Les voyages de Paul

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Jusque dans les années 1950, la chronologie des activités de Paul était tirée du livre des Actes des Apôtres. Mais Luc, l’auteur de ce livre, n’écrit pas les Actes dans l’intention de rédiger des chroniques. Il construit un récit pour livrer son projet théologique, et ne décrit pas forcément les déplacements de Paul dans leur ordre chronologique. En partant d’indications historiques dans les lettres de Paul et en recoupant avec les Actes des Apôtres, les chercheurs proposent une chronologie qui fait consensus. En voici les grandes lignes.

On peut situer la conversion de Paul dans les années 32-34. Le commencement de son activité tel qu’il est décrit dans le texte proposé se passe dans les années 34-35. Deux événements peuvent ensuite être datés un peu précisément : l’assemblée de Jérusalem (Galates 2,1-10 et Actes 15) en 48-49 et l’incident d’Antioche (Galates 2,11-20) en 49. Entre temps, Paul réside à Antioche de 36-37 à 49, en faisant un premier voyage missionnaire avec Barnabas (Actes 13-14). De 49 à 50, Paul effectue un deuxième voyage missionnaire en toute autonomie, en passant par la Galatie, Philippes et Thessalonique, où il fonde des communautés. Il séjourne à Corinthe entre 50 et 52. Entre 53 et 56, il effectue son troisième voyage missionnaire à Ephèse et en Asie. Sa prédication suscite une forte opposition et il est mis en danger et même emprisonné, sans que l’on puisse déterminer exactement où et quand. Il retourne en Macédoine et à Corinthe, et de là se rend à Jérusalem en 57 ou 58. Il est arrêté, gardé captif à Césarée puis transféré à Rome. Ses lettres sont rédigées entre 50 et 56.


La place de Paul dans le christianisme naissant

Le nombre de lettres attribuées à Paul présentes dans le Nouveau Testament souligne l’importance du personnage et de son œuvre dans le christianisme naissant et au-delà. L’auteur de la seconde épître de Pierre se réfère à Paul quand il parle de la patience du Seigneur (2 Pierre 3,15-16). Dans l’épître de Jacques, les débats autour de la théologie de Paul, particulièrement sur la place de la loi par rapport à la foi, sont très clairement illustrés dans un passage comme Jacques 2,14-26.


Le courant des Pharisiens

Les Pharisiens représentent un courant important du judaïsme au premier siècle. Ce courant se caractérise par le souci d’observer la loi de Dieu, telle qu’elle est contenue dans les Ecritures, à savoir la Loi ( le Pentateuque) et les Prophètes. La Loi, ou enseignement suivant le sens du mot hébreu torah, a toujours été étudiée et commentée dans le judaïsme. Les Pharisiens recueillent les dires et les commentaires des maîtres (rabbins). Cet ensemble représente la tradition orale qui permet de vivre conformément à la Loi en tenant compte des circonstances présentes. Ce courant est assez novateur, les maîtres qui interprètent la Loi étant issus du peuple. Ils exercent un métier .et sont donc indépendants, non rémunérés pour ce travail de rabbins.La Loi (torah) va être définitivement fixée après la chute du temple en 70, au moment où le Nouveau Testament commence lui aussi à être écrit. Le courant pharisien devient alors prédominant et se donnera pour fonction de garder la tradition orale. Paul donne à ce courant pharisien le nom de « judaïsme » terme rare dans le Nouveau Testament.


Les divers courants du judaïsme au premier siècle

 

Au premier siècle, le judaïsme n’est plus unifié. La Judée est sous domination romaine et même si le Temple demeure le lieu d’unité du peuple, le sacerdoce et le règne des Hérode sont discrédités aux yeux de la société qui cherche ses références ailleurs. La synagogue devient le lieu central de la pratique, dans la Judée et la diaspora : Prière, étude des Ecritures et office du sabbat s’y déroulent. Le courant pharisien y est dominant. Les sadducéens sont plus conservateurs. Ils restent attachés à la centralité du Temple et à la lettre de la Loi écrite et ils ne survivront pas à la destruction du Temple.Les esséniens, secte juive établie au bord de la mer Morte et anéantie en 68, sont maintenant mieux connus depuis la découverte de la bibliothèque de Qumran. Cette communauté avait rompu avec tous les autres courants, se considérant comme le « vrai Israël » et vivait à part dans l’attente de la fin des temps, en respectant des règles de pureté très strictes.A côté de ces principaux courants, se trouvent des courants moins structurés autour de guérisseurs ou de prédicateurs comme Jean Baptiste, ou des courants messianiques qui se déclinent soit en initiatives révolutionnaires soit en espérance pieuse.


Paul et la persécution de l’Eglise

 

Quand Paul parle des persécutions qu’il a menées contre l’Eglise, il écrit plus de 25 ans après les faits. Il fait donc un anachronisme en parlant d’« Eglise », ce terme n’apparaissant que plus tard, et sous sa plume, quand ce qui n’était qu’un mouvement dans le judaïsme va devenir le christianisme. Dans les années 30, Paul n’a pu rencontrer qu’un mouvement d’adeptes de Jésus, composé de juifs fréquentant les synagogues. Il s’est heurté à eux, sans doute avec violence, parce qu’ils remettaient en cause l’observance de la Loi, et donc le judaïsme dans son particularisme. Mais il exagère sans doute les persécutions qu’il a pu mener contre l’Eglise naissante. En effet, quelques versets plus loin, il reconnaît que les Eglises de Judée ne le connaissaient pas, ce qui semble improbable s’il avait mené des persécutions contre les chrétiens. Par persécution, il faut donc comprendre la volonté de Paul d’empêcher la prédication de l’Evangile, ce Jésus de Nazareth, mort sur la croix, ne pouvant être le Messie, le Christ, pour le juif zélé qu’il était.


L'Asie mineure au premier siècle

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