaire et de prêter serment. Malgré leur petit nombre, ils sont très connus pour l'aide qu'ils ont apportée aux victimes des deux guerres mondiales. Actuellement, ils se distinguent par leurs oeuvres sociales et leurs convictions pacifistes

R

Religionnaire

Adepte de la " Religion prétendue réformée " qui désigne le Calvinisme français entre le 16e et le 18e siècle. Le terme est usité par les huguenots dès 1562, mais trouve un nouvel emploi, accolé à " fugitif " après la Révocation de l'Edit de Nantes. Il qualifie alors les fuyards échappés du Royaume, qui risquent la prison s'ils sont repris, ou du moins la saisie de leurs biens au profit de la " Caisse de la régie des biens des religionnaires fugitifs ". Il faut noter que cette expression péjorative disparaît à la fin du 18e siècle, remplacée par " sujets qui ne professent point la religion catholique "

Réveil

Le Réveil ou les réveils désignent divers mouvements qui se sont manifestés dans le protestantisme, surtout anglo-saxon, à partir du 18e siècle et jusqu'au début du 20e siècle, qui se proposaient de " réveiller " une foi jugée " endormie ". La conversion de la personne interpellée par une prédication de type émotionnel est centrale. Les réveils se manifestèrent par des mouvements spectaculaires de conversions et un dynamisme dans le domaine de l'évangélisation. Cherchant à réveiller les Eglises existantes, ces mouvements aboutirent plusieurs fois à la formation de nouvelles Eglises

Royaume

Le mot grec utilisé dans le Nouveau Testament peut être traduit par royaume, règne ou royauté. Le Royaume de Dieu est là où Dieu règne. Ce n'est pas un lieu spécifique mais plutôt une relation particulière entre Dieu et les hommes qui se traduit dans des relations de paix, de justice et de fraternité entre les hommes. Jésus annonce qu'il est déjà présent, de manière non éclatante, comme une semence. Il est appelé à une plénitude à la fin des temps quand le Christ reviendra

S

Schisme

Du verbe grec schizein qui veut dire " déchirer ", " fendre " et du substantif schisma " division " " séparation ". Aujourd'hui, dans son usage profane, ce mot s'apparente à celui de division, de dissidence. C'est quitter seul ou avec d'autres un groupe organisé auquel on appartenait. En contexte chrétien, un schisme est une brisure de l'unité de la communauté chrétienne

Secte

Ce terme a deux étymologies possibles : couper ou suivre. Une secte est ainsi soit un groupe dissident qui se serait coupé d'un autre, soit un groupe que forment les suiveurs d'un leader particulier. L'emploi courant vise à déprécier les groupes auxquels on l'applique. On appelle généralement " sectes " les groupes dont on désapprouve les croyances, les attitudes ou les pratiques, et qui exigent de leurs membres un engagement précis et vérifié dans la réalité quotidienne

SMEP

La Société des missions Evangéliques de Paris (SMEP) prend naissance en 1822 avec pour objectif de former des évangélistes et des missionnaires, en particulier dans le domaine des langues étrangères. D'autres sociétés sont créées à partir des années 1830 pour l'évangélisation en France (La Société biblique protestante de Paris en 1818, La société évangélique de France en 1833, la Société chrétienne protestante de France en 1835). La SMEP envoie ses premiers missionnaires en Afrique australe en 1832. Le premier champ de mission est ouvert au Lesotho l'année suivante. Cette société représente le protestantisme dans sa tradition luthéro-réformée et celle du " Réveil ". Elle regroupe le protestantisme francophone de France, d'Italie et de Suisse

Société religieuse

Une société religieuse est un groupement de chrétiens confessants réunis autour d'un objectif (spirituel, diaconal, éducatif, etc.). Elle renvoie aux regroupements des quakers (Société des Amis), des piétistes (Fraternités moraves), des méthodistes qui ont utilisé ce terme plutôt que celui d'Eglise se référant à la multitude

Succession apostolique

L'expression " succession apostolique " désigne, de manière large, la continuité de l'apostolicité de l'Eglise c'est-à-dire sa fidélité à l'enseignement originel posé par les apôtres. Mais cette expression s'entend souvent, de manière plus étroite, d'une succession historique d'évêques remontant sans interruption jusqu'aux apôtres. Dans la doctrine officielle de plusieurs Eglises (Eglise catholique romaine, Eglises orthodoxes, Eglise anglicane...), l'ordination d'un évêque, pour être valide, nécessite l'imposition des mains par un autre évêque, inscrit lui-même dans cette succession historique par l'imposition des mains reçue lors de sa propre ordination. Par contre, pour les Eglises luthériennes et réformées, l'apostolicité de l'Eglise n'est pas garantie par la continuité historique de la succession à travers le ministère épiscopal de l'Eglise, mais par la fidélité au message des apôtres

Synode

Mot grec, sunodos, qui veut dire " route commune ". Il désigne une assemblée de représentants légitimes d'Eglise. La synodalité, sous différentes formes, a connu dans les Eglises protestantes un développement important et spécifique, en réaction contre l'exercice centralisé et hiérarchique du pouvoir dans l'Eglise romaine. Dans le protestantisme luthérien et réformé français, les synodes sont des assemblées où ministres et laïcs, délégués par les Eglises locales, décident des orientations à donner à la vie de l'Eglise dans les domaines théologique, liturgique, financier, éthique... Le synode manifeste le lien de communion qui unit les Eglises locales entre elles. Il rend visible la réalité de l'Eglise sur le plan régional et national. Le premier synode des Eglises réformées en France s'est tenu en 1559 à Paris

T

Théologies politiques - théologies de la libération

Ces théologies (p.ex. la théologie de la libération en Amérique Latine) sont issues du Christianisme social. Elles s'engagent à élaborer une théologie à partir d'une situation particulière et pour une situation particulière. Ainsi, elles sont amenées à prendre en considération d'une manière forte les contextes politique, social, culturel. Leur critique des pouvoirs politiques en place s'enracine dans une lecture actualisante de la Bible et se veut une critique théologique

Tillich, Paul (1886-1965)

Paul Tillich, né en Prusse orientale, effectue une carrière universitaire en Allemagne. Il est professeur de philosophie et de sociologie à Francfort-sur-le-Main à partir de 1929. En 1933, il est le premier professeur d'université allemand non juif à être révoqué par Hitler. En effet, le point de départ de sa réflexion théologique, à savoir le principe protestant de la justification par la grâce seule, le conduit à une désacralisation radicale de toute oeuvre humaine. Tillich critiquera fortement les bases de la pensée nazie qui exalte l'idée de la race aryenne quasi divinisée qui règnerait en maître sur toute chose. Contraint de s'exiler aux Etats-Unis, il devient professeur de philosophie théologique à l'Union Theological Seminary de New York. Il anime dès le début de sa carrière en Allemagne le mouvement des Socialistes religieux. Il rejoint Barth sur la nécessité de critiquer la théologie libérale, mais considère que la théologie dialectique aboutit à une impasse en opposant la révélation et le monde. Il développe sa pensée dans une troisième voie, la théologie de la culture. Pour lui la théologie est dépendante du monde culturel dans lequel elle est élaborée. Il est donc nécessaire de trouver ce qu'il appelle des " corrélations " entre question et réponse, situation et message, existence humaine et manifestation divine. Dieu ne dépend pas de l'être humain dans sa nature, par contre, quand Il se manifeste, Il est dépendant de la façon dont l'être humain reçoit cette manifestation

Transsubstantiation

Ce mot signifie qu'après leur consécration, et tout en gardant leur aspect extérieur, les espèces eucharistiques (pain ou hosties et vin) sont transformées en corps et sang du Christ de sorte que le Christ est réellement présent dans les espèces. D'où la notion de " présence réelle " que les théologiens vont utiliser pour qualifier le type de présence du Christ dans la cène. La transsubstantiation est la doctrine catholique officielle depuis le 4e Concile du Latran de 1215

U

Union de Jarnac

De jeunes pasteurs, soucieux de la gravité de la division de l'Eglise réformée intervenue en 1872 et de ses conséquences spirituelles, créent l'Union des Eglises réformées, appelée Union de Jarnac. Il ne s'agit pas d'une troisième Eglise puisque chaque association cultuelle a la possibilité de rester membre d'une des deux autres unions. L'Union de Jarnac travaillera au rapprochement des Eglises réformées, mais il faudra attendre 1938 pour retrouver l'unité

Unitariens

Le mouvement des unitariens naît au moment des grands débats de l'Antiquité autour de la de la Trinité sur la double nature, divine et humaine, de Jésus. Les unitariens sont des antitrinitaires qui ne reconnaissent pas en Jésus le sauveur (ou le rédempteur), mais un prophète, un modèle d'humanité. Ce courant réactivé dans l'aile radicale de la Réforme, puis à l'époque des Lumières a initié l'esprit de tolérance. Aujourd'hui, l'unitarisme déborde le cadre chrétien et désigne un mouvement attaché au dialogue des religions, à une spiritualité de l'ouverture à l'autre

W

Wyclif, John (entre 1320 et 1330-1384)

Après des études à Oxford, il devient professeur en 1361. Il prend position contre le pape pour défendre les intérêts nationaux. Il déclare que l'Eglise n'est pas la propriétaire de ses biens mais simplement l'intendante. Il réclame la sécularisation des biens du clergé. Il est appelé à comparaître en 1377 devant un tribunal d'évêques à la cathédrale Saint Paul de Londres. Grâce au duc de Lancastre et malgré une audience houleuse et un début d'émeute populaire, il est acquitté. Il continue à réclamer une réforme de l'Eglise : il attaque la confession obligatoire, les pénitences, les indulgences, le système de gouvernement dont le pape est le chef. Mais surtout Wyclif veut mettre la parole de Dieu à la portée de tous. Il traduit donc la Bible en langue anglaise, multiplie les sermons et les traités et organise un corps de prédicateurs itinérants. Il a pour devise : " Je crois que la vérité finira par triompher "

Y

YMCA

Young Men's Christian Association, dont la branche française est l'UCJG, Union Chrétienne de Jeunes Gens

Z

Zinzendorf Nikolaus Ludwig Comte de (1700-1760)

Le comte Zinzendorf fait partie des personnages les plus originaux du piétisme du 18e siècle. Il accueille sur son domaine en 1722 des frères moraves, persécutés. Ces derniers y fondent la colonie de Herrnhut qui attire des personnes de Bohême et de Moravie, mais aussi d'Allemagne. Sous la direction de Zinzendorf, des chrétiens engagés de différentes confessions se réunissent et fondent la confrérie de Herrnhut. En 1732, ils envoient les premiers missionnaires aux Caraïbes (l'île St Thomas). C'est le début d'un immense travail mondial de mission. Le comte Zinzendorf choisit de se mettre sur un pied d'égalité avec les paysans et les artisans. Il voulait dépasser les limites imposées par le niveau social et les confessions. Il s'engage pour l'égalité entre homme et femme. Ses pensées assez révolutionnaires lui causent de plus en plus d'ennuis. Sur ordre des autorités, en 1736, Zinzendorf est banni de la Saxe. Il comprend cet exil forcé comme " signe de la part de Dieu " et part en " prédicateur de l'Evangile " à travers l'Europe et même en Amérique. Pendant son exil, qui a duré 11 ans, il fonde partout des " communautés des frères ". En 1760, il meurt à Herrnhut

Zwingli, Huldrych (1484-1531)

C'est le principal Réformateur de la Suisse Alémanique. Après des études latines à Berne, il fréquente les universités de Vienne et de Bâle. Il est influencé d'abord par la pensée d'Erasme. Ordonné prêtre en 1506, il étudie avec ferveur le Nouveau Testament. En 1519 il est curé de Zurich et amorce en 1522 la réforme de cette ville. Il fait triompher les idées évangéliques. On les trouve exposées dans la Brève instruction chrétienne. Il abolit la messe en 1525. Ayant réformé l'Eglise de Zurich, il contribue à l'expansion de la Réforme en Suisse alémanique. Les Bernois touchés par ses arguments décident d'adopter la Réforme. Ce qui entraîne le rattachement au protestantisme du pays de Vaud et de plusieurs villes romandes situées dans la zone d'influence bernoise. Accompagnant comme aumônier les troupes zurichoises qui se battent contre les troupes des cantons restés attachés au catholicisme, il est tué à la bataille de Cappel. Ce sera la fin de l'expansion évangélique dans les cantons alémaniques. Tout au long de sa vie, Zwingli va mener trois combats. D'abord contre l'Eglise romaine dont il conteste les enseignements au nom d'une étude savante et approfondie des Ecritures bibliques. Contre Luther auquel il s'oppose vivement à Marbourg en 1529 à propos de la cène où pour lui le Christ est présent dans les coeurs par son Esprit. Contre les anabaptistes, il maintient le baptême des petits enfants en relation avec le thème biblique de l'alliance. Zwingli "apparaît comme le véritable père du courant réformé. On trouve chez lui la plupart des thèmes essentiels que reprendra et développera ensuite Calvin : la souveraineté absolue de Dieu, la prédestination, la différence radicale entre le Créateur et les créatures, l'alliance, l'importance de l'Esprit, la théologie comprise comme connaissance de Dieu et de l'homme, la nécessité d'une lecture savante de la Bible selon les méthodes humanistes, l'organisation ministérielle de l'Eglise, la critique de l'anabaptisme." (André Gounelle)

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