Justification gratuite

20031218153254

Il s'agit d'une notion très importante chez l'apôtre Paul et pour la Réforme. Justifier quelqu'un peut se traduire par " regarder quelqu'un comme juste ". Se justifier dans le langage actuel veut dire que l'on cherche des moyens de prouver à l'autre qu'on a raison, qu'on a pris le bon chemin, qu'on s'est décidé pour la juste cause. Mais comment faire pour que Dieu nous approuve ? On peut transposer cette question dans un contexte non-religieux pour mieux comprendre. Que dois-je faire pour me rendre acceptable aux yeux de la société, de ma famille, de mon entourage, de mes collègues de travail ? Il y a des choses à faire et des choses à éviter pour se faire accepter par les autres, pour être " justifié " à leurs yeux. Le protestantisme insiste sur la " justification gratuite " comme base de toute relation à Dieu. Contrairement à ce que nous enseignent les relations humaines qui reposent la plupart du temps sur un donnant-donnant, Dieu n'attend rien de l'être humain pour le déclarer juste et acceptable. Dieu accepte l'être humain tel qu'il est et non sur la base de ce que celui-ci devrait faire. C'est dans ce sens-là que l'on parle de " gratuité " de la relation entre Dieu et les êtres humains.


Salut

20031218153430

Dans le vocabulaire chrétien, le salut désigne la préoccupation centrale de l'être humain. Selon les époques et les lieux, cette préoccupation prend différentes formes.
Ainsi à la fin du Moyen Age, elle se centre sur le jugement : comment échapper aux punitions qui devraient sanctionner mes défaillances et insuffisances ? Beaucoup de gens vivaient dans la hantise du jugement dernier et de l'enfer. Dans ce contexte, la Réforme proclame que Dieu nous aime, nous accepte et nous délivre de la damnation sans condition préalable.
Aujourd'hui être sauvé signifie qu'il n'y a pas pour nous de situation inextricable et sans issue. Rien ne peut nous séparer de l'amour que Dieu nous manifeste en Jésus-Christ ; rien ne peut nous écraser et nous empêcher de parvenir à une existence authentique.


Résistances profondes

20031218153627

On pourrait penser que l'être humain apprécie la gratuité et qu'il reçoit volontiers ce qui lui est donné. En fait, il n'en est rien. Déjà au 16e siècle, la prédication des Réformateurs se heurte à une Eglise qui refuse que le don de Dieu puisse être considéré comme entièrement gratuit pour l'être humain. Mais la réticence est profonde. Elle vient de ce que l'être humain lui-même est pris dans une logique du " faire ". Toute l'éducation va dans ce sens : il faut faire quelque chose pour recevoir quelque chose. Ce qui est vrai au niveau des relations sociales devient un obstacle pour une démarche spirituelle.
La résistance tient aussi à ce que recevoir pour rien sans contrepartie choque nos conceptions éthiques. Un don gratuit bouleverse le principe " qui fait plus, gagne plus ", principe qui pour beaucoup définit la justice. Martin Luther a dit une phrase qui a été ressentie comme scandaleuse : " Beaucoup de bonnes actions ne nous rapprochent pas de Dieu, et beaucoup de mauvaises actions ne nous éloignent pas de Lui. " Ceci pour souligner de manière provocatrice que le don de Dieu ne repose pas sur notre faire


Mériter

20031218154129

Mériter quelque chose connote souvent une idée de sacrifice, d'effort, d'action à accomplir pour recevoir en contrepartie une récompense. Les " mérites " sont les actions qu'on offre à Dieu dans le but de recevoir en retour une récompense. Au 16e siècle, ce thème était directement lié au système des indulgences.
" Hériter la vie éternelle " qui peut se dire aussi " mériter la vie éternelle ", est un thème déjà présent dans le Nouveau Testament. Le thème y est abordé sous forme de question : " Comment puis-je y arriver ? ". La conclusion est que c'est impossible aux hommes par leurs mérites.


Identité

20031218154924

Qui suis-je ? Aux yeux des autres, à mes propres yeux et -peut-être- aux yeux de Dieu ? Pour répondre à cette question, l'être humain cherche des repères, des modèles par rapport auxquels il se mesure. La société définit ces modèles. Cela peut être le travail, la réussite sociale, le pouvoir, le sport, la beauté, l'argent, etc. C'est le regard de l'autre qui mesure si -oui ou non- on a réussi à se conformer à l'idéal. On croit pouvoir dire alors : " Je suis quelqu'un ! "
Mais ce " quelqu'un " est un personnage social dont l'identité est superficielle. Il ne résiste pas aux chocs multiples que peut apporter la vie. Si l'être humain vit uniquement dans cette identité-là, ne serait-ce que la perte du travail par exemple peut faire basculer l'être humain tout entier dans le non-sens.
L'Evangile affirme que l'identité véritable et profonde de l'être humain ne s'acquiert pas par l'effort et la conformité à un idéal, mais qu'elle est don de Dieu et qu'elle rend unique chaque être. L'être humain " est quelqu'un " parce qu'il est aimé de Dieu.


Echangeons !

?Questions?       !Découvertes!       ...Hésitations... Participez aux forums de discussion sur les différentes formations
Carte des groupes Trouvez un groupe près de chez vous
Livre d'or Partagez vos impressions sur le livre d'or Théovie
Soutenir Théovie