Module D'où vient le mal? Interroger des réponses...*



Dieu?



Dieu ?

Quand même cette immense fabrique (le monde) apporterait les plus extraordinaires merveilles et ne coûterait qu'une seule larme d'un seul enfant, moi, je refuse... Ce monde de Dieu, je ne l'accepte pas, et quoique je sache qu'il existe, je ne l'admets pas. Ce n'est pas Dieu que je repousse, notez bien, mais la création, voilà ce que je me refuse à admettre... Très respectueusement, je rends à Dieu mon billet d'entrée dans un tel monde.

Fiodor Dostoïevski Les frères Karamazov


  • Comprenez-vous la révolte qui s'exprime dans ce texte ? La partagez-vous ?
  • Etes-vous sensible à la distinction que l'auteur établit entre " Dieu " et " le monde de Dieu " ?

Cliquez sur les termes soulignés : les notices s’affichent en dessous de ce texte

Dieu ?

Quand même cette immense fabrique (le monde) apporterait les plus extraordinaires merveilles et ne coûterait qu'une seule larme d'un seul enfant, moi, je refuse... Ce monde de Dieu, je ne l'accepte pas, et quoique je sache qu'il existe, je ne l'admets pas. Ce n'est pas Dieu que je repousse, notez bien, mais la création, voilà ce que je me refuse à admettre... Très respectueusement, je rends à Dieu mon billet d'entrée dans un tel monde.

Fiodor Dostoïevski Les frères Karamazov


Après étude du texte, nous vous proposons une série de questions qui vous permettront d'actualiser le texte, et de faire de ce récit le vôtre
(nb : les visuels associés aux questions sont uniquement présents pour vous inspirer, mais ne constituent pas un élément de réponse)

Partager avec l'équipe Théovie vos réflexions


  • 20060111130616


    Est-il possible, utile, nécessaire que la théologie réfléchisse à l'énigme du mal ? Doit-elle alors proposer des réponses au malheur, expliquer son origine, interroger les réponses habituelles, faire silence ?

  • 20060111130803


    Comment concilier la foi en un Dieu créateur de vie et l'existence du mal ? Est-il possible de trouver une réponse satisfaisante ?

  • 20060111130921


    Beaucoup de personnes, confrontées au mal et au malheur, affirment ne pas pouvoir croire en Dieu. Comprenez-vous leur attitude ? Les approuvez-vous ? Quelle réponse éventuelle vous inspire une telle attitude ?

  • 20060111131023


    Pensez-vous qu'il soit possible malgré le mal et le tragique de la condition humaine d'éprouver de la reconnaissance pour ce qui est donné en joie, en bonheur, pour ce que Dostoïevski appelle les "merveilles du monde" ?

  • 20060111131140


    Le théologien Bernard Mercier écrit :" Si la raison d'être du mal ne peut pas être "expliquée" de façon satisfaisante, il faut en tirer les conséquences : le mal est là, il ne devrait pas y être, il faut le combattre... et Dieu s'implique lui-même avec nous dans ce combat." Comment vous situez-vous par rapport à cette position ?



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Soyez acteur de votre lecture


  • Connaissez-vous des expressions courantes qui lient le malheur/le mal et Dieu ? Lesquelles ?
  • Quelle différence peut-on faire entre " Dieu " et " sa création " ?
  • Le texte affirme ne pas vouloir ou pouvoir se réjouir " des plus extraordinaires merveilles " aussi longtemps qu'elles coexistent avec " une seule larme d'enfant ". Que pensez-vous de cette mise en balance ?
  • Quelles différences faites-vous entre, " destin ", " volonté divine ", " fatalité ", " déterminisme " ?

Un peu de culture...

Thomas

  1. Tableau du 14e siècle dans le Chœur de Notre Dame de Paris: https://www.paristoric.com/images/iconographie/Arrond-04/paris_4_notre_dame_cloture_choeur_sud_6.jpg
  2. Metropolitan Museum of Art, New York
    Objet de culte (Plaque) Date : vers 1140
    Artiste : Anonyme https://images.metmuseum.org/CRDImages/md/web-large/sf41-100-202s1at.jpg

Dieu à son métier à tisser

Poème d'un auteur inconnu:

Dieu est assise et pleure.
La merveilleuse tapisserie de la création
Qu'elle avait tissée avec tant de joie
Est mutilée, déchirée en lambeaux, réduite en chiffons.
Sa beauté saccagée par la violence.

Dieu est assise et pleure.
Mais voyez,
Elle rassemble les morceaux
Pour tisser à nouveau.
Elle rassemble les lambeaux de nos tristesses,
Les peines, les larmes, les frustrations
Causées par la cruauté, l'écrasement, l'ignorance,
Le viol, les tueries.

Elle rassemble les chiffons du dur travail,
Des essais de plaidoyers, des initiatives pour la paix,
Des protestations contre l'injustice.
Toutes ces choses qui semblent petites et faibles,
Les mots et les actions offertes en sacrifice,
Dans l'espérance, la foi, l'amour.

Et voyez !
Elle retisse tout cela
Avec les fils d'or de l'allégresse
En une nouvelle tapisserie,
Une création encore plus riche, encore plus belle,
Que ne l'était l'ancienne !

Dieu est assise, et tisse.
Patiemment, avec persistance.
Et un sourire rayonne comme un arc-en-ciel
Sur son visage baigné de larmes.

Et elle nous invite
Non seulement à continuer à lui offrir
Les lambeaux et les chiffons
De notre souffrance et de notre travail.
Mais bien plus que cela :
A prendre place à ses côtés, devant le métier de l'allégresse
Et à tisser avec elle
La tapisserie de la création nouvelle.


Echangeons !

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Les merveilles du monde - [Clés de lecture]

20060111134936

 

 

 

 

 

 

 

 

Les merveilles du monde dont parle le texte recouvrent d'abord la création de Dieu dans son ensemble, la beauté de la nature, sa complexité singulière, mais aussi le génie humain, c'est-à-dire des inventions, des évolutions étonnantes dans le monde scientifique, médical, voire social. Tout ce que l'on peut constater de positif et de bienfaisant dans son entourage proche et lointain.

Une seule larme - [Clés de lecture]

20060111125013

Dostoïevski, à travers l'exclamation d'Ivan, l'un des deux frères dans son roman Les frères Karamazov, met en balance les " merveilles " du monde et une " seule larme d'enfant ". Il refuse d'entrer dans la logique selon laquelle beaucoup de bien pourrait compenser le mal. Car cela reviendrait à accepter le mal pour un plus grand bien. Prendre comme élément de comparaison " une seule larme d'enfant " montre bien que cette acceptation n'est pas possible éthiquement. L' enfant dans le contexte du roman est l'être qui subit l'injustice alors qu'il est l'objet de la grâce de Dieu. L'amour de Dieu pour les enfants suscite la révolte d'Ivan contre Dieu. C'est parce que Jésus a dit " Laissez les enfants venir à moi ; ne les empêchez pas, car le Royaume de Dieu est à ceux qui sont comme eux " (Luc 18,16), que la souffrance des petits est particulièrement inacceptable.

Le mal pour un plus grand bien ? - [Clés de lecture]

20060111125231

Devant l'énigme du mal, l'histoire philosophique et religieuse propose des interprétations qui font du mal une sorte de " moyen pédagogique " de Dieu. Le mal n'est alors que le moyen dont Il se sert pour un plus grand bien. Derrière cette explication qui peut paraître révoltante, il y a la question existentielle : comment penser ensemble l'existence du mal et l'existence d'un Dieu miséricordieux et tout-puissant ?

Je ne l'accepte pas - [Clés de lecture]

20060111125155

La révolte d'Ivan Karamasov contre le monde tel qu'il l'expérimente, avec ses horreurs et ses souffrances, montre que les " explications " du mal en fait n'expliquent rien. Ce qui est inacceptable, ce n'est pas tant l'état du monde, mais de faire croire qu'il est normal et même bien que tout soit ainsi. L'interprétation religieuse qui cherche à expliquer le mal sans d'abord crier au scandale devient elle-même scandaleuse. En fait, on refuse d'admettre que toutes les explications sont vouées à l'échec aussi longtemps qu'elles essaient de rendre le mal " moins mal ", de l'apprivoiser, de le domestiquer. Une autre forme de révolte mène tout simplement à refuser Dieu : " S'il y avait un Dieu, cela ne devrait pas exister ". Cette révolte souligne ce qu'il y a d'insupportable et d'insoutenable dans l'idée que Dieu puisse d'une façon ou d'une autre s'accommoder de la souffrance des humains. Dans le fait que même s'il ne la veut pas, en fin de compte il la laisse être. Il est essentiel d'entendre cette mise en garde qui refuse de mêler Dieu à ce qu'il y a de plus douloureux dans l'expérience humaine. Elle nous rappelle qu'il ne faut pas se précipiter du côté de Dieu pour trouver une réponse " facile " à l'énigme du mal. A. Gesché écrit " le problème du surgissement du mal n'est pas résolu. Le sera-t-il jamais ? Je n'y puis répondre, en tout cas ". Il y a là une forme d'humilité qui ne fuit pas la question, mais qui reconnaît que les réponses sont multiples, qu'elles ne dispensent jamais de la réponse individuelle et qui acceptent même l'absence de réponse. Que Dieu soit impliqué ou non dans ces différentes manières de répondre à la question.

Ce n'est pas Dieu que je repousse - [Clés de lecture]

20060111125403

Par cette exclamation, Ivan distingue entre une révolte qui nie l'existence de Dieu et une révolte qui ne la nie pas, mais qui entre en contestation ouverte avec Lui. En fait, Ivan constate que dans le monde comme il se donne à connaître, les bienfaits, les bonnes choses, le positif ne contrebalancent pas le mal sous ses diverses formes. La souffrance ne peut en aucun cas être équilibrée par le bonheur qui existe. S'il ne refuse pas de croire en Dieu comme celui qui finalement réconciliera le monde avec lui-même, il ne peut accepter d'attendre cette révélation finale. " L'entrée coûte trop cher pour nous. J'aime mieux rendre mon billet d'entrée. En honnête homme, je suis même tenu à le rendre au plus tôt. C'est ce que je fais. Je ne refuse pas d'admettre Dieu, mais très respectueusement, je lui rends mon billet. " Le but lointain d'une réconciliation possible ne peut justifier le chemin parsemé de malheurs et de souffrances qui y mène.
La révolte contre Dieu s'enracine donc dans cette prise de conscience que l'univers, la création n'est pas " la meilleure possible " contrairement à ce qu'affirmait Leibniz. Mais elle naît aussi précisément de la foi en un Dieu dont la Bible affirme sa sollicitude envers l'être humain. Ce n'est pas seulement ni même en premier lieu le non-croyant qui se révolte. La révolte est ici d'abord celle du croyant qui ne comprend pas comment faire tenir ensemble l'amour de Dieu et les horreurs du monde.

La création - [Clés de lecture]

20060111125444

Pour Ivan Karamasov, le monde créé ne reflète pas l'intention de son créateur. En lisant le récit de la Genèse où Dieu déclare après chaque jour de la création que " tout est bon ", on peut se poser la question : Qu'est-ce qui perturbe cette bonté première ? Le récit lui-même ne donne pas de réponse. Sauf peut-être quand il mentionne que la création elle-même se situe déjà dans une sorte de révolte contre le chaos. Elle repousse, par la parole créatrice, un chaos qui ne laisse pas de place à la vie. Lorsqu'au chapitre 4, le texte parle de la jalousie entre frères qui aboutit au meurtre, il n'explique pas de manière fondamentale le mal. Il n'en mentionne que les effets de surface, les symptômes (la jalousie, la non-acceptation du sacrifice par Dieu...). Les récits expriment simplement que le mal est " toujours déjà là ". Toutefois cette prise de conscience d'un " toujours déjà là " du mal ne pousse pas à la résignation devant cette " fatalité ". Au lieu de se focaliser sur la question de son origine, il s'agit plutôt de trouver une manière de le limiter et de le combattre. De découvrir sa présence menaçante tant intérieure qu'extérieure à l'être humain pour lutter contre elle.
Pour souligner que Dieu lui-même est concerné par cette possible résurgence du mal à tout moment, certains auteurs ont parlé de la surprise de Dieu devant le mal. Ainsi, dans le récit de la création, les questions de Dieu " Adam où es-tu ? " et " Eve, qu'as-tu fait ? " sont de vraies questions qui expriment l'étonnement et la déception de Dieu. Dans le récit de la tour de Babel, Dieu " descend pour voir [la tour de Babel] et s'étonne " que " la première oeuvre des hommes " soit celle-là.

Dieu lui-même est concerné - [Clés de lecture]

20060111125523

Penser que Dieu est concerné par la question du mal, évite de faire de lui une sorte de spectateur insensible qui regarde d'en haut comment l'être humain se débrouille en bas. Beaucoup de tentatives pour " expliquer " le mal et la souffrance mettent en effet en scène un Dieu qui trône au-dessus des événements. Pourtant, les récits bibliques, tout particulièrement le Nouveau Testament, ne cesse de proclamer un Dieu touché par le mal. On pourrait presque dire que l'ennemi est commun à Dieu et à l'être humain. Dieu est avec l'être humain (et l'être humain avec Dieu) pour le combattre. Ainsi, les récit de la crucifixion et de la résurrection du Christ ne racontent pas la terrible fin d'un condamné innocent, comme il en existe des milliers à travers l'histoire humaine. Ils essaient de dire une chose bien plus bouleversante : Dieu lui-même est là, avec celui qui subit la mort, et avec lui, il ne reste pas confiné au tombeau. C'est au nom d'un Dieu des vivants, d'un Dieu de la vie que le combat de l'être humain pour plus de justice et de bonheur trouve un sens profond.

Une certaine interprétation de la Croix - [Contexte]

20060111125624

Il arrive que la portée de la mort de Jésus sur la croix soit minimisée par une interprétation qui fait de Jésus une sorte de souffre-douleur, ne se révoltant pas contre l'injustice qui lui est faite. On oublie alors sa prière angoissée, répétée trois fois au jardin de Gethsémané, son cri sur la croix et, surtout peut-être, son engagement pendant son ministère contre toute forme d'injustice, de maladie et de souffrance. Une autre manière de relativiser l'importance centrale de l'événement, c'est de dire que finalement ce qui importe, ce n'est pas la mort, mais le matin de Pâques. Comme si le ressuscité ne portait plus les traces de la croix. Prendre la mesure de l'événement et penser que Dieu ne s'est pas absenté de la croix aide à comprendre que " Les morts innocents et les tragédies qui frappent l'humanité ne sont pas des "détails" que l'on pourrait en fin de compte récupérer dans une vision d'ensemble optimiste de la marche de l'histoire. " comme l'écrit Bernard Mercier. Il poursuit en disant : " Nous n'avons pas davantage avec la croix du Christ une sorte de clef de compréhension de l'histoire du type "après l'hiver, le printemps" ! Ce serait lui enlever tout son aspect tragique et non désiré, et lui ôter toute historicité. " Au contraire, penser Dieu comme celui qui s'oppose résolument au mal parce que celui-ci l'offense en premier permet un engagement lucide qui regarde la réalité en face sans rêver à un monde sans heurts.

Différentes entreprises pour innocenter Dieu... - [Contexte]

A travers l'histoire de l'Eglise, l'être humain a essayé de penser ensemble l'existence de Dieu et l'existence du mal. Avec un peu de recul, toutes ces tentatives ressemblent à des essais d'innocenter Dieu de toute responsabilité dans le mal. Différents arguments sont avancés. Il y a ceux qui sont d'ordre négatif : il s'agit de montrer comment et pourquoi Dieu ne peut être tenu responsable, direct ou indirect, du mal, ni dans son origine, ni dans son maintien, sauf à introduire le principe de la permission du mal en vue de sauvegarder la liberté de l'homme. Quand l'argumentation est positive, elle se situe à plusieurs niveaux :
· de nature éthique : thèse de l'épreuve et du châtiment : " Dieu punit ", " Dieu éprouve ceux qu'il aime ".
· de nature cosmologique : thèse du meilleur des mondes possibles ; de l'harmonie de l'ensemble qui n'est pas affectée par des défaillances de détails
· de nature métaphysique : le mal n'a pas d'être, le mal n'est pas ; le mal est simplement " absence de bien ".

Le principe de la permission - [Contexte]

Devant l'énigme du mal dans le monde, certains avancent que Dieu ne peut pas faire autrement que laisser le mal exister puisque sinon, il lui faudrait ôter la liberté à l'être humain. C'est donc la liberté de l'être humain (en particulier de faire le mal) qui " vaut plus " que l'absence de mal. Si d'un point de vue logique, ce raisonnement peut se défendre, il montre ses failles d'un point de vue humain. N'est-ce pas justifier l'injustifiable ? Même la justice humaine met un frein à la liberté dès que celle-ci vire à la transgression et à l'atteinte de l'intégrité de l'autre ! Alors que la justice divine serait une sorte de laisser-faire ? Là où on pense innocenter Dieu d'un côté (sauveur de la liberté humaine), on le charge d'un autre côté (permission des pires injustices au prétexte de sauver justement la liberté humaine).

Albert Camus, ou : constater l'absurde et vivre - [Espace temps]

" Ce n'est pas la souffrance de l'enfant qui est révoltante en elle-même, mais le fait que cette souffrance ne soit pas justifiée. Après tout, la douleur, l'exil, la claustration, sont quelquefois acceptés quand la médecine ou le bon sens nous en persuadent. Aux yeux du révolté, ce qui manque à la douleur du monde, comme aux instants de son bonheur, c'est un principe d'explication " (Camus, Albert, L'homme révolté, Paris : Gallimard, 1951, p. 127).
Ce qui manque fondamentalement face à l'expérience de la souffrance c'est une justification de celle-ci, une explication qui convaincrait. Pour Camus, " Dieu se tait " et l'être humain reste sans réponse à sa question. Le sens de l'existence est mis en question. Seulement, le constat de l'absurde ne permet pas de vivre. Camus propose alors le langage de la révolte comme seul moyen de faire face au sentiment d'absurde. Le langage humain permet de sortir de l'absurde en imposant au monde une cohérence et un sens. Mais ce n'est plus un sens a priori, c'est une cohérence que l'humain lui-même doit établir. Dieu n'explique rien et si le Christ partage le désespoir humain, sa souffrance a trop servi à justifier celle des hommes pour rester une réponse acceptable. Le Christ est simplement un être misérable de plus, souffrant de la main d'un Dieu " père de la mort ".
" Seul le sacrifice d'un dieu innocent pouvait justifier la longue et universelle torture de l'innocence. Seule la souffrance de Dieu, et la plus misérable, pouvait alléger l'agonie des hommes. Si tout, sans exception, du ciel à la terre, est livré à la douleur, un étrange bonheur est alors possible " (Camus, op. cit., p. 52). Dans Actuelles I, Chroniques 1944-1948, Camus écrit : " Le christianisme est fondé sur le sacrifice de l'innocent et l'acceptation de ce sacrifice ". Une certaine interprétation de la Croix peut en effet laisser penser que l'essentiel consiste à subir le mal sans se révolter.

Une lecture populaire de l'histoire de la figure de Job au Congo - [Espace temps]

Pour le professeur André Kabasele Mukenge de Kinshasa, les malheurs accumulés du personnage de Job rendent sa figure disponible pour tenter un rapprochement avec la situation dramatique de la plupart des Africains aujourd'hui. L'attitude de Job au milieu de ces souffrances a retenu l'attention des milieux chrétiens populaires. Cette attitude est résumée dans une formule lapidaire : Le Seigneur avait donné, le Seigneur a repris : que le nom du Seigneur soit béni ! (Job 1,21b). Cependant, un tel recours à Job induit un esprit de résignation et de fatalisme. S'approprier cette formule peut devenir irresponsable dès lors qu'on n'a pas pris toutes les dispositions pour éviter ou combattre le malheur. Une lecture plus attentive de Job invite à ne pas tomber dans une religion de résignation. A bien voir, Job n'est pas un croyant résigné, mais bien un croyant révolté.

La souffrance et la question de Dieu - [Espace temps]

Elie Wiesel raconte : " Les SS pendirent deux Juifs et un adolescent devant les hommes du camp rassemblés. Les deux hommes moururent rapidement. L'agonie de l'adolescent dura une demi-heure. "Où est Dieu , où est-il ?" demanda quelqu'un derrière moi. Après un long moment, alors que l'adolescent se débattait toujours au bout de la corde, j'entendis l'homme appeler à nouveau : "Où est Dieu maintenant ?" Et j'entendis une voix répondre en moi : "Où est-il ? Il est ici... Il est suspendu au gibet !" ".

Leibniz et les " gens de bien " - [Espace temps]

Confronté à la question comment expliquer la coexistence du mal et de Dieu, le philosophe Leibniz arrive à l'affirmation que le monde dans lequel nous vivons est le " meilleur possible " voulu par Dieu. C'est dire que le mal qui existe dans ce monde doit forcément être un " bien déguisé " puisqu'il est d'une certaine manière approuvé par Dieu. Dans Sur l'origine radicale des choses (1697), il écrit : " en ce qui concerne les malheurs, et surtout ceux qui frappent des gens de bien, il faut tenir pour certain qu'ils se transforment en un bien plus grand à leur avantage... On peut dire qu'en général les malheurs sont des maux provisoires, mais qu'ils finissent par être des biens, puisqu'ils constituent des voies abrégées vers la plus grande perfection... " Deux choses sont à relever : tout d'abord, en parlant des " gens de bien ", on comprend que la question concerne bien un mal " immérité ". Pour les " gens mauvais ", la question ne se pose pas, car on considère alors que le mal est une juste punition. Deuxièmement, on a là un exemple du fossé qui se creuse quand le philosophe ou le théologien quitte le terrain de l'expérience de la souffrance pour y réfléchir de manière totalement théorique. Ce genre de définition apporte une réponse quasi mathématique au problème mais totalement cynique devant la souffrance concrète. Dieu apparaît ici comme le créateur qui reste totalement impassible et étranger à la souffrance de ses créatures.

Origène, Luther, Moltmann et l'impassibilité de Dieu - [Espace temps]

L'impassibilité de Dieu désigne le fait qu'il n'est pas affecté par des sentiments de tristesse, de douleur, de peine mais aussi de joie et de bonheur. Cette image d'un Dieu impassible a été défendue surtout dans le contexte de la philosophie grecque. Ainsi, beaucoup de pères de l'Eglise grecs ont été influencés par cette pensée. Certains pourtant, appuyés par le témoignage biblique, proposent une autre image. Ainsi, Origène s'écrie : " Le Père lui-même n'est pas impassible ! Si on le prie, il a pitié et compassion. Il souffre une passion d'amour " (Homélie sur Ezéchiel, VI, 51).
Martin Luther dessine aussi dans son œuvre une image de Dieu " ami des hommes " qui se met en souci pour l'être humain et qui est loin de l'impassibilité dont parle la philosophie grecque. De notre temps, un théologien comme Jürgen Moltmann fait remarquer que le christianisme affirmant l'incarnation de Dieu et l'événement de la Croix ne peut garder l'image d'un Dieu qui trônerait au-dessus de tout et de tous sans être affecté par ce qui arrive à ses créatures. Dans Trinité et histoire, il parle même d'une passion éternelle de Dieu : " Il n'y a pas de définition de l'essence divine qui pourrait faire abstraction de cette passion éternelle de Dieu que révèle la passion historique du Christ. "

" Et Dieu vit que cela était bon " - [Textes bibliques]

Genèse 1,10,12,18,21,25
Et Dieu vit que cela était bon

et plus loin, après la création de l'être humain :

Genèse 1,31
Dieu vit tout ce qu'il avait fait. Voilà c'était très bon.

Dieu n'est pas une idole - [Textes bibliques]

La Bible essaie de lutter contre la tendance humaine de se construire un dieu à son image. Tantôt ironiquement, tantôt amèrement, elle critique ces constructions humaines qui ne servent ni ne sauvent l'être humain. Si l'Ancien Testament s'attaque aux constructions concrètes, de bois et de métal, on peut élargir la critique à toutes les tentatives humaines visant à élever quelqu'un ou quelque chose au rang d'un dieu.

Exode 20,4
Tu ne te feras pas d'idole, ni rien qui ait la forme de ce qui se trouve au ciel là-haut, sur terre ici-bas ou dans les eaux sous la terre.

2Chroniques 33,7
Il installa dans la Maison de Dieu l'idole sculptée qu'il avait faite; pourtant Dieu avait dit à David et à son fils Salomon: "Dans cette Maison, ainsi que dans Jérusalem, que j'ai choisie parmi toutes les tribus d'Israël, je mettrai mon nom pour toujours."

Esaïe 40,19-20
L'idole? c'est un artisan qui l'a coulée; mouleur, il plaque sur elle de l'or, moulant aussi des bandeaux d'argent. Celui qui est plus limité pour sa contribution au culte, c'est du bois inaltérable qu'il choisit. Il se cherche un artisan habile pour dresser une idole qui ne branle pas.

Esaïe 42,17
Les voici rejetés en arrière, tout honteux, ceux qui mettent leur assurance dans une idole, ceux qui disent à du métal fondu: "Nos dieux, c'est vous!"

Esaïe 44,15-17
C'est pour l'homme bois à brûler: il en prend et se chauffe, il l'enflamme et cuit du pain. Avec ça il réalise aussi un dieu et il se prosterne, il en fait une idole et il s'incline devant elle. Il en fait flamber la moitié dans le feu et met par-dessus la viande qu'il va manger: il fait rôtir son rôti et se rassasie; il se chauffe aussi et dit: "Ah, ah, je me chauffe, je vois le rougeoiement!" Avec le reste il fait un dieu, son idole, il s'incline et se prosterne devant elle, il lui adresse sa prière, en disant: "Délivre-moi, car mon dieu, c'est toi!"

Esaïe 45,20
Rassemblez-vous et venez, avancez-vous ensemble, rescapés des nations: ils ne savent rien, ceux qui portent haut leur idole de bois, et adressent leur prière à un dieu qui ne sauve pas.

Jérémie 2,27-28
Ils disent au bois: "Tu es mon père!", à la pierre: "C'est toi qui m'as enfanté." Oui, ils me présentent la nuque et non la face; mais dès qu'ils sont malheureux, ils me disent: "Lève-toi! Sauve-nous!" Où sont-ils les dieux de ta fabrication? Qu'ils se lèvent s'ils peuvent te sauver quand tu es malheureuse, puisque tes dieux sont devenus aussi nombreux que tes villes, ô Juda!

Jérémie 10,14-15
tout homme demeure hébété, interdit, tout fondeur a honte de son idole: ses statues sont fausses, il n'y a pas d'esprit en elles; ce sont des absurdités, objets de quolibets: quand il faudra rendre compte, elles périront.

A quoi reconnaître le ressuscité ? - [Textes bibliques]

Il est surprenant que les récits de Pâques dans les évangiles insistent sur la difficulté de reconnaître le ressuscité. La seule chose qui semble l'identifier de manière incontestable, ce sont les marques qu'il porte, celles de la croix, et donc de sa mort. Le récit le plus saisissant est certainement celui de l'évangile de Jean qui met en scène Thomas, l'un des douze qui ne croit qu'à condition de voir les signes identifiant le crucifié-ressuscité.

Jean 20,24-28
Cependant Thomas, l'un des Douze, celui qu'on appelle Didyme, n'était pas avec eux lorsque Jésus vint. Les autres disciples lui dirent donc: "Nous avons vu le Seigneur!" Mais il leur répondit: "Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je n'enfonce pas mon doigt à la place des clous et si je n'enfonce pas ma main dans son côté, je ne croirai pas!" Or huit jours plus tard, les disciples étaient à nouveau réunis dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vint, toutes portes verrouillées, il se tint au milieu d'eux et leur dit: "La paix soit avec vous." Ensuite il dit à Thomas: "Avance ton doigt ici et regarde mes mains; avance ta main et enfonce-la dans mon côté, cesse d'être incrédule et deviens un homme de foi." Thomas lui répondit: "Mon Seigneur et mon Dieu."

Dieu éprouve ceux qu'il aime ? - [Textes bibliques]

Si dans la Bible, on peut trouver des images de Dieu ressemblant à celle du père de famille qui corrige son enfant pour lui éviter un plus grand mal.

Hébreux 12,6
Car le Seigneur corrige celui qu'il aime, il châtie tout fils qu'il accueille.

Proverbes 29,17
Châtie ton fils, tu seras tranquille et il te comblera de délices.

d'autres témoignages refusent l'idée que Dieu instrumentalise le mal. Ainsi, l'épître de Jacques s'y oppose formellement :

Jacques 1,13-14
Que nul, quand il est tenté, ne dise : "Ma tentation vient de Dieu." Car Dieu ne peut être tenté de faire le mal et ne tente personne. Chacun est tenté par sa propre convoitise, qui l'entraîne et le séduit.

Le mal pensé comme punition d'une faute s'applique dans un cadre très restreint et ne peut en aucun cas être utilisé comme " réponse-type ". D'autant plus que cette idée est à mille lieux de ce que Jésus affirme de la bonté de Dieu. Ce dont il doute radicalement, c'est de la bonté de l'être humain et non de celle de Dieu.

Matthieu 7,9-11
Ou encore, qui d'entre vous, si son fils lui demande du pain, lui donnera une pierre? Ou s'il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent? Si donc vous, qui êtes mauvais, savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui le lui demandent.

Luc 6,35
Mais aimez vos ennemis, faites du bien et prêtez sans rien espérer en retour. Alors votre récompense sera grande, et vous serez les fils du Très-Haut, car il est bon, lui, pour les ingrats et les méchants.

Un Dieu ami des hommes - [Textes bibliques]

Beaucoup de récits bibliques dessinent une image de Dieu " ami des hommes ".

Exode 19,4
Vous avez vu vous-mêmes ce que j'ai fait à l'Égypte, comment je vous ai portés sur des ailes d'aigle et vous ai fait arriver jusqu'à moi.

Esaïe 66,12-13
Car ainsi parle le SEIGNEUR: Voici que je vais faire arriver jusqu'à elle la paix comme un fleuve, et, comme un torrent débordant, la gloire des nations. Vous serez allaités, portés sur les hanches et cajolés sur les genoux. Il en ira comme d'un homme que sa mère réconforte: c'est moi qui, ainsi, vous réconforterai, oui, dans Jérusalem, vous serez réconfortés.

Osée 11,4
Je les menais avec des attaches humaines, avec des liens d'amour, j'étais pour eux comme ceux qui soulèvent un nourrisson contre leur joue et je lui tendais de quoi se nourrir.

Matthieu 19,13-14
Alors des gens lui amenèrent des enfants, pour qu'il leur imposât les mains en disant une prière. Mais les disciples les rabrouèrent. Jésus dit: "Laissez faire ces enfants, ne les empêchez pas de venir à moi, car le Royaume des cieux est à ceux qui sont comme eux."

Matthieu 23,37
"Jérusalem, Jérusalem, toi qui tues les prophètes et lapides ceux qui te sont envoyés, que de fois j'ai voulu rassembler tes enfants comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes, et vous n'avez pas voulu!"

Actes 13,18
Pendant quarante ans environ, il les a nourris au désert.

Dieu qui veut la vie - [Textes bibliques]

Le Dieu de la Bible ne tolère pas le mal, il se dresse contre lui, depuis la libération d'Egypte jusqu'à Jésus-Christ. C'est un Dieu qui ne se fait aucune raison du mal , un Dieu qui sauve. Il se sent concerné par le mal et le trouve inadmissible.

Deutéronome 30,19
J'en prends à témoin aujourd'hui contre vous le ciel et la terre: c'est la vie et la mort que j'ai mises devant vous, c'est la bénédiction et la malédiction. Tu choisiras la vie pour que tu vives, toi et ta descendance.

Job 33,29-30
Vois, tout cela Dieu l'accomplit, deux fois, trois fois pour l'homme, pour retirer son existence de la fosse, pour l'illuminer de la lumière des vivants.

Jérémie 29,11
Moi, je sais les projets que j'ai formés à votre sujet - oracle du SEIGNEUR -, projets de prospérité et non de malheur: je vais vous donner un avenir et une espérance.

Ezéchiel 33,11
Nos révoltes et nos péchés sont sur nous, nous pourrissons à cause d'eux, comment pourrons-nous vivre? Dis-leur: Par ma vie - oracle du Seigneur DIEU -, est-ce que je prends plaisir à la mort du méchant? Bien plutôt à ce que le méchant change de conduite et qu'il vive! Revenez, revenez de votre méchante conduite: pourquoi faudrait-il que vous mouriez, maison d'Israël?

2Pierre 3,9
Le Seigneur ne tarde pas à tenir sa promesse, alors que certains prétendent qu'il a du retard, mais il fait preuve de patience envers vous, ne voulant pas que quelques-uns périssent mais que tous parviennent à la conversion.

Apocalypse 22,17
L'Esprit et l'épouse disent: Viens! Que celui qui entend dise: Viens! Que celui qui a soif vienne, Que celui qui le veut reçoive de l'eau vive, gratuitement.

Jésus qui frémit devant la mort - [Textes bibliques]

Jean 11,32-33
Lorsque Marie parvint à l'endroit où se trouvait Jésus, dès qu'elle le vit, elle tomba à ses pieds et lui dit: "Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort." Lorsqu'il les vit se lamenter, elle et les Juifs qui l'accompagnaient, Jésus frémit intérieurement et il se troubla.

Autrefois, le responsable était Dieu... - [Aller plus loin]

Extrait de l'article Ce qui m'arrive, est-ce de ma faute ? d'Alain Houziaux pasteur de l'Eglise Réformée de France (Evangile et Liberté n° 169 septembre 2003) :
" Quand quelqu'un est frappé par un malheur, une maladie grave, par exemple, son entourage s'empresse de trouver des raisons : il travaillait trop, il ne dormait pas assez, il fumait beaucoup... que sais-je ! Il nous faut un responsable. Autrefois, on cherchait ce responsable en Dieu : dans les malheurs, c'est Dieu qui punissait ; dans le bonheur, c'est Dieu qui récompensait. Jésus nous dit clairement : ne croyez pas que ces gens qui ont subi un malheur soient des coupables que Dieu a punis. Dieu ne vous court pas après, pour vous punir ou pour vous récompenser. Il remet l'homme à sa liberté. Sa vie durant, l'homme apprend à se tourner vers Dieu, librement. "

Luther et la sollicitude de Dieu - [Aller plus loin]

Dans son commentaire du psaume 118, Luther écrit :
" Ce psaume commence avec la louange générale de Dieu et dit : "Rendez grâces au Seigneur, car il est bon..." Tu ne dois pas lire froidement les mots " bon " et " son amour ", et passer vite dessus, mais tu dois penser qu'il s'agit là de mots vivants, forts et riches qui comprennent tout et enseignent tout [à propos de Dieu] : à savoir que Dieu est bon, non pas comme un être humain, mais comme quelqu'un qui du fond de son coeur est toujours prêt à aider et à faire du bien, qui n'aime ni s'irriter ni punir... "
" Et là où il est obligé de s'irriter et de punir, aucun être humain ne pourrait attendre aussi longtemps qu'il n'attend, mais punirait cent fois plus tôt et plus durement qu'il ne le fait. [...] "Sa bonté dure pour l'éternité", c'est à dire que sans relâche, il nous donne toujours le meilleur. Il nous donne le corps et l'âme, il nous protège nuit et jour, il nous garde sans cesse en vie, il fait briller soleil et lune, il met le ciel, le feu et l'eau à notre service ; de la terre, il fait pousser le vin, le grain, la nourriture, les aliments, les vêtements, le bois et tout ce dont nous avons besoin, il donne l'or et l'argent, maison et logis, femme et enfant, bétail, oiseau et poisson. En somme, qui peut tout compter ? Et tout cela en abondance, et à profusion, tous les ans, tous les jours, toutes les heures, tous les instants. Qui peut seulement compter l'amour qui donne et maintient les yeux et les mains de chacun en bonne santé ? "
Martin Luther Das schöne Confitemini an der Zahl der 118. Psalm 1530, traduction.

La souffrance interrogée - [Aller plus loin]

Extrait de Lienhard Fritz Souffrance humaine et croix du Christ Lyon Olivétan 2006.
" La présence de Dieu au cœur du mal
La présence de Dieu auprès de celui qui souffre est à méditer à l'aide du livre de Job, et des passages de Marc parlant de la croix du Christ.
I. Job et Dieu
Les amis de Job, représentants de la théodicée, sont condamnés. Job lui-même, exemple de la révolte, est déplacé dans son attitude devant Dieu. Mais cette double fin de non-recevoir n'est pas le message ultime de ce livre biblique. Job espère en effet que la sincérité de sa révolte, justement, pourrait être l'attitude adéquate devant Dieu : " car nul hypocrite n'accède en la présence " (13,16). Face à l'injustice du monde, face à l'apparente indifférence de Dieu, face aux justifications fallacieuses de ses amis, Job en appelle à Dieu lui-même. De la sorte, il distingue entre le Dieu dans lequel il espère de celui de son catéchisme. Il prend Dieu à témoin contre Dieu. Au nom de tous ceux qui souffrent, il exprime sa soif intense d'un autre Dieu que celui qui est du côté de l'ordre écrasant du monde :
Dès maintenant, j'ai dans les cieux un témoin, je possède en haut lieu un garant. Mes amis se moquent de moi, mais c'est vers Dieu que pleurent mes yeux. Lui, qu'il défende l'homme contre Dieu, comme un humain intervient pour un autre. (16,19-21)
Ainsi émerge un Dieu qui n'est pas là où l'opposition entre théodicée et révolte semblait le placer, du côté de l'ordre du monde qui condamne toute plainte et toute révolte. Loin d'être le garant de la situation naturelle et sociale présente, le Dieu auquel Job en appelle est celui de l'espérance au-delà de toutes les espérances, celui qui finit toujours par rendre justice, même au-delà de la mort (19,25-27). Job ne peut concevoir que son malheur et son éloignement de Dieu puissent avoir le dernier mot. Il sent bien que son désir de vie, qui s'oppose au destin, a Dieu lui-même pour allié.
Or, ce qui est surprenant dans le livre de Job, ce qui représente peut-être son message le plus profond, c'est que le Tout-Puissant pousse la condescendance jusqu'à répondre à l'appel passionné de Job et à lui parler de vive voix. Dieu s'expose à la révolte humaine et accepte le dialogue, ce qui fait dire à Job : " Je ne te connaissais que par ouï-dire, maintenant mes yeux t'ont vu " (42,3-6).
Nous l'avons évoqué, cette présence conduit Job à la repentance. Mais en même temps, le texte laisse apparaître une joyeuse surprise devant la venue de Dieu, qui témoigne de sa sollicitude et de son pardon. Cette apparition fait de Job un pécheur pardonné. Job est saisi par sa finitude au moment même où il reçoit la révélation du Dieu infini. C'est devant le Dieu de grâce, et devant lui seulement, que Job perd son désir d'affirmation de soi et son sentiment de révolte.
De la sorte, Job nous conduit à une certaine compréhension de la notion de sens. L'affirmation essentielle est la suivante : ce qui donne un sens à l'existence de celui qui souffre, ce n'est pas en dernier ressort une explication, mais une présence aimante. Job n'aura aucun éclaircissement au sujet de sa souffrance. L'Éternel ne lui révèle pas cette histoire de pari avec le satan. Sa souffrance ne peut être intégrée dans ce qu'on pourrait appeler une sagesse supérieure. Elle demeure incompréhensible. Mais Dieu se rend présent auprès de Job. Le sens qui lui est offert n'est pas raison d'être de l'univers et de la souffrance, mais raison d'être de l'humain, pour lequel Dieu prend fait et cause. "

Une lecture populaire de l'histoire de la figure de Job au Congo - [Aller plus loin]

Extrait d'une conférence du professeur André Kabasele Mukenge, Facultés Catholiques de Kinshasa :
" Il faut dire que le personnage même de Job est fascinant, et ses malheurs accumulés rendent sa figure disponible pour tenter un rapprochement par similitude ou par analogie avec la situation de la plupart des Africains aujourd'hui. Comme dit le proverbe, "le malheur ne vient jamais seul" : on a parfois l'impression que toutes les souffrances se sont données rendez-vous en Afrique. Il n'est pas rare d'entendre des gens, au pire de leurs épreuves, oser cette comparaison et se désigner comme "Job". Dans une telle auto-désignation, ce qui est mis en avant, ce sont les malheurs de Job. La Bible les décrit en effet de manière à frapper les esprits et l'imagination.
Toutefois, c'est l'attitude de Job au milieu de ces souffrances qui a retenu l'attention des milieux chrétiens populaires. Cette attitude est résumée dans une formule lapidaire : Le Seigneur avait donné, le Seigneur a repris : que le nom du Seigneur soit béni ! (Job 1,21b). Une enquête dans les milieux populaires à Kinshasa a révélé que c'est la seule phrase du livre retenue par cœur. [...] Cependant, il convient, me semble-t-il, de se demander si ce recours à Job ne participe pas de l'esprit général de résignation et de fatalisme qui a élu domicile dans notre société. Cet esprit est entretenu par certaines prédications à succès, issues surtout des Eglises dites de réveil. Ces Eglises tiennent un discours simple, voire simpliste dont l'essentiel peut être ramassé en quelques mots : "Dieu seul est le Tout-Puissant. Quelle que soit ma souffrance actuelle, il me donnera la prospérité (matérielle), du moment que je continue à lui faire confiance et à le prier". Ce qui dérange dans un tel discours, c'est l'absence d'un appel à la responsabilité humaine et à l'engagement concret. Le seul engagement exigé, c'est de prier.
Dans ce contexte, dire Le Seigneur avait donné, le Seigneur a repris, que son nom soit béni, peut devenir irresponsable dès lors qu'on n'a pas pris toutes les dispositions pour éviter ou combattre un tel malheur. Si les conditions hygiéniques, le système de santé publique, la sécurité sociale, la paix étaient garantis, que des morts on aurait épargné dans notre société ! Et ce n'est pas de la seule responsabilité du "Seigneur". C'est pourquoi, une lecture plus attentive de Job invite à ne pas tomber dans une religion de résignation. A bien voir, Job n'est pas un croyant résigné, mais bien un croyant révolté. "

Thomas - [Culture]

  1. Tableau du 14e siècle dans le Chœur de Notre Dame de Paris: https://www.paristoric.com/images/iconographie/Arrond-04/paris_4_notre_dame_cloture_choeur_sud_6.jpg
  2. Metropolitan Museum of Art, New York
    Objet de culte (Plaque) Date : vers 1140
    Artiste : Anonyme https://images.metmuseum.org/CRDImages/md/web-large/sf41-100-202s1at.jpg

Dieu à son métier à tisser - [Culture]

Poème d'un auteur inconnu:

Dieu est assise et pleure.
La merveilleuse tapisserie de la création
Qu'elle avait tissée avec tant de joie
Est mutilée, déchirée en lambeaux, réduite en chiffons.
Sa beauté saccagée par la violence.

Dieu est assise et pleure.
Mais voyez,
Elle rassemble les morceaux
Pour tisser à nouveau.
Elle rassemble les lambeaux de nos tristesses,
Les peines, les larmes, les frustrations
Causées par la cruauté, l'écrasement, l'ignorance,
Le viol, les tueries.

Elle rassemble les chiffons du dur travail,
Des essais de plaidoyers, des initiatives pour la paix,
Des protestations contre l'injustice.
Toutes ces choses qui semblent petites et faibles,
Les mots et les actions offertes en sacrifice,
Dans l'espérance, la foi, l'amour.

Et voyez !
Elle retisse tout cela
Avec les fils d'or de l'allégresse
En une nouvelle tapisserie,
Une création encore plus riche, encore plus belle,
Que ne l'était l'ancienne !

Dieu est assise, et tisse.
Patiemment, avec persistance.
Et un sourire rayonne comme un arc-en-ciel
Sur son visage baigné de larmes.

Et elle nous invite
Non seulement à continuer à lui offrir
Les lambeaux et les chiffons
De notre souffrance et de notre travail.
Mais bien plus que cela :
A prendre place à ses côtés, devant le métier de l'allégresse
Et à tisser avec elle
La tapisserie de la création nouvelle.

Dieu qui pleure sur sa création... - [Culture]

Dieu qui pleure sur sa création...

Le poème sur Lisbonne - [Culture]

Le 1er novembre 1755, un séisme ravage Lisbonne et est suivi d'un raz de marée qui provoque la mort de 20 000 personnes. Voltaire compose alors un célèbre poème s'interrogeant sur les raisons que l'on donne pour expliquer le mal et la souffrance.
En voici quelques extraits :

O malheureux mortels ! ô terre déplorable !
O de tous les mortels assemblage effroyable !
D'inutiles douleurs éternel entretien !
Philosophes trompés qui criez : " Tout est bien "
Accourez, contemplez ces ruines affreuses
Ces débris, ces lambeaux, ces cendres malheureuses,
Ces femmes, ces enfants l'un sur l'autre entassés,
Sous ces marbres rompus ces membres dispersés ;
Cent mille infortunés que la terre dévore,
Qui, sanglants, déchirés, et palpitants encore,
Enterrés sous leurs toits, terminent sans secours
Dans l'horreur des tourments leurs lamentables jours !
Aux cris demi-formés de leurs voix expirantes,
Au spectacle effrayant de leurs cendres fumantes,
Direz-vous : " C'est l'effet des éternelles lois
Qui d'un Dieu libre et bon nécessitent le choix " ?
Direz-vous, en voyant cet amas de victimes :
" Dieu s'est vengé, leur mort est le prix de leurs crimes " ?
Quel crime, quelle faute ont commis ces enfants
Sur le sein maternel écrasés et sanglants ?
Lisbonne, qui n'est plus, eut-elle plus de vices
Que Londres, que Paris, plongés dans les délices ?
Lisbonne est abîmée, et l'on danse à Paris.
Tranquilles spectateurs, intrépides esprits,
De vos frères mourants contemplant les naufrages,
Vous recherchez en paix les causes des orages :
...
" Tout est bien, dites-vous, et tout est nécessaire. "
Quoi ! l'univers entier, sans ce gouffre infernal
Sans engloutir Lisbonne, eût-il été plus mal ?
...
Je respecte mon Dieu, mais j'aime l'univers.
Quand l'homme ose gémir d'un fléau si terrible
Il n'est point orgueilleux, hélas ! Il est sensible.
...
Non, ne présentez plus à mon cœur agité
Ces immuables lois de la nécessité
...
Dieu tient en main la chaîne, et n'est point enchaîné
Par son choix bienfaisant tout est déterminé :
Il est libre, il est juste, il n'est point implacable.
Pourquoi donc souffrons-nous sous un maître équitable ?
Voilà le nœud fatal qu'il fallait délier.
Guérirez-vous nos maux en osant les nier ?
Tous les peuples, tremblant sous une main divine
Du mal que vous niez ont cherché l'origine.
...
" Ce malheur, dites-vous, est le bien d'un autre être. "
De mon corps tout sanglant mille insectes vont naître ;
Quand la mort met le comble aux maux que j'ai soufferts
Le beau soulagement d'être mangé des vers !
Tristes calculateurs des misères humaines
Ne me consolez point, vous aigrissez mes peines
...
Il le faut avouer, le mal est sur la terre :
Son principe secret ne nous est point connu.
De l'auteur de tout bien le mal est-il venu ?
...
De l'Etre tout parfait le mal ne pouvait naître ;
Il ne vient point d'autrui, puisque Dieu seul est maître :
Il existe pourtant. O tristes vérités !
O mélange étonnant de contrariétés !
...
La nature est muette, on l'interroge en vain ;
On a besoin d'un Dieu qui parle au genre humain.
Il n'appartient qu'à lui d'expliquer son ouvrage,
De consoler le faible, et d'éclairer le sage.
...
Un jour tout sera bien, voilà notre espérance ;
Tout est bien aujourd'hui, voilà l'illusion.
Les sages me trompaient, et Dieu seul a raison.
Humble dans mes soupirs, soumis dans ma souffrance,
Je ne m'élève point contre la Providence.
Sur un ton moins lugubre on me vit autrefois
Chanter des doux plaisirs les séduisantes lois :
D'autres temps, d'autres mœurs : instruit par la vieillesse,
Des humains égarés partageant la faiblesse
Dans une épaisse nuit cherchant à m'éclairer,
Je ne sais que souffrir, et non pas murmurer.
Un calife autrefois, à son heure dernière,
Au Dieu qu'il adorait dit pour toute prière :
" Je t'apporte, ô seul roi, seul être illimité,
Tout ce que tu n'as pas dans ton immensité,
Les défauts, les regrets, les maux et l'ignorance. "
Mais il pouvait encore ajouter l'espérance.

Augustin (354 - 430)

Augustin est sans doute le plus célèbre des Pères de l'Eglise. C'est lui qui a laissé l'œuvre la plus abondante, la mieux conservée et qui a produit un héritage important, même si ses héritiers n'ont pas toujours été fidèles à la pensée du maître. Il est aussi connu à cause de son livre Les Confessions, où il parle de sa vie à la première personne. Augustin est né en Afrique à Thagaste, dans une famille de la classe moyenne. Seule sa mère Monique était chrétienne. Brillant élève, il peut continuer ses études de rhétorique grâce à l'appui financier d'un ami de son père. Il est très ambitieux et voudrait gravir les échelons de la société romaine. Il fait remonter lui-même le tournant majeur de sa vie à la lecture de l'Hortensius de Cicéron. Commence alors pour Augustin une quête de la vérité qui aboutira quatorze ans plus tard au baptême, puis à la prêtrise et à sa charge d'évêque d'Hippone. Entre temps, il découvre la philosophie, tout en lisant la Bible qui le déçoit beaucoup. Nommé rhéteur à Milan en 384, il rencontre Ambroise dont la qualité de la prédication lui permet de se faire une autre idée de la foi chrétienne. En même temps il découvre, sans doute à partir de la philosophie de Plotin, la voie de l'intériorité. A la suite d'une expérience spirituelle, il renonce à son métier. Il mène pendant quelque temps une vie monastique en communauté.
De retour en Afrique, après la mort de sa mère et de son fils Adéodatus, sa vie se confond avec sa double tâche d'évêque et de théologien. Il a contribué au maintien de l'unité de l'Eglise en Afrique, fortement menacée par des hérésies et isolée après la chute de Rome. Il meurt le 28 août 430 dans Hippone assiégée par les Vandales, laissant 800 sermons, 300 lettres, et une centaine de traités. La Cité de Dieu, ouvrage apologétique rédigé à la fin de sa vie, reste son chef d'œuvre. Son traité dogmatique La Trinité a exercé une influence décisive sur la doctrine trinitaire occidentale.

Apologétique

L'apologétique est la partie de la théologie ou un discours théologique qui vise à défendre la religion chrétienne contre ses détracteurs et fonder ainsi la foi des fidèles

Dualisme

Le dualisme est une forme de pensée qui essaie d'établir deux principes qui sont à la fois égaux et contraires. Ainsi, le dualisme sépare dans l'être humain ce qui relèverait de " l'âme " et ce qui relèverait du " corps ". Cette forme de pensée quand elle ouvre à des considérations théologiques croit en un dieu du bien et un dieu du mal. En ceci, elle rejoint le manichéisme

Manichéisme

Fondé par un perse, Mani, au 3e siècle, le manichéisme est une religion syncrétique dont la base est la lutte originaire entre les ténèbres et la lumière. Cette religion mêlait des éléments du christianisme et du bouddhisme. Le bien et le mal sont considérés comme des principes fondamentaux, égaux et antagonistes. On retrouve des idées du manichéisme chez les cathares combattus comme hérétiques par l'Inquisition au 12e siècle. Ce terme désigne aujourd'hui une conception dualiste qui sépare le monde en bien et mal, en corps et âme, en ténèbres et lumière, etc

Idole

Une idole est une image (statue ou peinture) qui représente la divinité. L'idolâtrie est le culte rendu à cette image : elle divinise une réalité terrestre. On parle d'idole aujourd'hui pour désigner une star ou un personnage que des gens vénèrent et qui prend pour eux une importance démesurée

Néoplatonicien/Platonisme

Le mot platonisme désigne la philosophie de Platon (428-347 av. JC), mais aussi le courant philosophique inspiré ou issu de lui. Cette philosophie est caractérisée par une dualité entre le monde sensible et le monde intelligible, entre les réalités concrètes qui sont de l'ordre de l'apparence et le monde des Idées, formes idéales et objectives qui concernent l'essence des choses. L'âme est appelée à s'élever par degré des apparences multiples, variables, changeantes vers les Idées, modèles immuables, dont le monde sensible n'est que le reflet. L'absolu étant l'Idée de Bien. La philosophie de Platon a eu une grande influence sur la théologie chrétienne. Qu'elle soit attaquée ou passée sous silence, elle était généralement connue des chrétiens érudits. Certains ont identifié l'Idée du Bien à Dieu.
On appelle néoplatonisme le mouvement philosophique dont Plotin (204-vers 270) est la figure de proue. C'est une sorte de syncrétisme de la pensée grecque (Pythagore, Aristote et Platon) et de mystique orientale. Pour Plotin, toute chose provient d'un principe ultime, simple, parfait, éternel, immuable, transcendant, inconnaissable qu'il appelle l'Un. Il n'y a pas de principe du mal, ce qui s'en approche le plus c'est la matière. L'influence de Plotin sur la pensée chrétienne commence avec Augustin.

Pélage

Comme pour beaucoup de courants hérétiques, on ne connaît la pensée de Pélage que par ses détracteurs, principalement Augustin. Pélage se trouve à Rome à partir de 380 jusqu'à la prise de la ville par Alaric en 410, date à laquelle il part en Afrique puis en Palestine. C'est un de ses disciples, Célestius, qui met en forme ses idées, tout en les radicalisant. Pélage affirme que l'homme, créature libre, participe à la grâce du Créateur. Il peut ainsi devenir véritable image de Dieu, sans péché, par ses propres forces. Par conséquent, Pélage rejette l'idée de péché originel. Les chrétiens sont donc appelés à devenir des purs au plan moral. La doctrine de Pélage, reprise par ses disciples, reçoit un écho favorable parmi les aristocrates, mais aussi dans les milieux monastiques d'Afrique. L'évêque Julien d'Eclane reprend ses idées. C'est surtout avec ce dernier qu'Augustin entre en discussion polémique.

Pères

On dit plus couramment " Pères de l'Eglise ". On désigne ainsi les théologiens des premiers siècles jusqu'aux 7e/8e siècles. En patristique (recherche sur les textes des Pères de l'Eglise), on appelle " Pères Apostoliques " ceux qui succèdent directement aux apôtres. Pour les suivants, on distingue entre " Pères latins " et " Pères grecs " selon la langue dans laquelle ils rédigeaient leurs écrits

Trinitaire

La doctrine de la trinité ne se trouve telle quelle ni dans les textes de l'Ancien Testament ni dans ceux du Nouveau. Elle a été formulée comme doctrine face à des interrogations importantes lors des premiers conciles de l'Eglise. Elle cherche à dire l'unicité de Dieu se manifestant aux croyants sous différentes formes. On parle de Dieu en trois " personnes " : le Père, le Fils et le Saint Esprit. Au cours des siècles, cette doctrine a été régulièrement contestée par des théologiens qui se considéraient pourtant chrétiens, par exemple Michel Servet au 16e siècle ou aujourd'hui les Eglises unitariennes

Liturgie

1. Livre contenant les formulaires du culte communautaire.
2. Nom donné aux parties fixes du culte, les distinguant de la prédication.

Synagogue

C'est un mot grec qui veut dire " assemblée " . On désigne par là le lieu de l'assemblée en non pas l'assemblée en elle-même. Les juifs s'y retrouvent pour la prière, la lecture, son interprétation et la bénédiction

Anthropologie

Ce mot vient de deux mots grecs : anthropos (l'humain) et logia (science). Il désigne la compréhension et la définition de l'être humain. Ainsi on parle d'anthropologie biblique pour exprimer la manière dont la Bible décrit la condition humaine