Module Découverte du protestantisme



Qu'est ce qui justifie ma vie ?



La justification gratuite est le centre d'une prédication qui annonce non pas la loi, mais l'évangile. Contrairement à ce que l'on dit parfois, ce message du salut gratuit est très difficile à accepter. Il se heurte à des résistances profondes qui tiennent au désir humain d'avoir des titres, de posséder une valeur intrinsèque. Recevoir sans mériter demande une sorte de mort à soi-même à laquelle nous essayons toujours d'échapper. L'être humain se définit souvent et se caractérise par ce qu'il fait. Son activité, ses oeuvres, son travail font de lui ce qu'il est et créent son identité. La justification gratuite contredit un thème essentiel de notre culture, et se situe à contre-courant. Le drame que représente le chômage conduit à se demander si on n'a pas survalorisé le travail ; quelqu'un qui ne fait rien perd-il vraiment sa dignité et sa valeur ?

André Gounelle


  • En quoi ce raisonnement vous touche-t-il ou vous questionne-t-il ?
  • Qu'associez-vous spontanément à la notion de " gratuité " ?

Cliquez sur les termes soulignés : les notices s’affichent en dessous de ce texte

La justification gratuite est le centre d'une prédication qui annonce non pas la loi, mais l'évangile. Contrairement à ce que l'on dit parfois, ce message du salut gratuit est très difficile à accepter. Il se heurte à des résistances profondes qui tiennent au désir humain d'avoir des titres, de posséder une valeur intrinsèque. Recevoir sans mériter demande une sorte de mort à soi-même à laquelle nous essayons toujours d'échapper. L'être humain se définit souvent et se caractérise par ce qu'il fait. Son activité, ses oeuvres, son travail font de lui ce qu'il est et créent son identité. La justification gratuite contredit un thème essentiel de notre culture, et se situe à contre-courant. Le drame que représente le chômage conduit à se demander si on n'a pas survalorisé le travail ; quelqu'un qui ne fait rien perd-il vraiment sa dignité et sa valeur ?

André Gounelle


Après étude du texte, nous vous proposons une série de questions qui vous permettront d'actualiser le texte, et de faire de ce récit le vôtre
(nb : les visuels associés aux questions sont uniquement présents pour vous inspirer, mais ne constituent pas un élément de réponse)

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  • 20031218170012


    La vie de l'être humain vaut-elle plus que l'ensemble de ses actes, de ses pensées, de ses positions, de ses choix ? Pourquoi?

  • 20031218170031


    Comment traduiriez-vous le mot "salut" pour qu'il soit compréhensible pour nos contemporains ?

  • 20031218170054


    Est-il possible de comprendre le salut comme une question essentielle de l'être humain qui est à la recherche du sens de sa vie ?



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Dans le texte " Qu'est-ce qui justifie ma vie ":

  • Cherchez dans le dictionnaire le mot " salut ". Que découvrez-vous ?
  • Le mot salut est-il pour vous, aujourd'hui, compréhensible ? Correspond-il à une notion pertinente ?
  • Le texte parle de " résistances profondes " qui font que nous avons du mal à accepter la gratuité. Y a-t-il des situations où vous ressentez ces résistances ?
  • La survalorisation du " faire " est-elle liée à une recherche
    d'identité,
    de dignité,
    de profit,
    de reconnaissance,
    de valorisation ?

Un peu de culture...

Identité

 

 

Poème de Dietrich Bonhoeffer"

Qui suis-je ? "

 

Qui suis-je ?
Qui suis-je ? Souvent ils me disent
que de ma cellule je sors
détendu, ferme et serein,
tel un gentilhomme de son château.

   
 

Qui suis-je ? Souvent ils me disent
qu'avec mes gardiens je parle
aussi librement, amicalement et franchement
que si j'avais, moi, à leur donner des ordres.

   
 

Qui suis-je ? Ils me disent aussi
que je supporte les jours de l'épreuve,
impassible, souriant et fier,
comme quelqu'un qui est habitué à vaincre.

   
 

Suis-je vraiment celui qu'ils disent ?
Ou seulement cet homme que moi seul connais ?
Inquiet, malade de nostalgie, pareil à un oiseau en cage,
Cherchant mon souffle comme si quelqu'un m'étranglait,
avide de couleurs, de fleurs, de chants d'oiseaux,
assoiffé d'une bonne parole, de proximité humaine,
tremblant de colère au spectacle de l'arbitraire et de l'humiliation la plus mesquine,
agité par l'attente de grandes choses,
craignant et ne pouvant rien faire pour des amis terriblement loin,
trop fatigué et vide pour prier, pour penser, pour entreprendre,
las et prêt de tout abandonner ?

   
 

Qui suis-je ? Celui-ci ou celui-là ?
Suis-je aujourd'hui celui-ci et demain un autre ?
Suis-je les deux à la fois ? Un hypocrite devant les hommes
et devant moi un faible, piteux et méprisable ?
Ou bien ce qui est en moi ressemble-t-il à l'armée vaincue,
qui fuit en désordre devant la victoire déjà remportée ?

   
 

Qui suis-je ? Ce questionnement solitaire me tourne en dérision.
Qui que je sois, Toi, tu me connais : je suis tien, ô Dieu !

   
 

(Dietrich Bonhoeffer)

 

Un rêve

J'ai fait un rêve. Je cheminais sur une plage côte à côte avec Dieu. Nos pas se dessinaient sur le sable, laissant une double empreinte, la mienne et celle de Dieu. L'idée me vint, c'était un songe, que chaque empreinte représentait un jour de ma vie. Je me suis arrêté pour regarder en arrière. J'ai vu toutes ces traces, elles se perdaient au loin. et en certains points, au lieu de deux empreintes, il n'y en avait qu'une. J'ai revu le film de ma vie. et à ma grande surprise, les points à empreinte unique correspondaient aux jours les plus sombres de mon existence. Jours d'épreuve et de doute. Jours des questions sans réponse sur les hommes et sur Dieu . Jours d'erreur et d'errance, de solitude et de souffrances, jours de colère et de mauvaise humeur. Jours insupportables où moi-même j'avais été insupportable. Alors, me retournant vers Dieu, je lui dis : n'avais-tu pas promis d'être avec moi chaque jour pour m'accompagner ? Pourquoi m'as-tu laissé seul aux plus durs moments de ma vie, seul aux jours où j'aurais eu tellement besoin de toi ? Alors mon Dieu m'a répondu : mon ami, les jours où tu ne vois qu'une seule trace de pas sur le sable sont les jours où je t'ai porté.

(Adémar de Barros, auteur brésilien)


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Justification gratuite - [Clés de lecture]

20031218153254

Il s'agit d'une notion très importante chez l'apôtre Paul et pour la Réforme. Justifier quelqu'un peut se traduire par " regarder quelqu'un comme juste ". Se justifier dans le langage actuel veut dire que l'on cherche des moyens de prouver à l'autre qu'on a raison, qu'on a pris le bon chemin, qu'on s'est décidé pour la juste cause. Mais comment faire pour que Dieu nous approuve ? On peut transposer cette question dans un contexte non-religieux pour mieux comprendre. Que dois-je faire pour me rendre acceptable aux yeux de la société, de ma famille, de mon entourage, de mes collègues de travail ? Il y a des choses à faire et des choses à éviter pour se faire accepter par les autres, pour être " justifié " à leurs yeux. Le protestantisme insiste sur la " justification gratuite " comme base de toute relation à Dieu. Contrairement à ce que nous enseignent les relations humaines qui reposent la plupart du temps sur un donnant-donnant, Dieu n'attend rien de l'être humain pour le déclarer juste et acceptable. Dieu accepte l'être humain tel qu'il est et non sur la base de ce que celui-ci devrait faire. C'est dans ce sens-là que l'on parle de " gratuité " de la relation entre Dieu et les êtres humains.

Salut - [Clés de lecture]

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Dans le vocabulaire chrétien, le salut désigne la préoccupation centrale de l'être humain. Selon les époques et les lieux, cette préoccupation prend différentes formes.
Ainsi à la fin du Moyen Age, elle se centre sur le jugement : comment échapper aux punitions qui devraient sanctionner mes défaillances et insuffisances ? Beaucoup de gens vivaient dans la hantise du jugement dernier et de l'enfer. Dans ce contexte, la Réforme proclame que Dieu nous aime, nous accepte et nous délivre de la damnation sans condition préalable.
Aujourd'hui être sauvé signifie qu'il n'y a pas pour nous de situation inextricable et sans issue. Rien ne peut nous séparer de l'amour que Dieu nous manifeste en Jésus-Christ ; rien ne peut nous écraser et nous empêcher de parvenir à une existence authentique.

Résistances profondes - [Clés de lecture]

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On pourrait penser que l'être humain apprécie la gratuité et qu'il reçoit volontiers ce qui lui est donné. En fait, il n'en est rien. Déjà au 16e siècle, la prédication des Réformateurs se heurte à une Eglise qui refuse que le don de Dieu puisse être considéré comme entièrement gratuit pour l'être humain. Mais la réticence est profonde. Elle vient de ce que l'être humain lui-même est pris dans une logique du " faire ". Toute l'éducation va dans ce sens : il faut faire quelque chose pour recevoir quelque chose. Ce qui est vrai au niveau des relations sociales devient un obstacle pour une démarche spirituelle.
La résistance tient aussi à ce que recevoir pour rien sans contrepartie choque nos conceptions éthiques. Un don gratuit bouleverse le principe " qui fait plus, gagne plus ", principe qui pour beaucoup définit la justice. Martin Luther a dit une phrase qui a été ressentie comme scandaleuse : " Beaucoup de bonnes actions ne nous rapprochent pas de Dieu, et beaucoup de mauvaises actions ne nous éloignent pas de Lui. " Ceci pour souligner de manière provocatrice que le don de Dieu ne repose pas sur notre faire

Mériter - [Clés de lecture]

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Mériter quelque chose connote souvent une idée de sacrifice, d'effort, d'action à accomplir pour recevoir en contrepartie une récompense. Les " mérites " sont les actions qu'on offre à Dieu dans le but de recevoir en retour une récompense. Au 16e siècle, ce thème était directement lié au système des indulgences.
" Hériter la vie éternelle " qui peut se dire aussi " mériter la vie éternelle ", est un thème déjà présent dans le Nouveau Testament. Le thème y est abordé sous forme de question : " Comment puis-je y arriver ? ". La conclusion est que c'est impossible aux hommes par leurs mérites.

Identité - [Clés de lecture]

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Qui suis-je ? Aux yeux des autres, à mes propres yeux et -peut-être- aux yeux de Dieu ? Pour répondre à cette question, l'être humain cherche des repères, des modèles par rapport auxquels il se mesure. La société définit ces modèles. Cela peut être le travail, la réussite sociale, le pouvoir, le sport, la beauté, l'argent, etc. C'est le regard de l'autre qui mesure si -oui ou non- on a réussi à se conformer à l'idéal. On croit pouvoir dire alors : " Je suis quelqu'un ! "
Mais ce " quelqu'un " est un personnage social dont l'identité est superficielle. Il ne résiste pas aux chocs multiples que peut apporter la vie. Si l'être humain vit uniquement dans cette identité-là, ne serait-ce que la perte du travail par exemple peut faire basculer l'être humain tout entier dans le non-sens.
L'Evangile affirme que l'identité véritable et profonde de l'être humain ne s'acquiert pas par l'effort et la conformité à un idéal, mais qu'elle est don de Dieu et qu'elle rend unique chaque être. L'être humain " est quelqu'un " parce qu'il est aimé de Dieu.

Justification gratuite - [Contexte]

Pour comprendre la " justification par grâce ", deux paraboles :

Quand un bébé singe se trouve en danger, quand quelque chose le menace, sa mère court à lui et le petit s'accroche, s'agrippe à ses épaules. Pendant que la mère l'emporte, il se tient, et il lui faut se tenir solidement. Il ne peut pas se tirer d'affaire tout seul ; il a besoin de sa mère, mais il doit aussi participer. S'il lâche prise, il sera perdu.

Parabole du salut tel que le comprend le catholicisme classique.

 

Quand un chaton court un risque, quand un péril le guette, la mère chatte se précipite, le prend par la peau du cou, l'emporte dans un lieu sûr, et le met hors de danger, sans qu'il coopère ; il reste passif, il lui arrive même de se débattre. Sa mère fait tout le travail.

Parabole du salut tel que le comprend le protestantisme classique. (André Gounelle)

Salut - [Contexte]

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Le message du salut -sauvé de la mort, du non-sens, de la culpabilité, etc. - est toujours reçu individuellement et intérieurement. Il s'agit d'une expérience spirituelle intime. Est-ce à dire que le salut se trouve " au fond de nous-mêmes " ? Certains mouvements de spiritualité peuvent le faire croire. Dans leur enseignement, l'être humain doit lui-même construire ou bien découvrir son salut. Celui-ci serait comme une vérité qui se trouverait au fond de l'être humain et qu'il suffirait de découvrir. A force de pratiquer des exercices spirituels, l'être humain accéderait à ce savoir oublié sur le sens de sa vie.
Le message biblique exprime des convictions tout autres. Le sens, le salut, la vérité ne sont pas la propriété de l'être humain. L'être humain ne peut donc se suffire à lui-même, c'est un autre qui lui apporte la vie, le sens... Cet " autre " est tout d'abord l'autre être humain, mais dans un sens ultime c'est Dieu. Donner de la place à cette altérité est essentiel pour la démarche de foi. Dans la Bible, Dieu est cet autre qui libère la vie refermée sur elle-même.

Moyen-Age - [Contexte]

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Il est aujourd'hui parfois difficile de comprendre à quel point l'être humain du Moyen Age était préoccupé de son salut. Dans une société où l'Eglise joue un rôle prééminent, où l'angoisse devant la damnation était tout à fait réelle, l'être humain se demande comment " se sauver ". La vie après la mort, la vie éternelle était une vraie préoccupation. Devant les exigences et les conditions d'entrée dans le ciel répercutées par l'Eglise, l'être humain capitulait bien souvent en se demandant comment il pourrait bien y arriver. C'est cette situation de base qui permet de comprendre les réponses théologiques et pratiques que l'Eglise a essayé de mettre en place.

Aujourd'hui - [Contexte]

L'annonce du salut revêt aussi d'autres formes et répond à d'autres préoccupations :
- Devant la crainte de la mort et du néant, elle affirme que Dieu donne une vie au-delà de la tombe.
- Devant l'angoisse de l'absurde, elle proclame que Dieu donne sens à notre existence et au monde.
- Devant les contraintes sociales économiques, politiques et autres qui nous asservissent et nous empêchent de mener une vie vraiment humaine, elle déclare que Dieu nous rend libre.
- Devant le poids de la solitude, elle nous parle de Dieu qui nous accompagne et se rend présent à nous.
(André Gounelle)

Les mérites - [Contexte]

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L'idée centrale derrière la notion de " mérites " est que l'Eglise possède une sorte de trésor, constitué de toutes les actions bonnes du Christ et de tous les saints, utilisable pour ceux qui en ont besoin. Au lieu d'accomplir eux-mêmes des " bonnes œuvres ", ils peuvent puiser -pour eux-mêmes ou pour des proches- dans ce trésor de l'Eglise moyennant des pèlerinages, des prières, des offrandes, etc. Les mérites du Christ ou des saints leur sont alors attribués comme s'ils les avaient accomplis eux-mêmes. Ce système confère à l'Eglise une place-clé, puisque c'est à travers elle que l'on a accès au " trésor ", et sous-entend une compréhension méritoire du salut.
Au 16e siècle, Luther a violemment critiqué ce système.
1° Il y voyait une manière pour l'Eglise de s'enrichir financièrement sur le dos des croyants inquiets pour leur salut,
2° mais surtout parce que cela supposait que le salut n'était pas un don gratuit de Dieu, et qu'il fallait d'une manière ou d'une autre payer pour l'acquérir.

Prédestination - [Contexte]

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Dans la théologie protestante, nous trouvons un terme qui a été repris d'Augustin: la prédestination. C'est surtout au Réformateur Jean Calvin qu'on associe ce mot par lequel est désigné un des points essentiels de sa théologie. La doctrine de la prédestination affirme que c'est Dieu qui décide d'avance qui sera sauvé, et il ajoute : qui sera perdu ! Ce qui pour un esprit du 21e siècle est ressenti comme une injustice et une négation de la liberté de l'être humain, ne fonctionne pas de la même manière pour l'être humain du 16e siècle. Au contraire : l'idée que tout est joué d'avance fait tomber l'angoisse. Tout d'un coup, la question : " Qu'est-ce que je dois encore faire pour être sauvé ?" n'a plus de sens. La doctrine de la prédestination dit d'abord : tout est fait, on n'y revient plus. Elle s'oppose au système des mérites qui fait croire que l'être humain coopère à son salut, qu'il y est pour quelque chose. La prédestination dit encore autre chose. Elle est souvent liée à un autre terme qui ne se trouve d'ailleurs pas tel quel dans la Bible : la providence de Dieu.

Providence - [Contexte]

La providence de Dieu peut être comprise d'une manière négative : puisqu'il y a des choses dans la vie dont le sens nous échappe, on les met sur le compte d'un Dieu - qu'on pourrait nommer aussi " destin ". On peut entendre ce genre de raisonnement par rapport à un accident : " C'est le destin ! " C'est une manière de dire qu'on ne comprend pas pourquoi cela est arrivé, mais qu'on veut quand-même donner un sens à ce qui arrive. Dieu est alors celui qui fait advenir les choses, bonnes comme mauvaises, un peu à la manière d'un magicien tout-puissant qui joue avec l'être humain.
Mais la providence peut aussi être ressentie de manière tout à fait positive. Elle peut être comprise comme sollicitude de Dieu en toute chose. L'affirmation de base est alors que Dieu veut du bien à l'être humain. Et la réponse à la providence de Dieu est la confiance de l'être humain. La providence atteste que l'homme est toujours renvoyé à ses limites, à un non-savoir radical, à une énigme et donc à cette prise de conscience que l'ultime ne lui appartient pas mais qu'il est dans la main de Dieu.
Le croyant vit dans une attitude vis-à-vis de Dieu qui n'est pas celle d'une marionnette qui subirait passivement les décisions d'un Dieu, mais celle d'un enfant qui sait qu'en dernière instance, il ne peut pas vivre seul.

Justification gratuite - [Espace temps]

Le concept de " justification gratuite " a traversé les siècles et a donné naissance à des compréhensions qui diffèrent parfois largement de ce qu'il signifiait au départ :

Le puritanisme anglais, par exemple, qui se définit plus comme une attitude d'esprit que comme une doctrine développe l'engagement éthique aux dépens de la justification. Tout en considérant que la grâce ne peut se perdre, il met l'accent sur une morale personnelle et sociale.

Le méthodisme de John Wesley (1703-1791) se fonde sur le principe réformé du salut pour prêcher la nécessité d'une vie sainte et consacrée à Dieu. Il souligne l'importance de la conversion et de la nouvelle naissance. La joie du salut et le sérieux de la sanctification exigent la pratique d'une morale austère et la lutte pour le perfectionnement de la vie.

Situation inextricable - [Textes bibliques]

Paul exprime par ce texte sa foi et sa confiance malgré ce qui peut arriver de difficile dans la vie :

Romains 8,38-39
Oui, j'en ai l'assurance : ni la mort ni la vie, ni les anges ni les dominations, ni le présent ni l'avenir, ni les puissances, ni les forces des hauteurs ni celles des profondeurs, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu manifesté en Jésus Christ, notre Seigneur.

Justification - [Textes bibliques]

Trois textes centraux et souvent cités dans le contexte de la justification :

Romains 3,22-26
C'est la justice de Dieu par la foi en Jésus Christ pour tous ceux qui croient, car il n'y a pas de différence : tous ont péché, sont privés de la gloire de Dieu, mais sont gratuitement justifiés par sa grâce, en vertu de la délivrance accomplie en Jésus Christ. C'est lui que Dieu a destiné à servir d'expiation par son sang, par le moyen de la foi, pour montrer ce qu'était la justice, du fait qu'il avait laissé impunis les péchés d'autrefois, au temps de sa patience. Il montre donc sa justice dans le temps présent, afin d'être juste et de justifier celui qui vit de la foi en Jésus.

D'ailleurs toute l'épître de Paul aux Romains est intéressante à lire à ce sujet.

Ephésiens 2,4-8
Mais Dieu est riche en miséricorde ; à cause du grand amour dont il nous a aimés, alors que nous étions morts à cause de nos fautes, il nous a donné la vie avec le Christ -c'est par grâce que vous êtes sauvés-, avec lui, il nous a ressuscités et fait asseoir dans les cieux, en Jésus Christ. Ainsi, par sa bonté pour nous en Jésus Christ, il a voulu montrer dans les siècles à venir l'incomparable richesse de sa grâce. C'est par la grâce, en effet, que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi ; vous n'y êtes pour rien, c'est le don de Dieu.

Philippiens 3,4-11
Pourtant, j'ai des raisons d'avoir aussi confiance en moi-même. Si un autre croit pouvoir se confier en lui-même, je le peux davantage, moi, circoncis le huitième jour, de la race d'Israël, de la tribu de Benjamin, Hébreu fils d'Hébreux ; pour la loi, Pharisien ; pour le zèle, persécuteur de l'Eglise ; pour la justice qu'on trouve dans la loi, devenu irréprochable. Or toutes ces choses qui étaient pour moi des gains, je les ai considérées comme une perte à cause du Christ. Mais oui, je considère que tout est perte en regard de ce bien suprême qu'est la connaissance de Jésus Christ mon Seigneur. A cause de lui j'ai tout perdu et je considère tout cela comme ordures afin de gagner Christ, et d'être trouvé en lui, non plus avec une justice à moi, qui vient de la loi, mais avec celle qui vient par la foi au Christ, la justice qui vient de Dieu et s'appuie sur la foi. Il s'agit de le connaître, lui, et la puissance de sa résurrection, et la communion à ses souffrances, de devenir semblable à lui dans sa mort, afin de parvenir, s'il est possible, à la résurrection d'entre les morts.

Mériter - [Textes bibliques]

Luc 18,9-14
Jésus dit encore la parabole que voici à certains qui étaient convaincus d'être justes et qui méprisaient tous les autres : " Deux hommes montèrent au Temple pour prier ; l'un était Pharisien et l'autre collecteur d'impôts. Le Pharisien, debout, priait ainsi en lui-même : "O Dieu, je te rends grâce de ce que je ne suis pas comme les autres hommes, qui sont voleurs, malfaisants, adultères, ou encore comme ce collecteur d'impôts. Je jeûne deux fois par semaine, je paie la dîme de tout ce que je me procure."
Le collecteur d'impôts, se tenant à distance, ne voulait même pas lever les yeux au ciel, mais il se frappait la poitrine en disant : "O Dieu, prends pitié du pécheur que je suis." Je vous le déclare : celui-ci redescendit chez lui justifié, et non l'autre, car tout homme qui s'élève sera abaissé, mais celui qui s'abaisse sera élevé. "

Salut - [Textes bibliques]

Matthieu 19,25-26
Les disciples disaient : " Qui donc peut être sauvé ? "
Fixant sur eux son regard, Jésus leur dit : " Aux hommes c'est impossible, mais à Dieu tout est possible. "

Providence - [Textes bibliques]

L'évangile de Luc nous propose une méditation sur l'inquiétude ou plus exactement sur la confiance en Dieu :

Luc 12,22-29
Jésus dit à ses disciples : " Voilà pourquoi je vous dis : ne vous inquiétez pas pour votre vie de ce que vous mangerez, ni pour votre corps de quoi vous le vêtirez. Car la vie est plus que la nourriture, et le corps plus que le vêtement. Observez les corbeaux : ils ne sèment ni ne moissonnent, ils n'ont ni cellier ni grenier ; et Dieu les nourrit. Combien plus valez-vous que les oiseaux ! Et qui d'entre vous peut par son inquiétude prolonger tant soit peu son existence ? Si donc vous êtes sans pouvoir même pour si peu, pourquoi vous inquiéter pour tout le reste ? Observez les lis : ils ne filent ni ne tissent et, je vous le dis : Salomon lui-même, dans toute sa gloire, n'a jamais été vêtu comme l'un d'eux. Si Dieu habille ainsi en pleins champs l'herbe qui est là aujourd'hui et qui demain sera jetée au feu, combien plus le fera-t-il pour vous, gens de peu de foi.
Et vous, ne cherchez pas ce que vous mangerez ni ce que vous boirez, et ne vous tourmentez pas. Tout cela, les païens de ce monde le recherchent sans répit, mais vous, votre Père sait que vous en avez besoin. Cherchez plutôt son Royaume, et cela vous sera donné par surcroît. "

Justification gratuite - [Aller plus loin]

Luther distingue la " justice active " par laquelle l'homme prétend, par ses bonnes œuvres se rendre juste devant Dieu, et la " justice passive " selon laquelle l'homme est déclaré juste par Dieu en dehors de ses œuvres et de ses mérites. Luther (re-)découvre cette dernière en particulier dans sa lecture de l'épître de Paul aux Romains.
Dans le vocabulaire du Nouveau Testament, " être justifié " veut dire avoir une relation juste avec Dieu. Etre justifié par les œuvres signifie que nous avons cette relation juste grâce à nos pensées, nos sentiments et notre comportement. Etre justifié par la grâce signifie que nous sommes incapables de parvenir par nos propres moyens à cette juste relation avec Dieu, et que c'est Dieu qui l'établit voire la rétablit. La Réforme a surtout insisté sur la justification en tant que pardon des péchés. Le péché est ce qui empêche d'avoir une juste relation avec Dieu. Mais Dieu décide de l'effacer, de nous sauver, c'est-à-dire de rendre authentique notre vie, malgré nos fautes. La justification a aussi un rapport étroit avec le thème du Royaume de Dieu, un univers (êtres et choses) en juste relation avec Dieu.

Prédestination - [Aller plus loin]

" Comme pour la prédestination, un principe d'ignorance est inscrit au coeur de la Providence divine : toutes mes questions ne trouvent pas leur réponse, et l'énigme du mal demeure. Le mal n'est pas expliqué, justifié, résolu dans une théorie qui prétend, d'une manière ou d'une autre saisir les intentions secrètes de Dieu. Il ne s'agit pas d'expliquer et de justifier... Inscrite dans cette perspective, la foi en la Providence divine est aux antipodes d'un déterminisme. Elle permet au croyant d'assumer les défis de sa vie dans le monde en toute liberté, dans une sérénité lucide, consciente des limites qui lui sont imparties." (Pierre Bühler)

Salut - [Aller plus loin]

" Porter la vie à bras-le-corps, telle est l'exigence sous laquelle nombre de personnes ploient - ou se brisent, ne se sentant pas la force d'Atlas face à une responsabilité qui s'exacerbe en l'exigence infinie d'être à soi-même son propre fondement. Peut-on ainsi se porter soi-même par ses propres forces ? Et pourtant, dit la sagesse, on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même. Les valeurs porteuses peuvent être diverses : l'amour, le travail, le bonheur, le bien-être, la gloire, etc. Mais tout cela ne tombe pas du ciel. Il vaut mieux t'en occuper. Porte-toi, et le ciel te portera !
Et si tu te laissais porter ?, demande la foi. Sur la croix, Jésus ne portait pas le monde à bras-le-corps, mais il est mort les bras en croix, s'abandonnant au Dieu qui l'abandonnait. Fondé sur cet événement de la croix, l'évangile proclame sa promesse inconditionnelle : "Dans l'abandon, tu seras porté ! Et alors, tu pourras mieux porter, tout autour de toi, parce que tu ne t'épuiseras pas à te porter toi-même." " (Pierre Bühler)

Le salut par la grâce seule. Une reconnaissance qui nous précède. - [Aller plus loin]

" " Mesdames et Messieurs, excusez-moi de vous déranger. Je suis à la rue et sans ressources..." Nous savons maintenant que ces mots peuvent être prononcés non seulement par un itinérant en bout de course, naufragé de la vie, mais également par un ancien cadre, lui aussi brusquement abattu par la chômage, donc la dépression, le divorce, la solitude. C'est pourquoi ceux qui nous demandent de l'argent peuvent nous apitoyer, nous agacer, nous révolter ou tout cela à la fois mais, en plus, ils nous font peur : qui sait si, par les malchances de la vie, je ne pourrais pas, moi aussi, me retrouver un jour dans cette situation ?
Mais pourquoi certains s'effondrent-ils et d'autres non ? Pourquoi certains surmontent-ils le chômage, la dépression, l'isolement et d'autres s'y enlisent-ils ? Et pourquoi ces différences de réactions s'observent-elles dans tous les milieux sociaux, même si certains offrent, bien sûr, plus de protection que d'autres ? Qu'est-ce qui fait en somme, que l'on peut s'effondrer dans la marginalité ou, à l'inverse, rester centré et tenir debout ? Il y a certainement de nombreux éléments de réponse à cette question. Quand on les examine l'un après l'autre, il me semble pourtant qu'il en est un qui résiste plus que les autres.
Ce qui nous centre et nous soutient, c'est la certitude de compter pour quelqu'un d'autre. Le chômage peut parfois devenir un gouffre parce qu'il éveille le sentiment chez le chômeur de ne plus compter pour la société et donc plus pour personne. S'il y a tant de suicides chez les retraités et les personnes âgées, c'est probablement en raison d'une insupportable impression de n'être qu'un poids mort. Les prisons sont pleines d'hommes qui, presque toujours, ont éprouvé un vide affectif, une impression d'être là par hasard ou en trop, bref de n'avoir pas leur place, de ne pas compter et cela aussi loin que leur mémoire remonte. Et la liste des contre-exemples pourrait être longue. Sans cette certitude, qui me leste et m'enracine, de compter pour quelqu'un, tout événement déstabilisateur peut prendre les dimensions d'un séisme, jusqu'à me mettre à bas.
Précisons encore, car nous touchons là à l'essentiel : il s'agit de compter pour quelqu'un, mais de manière inconditionnelle. Tout est dans ce mot. Notre société est pleine de reconnaissance pour ceux qui savent faire leurs preuves, c'est-à-dire qui sont productifs, toujours jeunes et beaux, à la pointe de l'innovation ou de la performance. Mais cette reconnaissance-là est éminemment conditionnée : que je faiblisse, que je vieillisse, que je ralentisse et elle ne me sera plus donnée. Or l'expérience décisive, celle qui me permet d'exister en dépit de tout, c'est de compter ou d'avoir compté, inconditionnellement, pour quelqu'un. Si je n'ai pas fait au moins une fois cette expérience, à quoi bon vivre ?
C'est notamment dans ce registre des relations interpersonnelles que l'on peut comprendre l'affirmation du " salut par la grâce seule ". Car elle consiste à dire : toi, tel que tu es, tu comptes inconditionnellement pour Dieu. De manière ultime, irréversible et inconditionnelle. Avant même que tu en aies pris conscience, Dieu te reconnaît comme tu es et cette reconnaissance ne te sera jamais enlevée. C'est pourquoi il est appelé " Père ". C'est là ton salut : fondée sur ce socle, ta vie vaut la peine d'être vécue, même dans les difficultés, les deuils, les doutes et les morts. Et ce salut est par la grâce seule : il n'est d'aucune manière lié à tes succès et à tes échecs, puisque cette reconnaissance de Dieu te précède absolument, t'est donnée et cela de manière inconditionnelle. Débarrassée de son vocabulaire technique et de son contexte post-médiéval, l'affirmation du salut par la grâce seule est donc d'une simplicité déroutante. C'est au fond cela qui la rend si difficilement croyable. Comme on le voit, elle n'a rien d'une curiosité dépassée, à embaumer pieusement. elle rejoint l'être humain dans son intime le plus secret : elle provoque en même temps de puissants effets libérateurs à l'égard de toute instance de reconnaissance sociale (argent, pouvoir, titres, réussites, etc.) qui se trouve relativisée dès lors que la reconnaissance inconditionnelle est déjà jouée ailleurs. Le salut par la grâce seule est probablement le plus nécessaire et le plus contestataire des messages pour notre temps. " (Laurent Schlumberger)

Identité - [Culture]

 

 

Poème de Dietrich Bonhoeffer"

Qui suis-je ? "

 

Qui suis-je ?
Qui suis-je ? Souvent ils me disent
que de ma cellule je sors
détendu, ferme et serein,
tel un gentilhomme de son château.

   
 

Qui suis-je ? Souvent ils me disent
qu'avec mes gardiens je parle
aussi librement, amicalement et franchement
que si j'avais, moi, à leur donner des ordres.

   
 

Qui suis-je ? Ils me disent aussi
que je supporte les jours de l'épreuve,
impassible, souriant et fier,
comme quelqu'un qui est habitué à vaincre.

   
 

Suis-je vraiment celui qu'ils disent ?
Ou seulement cet homme que moi seul connais ?
Inquiet, malade de nostalgie, pareil à un oiseau en cage,
Cherchant mon souffle comme si quelqu'un m'étranglait,
avide de couleurs, de fleurs, de chants d'oiseaux,
assoiffé d'une bonne parole, de proximité humaine,
tremblant de colère au spectacle de l'arbitraire et de l'humiliation la plus mesquine,
agité par l'attente de grandes choses,
craignant et ne pouvant rien faire pour des amis terriblement loin,
trop fatigué et vide pour prier, pour penser, pour entreprendre,
las et prêt de tout abandonner ?

   
 

Qui suis-je ? Celui-ci ou celui-là ?
Suis-je aujourd'hui celui-ci et demain un autre ?
Suis-je les deux à la fois ? Un hypocrite devant les hommes
et devant moi un faible, piteux et méprisable ?
Ou bien ce qui est en moi ressemble-t-il à l'armée vaincue,
qui fuit en désordre devant la victoire déjà remportée ?

   
 

Qui suis-je ? Ce questionnement solitaire me tourne en dérision.
Qui que je sois, Toi, tu me connais : je suis tien, ô Dieu !

   
 

(Dietrich Bonhoeffer)

 

Un rêve - [Culture]

J'ai fait un rêve. Je cheminais sur une plage côte à côte avec Dieu. Nos pas se dessinaient sur le sable, laissant une double empreinte, la mienne et celle de Dieu. L'idée me vint, c'était un songe, que chaque empreinte représentait un jour de ma vie. Je me suis arrêté pour regarder en arrière. J'ai vu toutes ces traces, elles se perdaient au loin. et en certains points, au lieu de deux empreintes, il n'y en avait qu'une. J'ai revu le film de ma vie. et à ma grande surprise, les points à empreinte unique correspondaient aux jours les plus sombres de mon existence. Jours d'épreuve et de doute. Jours des questions sans réponse sur les hommes et sur Dieu . Jours d'erreur et d'errance, de solitude et de souffrances, jours de colère et de mauvaise humeur. Jours insupportables où moi-même j'avais été insupportable. Alors, me retournant vers Dieu, je lui dis : n'avais-tu pas promis d'être avec moi chaque jour pour m'accompagner ? Pourquoi m'as-tu laissé seul aux plus durs moments de ma vie, seul aux jours où j'aurais eu tellement besoin de toi ? Alors mon Dieu m'a répondu : mon ami, les jours où tu ne vois qu'une seule trace de pas sur le sable sont les jours où je t'ai porté.

(Adémar de Barros, auteur brésilien)

Luther, Martin (1483-1546)

Réformateurvoir entrée Luther allemand né et mort à Eisleben. Moine, prêtre, docteur en théologie, professeur d'exégèse biblique, il était habité par une intense quête spirituelle concernant le salut. En travaillant l'épître aux Romains il découvre ce qui sera le coeur de son oeuvre et de la Réforme protestante au 16e siècle, le message du salut par la seule grâce de Dieu, en dehors des mérites de l'homme. En 1517 il rédige " 95 thèses " où il développe cette affirmation et dénonce la vente des indulgences. Déclaré hérétique en 1518, il est excommunié et mis au ban de l'Empire à la Diète de Worms en 1521. Il trouve alors un appui auprès des princes allemands. Auteur d'une oeuvre théologique considérable et traducteur de la Bible en allemand, il a pris part aux débats de son temps (controverse avec Erasme, attitude lors de la Guerre des Paysans...). Il a résisté à toute forme de désordre ecclésial et a commencé à poser les bases d'une Eglise " luthérienne "

Augustin

354 - 430. Père de l'Eglise d'Occident. En 396, il devient évêque d'Hippone, en Afrique du Nord. Son oeuvre la plus connue d'un large public est probablement les Confessions

Indulgences

Pour la piété catholique traditionnelle, des prières ou des œuvres peuvent nous rendre Dieu favorable, et nous valoir une indulgence de sa part pour certaines fautes. On peut obtenir également son indulgence pour des défunts qui seraient au purgatoire. Suite aux protestations, entre autres des Réformateurs , l'Eglise catholique, sans renoncer au système des indulgences, en a condamné le commerce (versement d'argent pour les acheter).
On associe à la pratique des indulgences au 16e siècle le personnage de Tetzel et le slogan, en forme de ritournelle, de son office de marchand du salut : " Sitôt que dans le tronc l'argent résonne, du purgatoire brûlant l'âme s'envole " !

Bible / Ecritures

Le mot "Bible" transcrit en français un mot qui en grec est au pluriel et qui veut dire "les livres". En effet la Bible est un recueil qui comprend de nombreux livres, écrits sur plus d'un millénaire. On classe ces livres en deux grands ensembles : l'Ancien Testament et le Nouveau Testament (ils sont aussi parfois appelés : le Premier et le Second Testaments). Deux religions, le judaïsme et le christianisme, se réclament de l'Ancien Testament. Les livres du Nouveau Testament fondent le christianisme. Ce sont des prédications et des témoignages pour exprimer ce que la vie et l'enseignement de Jésus-Christ signifient pour les chrétiens.
Les juifs et les premiers chrétiens, en parlant de leurs livres sacrés, disaient plutôt "l'Ecriture" ou "les Ecritures". On dit aussi "l'Ecriture sainte" ou "les Saintes Ecritures".

Calvin, Jean

1509-1564. Réformateur français né à Noyon. Il a une formation d'humaniste, étudiant les lettres, la philosophie, le droit, l'hébreu, le grec, la théologie en divers lieux universitaires (Paris, Orléans, Bourges). En 1533, il adhère aux idées de la Réforme qu'il va dès lors inlassablement et de toutes sortes de manières diffuser. En 1534 il est obligé de quitter la France pour Bâle où il rédige la première édition de l'un de ses ouvrages majeurs l'Institution de la Religion Chrétienne. Il ira ensuite à Genève (1536), à Strasbourg (1538), puis à nouveau Genève (1541) où il jouera un rôle théologique et politique très important. Exégète, enseignant, prédicateur, sa pensée rigoureuse fut largement diffusée en France dans les années 1540-1550. Elle va contribuer à l'édification d'une Eglise réformée en France, dont le premier synode se tient en 1559 à Paris. La confession de foi et la discipline ecclésiastique qui y furent adoptées sont l'une et l'autre directement inspirées par Calvin.

Réforme

Il s'agit du mouvement de réforme religieuse qui, au 16e siècle, a contesté les positions traditionnelles de l'Eglise et donné naissance au protestantisme. Les Eglises luthériennes sont issues de l'œuvre théologique du Réformateur allemand Martin Luther, et les Eglises réformées de l'œuvre théologique du Réformateur français Jean Calvin.

Eglise

Le mot Eglise vient de la racine "assembler", "rassembler". Il s'utilise dans différents sens, voisins mais distincts. Il peut désigner :
- le bâtiment où se rassemblent les fidèles et où on célèbre le culte (dans ce cas on met une minuscule).
- les personnes qui se rassemblent, l'assemblée qui se réunit.
- l'ensemble des chrétiens : le Nouveau Testament compare l'Eglise au corps du Christ ou à son épouse, images qui entendent souligner le lien étroit entre le Christ et l'Eglise. En ce sens, on parle de l'Eglise au singulier (elle regroupe tous les fidèles, à travers le temps et l'espace).
- une institution ou une organisation religieuse chrétienne : on parle de l'Eglise réformée de France, de l'Eglise de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine, de l'Eglise orthodoxe grecque, de l'Eglise catholique romaine. Dans ce cas, on parle des Eglises au pluriel.
La compréhension de l'Eglise (on parle alors d'ecclésiologie) est aujourd'hui l'un des enjeux principaux du dialogue œcuménique. C'est en effet ce point qui demeure l'une des différences fondamentales entre les grandes confessions chrétiennes.
Pour les protestants, les 2ème et 3ème sens ne se recouvrent pas. L'Eglise du Christ, Eglise invisible, ne coïncide pas avec les formes visibles des Eglises particulières. C'est une réalité spirituelle que Dieu seul connaît.
Pour les catholiques, par contre, l'Eglise du Christ s'identifie à l'Eglise catholique romaine.

Ecclésiologie

Réflexion dogmatique au sujet de l'origine et de la nature de l'Eglise, des charismes, des ministres, de son statut théologique et juridique ainsi que de la question de l'unité de l'Eglise dans une chrétienté divisée.

Oecuménique / Oecuménisme

Le 20e siècle, et notamment sa seconde moitié, se caractérise par le développement des relations entre les différentes Eglises chrétiennes. On nomme ces relations " relations oecuméniques ". Mais en fait, il serait plus juste de les appeler " interconfessionnelles " car étymologiquement le mot oecuménique signifie " l'ensemble de la terre habitée ".

Ministre / ministère

Ministre veut dire " serviteur ", le mot " ministère " peut être traduit par " service ". Il s'agit d'un service confié, d'une fonction exercée, en particulier dans le cadre religieux ; d'où le nom de ministre pour le pasteur du culte réformé. Dans le protestantisme, à côté du ministère pastoral, on reconnaît d'autres ministères, par exemple ceux d'enseignant en théologie (appelé dans la Bible " docteur "), d'aumônier (dans les hôpitaux, les prisons, les armées...) ou de conseiller presbytéral (appelé dans la Bible " ancien ").

Parole

Employé avec une majuscule ce terme s'identifie à la parole de Dieu. Dans l'expression " recevoir la Parole ", " recevoir " a le sens d'accueillir, accepter.

Réformateur

Promoteur de la Réforme religieuse du 16e siècle

Salut

L'Ancien Testament comprend le salut comme l'action de Dieu qui libère. Le texte de référence est la sortie d'Egypte, la libération de l'esclavage, de l'oppression. Cette idée de libération est reprise par le Nouveau Testament. La guérison d'une maladie, la relation rétablie avec Dieu et les autres, l'accueil de celui qui se considère perdu...sont signes du salut que Dieu donne. Le verbe "sauver" s'emploie au passif ce qui souligne le fait que Dieu est l'auteur du salut. L'être humain est sauvé, il ne se sauve pas lui-même

Evangile Evangéliste

Le mot évangile est un mot grec qui signifie " bonne nouvelle " ou " bon message ". On distingue deux compréhensions. Ce mot correspond premièrement à un genre littéraire et désigne les quatre premiers livres du Nouveau Testament : les évangiles selon Matthieu, selon Marc, selon Luc et selon Jean. On l'écrit alors avec une minuscule. Deuxièmement, il désigne un contenu. L'Evangile est alors la bonne nouvelle dont témoigne Jésus de la part de Dieu. Ce message de salut n'est pas indépendant de celui qui l'apporte. On peut dire que c'est Jésus lui-même qui est en quelque sorte la bonne nouvelle que Dieu envoie aux hommes.
L'usage majuscule /minuscule peut parfois être inversé (l'évangile de Jésus Christ parce qu'évangile est un nom commun ; l'Evangile de Matthieu parce que c'est un titre de livre).

Vie / vie éternelle

C'est une expression qui revient très souvent dans les textes du Nouveau Testament. Il est important de rappeler qu'il ne s'agit ici nullement d'une vie qui ne commencerait qu'après la mort. Pour un Juif (et ce sont là les racines du Nouveau Testament même s'il est écrit en grec), l'éternité est certes quelque chose qui s'inscrit dans la durée, mais qui dit avant tout l'intensité. On pourrait traduire le mot en français par " vraie vie " ou " plénitude de vie ". Dans l'évangile de Jean en particulier, il est clair que cette vie commence dès ici-bas, au moment où l'être humain rencontre Dieu et commence à vivre avec lui.

Loi

Cette notion est essentielle en théologie. Bien qu'elles aient été souvent confondues, il faut distinguer la loi civile qui organise la société et la loi religieuse qui dit ce que l'être humain doit faire pour être agréable à Dieu. Cette dernière peut être reçue de deux manières : comme un commandement que l'être humain doit accomplir pour être sauvé ; ou bien comme un commandement qui révèle à l'être humain combien il est incapable de se sauver lui-même. Dans le premier cas, nous parlerons d'un salut par les œuvres, dans le deuxième cas, l'être humain ne peut que compter sur la grâce de Dieu.
En théologie, on parle aussi d'un 3e usage de la loi qui se trouve chez le Réformateur Calvin. Elle est alors une exigence éthique qui indique ce que le croyant est appelé à vivre à l'écoute de la Parole de Dieu. Non afin de gagner son salut par ses œuvres mais comme réponse joyeuse et reconnaissante à l'amour de Dieu.

Magistère

L'étymologie du mot magistère renvoie à " maître " (en latin, magister). Le " magistère " est donc, dans une Eglise, l'autorité spirituelle ou doctrinale qui définit et exprime la vérité de la foi chrétienne. Ce magistère peut être une personne, mais aussi un groupe de personnes -on parle alors de " magistère collégial "- ou encore des assemblées plus vastes s'exprimant au nom du peuple des fidèles comme les synodes, les conciles, etc...

Consécration / Ordination

Rite liturgique par lequel on affecte une personne au service de Dieu. On consacre par exemple un évêque. On parle aussi d'ordination, mot qui insiste davantage sur le fait que la personne entre dans un " ordre ", celui des prêtres par exemple.

Cène

Souper, dernier repas de Jésus. Quatre textes du Nouveau Testament (Mattthieu 26,17-30, Marc 14,12-31, Luc 22,7-23, 1Corinthiens 11,23-26) nous disent que Jésus, juste avant son arrestation, partagea avec ses disciples le pain et le vin et leur demanda de répéter ce geste en mémoire de lui. Pour les Eglises issues de la Réforme, la cène est, avec le baptême, considérée comme un sacrement. Elle est célébrée régulièrement, mais pas obligatoirement, au cours du culte. Ceux qui y participent discernent dans le pain et le vin partagés la présence véritable du Christ. C'est donc dans la foi et pour la foi qu'ils sont les signes du corps et du sang du Christ.

Ordination

Témoin

Dans les écrits bibliques et notamment dans le Nouveau Testament où il apparaît de nombreuses fois, le mot " témoin " désigne les hommes et les femmes qui ont rencontré Jésus, qui rendent compte de ses paroles et de ses actes. Mais le témoin peut aussi témoigner de ce que d'autres lui ont dit. Convaincu, il transmettra à son tour. Le témoin ne dit pas seulement ce qu'il pense avoir vu et entendu " objectivement ", il s'efforce aussi de le comprendre, d'en percevoir le sens et d'en rendre compte auprès des autres. Son témoignage l'engagera donc personnellement. Ainsi, dans le Nouveau Testament, être témoin du Christ, c'est dire sa foi en lui, en répondre même devant ses adversaires, et en accepter toutes les conséquences, y compris en cas de persécution. En grec, le mot qui désigne le " témoin " est celui qui a donné en français " martyr ".

Moïse

Moïse est le personnage qui a guidé le peuple d'Israël à travers le désert après l'avoir sorti d'Egypte. Dans la révélation à la montagne du Sinaï Dieu lui communique les tables de la Loi. La vie et l'oeuvre de Moïse sont rapportées dans la Bible, dans les livres de l'Exode, du Lévitique, des Nombres et du Deutéronome.

Sacerdoce universel

Le " sacerdoce " est la fonction du prêtre ; elle consiste à être l'intermédiaire entre Dieu et les hommes. C'est à partir de la Réforme que l'on affirme que le rôle du prêtre n'est pas réservé à quelques-uns, mais " universel " ce qui veut dire que tous les chrétiens sont concernés. Séparément et ensemble ils sont appelés à représenter Dieu pour les autres et pour le monde et à présenter le monde à Dieu dans la louange et la prière. Cela n'exclut pas que certain(e)s soient appelés à exercer un service (ou ministère) particulier au sein de l'Eglise, par exemple celui de pasteur pour interpréter les Ecritures. Mais même dans la fonction d'interprétation des Ecritures, le pasteur peut à tout moment être remplacé par des membres de la communauté appelés et dûment formés par elle.

Esprit

En théologie chrétienne l'Esprit est celui qui se tient à l'origine de ce qui est donné (il inspire la Bible), au cœur de la réception (il éclaire le lecteur) et dans le témoignage extérieur (il dynamise la militance au cœur du monde).

Sacré

Les catégories de " sacré " et de " profane " relèvent d'une conception du monde où les lieux, les objets et les êtres sont définis en fonction de leur nature propre, de leur essence ; dans le Nouveau Testament aussi bien que dans l'Ancien Testament, ces catégories s'effacent devant celles de " saint " et de " pécheur " qui définissent l'être humain non pas en fonction de sa nature, mais de sa relation à Dieu.

Traditions

Tradition a pour étymologie le mot " transmission ". Il s'agit de la transmission orale de faits, de doctrines, d'opinions, de coutumes... pendant un long espace de temps. Les théologiens désignent par ce mot les vérités ou les institutions transmises à l'Eglise autrement que par la Bible.
Le pluriel est important : il montre que, dès le début de l'Eglise, le message chrétien ne s'est pas réduit et fixé en un contenu unique, univoque mais il s'est exprimé de diverses manières en fonction du milieu historique, de la culture, du destinataire, des préoccupations spirituelles du moment, des adversaires, etc...

Synode

Mot grec qui veut dire " chemin commun ", " cheminer ensemble ". Dans le protestantisme, les synodes sont des assemblées où pasteurs et fidèles mandatés par les Eglises locales décident des orientations à donner à la vie de l'Eglise dans les domaines théologique, liturgique, financier, éthique..

Liturgie

  • 1. Livre contenant les formulaires du culte communautaire.
  • 2. Nom donné aux parties fixes du culte, les distinguant de la prédication

Sacrement

Il s'agit d'un acte, geste ou signe accompli par les Eglises chrétiennes au cours du culte dans la fidélité à leur Seigneur. Un texte luthérien les définit comme " les rites qui font l'objet d'un commandement de Dieu et auxquels est jointe la promesse de la grâce ". Saint Augustin disait qu'ils sont des " signes visibles de la grâce invisible ". Le protestantisme connaît les deux sacrements qui ont été institués par Jésus-Christ d'après le Nouveau Testament : le baptême et la cène. Les catholiques et les orthodoxes en reconnaissent sept : le baptême, la cène ou eucharistie, la confirmation (conférée par l'évêque), l' ordination des prêtres (conférée par l'évêque), l'extrême-onction ou sacrement des malades, la pénitence et le mariage.

Nouveau Testament

Le Nouveau Testament forme avec l'Ancien Testament la Bible des chrétiens. Le mot " testament " signifie alliance. Le Nouveau Testament contient les 4 Evangiles, les Actes des Apôtres, les Epîtres (lettres) et l'Apocalypse. Les écrits datent d'environ 50 à 120 après J.C. Le Nouveau Testament est rédigé en grec

Athée

Le mot " athée " veut dire " sans Dieu ". est athée celui qui prétend n'avoir aucun Dieu. On qualifie parfois aussi d'athées ceux qui refusent un Dieu particulier. Dans l'antiquité, on a traité d'athées les juifs et les chrétiens parce qu'ils ne reconnaissaient pas les Dieux officiels de l'Empire romain ou des cités gréco-latines

Idole

Une idole est une image (statue ou peinture) qui représente la divinité. L'idolâtrie est le culte rendu à cette image : elle divinise une réalité terrestre. On parle d'idole aujourd'hui pour désigner une star ou un personnage que des gens vénèrent et qui prend pour eux une importance démesurée

Apôtre

Du grec apostolos, envoyé de Dieu. Nom donné à chacun des 12 disciples que Jésus chargea particulièrement de prêcher son Evangile. Paul prendra aussi rang et prérogatives d'apôtre

Fondamentalisme

Ce terme est apparu aux Etats-Unis, en contexte protestant au début du 20e siècle pour désigner un mouvement qui s'opposait au libéralisme protestant et au christianisme social. Ses membres considèrent que la Bible est exempte d'erreurs (inerrance des Ecritures). Ils pensent que la Parole de Dieu est la Bible (et non pas dans la Bible). En conséquence, ils s'opposent à toute forme d'interprétation du texte biblique. Les fondamentalistes défendent des thèses créationnistes opposées aux théories évolutionnistes de Darwin, considérant que celles-ci sont contraires aux textes bibliques de la création rapportés au début de la Genèse. De façon plus générale, on peut dire que le fondamentalisme protestant se manifeste par une fermeté, voire une rigidité doctrinale et éthique. Aujourd'hui on utilise souvent ce terme en-dehors de son contexte protestant et chrétien pour désigner les mouvements de réaffirmation identitaire qui se développent dans les diverses religions et qui se caractérisent notamment par une lecture littérale, on dit justement "fondamentaliste", de leurs textes fondateurs alors sacralisés.

Créationnisme

Doctrine qui se base sur la Genèse pour expliquer l'origine des espèces vivantes. Selon cette doctrine, les espèces ont été créées séparément en une seule fois et sont restées inchangées depuis l'origine de la vie. Le mouvement créationniste est né aux états-Unis au début du 20e siècle en réaction contre le darwinisme.

Evolutionnisme

Courant d'idées interprétant l'univers actuel, et en particulier les espèces vivantes, comme étant le résultat inachevé d'un processus de différenciation et de complexification

Darwinisme

Doctrine de Charles Darwin (1809-1882) et de ses successeurs selon laquelle l'évolution des organismes vivants résulte de la sélection naturelle. Elle donne une interprétation causale de l'évolutionnisme

Bonhoeffer Dietrich

1906-1945.Théologien protestant. Il devient pasteur et aumônier auprès des étudiants. Il enseigne à Berlin. En 1935, il dirige le séminaire de prédicateurs (illégal aux yeux des nazis) de Finkenwalde. Il n'a plus le droit d'enseigner ni de publier sous les nazis, il entre dans la résistance. En 1943, il est arrêté et meurt pendu dans le camp de concentration de Flossenbürg les derniers jours de la guerre. C'est dans ses années d'emprisonnement qu'il rédige entre autres le poème "Qui suis-je". Ses œuvres les plus connues sont Suivance [Nachfolge], son Ethique et Résistance et Soumission [Widerstand und Ergebung].

Dogme

Point de doctrine considéré comme fondamental et indiscutable par une religion, une Eglise ou une idéologie. Dans le catholicisme c'est une vérité posée par l'Eglise comme devant être crue par tous les croyants. En ce sens il n'y a pas à proprement parler de dogme dans le protestantisme. Il y a des convictions théologiques qui constituent le contenu de la foi. Mais elles peuvent être toujours discutées à la lumière de la Bible et elles ne lient pas la conscience des fidèles

Incarnation

Il s'agit d'un mot qui vient du latin et veut dire " prendre chair ". Le mot ne fait pas partie du vocabulaire du Nouveau Testament bien que ce soit son message central : Dieu s'est fait homme en Jésus Christ. Il a ainsi accepté tout ce que comporte une vie humaine jusque dans sa fragilité et sa mort

Système doctrinal

La connaissance de Dieu s'organise pour chaque Eglise en une doctrine qui lui fournit un langage théologique, une expression, un contenu, une inscription dans une tradition qui la précède. Si la théologie ne peut exister sans l'expérience croyante, la foi chrétienne ne peut se passer de cette cohérence doctrinale qui est le propre du travail théologique

Hiérarchie sacerdotale

Il s'agit d'une conception et d'une organisation de l'Eglise basée sur ceux qui exercent le sacerdoce : les prêtres. Dans l'Eglise catholique romaine la direction et le magistère reposent avant tout sur les évêques (qui font répercuter par les prêtres leurs ordres auprès des fidèles). Les évêques sont seuls détenteurs de la juste doctrine, seuls habilités à représenter Dieu et à dire aux fidèles ce qu'ils doivent croire, penser et faire. On parle de hiérarchie car le pouvoir s'exerce, de manière descendante des niveaux supérieurs de l'institution ecclésiale vers le peuple de l'Eglise situé en bas de l'échelle.

Canon/Valeur canonique/canonicité

Canon vient d'un mot grec signifiant "roseau", "bâton", "règle pour mesurer". Le canon est une règle concernant la foi et la discipline. Le canon des Ecritures est le catalogue des livres reconnus par l'Eglise et réunis dans la Bible.

Infaillibilité

Ce terme caractérise la capacité à dire ce qui est vrai ou juste sans possibilité d'erreur. On parlera d'un diagnostic infaillible ou d'un jugement infaillible. Mais ce mot appartient habituellement au domaine ecclésial où il désigne l'aptitude et le pouvoir de l'Eglise à énoncer, à travers ses autorités personnelles ou collégiales, la vérité en matière de foi. Contrairement à l'Eglise catholique, les Eglises protestantes ne retiennent pas ce concept considérant que l'Eglise visible est faillible. Le concept d'infaillibilité a pris un relief particulier depuis les décisions du concile Vatican I (1870) qui a attribué l'infaillibilité au pape lorsqu'il intervient ex cathedra, c'est-à-dire qu'il décide, dans l'exercice de sa charge de pasteur et de docteur de tous les chrétiens, qu'une doctrine en matière de foi ou de moeurs doit être admise par l'ensemble de l'Eglise.

Communautés primitives / Eglise primitive

Ces expressions désignent les premières communautés chrétiennes, celles dont parle le Nouveau Testament. Le mot " primitif " a un sens chronologique et n'implique aucun jugement de valeur

Apocryphes

Mot qui signifie " caché " et s'applique à certains livres de l'Ancien et du Nouveau Testament.
Concernant l'Ancien Testament, la Réforme a considéré tout livre qui ne figure pas dans la Bible hébraïque comme " apocryphe ". Quant au Nouveau Testament, " apocryphe " est employé par les Eglises chrétiennes pour désigner des livres datant des premiers siècles de l'Eglise et qui n'ont pas été retenus dans le canon.

Hérésies

Vient d'un mot grec qui veut dire " le choix ". Il ne s'agit donc pas d'un mot qui est connoté négativement au départ. Au contraire, dans le monde grec, il décrit simplement une manière de pensée scientifique ou bien un choix de contenu religieux ou politique. Par la suite, on désigne par " hérésie " un mode de penser ou de croire qui est différent de la doctrine officielle. Le protestantisme a été ainsi taxé d'hérésie par rapport au catholicisme officiel

Concile

Le concile est l'assemblée de représentants autorisés de plusieurs ou de toutes les Eglises particulières. Il prend des décisions en matière de doctrine et de vie chrétienne. L'assemblée de Jérusalem (Actes 15 ; Galates 2,1-10) en est le modèle néo-testamentaire. L'autorité des décisions des conciles des 5 premiers siècles est reconnue par toutes les traditions chrétiennes. Le plus récent concile est le concile Vatican II (1962-1965) de l'Eglise catholique.

Concile de Trente

Il a été convoqué en 1542 par le pape Paul III pour répondre à une demande d'un concile général formulée par Luther en 1518, mais ce fut trop tard pour permettre une réunion entre protestants et catholiques. Dans le domaine de la doctrine et de la discipline, le concile accomplit un travail capital, il donne une ferme direction à tous les efforts qui s'épanouiront dans la Réforme catholique et laisse jusqu'à nos jours une empreinte profonde

Autorité souveraine des écritures

Il s'agit de l'une des affirmations centrales de la Réforme qui confère aux écritures le rôle de norme tant pour les individus que pour les Eglises. L'autorité des écritures procède de leur lien au Christ qu'elles nous permettent de connaître. Le mot " Ecritures " (ou Saintes Ecritures) avec une majuscule est synonyme de Bible

Ecclésial

L'adjectif se construit sur la racine grecque ecclesia que l'on traduit par " Eglise". ecclésial veut donc dire "de l'Eglise", "concernant l'Eglise". On parlera par exemple de "contexte ecclésial", de "droit ecclésial", ou de " magistère ecclésial" pour désigner l'autorité chargée de dire la foi de l'Eglise.

Confession de foi / déclaration de foi / symbole

La confession de foi est un texte de référence qui exprime la doctrine de l'Eglise. elle a pour but de maintenir une prédication fidèle de l'Evangile. Lorsque la confession a pour fonction de reformuler dans un temps et des circonstances précises la foi de toujours, elle se nomme alors " déclaration de foi ". Les confessions de foi classiques de l'Eglise ancienne sont intitulées " symboles " et ont une fonction liturgique.

Révélation

Ce terme veut dire " manifestation " et désigne la communication de Dieu avec les hommes. Pour le chrétien, les Ecritures bibliques sont le moyen par lequel Dieu parle et se révèle aux hommes et aux femmes. Pour les protestants, c'est à travers la Bible seule, lue, étudiée, méditée, interprétée, que l'être humain peut connaître et rencontrer Dieu

Supra-historiquement

Ce mot veut dire au dessus/en dehors de l'histoire humaine

Concorde de Leuenberg

Par la Concorde de Leuenberg les Eglises luthériennes, réformées et unies européennes se sont déclarées, au printemps 1973, en communion ecclésiale. Cette communion quant à la prédication et à l'administration des sacrements inclut la reconnaissance mutuelle du ministère des pasteurs

Secte

Ce terme a deux étymologies possibles : couper ou suivre. Une secte est ainsi soit un groupe dissident qui se serait coupé d'un autre, soit un groupe que forment les suiveurs d'un leader particulier. L'emploi courant vise à déprécier les groupes auxquels on l'applique. On appelle généralement " sectes " les groupes dont on désapprouve les croyances, les attitudes ou les pratiques, et qui exigent de leurs membres un engagement précis et vérifié dans la réalité quotidienne

Vérité / vérité religieuse

Il ne s'agit pas d'une notion morale (la vérité opposée au mensonge) ou d'une notion philosophique, mais de la vérité en matière de foi, vérité révélée dans la personne de Jésus-Christ et entendue dans la Bible. Vérité à partir de laquelle le croyant se comprend, interprète la réalité, comprend l'histoire et le monde devant Dieu. Pour le protestantisme, le coeur de cette vérité réside dans le message du salut par grâce à partir duquel les Ecritures bibliques elles-mêmes sont interprétées

Evangélisation

Le terme de mission est souvent connoté péjorativement car considéré comme lié historiquement à la colonisation dans le Tiers Monde. Aujourd'hui, on retrouve le sens de la mission comme "mission de Dieu" et "mission du Christ" qui s'adresse à l'ensemble du monde, le Nord comme le Sud. Tous sont appelés à entendre ou réentendre la bonne nouvelle de l'Evangile. Le mot " mission " exprime donc le mouvement de Dieu et de ses témoins dans le monde alors que l'évangélisation traduit le contenu qui est véhiculé par ce mouvement : la parole de Dieu, la bonne nouvelle de l'Evangile.

Succession apostolique

Principe établissant une continuité entre les missions données par le Christ aux apôtres et l'Eglise d'aujourd'hui. Pour l'Eglise catholique, cette continuité est d'ordre institutionnel ; elle se manifeste par la chaîne ininterrompue des consécrations des évêques depuis les apôtres jusqu'à aujourd'hui. Pour les protestants, le critère de l'apostolicité de l'Eglise ne réside pas dans une succession de type juridique, mais dans l'accomplissement de la prédication de l'Evangile et de l'administration des sacrements.

Barth, Karl

1886 - 1968. Théologien protestant suisse. Sa pensée et son action prennent son origine dans une situation concrète : celle du pasteur qui doit annoncer l'Evangile. Il faut partir de l'être humain, des questions qu'il se pose face à sa propre existence. Au départ, l'être humain est une réalité certaine ; Dieu, ses réponses et à la limite son existence même sont incertains. L'œuvre immense de Karl Barth est d'avoir opéré une révolution : ce n'est pas l'homme qui est au centre, c'est Dieu, c'est Lui qui a l'initiative de la rencontre et du dialogue.
Deux œuvres importantes : l'Epître de Paul aux Romains et la Dogmatique.

Parabole

La parabole est une comparaison développée sous forme d'histoire. Elle ne veut pas d'abord enseigner, mais faire réfléchir les auditeurs sur leur comportement.

Royaume

Dans la Bible et la littérature chrétienne ce terme, abrégé de "Royaume des cieux", ou encore "Royaume de Dieu" veut dire plusieurs choses à la fois. Pour le comprendre, il faut regarder le contexte dans lequel il est utilisé. Souvent, il est possible de traduire le terme par "présence de Dieu parmi les hommes". Il est important d'insister sur le fait qu'il ne s'agit nullement d'un royaume qu'on pourrait localiser sur une carte. Dans l'histoire de l'Eglise, certains mouvements ont essayé d'instaurer ce royaume par la force, alors que le Nouveau Testament parle d'un don de Dieu. Le mot vit d'une tension entre un "déjà là" (il y a des signes de ce royaume déjà donnés) et un "pas encore" (le règne de Dieu est aussi en attente de s'accomplir).

Eschatologie

Ce terme désigne, littéralement, la doctrine de la chose dernière ("eschaton" en grec), ce qui touche à la fin du monde. Par extension, est aussi appelé eschatologique un événement attendu pour la fin des temps et qui s'est déjà produit (la venue du Christ : 1Corinthiens 10,11 ; Hébreux 1,2 ; 1Pierre 1,20), ou une réalité future dont on vit déjà même si elle n'a pas encore entièrement déployé ses effets (le salut reçu et encore espéré : Romains 8,24). Ainsi, en théologie, le terme " eschatologie " rassemble tout ce qui concerne l'espérance chrétienne dans sa plénitude présente et à venir, l'accomplissement, l'achèvement dans le temps et l'espace de l'œuvre de salut de Dieu. La théologie des Réformateurs accentuera une approche plus existentielle de cette notion, centrée sur l'œuvre du Christ pour le croyant. Ainsi pour Luther, la foi qui justifie est une réalité réellement eschatologique.

Messie

Le mot " Messie " est un mot d'origine hébraïque qui apparaît dans l'Ancien Testament, alors que le mot " Christ " est d'origine grecque. Les deux mots veulent dire en français : " celui qui est oint ". A l'origine celui qui reçoit l'onction est le roi qui était considéré comme le fils de Dieu parce que responsable et médiateur du peuple devant Dieu. D'autres personnes ont pu recevoir une onction : les grands prêtres plus tardivement alors qu'il n'y avait plus de roi. Déjà à l'époque des rois plus ou moins fidèles et aussi au temps de Jésus, les juifs attendaient le Messie qui devait être de la lignée de David, pour rétablir la véritable royauté en Israël : " le Messie qui vient ". Le Messie précède dans d'autres textes la venue de Dieu lui-même.
L'image qu'on se fait de ce Messie n'est pas uniforme : les uns attendent de lui un rétablissement politique, le Messie est un roi puissant ; d'autres prennent l'image du Messie dans les textes du serviteur souffrant d'Esaïe (Esaïe 52,13 -53,12) ; d'autres encore attendent un nouveau Moïse. Jésus, considéré comme le Messie par les chrétiens, va être confronté à ces différentes aspirations et en décevra certaines.

Laïcité

La laïcité est le résultat d'un processus où les sphères politique, juridique, scolaire, médicale, etc... se sont émancipées de toute tutelle religieuse. Au cours de l'histoire, ce processus de séparation ne s'est pas fait sans difficultés, ni même conflits et il a pu prendre, suivant les pays, des formes différentes de la situation spécifique que nous connaissons en France et que l'on appelle " la laïcité à la française ". On sait que les protestants en France sont résolument attachés à cette laïcité pour des raisons historiques. En effet au 20e siècle, face à un catholicisme intransigeant qui voulait régenter la société, elle était la garantie de la liberté religieuse

Réforme radicale / Réforme magistérielle

On peut distinguer la Réforme magistérielle, introduite et établie avec l'aide des princes ou des Conseils des villes, de sa dissidence du 16e siècle, la Réforme radicale.
" S'inspirant des principes réformateurs (sola scriptura, sola fide), d'Erasme, de Luther, de Zwingli et de la mystique médiévale, la dissidence apparaît dès les premières années de la Réforme. Son histoire est marquée par des personnages et des événements multiformes [...] L'Eglise romaine verra dans la Réforme radicale l'aboutissement logique de la Réforme. [...] Les Réformateurs prendront leurs distances. [...] Les thèmes théologiques varient selon les cas : refus du baptême des enfants, accent sur le sacerdoce universel, vie communautaire, non-violence, intériorisation de la foi, millénarisme. On retrouve néanmoins des thèmes constants : le rejet de la symbiose Eglise/Etat, l'importance de l'engagement de l'individu, un accent sur l'éthique et les implications concrètes de la foi chrétienne. " (extrait de l'article " Réforme radicale " de Neal Blough, in : Jean Baubérot/Hubert Bost, Protestantisme, Genève : Labor et Fides, 2000)

Millénarisme

Croyance dans un règne terrestre à la fin des temps, inauguré par le Messie et ses élus, qui dure pendant 1000 ans. Elle s'appuie en particulier sur des textes du livre de l'Apocalypse. On trouve souvent dans la pensée millénariste un rejet radical de l'ordre social et politique existant.

Ecriture

voir Bible.