A

ACAT

Action des chrétiens pour l'abolition de la torture. Association interconfessionnelle de chrétiens

Alliance biblique Française

Organisme de diffusion de la Bible et de littérature biblique, rattaché à l'Alliance biblique universelle qui fédère les Alliances bibliques des divers pays

Altérité

Le fait d'être autre, d'être différent de manière plus ou moins fondamentale : l'homme et la femme par exemple. Plus radicalement, on parle de l'altérité de Dieu qui ne se confond pas avec l'être humain

Anathème

Le grec anathèma signifie littéralement " ce qu'on place par-dessus ", " ce qu'on offre par surcroît ", " ce qu'on met à part ". Ce terme appartient déjà au langage religieux avant le christianisme. Il désigne l'offrande faite à une divinité ou encore ce que l'on appelle des ex voto comme en témoigne Luc 21,5.

Il traduit dans la Septante (la Bible en grec) le terme hébreu qui signifie « mis à l’interdit », donc « exclu de la communauté ». L’interdit a un rapport étroit avec le sacré, soit que la personne ou l’objet souille l’espace sacré, soit qu’il est déclaré interdit parce que réservé à Dieu, comme pour le butin de guerre par exemple dans l’Ancien Testament.

Ce mot est présent avec d'autres significations dans le Nouveau Testament où il est très rare. C'est alors un serment par lequel, en cas de parjure, on affirme s'en remettre au jugement, à la malédiction de Dieu (Actes 23,14), une imprécation pour vouer quelqu'un à la malédiction de Dieu (1Corinthiens 12,3;16,22, Galates 1,8s). C'est encore le fait d'être séparé de Dieu (Romains 9,3).

Dans l'Antiquité chrétienne, le mot anathème désigne la mise au ban de la communauté. L'anathème est généralement porté contre les hérétiques qui combattent la doctrine ou l'autorité de l'Eglise. Le concile d'Elvire en 306 est le premier à comporter des anathèmes, qui deviendront ensuite très fréquents.

Anglicans

L'Eglise d'Angleterre est née de la rupture d'Henri VIII avec le pape Clément VII qui lui avait refusé l'annulation de son mariage. Son successeur, Edouard VI, entraîne l'Eglise d'Angleterre vers la Réforme. L'anglicanisme s'installe véritablement sous le long règne d'Elisabeth 1ère (1558-1603), excommuniée en 1570. Un exposé de la foi, les Trente-Neuf Articles, d'inspiration protestante (1571), reste la base doctrinale de l'anglicanisme (autorité des Ecritures, deux sacrements du baptême et de la Cène). Cependant la tradition anglicane garde des aspects du catholicisme : hiérarchie (épiscopat), formes liturgiques ... L'anglicanisme ce n'est pas seulement l'Eglise d'Angleterre mais ce sont 70 millions de fidèles dans le monde entier

Annonciation

On désigne ainsi la visite de l'ange Gabriel chez Marie, puisqu'il lui " annonce " qu'elle va enfanter Jésus, le Sauveur

Anthropologie

Du grec anthrôpos (homme) et logos (discours) : Etude de ou discours sur l'homme

Apostolique

Du grec apostolos, apôtre, envoyé : une des quatre notes ou marques de l'Eglise (avec l'unité, la sainteté et la catholicité). Voir succession apostolique

ARCIC

Anglican Roman Catholic international commission
Instance de dialogue internationale regroupant depuis près de 40 ans théologiens anglicans et catholiques. Son équivalent existe en France (French ARC) sur des questions pastorales et liturgiques

Arius, arianisme

Arius (256-336), prêtre d'Alexandrie, niait la divinité du Christ. Sa doctrine, l'arianisme, provoqua une des plus graves crises de l'Eglise, elle a été condamnée par les Conciles oecuméniques de Nicée (325) et de Constantinople (381). Néanmoins elle survécut parmi les peuples barbares jusque vers le 7e siècle

ARM

Alliance réformée mondiale. Cette alliance regroupe la plupart des Eglises réformées dans le monde. (environ 75 millions de fidèles)

Ascétisme/ascétique/Ascèse

Vient du mot grec askesis qui veut dire " exercice, peine que l'on endure ". On désigne par ascèse le choix religieux de limiter, voire de renoncer temporairement (ou définitivement) à la nourriture et/ou à la boisson, au confort d'une habitation (vie itinérante), au sommeil, au vêtement, aux biens sous toute forme, à une vie sexuelle, etc. Les justifications de ces choix sont variées selon le contexte théologique et historique. Certains mouvements pratiquent l'ascèse dans l'intention de libérer l'être humain de la " servitude " de la matière. Dans le bouddhisme, sa pratique consiste à montrer que tout ce qui appartient au monde est illusoire. Dans l'histoire de l'Eglise, elle est tantôt exigée et justifiée (pour rendre possible une plus grande attention aux " choses de Dieu ", pour exprimer un certain mépris à l'égard de tout ce qui attache l'être humain " au monde ", pour préparer des moments particuliers de l'existence, etc.), tantôt critiquée à cause du risque d'une surévaluation de l'effort humain, de l'idée de mérites, etc

Assomption

Croyance catholique devenue un dogme en 1950 : " L'Immaculée Mère de Dieu, Marie toujours vierge, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre a été élevée, corps et âme, à la gloire céleste. "
L'Eglise orthodoxe utilise le terme de " Dormition ", mais n'en fait pas un dogme. Dormition et Assomption sont célébrées le 15 août en Orient et en Occident

Athanase d'Alexandrie

Evêque d'Alexandrie de 328 à 373, Athanase, mêlé à toutes les péripéties de la crise arienne, a joué un grand rôle dans la formulation et le maintien de la doctrine officielle de l'Eglise.

Athanase d'Alexandrie (vers 298 - 373)

Athanase naît à Damanhour près d'Alexandrie d'Egypte en 298. Il est consacré évêque en 328. Il prend une part décisive lors des grands débats christologiques du 4e siècle. Défenseur du Concile de Nicée, son intransigeance envers les ariens lui vaut d'être exilé cinq fois de son siège épiscopal au profit du patriarche Georges. Alexandrie est plongée dans la guerre civile entre chrétiens. Il meurt auréolé de gloire en 373.
Patriarche d'Alexandrie, l'Eglise copte orthodoxe le considère comme l'un de ses " papes " et, dans sa liturgie, l'appelle l'" apostolique ", " phare de l'Orient " et " colonne de la foi ". Les autres Eglises orthodoxes le comptent parmi les quatre grands docteurs de l'Eglise. L'Eglise catholique fait de lui un Docteurs et un Père de l'Eglise. Au 16e siècle, les Réformateurs ont souvent cité sa réflexion théologique.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:Sainta15.jpg

Augustin

Père de l'EgliseOn peut consulter l'entrée "Augustin" du module "Une nuée de témoins 1" d'Occident (354-430). En 396, il devient évêque d'Hippone, près de Bône en Algérie. Il exerça une forte influence sur la théologie et plus tard sur certains aspects de la théologie protestante. Son oeuvre la plus connue d'un large public est probablement les Confessions.

Autocéphales (Eglises)

Du grec autoképhalos, " qui a sa propre tête ", se dit des Eglises orthodoxes qui, sous l'autorité d'un patriarche, d'un métropolite, ou d'un archevêque, règlent elles-mêmes l'ensemble de leur vie ecclésiale, tout en gardant la communion dans la foi et la vie liturgique avec les autres Eglises autocéphales (ou, avec une nuance, " autonomes ")

B

Beaudoin, Lambert

Bénédictin belge (1873-1960), pionnier dans le domaine de la liturgie, du monachisme et surtout de l'oecuménisme. Fondateur du " Monastère de l'Union " à Amay sur Meuse transféré ultérieurement à Chevetogne (Belgique)

BEM

Baptême, Eucharistie, Ministère : texte de convergence adopté en 1982 à Lima par la commission " Foi et Constitution " du Conseil oecuménique des Eglises. Ce texte, largement diffusé, traduit et discuté, a eu d'importantes répercussions tant dans les Eglises que sur leurs relations mutuelles

Bilatéral et multilatéral

Les dialogues théologiques sont soit bilatéraux (entre deux Eglises) soit multilatéraux (entre plusieurs Eglises). Par exemple, la déclaration commune luthéro-catholique sur la justification est le fruit d'un dialogue bilatéral international catholique luthérien. Le BEM est le fruit d'un dialogue multilatéral orthodoxes, anglicans, catholiques et protestants de diverses tendances

Boegner, Marc

Pasteur réformé français (1881-1970), longtemps président de la Fédération protestante de France et acteur très engagé dans les décrets du COE

Brent, Charles

Evêque épiscopalien (anglican) américain (1862-1929), fondateur du mouvement oecuménique Foi et Constitution

C

Canon

Le mot, d'origine grecque, signifie " roseau ", " règle ". Il a été utilisé pour désigner la liste des livres juifs puis chrétiens reconnus comme normatifs pour la foi chrétienne. La délimitation du canon biblique fut un processus de discernement progressif, non sans hésitations et différences entre les communautés locales. En présence de deux canons juifs de l'Ancien Testament (celui des Juifs de Palestine rédigé en hébreu ou araméen et la version grecque dite des Septante) l'Eglise chrétienne adopta la version grecque contenant les livres deutérocanoniques. Au 16e siècle, les Eglises de la Réforme revinrent à la version en hébreu.

Catholiques

Etymologiquement (kat'olos, selon le tout), l'adjectif a un sens voisin de " apostolique ", " oecuménique ", voire " universel ". Dès le 2e siècle, les Pères de l'Eglise l'utilisent pour désigner l'universalité du message chrétien. A partir du 4e siècle, il ne s'applique plus qu'à l'Eglise et à la doctrine qu'elle professe. Voir Ignace d'Antioche. Depuis le schisme de 1054, et la Réforme du 16e siècle, on désigne par Eglise catholique (romaine) la communauté de croyants en communion avec l'évêque de Rome, le pape. Et l'adjectif catholique désigne ces croyants et la doctrine qu'ils professent. Cependant l'adjectif catholique est parfois utilisé par les Eglises orthodoxes dans un sens voisin de " orthodoxe "

CCEE

Conseil des conférences épiscopales d'Europe. Instance qui a pour but la collaboration épiscopale catholique au niveau européen

CECEF

Conseil d'Eglises chrétiennes en France
Il rassemble en son sein, outre les trois présidents de la Fédération protestante, de l'Assemblée des évêques orthodoxes, et de la Conférence épiscopale catholique, des délégations de ces trois confessions, de l'Eglise anglicane et de l'Eglise arménienne. Son but : concertation, information mutuelle et prises de positions communes sur des questions de société.

CEMO

Conseil des Eglises du Moyen Orient. Depuis 1974, dans un contexte minoritaire et difficile, le CEMO promeut les relations entre les Eglises du Moyen Orient, organise une solidarité, sert de relais et de porte parole dans le monde, et apporte à la communauté oecuménique mondiale la spécificité de sa situation.

Cène

C'est le nom donné au dernier repas de Jésus avec ses disciples. Il leur demande de partager après sa mort un tel repas en mémoire de lui. Pour désigner ce repas de communion, la tradition protestante parle plutôt de Cène ou Sainte Cène, la tradition catholique d' Eucharistie ou de messe

CEPE

Communion d'Églises protestantes en Europe
Autour d'une Concorde dite de Leuenberg (signée en Suisse, à Leuenberg en 1973) les Églises luthériennes et réformées d'Europe se sont déclarées en pleine communion ecclésiale, ce qui signifie la levée des anathèmes historiques, la pleine reconnaissance mutuelle, l'intercommunion et l'échange des ministres. Depuis, cette communion d'Églises s'est élargie aux Églises méthodistes. Elle poursuit le chemin d'approfondissement de sa communion par un travail théologique régulier, en développant des dialogues avec d'autres communions d'Églises en Europe, notamment anglicanes, baptistes et orthodoxes.

CETA

Conférence des Eglises de toute l'Afrique. Communauté d'Eglises et d'institutions qui travaillent ensemble dans leur témoignage commun de l'Evangile, tant sur le plan des dialogues théologiques que de la lutte pour la dignité humaine sur un continent où les questions socio-politiques et humaines sont cruciales.

Chalcédoine

Le 4e Concile œcuménique tenu à Chalcédoine, bourgade proche de Constantinople, en 451, a exprimé le mystère du Christ vrai Dieu et vrai homme en une formule technique : le Christ est une personne, possédant deux natures (divine et humaine) unies entre elles " sans confusion ni changement, sans division ni séparation ". Ce qui permet d'affirmer, sans contradiction, que, tout en devenant homme, il ne cesse pourtant pas un instant d'être Dieu.

Charisme/Charismatique

A l'origine, le mot charisme désigne un don de la grâce (charis), distribué par le Saint Esprit, utile à la vie des communautés. L'adjectif charismatique sert à caractériser une spiritualité qui insiste sur certains dons. Le " mouvement charismatique " insiste sur ces dons, individuels et communautaires : prière expressive, prophétie, guérison, parler en langues

Charte œcuménique européenne

Document signé à Pâques 2001 à Strasbourg par la Conférence des Eglises Européennes (KEK) et le CCEE. Ces deux organismes s'engagent à promouvoir, à tous niveaux de la vie de l'Eglise en Europe, une culture œcuménique de dialogue et de collaboration. Ce document est incitatif mais ne revêt pas un caractère normatif.

Christianisme pratique

L'un des courants fondateurs du COE, appelé aussi " Vie et Action " (d'après l'anglais Life and Work). Il vise la collaboration des Eglises dans le domaine des questions sociales, de la justice et de la paix

Chute

On désigne par " chute " la désobéissance d'Adam et d'Eve qui provoque leur éviction du jardin d'Eden (Voir aussi Genèse 3,1-23).

Clément d'Alexandrie (vers 150-vers 215)

Clément devient vers 189 le directeur de l'Ecole d'Alexandrie où il enseigne jusqu'en 202. Cette école est un véritable centre d'études supérieures d'exégèse et de théologie. Sous le patronage de l'évêque, elle a pour fonction de préciser la juste doctrine. En effet, dans le bouillonnement culturel d'Alexandrie au 2e siècle, le christianisme est soumis à de nombreuses influences philosophiques ou religieuses. Clément admire la philosophie de Platon et donne à l'école d'Alexandrie une orientation intellectuelle et philosophique.
En 202 il quitte Alexandrie pour l'Asie Mineure afin d'échapper aux persécutions de Septime Sévère. Clément a laissé essentiellement trois ouvrages: Le Protreptique-Exhortation aux grecs, Le Pédagogue, et un recueil de mélanges nommé Stromates ou Tapisseries. Le Pédagogue mêle l'examen des points de doctrine chrétienne, l'exégèse des Ecritures et de textes philosophiques. Il donne de précieuses indications sur le contenu de l'expérience pédagogique comportant un objectif religieux : pour lui, l'éducation à la vérité passe par l'intermédiaire de l'enseignement du Christ.

COE

Conseil oecuménique des Eglises : titre officiel de l'organisme que les anglophones nomment World Council of Churches (WCC). Créé en 1948 à Amsterdam, il regroupe aujourd'hui près de 350 Eglises anglicanes, orthodoxes et protestantes, soit plus de 500 millions de chrétiens. L'Eglise catholique n'en est pas membre mais collabore à la commission Foi et Constitution dans le domaine de la mission, de la formation (Institut de Bossey) et par le GMT

COMECE

Commission des épiscopats de la Communauté européenne.
Instance épiscopale ayant pour but d'analyser et de suivre le processus de construction européenne.

Comité épiscopal pour l'unité des chrétiens et les relations avec le judaïsme

Ex-commission épiscopale (française) pour l'unité des chrétiens. Ce comité accompagne le service " Unité des Chrétiens " et son directeur.

Comité mixte catholiques/ protestants

Formé de théologiens et de pasteurs désignés par l'épiscopat français et par le CPLR (Conseil permanent luthéro-réformé), ce comité travaille depuis 1968 sur des sujets oecuméniques, pastoraux et théologiques. La création, plus récente, de nouveaux comités de catholiques avec d'autre branches du protestantisme tend à modifier le titre du plus ancien. Il devient " Comité catholique luthéro-réformé ".

Commission pour les relations interconfessionnelles de l'Assemblée des évêques orthodoxes

Cette commission est au service des évêques orthodoxes de toutes juridictions installées en France. Elle est chargée de conseiller les évêques, accompagner les situations concrètes qui peuvent se présenter dans les paroisses, et nourrir la réflexion oecuménique orthodoxe.

Commission œcuménique de la Fédération protestante de France

Instance que se sont données au plan national les Eglises membres de la Fédération protestante de France pour leurs relations avec les autres confessions. Cette commission accompagne un service œcuménique avec un permanent-responsable.

Communauté du Chemin Neuf

" Communauté catholique à vocation oecuménique " ; c'est une des communautés nées du renouveau charismatique.

Communion

Le terme de communion (en grec koinônia) tend aujourd'hui à remplacer celui d'" unité " entendu (à tort) comme signifiant " uniformité ". La communion entre les Eglises peut être plus ou moins complète. Par exemple, l'Eglise catholique se dit en communion " presque parfaite " avec l'Eglise orthodoxe, mais pas en " pleine communion ".
Du point de vue protestant, la " pleine communion " entre les Eglises signifie la reconnaissance réciproque des sacrements administrés par l'autre Eglise, celle de ses ministres (l'ordination d'un ministre est reconnue par l'autre Eglise), celle de sa manière de s'organiser et de témoigner de sa foi. C'est le cas par exemple des Eglises réunies dans la CEPE.

Concile

Assemblée de représentants autorisés de plusieurs ou de toutes les Eglises particulières. Il prend des décisions en matière de doctrine et de vie chrétienne. L'assemblée de Jérusalem (Actes 15 ; Galates 2,1-10) en est le modèle néo-testamentaire.

Conciles œcuméniques

Conciles considérés comme " universels ". Ceux du premier millénaire se sont tous tenus en Orient, sur le territoire de la Turquie actuelle. Les quatre premiers (Nicée 325, Constantinople 381, Ephèse 431 et Chalcédoine 451) qui ont " défini " la foi sur les trois personnes de la Trinité et sur Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme, sont reconnus par toutes les Eglises à l'exception des Eglises dites (à tort) monophysites ou nestoriennes. Les trois conciles suivants (Constantinople 553 et 681, Nicée 787) sont reconnus par l'Eglise catholique et l'Eglise orthodoxe. Au 2e millénaire l'Eglise catholique a continué de qualifier les conciles tenus par elle en Occident d' "œcuméniques " jusques et y compris Vatican II (1962-1965). Mais ces conciles occidentaux ne peuvent avoir la même importance que ceux de l'Eglise ancienne dite (au sens large) " indivise ".

Conciliaire

Une démarche conciliaire tend vers une pratique de discernement spirituel et de convergence (en vue de la communion des Eglises) par un débat largement partagé entre les Eglises

Concorde de Leuenberg

La Concorde de Leuenberg est un texte datant du 16 mars 1973, liant les Eglises réformées et luthériennes européennes. Ces Eglises reconnaissent partager la même foi tout en l'exprimant dans des formulations différentes et ayant choisi des formes variées d'organisation ecclésiale. Cette reconnaissance mutuelle permet un échange des ministres (pasteurs). En 2003, l'alliance des Eglises liées par ce texte a pris le nom de Communion d'Eglises protestantes en Europe ( CEPE).

Confessions

Une confession chrétienne est une des familles du christianisme, par exemple : luthériens, baptistes, coptes ... On parle quelquefois aussi de " dénomination chrétienne "

Consensus différencié

Terme technique désignant un accord théologique ayant abouti, sur un point théologique précis de divergence historique, à la reconnaissance mutuelle des Eglises : après un long travail d'approfondissement, on reconnaît ensemble qu'il s'agit bien de la même foi que l'on exprime de manière différente. Cette reconnaissance signifie que ce consensus assez fort peut supporter des différences sur des convictions secondes par rapport au thème central. L'exemple le plus significatif est la Déclaration commune sur la justification par la grâce entre luthériens et catholiques.

Consubstantiel

De même " substance ", de même nature. Se dit des trois personnes de la Trinité, l'une par rapport à l'autre, surtout du Verbe incarné par rapport à la nature divine du Père, malgré la nature humaine assumée par le Fils. L'adjectif figure dans le credo de Nicée.

Conversion

Le mot conversion a des significations multiples. L'étymologie du mot grec metanoia signifie " changement de regard, changement d'idée ". Dans le contexte oecuménique, il signifie un changement de regard sur ses propres convictions et traditions en vue d'une modification profonde dans la pratique, parfois la théologie professée. Ce qui n'exclut pas un changement de regard sur le vis-à-vis

Couturier, Paul

L'abbé Paul Couturier (1881-1953) a joué un rôle oecuménique important en suscitant en 1935 la Semaine universelle de prière des chrétiens, " pour l'unité telle que le Christ la veut, par les moyens qu'il voudra "

CPLR

Conseil permanent luthéro-réformé. Instance de communion des Eglises luthériennes et réformées en France, sur la base de la Concorde de Leuenberg.

CPPUC

Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens.
Le Pape Jean XXIII crée d'abord un simple Secrétariat pour la promotion de l'unité des chrétiens en 1960. Il a pour fonction d'inviter les observateurs non catholiques au concile et de préparer des documents conciliaires. Il devient Conseil pontifical en 1988, avec double mission :

  • promouvoir, à l'intérieur de l'Eglise catholique, un authentique esprit œcuménique selon le Décret conciliaire Unitatis redintegratio.
  • développer le dialogue et la collaboration avec les autres Eglises et Communions mondiales.
D

Déification

Terme orthodoxe qui désigne l'union entre l'homme et Dieu à laquelle l'homme est appelé. On parle encore de " participation à la nature divine ", citée par Pierre (2Pierre 1/4), par la grâce et non par l'essence. Dans la théologie orthodoxe, c'est la vocation même de l'être humain de coopérer librement avec la grâce divine

Deutérocanonique

Du grec deuteros, " deuxième", et canon, " règle, norme ". Nom donné à sept livres qui se trouvent dans la traduction grecque de la Bible, version dite de la Septante (LXX). Ils comprennent deux livres de récits historiques 1 et 2 Maccabées, deux récits fictifs : Judith et Tobie, et trois livres de sagesse : la Sagesse (de Salomon), le Siracide (ou l'Ecclésiastique) et Baruch. Par contre ces livres ne figurent pas dans la Bible hébraïque. En effet, le " synode " juif de Jamnia (environ 90-95), qui en fixa le canon, ne les retint pas dans la liste des livres canoniques. Ces livres font partie du canon des Ecritures tel que le reconnaissent les Eglises catholique et orthodoxe. S'ils figurent dans les traductions protestantes jusqu'au 19e siècle, et dans la traduction œcuménique moderne (TOB), les Eglises issues de la Réforme ne leur reconnaissent pas la valeur normative des autres livres bibliques. Ainsi, la Confession de foi dite de La Rochelle déclare à leur sujet : " ... encore qu'ils soient utiles, on ne peut fonder [sur eux] aucun article de foi ".

Directoire œcuménique

Document catholique promu par le Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens dont le titre exact est : Directoire pour l'application des principes et des normes sur l'œcuménisme. A caractère disciplinaire, il fait loi dans l'Eglise catholique pour la pratique œcuménique. La dernière version date de 1993. Il en existe une version commentée et complétée, adaptée à la situation française (Paris : Cerf, 1994).

Dogme

Vient d'un verbe grec dokein qui signifie croire, et qui a donné dogma : " opinion " ou " décision ". Dans l'usage théologique actuel, le dogme désigne une vérité que l'Eglise pose comme devant être crue. Mais cette notion ne s'est imposée qu'à partir du siècle des Lumières, remplaçant les expressions " articles de foi " ou " vérités de foi "

Donation de Constantin

Document inauthentique comprenant deux parties. La Confession expose la légende de la conversion de Constantin, qui aurait été guéri de la lèpre par l'évêque Sylvestre de Rome. La Donation énumère les cadeaux de l'empereur reconnaissant : le palais du Latran, les territoires impériaux d'Italie et la ville de Rome, avec le droit de porter le sceptre, le diadème et la pourpre. Cet écrit a dû être composé à la chancellerie papale au milieu du 8e siècle. C'est au 15e siècle que l'humaniste Laurent Valla en prouva l'inauthenticité

Droit canonique

Volume regroupant les règles de droit dans l'Eglise catholique. La Discipline de l'Eglise réformée joue un rôle analogue

E

Ecclésiologie

Réflexion dogmatique au sujet de l'origine et de la nature de l'Eglise, de son statut théologique et juridique, des charismes, des ministres, ainsi que de la question de l'unité de l'Eglise dans une chrétienté divisée. Les divergences ecclésiologiques sont au coeur du dialogue oecuménique

Eglise

Le mot Eglise vient de la racine "assembler", "rassembler". Il s'utilise dans différents sens, voisins mais distincts. Il peut désigner :

  • le bâtiment où se rassemblent les fidèles et où on célèbre le culte (dans ce cas on met une minuscule).
  • les personnes qui se rassemblent, l'assemblée qui se réunit.
  • l'ensemble des chrétiens : le Nouveau Testament compare l'Eglise au corps du Christ ou à son épouse, images qui entendent souligner le lien étroit entre le Christ et l'Eglise. En ce sens, on parle de l'Eglise au singulier (elle regroupe tous les fidèles, à travers le temps et l'espace).
  • une institution ou une organisation religieuse chrétienne : on parle de l'Eglise réformée de France, de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine, de l'Eglise orthodoxe grecque, de l'Eglise catholique romaine. Dans ce cas, on parle des Eglises au pluriel.
    La compréhension de l'Eglise (on parle alors d' ecclésiologie) est aujourd'hui l'un des enjeux principaux du dialogue œcuménique. C'est en effet ce point qui demeure l'une des différences fondamentales entre les grandes confessions chrétiennes.
    Pour les protestants, les 2e et 3e sens ne se recouvrent pas. L'Eglise du Christ, Eglise invisible, ne coïncide pas avec les formes visibles des Eglises particulières. C'est une réalité spirituelle que Dieu seul connaît.
    Pour les catholiques, par contre, l'Eglise du Christ s'identifie à l'Eglise catholique romaine.

Eglise vieille-catholique

Les vieux-catholiques sont membres d'une Eglise qui s'est séparée de l'Eglise Catholique Romaine au moment de la déclaration du dogme de l' infaillibilité pontificale lors du Concile Vatican I (1869-1870). Ils pratiquent l'usage de la langue vernaculaire pour les célébrations. Ils rejettent la pratique des indulgences, l'obligation du célibat, l'interdiction de la crémation et l'exigence de la confession annuelle. La place des laïcs est renforcée. L'Eglise vieille-catholique est membre du Conseil oecuménique des Eglises

Epiclèse

(du grec epiclesis, invocation) Invocation à l'Esprit Saint, notamment pendant la Divine Liturgie, après les paroles de l'institution de l'Eucharistie (ou avant dans la messe catholique), pour qu'il opère le changement du pain et du vin en corps et sang du Christ et la sanctification des fidèles. Tous les sacrements ont une forme d'épiclèse qui leur donne leur efficacité par la présence de la grâce divine

Erasme (1469-1536)

Né à Rotterdam, il fut appelé " le prince des humanistes ". Il entra au couvent des Augustins. Il poursuivit ses études à Paris au Collège Montaigu où, quelques années plus tard, étudia Calvin. Il s'efforça d'appliquer les règles philologiques -mises au point par les humanistes- aux Ecritures bibliques avec le souci de les rendre accessibles aux plus humbles. Il voyagea dans toute l'Europe où il diffusa des idées qui seront reprises par les Réformateurs. Lié d'amitié avec plusieurs d'entre eux (Bucer, Farel, Melanchthon, Oecolampade, Zwingli...) et malgré la sympathie qu'il avait pour nombre de leurs thèses, il refusa toujours de rompre avec l'Eglise romaine. Il pensait possible une réforme de l'Eglise de l'intérieur. Erasme refusait la violence, notamment en matière religieuse. Sa pensée était faite de mesure et de pondération. Luther lui a reproché sa tiédeur. En 1521, à Bâle, il écrit son Essai sur le libre-arbitre. Luther lui répondra dans son Traité du serf arbitre

Eucharistie

Vient du verbe grec eucharistein (" rendre grâces "). Le mot désigne aujourd'hui le repas célébré en mémoire du dernier repas de Jésus avec ses disciples. Jusqu'à la fin du 1er siècle, le mot était utilisé uniquement pour la prière qui précède la formule de consécration du pain et du vin. La tradition protestante parle plutôt de Cène ou Sainte Cène.

Evangélisation

Action d'apporter par la parole ou par l'écrit l'Evangile, c'est-à-dire la " Bonne Nouvelle " de Jésus Christ à des êtres humains qui l'ignorent ou la méconnaissent. A distinguer du prosélytisme

F

Fiat

Réponse de la Vierge Marie à l'ange Gabriel lorsqu'il lui annonça qu'elle serait la mère du Sauveur (Annonciation). Marie déclara " qu'il me soit fait (selon ta parole) " (Luc 1,38), en latin fiat. Les théologiens sont dans l'ensemble de l'avis que la réponse de Marie est décisive et que l'incarnation n'aurait pu avoir lieu sans son accord, soulignant ainsi le respect de Dieu face à la liberté humaine.

FLM

Fédération luthérienne mondiale. Elle rassemble la grande majorité des Eglises luthériennes du monde dans une même communion ecclésiale basée sur les Ecrits fondateurs du luthéranisme. Environ 66 millions de chrétiens

Foi et Constitution

Courant constitutif du mouvement œcuménique, aujourd'hui intégré dans le Conseil œcuménique des Eglises, favorisant la réflexion théologique entre les Eglises sur les question de foi et de discipline ecclésiale (comme son nom l'indique). Il propose aux Eglises et met en débat des textes théologiques dits de convergence. Le plus connu est le BEM.

Fondamentalisme

Courant né dans les Eglises évangéliques aux Etats-Unis au début du 20e siècle. C'est une réaction à l'avancée des idées modernistes dans le protestantisme, principalement sur trois points : l'acceptation des idées de Darwin sur l'évolution, l'introduction de l'exégèse scientifique dans les séminaires et facultés, et la vision progressiste de l'histoire qui contredisait la vision apocalyptique des conservateurs évangéliques. En 1920, un mouvement fondamentaliste se crée autour de quatre fondamentaux (d'où le terme de fondamentalisme) chacun étant une conséquence directe du dogme de l'inerrance de la lettre de la Bible : la naissance virginale de Jésus, la croix interprétée comme châtiment expiatoire nécessaire au salut, la résurrection physique des corps et le second avènement de Jésus Christ. Depuis les années 1980, ce courant a acquis une influence politique importante aux Etats-Unis en s'appuyant sur les conservateurs Républicains.
Le fondamentalisme touche peu le catholicisme qui ne considère pas la Bible comme la seule et unique autorité. Il y a dans le catholicisme quelques mouvements conservateurs qui s'appuient sur des traditions et des documents anciens pour contester Vatican II, comme le courant de Mgr Lefebvre. Ils sont qualifiés d'intégristes puisqu'il s'agit plus de conserver l'intégrité de la religion catholique qu'un retour à des fondamentaux.

François d'Assise (1182-1226)

François naît en 1182, à Assise. Il doit son prénom Francesco au fait que son père, Pietro Bernardone, un riche marchand, fait du commerce avec la France et que sa mère, Pica, est d'origine provençale. François connaît une enfance comblée, sans soucis matériels. Il est entouré d'amis. Il se prépare tout naturellement à prendre la succession de son père. Mais il rêve de devenir chevalier. Sa première expérience est désastreuse : après une guerre contre la ville voisine de Pérouse, il se retrouve pendant un an en prison. Puis il tombe malade. En 1205, à vingt-trois ans, il a une révélation dans l'église Saint-Damien. Il entend le Christ lui demander de réparer son église. Comme celle-ci est en effet en train de tomber en ruines, il s'attaque aux travaux de rénovation. Bientôt, il comprend que l'appel concerne l'Eglise d'une manière plus large.
L'année suivante, il rompt avec sa famille et renonce à ses biens. Pendant deux ans, il soigne des lépreux et répare des chapelles. En 1208 - à vingt-six ans - entendant l'Evangile à la messe, il découvre que sa vocation est de le vivre à la lettre. Très vite, des hommes viennent le rejoindre. Ils vont à Rome demander au pape son accord pour cette forme nouvelle de vie dans l'Eglise. Puis des femmes adoptent le même style de vie : on les appellent " Clarisses ", du nom de la première d'entre elles, Claire, une jeune fille d'Assise. Puis, des laïcs souhaitent pouvoir mener cette forme de vie évangélique, tout en continuant à vivre avec leur famille et à pratiquer leur métier. C'est le Troisième Ordre, qui complète la Fraternité.
Des frères partent pour les autres pays d'Europe. En 1219, François lui-même va en Egypte pour convertir le sultan. Les deux hommes se quittent dans l'estime mutuelle. Il abandonne la direction de son ordre et se retire pour écrire un projet de vie, une règle pour ses frères. En 1223, il reçoit l'approbation du pape. Il fête Noël à Greccio, où il réalise la première crèche vivante.
En quête d'une relation toujours plus proche avec le Christ, François se retire dans la montagne de l'Alverne. C'est là qu'il reçoit les traces de la Passion de Jésus (stigmates) se manifestant visiblement dans son corps. Malade, souffrant des yeux et presque aveugle, il se retire à Saint-Damien, où il compose le Cantique des Créatures et son Testament. Il y meurt le 3 octobre 1226, à 44 ans. En 1228, il est canonisé, et le pape fait construire en son honneur une basilique à Assise.

G

GMT

Le Groupe mixte de travail a été fondé en 1965 par l'Eglise catholique et le COE. C'est une sorte de commission paritaire assurant la concertation entre les deux entités, rendue utile par le fait que l'Eglise catholique n'est pas membre du COE. Il publie un rapport pour chacune des assemblées mondiales du COE.

Grand schisme d'Occident

Il va durer de 1378 à 1417. Il a pour origine les rivalités entre le pape de Rome et les rois de France. La papauté va s'installer à Avignon puis elle retourne à Rome et finalement il y aura à la fois des papes à Rome et à Avignon. Une première tentative de réunification échoue au concile de Pise (1409). Il faut attendre le concile de Constance (1414-1418) pour obtenir, sous l'autorité de l'empereur Sigismond de Germanie, la réunification de la papauté à Rome avec l'élection de Martin V.

Groupe des Dombes

Actuellement composé de 40 théologiens français et suisses (20 catholiques, 20 protestants). Sa fondation en 1937 est due à l'initiative des prêtres lyonnais P. Couturier et L.Rémilleux et du pasteur suisse R.Baümlin. Ce groupe s'auto-recrute et s'auto-gère. Il jouit d'une autorité moralement reconnue. Il a publié quatre volumes importants traitant de thèmes oecuméniques controversés. (Voir Bibliographie)

H

Hérésie

D'un mot grec issu des verbes " choisir " ou " prendre ". En grec le mot hérésie désigne le choix d'un objet intellectuel, donc une école philosophique. Au début les juifs désignaient ainsi les différentes tendances au sein du judaïsme puis ce terme a pris une connotation négative de déviance par rapport à une tradition jugée bonne. Ainsi, au début du christianisme, ce terme hérite de la tradition grecque le sens de choix d'une tradition philosophique sans jugement et de la tradition juive le sens d'hétérodoxie, ou déviance par rapport à la doctrine juste. Dès les écrits du Nouveau Testament c'est ce sens qui va dominer dans le christianisme. On appellera hérésie toute expression de la foi qui n'est pas conforme à la doctrine officielle énoncée par l'Eglise

Herméneutique

Qui concerne les questions d'interprétation des Ecritures. L'herméneutique est la discipline scientifique qui travaille sur ce sujet

Hus, Jan (vers 1370-1415)

Jan Hus naît vers 1370 à Husinec en Bohême méridionale dans une famille rurale pauvre. Doué pour les études et avide de promotion sociale, il se rend à Prague, où il étudie les lettres puis la théologie. En 1398, il obtient sa licence d'enseignement en théologie. Nommé professeur à l'Université, il entre en contact avec le mouvement de réforme et subit l'influence de Wyclif. En 1400, il est ordonné prêtre. L'année suivante, il est nommé doyen de la Faculté des Arts et Lettres de Prague. En 1402, il devient curé, sans charge de communauté, à la chapelle de Bethléem. Il s'illustre par une prédication évangélique et sociale, dénonçant les vices des laïcs et les profits du clergé. En 1409, il commence à être accusé de ne pas dénoncer Wyclif et de contester l'autorité du pape. Elu recteur de l'Université, il participe à sa réorganisation, et devient le chef du mouvement réformateur. En 1411, il subit l'interdit du pape qui s'étend sur toute la ville. Dans des disputes universitaires, des prédications, des publications, il se lance dans la controverse contre les indulgences. En 1412, alors que des émeutes éclatent à Prague et qu'il est menacé d'excommunication, Hus s'exile en Bohême du sud où il développe une intense activité littéraire. En 1413, il publie son grand ouvrage De ecclesia censuré à Prague, Paris et Constance. En 1414, il se rend au concile de Constance pour y défendre sa cause. Il poursuit une correspondance avec les fidèles de la chapelle de Bethléem et approuve la communion sous les deux espèces. En juillet 1415 il refuse d'abjurer devant le concile qui le condamne, le dégrade de ses titres sacerdotaux et le remet à l'autorité civile pour être exécuté sur le bûcher (6 juillet)

I

Iconoclaste

Mot d'origine grecque qui veut dire " briseur d'image ". On appelle " iconoclastes " les partisans des empereurs byzantins qui s'opposèrent à l'adoration et au culte des images saintes

Iconostase

Il s'agit d'un mur en bois qui sépare dans les Eglises orthodoxes l'espace de l'autel de l'espace des fidèles. Sur ce mur en bois, traversé par trois portes, se fixent plusieurs rangées d'icônes. A droite de la porte centrale se trouve celle de Jésus, à gauche celle de Marie avec l'enfant

Identité

Le mot " identité " est généralement utilisé à propos du sujet humain pour exprimer le coeur même de son être. L'identité dit ce que l'on est, ce qui anime les choix les plus fondamentaux

Ignace d'Antioche

Père de l'Eglise d'Antioche mort martyr à Rome entre 100 et 117. Après les textes du Nouveau Testament, les lettres d'Ignace représentent, pour l'ecclésiologie, le dogme et la spiritualité, le document le plus important qui nous soit parvenu sur les origines chrétiennes au tout début du 2e siècle. Le chef de l'Eglise d'Antioche y exprime avec autant d'autorité que d'insistance son souci, presque son obsession, de l'unité à garder pour chaque Eglise autour de son évêque et pour toutes les Eglises entre elles. Gardien du mystère de Jésus-Christ, il y multiplie les mises en garde contre les fausses interprétations et les tentations gnostiques. C'est dans Saint Ignace que pour la première fois l'Eglise est qualifiée de " catholique "

Immaculée

Pour l'Eglise catholique, la Vierge Marie est, dès sa conception, pure de tout péché et en particulier du péché originel. L'Immaculée Conception a été promulguée comme dogme par Pie IX en 1854. Les orthodoxes ne reconnaissent pas ce dogme, mais considèrent Marie comme " Vierge immaculée " dès la conception du Christ en son sein. Les protestants n'admettent ni le dogme, ni le terme pour deux raisons essentielles : l'absence de référence scripturaire et le refus de la notion de coopération de Marie à l'oeuvre du salut.

Indulgences

L'indulgence existe dès le 11e siècle dans l'Eglise d'Occident. C'est la remise par l'Eglise des peines temporelles méritées par le pénitent en raison de ses péchés. La doctrine des indulgences a sa source dans la conviction que l'Eglise est l'administratrice du trésor des mérites du Christ et des saints. Elle a donc le pouvoir d'en faire bénéficier les fidèles, moyennant certaines contreparties (récitation de prières, pèlerinages, processions...), et de leur permettre ainsi d'échapper. Au moment de la Réforme, cette rémission de la peine pouvait aussi s'obtenir en acquittant une somme d'argent.
Cette vente, et plus encore la doctrine qui la justifie, ont rencontré de nombreux opposants au cours des siècles : Hus, Wyclif, Luther...

Infaillibilité

Ce terme caractérise la capacité à dire ce qui est vrai ou juste sans possibilité d'erreur. On parlera d'un diagnostic infaillible ou d'un jugement infaillible. Mais ce mot appartient habituellement au domaine ecclésial où il désigne l'aptitude et le pouvoir de l'Eglise à énoncer, à travers ses autorités personnelles ou collégiales, la vérité en matière de foi. Le concept d'infaillibilité a pris un relief particulier depuis les décisions du concile Vatican I (1870) qui a attribué l'infaillibilité au pape lorsqu'il intervient ex cathedra, c'est-à-dire qu'il décide, dans l'exercice de sa charge de pasteur et de docteur de tous les chrétiens, qu'une doctrine en matière de foi ou de moeurs doit être admise par l'ensemble de l'Eglise. Contrairement à l'Eglise catholique, les Eglises protestantes ne retiennent pas ce concept considérant que l'Eglise visible est faillible

Interconfessionnel

Ce mot désigne toutes les formes de relations personnelles ou institutionnelles existant entre les diverses confessions chrétiennes. Il ne doit pas être confondu avec le vocable " interreligieux " qui a un sens plus large et désigne toutes les formes de relations personnelles et institutionnelles existant entre les grandes religions (christianisme, judaïsme, islam, hindouisme ... )

Irénée de Lyon

Originaire d'Asie Mineure, Irénée avait passé sa jeunesse à Smyrne où il avait été en relations avec l'évêque de cette ville, Polycarpe, lequel avait reçu l'enseignement de Jean " qui avait vu le Seigneur ". Devenu évêque de Lyon en Gaule, vers 175, il fut mêlé à certaines controverses ecclésiastiques entre Eglises orientales et Rome sous les papes Eleuthère et Victor (175-199). Son oeuvre, dirigée en grande partie contre le gnosticisme, contient des formules qui ont trouvé beaucoup d'écho dans la pensée chrétienne moderne. En fait, il est avant tout un homme de tradition qui reproduit des enseignements transmis dans l'Eglise bien avant lui. Il est par là un précieux témoin, à la fois des systèmes gnostiques qu'il combat et de la tradition chrétienne primitive qu'il utilise contre le gnosticisme.

J

Jean Chrysostome

Jean Chrysostome (344-407), aussi appelé Jean " bouche d'or " (c'est le sens du mot chryso-stome) est originaire d'Antioche. Il devient évêque de Constantinople. C'est un des Pères grecs les plus connus par sa vie de témoin et sa courageuse prédication.

K

KEK, Conférence des Eglises Européennes

Instance européenne (grande Europe) de dialogue entre orthodoxes, anglicans et protestants. Son but : promouvoir le dialogue entre ces Eglises, susciter des engagements communs, être témoin vis-à-vis des structures politiques européennes. L'Eglise catholique, qui n'en est pas membre, collabore par le biais du Conseil des conférences épiscopales d'Europe ( CCEE) et de la Commission des épiscopats de la Communauté européenne (COMECE)

M

Magistère

Désigne couramment les instances ecclésiales catholiques chargées de maintenir la saine doctrine, de l'enseigner et de trancher en cas de conflit doctrinal. Le magistère est assuré par les évêques, celui de Rome et tous les autres, et la curie romaine, aidés des théologiens.

Mémorial

Récit liturgique de la Cène, pendant la célébration eucharistique et plus largement rappel (anamnèse) de la mort et de la résurrection du Christ. Dans l'Eglise catholique et l'Eglise orthodoxe, une prière d'offrande du sacrifice du Christ et de l'Eglise est intimement associée à ce récit. L'idée d'une présence particulière du Christ dans la nourriture du repas eucharistique est introduite d'emblée par les paroles mêmes de la Cène, répétées dans le mémorial (" Prenez et mangez, ceci est mon corps..., Buvez-en tous car ceci est mon sang... " , Matthieu 26,26-27).

Ministre/ministère

Etymologiquement, le mot " ministre " signifie " serviteur " et " ministère " " service " (avec, au départ, une notion d'infériorité : la même racine a donné " moins " ou " mineur " !). La Réforme, reconnaît des ministères divers que tout membre de l'Eglise peut théoriquement exercer, mais qui sont confiés durablement ou temporairement à ceux qui sont aptes à les accomplir. Le ministère de la Parole est confié à des " ministres " formés et reconnus par la communauté. Au 16e siècle, le terme de " ministre " ou de " serviteur " désigne les pasteurs (terme qui ne deviendra courant qu'au 19e siècle). Aujourd'hui encore, ce terme est l'appellation officielle pour les pasteurs de l'Eglise réformée de France

Monophysisme

Ce terme vient de deux mots grecs : monos, " seul " et phusis, nature. Il désigne les chrétiens ou Eglises qui attribuent au Christ une seule nature. Il convient toutefois de distinguer deux formes de monophysisme.

  • La première a pour principal représentant le moine Eutychès (milieu du 5e siècle). Pour lui, il y a assimilation entre la nature humaine et la nature divine du Christ en sorte que l'humain, absorbé par le divin, n'a plus de consistance propre. Cette position fut condamnée en 451 par le concile de Chalcédoine qui déclara que le Christ est " reconnu en deux natures, sans confusion, sans changement ".
  • La deuxième forme de monophysisme est postérieure à Chalcédoine. C'est la position de ceux qui refusent la formulation de Chalcédoine sur les deux natures, mais qui, pour autant reconnaissent à l'humanité du Christ tous les caractères spécifiques de la nature humaine.
    La première forme de monophysisme est considérée comme contraire à l' orthodoxie chrétienne. La seconde ne l'est pas. Aujourd'hui encore, il existe des Eglises chrétiennes appelées monophysites ou " préchalcédoniennes " : l'Eglise copte orthodoxe, l'Eglise éthiopienne, l'Eglise arménienne orthodoxe ou " grégorienne ", l'Eglise orthodoxe syrienne ou " jacobite ".

Mott, John

Laïc méthodiste américain (1865-1955), véritable " patriarche " du mouvement oecuménique. C'est lui qui a présidé la conférence missionnaire d'Edimbourg en 1910, première étape du mouvement oecuménique du 20e siècle

Multiconfessionnel

Ce mot désigne tout ce qui se rapporte aux relations entre deux ou plusieurs confessions chrétiennes. En particulier les dialogues oecuméniques qui peuvent être soit bilatéraux entre représentants de deux Eglises, ou multilatéraux entre représentants de plusieurs Eglises

Mystique

Ce mot peut désigner des expériences spirituelles variées. Il est souvent utilisé de manière abusive. Il recouvre au sens strict tous les courants et méthodes qui visent à une rencontre directe entre l'être humain et le divin/Dieu. Cette rencontre peut avoir les traits d'une union, voire d'une fusion. La tradition chrétienne souligne l'importance d'une telle expérience personnelle avec Dieu. Elle met toutefois en garde contre tout ce qui tendrait à effacer la dimension d'altérité et fusionnerait l'être humain et Dieu en une seule réalité. Le risque de la mystique est aussi de conduire parfois à un détachement des réalités matérielles et sociales

N

Nestorius-Nestorianisme

Nestorius, patriarche de Constantinople, sépare l'humanité et la divinité en Jésus et déclare que Marie n'est que la mère de l'homme et non la mère de Dieu. Sa doctrine sera condamnée au concile d'Ephèse, en 431, qui affirmera que Marie peut être appelée " Mère de Dieu " (en grec : Théotokos)

O

Origène (vers 185-253 ou 254)

Origène est un Père de l'Eglise du 3e siècle dont l'œuvre théologique et exégétique est très importante. Il naît à Alexandrie vers 185. Son père meurt martyr en 202. Il n'a que 18 ans quand Démétrios, l'évêque d'Alexandrie, lui confie la direction de l'école de catéchèse dans cette ville. Il y enseignera et rédigera ses traités et ses commentaires bibliques jusqu'en 232 environ. A cette date, un conflit avec l'évêque Démétrios l'oblige à quitter Alexandrie pour Césarée où il avait été ordonné prêtre et où il continuera son œuvre. Son but était l'enseignement de " la vérité de la foi " à partir des Ecritures et la réfutation des courants jugés hérétiques. Il a eu de son vivant une très forte influence sur la constitution de la théologie chrétienne et il a posé les règles de l'exégèse. Emprisonné et torturé pendant la persécution de l'empereur Dèce, il meurt vers 253 des suites des sévices subis. Après sa mort, son œuvre sera traduite en latin et commentée par ses disciples. Elle reste très vivante jusqu'au 6e siècle, suscitant des confrontations avec la doctrine de la Trinité définie par le concile de Nicée. L'empereur d'Orient Justinien condamne Origène et sa doctrine en 543. Du fait de cette condamnation, une grande partie de l'œuvre en grec d'Origène s'est perdue

Orthodoxie

De deux mots grecs orthos : " ce qui est droit " et doxa : " l'opinion, l'enseignement, la doctrine ". C'est l'ensemble des idées ou conceptions traditionnellement admises dans une discipline (art, science, morale...) ou une institution (parti, école, Eglise...). Le terme " orthodoxie " peut donc être traduit par " la droite doctrine ". On appelle " orthodoxie " l'ensemble des opinions, considérées comme " droites et vraies " par la fraction dominante d'une Eglise (et par extension de toute organisation) et enseignée officiellement.
En théologie, ce terme désigne la conformité aux opinions, croyances et doctrines reconnues comme officielles par l'Eglise. Il s'oppose à hétérodoxie (qui s'écarte de la doctrine reçue) et à hérésie. On considère que l'ensemble des Eglises reconnaissent dans les formulations des quatre premiers conciles œcuméniques l'expression orthodoxe de la foi chrétienne.
Mais le mot orthodoxie (ou le qualificatif orthodoxe) a aussi un sens plus précis. Il désigne les Eglises d'Orient, appelées encore Eglises orthodoxes, qui se sont séparées de l'Eglise romaine depuis le schisme de 1054.

Œcuménique

Du mot grec oikoumenê qui signifie "la terre habitée". Le Nouveau Testament utilise ce mot pour désigner l'empire romain (Luc 2/1 ; Matthieu 24/14). Est donc œcuménique ce qui a une portée universelle. Ainsi les conciles des premiers siècles de l'Eglise sont appelés conciles œcuméniques car leurs décisions s'appliquaient à l'ensemble de la chrétienté de l'époque. Le mot œcuménique a pris, à partir du 20e siècle, un sens plus spécifique. Il qualifie les relations qui existent entre les différentes Eglises chrétiennes (anglicane, catholique, orthodoxes, protestantes) en vue de leur rapprochement. A différents niveaux (local, national, international...) et sous différentes formes (institutionnelles, doctrinales, spirituelles...), le mouvement œcuménique travaille à la réconciliation et à l'unité des Eglises. L'usage du mot œcuménique dépasse aujourd'hui cette seule signification ecclésiale. Certains s'en servent pour évoquer le dialogue des Eglises avec d'autres religions ou pour qualifier tout effort en vue de l'unité entre des personnes ou des groupes humains.

P

Patriarcat

Signifie " lieu de juridiction et résidence d'un patriarche ". Patriarche est une désignation d'origine grecque (patri : père, archès : l'origine) qui, dans l'Ancien Testament s'applique aux " pères " du peuple d'Israël : Abraham, Isaac et Jacob. Aux premiers siècles du christianisme, les sièges importants de certains évêques étaient appelés " patriarcats " (Rome, Alexandrie, Antioche, Constantinople et Jérusalem). Aujourd'hui dans les Eglises orthodoxes, il y a les patriarcats historiques et ceux des Eglises nationales indépendantes : les patriarcats de Russie, de Serbie, de Bulgarie et de Roumanie par exemple

Péché

Correspond au mot hébreu " manquer un but ", " être séparé de ". Dans la Bible, le péché est la rupture du lien de la personne avec Dieu. Le pécheur est celui qui oublie l'alliance avec Dieu en ne respectant pas ses commandements, en violant ses droits et en transgressant ses lois. Deux compréhensions de ce mot existent dans le langage de la Bible. Certains textes jouent justement sur ces deux compréhensions. L'une est morale et l'autre théologique. La compréhension morale appelle " pécher " : commettre des actions non conformes à la loi. Par exemple : voler quelque chose à quelqu'un, mentir, etc. Il existe aussi une compréhension théologique de ce terme. " Pécher " veut alors dire : vivre sans référence à Dieu, être coupé de Dieu. Le péché, c'est vivre sans Dieu ou prendre sa place ou encore se fabriquer des dieux avec les choses du monde, c'est-à-dire l'idolâtrie. Le péché n'est pas identifiable aux fautes morales, mais elles sont les effets et les symptômes de cette relation faussée avec Dieu

Péché originel

Le terme de " péché originel " se rapporte à la théologie d'Augustin qui, pour expliquer le mal toujours déjà là, développe l'idée selon laquelle la transgression d'Adam et Eve se transmets (en allemand, on parle de Erbsünde ce qui veut dire " péché hérité ") quasi biologiquement à tous leurs descendants. Très vite, l'acte sexuel devient alors le moment de cette transmission. Cette représentation explique en partie pourquoi la sexualité censée véhiculer le péché " des origines " a été considérée avec autant de méfiance par toute une partie de la tradition chrétienne.

Pentarchie

Nom donné à l'organisation ecclésiale qui, dans les derniers siècles de l'époque patristique, s'est cristallisée autour de cinq sièges épiscopaux majeurs : en Occident, Rome ; en Orient Constantinople, Alexandrie, Antioche et Jérusalem. Cette organisation a été reconnue par le concile oecuménique de Constantinople IV (869-870)

Pères/Patristique

On dit plus couramment " Pères de l'Eglise ". Dans l'Antiquité, le maître était souvent désigné comme " Père ". C'est pourquoi on désigne ainsi les théologiens considérés comme témoins de la tradition authentique de l'Eglise, jusqu'aux 7e/8e siècles. En patristique (recherche sur les textes des Pères de l'Eglise), on appelle " Pères Apostoliques " ceux qui succèdent directement aux apôtres. Pour les suivants, on distingue entre " Pères latins " et " Pères grecs " selon la langue dans laquelle ils rédigeaient leurs écrits. Par exemple, Jean Chrysostome est un " Père grec ", Augustin, un " Père latin "

Phylétisme

Du grec phylon, race, tribu. Se dit des Eglises orthodoxes autocéphales lorsque leur caractère local s'exacerbe en nationalisme. Le phylétisme est considéré comme une véritable hérésie condamnée par le synode des patriarches orthodoxes tenu à Constantinople en 1872. A cette date l'Eglise de Bulgarie proclama, sans l'accord de Constantinople, son autocéphalie et prétendit établir, à Constantinople même, un évêché pour les Bulgares soustrait à la juridiction de la hiérarchie locale. Mais cette condamnation n'enraya nullement la tendance contemporaine à la multiplication des autocéphalies

Piété/Piétisme

La piété désigne la dévotion, l'attachement aux devoirs et pratiques religieuses, avec une nuance de ferveur dans le langage courant. Ce mot a donné son nom à un courant important qui a touché et marqué fortement le protestantisme : le piétisme. Il vaudrait d'ailleurs mieux parler des piétismes car il y a une grande diversité à l'intérieur de ce mouvement. Dès les 17e et 18e siècles, s'opposant à un christianisme de routine et au dogmatisme théologique, il insiste sur un " Réveil ", une " conversion " de chaque croyant, sur une vivification spirituelle de la vie de l'Eglise et sur une transformation du monde en vue du Royaume du Christ. Il développe la vie communautaire (" communautés de réveillés ") mais tend aussi à développer une pratique centrée sur l'individu (introspection, insistance sur la conversion personnelle et la régénération). Il a suscité de nombreuses productions artistiques et littéraires, et marque encore une partie de la piété protestante. Certaines formes du piétisme ont aussi donné naissance à des oeuvres diaconales

Prosélytisme

Du grec prosèlutos qui est lui-même la traduction de l'hébreu ger qui désigne l'étranger installé dans le pays et naturalisé. Le terme prosélyte est utilisé dans le Nouveau Testament pour désigner le païen qui est venu s'ajouter au peuple juif en pratiquant sa religion comme le " craignant Dieu " (Actes 10,2-22 ; 13,16), mais aussi en acceptant la circoncision (Actes 2,10 ; 6,5). Aujourd'hui on appelle prosélyte le nouveau converti à une religion, le nouvel adepte d'une Eglise.
Le mot prosélytisme a souvent une connotation négative. Il désigne alors l'attitude de personnes, d'Eglises ou de religions qui font preuve d'un zèle intempestif et parfois de méthodes critiquables pour rallier à tout prix les autres à leurs propres convictions. Cela a pu être et est encore en certains lieux une source de tensions et de conflits.

Protestants

Du latin protestare, protester/attester. Cette appellation remonte à 1529 lorsque les villes et les princes allemands qui avaient adhéré à la Réforme refusent solennellement de condamner une doctrine qu'ils tiennent pour chrétienne et de prononcer son abolition dans leurs Etats. Dans le texte de la " protestation " qu'ils adressent à l'Empereur Charles-Quint, ils écrivent notamment : " Si vous ne vous rendez pas à notre requête, nous PROTESTONS par les présentes, devant Dieu, notre unique Créateur.... ainsi que devant tous les hommes et toutes les créatures, que nous ne consentons ni n'adhérons en aucune manière pour nous et pour les nôtres, au décret proposé dans toutes les choses qui sont contraires à Dieu, à sa sainte Parole, à notre bonne conscience, au salut de nos âmes ... ". " Nous protestons " : de là est né le mot de " protestant " donné aux fidèles des Eglises issues de la Réforme du 16e siècle. Le protestantisme est composé de différentes Eglises : luthériennes (Martin Luther), réformées (Jean Calvin), méthodistes (John Wesley), baptistes... S'y rattachent aussi, plus ou moins directement, des communautés et mouvements pentecôtistes ou " évangéliques " (au sens anglosaxon : evangelicals).

R

Réception

Terme technique désignant le processus d'appropriation par l'ensemble de l'Eglise, d'un texte, d'une décision, d'un accord doctrinal, synodal, conciliaire ou interconfessionnel.

Royaume

Le mot grec utilisé dans le Nouveau Testament peut être traduit par royaume, règne ou royauté. Le Royaume de Dieu est là où Dieu règne. Ce n'est pas un lieu spécifique mais plutôt une relation particulière entre Dieu et les hommes qui se traduit dans des relations de paix, de justice et de fraternité entre les hommes. Jésus annonce qu'il est déjà présent, de manière non éclatante, comme une semence. Il est appelé à une plénitude à la fin des temps quand le Christ reviendra.

S

Sacerdoce royal

C'est dans l'Eglise orthodoxe le sacerdoce des baptisés, se référant à Apocalypse 1,6 " il nous a faits rois et prêtres de Dieu son Père ". Ce sacerdoce ne se confond en aucune manière avec le sacerdoce des ministres ; tous sont avant tout membres du peuple de Dieu. Christ seul est prêtre, tous sont prêtres par participation (sacerdoce royal), quelques-uns sont évêques et presbytres (sacerdoce d'ordre). Christ est prêtre par l'onction, les ministres le sont par l'imposition des mains ; la seule ordination sacerdotale par onction est celle de l'onction chrismale du sacerdoce royal conféré à tout baptisé. L'Eglise catholique tient une doctrine semblable.

Saint

La sainteté est un attribut fondamental de Dieu. L'homme créé à l'image de Dieu est appelé à la sainteté. Dans l'Eglise primitive, les saints étaient les baptisés qui vivaient dans l'esprit évangélique. De nos jours les saints sont ceux, reconnus par l'Eglise ou non, qui ont atteint, dans cette vie, un degré important de participation à la sainteté de Dieu. Catholiques et orthodoxes pensent qu'ils peuvent intercéder pour les vivants ou les défunts devant Dieu.

Salut

L'Ancien Testament comprend le salut comme l'action de Dieu qui libère. Le texte de référence est la sortie d'Egypte, la libération de l'esclavage, de l'oppression. Cette idée de libération est reprise par le Nouveau Testament. La guérison d'une maladie, la relation rétablie avec Dieu et les autres, l'accueil de celui qui se considère perdu...sont signes du salut que Dieu donne. Le verbe " sauver " s'emploie au passif ce qui souligne le fait que Dieu est l'auteur du salut. L'être humain est sauvé, il ne se sauve pas lui-même

Schisme

Du verbe grec schizein qui veut dire " déchirer ", " fendre " et du substantif schisma " division " " séparation ". Aujourd'hui, dans son usage profane, ce mot s'apparente à celui de division, de dissidence. C'est quitter seul ou avec d'autres un groupe organisé auquel on appartenait. En contexte chrétien, un schisme est une brisure de l'unité de la communauté chrétienne et celle-ci est intervenue très tôt dans les Eglises. Paul exhorte les Corinthiens à ne pas se diviser (1Corinthiens 1,10 ; 11,18 ; 12,25). Les Corinthiens schismatiques suivent d'autres maîtres que le Christ et font souffrir le corps de l'Eglise dont les membres sont écartelés. Dans l'Evangile de Jean, le schisme (schisma) est une division provoquée par la parole de Jésus parmi ses auditeurs (les foules Jean 7,43 ; les Juifs Jean 9,16 ; 10,19). Selon le catéchisme catholique, le schisme est une séparation de la pleine communion de l'Eglise catholique (canon 817). De ce point de vue, on doit distinguer le schisme de l' hérésie qui recouvre une erreur dogmatique ; et le schisme de l'apostasie qui signifie le reniement de la foi, même si, en pratique, ces positions constituent toutes une séparation d'avec l'Eglise de Rome. Au 4e siècle, des courants tels que le donatisme et l'arianisme furent condamnés par des conciles comme schismatiques et hérétiques. L'Eglise a connu plusieurs grands schismes au cours de l'histoire (Voir aussi " Schisme de 1054 " et " Grand schisme d'Occident ").

Schisme de 1054

En 1054 un schisme a rompu l'unité de l'Eglise, séparant l'Eglise de Rome de l'Eglise de Constantinople. Plusieurs tentatives ont été faites pour retrouver l'unité, en particulier aux conciles de Lyon (1274) et de Florence (1438) ; elles ont échoué. En 1964, le contact a été renoué entre le pape Paul VI et le patriarche Athënagoras de Constantinople. En 1975 les anathèmes de 1054 ont été voués par eux à l'oubli. Mais l'unité n'est toujours pas retrouvée

Septante

Traduction grecque de la Bible hébraïque entreprise par les communautés juives d'Alexandrie en Egypte au 3e siècle av. JC. Elle était destinée aux juifs qui ne connaissaient plus l'hébreu. La légende veut que 72 (septante deux) savants juifs, travaillant en différents lieux et sans se consulter, soient arrivés à la même traduction en 72 (septante deux) jours. D'où le nom de " Septante " que l’on abrège aussi parfois en chiffres romains : LXX.

Söderblom, Nathan

Professeur et évêque luthérien suédois (1866-1931). Fondateur du mouvement du Christianisme pratique.

Status confessionis

On parle de status confessionis dans une situation qui exige une confession de foi, dans un temps où l'Eglise doit prendre publiquement une position nette et tranchée, faute de quoi elle cesse d'être l'Eglise

Succession apostolique

L'expression " succession apostolique " désigne, de manière large, la continuité de l' apostolicité de l'Eglise c'est-à-dire sa fidélité à l'enseignement originel posé par les apôtres. Mais cette expression s'entend souvent, de manière plus étroite, d'une succession historique d'évêques remontant sans interruption jusqu'aux apôtres. Dans la doctrine officielle de plusieurs Eglises (Eglise catholique romaine, Eglises orthodoxes, Eglise anglicane...), l'ordination d'un évêque, pour être valide, nécessite l'imposition des mains par un, ou plutôt plusieurs, autres évêques, inscrits eux-mêmes dans cette succession historique par l'imposition des mains reçue lors de leur propre ordination. Par contre, pour les Eglises luthériennes et réformées, l'apostolicité de l'Eglise n'est pas garantie par la continuité historique de la succession à travers le ministère épiscopal de l'Eglise, mais par la fidélité au message des apôtres.

Symbole de la foi/credo

Aussi appelé credo, son premier mot en latin (je crois). Profession de foi chrétienne résumant l'essentiel des points sur lesquels les Pères sont tombés d'accord (c'est le sens du mot Symbole dans ce cas) lors des deux premiers conciles oecuméniques (Nicée 325 et Constantinople 381)

Synode

Mot grec, sunodos, qui veut dire " route commune ", " cheminer ensemble ". Il désigne une assemblée de représentants légitimes d'Eglise. L'institution synodale se met en place à partir du 2e siècle pour régler un certain nombre de crises ou conflits. Les participants sont généralement des évêques mais aussi des prêtres, des diacres et des laïcs. Les synodes ont lieu au niveau d'une province ou d'une région ecclésiastique. Avant le schisme d'Orient, il n'y a pas de différence de nature entre synode et concile mais une simple différence de langue. Ainsi on parle aussi de conciles régionaux ou locaux. Par contre, à partir de Constantin (empereur romain de 306 à 337), ces assemblées ecclésiales deviennent une instance officielle de l'Empire Romain, et bien évidemment c'est le mot latin concilium qui va s'imposer. Depuis le Moyen Age, le terme concile est réservé aux assemblées de l'Eglise universelle et celui de synode généralement aux assemblées régionales.
Dans les Eglises orthodoxes, le synode (local, provincial, patriarcal, œcuménique) est le seul organe de décision authentique. Il exprime ce que vivent et croient toutes les Eglises locales (doctrine, liturgie, vie spirituelle). Le synode ne comprend pas que des évêques, mais ceux-ci ont la primauté.
Dans l'Eglise catholique romaine, le synode (diocésain, provincial, épiscopal) reste soumis aux instances hiérarchiques, notamment aux décisions des conciles convoqués par le pape. Il n'a, par rapport à elles, qu'une fonction consultative.
La synodalité, sous différentes formes, a connu dans les Eglises protestantes un développement important et spécifique, en réaction contre l'exercice centralisé et hiérarchique du pouvoir dans l'Eglise romaine. Dans le protestantisme luthérien et réformé français, les synodes sont des assemblées où ministres et laïcs, délégués par les Eglises locales, décident des orientations à donner à la vie de l'Eglise dans les domaines théologique, liturgique, financier, éthique... Le synode manifeste le lien de communion qui unit les Eglises locales entre elles. Il rend visible la réalité de l'Eglise sur le plan régional et national.

T

Trinité

Un seul Dieu en trois personnes. Terme traditionnel par lequel on qualifie Dieu (Père, Fils et St Esprit) dans son unité et sa diversité, sans confusion ni séparation.

V

Valdo, Pierre (vers 1135-1215)

Aux 12e et 13e siècles, plusieurs mouvements réformateurs font leur apparition, avec pour idéal un retour aux pratiques et à la simplicité de l'Eglise primitive. L'un des plus importants de ces mouvements est celui des Pauvres de Lyon, appelés communément Vaudois, du nom de son inspirateur, Vaudès ou Valdès. L'usage a retenu la forme italienne de ce patronyme : Valdo. Ce riche bourgeois de Lyon connaît la double vocation de pauvreté et de prédication. Il quitte son métier, sa famille, sa cité, regroupant à ses côtés un certain nombre de partisans pour mener avec eux la vie communautaire des premiers chrétiens. Méprisés par les uns comme des sortes de fous, injuriés comme prêchant l'Evangile sans autorisation, les Vaudois progressent quand même et se dispersent dans les régions les plus diverses : Dauphiné, Languedoc, Provence, Italie du Nord, Lorraine, Allemagne, jusqu'en Bohême où serait mort Valdo. Interdite par l'archevêque de Lyon, condamnée par le concile du Latran, l'oeuvre de Valdo se poursuit malgré de nombreuses persécutions. Les Vaudois choisissent en 1532 d'adhérer à la Réforme. Une Eglise vaudoise s'est constituée en Italie et dans le Rio de la Plata (Argentine et Uruguay)

Vissert'Hooft, Willem Adolf

Pasteur réformé néerlandais (1900-1985) qui joua un rôle considérable dans le mouvement oecuménique des deux premiers tiers du 20e siècle. Il fut en particulier le premier secrétaire général du COE ; on dit qu'il en fut l'architecte.

W

Wyclif, John (entre 1320 et 1330-1384)

Après des études à Oxford, il devient professeur en 1361. Il prend position contre le pape pour défendre les intérêts nationaux. Il déclare que l'Eglise n'est pas la propriétaire de ses biens mais simplement l'intendante. Il réclame la sécularisation des biens du clergé. Il est appelé à comparaître en 1377 devant un tribunal d'évêques à la cathédrale Saint Paul de Londres. Grâce au duc de Lancastre et malgré une audience houleuse et un début d'émeute populaire, il est acquitté. Il continue à réclamer une réforme de l'Eglise : il attaque la confession obligatoire, les pénitences, les indulgences, le système de gouvernement dont le pape est le chef. Mais surtout Wyclif veut mettre la parole de Dieu à la portée de tous. Il traduit donc la Bible en langue anglaise, multiplie les sermons et les traités et organise un corps de prédicateurs itinérants. Il a pour devise : " Je crois que la vérité finira par triompher "

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