Thomas

  1. Tableau du 14e siècle dans le Chœur de Notre Dame de Paris: https://www.paristoric.com/images/iconographie/Arrond-04/paris_4_notre_dame_cloture_choeur_sud_6.jpg
  2. Metropolitan Museum of Art, New York
    Objet de culte (Plaque) Date : vers 1140
    Artiste : Anonyme https://images.metmuseum.org/CRDImages/md/web-large/sf41-100-202s1at.jpg

Dieu à son métier à tisser

Poème d'un auteur inconnu:

Dieu est assise et pleure.
La merveilleuse tapisserie de la création
Qu'elle avait tissée avec tant de joie
Est mutilée, déchirée en lambeaux, réduite en chiffons.
Sa beauté saccagée par la violence.

Dieu est assise et pleure.
Mais voyez,
Elle rassemble les morceaux
Pour tisser à nouveau.
Elle rassemble les lambeaux de nos tristesses,
Les peines, les larmes, les frustrations
Causées par la cruauté, l'écrasement, l'ignorance,
Le viol, les tueries.

Elle rassemble les chiffons du dur travail,
Des essais de plaidoyers, des initiatives pour la paix,
Des protestations contre l'injustice.
Toutes ces choses qui semblent petites et faibles,
Les mots et les actions offertes en sacrifice,
Dans l'espérance, la foi, l'amour.

Et voyez !
Elle retisse tout cela
Avec les fils d'or de l'allégresse
En une nouvelle tapisserie,
Une création encore plus riche, encore plus belle,
Que ne l'était l'ancienne !

Dieu est assise, et tisse.
Patiemment, avec persistance.
Et un sourire rayonne comme un arc-en-ciel
Sur son visage baigné de larmes.

Et elle nous invite
Non seulement à continuer à lui offrir
Les lambeaux et les chiffons
De notre souffrance et de notre travail.
Mais bien plus que cela :
A prendre place à ses côtés, devant le métier de l'allégresse
Et à tisser avec elle
La tapisserie de la création nouvelle.


Dieu qui pleure sur sa création...

Dieu qui pleure sur sa création...


Le poème sur Lisbonne

Le 1er novembre 1755, un séisme ravage Lisbonne et est suivi d'un raz de marée qui provoque la mort de 20 000 personnes. Voltaire compose alors un célèbre poème s'interrogeant sur les raisons que l'on donne pour expliquer le mal et la souffrance.
En voici quelques extraits :

O malheureux mortels ! ô terre déplorable !
O de tous les mortels assemblage effroyable !
D'inutiles douleurs éternel entretien !
Philosophes trompés qui criez : " Tout est bien "
Accourez, contemplez ces ruines affreuses
Ces débris, ces lambeaux, ces cendres malheureuses,
Ces femmes, ces enfants l'un sur l'autre entassés,
Sous ces marbres rompus ces membres dispersés ;
Cent mille infortunés que la terre dévore,
Qui, sanglants, déchirés, et palpitants encore,
Enterrés sous leurs toits, terminent sans secours
Dans l'horreur des tourments leurs lamentables jours !
Aux cris demi-formés de leurs voix expirantes,
Au spectacle effrayant de leurs cendres fumantes,
Direz-vous : " C'est l'effet des éternelles lois
Qui d'un Dieu libre et bon nécessitent le choix " ?
Direz-vous, en voyant cet amas de victimes :
" Dieu s'est vengé, leur mort est le prix de leurs crimes " ?
Quel crime, quelle faute ont commis ces enfants
Sur le sein maternel écrasés et sanglants ?
Lisbonne, qui n'est plus, eut-elle plus de vices
Que Londres, que Paris, plongés dans les délices ?
Lisbonne est abîmée, et l'on danse à Paris.
Tranquilles spectateurs, intrépides esprits,
De vos frères mourants contemplant les naufrages,
Vous recherchez en paix les causes des orages :
...
" Tout est bien, dites-vous, et tout est nécessaire. "
Quoi ! l'univers entier, sans ce gouffre infernal
Sans engloutir Lisbonne, eût-il été plus mal ?
...
Je respecte mon Dieu, mais j'aime l'univers.
Quand l'homme ose gémir d'un fléau si terrible
Il n'est point orgueilleux, hélas ! Il est sensible.
...
Non, ne présentez plus à mon cœur agité
Ces immuables lois de la nécessité
...
Dieu tient en main la chaîne, et n'est point enchaîné
Par son choix bienfaisant tout est déterminé :
Il est libre, il est juste, il n'est point implacable.
Pourquoi donc souffrons-nous sous un maître équitable ?
Voilà le nœud fatal qu'il fallait délier.
Guérirez-vous nos maux en osant les nier ?
Tous les peuples, tremblant sous une main divine
Du mal que vous niez ont cherché l'origine.
...
" Ce malheur, dites-vous, est le bien d'un autre être. "
De mon corps tout sanglant mille insectes vont naître ;
Quand la mort met le comble aux maux que j'ai soufferts
Le beau soulagement d'être mangé des vers !
Tristes calculateurs des misères humaines
Ne me consolez point, vous aigrissez mes peines
...
Il le faut avouer, le mal est sur la terre :
Son principe secret ne nous est point connu.
De l'auteur de tout bien le mal est-il venu ?
...
De l'Etre tout parfait le mal ne pouvait naître ;
Il ne vient point d'autrui, puisque Dieu seul est maître :
Il existe pourtant. O tristes vérités !
O mélange étonnant de contrariétés !
...
La nature est muette, on l'interroge en vain ;
On a besoin d'un Dieu qui parle au genre humain.
Il n'appartient qu'à lui d'expliquer son ouvrage,
De consoler le faible, et d'éclairer le sage.
...
Un jour tout sera bien, voilà notre espérance ;
Tout est bien aujourd'hui, voilà l'illusion.
Les sages me trompaient, et Dieu seul a raison.
Humble dans mes soupirs, soumis dans ma souffrance,
Je ne m'élève point contre la Providence.
Sur un ton moins lugubre on me vit autrefois
Chanter des doux plaisirs les séduisantes lois :
D'autres temps, d'autres mœurs : instruit par la vieillesse,
Des humains égarés partageant la faiblesse
Dans une épaisse nuit cherchant à m'éclairer,
Je ne sais que souffrir, et non pas murmurer.
Un calife autrefois, à son heure dernière,
Au Dieu qu'il adorait dit pour toute prière :
" Je t'apporte, ô seul roi, seul être illimité,
Tout ce que tu n'as pas dans ton immensité,
Les défauts, les regrets, les maux et l'ignorance. "
Mais il pouvait encore ajouter l'espérance.


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