Module Communautés au premier siècle



L’Esprit donne à entendre



 

Livre des Actes des Apôtres, chapitre 2, versets 1 à 13

 

 1 

Quand le jour de la Pentecôte s’accomplit, ils étaient tous ensemble dans le même lieu.

 2 

Tout à coup, il y eut un bruit fracassant venant du ciel comme un souffle violent qui se précipite, il remplit la maison toute entière où ils étaient assis ;

 3 

des langues comme de feu leur apparurent, elles se partageaient et (une langue) se posa sur chacun d’entre eux.

 4 

Ils furent tous remplis d’ Esprit Saint et se mirent à parler d’autres langues, selon ce que l’Esprit leur donnait de déclarer.

 5 

Or, à Jérusalem, résidaient des hommes juifs pieux, venus de toutes les nations qui sont sous le ciel.

 6 

Ce bruit étant survenu, la foule se rassembla et fut bouleversée parce qu’ils entendaient chacun leur parler dans son propre dialecte.

 7 

Ils étaient hors de sens, ils s’étonnaient et disaient : « Tous ces gens que voici et qui parlent ne sont-ils pas Galiléens ?

 8 

Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans son dialecte de naissance ?

 9 

Parthes, Mèdes et Elamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, du Pont et de l’Asie,

 10 

de la Phrygie et aussi de la Pamphylie, de l’Egypte et de la Libye cyrénaïque, les Romains en résidence ici,

 11 

Juifs et aussi prosélytes, Crétois et Arabes, nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu. »

 12 

Ils étaient tous hors de sens et perplexes, ils se disaient les uns aux autres : « Qu’est-ce que cela veut dire ? »

 13 

D’autres se moquaient et disaient : « Ils sont pleins de vin doux. »

Traduction Service Théovie


  • Connaissiez-vous ce texte ?
  • Pentecôte : qu’est-ce que ce mot évoque pour vous ?
  • Quelle impression vous laisse ce texte ? Etonnement, curiosité, amusement… ?

Cliquez sur les termes soulignés : les notices s’affichent en dessous de ce texte

 

Livre des Actes des Apôtres, chapitre 2, versets 1 à 13

 

 1 

Quand le jour de la Pentecôte s’accomplit, ils étaient tous ensemble dans le même lieu.

 2 

Tout à coup, il y eut un bruit fracassant venant du ciel comme un souffle violent qui se précipite, il remplit la maison toute entière où ils étaient assis ;

 3 

des langues comme de feu leur apparurent, elles se partageaient et (une langue) se posa sur chacun d’entre eux.

 4 

Ils furent tous remplis d’ Esprit Saint et se mirent à parler d’autres langues, selon ce que l’Esprit leur donnait de déclarer.

 5 

Or, à Jérusalem, résidaient des hommes juifs pieux, venus de toutes les nations qui sont sous le ciel.

 6 

Ce bruit étant survenu, la foule se rassembla et fut bouleversée parce qu’ils entendaient chacun leur parler dans son propre dialecte.

 7 

Ils étaient hors de sens, ils s’étonnaient et disaient : « Tous ces gens que voici et qui parlent ne sont-ils pas Galiléens ?

 8 

Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans son dialecte de naissance ?

 9 

Parthes, Mèdes et Elamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, du Pont et de l’Asie,

 10 

de la Phrygie et aussi de la Pamphylie, de l’Egypte et de la Libye cyrénaïque, les Romains en résidence ici,

 11 

Juifs et aussi prosélytes, Crétois et Arabes, nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu. »

 12 

Ils étaient tous hors de sens et perplexes, ils se disaient les uns aux autres : « Qu’est-ce que cela veut dire ? »

 13 

D’autres se moquaient et disaient : « Ils sont pleins de vin doux. »

Traduction Service Théovie


Après étude du texte, nous vous proposons une série de questions qui vous permettront d'actualiser le texte, et de faire de ce récit le vôtre
(nb : les visuels associés aux questions sont uniquement présents pour vous inspirer, mais ne constituent pas un élément de réponse)

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  • 01 Q auj 1


    1. Si vous deviez préparer une célébration de Pentecôte, sur quel élément insisteriez-vous ? Pourquoi ?

  • 01 Q auj 2


    2. Plusieurs langues, plusieurs cultures : à partir du récit de la pentecôte, comment imaginer aujourd'hui la diversité dans la société ?

  • 01 Q auj 3


    3. Pour vous, que représente l'Esprit Saint ?

  • 01 Q auj 4


    4. Esprit Saint, guérisons, miracles : comment comprendre aujourd'hui ces phénomènes dont parlent les textes bibliques ?



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Soyez acteur de votre lecture


  1. Et si vous deviez dessiner ce qui se passe ?
  2. Le texte parle à plusieurs reprises de l’étonnement comme réaction à cet événement. Qu’est-ce qui est étonnant au juste ?
  3. Relevez les mots qui ont un lien avec la parole, le bruit.
  4. Cette intervention rappelle d’autres textes de l’Ancien ou du Nouveau Testament : Exode 19,18 ; Exode 3,1-6 ; Ezéchiel 1,4 ; Luc 3,21-22. Quels sont les points communs ?
  5. Relevez les origines des personnes. A l’aide d’un dictionnaire, trouvez les lieux géographiques et essayez de les situer sur une carte. De quelle région du monde s’agit-il ?
  6. D’après vous, pourquoi l’auteur a-t-il ajouté le verset 13 ?

Un peu de culture...

La colombe

culture La colombe

Dans l’Ancien Testament : la colombe apparaît dans l’épisode qui suit le déluge (Genèse 8,10-14). Noé a construit, sur ordre de Dieu, une arche pour sauver du déluge sa famille et un couple de chaque espèce d’animaux. Après la tempête, il envoie d’abord un corbeau puis une colombe pour savoir si les eaux se sont retirées. La colombe revient avec un rameau d’olivier dans le bec. Elle annonce le retour au calme avec l’arrêt des précipitations et le début de la paix retrouvée sur terre. C’est la raison pour laquelle la colombe et le rameau d’olivier sont devenus symboles de paix.

Dans le Nouveau Testament : la colombe apparaît dans les évangiles selon Matthieu (Matthieu 3,16), selon Marc (Marc 1,10), selon Luc (Luc 3,21-22) et selon Jean (Jean 1,32). La colombe, dans la croix huguenote, représente l’Esprit Saint qui descend.


L’annonciation

culture L'annonciation

Le peintre français Nicolas Poussin (Les Andelys 1594 – Rome 1665) a peint ce tableau intitulé « L’annonciation » en 1657. L’Esprit Saint est représenté par une colombe.

Il illustre le passage suivant :Luc 1,35 L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint et sera appelé Fils de Dieu. »Ce tableau est exposé à Londres à la National Gallery.


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Le jour de la Pentecôte - [Clés de lecture]

01 CL 1

Le texte de Luc commence par situer le récit dans le temps : c’est la fête juive de la Pentecôte (chavouot en hébreu) qui fait partie des fêtes de pèlerinage. La signification de cette fête a évolué : d’une fête agraire, elle devient au 1er siècle après J.-C. une fête commémorative de l’Alliance entre Dieu et son peuple par le don de la Loi (Exode 19 et Exode 20).
Luc, quant à lui, présente la Pentecôte comme don de l’Esprit et comme événement fondateur de l’Eglise. Il a d’ailleurs déjà fait allusion au don de l’Esprit Saint dans son évangile et au début du livre des Actes des Apôtres.

Qui est Luc ? - [Clés de lecture]

01 sous clé1

Luc est un des quatre évangélistes aux côtés de Matthieu, Marc et Jean. L’auteur de l’évangile, auquel la tradition a conféré le nom de Luc, est le seul à écrire en « je » et cela crée une impression de proximité avec lui. L’auteur du texte de l’évangile reste anonyme. Il semble être un homme cultivé, à la fois théologien, historien, écrivain. Il s’exprime dans un grec élaboré et recherché. Dans l’ensemble des textes qui ont formé le canon du Nouveau Testament, cet auteur a rédigé deux livres entre 80 et 90 après J.-C. : l’Evangile selon Luc et les Actes des Apôtres. Bien qu’aujourd’hui, dans la disposition des livres du Nouveau Testament, ces deux textes soient séparés par l’Evangile selon Jean, ils forment bien un ensemble.Luc raconte dans son évangile la vie de Jésus et dans les Actes l’histoire de la première communauté issue du ministère de Jésus. L’unité entre les deux tomes tant au niveau littéraire que théologique est affirmée dès le 2e siècle.

Les deux textes attribués à Luc - [Clés de lecture]

Dans le Nouveau Testament, deux textes sont attribués à Luc : l’Evangile selon Luc et Les Actes des Apôtres. Au début des Actes des Apôtres, Luc fait allusion à son évangile dans lequel il a relaté la vie de Jésus. Luc va parler ensuite de la vie naissante de l’Eglise et des premiers témoins.
Le premier chapitre des Actes des Apôtres est une transition entre les deux livres : Luc y rappelle les derniers événements de la vie et de la mort de Jésus, la Résurrection et l’Ascension. Le deuxième chapitre parle de la Pentecôte et du don de l’Esprit Saint.

 

Tous ensemble dans le même lieu - [Clés de lecture]

01 CL 2

Au début du livre des Actes des Apôtres (Actes 1,13-14), Luc énumère les personnes qui sont présentes. Il s’agit des onze disciples auxquels s’ajoute Matthias par tirage au sort (Actes 1,23-26), de femmes dont le nombre et le nom ne sont pas précisés, de Marie, mère de Jésus, et des frères de Jésus. Le texte mentionne au verset 15 le nombre de 120 personnes. Ce groupe constitue une première communauté en attente. L’expression « dans le même lieu » du verset 2 fait allusion à une chambre haute que le texte des Actes des Apôtres mentionne déjà au chapitre 1, verset 13. La vie de cette communauté est circonscrite à Jérusalem. Les douze disciples montent au Temple pour prier - les liens avec le judaïsme ne sont pas encore coupés - mais cette première communauté se réunit néanmoins ici dans un lieu profane.

Un bruit fracassant - [Clés de lecture]

01 CL 3

Un phénomène prodigieux a lieu. Sa description fait appel aux sens : « un bruit fracassant » alerte l’ouïe, puis « un souffle violent » sollicite la sensation du toucher, enfin la vue intervient avec l’apparition des « langues comme de feu ». Les sens sont en alerte bien avant la compréhension de la situation. Le phénomène a lieu dans un espace clos, la maison, et n’est visible que par les personnes présentes qui en deviennent témoins.

Le feu rappelle le mode d’apparition de Dieu dans l’Ancien Testament sur le mont Sinaï (Exode 19,18) et dans l’épisode dit du « buisson ardent » (Exode 3,1-6).Le souffle se dit rouah en hébreu. Au tout début de la Genèse (Genèse 1,2), à la création du monde le souffle de Dieu « plane sur les eaux », littéralement « couve sur les eaux ». Dans le texte d’Ezéchiel (Ezéchiel 37,1-6), le souffle de Dieu permet que des ossements reprennent vie. Ainsi, le mot rouah est étroitement lié à la notion de vie grâce à l’action de Dieu. Luc, quant à lui, utilise dans son texte deux mots grecs : pnoê (vent, souffle) au verset 2 et pneuma (esprit, souffle vital, vent) au verset 4. En grec également, le mot pneuma est en lien avec l’action de Dieu.

Des langues comme de feu - [Clés de lecture]

01 CL4

Le récit de Pentecôte est spécifique à Luc. Pour résumer : des versets 1 à 5, les personnes présentes assistent à une manifestation incroyable sous la forme d’un bruit semblable à une bourrasque de vent qui remplit la maison (versets 1 et 2). Des « langues comme de feu » touchent chacune des personnes se trouvant dans la maison (verset 3). Le texte donne une interprétation de ces deux phénomènes au verset 4 : le vent s’avère être l’Esprit Saint et les « langues comme de feu » correspondent aux différentes langues dans lesquelles les apôtres vont s’exprimer.

Luc va jouer sur la double signification du mot grec glôssa qui désigne, comme en français, l’organe dans la bouche (verset 3 : les langues comme de feu) et la langue (le langage) que l’on parle (verset 11). En revanche aux versets 6 et 8, il utilise sans ambiguïté le mot grec dialectos.Cette image des « langues comme de feu » a suscité plusieurs commentaires théologiques, des Pères de l’Eglise jusqu’à nos jours. Les représentations artistiques cherchent à rendre visible quelque chose d’invisible : le don de l’Esprit Saint.

L'Esprit Saint - [Clés de lecture]

01 CL5

Selon Luc, c’est l’EspritVoir le module " Les gros mots de la théologie ", entrée « Saint Esprit » qui donne l’impulsion et la force aux disciples et à tous les croyants pour parcourir le monde parfois hostile et y témoigner de leur foi. La suite du récit des Actes des Apôtres relate les difficultés auxquelles ils se heurtent.
Chez Jean et chez Paul, l’Esprit Saint est à l’origine du témoignage : 1Corinthiens 12,3 Personne ne peut dire que Jésus est Seigneur, sinon sous l’action de l’Esprit Saint. Dans l’Evangile selon Luc, l’Esprit Saint est présent tout au long de la vie de Jésus puis il accompagne tous les disciples.

On pourrait dire que l’Esprit Saint, après le départ de Jésus, est la manière dont Dieu est présent auprès des croyants. Si l’Esprit Saint est traditionnellement représenté par une colombe qui descend, c’est qu’il est ainsi symbolisé lors du baptême de Jésus.

Dans la liturgie protestante, l’Esprit est invoqué à deux reprises : au moment de la lecture des Ecritures et au moment de la Cène : on appelle cette prière « épiclèse ». C’est l’Esprit de Dieu qui permet qu’à travers les paroles humaines des Ecritures, la parole de Dieu soit entendue et c’est encore grâce à l’Esprit que la présence de Jésus Christ est perçue dans l’assemblée lors de la Cène.

Parler d’autres langues - [Clés de lecture]

01 CL6

Le verset 4 emploie une expression grecque qui signifie « parler en d’autres langues ». Il s’agit ici effectivement d’autres langues parlées par différents peuples qui vont être énumérés dans la suite du texte. L’étonnement vient du fait que des personnes venues de différents pays comprennent ce que les disciples (tous galiléens) disent : « nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu » (v.11). Certains d’entre eux en concluront au verset 13 que les disciples doivent être ivres !

Cependant le texte dit aussi au verset 4 que les disciples ne sont pas maîtres de leurs propos mais qu’ils parlent « selon ce que l’Esprit leur donnait de déclarer », à savoir des « merveilles de Dieu » (verset 11). Dans deux autres passages du livre des Actes des apôtres (Actes 10,46 et 19,6), l’Esprit Saint permet cette communication. Les personnes « parlent en langues » après de nouvelles venues de l’Esprit Saint.

Des hommes juifs pieux - [Clés de lecture]

01 CL7

Le mot « or » marque une rupture dans le récit et introduit la deuxième partie du texte. Le mot grec correspondant peut avoir un sens de liaison que l’on traduit par « et » mais aussi un sens de rupture que l’on traduit par « mais ou « or ». Après la description de cet événement extraordinaire qui se passe à l’intérieur de la maison avec quelques témoins, le récit décrit maintenant les conséquences à l’extérieur de la maison auprès « d’hommes juifs pieux » qui résident à Jérusalem et auprès de la foule.

Que dit le texte sur les premiers destinataires ? Ce sont des hommes (en grec andres par opposition à la femme). Ils appartiennent au peuple d’Israël. Ils pratiquent le judaïsme avec conviction : ils sont pieux. Ils sont issus vraisemblablement de la diaspora puisqu’ils sont « venus de toutes les nations qui sont sous le ciel ». A ce stade du texte, le « parler en d’autres langues » est donc réservé aux juifs et … aux hommes. L’élargissement aux non-juifs et l’introduction de la notion d’universalité a lieu au chapitre 10 des Actes des Apôtres avec la rencontre de Corneille et de Pierre. L’ouverture se fait au fur et à mesure.

La foule se rassembla - [Clés de lecture]

01 CL8

Le nombre de témoins s’élargit : il s’agit maintenant d’une foule, littéralement de la « multitude ». Trois expressions rendent l’ampleur de leur réaction face à l’aspect miraculeux de ce phénomène de « parler d’autres langues » : « [la foule] fut bouleversée », « Ils étaient hors de sens », « ils s’étonnaient » (versets 6 et 7). Luc emploie le même verbe grec thaumazô (s’étonner) dans son évangile (chapitre 4, verset 22) lorsque les auditeurs écoutent le premier discours de Jésus. C’est l’étonnement face à un discours totalement inédit.

L’étonnement est double : premièrement, des galiléens parlent d’autres langues que leur langue maternelle et peuvent ainsi s’adresser à des personnes d’une autre culture ; deuxièmement, chaque auditeur comprend ce qui est dit dans sa langue maternelle. La diversité des langues n’est plus un obstacle mais la communication « dans l’Esprit » ouvre à l’universel.

Les entende dans son dialecte de naissance - [Clés de lecture]

01 CL9

Littéralement, le texte grec dit « dans notre propre dialecte dans lequel nous avons été engendrés ». Cette expression du verset 8 fait écho au verset 5 : « venus de toutes les nations qui sont sous le ciel ». Luc va illustrer son propos par une liste assez hétéroclite de peuples, de régions, de provinces. On ignore d’où provient cette liste car il est impossible, d’après les exégètes, de reconstituer les sources de l’auteur des Actes des Apôtres. Des listes semblables existent dans la littérature grecque et latine pour vanter les conquêtes militaires, l’expansion de l’empire grec d’Alexandre et de l’empire romain.

On retrouve dans l’Ancien Testament l’énumération de peuples sous la forme d’une généalogie des fils de Noé pour décrire toute l’humanité (Genèse 10 ; 1Chroniques 1,5-23). Alors que Luc écrit vers la fin du premier siècle (80 - 90 après J.-C.) à un moment où la Judée est sous domination romaine, la liste des peuples n’est pas neutre : au lieu de mettre au centre du monde Rome, Luc retient comme centre Jérusalem ! Le verset 5 situe la scène à Jérusalem, ville où converge une multitude de personnes d’origines ethniques différentes sans oublier l’occupant romain « les Romains en résidence ici » (verset 10). L’historien Luc, lui-même au carrefour des cultures, témoigne ici d’ une ville multiculturelle où plusieurs populations et religions coexistent.

Les merveilles de Dieu - [Clés de lecture]

01 CL 10

L’expression « les merveilles de Dieu » fait allusion à la Bonne Nouvelle mais aussi, en référence à l’Evangile selon Luc, aux miracles et aux guérisons qui ont lieu lors du ministère de Jésus. Le mot grec traduit ici par « les merveilles » signifie aussi « les hauts faits », « les grandes œuvres ». Le discours de Pierre, qui se place juste après ce récit, recadre l’enjeu : il ne s’agit pas de propos confus de personnes ivres (verset 13), mais bien d’un acte de communication rendu possible par l’Esprit Saint.

Dans l’Evangile selon Luc, on retrouve une structure analogue du récit : la réception de l’Esprit Saint par Jésus lors de son baptême (Luc 3,21-22) suivi peu après du premier discours de Jésus à la synagogue (Luc 4,16-30).

Ils sont pleins de vin doux. - [Clés de lecture]

01 CL 11

Les exégètes s’accordent sur la rédaction des Actes des Apôtres vers 80 - 90. Cette période correspond au moment où le christianisme commence à se séparer du judaïsme. Luc évoque la réaction incrédule d’un groupe de personnes non identifiées (verset 13) qui se moquent des disciples et considèrent qu’ils sont ivres. Ils interprètent l’événement comme tout au plus un phénomène d’extase, souvent associé à l’ivresse. Luc témoigne ici du fait que, dès le départ, il y a eu une opposition au message de l’Evangile : rejet hors de la synagogue par les juifs, persécution par les romains, disqualification du discours par divers opposants.

La destruction du temple de Jérusalem - [Contexte]

En 70 après J.-C., le Temple est détruit lors de la prise de Jérusalem par les Romains sous le règne de l’empereur Titus. Les mobiliers et les objets de culte que renfermait le Temple sont transportés à Rome. La destruction du Temple est un événement dramatique pour les juifs puisque le Temple est le signe qui matérialise et rend visible la présence de Dieu au milieu de son peuple. Le Temple est également le lieu des pèlerinages et des offrandes. Il est au centre de la pratique religieuse et de la vie spirituelle des juifs du premier siècle.

L’Ascension - [Contexte]

Les chrétiens appellent « Ascension » le jour où Jésus est « monté au ciel », une image spatiale pour traduire sa présence désormais auprès de Dieu. Luc écrit au début des Actes des Apôtres : « J’avais consacré mon premier livre, Théophile, à tout ce que Jésus avait fait et enseigné, depuis le commencement jusqu’au jour où, après avoir donné, dans l’Esprit Saint, ses instructions aux apôtres qu’il avait choisis, il fut enlevé.» (Actes 1,1-2). Il décrit ensuite l’événement de l’Ascension.
La différentiation entre la fête de l’Ascension et celle de la PentecôteReportez-vous au module intitulé "Fêtes chrétiennes", entrée "Ascension et Pentecôte" ne s’opère qu’au 4e siècle où l’Ascension donne lieu à une fête qui prend place quarante jours après Pâques.

 

La structure du texte - [Contexte]

Voici une proposition de structure du texte par l’exégète Daniel Marguerat. Il distingue deux scènes :

Première scène (2,1-4) : la descente de l’Esprit

  • v.1 Les circonstances
  • v. 2-3 Comme du vent et du feu
  • v. 4 L’Esprit fait parler

Deuxième scène (2,5-13) : constat du miracle des langues

  • v. 5 Les circonstances
  • v. 6-8 Stupeur de la foule
  • v. 9-11 Un monde rassemblé
  • v. 12-13 Réactions.

(Source : MARGUERAT Daniel, Les Actes des Apôtres (1-12), commentaire du Nouveau Testament deuxième série, deuxième édition revue et corrigée, Genève: Labor et Fides, 2015, p. 69).

Jérusalem, lieu symbolique - [Contexte]

Dans l’Ancien Testament, plusieurs prophéties désignent Jérusalem comme le lieu où se rassembleront les nations à la fin des temps. La ville sainte a un caractère universel.

Dans les Actes des Apôtres, les diverses langues parlées et l’énumération des pays rappellent les prophéties universelles sur Jérusalem. Dans la suite du récit, l’universalité va être celle du message à annoncer à tous et pour tous.

Le dedans et le dehors - [Contexte]

La venue de l’Esprit Saint, décrit sous forme de bruit « venant du ciel comme un souffle violent » et d’un phénomène extraordinaire « des langues comme de feu », est à la fois une expérience personnelle et une expérience communautaire. Le texte précise que ce phénomène concerne chacun et « tous ensemble » (verset 1). Les personnes sont dans la maison, elles sont touchées individuellement par une langue de feu. Puis elles iront témoigner dehors à la foule de la venue de l’Esprit Saint en parlant différentes langues. L’espace du témoignage ne cesse de s’étendre par le discours de Pierre (Actes 2,14-36) puis par la conversion de trois mille personnes (Actes 2,37-47).

Les différents peuples et régions cités - [Contexte]

CX diff peuples

Précisons qu’au verset 7, les Galiléens « parlent d’autres langues ». Ce sont les habitants de la Galilée, province du nord de la Palestine. Les évangiles mentionnent souvent les villes de cette région : Nazareth, Tibériade, Cana, Capharnaüm, où Jésus a passé son enfance et a exercé une grande partie de son ministère.

La liste des versets 9 à 11 énumère des peuples (Parthes, Mèdes, Elamites, Crétois, Arabes), des provinces romaines ou des régions (Mésopotamie, Judée, Cappadoce, régions du Pont et de l’Asie, Phrygie, Pamphylie), des catégories religieuses (juifs, prosélytes) ou ethniques. Il s’agit de lieux géographiques situés à l’est du bassin méditerranéen dont le centre n’est pas Rome mais Jérusalem. Les romains sont d’ailleurs simplement cités comme « en résidence ici » (verset 10). S’agit-il de légionnaires romains participant au maintien de l’ordre de la province romaine de Judée ou de juifs de langue latine résidant pour un court séjour à Jérusalem ? Le texte ne le précise pas.

Les renseignements au sujet de la liste des versets 9 à 11, donnés dans les contextes suivants, ont pour source : SCARRE Chris, Atlas de la Rome antique, 800 av. J.-C. – 540 ap. J.-C., Paris, Editions Autrement (coll. Atlas/Mémoires), 1995, p. 75.

Qui sont les peuples cités dans la liste ? - [Contexte]

CX qui sont

Parthes
Peuple installé au 3e siècle avant J.-C. dans la région nord-est de l’Iran puis sur une partie de la Mésopotamie à la fin du 2e siècle avant J.-C.
Mèdes
Peuple de l’Iran ancien qui constitue au 7e siècle avant J.-C. un empire ayant pour capitale Ecbatane.
Elamites
Habitants d’un état situé dans le sud-ouest de l’Iran actuel dont la capitale est Suse. C’est un empire puissant aux 13e et 12e siècle avant J.-C.
Habitants de la Mésopotamie
Le mot « Mésopotamie » signifie « au milieu des fleuves » en grec. Il s’agit de la région située entre les deux fleuves : le Tigre et l’Euphrate, qui correspond actuellement à la majeure partie de l’Irak. Cette région est le berceau d’un des plus brillants foyers de civilisation.

Où se situent les provinces romaines citées dans la liste ? - [Contexte]

La Judée
Province du sud de la Palestine à l’époque gréco-romaine.
La Cappadoce
Région d’Anatolie en Turquie, qui fut le centre de l’Empire hittite aux 3e et 2e millénaire avant J.-C. Elle devint ensuite à la fin du 4e siècle un important foyer du christianisme.
Le Pont
Ancien pays du nord-est de l’Asie Mineure en bordure du Pont-Euxin (actuelle région du nord de la Turquie et de la Mer Noire). C’est l’état le plus puissant d’Asie Mineure sous le règne de Mithridate VI (111 – 63 avant J.-C.).
L’Asie
Il s'agit de l'Asie Mineure qui devient province romaine sous le règne d’Auguste, 1er empereur romain dont le règne s’étend de 27 avant J.-C. à 14 après J.-C.

Où se situent les régions citées dans la liste ? - [Contexte]

La Phrygie
Ancienne région occidentale de l’Asie Mineure, située au nord-ouest de l’actuelle Turquie.
La Pamphylie
Contrée méridionale de l’Asie Mineure entre la Lycie et la Cilicie, située au sud de la Turquie actuelle.
L’Egypte
Correspond à l’Egypte actuelle.
La Lybie Cyrénaïque
Région de la Lybie actuelle proche de la ville de Cyrène.

Les catégories religieuses et ethniques - [Contexte]

Juifs
Il peut s’agir des juifs vivant en Judée mais aussi des juifs de la diaspora. Après la destruction de la ville de Jérusalem et du Temple par les Romains en 70, la plupart des habitants sont tués ou vendus comme esclaves.
Prosélytes
Personnes non-juives de naissance qui adhèrent totalement à la foi juive, circoncision incluse.
Crétois
Habitants de l’île de Crète au sud de la Grèce. L’île de Crète est un port d’escale à cette époque.
Arabes
Appellation vague pour désigner les nomades de la péninsule syro-arabique.

 

L’évolution de la signification de la Pentecôte - [Espace temps]

Dans le judaïsme du premier siècle de notre ère, il y a trois pèlerinages annuels à Jérusalem. La Pentecôte, ou « Fête des Semaines » dans le judaïsme (Chavouot), en fait partie. A cette occasion, on fait offrande à Dieu des premières céréales récoltées de l’année. Puis au second siècle, après la destruction du Temple de Jérusalem en 70, le caractère agraire de cette fête va s’estomper. Elle est alors associée au souvenir du don de la Loi (le Décalogue ou dix commandements) par Dieu à Moïse sur le mont Sinaï (Exode 19 et 20). Le texte de Luc inaugure une troisième signification de cette fête. Il propose une réinterprétation importante puisqu’il passe du don de la Loi au peuple juif au don de l’Esprit pour tous les peuples.

Pentecôte vient du mot grec pentekostê qui signifie cinquantième jour. Dans le christianisme, la Pentecôte est ainsi célébrée le septième dimanche après Pâques (cinquante jours après Pâques). Sa célébration est attestée depuis le 4e siècle en mémoire du don de l’Esprit Saint aux apôtres et aux personnes qui étaient présentes avec eux.

Jérusalem, ville cosmopolite - [Espace temps]

ET Jerusalem

 

La vieille ville actuelle de Jérusalem comporte différents quartiers partagés d’après les différentes religions : quartiers juif, chrétien, musulman, arménien. La société israélienne actuelle est une société d’immigrants originaires du monde entier.

Les voyages missionnaires de Paul - [Espace temps]

voyage Paul 4

voyage Paul 3

voyage Paul 2

voyage Paul 1

Luc consacre les chapitres 13 à 28 des Actes des apôtres à la mission de Paul à travers quatre voyages qui ont lieu principalement dans l’est du bassin méditerranéen pour finir à Rome. Paul crée plusieurs communautés et s’efforce – non sans difficulté parfois - de transmettre à la population des lieux l’Evangile de Jésus-Christ qu’il a lui-même reçu. A partir de cette transmission aux différentes communautés, il élabore sa théologie que l’on peut découvrir dans les lettres de PaulVous pouvez découvrir la théologie de Paul dans le module "L'oeuvre théologique de l'apôtre Paul". Dans le Nouveau Testament, les lettres de Paul ou attribuées à Paul sont regroupées après les Actes des apôtres.

L’annonce de la venue de l’Esprit Saint - [Textes bibliques]

Au début des Actes des Apôtres Jésus donne des instructions à ses apôtres et annonce le don de l’Esprit Saint. Ce moment signe la naissance de l’Eglise et confirme l’envoi en mission :
Actes 1,4-8 Au cours d’un repas avec eux, il (Jésus) leur recommanda de ne pas quitter Jérusalem, mais d’y attendre la promesse du Père, « celle, dit-il, que vous avez entendue de ma bouche : Jean a bien donné le baptême d’eau, mais vous, c’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés d’ici quelques jours. » Ils étaient donc réunis et lui avaient posé cette question : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le Royaume pour Israël ? » Il leur dit : « Vous n’avez pas à connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité ; mais vous allez recevoir une puissance, celle du Saint Esprit qui viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. »

La promesse de l’envoi de l’Esprit encadre également le récit de l’Evangile selon Luc. Au début, Jean-Baptiste l’évoque en parlant de Jésus :
Luc 3,15-16 Le peuple était dans l’attente et tous se posaient en eux-mêmes des questions au sujet de Jean : ne serait-il pas le Messie ? Jean répondit à tous : « Moi, c’est d’eau que je vous baptise ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi, et je ne suis pas digne de délier la lanière de ses sandales. Lui, il vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu ; »

Tout à la fin de l’évangile, Jésus parle d’une puissance dont les disciples seront revêtus :

Luc 24,49 « Et moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Pour vous, demeurez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez, d’en haut, revêtus de puissance. »

L’Ascension de Jésus - [Textes bibliques]

Jésus donne ses instructions aux disciples puis est « enlevé ». Cette montée vers le ciel (le domaine de Dieu) est appelée l’Ascension et prépare une « descente », celle de l’Esprit Saint sur les apôtres : la Pentecôte.

Actes 1,6-11 Ils étaient donc réunis et lui avaient posé cette question : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le Royaume pour Israël ? ». Il leur dit : « Vous n’avez pas à connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité ; mais vous allez recevoir une puissance, celle du Saint Esprit qui viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. »
A ces mots, sous leurs yeux, il s’éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs regards. Comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait, voici que deux hommes en vêtements blancs se trouvèrent à leur côté et leur dirent : « Gens de Galilée, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui vous a été enlevé pour le ciel viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. »

La première communauté - [Textes bibliques]

Les disciples retournent à Jérusalem après l’ascension du Christ. Le texte précise le prénom, parfois la filiation, de chacun des onze disciples.

Actes 1,12-14 Quittant alors la colline appelée Mont des Oliviers, ils regagnèrent Jérusalem – cette colline n’en est distante que d’un chemin de sabbat. A leur retour, ils montèrent dans la chambre haute où se retrouvaient Pierre, Jean, Jacques et André ; Philippe et Thomas ; Barthélemy et Matthieu ; Jacques fils d’Alphée, Simon le zélote et Jude fils de Jacques. Tous, unanimes, étaient assidus à la prière, avec quelques femmes dont Marie la mère de Jésus, et avec les frères de Jésus.

La trahison de Judas et son remplacement - [Textes bibliques]

 

Le texte de l’Evangile selon Luc fait allusion à un traître parmi les disciples sans citer d’emblée son nom :
Luc 22,21-23 « Mais voici : la main de celui qui me livre se sert à cette table avec moi. Car le Fils de l’homme s’en va selon ce qui a été fixé. Mais malheureux cet homme par qui il est livré ! » Et ils se mirent à se demander les uns aux autres lequel d’entre eux allait faire cela.
C’est seulement au chapitre 22 que le lecteur apprend que le traître est Judas :
Luc 22,47-48 Il parlait encore quand survint une troupe. Celui qu’on appelait Judas, un des Douze, marchait à sa tête ; il s’approcha de Jésus pour lui donner un baiser. Jésus lui dit : « Judas, c’est par un baiser que tu livres le Fils de l’homme ! »
Il disparaît ensuite du récit. D’ailleurs les femmes revenant du tombeau vide ne s’adressent qu’à onze disciples :
Luc 24,9 elles revinrent du tombeau et rapportèrent tout cela aux Onze et à tous les autres.
Le livre des Actes informe le lecteur de ce qui est arrivé à Judas. Les onze décident de le remplacer :

Actes 1,16-22 « Frères, il fallait que s’accomplisse ce que l’Esprit Saint avait annoncé dans l’Ecriture, par la bouche de David, à propos de Judas devenu le guide de ceux qui ont arrêté Jésus. Il était de notre nombre et avait reçu sa part de notre service. Or cet homme, avec le salaire de son iniquité, avait acheté une terre : il est tombé en avant, s’est ouvert par le milieu, et ses entrailles se sont toutes répandues. Tous les habitants de Jérusalem l’ont appris : aussi cette terre a-t-elle été appelée, dans leur langue, Hakeldama, c’est-à-dire Terre de sang. Il est de fait écrit dans le livre des Psaumes : Que sa résidence devienne déserte
et que personne ne l’habite
et encore : Qu’un autre prenne sa charge.
Il y a des hommes qui nous ont accompagnés durant tout le temps où le Seigneur Jésus a marché à notre tête, à commencer par le baptême de Jean jusqu’au jour où il nous a été enlevé : il faut donc que l’un d’entre eux devienne avec nous témoin de sa résurrection. »

 

 

Jérusalem, lieu universel - [Textes bibliques]

Dans l’Ancien Testament, la ville de Jérusalem (aussi appelée Sion) apparaît comme un lieu central et universel. Plusieurs prophètes font allusion à Jérusalem comme lieu de rassemblement à la fin des temps.

Esaïe 56,6-8 Les fils de l’étranger qui s’attachent au SEIGNEUR
pour assurer ses offices,
pour aimer le nom du SEIGNEUR,
pour être à lui comme serviteurs,
tous ceux qui gardent le sabbat sans le déshonorer
et qui se tiennent dans mon alliance,
je les ferai venir à ma sainte montagne,
je les ferai jubiler dans la Maison où l’on me prie ;
leurs holocaustes et leurs sacrifices
seront en faveur sur mon autel,
car ma Maison sera appelée :
« Maison de prière
pour tous les peuples ».
Oracle du Seigneur DIEU
qui rassemble les expulsés d’Israël :
En plus de ceux déjà rassemblés,
autour de lui
j’en rassemblerai encore !
Jérémie 3,17-18 A ce moment-là, on appellera Jérusalem « Trône du SEIGNEUR » ; toutes les nations conflueront vers elle à cause du nom du SEIGNEUR donné à Jérusalem ; elles ne persisteront pas dans leur entêtement exécrable. En ce temps-là, ceux de Juda rejoindront ceux d’Israël ; et, du pays du nord, ils arriveront ensemble au pays que j’ai donné à leurs pères comme patrimoine.
Zacharie 8,20-23 Ainsi parle le SEIGNEUR de l’univers :
Oui, on verra encore affluer des peuples,
et des habitants de grandes cités.
Et les gens de l’une
s’en iront dire à ceux de l’autre :
« Allons, partons apaiser le SEIGNEUR,
rechercher le SEIGNEUR de l’univers ;
j’y vais, moi aussi. »
Des peuples nombreux
et des nations puissantes
viendront à Jérusalem
rechercher le SEIGNEUR de l’univers,
et apaiser le SEIGNEUR.
Ainsi parle le SEIGNEUR de l’univers :
En ces jours-là, dix hommes de toutes les langues que parlent les nations s’accrocheront à un Juif par le pan de son vêtement en déclarant : « Nous voulons aller avec vous, car nous l’avons appris : Dieu est avec vous. »

L’enfermement puis l’envoi en mission - [Textes bibliques]

Les disciples se trouvent enfermés dans une maison. Jésus leur apparaît. Il « souffle » sur eux et les envoie en mission :

Jean 20,19-23 Le soir de ce même jour qui était le premier de la semaine, alors que, par crainte des autorités juives, les portes de la maison où se trouvaient les disciples étaient verrouillées, Jésus vint, il se tint au milieu d’eux et il leur dit : « La paix soit avec vous. » Tout en parlant, il leur montra ses mains et son côté. En voyant le Seigneur, les disciples furent tout à la joie. Alors, à nouveau, Jésus leur dit : « La paix soit avec vous. Comme le Père m’a envoyé, à mon tour je vous envoie. » Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et leur dit : « Recevez l’Esprit Saint ; ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis. Ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. »

Le soir de ce même jour qui était le premier de la semaine, alors que, par crainte des autorités juives, les portes de la maison où se trouvaient les disciples étaient verrouillées, Jésus vint, il se tint au milieu d’eux et il leur dit : « La paix soit avec vous. » 20Tout en parlant, il leur montra ses mains et son côté. En voyant le Seigneur, les disciples furent tout à la joie. 21Alors, à nouveau, Jésus leur dit : « La paix soit avec vous. Comme le Père m’a envoyé, à mon tour je vous envoie. » 22Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et leur dit : « Recevez l’Esprit Saint ; 23ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis. Ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus. »

 

Le témoignage ne cesse de s’étendre - [Textes bibliques]

Le témoignage de Pierre est essentiel : il explique le phénomène de la descente de l’Esprit Saint en se référant aux prophètes Joël et David. Ainsi, il établit un lien entre les prophéties de l’Ancien Testament et Jésus-Christ. Jésus apparaît alors bien comme le Messie. Luc l’a déjà affirmé :
Luc 2,11 « Il vous est né aujourd’hui, dans la ville de David, un Sauveur qui est le Christ Seigneur ».
Actes 2,14-47 Alors s’éleva la voix de Pierre, qui était là avec les Onze ; il s’exprima en ces termes : « Hommes de Judée, et vous tous qui résidez à Jérusalem, comprenez bien ce qui se passe et prêtez l’oreille à mes paroles. Non, ces gens n’ont pas bu comme vous le supposez : nous ne sommes en effet qu’à neuf heures du matin ; mais ici se réalise cette parole du prophète Joël : Alors, dans les derniers jours, dit Dieu, je répandrai de mon Esprit sur toute chair,
vos fils et vos filles seront prophètes,
vos jeunes gens auront des visions,
vos vieillards auront des songes ;
oui, sur mes serviteurs et mes servantes en ces jours-là je répandrai de mon Esprit et ils seront prophètes.
Je ferai des prodiges là-haut dans le ciel
et des signes ici-bas sur la terre,
du sang, du feu et une colonne de fumée.
Le soleil se changera en ténèbres et la lune en sang
avant que vienne le jour du Seigneur, grand et glorieux.
Alors quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé.
« Israélites, écoutez mes paroles : Jésus le Nazôréen, homme que Dieu avait accrédité auprès de vous en opérant par lui des miracles, des prodiges et des signes au milieu de vous, comme vous le savez, cet homme, selon le plan bien arrêté par Dieu dans sa prescience, vous l’avez livré et supprimé en le faisant crucifier par la main des impies ; mais Dieu l’a ressuscité en le délivrant des douleurs de la mort, car il n’était pas possible que la mort le retienne en son pouvoir. David en effet dit de lui : Je voyais constamment le Seigneur devant moi,
car il est à ma droite pour que je ne sois pas ébranlé.
Aussi mon cœur était-il dans la joie et ma langue a chanté d’allégresse.
Bien mieux, ma chair reposera dans l’espérance,
car tu n’abandonneras pas ma vie au séjour des morts
et tu ne laisseras pas ton saint connaître la décomposition.
Tu m’as montré les chemins de la vie,
tu me rempliras de joie par ta présence.
« Frères, il est permis de vous le dire avec assurance : le patriarche David est mort, il a été enseveli, son tombeau se trouve encore aujourd’hui chez nous. Mais il était prophète et savait que Dieu lui avait juré par serment de faire asseoir sur son trône quelqu’un de sa descendance, issu de ses reins ; il a donc vu d’avance la résurrection du Christ, et c’est à son propos qu’il a dit : Il n’a pas été abandonné au séjour des morts et sa chair n’a pas connu la décomposition. Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité, nous tous en sommes témoins. Exalté par la droite de Dieu, il a donc reçu du Père l’Esprit Saint promis et il l’a répandu, comme vous le voyez et l’entendez. David, qui n’est certes pas monté au ciel, a pourtant dit : Le Seigneur a dit à mon Seigneur :
assieds-toi à ma droite
jusqu’à ce que j’aie fait de tes adversaires
un escabeau sous tes pieds.
« Que toute la maison d’Israël le sache donc avec certitude : Dieu l’a fait et Seigneur et Christ, ce Jésus que vous, vous aviez crucifié. Le cœur bouleversé d’entendre ces paroles, ils demandèrent à Pierre et aux autres apôtres : « Que ferons-nous, frères ? » Pierre leur répondit : « Convertissez-vous : que chacun de vous reçoive le baptême au nom de Jésus Christ pour le pardon de ses péchés, et vous recevrez le don du Saint Esprit. Car c’est à vous qu’est destinée la promesse, et à vos enfants ainsi qu’à tous ceux qui sont au loin, aussi nombreux que le Seigneur notre Dieu les appellera. » Par bien d’autres paroles Pierre rendait témoignage et les encourageait : « Sauvez-vous, disait-il, de cette génération dévoyée. » Ceux qui accueillirent sa parole reçurent le baptême, et il y eut environ trois mille personnes ce jour-là qui se joignirent à eux. Ils étaient assidus à l’enseignement des apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. La crainte gagnait tout le monde : beaucoup de prodiges et de signes s’accomplissaient par les apôtres. Tous ceux qui étaient devenus croyants étaient unis et mettaient tout en commun. Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens, pour en partager le prix entre tous, selon les besoins de chacun. Unanimes, ils se rendaient chaque jour assidûment au temple ; ils rompaient le pain à domicile, prenant leur nourriture dans l’allégresse et la simplicité de cœur. Ils louaient Dieu et trouvaient un accueil favorable auprès du peuple tout entier. Et le Seigneur adjoignait chaque jour à la communauté ceux qui trouvaient le salut.

Théophanie dans l’Ancien Testament - [Textes bibliques]

Le mot théophanie signifie « apparition de Dieu » (du grec theo : dieu et phaineo : apparaître). Dieu peut apparaître sous la forme d’un phénomène tout à la fois naturel et prodigieux, en particulier le feu.

L’apparition de Dieu sous forme de feu sur le mont Sinaï se trouve dans le livre de l’Exode :
Exode 19,18 Le mont Sinaï n’était que fumée, parce que le SEIGNEUR y était descendu dans le feu ; sa fumée monta, comme la fumée d’une fournaise, et toute la montagne trembla violemment.Une des manifestations les plus connues dans l’Ancien Testament est l’épisode du buisson ardent. Dans ce récit Dieu apparaît sous la forme d’un buisson en feu qui ne se consume pas :
Exode 3,1-6 Moïse faisait paître le troupeau de son beau-père Jéthro, prêtre de Madiân. Il mena le troupeau au-delà du désert et parvint à la montagne de Dieu, à l’Horeb. L’ange du SEIGNEUR lui apparut dans une flamme de feu, du milieu du buisson. Il regarda : le buisson était en feu et le buisson n’était pas dévoré. Moïse dit : « Je vais faire un détour pour voir cette grande vision : pourquoi le buisson ne brûle-t-il pas ? » Le SEIGNEUR vit qu’il avait fait un détour pour voir, et Dieu l’appela du milieu du buisson : « Moïse ! Moïse ! » Il dit : « Me voici ! » Il dit : « N’approche pas d’ici ! Retire tes sandales de tes pieds, car le lieu où tu te tiens est une terre sainte. » Il dit : « Je suis le Dieu de ton père, Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob. » Moïse se voila la face, car il craignait de regarder Dieu.

La création du monde - [Textes bibliques]

L’Ancien Testament débute avec le livre de la Genèse. Le premier chapitre de ce livre commence avec le mot hébreu béréchit que l’on traduit par « au commencement ».
Genèse 1,1-2 Commencement de la création par Dieu du ciel et de la terre. La terre était déserte et vide, et la ténèbre à la surface de l’abîme ; le souffle de Dieu planait à la surface des eaux.

 

Les ossements desséchés - [Textes bibliques]

Dans ce passage, le souffle est synonyme du « souffle vital » que seul Dieu peut communiquer aux ossements.

Ezéchiel 37,1-6 La main du SEIGNEUR fut sur moi ; il me fit sortir par l’esprit du SEIGNEUR et me déposa au milieu de la vallée : elle était pleine d’ossements. Il me fit circuler parmi eux en tout sens ; ils étaient extrêmement nombreux à la surface de la vallée, ils étaient tout à fait desséchés. Il me dit : « Fils d’homme, ces ossements peuvent-ils revivre ? » Je dis : « Seigneur DIEU, c’est toi qui le sais ! ». Il me dit : « Prononce un oracle contre ces ossements ; dis-leur : Ossements desséchés, écoutez la parole du Seigneur. Ainsi parle le Seigneur DIEU à ces ossements : Je vais faire venir en vous un souffle pour que vous viviez. Je mettrai sur vous des nerfs, je ferai croître sur vous de la chair, j’étendrai sur vous de la peau, je mettrai en vous un souffle et vous vivrez ; alors vous connaîtrez que je suis le SEIGNEUR. »

 

 

La présence de l’Esprit Saint - [Textes bibliques]

Luc parle de la présence de l’Esprit Saint au début de la vie de Jésus : l’Esprit apparaît lors de l’annonce à Marie :

Luc 1,35 L'ange lui répondit :
« L’Esprit Saint viendra sur toi
et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre ;
c’est pourquoi celui qui va naître sera saint et sera appelé Fils de Dieu.
et lors du baptême de Jésus :
Luc 3,21-22 Or comme tout le peuple était baptisé, Jésus, baptisé lui aussi, priait ; alors le ciel s’ouvrit ; l’Esprit Saint descendit sur Jésus sous une apparence corporelle, comme une colombe, et une voix vint du ciel : « Tu es mon fils, moi, aujourd’hui, je t’ai engendré. »
Dans le discours de Pierre, Luc revient sur la mission de Jésus, elle aussi accompagnée de l’Esprit :
Actes 10,38 Ce Jésus issu de Nazareth, vous savez comment Dieu lui a conféré l’onction d’Esprit Saint et de puissance ; il est passé partout en bienfaiteur, il guérissait tous ceux que le diable tenait asservis, car Dieu était avec lui.
L’Esprit Saint conduit également les apôtres dans leur mission et les rend capables de proclamer la Bonne Nouvelle.

 

 

 

Le baptême de Jésus - [Textes bibliques]

Les quatre textes des évangiles font allusion à la présence de l’Esprit Saint lors du baptême de Jésus. Il est comparé à une colombe.

Matthieu 3,16 Dès qu’il fut baptisé, Jésus sortit de l’eau. Voici que les cieux s’ouvrirent et il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui.

Marc 1,10 A l’instant où il remontait de l’eau, il vit les cieux se déchirer et l’Esprit, comme une colombe, descendre sur lui.

Luc 3,21-22 Or comme tout le peuple était baptisé, Jésus, baptisé lui aussi, priait ; alors le ciel s’ouvrit ; l’Esprit Saint descendit sur Jésus sous une apparence corporelle, comme une colombe, et une voix vint du ciel : « Tu es mon fils, moi, aujourd’hui, je t’ai engendré. »

Jean 1,32 Et Jean porta son témoignage en disant : « J’ai vu l’Esprit, tel une colombe, descendre du ciel et demeurer sur lui. »

La lettre aux Corinthiens - [Textes bibliques]

Paul mentionne différentes manifestations de l’Esprit Saint :

1Corinthiens 12,1-11 Au sujet des phénomènes spirituels, je ne veux pas, frères, que vous soyez dans l’ignorance. Vous savez que, lorsque vous étiez païens, vous étiez entraînés, comme au hasard, vers les idoles muettes. C’est pourquoi je vous le déclare : personne, parlant sous l’inspiration de l’Esprit de Dieu, ne dit : « Maudit soit Jésus », et nul ne peut dire : « Jésus est Seigneur », si ce n’est par l’Esprit Saint.
Il y a diversité de dons de la grâce, mais c’est le même Esprit ; diversité de ministères, mais c’est le même Seigneur ; diversité de modes d’action, mais c’est le même Dieu qui, en tous, met tout en œuvre. A chacun est donnée la manifestation de l’Esprit en vue du bien de tous. A l’un, par l’Esprit, est donné un message de sagesse, à l’autre, un message de connaissance, selon le même Esprit ; à l’un, dans le même Esprit, c’est la foi ; à un autre, dans l’unique Esprit, ce sont des dons de guérison ; à tel autre, d’opérer des miracles, à tel autre, de prophétiser, à tel autre, de discerner les esprits, à tel autre encore, de parler en langues ; enfin à tel autre, de les interpréter. Mais tout cela, c’est l’unique et même Esprit qui le met en œuvre, accordant à chacun des dons personnels divers, comme il veut.

 

 

Le don de l’Esprit Saint est aussi destiné aux non-juifs - [Textes bibliques]

Au chapitre 10 du livre des Actes des apôtres Pierre constate avec étonnement que le don de l’Esprit Saint est également destiné aux non-juifs. Les personnes parlent en langues et glorifient Dieu. Au chapitre 19, Paul impose les mains sur une douzaine d’hommes. Ils reçoivent l’Esprit Saint et commencent à parler en langues et à prophétiser.

Corneille est un centurion, il est pieux et craint Dieu. Il a une vision qui lui demande d’inviter Pierre chez lui (Actes 10,1-8). Une fois Pierre arrivé chez Corneille (Actes 10,9-33), il adresse un message aux personnes présentes et affirme que Jésus a été choisi par Dieu pour annoncer la Bonne Nouvelle (Actes 10,34-43). Pendant le discours de Pierre, l’Esprit Saint tombe sur les auditeurs non-juifs qui commencent alors à leur tour à « parler en langues ».
Actes 10,44-48 Pierre exposait encore ces événements quand l’Esprit Saint tomba sur tous ceux qui étaient en train d’écouter la Parole. Ce fut de la stupeur parmi les croyants circoncis qui avaient accompagné Pierre : ainsi, jusque sur les nations païennes, le don de l’Esprit Saint était maintenant répandu ! Ils entendaient ces gens, en effet, parler en langues et célébrer la grandeur de Dieu. Pierre reprit alors la parole : « Quelqu’un pourrait-il empêcher de baptiser par l’eau ces gens qui, tout comme nous, ont reçu l’Esprit Saint ? » Il donna l’ordre de les baptiser au nom de Jésus Christ, et ils lui demandèrent alors de rester encore quelques jours.
Actes 19,1-7 Ce fut pendant le séjour d’Apollos à Corinthe que Paul arriva à Ephèse en passant par le haut pays. Il y trouva quelques disciples et leur demanda : « Avez-vous reçu l’Esprit Saint, quand vous êtes devenus croyants ? » – « Mais, lui répondirent-ils, nous n’avons même pas entendu parler d’Esprit Saint ! » Paul demanda : « Quel baptême alors avez-vous reçu ? » Ils répondirent : « Le baptême de Jean. » Paul reprit : « Jean donnait un baptême de conversion et il demandait au peuple de croire en celui qui viendrait après lui, c’est-à-dire en Jésus. » Ils l’écoutèrent et reçurent le baptême au nom du Seigneur Jésus. Paul leur imposa les mains, et l’Esprit Saint vint sur eux : ils parlaient en langues et prophétisaient. Il y avait en tout environ douze personnes.

Le premier discours de Jésus - [Textes bibliques]

Au début de son ministère, Jésus se rend dans une synagogue et lit un passage du livre d’Esaïe. Il s’adresse alors à son auditoire (ainsi qu’au lecteur !) pour affirmer que ce passage de l’Ecriture est accompli « pour vous qui m’écoutez » ce qui suscite l’étonnement de l’auditoire. Les auditeurs le rejettent et le chassent de la ville. Ce rejet est vécu également par les apôtres. Luc retrace dans la suite des Actes des Apôtres les difficultés que rencontrent Pierre et Jean (Actes 4,1-22 ; 5,17-42), puis Etienne (Actes 6,8 à 7,60).
Actes 4,1-22 Pierre et Jean parlaient encore au peuple quand les prêtres, le commandant du temple et les Sadducéens les abordèrent. Ils étaient excédés de les voir instruire le peuple et annoncer, dans le cas de Jésus, la résurrection des morts. Ils les firent appréhender et mettre en prison jusqu’au lendemain, car le soir était déjà venu. Parmi les auditeurs de la Parole, beaucoup étaient devenus croyants ; leur nombre s’élevait à environ cinq mille personnes.
C’est donc le lendemain que s’assemblèrent les chefs, les anciens et les scribes qui se trouvaient à Jérusalem. Il y avait Hanne le grand prêtre, Caïphe, Jean, Alexandre et tous les membres des familles de grands prêtres. Ils firent amener Pierre et Jean devant eux, et procédèrent à leur interrogatoire : « A quelle puissance ou à quel nom avez-vous eu recours pour faire cela ? » Rempli d’Esprit Saint, Pierre leur dit alors : « Chefs du peuple et anciens, on nous somme aujourd’hui, pour avoir fait du bien à un infirme, de dire par quel moyen cet homme se trouve sauvé. Sachez-le donc, vous tous et tout le peuple d’Israël, c’est par le nom de Jésus Christ, le Nazôréen, crucifié par vous, ressuscité des morts par Dieu, c’est grâce à lui que cet homme se trouve là, devant vous, guéri. C’est lui, la pierre que vous, les bâtisseurs, aviez mise au rebut : elle est devenue la pierre angulaire. Il n’y a aucun salut ailleurs qu’en lui ; car aucun autre nom sous le ciel n’est offert aux hommes, qui soit nécessaire à notre salut. » Ils constataient l’assurance de Pierre et de Jean et, se rendant compte qu’il s’agissait d’hommes sans instruction et de gens quelconques, ils en étaient étonnés. Ils reconnaissaient en eux des compagnons de Jésus, ils regardaient l’homme qui se tenait près d’eux, guéri, et ils ne trouvaient pas de riposte.
Ils donnèrent donc l’ordre de les faire sortir du Sanhédrin et ils délibérèrent. « Qu’allons-nous faire de ces gens-là ? se disaient-ils. En effet, ils sont bien les auteurs d’un miracle évident : la chose est manifeste pour toute la population de Jérusalem, et nous ne pouvons pas la nier. Il faut néanmoins en limiter les suites parmi le peuple : nous allons donc les menacer pour qu’ils ne mentionnent plus ce nom devant qui que ce soit. » Ils les firent alors rappeler et leur interdirent formellement de prononcer ou d’enseigner le nom de Jésus. Mais Pierre et Jean leur répliquèrent : « Qu’est-ce qui est juste aux yeux de Dieu : vous écouter ? ou l’écouter, lui ? A vous d’en décider ! Nous ne pouvons certes pas, quant à nous, taire ce que nous avons vu et entendu. » Sur des menaces renouvelées, on les relâcha, faute d’avoir trouvé moyen de les condamner. C’était à cause du peuple : car tout le monde rendait gloire à Dieu de ce qui s’était passé. L’homme qui avait bénéficié de cette guérison miraculeuse avait en effet plus de quarante ans.

Actes 5,17-42 Sur ces entrefaites le Grand Prêtre et tout son entourage – il s’agissait du parti des Sadducéens – furent remplis de fureur ; ils firent appréhender les apôtres et les jetèrent publiquement en prison. Mais, pendant la nuit, l’ange du Seigneur ouvrit les portes de la prison, les fit sortir et leur dit : « Allez, tenez-vous dans le temple, et là, annoncez au peuple toutes ces paroles de vie ! » Ils l’écoutèrent ; dès le point du jour, ils se rendirent au temple ; et là ils enseignaient.
Le Grand Prêtre arriva ; lui et son entourage convoquèrent le Sanhédrin, assemblée plénière des Israélites, et ils envoyèrent chercher les apôtres à la prison. Mais les serviteurs, une fois sur place, ne les trouvèrent pas dans le cachot. De retour, ils rendirent compte en ces termes : « Nous avons trouvé la prison soigneusement fermée, et les gardes en faction devant les portes ; mais quand nous avons ouvert, nous n’avons trouvé personne à l’intérieur. » A l’annonce de ces nouvelles le commandant du temple et les grands prêtres étaient perplexes au sujet des apôtres, se demandant ce qui avait bien pu se passer. Mais quelqu’un vint leur annoncer : « Voici que les hommes que vous aviez jetés en prison se tiennent dans le temple, et ils instruisent le peuple. » Alors le commandant partit avec les serviteurs pour ramener les apôtres, sans violence toutefois, car ils redoutaient que le peuple ne leur jette des pierres.
Ils les amenèrent donc, les présentèrent au Sanhédrin et le Grand Prêtre les interrogea : « Nous vous avions formellement interdit, leur dit-il, d’enseigner ce nom-là, et voilà que vous avez rempli Jérusalem de votre doctrine ; vous voulez donc faire retomber sur nous le sang de cet homme ! » Mais Pierre et les apôtres répondirent : « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes. Le Dieu de nos pères a ressuscité Jésus que vous aviez exécuté en le pendant au bois. C’est lui que Dieu a exalté par sa droite comme Prince et Sauveur, pour donner à Israël la conversion et le pardon des péchés. Nous sommes témoins de ces événements, nous et l’Esprit Saint que Dieu a donné à ceux qui lui obéissent. »
Exaspérés par cette déclaration, ils envisagèrent de les faire mourir. Mais un homme se leva dans le Sanhédrin : c’était un Pharisien du nom de Gamaliel, un docteur de la Loi estimé de tout le peuple. Il ordonna de faire sortir un instant les prévenus, puis il déclara : « Israélites, prenez bien garde à ce que vous allez faire dans le cas de ces gens. Ces derniers temps, on a vu surgir Theudas : il prétendait être quelqu’un et avait rallié environ quatre cents hommes ; lui-même a été tué, tous ceux qui l’avaient suivi se sont débandés, et il n’en est rien resté. On a vu surgir ensuite Judas le Galiléen, à l’époque du recensement : il avait soulevé du monde à sa suite ; lui aussi a péri, et tous ceux qui l’avaient suivi se sont dispersés. Alors, je vous le dis, ne vous occupez donc plus de ces gens et laissez-les aller ! Si c’est des hommes en effet que vient leur résolution ou leur entreprise, elle disparaîtra d’elle-même ; si c’est de Dieu, vous ne pourrez pas les faire disparaître. N’allez pas risquer de vous trouver en guerre avec Dieu ! »
Se rangeant à son avis, ils rappelèrent les apôtres, les firent battre de verges et, après leur avoir enjoint de ne plus prononcer le nom de Jésus, ils les relâchèrent. Les apôtres quittèrent donc le Sanhédrin, tout heureux d’avoir été trouvés dignes de subir des outrages pour le Nom. Chaque jour, au temple comme à domicile, ils ne cessaient d’enseigner et d’annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus Messie.

Actes 6,8 à 7,1 Plein de grâce et de puissance, Etienne opérait des prodiges et des signes remarquables parmi le peuple. Mais, sur ces entrefaites, des gens de la synagogue dite des Affranchis, avec des Cyrénéens et des Alexandrins, des gens de Cilicie et d’Asie, entrèrent en discussion avec Etienne et, comme ils étaient incapables de s’opposer à la sagesse et à l’Esprit qui marquaient ses paroles, ils subornèrent des gens pour dire : « Nous l’avons entendu prononcer des paroles blasphématoires contre Moïse et contre Dieu. » Ils ameutèrent le peuple, les anciens et les scribes, se saisirent d’Etienne à l’improviste et le conduisirent au Sanhédrin. Là ils produisirent de faux témoins : « L’homme que voici, disaient-ils, tient sans arrêt des propos hostiles au Lieu saint et à la Loi ; de fait, nous lui avons entendu dire que ce Jésus le Nazôréen détruirait ce Lieu et changerait les règles que Moïse nous a transmises. » Tous ceux qui siégeaient au Sanhédrin avaient les yeux fixés sur lui, et ils virent son visage comme le visage d’un ange. Le Grand Prêtre lui demanda : « Cela est-il exact ? »

Suit le discours d'Etienne qui rappelle l'histoire d'Israël et les persécutions subies par les envoyés de Dieu. Vous pouvez le lire en Actes 7,2-53. Voici la réaction du Sanhédrin :

Actes 7,54-60 Ces paroles les exaspérèrent et ils grinçaient des dents contre Etienne. Mais lui, rempli d’Esprit Saint, fixait le ciel : il vit la gloire de Dieu et Jésus debout à la droite de Dieu. « Voici, dit-il, que je contemple les cieux ouverts et le Fils de l’homme debout à la droite de Dieu. » Ils poussèrent alors de grands cris, en se bouchant les oreilles. Puis, tous ensemble, ils se jetèrent sur lui, l’entraînèrent hors de la ville et se mirent à le lapider. Les témoins avaient posé leurs vêtements aux pieds d’un jeune homme appelé Saul. Tandis qu’ils le lapidaient, Etienne prononça cette invocation : « Seigneur Jésus, reçois mon esprit. » Puis il fléchit les genoux et lança un grand cri : « Seigneur, ne leur compte pas ce péché. » Et sur ces mots il mourut.

 

 

 

La généalogie des fils de Noé - [Textes bibliques]

L’Ancien Testament contient plusieurs listes généalogiques qui précisent la filiation classique de parents à enfants (Genèse 4,17-26 : Les descendants de Caïn ; Genèse 5,1-32 : Liste des ancêtres depuis Adam jusqu’à Noé). En Genèse 10 la généalogie des fils de Noé précise la filiation mais ajoute également les lieux d’installations et 1Chroniques des noms de peuples.

Genèse 10,1-32 Voici la famille des fils de Noé, Sem, Cham et Japhet. Il leur naquit des fils après le Déluge : Fils de Japhet : Gomer, Magog, Madaï, Yavân, Toubal, Mèshek et Tirâs. – Fils de Gomer : Ashkénaz, Rifath et Togarma. – Fils de Yavân : Elisha, Tarsis, Kittim et Rodanim. C’est à partir d’eux que se fit la répartition des nations dans les îles. Chacun eut son pays suivant sa langue et sa nation selon son clan.
Fils de Cham : Koush, Miçraïm, Pouth et Canaan. – Fils de Koush : Séva, Hawila, Savta, Raéma, Savteka. – Fils de Raéma : Saba et Dedân.
Koush engendra Nemrod. Il fut le premier héros sur la terre, lui qui fut un chasseur héroïque devant le SEIGNEUR. D’où le dicton : « Tel Nemrod, être un chasseur héroïque devant le SEIGNEUR. » Les capitales de son royaume furent Babel, Erek, Akkad, toutes villes du pays de Shinéar. Il sortit de ce pays pour Assour et bâtit Ninive, la ville aux larges places, Kalah, la grande ville, et Rèsèn entre Ninive et Kalah.
Miçraïm engendra les gens de Loud, de Einam, de Lehav et de Naftouah, les gens du pays du Sud, ceux de Kaslouah d’où sortirent les Philistins et ceux de Kaftor.
Canaan engendra Sidon son premier-né et Heth, le Jébusite, l’Amorite, le Guirgashite, le Hivvite, le Arqite, le Sinite, l’Arvadite, le Cemarite, le Hamatite. Les clans des Cananéens se disséminèrent ensuite, et le territoire cananéen s’étendit de Sidon vers Guérar jusqu’à Gaza, vers Sodome et Gomorrhe, Adma et Cevoïm jusqu’à Lèsha.
Tels furent les fils de Cham selon leurs clans et leurs langues, groupés en pays et nations.
De Sem, le frère aîné de Japhet, naquit aussi le père de tous les fils de Eber.
Fils de Sem : Elam, Assour, Arpakshad, Loud et Aram. – Fils d’Aram : Ouç, Houl, Guètèr et Mash.
Arpakshad engendra Shèlah, et Shèlah engendra Eber. A Eber naquirent deux fils. Le premier s’appelait Pèleg, car en son temps la terre fut divisée, et son frère s’appelait Yoqtân. Yoqtân engendra Almodad, Shèlef, Haçarmaweth, Yèrah, Hadoram, Ouzal, Diqla, Oval, Avimaël, Saba, Ofir, Hawila, Yovav. Ce sont là tous les fils de Yoqtân ; leur habitat s’étendait de Mésha vers Sefar, la montagne de l’orient.
Tels furent les fils de Sem selon leurs clans et leurs langues, groupés en pays selon leurs nations. Tels furent les clans des fils de Noé selon leurs familles groupées en nations. C’est à partir d’eux que se fit la répartition des nations sur la terre après le Déluge.

1Chroniques 1,5-23 Fils de Japhet : Gomer, Magog, Madaï, Yavân, Toubal, Mèshek et Tirâs.
Fils de Gomer : Ashkénaz, Difath, Togarma.
Fils de Yavân : Elisha, Tarsis, Kittim et Rodanim.
Fils de Cham : Koush, Miçraïm, Pouth et Canaan.
Fils de Koush : Séva, Hawila, Savta, Raéma et Savteka ; fils de Raéma : Saba et Dedân. Koush engendra Nemrod. Il fut le premier héros sur la terre.
Miçraïm engendra les gens de Loud, de Einam, de Lehav et de Naftouah, les gens de Patros, ceux de Kaslouah, d’où sortirent les Philistins, et ceux de Kaftor.
Canaan engendra Sidon son premier-né et Heth, le Jébusite, l’Amorite, le Guirgashite, le Hivvite, le Arqite, le Sinite, l’Arvadite, le Cemarite, le Hamatite.
Fils de Sem : Elam, Assour, Arpakshad, Loud, Aram, Ouç, Houl, Guètèr et Mèshek. Arpakshad engendra Shèlah et Shèlah engendra Eber. A Eber naquirent deux fils. Le premier s’appelait Pèleg, car en son temps la terre fut divisée, et son frère s’appelait Yoqtân. Yoqtân engendra Almodad, Shèlef, Haçarmaweth, Yèrah, Hadoram, Ouzal, Diqla, Eval, Avimaël, Saba, Ofir, Hawila, Yovav. Ce sont là tous les fils de Yoqtân.

 

Le discours de Pierre - [Textes bibliques]

Pierre s’adresse à la foule pour expliquer plus largement ce qui vient de se passer. S’appuyant sur des citations de l’Ancien Testament, il affirme que Jésus crucifié est l’envoyé de Dieu :

Actes 2,14-36 Alors s’éleva la voix de Pierre, qui était là avec les Onze ; il s’exprima en ces termes :
« Hommes de Judée, et vous tous qui résidez à Jérusalem, comprenez bien ce qui se passe et prêtez l’oreille à mes paroles. Non, ces gens n’ont pas bu comme vous le supposez : nous ne sommes en effet qu’à neuf heures du matin ; mais ici se réalise cette parole du prophète Joël :
Alors, dans les derniers jours, dit Dieu,
je répandrai de mon Esprit sur toute chair,
vos fils et vos filles seront prophètes,
vos jeunes gens auront des visions,
vos vieillards auront des songes ;
oui, sur mes serviteurs et sur mes servantes
en ces jours-là je répandrai de mon Esprit
et ils seront prophètes.
Je ferai des prodiges là-haut dans le ciel
et des signes ici-bas sur la terre,
du sang, du feu et une colonne de fumée.
Le soleil se changera en ténèbres et la lune en sang
avant que vienne le jour du Seigneur, grand et glorieux.
Alors quiconque invoquera le nom du Seigneur sera sauvé.
« Israélites, écoutez mes paroles : Jésus le Nazôréen, homme que Dieu avait accrédité auprès de vous en opérant par lui des miracles, des prodiges et des signes au milieu de vous, comme vous le savez, cet homme, selon le plan bien arrêté par Dieu dans sa prescience, vous l’avez livré et supprimé en le faisant crucifier par la main des impies ; mais Dieu l’a ressuscité en le délivrant des douleurs de la mort, car il n’était pas possible que la mort le retienne en son pouvoir. David en effet dit de lui :
Je voyais constamment le Seigneur devant moi,
car il est à ma droite pour que je ne sois pas ébranlé.
Aussi mon cœur était-il dans la joie et ma langue a chanté d’allégresse.
Bien mieux, ma chair reposera dans l’espérance,
car tu n’abandonneras pas ma vie au séjour des morts
et tu ne laisseras pas ton saint connaître la décomposition.
Tu m’as montré les chemins de la vie,
tu me rempliras de joie par ta présence.
« Frères, il est permis de vous le dire avec assurance : le patriarche David est mort, il a été enseveli, son tombeau se trouve encore aujourd’hui chez nous. Mais il était prophète et savait que Dieu lui avait juré par serment de faire asseoir sur son trône quelqu’un de sa descendance, issu de ses reins ; il a donc vu d’avance la résurrection du Christ, et c’est à son propos qu’il a dit : Il n’a pas été abandonné au séjour des morts et sa chair n’a pas connu la décomposition. Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité, nous tous en sommes témoins. Exalté par la droite de Dieu, il a donc reçu du Père l’Esprit Saint promis et il l’a répandu, comme vous le voyez et l’entendez. David, qui n’est certes pas monté au ciel, a pourtant dit :
Le Seigneur a dit à mon Seigneur :
assieds-toi à ma droite
jusqu’à ce que j’aie fait de tes adversaires
un escabeau sous tes pieds.
« Que toute la maison d’Israël le sache donc avec certitude : Dieu l’a fait et Seigneur et Christ, ce Jésus que vous, vous aviez crucifié. »

 

L’opposition dans la réception de l’Evangile - [Textes bibliques]

Luc développe tout au long des Actes des Apôtres le thème de l’opposition à la réception de l’Evangile. Il vise à défendre la pertinence de la foi chrétienne naissante dans le monde gréco-romain. Il raconte les difficultés auxquelles se heurte Paul lors de ses voyages missionnaires. Ses discours suscitent division et opposition dans l’auditoire quelle que soit la ville dans laquelle il se trouve.

  • Paul et Barnabé à Iconium au sud de l’actuelle Turquie :
    Actes 14,1-7 A Iconium il se passa la même chose : Paul et Barnabas se rendirent à la synagogue des Juifs et parlèrent de telle sorte que des Juifs et des Grecs en grand nombre devinrent croyants. Mais ceux des Juifs qui ne s’étaient pas laissé convaincre suscitèrent dans l’esprit des païens la malveillance à l’égard des frères. Paul et Barnabas n’en prolongèrent pas moins leur séjour un certain temps ; leur assurance se fondait sur le Seigneur qui rendait témoignage à la parole de sa grâce en leur donnant d’opérer de leurs mains des signes et des prodiges. La population de la ville se divisa : les uns étaient pour les Juifs, les autres pour les apôtres. Païens et Juifs, avec leurs chefs, décidèrent de recourir à la violence et de lapider les apôtres ; conscients de la situation, ceux-ci cherchèrent refuge dans les villes de la Lycaonie, Lystre, Derbé et les alentours. Là aussi, ils annonçaient la Bonne Nouvelle.
  • Paul à Athènes en Grèce :
    Actes 17,17-18 Il adressait donc la parole, dans la synagogue, aux Juifs et aux adorateurs de Dieu, et, chaque jour, sur la place publique, à tout venant. Il y avait même des philosophes épicuriens et stoïciens qui s’entretenaient avec lui. Certains disaient : « Que veut donc dire cette jacasse ? » Et d’autres : « Ce doit être un prédicateur de divinités étrangères. » – Paul annonçait en effet Jésus et la Résurrection.
  • Paul devant le Sanhédrin à Jérusalem :
    Actes 23,6-10 Sachant que l’assemblée était en partie sadducéenne et en partie pharisienne, Paul s’écria au milieu du Sanhédrin : « Frères, je suis Pharisien, fils de Pharisiens ; c’est pour notre espérance, la résurrection des morts, que je suis mis en jugement. » Cette déclaration était à peine achevée qu’un conflit s’éleva entre Pharisiens et Sadducéens, et l’assemblée se divisa. Les Sadducéens soutiennent en effet qu’il n’y a ni résurrection, ni ange, ni esprit, tandis que les Pharisiens en professent la réalité. Ce fut un beau tapage. Certains scribes du groupe pharisien intervinrent et protestèrent énergiquement : « Nous ne trouvons rien à reprocher à cet homme. Et si un esprit lui avait parlé ? ou bien un ange ? » Comme le conflit s’aggravait, le tribun, par crainte de les voir mettre Paul en pièces, donna l’ordre à la troupe de descendre le tirer du milieu d’eux et de le ramener dans la forteresse.
  • Paul à Rome, capitale de l’empire romain :
    Actes 28,23-28 Ayant convenu d’un jour avec lui, ils vinrent le retrouver en plus grand nombre à son domicile. Dans sa présentation, Paul rendait témoignage au Règne de Dieu et, du matin au soir, il s’efforça de les convaincre, en parlant de Jésus à partir de la loi de Moïse et des Prophètes. Les uns se laissaient convaincre par ce qu’il disait, les autres n’y croyaient pas. Au moment de s’en aller, ils n’étaient toujours pas d’accord entre eux ; Paul n’ajouta qu’un mot : « Comme elle est juste, cette parole de l’Esprit Saint qui a déclaré à vos pères par le prophète Esaïe : Va trouver ce peuple et dis-lui :
    Vous aurez beau entendre, vous ne comprendrez pas ;
    vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas.
    Car le cœur de ce peuple s’est épaissi,
    ils sont devenus durs d’oreille,
    ils se sont bouché les yeux,
    pour ne pas voir de leurs yeux,
    ne pas entendre de leurs oreilles,
    ne pas comprendre avec leur cœur
    et pour ne pas se tourner vers Dieu.
    Et je les guérirais ?
    Sachez-le donc : c’est aux païens qu’a été envoyé ce salut de Dieu ; eux, ils écouteront. »

 

Evangile de Luc et Actes : deux textes en échos - [Aller plus loin]

Odile FLICHY, L’œuvre de Luc, Paris : Cerf (Cahier Evangile n° 114), décembre 2000, p. 54.

Odile Flichy attire l’attention sur la composition des deux tomes attribués à Luc. Elle souligne le souci de l’auteur de guider le lecteur, et une narration en « va-et-vient » des textes constamment en échos.« Tout au long de sa lecture des deux volumes de l’œuvre de Luc, le lecteur s’est trouvé sollicité par un narrateur très soucieux de le guider dans la compréhension de son récit. Tant au niveau de l’organisation de l’ensemble qu’à celui de l’écriture et de ses procédés. Lc-Ac [Luc-Actes] se présente comme une œuvre soigneusement construite. La prise en compte de cette construction apparaît aujourd’hui comme un élément indispensable dans une lecture qui entend honorer le projet lucanien dans toute sa portée.Constamment invité à relire, à aller et venir entre l’Evangile et les Actes, le lecteur est entraîné dans un processus dynamique d’élaboration du sens, au terme duquel la cohérence du projet de Luc pourra se dessiner pour lui. L’unité de Lc-Ac [Luc-Actes] est "une unité à construire" par le travail de lecture qu’il effectue. »

Prière de Pentecôte - [Aller plus loin]

L’Eglise Réformée de France (aujourd’hui Eglise Protestante Unie de France) a proposé dans sa liturgie pour la fête de Pentecôte une prière d’intercession dans laquelle l’Esprit Saint est caractérisé par un souffle puissant :

« Esprit-Saint, Esprit de Dieu, nous te rendons grâce d’avoir sans cesse renouvelé par ton souffle puissant la vie de ton Eglise, depuis la première Pentecôte.
Nous te rendons grâce, car tu as donné la force aux faibles, tu as délié la langue des muets et ils ont raconté tes œuvres magnifiques.
Nous te rendons grâce, car les pécheurs se sont repentis, le riche et le pauvre se sont rencontrés, ceux qui étaient séparés ont ensemble loué le Seigneur et le monde a vu leur amour.
Fais resplendir ta gloire et manifeste ta puissance comme aux jours d’autrefois. Esprit-Saint, donne-nous ta lumière et ta joie. Rends victorieuse notre jeunesse, enflamme les cœurs des catéchumènes qui, pour la première fois, sont invités à la Table du Seigneur.
Fortifie ceux qui chancellent, soutiens ceux qui souffrent, éclaire ceux qui cherchent.
Donne force et sagesse aux hommes chargés de gouverner les peuples et de rendre la justice.
Inspire ton Eglise ; accorde-lui la ferveur, le courage et l’amour, afin qu’elle rende un clair témoignage devant les hommes. »
(Eglise réformée de France, Liturgie, Paris : Berger-Levrault, 1963, p. 157).

Le symbole des langues de feu, selon Augustin - [Aller plus loin]

Comment expliquer la symbolique du don des langues ? Augustin en propose une explication dans une homélie. Il fait une lecture qui oppose Genèse 11 (le récit de la tour de Babel) à Actes 2, interprétation qui sera critiquée par la suite. Babel représente la division : Dieu punit l’orgueil des hommes, qui ont osé bâtir une tour atteignant le ciel, en brouillant leur langue unique. Les hommes sont maintenant incapables de se comprendre face à la multiplicité des langues. La Pentecôte représente l’unité retrouvée : l’unité de l’Eglise même si chacun parle une langue différente. L’Esprit Saint, en touchant chacune des personnes présentes avec une langue de feu, permet à chacun de transmettre la Bonne Nouvelle dans une langue que le destinataire comprend. Augustin évoque comme symbole d’unité : la colombe.

« C’est aux nations que les apôtres ont été envoyés, et si c’est aux nations, c’est à toutes les langues. Voilà ce qui est signifié par l’Esprit saint, divisé en langues, un dans la colombe. D’un côté les langues se partagent, de l’autre la colombe réunit. La colombe est le symbole de l’unité, les langues celui de la réunion des nations. Jadis, en effet, l’orgueil a mis pareillement le désaccord entre les langues, et alors, d’une seule langue il s’en est produit beaucoup. Car après le déluge, des hommes orgueilleux s’efforcèrent pour ainsi dire de se défendre contre Dieu […] Ils élevèrent une tour, comme pour échapper à la destruction d’un nouveau déluge […]. Si l’orgueil a fait la diversité des langues, l’humilité du Christ a réuni cette diversité des langues. Ce que la tour avait dispersé, l’Eglise maintenant le rassemble. D’une seule langue il s’en est produit plusieurs, ne t’en étonne pas, c’est le fait de l’orgueil ; des multiples langues il s’en est produit une seule, ne t’en étonne pas, c’est le fait de la charité, puisque bien que les langages soient différents, c’est le même Dieu qui est invoqué au fond du cœur. »
Augustin, Homélies sur l’Evangile de Jean VI, 10.

La Pentecôte aujourd’hui - [Aller plus loin]

Dans un article paru dans le journal Réforme du 12 mai 2016 l’exégète Daniel Marguerat s’adresse aux croyants du 21e siècle. Il s’écarte de la compréhension traditionnelle et admise des Pères de l’Eglise pour réactualiser la signification de cette fête placée sous le signe « d’un consentement à la diversité »:

« Le miracle de la Pentecôte n’est pas la restauration d’une langue unique, mais l’efflorescence d’une parole qui s’adresse à chacun dans sa langue singulière. En cela, elle marque une nouvelle étape dans l'histoire de Dieu et des croyants.
Que s’est-il passé à la fête des Semaines, de son nom hébraïque Shavouot, sept semaines après la Pâque ? Luc rejoint la conviction des premiers chrétiens que le mouvement de Jésus est né d’une impulsion qui n’était pas que la volonté de ses membres. Que ce soit Paul (1 Co 12,2-3) ou Jean (20,21-22), ils disent tous que l’impulsion fut divine, et nomment l’auteur : l’Esprit saint. Luc fait œuvre originale en datant l’acte fondateur de l’Église. La Pentecôte était à l’origine en Israël une fête agraire, la fête des moissons. Mais au tournant de l’ère chrétienne, elle se mue en commémoration de l’alliance de Dieu avec son peuple. Le livre des Jubilés, qui date du 1er siècle avant J.-C., témoigne de cette évolution. Les juifs y fêtent l’alliance de Dieu avec Noé, ainsi que le don de la Torah au Sinaï. On commémore le Dieu fondateur du peuple.En datant la naissance de l’Église à Pentecôte, Luc fait comprendre que l’envoi de l’Esprit saint marque une nouvelle étape dans l’histoire de Dieu et des croyants. Que s’est-il passé au juste ? Vraisemblablement, il y eut une explosion de paroles inspirées, un jaillissement d’« autres langues », comme dit le texte (2,4). Mais, insiste Luc, ce jaillissement n’est pas une explosion incontrôlée, mais un processus de communication.
Comment naît l’Église ? Elle naît comme un groupe de témoins, elle naît d’un don et se découvre diverse.
Un groupe de témoins
Les acteurs de la Pentecôte sont des croyants groupés autour des apôtres. L’Esprit qui les traverse leur fait proclamer les merveilles de Dieu en des langues que les assistants comprennent. En un raccourci symbolique, Actes 2 raconte non seulement comment est née un jour la chrétienté, mais comment naît toute Église, toujours et partout. La preuve est que les Actes raconteront deux autres Pentecôtes : à Césarée (10,44-45) et à Éphèse (19,6). Toute Église naît comme un groupe de témoins à la foi contagieuse, audible, compréhensible. Un groupe d’hommes et de femmes dont la vie respire un souffle venu d’ailleurs. Notre chrétienté fatiguée doit savoir que le succès missionnaire ne dépend ni de la construction d’une image médiatique séduisante, ni de la parole autoritaire de quelques leaders ; il dépend de la qualité de vie et de témoignage des croyants. Le lieu premier de l’évangélisation n’est pas la chaire pastorale, mais le contact de personne à personne. Comment une chrétienté qui ne sait plus dire de quoi elle vit peut-elle espérer survivre ?
L’Église naît d’un don qui la fonde. La communauté croyante n’est pas un club d’initiés heureux de partager des croyances communes. Elle ne surgit pas comme un groupe de pression, un parti religieux voué à la propagande et désireux d’imposer son programme. Quoi que nous pensions d’elle et de ses faiblesses (réelles), il nous est donné de croire que l’Église trouve son origine en dehors d’elle, dans une grâce qui la dépasse infiniment. Elle naît porteuse d’une Parole dont l’envergure universelle lui est donnée avant d’être le résultat de son labeur missionnaire.
Cela ne confère aucunement à l’Église le statut d’une institution de droit divin. Sa hiérarchie n’est aucunement en droit de décider du salut des uns et de la perdition des autres. Car justement, elle est redevable d’une Parole qui la fonde. Seule la fidélité à cette Parole assure sa légitimité. Pentecôte nous place face à ce paradoxe : l’Église est une institution humaine avec ses aléas et ses errances, mais il nous est demandé de respecter infiniment en elle ce geste divin qui la suscite et la maintient.
Babel et Pentecôte
Les Pères de l’Église ont interprété ce miracle de communication comme l’antitype et la réparation de Babel (Gn 11,1-9). À la diversité des langues installée à Babel, disent-ils, est opposée l’unité de la communication promue par l’Esprit. Il convenait que « l’Esprit saint vole vers eux sous la figure des langues de feu, afin de ramener l’unité sur la terre livrée à la division », commente Jean Chrysostome. Sa lecture est typique de l’exégèse patristique qui, dès le milieu du IVe siècle, applique la confusion de Babel à l’hérésie et identifie la Pentecôte avec l’avènement d’une orthodoxie une et harmonieuse.
Mais non. Actes 2 n’annule pas Genèse 11. Annoncée comme une décision de Dieu à Babel, la pluralité des langues est un frein opposé à toute idéologie totalitaire qui voudrait plier l’humanité à une pensée unique. Or, Pentecôte ne restaure pas un langage unique, mais tient pour miraculeux le fait que l’Esprit, au sein de l’humanité, parle tous les langages. Pentecôte appelle à discerner l’unité d’une même Parole dans l’irréductible pluralité des langues. L’événement ne fonde pas une communication fusionnelle, mais avance une promesse : l’Esprit peut transcender toute culture, ou plutôt habiter toute culture, pour faire entendre les merveilles de Dieu.
Retenons que l’Esprit de Pentecôte fonde l’Église comme une communauté diverse, plurielle, où la communication universelle est un don. On fera bien de s’en souvenir face à ceux qui imaginent l’œcuménisme à la manière d’une multinationale à doctrine unique. D’un bout à l’autre du Nouveau Testament, l’unité chrétienne n’est jamais pensée hors d’un consentement à la diversité. »
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L’épiclèse dans la tradition protestante - [Aller plus loin]

Dans la tradition protestante, l’épiclèse, c’est-à-dire la prière qui appelle la présence de l’Esprit, se trouve à deux moments du culte : avant la lecture biblique et lors de la liturgie de la Cène. Voici un exemple de liturgie de Sainte Cène lors du culte de Pentecôte :

Viens, Esprit créateur !
Par toi, toutes choses sont faites nouvelles,
Par toi, les hommes prophétisent,
Par toi, les disciples deviennent apôtres.

Viens, Esprit de vérité !
Par toi, nous voyons la lumière,
Par toi, nous comprenons la Parole,
Par toi, nous apprenons à prier.

Viens, Esprit de sainteté !
Tu rends témoignage en nous,
Tu intercèdes en nous,
Tu nous assistes et nous guéris.

Viens, Esprit de force et de puissance !
Esprit de flamme et de feu,
Esprit de sagesse et d’espérance.

Viens, Saint-Esprit,
Esprit de Dieu !

Liturgie ERF pour cultes de fêtes, culte de Pentecôte avec célébration de la Cène, Paris : Olivétan, 2007.

L’Esprit Saint selon Luther - [Aller plus loin]

Dans une prédication de 1544 sur le chapitre 2 des Actes des Apôtres, le réformateur Martin Luther explique en quoi consiste l’action de l’Esprit Saint et comment les croyants peuvent accéder au don de l’Esprit Saint.

« Vous avez entendu plusieurs fois comment l’Esprit saint fait cela. Dieu accorde l’Esprit saint dans la prière seule, et il l’accorde à ceux qui le demandent et soupirent après un tel don. C’est pourquoi, si ton cœur lui aussi s’ouvre maintenant, persévère dans ces pensées et cette prière, et ne doute point. C’est là le chemin le plus proche et le meilleur qui puisse te conduire à l’Esprit saint. Car Christ lui-même enseigne de faire ainsi et d’en prier le Père céleste.Cependant, la prière seule ne suffit pas. Car si tu voulais t’asseoir dans un coin et prier l’Esprit saint sans être assidu à la Parole et aux sacrements, ta prière porterait difficilement du fruit. C’est pourquoi, si tu veux accéder au don de l’Esprit saint, il faut surtout que tu en fasses la demande auprès du Père au nom de Jésus, qu’ensuite tu te tiennes fidèlement à la Parole et que, chaque fois que tu t’approches de la Cène du Seigneur, tu te souviennes avec sérieux de ton baptême et de ce que Dieu t’a accordé par là et quelle alliance il a conclue avec toi à travers ce baptême. Car à travers la Parole et le sacrement, l’Esprit saint veut rallumer nos cœurs par la nouvelle lumière de la foi, afin que nous n’écoutions pas seulement la Parole mais que nous la comprenions et devenions ainsi des hommes nouveaux, aux cœurs nouveaux. »

Texte cité dans Le récit de la Pentecôte, Paris : Cerf (Cahiers Evangile N° 124 supplément), 2003, p. 86.

 

L’Esprit Saint est au cœur des relations humaines - [Aller plus loin]

Augustin affirme que l’Esprit Saint s’est manifesté par le « don des langues ». Depuis, la présence de l’Esprit Saint est au cœur des relations entre les humains. Augustin associe cette présence au commandement d’amour « aimez-vous les uns les autres » :

« Dans les premiers temps, l'Esprit-Saint descendait sur les croyants et ils se mettaient à parler en langues qu'ils n'avaient point apprises, selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer. Ces signes avaient alors leur raison d'être. Il convenait en effet que l'Esprit-Saint fût figuré par ce don de toutes les langues, puisque l'Evangile de Dieu, par le moyen de toutes ces langues, devait se répandre sur toute la terre. Le signe a été donné, puis il est passé. Attend-on maintenant, de ceux auxquels on impose les mains afin qu'ils reçoivent le Saint-Esprit, qu'ils se mettent à parler en langues ? Et lorsque nous imposons les mains à ces baptisés, chacun d'entre vous s'attend-il à ce qu'ils se mettent à parler en langues ? Faute de voir s'accomplir ce prodige, lequel d'entre vous aurait l'esprit assez mal tourné pour dire : Ils n'ont pas reçu le Saint-Esprit, car, s'ils l'avaient reçu, ils parleraient en langues comme cela s'est vu jadis ? Si donc la présence du Saint-Esprit n'est plus attestée aujourd'hui par des miracles, que faire, à quoi reconnaître qu'on a reçu le Saint-Esprit ? Que chacun interroge son coeur ! S'il aime son frère, l'Esprit-Saint demeure en lui... »
Commentaire de la Première Epitre de S. Jean, Paris : Cerf (Sources Chrétiennes n° 75), 1974, VI, 10, p. 299.

La liste de Luc - [Aller plus loin]

Dans son commentaire des Actes des Apôtres Daniel Marguerat donne quelques explications sur l’origine et la composition de la liste de Luc.

Daniel MARGUERAT, Les Actes des Apôtres (1-12), commentaire du Nouveau Testament deuxième série, deuxième édition revue et corrigée, Genève : Labor et Fides, 2015, p. 77-79 :

La liste des peuples (Ac 2, 9-11)

« Luc, à l’évidence, n’est pas l’auteur de ce répertoire ; il l’aurait conformé aux limites de l’empire romain (or, la liste est centrée sur sa partie orientale) ou à la géographie des Actes (mais il ne reproduit pas l’itinéraire de la mission paulinienne, sauf la destination finale, Rome). D’où vient cet emprunt ? La recherche se perd en conjecture sur son origine. On a pensé à une carte astrologique, ou à un répertoire linguistique, ou à la cartographie de la diaspora dans l’Empire, ou encore à l’itinéraire de la mission antiochienne. Rechercher le modèle de Luc dans la table des nations de Gn [Genèse] 10 ou dans l’inventaire des peuples au sein de la propagande impériale s’avère, en revanche, plus fructueux. […]

Comme le met en évidence la carte ci-dessus, la logique du catalogue est circulaire : elle trace une série d’arcs de cercle qui vont de l’est vers l’ouest. 1) Du territoire des Parthes à la Mésopotamie. 2) De la Judée à la province d’Asie. 3) De la Phrygie à la Lybie cyrénaïque, à quoi s’ajoute l’appendice romain. 4) Le couple final « Crétois et Arabes » occupe une position récapitulative et boucle cette géographie par une ligne nord-ouest / sud-est. L’axe de rayonnement se situe au Proche-Orient, en Judée ou en Syrie. Le catalogue déploie donc l’univers circulaire, le tour du monde tel qu’il se dessine pour l’homme du Proche-Orient. Autrement dit, Luc a voulu inculturer la représentation d’universalité que pouvait avoir la foule de la Pentecôte. Il a recomposé l’image du monde vu de Jérusalem. »

La colombe - [Culture]

culture La colombe

Dans l’Ancien Testament : la colombe apparaît dans l’épisode qui suit le déluge (Genèse 8,10-14). Noé a construit, sur ordre de Dieu, une arche pour sauver du déluge sa famille et un couple de chaque espèce d’animaux. Après la tempête, il envoie d’abord un corbeau puis une colombe pour savoir si les eaux se sont retirées. La colombe revient avec un rameau d’olivier dans le bec. Elle annonce le retour au calme avec l’arrêt des précipitations et le début de la paix retrouvée sur terre. C’est la raison pour laquelle la colombe et le rameau d’olivier sont devenus symboles de paix.

Dans le Nouveau Testament : la colombe apparaît dans les évangiles selon Matthieu (Matthieu 3,16), selon Marc (Marc 1,10), selon Luc (Luc 3,21-22) et selon Jean (Jean 1,32). La colombe, dans la croix huguenote, représente l’Esprit Saint qui descend.

L’annonciation - [Culture]

culture L'annonciation

Le peintre français Nicolas Poussin (Les Andelys 1594 – Rome 1665) a peint ce tableau intitulé « L’annonciation » en 1657. L’Esprit Saint est représenté par une colombe.

Il illustre le passage suivant :Luc 1,35 L’ange lui répondit : « L’Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre ; c’est pourquoi celui qui va naître sera saint et sera appelé Fils de Dieu. »Ce tableau est exposé à Londres à la National Gallery.

Le pillage du Temple de Jérusalem - [Culture]

culture Le pillage

Ce bas-relief est visible sur l’arche bâtie à Rome pour célébrer la victoire de Titus à Jérusalem en 70. On y voit les soldats romains emportant les trésors du Temple de Jérusalem : le chandelier à sept branches et le coffre d’Alliance.

Source : SCARRE Chris, Atlas de la Rome antique, 800 av. J.-C. – 540 ap. J.-C., Paris : Editions Autrement (coll. Atlas/Mémoires), 1995, p. 59.

Vitrail représentant le « buisson ardent » - [Culture]

culture Le buisson ardent

 

Ce vitrail représente Moïse se prosternant devant Dieu qui apparaît sous la forme d’un buisson ardent.

La descente de l’Esprit Saint - [Culture]

culture L'esprit saint

Voici un tableau qui représente la descente de l’Esprit Saint sur les croyants en référence au passage des Actes des Apôtres (Actes 2,1-13). Les « langues comme de feu » y sont représentées au-dessus de la tête des personnages. L’Esprit Saint est symbolisé par la colombe.

La venue de l’Esprit Saint n’est ici pas limitée aux douze disciples. L’icône représente également Marie et d’autres femmes agenouillées, en cela elle est fidèle au texte.

Luther, Martin (1483-1546)

Réformateurvoir entrée Luther allemand né et mort à Eisleben. Moine, prêtre, docteur en théologie, professeur d'exégèse biblique, il était habité par une intense quête spirituelle concernant le salut. En travaillant l'épître aux Romains il découvre ce qui sera le coeur de son oeuvre et de la Réforme protestante au 16e siècle, le message du salut par la seule grâce de Dieu, en dehors des mérites de l'homme. En 1517 il rédige " 95 thèses " où il développe cette affirmation et dénonce la vente des indulgences. Déclaré hérétique en 1518, il est excommunié et mis au ban de l'Empire à la Diète de Worms en 1521. Il trouve alors un appui auprès des princes allemands. Auteur d'une oeuvre théologique considérable et traducteur de la Bible en allemand, il a pris part aux débats de son temps (controverse avec Erasme, attitude lors de la Guerre des Paysans...). Il a résisté à toute forme de désordre ecclésial et a commencé à poser les bases d'une Eglise " luthérienne "

Septante

Traduction grecque de la Bible hébraïque entreprise par les communautés juives d'Alexandrie en Egypte au 3e siècle av. JC. Elle était destinée aux juifs qui ne connaissaient plus l'hébreu. La légende veut que 72 (septante deux) savants juifs, travaillant en différents lieux et sans se consulter, soient arrivés à la même traduction en 72 (septante deux) jours. D'où le nom de " Septante " que l’on abrège aussi parfois en chiffres romains : LXX.

Arche

Il ne faut pas confondre l'"arche de l'alliance" et l'arche de Noé. L'hébreu ne fait pas cette confusion, mais en français, elle est possible. Le mot hébreu que l'on utilise pour désigner l'arche de Noé parle d'une barque tandis que pour l'alliance, il s'agit d'un autre mot qui veut dire "coffre" ou encore "armoire". Une seule fois, la "barque" de Noé apparaît encore dans la Bible : pour parler de la corbeille dans laquelle on a trouvé Moïse (Exode 2, 2,3,5).

Tétragramme

C'est par les quatre consonnes appelées "tétragramme" (quatre lettres) YHWH que le Dieu d'Israël est désigné (on trouve aussi YHVH ou IHVH selon les auteurs). Aux quatre consonnes on a ajouté les voyelles du mot hébreu adonaï (mon Maître, mon Seigneur). Le tétragramme ne se prononce pas. Quand on lit le texte hébreu, on prononce "adonaï" d'après les voyelles ajoutées.

Apocryphes

Mot qui signifie " caché " et s'applique à certains livres de l'Ancien et du Nouveau Testament. Concernant l'Ancien Testament, la Réforme a considéré tout livre qui ne figure pas dans la Bible hébraïque comme " apocryphe ". Quant au Nouveau Testament, " apocryphe " est employé par les Eglises chrétiennes pour désigner des livres datant des premiers siècles de l'Eglise et qui n'ont pas été retenus dans le canon biblique.

Torah

C'est le coeur de la Bible hébraïque qui contient 5 livres d'où son nom grec de Pentateuque (Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome). Ces livres racontent les événements de la création du monde jusqu'à la mort de Moïse et présentent la loi que tout Juif doit respecter.

Livres prophétiques

La tradition juive a donné le titre de "livres prophétiques" à l'ensemble des livres qui vont de Josué à Malachie. L'ensemble qui va du livre de Josué aux livres des Rois est appelé "premiers prophètes", alors que les autres livres sont appelés "derniers prophètes" (ce qui n'est pas à comprendre dans un sens chronologique, mais par rapport à leur emplacement dans la Bible).
La tradition chrétienne désigne les livres de Josué, celui des Juges, les livres de Samuel et les livres des Rois par l'expression "livres historiques".
L'expression "livres prophétiques" s'applique alors seulement aux livres qui sont nommément attribués aux prophètes : les livres des "grands prophètes" (Esaïe, Jérémie, Ezéchiel) et des "petits prophètes" (d'Osée à Malachie). Les adjectifs "grand" et "petit" font référence au volume des écrits.

Canon

Le mot est d'origine grec et signifie à l'origine "baguette" ou "règle de charpentier" et par extension a pris le sens de "règle". Finalement ce mot a désigné une liste ou un catalogue de livres, représentant la règle qui délimite les Ecritures reconnues, et faisant autorité pour la foi juive puis chrétienne.

Etienne

Etienne était issu d'un groupe de juifs appelés " Hellénistes " car ils parlent grec. Il faisait partie des sept diacres élus pour distribuer la nourriture à la première communauté de disciples de Jérusalem. Il " opérait des prodiges et des signes remarquables " (Actes 6,5-15). Etienne affiche une liberté critique contre le légalisme juif et la pratique des rites sacrificiels au Temple. Dénoncé par des gens de la synagogue, il est traduit en procès devant les autorités religieuses juives et condamné à être lapidé. Cette lapidation d'Etienne provoque une vive persécution contre les Hellénistes, mais elle ouvre par contrecoup l'Evangile aux milieux non-juifs de Samarie et du littoral méditerranéen.

Diaspora

Ce terme désigne la dispersion des juifs hors de la Judée, sous l’effet des famines, guerres, exils, pratiques commerciales... La présence de juifs est attestée en Egypte au VIème siècle av. JC et en Perse où certains ont vécu après les déportations du début du VIème siècle av. JC. A partir du IVème siècle av. JC, avec Alexandre et ses successeurs, ils vont s’implanter dans les villes tout autour de la Méditerranée.
Au premier siècle de notre ère, la diaspora méditerranéenne est très développée dans les villes d’Asie Mineure, à Antioche et Alexandrie et jusqu’à Rome.

Puisqu’il n’y a qu’un seul Temple, celui de Jérusalem, les juifs de la diaspora vont créer la synagogue pour pouvoir observer les pratiques rituelles de la loi. Ils vont jouer un rôle considérable dans la religion juive et son évolution.

 

Apôtre

Du grec ^apostolos, envoyé de Dieu. Nom donné à chacun des 12 disciples que Jésus charge particulièrement de prêcher son Evangile. Paul prendra aussi rang et prérogatives d'apôtre

Saint

Dans l'Ancien Testament, le mot hébreu kadosh que l'on traduit par saint n'évoque pas d'abord la perfection morale, mais le fait que Dieu est tout autre que l'être humain. S'il est dit " Soyez saints comme moi je suis saint " (Lévitique 19,2 et 20,26) c'est pour inviter le peuple élu à vivre son appartenance à Dieu et sa différence d'avec les autres peuples.
Dans le Nouveau Testament, saint se dit de Dieu, de son nom, se dit du Christ qui appartient à Dieu et qui a été envoyé par lui. Ainsi en est-il des chrétiens qui appartiennent au Christ. Dans le Nouveau Testament, le mot " saint " désigne le croyant.

Pharisien

D'un mot hébreu qui signifie " séparé ", il désigne un des courants religieux juifs. Celui-ci met l'accent sur l'étude et le respect de la loi divine écrite. Les pharisiens sont des hommes pieux, vertueux, très soucieux d'appliquer la loi de Dieu et de se garder des impuretés rituelles. Pour vivre la sainteté de Dieu, il fallait être " séparé " des autres. Il s'est trouvé en forte opposition avec le christianisme naissant notamment autour de la question du respect de la Loi comme condition d'accès à Dieu. Au fil des ans, le terme " pharisien " a pris une connotation péjorative pour désigner tout comportement hypocrite. On parle même de " pharisaïsme ".

Anabaptisme

L'anabaptisme naît d'une dissidence protestante du 16e siècle. On l'appelle aussi la Réforme radicale. Divers courants naissent à peu près en même temps dans différentes régions d'Europe. Appelés " rebaptiseurs " par leurs adversaires, les anabaptistes refusent le baptême des enfants et l'intervention de l'Etat dans l'Eglise. L'anabaptisme suisse est très bibliciste et non violent ; l'anabaptisme néerlandais est lui aussi marqué par le pacifisme de Menno Simons (qui a donné son nom aux communautés " mennonites ") ; enfin, l'anabaptisme autrichien prend une forme plus communautaire en Moravie. Au 16e siècle, ces différents groupes sont rejetés et persécutés par les catholiques comme par les réformés. Leurs descendants se trouvent aujourd'hui dans le monde entier, dans les Eglises mennonites, chez les amish et les houttériens. On compte environ 900 000 membres adultes dans ces communautés

Théophanie

Le mot comme tel ne fait pas partie du vocabulaire biblique. Il désigne littéralement une apparition de Dieu (de theo, dieu et phaineo, apparaitre). Les apparitions dans la Bible constituent un des modes de la révélation de Dieu. On peut parler de théophanie lorsque Dieu lui-même se manifeste (Exode 3,1-6) ou lorsqu'il se rend présent par un ange (un messager). Dieu « se fait voir » et les visions dépassent toujours les capacités ordinaires de l’homme. Dans le Nouveau Testament, c’est en Jésus que Dieu se manifeste d’une manière décisive. On retrouve comme dans l’Ancien Testament des apparitions d'anges pour manifester la volonté de Dieu (annonces de la naissance de Jésus en Luc 1,26,38 de sa résurrection en Matthieu 28,2). La résurrection de Jésus manifestée par ses apparitions (par exemple en 1Corinthiens 15,5-9) est l’élément nouveau du Nouveau Testament. Les récits de vision d’Etienne (Actes 7,55 ss) et de Paul (Actes 9,1-19) intègrent cet élément dans le schéma classique de la théophanie.

Cène

C'est le nom donné au dernier repas de Jésus avec ses disciples. Il leur demande de partager après sa mort un tel repas en mémoire de lui. Pour désigner ce repas de communion, la tradition protestante parle plutôt de Cène ou Sainte Cène, la tradition catholique d'Eucharistie

Müntzer, Thomas (1490 ?-1525)

C'est un prêtre de l'ordre des Augustins. Il étudie la mystique médiévale et reçoit également une formation humaniste. En 1519, il rencontre Luther et adhère aux idées de la Réforme. Mais il va s'en séparer à la fois sur le plan théologique et le plan politique. Prédicateur à Zwickau (1520) et Allstedt (1523), il sera chassé de chacune de ces villes. En 1524, il rédige son Sermon aux princes où il présente son programme de réforme, très marqué par le millénarisme. Il devient le chef anabaptiste de la Guerre des Paysans, prêchant une sorte de communisme évangélique. Engels verra en lui un des premiers révolutionnaires. Capturé lors de la bataille de Frankenhausen (1525), il sera torturé puis exécuté

Sadducéen

Parti religieux contemporain de l'époque du Nouveau Testament et dont les membres se recrutent principalement parmi les prêtres. Seuls les cinq premiers livres de la Bible (Pentateuque) font autorité pour eux. Contrairement aux pharisiens, ils rejettent la tradition orale, la résurrection des morts et l'existence des anges. Ils acceptent la domination romaine et ont une politique conservatrice.

Irénée de Lyon

Originaire d'Asie Mineure, Irénée avait passé sa jeunesse à Smyrne où il avait été en relations avec l'évêque de cette ville, Polycarpe, lequel avait reçu l'enseignement de Jean " qui avait vu le Seigneur ". Devenu évêque de Lyon en Gaule, vers 175, il fut mêlé à certaines controverses ecclésiastiques entre Eglises orientales et Rome sous les papes Eleuthère et Victor (175-199). Son oeuvre, dirigée en grande partie contre le gnosticisme, contient des formules qui ont trouvé beaucoup d'écho dans la pensée chrétienne moderne. En fait, il est avant tout un homme de tradition qui reproduit des enseignements transmis dans l'Eglise bien avant lui. Il est par là un précieux témoin, à la fois des systèmes gnostiques qu'il combat et de la tradition chrétienne primitive qu'il utilise contre le gnosticisme.

Epiclèse

Prière qui invoque le Saint Esprit, souvent appelée " prière d'illumination ". Le mot est d'origine grecque et veut dire littéralement " appeler sur ". L'épiclèse se retrouve à deux moments de la liturgie protestante : avant la lecture de la Bible pour que l'Ecriture lue devienne Parole entendue et au moment de la Sainte Cène où le Saint Esprit est appelé sur les fidèles rassemblés pour qu'ils discernent la présence du Christ dans le pain et le vin partagé

Spener

Né en Alsace en 1635, il entreprend des études de philosophie puis de théologie à Strasbourg. Après Bâle, Genève, Lyon, Stuttgart, Tübingen, il revient en 1666 à Strasbourg où il est prédicateur à la Cathédrale. C'est à Francfort (à partir de 1670) qu'il va donner forme au piétisme luthérien, préparé déjà en Allemagne par Johann Arndt (1555-1621). Parus en 1675, les Pia desideria, ou " Désir sincère d'une amélioration de la vraie Eglise évangélique " en constituent le texte fondateur, réclamant une réforme du pastorat, l'affermissement des fidèles et des communautés, la pratique de la piété, l'enracinement de la théologie dans les Ecritures. Il insiste sur la nouvelle naissance et donc sur une conception individualiste de la foi. L'Eglise est considérée comme le rassemblement de ceux qui sont " nés de nouveau ". En 1686 il est à Dresde, en 1691 à Berlin. L'un de ses disciples fut August Hermann Francke à Halle (1663-1727)

Bonhoeffer

1906-1945. Théologien protestant. Il devient pasteur et aumônier auprès des étudiants. Il enseigne d'abord à Berlin. Sa vie bascule avec l'accès d'Hitler au pouvoir. Opposant de la première heure, il va diriger le séminaire pastoral (illégal aux yeux des nazis) de Finkenwalde où existe une véritable vie communautaire. Il a une grande activité d'animateur en Poméranie dans l'Eglise confessante (qui refuse la tutelle des nazis). Interdit d'enseigner et de publier, il entre dans la résistance. Arrêté en 1943 il est emprisonné. Il meurt, pendu dans le camp de concentration de Flossenbürg les derniers jours de la guerre (1945). De la vie communautaire (1939) a été son œuvre la plus lue de son vivant. Ses autres œuvres les plus connues : Le prix de la grâce (1937 ; en allemand Nachfolge " Suivance "), Résistance et soumission (lettres de prison) paru en 1951.

Apologétique

L'apologétique est la partie de la théologie ou un discours théologique qui vise à défendre la religion chrétienne contre ses détracteurs et fonder ainsi la foi des fidèles

Stoïciens, stoïcisme

Disciples d'une école philosophique créée par Zénon, ils considèrent que l'univers entièrement matériel est organisé de façon harmonieuse et animé par une âme subtile, la raison ou logos. Il s'agit donc pour l'homme de vivre en accord avec l'harmonie de l'univers.
Pour cela il lui faut éviter la souffrance en supprimant au maximum ses désirs.
La sagesse stoïcienne peut se résumer par l'adage : " Supporte et abstiens-toi ".

Pères de l'Eglise

On désigne ainsi les théologiens des premiers siècles jusqu'aux 7e/8e siècles. En patristique (recherche sur les textes des Pères de l'Eglise), on appelle " Pères Apostoliques " ceux qui succèdent directement aux apôtres. Pour les suivants, on distingue entre " Pères latins " et " Pères grecs " selon la langue dans laquelle ils rédigeaient leurs écrits

Bonne Nouvelle

Le mot évangile est un mot grec qui signifie "bonne nouvelle". On distingue deux compréhensions. Ce mot correspond premièrement à un genre littéraire et désigne les quatre premiers livres du Nouveau Testament : les évangiles selon Matthieu, selon Marc, selon Luc et selon Jean. On l'écrit alors avec une minuscule. Deuxièmement, il désigne un contenu. L'Evangile est alors la bonne nouvelle dont témoigne Jésus de la part de Dieu. Ce message de salut n'est pas indépendant de celui qui l'apporte. On peut dire que c'est Jésus lui-même qui est en quelque sorte la bonne nouvelle que Dieu envoie aux hommes.

Augustin

Père de l'EgliseOn peut consulter l'entrée "Augustin" du module "Une nuée de témoins 1" d'Occident (354-430). En 396, il devient évêque d'Hippone, près de Bône en Algérie. Il exerça une forte influence sur la théologie et plus tard sur certains aspects de la théologie protestante. Son oeuvre la plus connue d'un large public est probablement les Confessions.

Sanhédrin

Le sanhédrin est l'assemblée suprême du peuple juif, ayant autorité dans les domaines religieux, administratif et judiciaire. Son nom n'est pas d'origine hébraïque mais dérive du grec sunédrion, signifiant « assemblée qui siège ». Il est présidé par le Grand prêtre.

Evangiles synoptiques

Synoptique vient d'un terme grec qui signifie « voir ensemble » (syn=ensemble et opsis=le regard/la vue). Les trois évangiles selon Matthieu, Marc et Luc sont appelés synoptiques car ils présentent suffisamment de ressemblances pour qu'on puisse les "regarder ensemble". Ils sont composés de petites unités narratives bien individualisables, dont un grand nombre figure dans deux ou trois de ces évangiles. L'évangile selon Jean apparaît d'emblée comme différent dans son style et sa structure.

Dans la recherche biblique, on parle de "synopse" quand on place des récits qui se ressemblent sur plusieurs colonnes pour les comparer.

Lévites/Tribu de Lévi

Les lévites sont ceux qui appartiennent à la tribu de Lévi, le troisième fils que Jacob a eu avec Léa, sa première épouse. C'est dans cette tribu que Dieu choisira Moïse et Aaron pour libérer le peuple hébreu de la servitude en Egypte. La tribu de Lévi sera chargée de servir et bénir Dieu. Dans le désert, les lévites portaient l'arche d'Alliance ; en terre d'Israël, jusqu'à la construction du temple de Jérusalem, ils officiaient dans divers sanctuaires. Dans le Temple, ils étaient choristes, musiciens, gardiens, juges, artisans, mais restaient subordonnés aux lévites descendants d'Aaron, qui étaient prêtres. Cette tribu à part n'aura pas droit à hériter de la terre avec Israël :

Deutéronome 18, 2 Ils n'auront pas d'héritage au milieu de leurs frères : l'Eternel sera leur héritage, comme il le leur a dit.

 

Flavius Josèphe

Historien juif (37 – 100 après J.-C.). Il est le commandant de la Galilée pendant la guerre contre les Romains. Il a écrit La guerre des juifs et Les Antiquités judaïques. Ces deux livres donnent de nombreux renseignements sur la situation de la Galilée à cette époque.

Bucer, Martin (1491-1551)

Né en 1491 à Sélestat en Alsace, Martin Bucer entre dans l'ordre des Dominicains à l'âge de quinze ans. Il est gagné à la Réforme par Luther au cours de la dispute de Heidelberg (1518). Excommunié, il s'enfuit à Wissembourg en Alsace où il prêche l'Evangile. Pourchassé à nouveau, il trouve refuge à Strasbourg (1523). Il y est nommé prédicateur en 1524. En 1529, la ville passe à la Réforme. Quand Calvin arrive dans cette ville (1538), Bucer y travaille depuis quatorze ans déjà : il a eu le temps d'organiser une Eglise selon les idées réformatrices dont maints caractères seront repris à Genève quand Calvin y retournera. Ce qui caractérise Bucer, c'est son sens de l'unité. Il travaillera en vain à des compromis entre les positions de Luther et de Zwingli sur la cène, ou à des accords avec les anabaptistes et même avec les théologiens catholiques (colloques de 1540-1541). Sur ordre de Charles-Quint, il doit quitter Strasbourg (1549). Il se réfugie à Cambridge où il enseignera jusqu'à sa mort. Il contribuera à réviser le Prayer Book.

Cheval de Troie

Cheval de Troie : cette expression vient de la littérature grecque. L’écrivain Homère raconte dans L’Iliade comment les Grecs ont construit un gigantesque cheval en bois qu’ils ont abandonné devant la ville de Troie qu’ils tentaient d’assiéger. Les Troyens ont fait entrer ce cheval dans la ville, ignorant que des soldats grecs s’y cachaient. Ce stratagème permit aux Grecs d’entrer dans Troie et de s’en emparer.

Baïbars  (1223 – 1277)

Sultan turc dont l’objectif principal, durant son règne, est la destruction des États croisés installés en Palestine. Il lance une offensive en 1261 et s'empare de Césarée le 27 février. Puis il s'empare successivement de la forteresse des Templiers de Safed (25 juillet 1266), de Jaffa (7 mars 1268), d'Antioche (18 mai 1268) et enfin de « l'imprenable » krak des Chevaliers (8 février 1271).

Selfie

Autoportrait pris dans un contexte social ou touristique avec un téléphone portable soit tenu à bout de bras, soit fixé au bout d'une perche.

Kashrout

Ce mot (pluriel du mot kasher) désigne l’ensemble des lois alimentaires juives qui définissent les aliments purs que l’on peut manger et les aliments impurs non consommables. Dans l’Ancien Testament, les textes de référence sont Lévitique 11,1-23 et Deutéronome 14,1-21).

Daman

Le daman est un petit mammifère qui ressemble à une marmotte. Il vit en Afrique et en Asie mineure.

Holocauste

Sacrifice dans lequel l’animal était entièrement brûlé.

Craignant-Dieu

L'expression " craignant-Dieu " prend un sens précis aux abords de l'ère chrétienne : elle désigne un païen attiré par le judaïsme. Sans avoir fait de démarche d’appartenance (circoncision), il est pieux et observe une partie de la Torah.

Blasphème

Parole ou discours qui insulte violemment la divinité, Dieu, la religion.

Grec

Dans le Nouveau Testament ce mot ne désigne pas une personne originaire de Grèce, mais un non-juif de civilisation gréco-romaine.