Une certaine interprétation de la Croix

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Il arrive que la portée de la mort de Jésus sur la croix soit minimisée par une interprétation qui fait de Jésus une sorte de souffre-douleur, ne se révoltant pas contre l'injustice qui lui est faite. On oublie alors sa prière angoissée, répétée trois fois au jardin de Gethsémané, son cri sur la croix et, surtout peut-être, son engagement pendant son ministère contre toute forme d'injustice, de maladie et de souffrance. Une autre manière de relativiser l'importance centrale de l'événement, c'est de dire que finalement ce qui importe, ce n'est pas la mort, mais le matin de Pâques. Comme si le ressuscité ne portait plus les traces de la croix. Prendre la mesure de l'événement et penser que Dieu ne s'est pas absenté de la croix aide à comprendre que " Les morts innocents et les tragédies qui frappent l'humanité ne sont pas des "détails" que l'on pourrait en fin de compte récupérer dans une vision d'ensemble optimiste de la marche de l'histoire. " comme l'écrit Bernard Mercier. Il poursuit en disant : " Nous n'avons pas davantage avec la croix du Christ une sorte de clef de compréhension de l'histoire du type "après l'hiver, le printemps" ! Ce serait lui enlever tout son aspect tragique et non désiré, et lui ôter toute historicité. " Au contraire, penser Dieu comme celui qui s'oppose résolument au mal parce que celui-ci l'offense en premier permet un engagement lucide qui regarde la réalité en face sans rêver à un monde sans heurts.


Différentes entreprises pour innocenter Dieu...

A travers l'histoire de l'Eglise, l'être humain a essayé de penser ensemble l'existence de Dieu et l'existence du mal. Avec un peu de recul, toutes ces tentatives ressemblent à des essais d'innocenter Dieu de toute responsabilité dans le mal. Différents arguments sont avancés. Il y a ceux qui sont d'ordre négatif : il s'agit de montrer comment et pourquoi Dieu ne peut être tenu responsable, direct ou indirect, du mal, ni dans son origine, ni dans son maintien, sauf à introduire le principe de la permission du mal en vue de sauvegarder la liberté de l'homme. Quand l'argumentation est positive, elle se situe à plusieurs niveaux :
· de nature éthique : thèse de l'épreuve et du châtiment : " Dieu punit ", " Dieu éprouve ceux qu'il aime ".
· de nature cosmologique : thèse du meilleur des mondes possibles ; de l'harmonie de l'ensemble qui n'est pas affectée par des défaillances de détails
· de nature métaphysique : le mal n'a pas d'être, le mal n'est pas ; le mal est simplement " absence de bien ".


Le principe de la permission

Devant l'énigme du mal dans le monde, certains avancent que Dieu ne peut pas faire autrement que laisser le mal exister puisque sinon, il lui faudrait ôter la liberté à l'être humain. C'est donc la liberté de l'être humain (en particulier de faire le mal) qui " vaut plus " que l'absence de mal. Si d'un point de vue logique, ce raisonnement peut se défendre, il montre ses failles d'un point de vue humain. N'est-ce pas justifier l'injustifiable ? Même la justice humaine met un frein à la liberté dès que celle-ci vire à la transgression et à l'atteinte de l'intégrité de l'autre ! Alors que la justice divine serait une sorte de laisser-faire ? Là où on pense innocenter Dieu d'un côté (sauveur de la liberté humaine), on le charge d'un autre côté (permission des pires injustices au prétexte de sauver justement la liberté humaine).


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