Module Découverte de la lettre aux Galates



La Bonne Nouvelle du Christ



Epître aux Galates, chapitre 1, versets 1 à 12

 

 1 

Paul, apôtre, non de la part des humains, ni par un humain, mais par Jésus Christ et Dieu le Père qui l’a ressuscité d’entre les morts,

 2 

et tous les frères qui sont avec moi, aux Eglises de Galatie :

 3 

à vous grâce et paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ,

 4 

qui s’est donné pour nos péchés, afin de nous arracher à ce siècle présent et mauvais, selon la volonté de Dieu, qui est notre Père.

 5 

A lui soit la gloire pour les siècles des siècles. Amen.

 6 

Je m’étonne avec quelle rapidité vous vous détournez de celui qui vous a appelés par la grâce [du Christ], pour passer à un autre évangile.

 7 

Non pas qu’il y en ait un autre ; il y a seulement des gens qui vous troublent parmi vous et qui veulent renverser l’Evangile du Christ.

 8 

Mais si quelqu’un, même nous ou un ange du ciel, vous annonçait un évangile différent de celui que nous [vous] avons annoncé, qu’il soit anathème !

 9 

Nous l’avons déjà dit, et je le redis maintenant : si quelqu’un vous annonce un évangile différent de celui que vous avez reçu, qu’il soit anathème !

 10 

Car, maintenant, est-ce que je cherche la faveur des humains ou celle de Dieu ? Est-ce que je cherche à plaire aux humains ? Si j’en étais encore à plaire aux hommes, je ne serais plus serviteur de Christ.

 11 

Car je vous le déclare, frères : l’Evangile que je vous ai annoncé n’est pas de l’humain ;

 12 

et d’ailleurs, ce n’est pas par un humain qu’il m’a été transmis ni enseigné, mais par une révélation de Jésus Christ.

D’après la traduction œcuménique de la Bible (T.O.B.)


 

  • Quel est le ton de cette lettre ?
  • Qu’évoque pour vous le mot « anathème » ?

 


Cliquez sur les termes soulignés : les notices s’affichent en dessous de ce texte

Epître aux Galates, chapitre 1, versets 1 à 12

 

 1 

Paul, apôtre, non de la part des humains, ni par un humain, mais par Jésus Christ et Dieu le Père qui l’a ressuscité d’entre les morts,

 2 

et tous les frères qui sont avec moi, aux Eglises de Galatie :

 3 

à vous grâce et paix de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus Christ,

 4 

qui s’est donné pour nos péchés, afin de nous arracher à ce siècle présent et mauvais, selon la volonté de Dieu, qui est notre Père.

 5 

A lui soit la gloire pour les siècles des siècles. Amen.

 6 

Je m’étonne avec quelle rapidité vous vous détournez de celui qui vous a appelés par la grâce [du Christ], pour passer à un autre évangile.

 7 

Non pas qu’il y en ait un autre ; il y a seulement des gens qui vous troublent parmi vous et qui veulent renverser l’Evangile du Christ.

 8 

Mais si quelqu’un, même nous ou un ange du ciel, vous annonçait un évangile différent de celui que nous [vous] avons annoncé, qu’il soit anathème !

 9 

Nous l’avons déjà dit, et je le redis maintenant : si quelqu’un vous annonce un évangile différent de celui que vous avez reçu, qu’il soit anathème !

 10 

Car, maintenant, est-ce que je cherche la faveur des humains ou celle de Dieu ? Est-ce que je cherche à plaire aux humains ? Si j’en étais encore à plaire aux hommes, je ne serais plus serviteur de Christ.

 11 

Car je vous le déclare, frères : l’Evangile que je vous ai annoncé n’est pas de l’humain ;

 12 

et d’ailleurs, ce n’est pas par un humain qu’il m’a été transmis ni enseigné, mais par une révélation de Jésus Christ.

D’après la traduction œcuménique de la Bible (T.O.B.)


Après étude du texte, nous vous proposons une série de questions qui vous permettront d'actualiser le texte, et de faire de ce récit le vôtre
(nb : les visuels associés aux questions sont uniquement présents pour vous inspirer, mais ne constituent pas un élément de réponse)

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  • 01 gala Qauj1


    1. Que signifie pour vous l'évangile du Christ ?

  • 01 gala Qauj2


    2. Comprenez-vous la facilité avec laquelle les Galates se laissent influencer ? Quelles en sont les raisons ? Et aujourd'hui, par quels discours peut-on être influencé ?

  • 01 gala Qauj3


    3. Pour Paul, la croix du Christ est centrale pour sa théologie. Comment vous situez-vous ?



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Soyez acteur de votre lecture


  1. Relevez les mots les plus utilisés dans le texte. Que constatez-vous ?
  2. Relevez tous les passages où Paul parle en « je ». Cette implication de Paul, quel effet produit-elle ?
  3. Cherchez la définition du mot « anathème ».
  4. Ce mot apparaît dans d’autres lettres de Paul (Romains 9,1-5 et 1Corinthiens 16,19-24). A-t-il toujours le même sens ? A quelle occasion Paul l’utilise-t-il ?

Un peu de culture...

Paul sur le chemin de Damas

 

 

Ces trois œuvres d’art représentent Paul tombant de cheval lors de sa rencontre avec le Christ. Ce détail ne se trouve pas dans les textes bibliques.

01 gala culture 2

 

 

 

Dans le vitrail, Paul est représenté en armure de chevalier. Les artistes représentent souvent les personnages bibliques avec les vêtements de leur propre époque. Ils les situent également dans un décor correspondant à leur lieu de vie et pas forcément à la géographie du bassin méditerranéen au temps de Paul.

01 gala culture 1

01 gala culture3

La statue contemporaine représente également Paul tombant de cheval. Elle est exposée dans la ville même de Damas.


Cantique « Nous venons près de toi »

Nous venons près de toiPour écouter ce cantique, vous pouvez suivre le lien suivant : http://cantiques.karaokes.free.fr/select.php?video=3223 », ô Dieu, dans nos misères,

Désireux de trouver le bonheur et le pain;

Implorant ton secours, ta protection de Père,

Nous élevons nos voix et nous tendons les mains.

Nous venons près de toi, ô Dieu, dans ta misère,

O Seigneur méprisé, sans refuge et sans pain;

Surpris de découvrir l’ampleur de ta faiblesse,

Donne nous de veiller pour toi qui nous soutiens.

Tu viens auprès de nous, ô Dieu, dans nos misères,

Tu rassasies nos cœurs et nos corps de ton pain;

Car tu souffris la mort, tu partageas nos peines:

Ton pardon est pour tous, ils sont déjà les tiens.


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Paul, apôtre - [Clés de lecture]

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Paul écrit une lettre en réaction à une situation préoccupante dans les Églises de Galatie. La lettre est un genre littéraire courant dans l’Antiquité. Paul emploie pour se présenter et asseoir son autorité la formule « Paul, apôtre ». Cette formule de présentation se retrouve dans d’autres lettres de Paul. Paul affirme aux Galates qu’en tant qu’apôtre, il est mandaté par Jésus-Christ et que l’évangile qu’il prêche vient de Dieu. Pourquoi cette insistance en début de lettre ? En fait, Paul n’est pas un disciple de Jésus, il ne l’a pas connu de son vivant. Se revendiquer du titre d’ apôtre n’est donc pas une affirmation évidente. Paul cherche à lever tout soupçon quant à sa légitimité d’apôtre en insistant sur l’origine de sa vocation qui ne relève pas d’une décision humaine. Par deux tournures négatives, il rejette une quelconque cause humaine : « non de la part des hommes, ni par un homme,… ». Cet argument revient aux versets 11 et 12.

 

mais par Jésus Christ et Dieu le Père - [Clés de lecture]

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Paul affirme que sa légitimité d’apôtre et, par conséquent, son droit d’intervention dans les affaires des Galates découlent du fait que sa mission est d’ordre divin. Il a été appelé par Dieu par l’intermédiaire de Jésus-Christ. Cet appel est indépendant de sa volonté et il développe cet état de fait en revenant sur les détails biographiques du moment de sa vocation un peu plus loin dans la lettre aux versets 13 à 24. L’argument de la mission divine se retrouve également dans l’Ancien Testament. Il a pour but de distinguer les vrais des faux prophètes. La question est de savoir comment les distinguer.Paul, de façon positive, met l’accent au début de sa lettre sur la résurrection. D’emblée, il présente Dieu comme celui qui ressuscite Jésus de la mort alors que la suite de la lettre met l’accent sur la croix, qui n’est compréhensible qu’à partir de la résurrection.

Eglises de Galatie - [Clés de lecture]

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Au verset 2, le lecteur apprend qui sont les destinataires de cette lettre : les Eglises de Galatie. L’identité exacte des Galates et le lieu géographique de la Galatie sont sujets à plusieurs hypothèses. Le mot Eglise, qui n'est pas à prendre ici dans le sens d'institution, est au pluriel: il s'agit de plusieurs communautés. Paul a écrit une lettre « circulaire » (l’expression est de l’exégète François Vouga) qu’il destine à plusieurs communautés disséminées dans cette région nommée la Galatie. On ignore le nombre des ces communautés et leur lieu précis d’implantation. Paul semble avoir évangélisé cette région lors de son deuxième voyage.

Qui s’est donné pour nos péchés - [Clés de lecture]

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Les versets 4 et 5 constituent la fin de la salutation. On trouve souvent la traduction suivante : « qui s’est livré pour nos péchés ». Cependant la traduction retenue ici est plus proche du texte grec. Le participe grec dontos vient du verbe didomi qui veut dire « donner ». La notion de don est positive. Jésus s’est donné pour nous. Ce don commence à la naissance de Jésus et va jusqu’à sa résurrection. Dès le début de sa lettre, Paul fait référence à la résurrection du Christ, centrale pour l’Evangile qu’il prêche. Il va démontrer l’inutilité de la mort de Jésus sur la croix si les Galates se placent à nouveau sous la logique de la loi (Galates 2,21). Il termine sa lettre avec cette même affirmation de l’importance de la croix (Galates 6,14-16) comme événement qui sauve l’être humain. Pour Paul, la mort de Jésus sur la croix participe d’un combat fondamental : ou bien l’être humain reste esclave de son péché, de son absence de relation avec Dieu ; ou bien il retrouve la vie dans cette relation avec Dieu. L’expression « pour nos péchés » a été comprise de façon trop unilatérale comme exprimant l’idée d’un sacrifice. Or, un don est une décision active, un choix, alors que la victime d’un sacrifice ne choisit pas, elle subit l’événement. Le but de ce don est clairement formulé : arracher l’être humain au siècle présent et mauvais. Pour Paul, le péché au singulier c’est se couper de la relation avec Dieu, c’est penser pouvoir se « faire tout seul », indépendamment de Dieu et des autres. C’est croire qu’en réalisant toutes les œuvres de la loi, l’être humain gagnera une valeur aux yeux de Dieu.

un autre évangile - [Clés de lecture]

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Le verset 6 aborde le motif de la lettre : des missionnaires sèment le trouble par leurs propos parmi les Galates. Le lecteur ignore comment Paul a été mis au courant de la situation en Galatie. La lettre réagit au danger certain que courent les Galates de se détourner de l’Evangile que prêche Paul, pour un autre évangile. Il commence son intervention par le verbe grec taumazô qui a plusieurs significations possibles : être étonné, s’étonner, être émerveillé, admirer. Dans le texte, il semble avoir un sens ironique, mais on peut aussi le comprendre dans un sens de surprise plutôt désagréable, voire d’incompréhension et même de réelle inquiétude. C’est la vitesse de revirement des Galates qui le préoccupe.Paul appelle cet évangile des autres missionnaires « un autre » (verset 7), « un évangile différent » (verset 8 et 9). A ce stade de la lettre, le lecteur ne sait pas ce que renferme exactement cet évangile. Paul affirme avec force qu’il est contraire à l’Evangile de Dieu. Le mot « évangile » apparaît d’ailleurs 5 fois des versets 6 à 12 avec une opposition constante entre l’autre évangile et l’Evangile du Christ.

La Bonne Nouvelle - [Clés de lecture]

Le mot grec euaggelion signifie « bonne nouvelle ». Dès le début de la lettre aux Galates, Paul affirme que l'Evangile est fondamentalement lié à la personne de Jésus Christ. L'Evangile n'est pas tant un contenu, un message particulier que l'annonce de Jésus Christ, mort et ressuscité.. D’ailleurs, il met d’emblée l’accent sur la résurrection (verset 1).

Des gens qui vous troublent - [Clés de lecture]

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Paul ne précise pas qui sont exactement ces gens. Le texte grec utilise le pronom indéfini tines qui signifie « quelques-uns, quelques, certains » (versets 7 et 9). Dans la même lettre, au chapitre 3, verset 1 et au chapitre 5, verset 7, Paul continue à les désigner de façon impersonnelle. Cette volonté délibérée de ne pas nommer ses adversaires est une manière de les déprécier. C’est peut-être également une manière pédagogique de dire aux Galates : « Ne leur accordez pas de crédit ». Elle peut être comprise comme du mépris. Il n’en reste pas moins, selon Paul, qu’ils représentent un danger pour les communautés de Galatie. Plusieurs hypothèses classiques coexistent sur l’identité de ces fauteurs de trouble. Mais elles sont aujourd’hui nuancées par les exégètes :

  • Les adversaires sont des judéo-chrétiens conservateurs (peut-être venant de l’entourage de Jacques à Jérusalem) qui veulent rétablir la Loi juive dans les communautés pagano-chrétiennes fondées par Paul, en particulier la pratique de la circoncision.
  • Les adversaires sont des judéo-chrétiens à tendance gnostique qui veulent rétablir la circoncision mais aussi l’utilisation de calendriers de type astrologique (Galates 4,8-11).

Qu’il soit anathème - [Clés de lecture]

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Les versets 8 et 9 sont de construction presque identique. Au verset 8, Paul pose une première affirmation d’ordre général et sur le mode conditionnel (« si quelqu’un … vous annonçait »). Il réaffirme la sentence au verset 9. Paul lui-même lance l’anathème (« et je le redis maintenant »).

D’après l’exégète Jean-Pierre Lémonon, dans l’Ancien Testament, le mot hébreu hérem, parfois traduit par anathème, veut dire « vouer à l’interdit ». Le mot est utilisé par exemple dans un contexte de guerre et de conquête territoriale, comme dans le livre de Josué lors de la conquête de Canaan. Dans un deuxième sens, « on voue à l’anathème » celui qui a commis un acte abominable vis-à-vis du Seigneur comme l’introduction d’une idole dans la maison ou dans la ville (Deutéronome 7,26). Le mot « anathème » garde un sens fort dans le Nouveau Testament. En grec, anathema a un premier sens positif « offrande, don », et un deuxième sens négatif « en mauvaise part, malédiction ». Paul, en utilisant ce mot dans son deuxième sens, donne un poids supplémentaire à son argumentation.

Serviteur de Christ - [Clés de lecture]

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A partir du verset 9, le « je » est prédominant. Paul donne son propre exemple comme argumentaire pour convaincre les Galates. Paul se déclare « serviteur du Christ ». Cette expression est couramment utilisée par l’apôtre. Le mot grec doulos signifie serviteur mais aussi esclave. Il faut comprendre ici le mot esclave comme celui qui appartient totalement à un autre, comme celui qui s’en remet au Christ mais avec une totale confiance. Ainsi le mot doulos a une connotation positive dans la bouche de Paul. Paul ne peut plus se penser autrement qu’appartenant au Christ.
Il se présente comme apôtre du Christ (verset 1) et serviteur du Christ (verset 10). Il termine cette introduction par l’affirmation forte que l’Evangile qu’il prêche lui a été transmis par une révélation de Jésus Christ (verset 11 et 12).

Qui est Paul ? - [Contexte]

Quelques détails biographiques sont disséminés dans les lettres de Paul et dans le livre des Actes des Apôtres. Leur rassemblement a permis de proposer une chronologie de sa vie : Paul, de son nom hébraïque Saül, est né à Tarse en Cilicie (actuelle Turquie) entre 6 et 10 de notre ère. Ainsi il est aussi nommé Paul de Tarse ou Paul le Tarsiote. Il fait partie de la diaspora juive et appartient par ses parents, citoyens romains, à la petite élite de Tarse. Il est éduqué et lettré : le style de ses lettres témoigne de la maîtrise de l’art de la rhétorique et de l’argumentation. Sa découverte du ChristLe module intitulé L’oeuvre théologique de Paul, entrée "La vocation de Paul" vous donnera des précisions complémentaires se situe aux alentours de 32-34. Il décrit les circonstances de ce passage de « pharisien, persécuteur des premiers chrétiens » (cf. épître aux Philippiens 3,4-5) à disciple de Jésus. Cette rencontre avec le Christ n’est ni localisée, ni datée par Paul ; il l’évoque en Galates 1,13-24. C’est plus tard, vers 80 - 90 après J.C., que Luc, l’auteur des Actes raconte cet événement en Actes 9,1-25.Paul entreprend plusieurs voyages dans tout le pourtour méditerranéen pour annoncer l’Evangile. Il est à l’origine, d’après ses lettres et les Actes, de la fondation de plusieurs communautés chrétiennes. Il meurt entre 62 et 67 à Rome.

Les renseignements sur Paul à partir de la lettre aux Galates et des Actes - [Contexte]

On reconstitue ainsi la vie de Paul d’après les éléments biographiques de la lettre aux Galates et des Actes :

Datation

Evénements

 vers 32-34 

Paul connaît un revirement radical dans sa vie suite à une révélation du Christ : cette révélation l’établit comme apôtre, comme témoin de Jésus Christ. Il devient « disciple » de Jésus.

 vers 34-35 

Paul entame une activité de missionnaire.

 36-37 à 49 

Paul réside à Antioche. Premier voyage missionnaire avec Barnabas (Actes 13-14).

 48-49 

L’assemblée de Jérusalem (Galates 2,1-10 et Actes 15) doit statuer sur l’accueil des païens. Un conflit oppose Paul et Barnabas aux croyants issus du pharisaïsme qui veulent imposer la circoncision aux païens.

 49 

L’incident d’Antioche (Galates 2,11-20) : Paul et Barnabas s’opposent à des gens venues de Judée qui veulent imposer la circoncision aux païens. Pour régler ce problème, Paul et Barnabas se rendent à Jérusalem.

 De 49 à 50 

Paul effectue un deuxième voyage missionnaire en passant par la Galatie, Philippes et Thessalonique, où il fonde des communautés.

 De 50 à 52 

Paul séjourne à Corinthe

 Entre 53 et 56 

Paul effectue son troisième voyage missionnaire à Ephèse et en Asie. Sa prédication suscite une forte opposition. Il est en danger et emprisonné. Le lieu et la date de cet emprisonnement ne sont pas déterminés avec certitude.

Entre 57 et 58

Il retourne en Macédoine et à Corinthe, puis se rend à Jérusalem en 57 ou 58. Il est arrêté, gardé captif à Césarée puis transféré à Rome, où il meurt entre 62 et 67.

Qu’est-ce qu’être apôtre ? - [Contexte]

Le mot apôtre vient du verbe grec apostellô qui veut dire envoyer. Dans le contexte du Nouveau Testament et des lettres de Paul, être apôtre, c’est être envoyé par une autorité, être chargé d’une mission. Il s’agit d’une chaîne de transmission : Jésus est l’envoyé de Dieu, à son tour il envoie ses disciples qui deviennent apôtres. Paul se situe dans cette chaîne de transmission et revendique ce titre, mais il n’est pas le seul : ses adversaires, ceux qui prêchent un autre évangile aux Galates, se présentent également comme apôtres. Il y a donc des revendications de part et d’autre. Comment les Galates peuvent-ils alors décider qui suivre et selon quels critères ? On a longtemps pensé que le mot "apôtre" dans le Nouveau Testament ne désignait que des hommes. Or la recherche récente remet cette affirmation en question. Dans la lettre aux Romains (Romains 16,7), Paul termine sa lettre par des salutations personnelles qu’il adresse entre autres à Andronicus et Junias. Ce personnage nommé Junias serait en réalité, selon l’hypothèse d’Eldon Jay EPP, Junia, donc un prénom féminin. Il existerait donc dans l’entourage de Paul une femme apôtre.

La lettre aux Galates - [Contexte]

La lettre aux Galates est considérée par les exégètes comme une lettre authentique de Paul. Ce n’est pas le cas de toutes les lettres mises sous la signature de Paul: les exégètes ont des arguments pour penser que certaines sont écrites par des disciples. Publier sous le nom d’un maître est un procédé littéraire courant dans l’Antiquité (la pseudépigraphie). C’est une manière d’honorer le maître en question et n’est pas considéré comme du plagiat. La lettre aux Galates a la caractéristique d’être une lettre « circulaire » (l’expression est de l’exégète François Vouga). Elle est destinée à plusieurs communautés situées en Galatie alors qu’habituellement Paul écrit une lettre pour une communauté particulière (lettre aux Romains, lettre aux Philippiens). On ignore cependant comment cette lettre a circulé entre les communautés. Le texte étudié ici commence par comme toutes les lettres par une formule de salutation (versets 1-5), puis fait l’état des lieux en Galatie (versets 6-9) et affirme l’autorité de Paul (versets 10-12) pour dire le véritable Evangile qui sera développé dans la lettre.

Où sont les Galates ? - [Contexte]

01 gala cx les galates bis

L’origine des destinataires de la lettre aux Galates fait l’objet de débats. Qui sont-ils réellement ? L’exégète François Vouga distingue deux hypothèses. Dans la première hypothèse, dite « nord-galatique », la Galatie correspond aux régions anatoliennes situées autour de la ville d’Ankara (l’antique Ancyre) en Turquie. Cette hypothèse a été remise en question par les chercheurs à partir du 17e siècle.La deuxième hypothèse, dite « sud-galatique », penche pour la province romaine du nom de Galatie. Cette province comprend les régions de l’Isaurie, le sud-est de la Phrygie, la Pisidie et la Lycaonie. Le terme « Galates » désignerait alors les habitants de la province romaine.

La formule de présentation de Paul - [Contexte]

La formule de présentation « Paul, apôtre » se retrouve dans d’autres lettres de Paul ou qui lui sont attribuées. Paul se présente non seulement comme apôtre mais aussi parfois comme serviteur ou prisonnier. C’est une manière de se présenter d’emblée comme témoin du Christ, pour exprimer son identité propre.

Lettres (épîtres) de Paul

Formules

Epître aux Romains

Paul, serviteur de Jésus Christ, appelé à être apôtre, mis à part pour annoncer l’Evangile de Dieu.

Première épître aux Corinthiens

Paul, appelé à être apôtre du Christ Jésus par la volonté de Dieu, et Sosthène le frère,…

Deuxième épître aux Corinthiens

Paul, apôtre du Christ Jésus par la volonté de Dieu, et le frère Timothée,…

Epître aux Philippiens

Paul et Timothée, serviteurs de Jésus Christ, …

Première épître à Timothée

Paul, apôtre du Christ Jésus, selon l’ordre de Dieu notre Sauveur et du Christ Jésus notre espérance,…

Deuxième épître à Timothée

Paul, apôtre du Christ Jésus par la volonté de Dieu, selon la promesse de la vie qui est dans le Christ Jésus, …

Epître à Philémon

Paul, prisonnier de Jésus Christ et Timothée, le frère,…

Lettres attribuées à Paul

Formules

Epître aux Ephésiens

Paul, apôtre de Jésus Christ par la volonté de Dieu…

Epître aux Colossiens

Paul, apôtre de Jésus Christ par la volonté de Dieu, et Timothée, le frère,…

Autres Lettres

Formules

Epître de Jacques

Jacques, serviteur de Dieu et du Seigneur Jésus Christ…

Première épître de Pierre

Pierre, apôtre de Jésus Christ,…

Deuxième épître de Pierre

Syméon Pierre, serviteur et apôtre de Jésus Christ,… » (Syméon est une forme hébraïsante de Simon, premier prénom de l'apôtre Pierre).

Epître de Jude

Jude, serviteur de Jésus Christ, frère de Jacques, …

Les voyages missionnaires de Paul - [Espace temps]

01 gala cx voyages

 

Paul entreprend en 46-48, en 49-52 et en 53-58 trois grands voyages qui le mènent à Chypre, en Asie mineure, en Macédoine, en Grèce où il fonde des communautés.

La théologie de la croix selon Luther - [Espace temps]

LutherVous pouvez vous reporter au module "Une nuée de témoins 1", entrée "Luther" élabore sa « théologie de la croix » en 1518 lors de la dispute de Heidelberg. Pour lui, la croix révèle à l’être humain de manière paradoxale qui est Dieu. Ce Dieu qui meurt sur une croix échappe à nos catégories mentales et à nos représentations habituelles de Dieu. C’est un scandale dans la mesure où Dieu se révèle là où on ne l’attend pas. Le Dieu de Jésus-Christ est toujours à l’envers de ce que les hommes appellent Dieu.
Luther élabore sa théologie en partant de la personne du Christ. Ce qui veut dire que pour trouver Dieu, il faut partir du Christ. Cette démarche se trouve également dans l’affirmation de Paul :
1Corinthiens 2,2 Car j’ai décidé de ne rien savoir parmi vous, sinon Jésus-Christ, et Jésus Christ crucifié.

La rencontre de Paul avec le Christ - [Textes bibliques]

Cette rencontre est évoquée dans trois textes: Philippiens 3, 4-14, Galates 1,13-24, Actes 9,1-25. Si le lecteur les lit dans l'ordre chronologique de leur rédaction, il peut noter une évolution dans la narration de cet événement. Dans la lettre aux Philippiens, Paul l’évoque de façon brève. Dans la lettre aux Galates, Paul en dit davantage sur les circonstances de son changement de comportement. C’est dans le livre des Actes que la narration est la plus détaillée. C’est bien souvent ce texte qui a inspiré l’art. Les peintres ont parfois même rajouté des éléments qui ne sont pas présents dans le texte biblique comme le fait que Paul serait tombé de cheval en rencontrant le Christ sur le chemin de Damas.

Philippiens 3,4-14 Pourtant, j’ai des raisons d’avoir aussi confiance en moi-même. Si un autre croit pouvoir se confier en lui-même, je le peux davantage, moi, circoncis le huitième jour, de la race d’Israël, de la tribu de Benjamin, Hébreu fils d’Hébreux ; pour la loi, Pharisien ; pour le zèle, persécuteur de l’Eglise ; pour la justice qu’on trouve dans la loi, devenu irréprochable.
Or toutes ces choses qui étaient pour moi des gains, je les ai considérées comme une perte à cause du Christ. Mais oui, je considère que tout est perte en regard de ce bien suprême qu’est la connaissance de Jésus Christ mon Seigneur. A cause de lui j’ai tout perdu, et je considère tout cela comme ordures afin de gagner Christ et d’être trouvé en lui, n’ayant pas ma justification à partir de la loi, mais à partir de la foi au Christ, la justice qui vient de Dieu et s’appuie sur la foi. Il s’agit de le connaître, lui, et la puissance de sa résurrection, et la communion à ses souffrances, de devenir semblable à lui dans sa mort, afin de parvenir, s’il est possible, à la résurrection d’entre les morts. Non que j’aie déjà obtenu tout cela ou que je sois déjà devenu parfait ; mais je m’élance pour tâcher de le saisir, parce que j’ai été saisi moi-même par Jésus Christ. Frères, je n’estime pas l’avoir déjà saisi. Mon seul souci : oubliant le chemin parcouru et tout tendu en avant, je m’élance vers le but, en vue du prix attaché à l’appel d’en haut que Dieu nous adresse en Jésus Christ.

La nomination et l’envoi des douze apôtres - [Textes bibliques]

Les douze apôtres sont convoqués, nommés et envoyés en mission par Jésus. C’est Jésus qui leur donne le pouvoir de chasser les esprits impurs et le don de guérison.

Matthieu 10,1-6 Ayant fait venir ses douze disciples, Jésus leur donna autorité sur les esprits impurs, pour qu’ils les chassent et qu’ils guérissent toute maladie et toute infirmité.
Voici les noms des douze apôtres. Le premier, Simon, que l’on appelle Pierre, et André, son frère ; Jacques, fils de Zébédée, et Jean son frère ; Philippe et Barthélemy ; Thomas et Matthieu le collecteur d’impôts ; Jacques, fils d’Alphée et Thaddée ; Simon le zélote et Judas Iscariote, celui-là même qui le livra.
Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes : « Ne prenez pas le chemin des païens et n’entrez pas dans une ville de Samaritains ; allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d’Israël.

Marc 6,6-13 Il parcourait les villages des environs en enseignant. Il fait venir les Douze. Et il commença à les envoyer deux par deux, leur donnant autorité sur les esprits impurs. Il leur ordonna de ne rien prendre pour la route, sauf un bâton : pas de pain, pas de sac, pas de monnaie dans la ceinture, mais pour chaussures des sandales, « et ne mettez pas deux tuniques ». Il leur disait : « Si, quelque part, vous entrez dans une maison, demeurez-y jusqu’à ce que vous quittiez l’endroit. Si une localité ne vous accueille pas et si l’on ne vous écoute pas, en partant de là, secouez la poussière de vos pieds : ils auront là un témoignage. » Ils partirent et ils proclamèrent qu’il fallait se convertir. Ils chassaient beaucoup de démons, ils faisaient des onctions d’huile à beaucoup de malades et ils les guérissaient.

Luc 9,1-6 Ayant réuni les Douze, il leur donna puissance et autorité sur tous les démons et il leur donna de guérir les maladies. Il les envoya proclamer le Règne de Dieu et faire des guérisons, et il leur dit : « Ne prenez rien pour la route, ni bâton, ni sac, ni pain, ni argent ; n’ayez pas chacun deux tuniques. Dans quelque maison que vous entriez, demeurez-y. C’est de là que vous repartirez. Si l’on ne vous accueille pas, en quittant cette ville secouez la poussière de vos pieds : ce sera un témoignage contre eux. » Ils partirent et allèrent de village en village, annonçant la Bonne Nouvelle et faisant partout des guérisons.

 

 

Le début de la mission de Paul - [Textes bibliques]

Le passage ci_dessous de la lettre aux Galates est un des plus riches en renseignements sur la conversion de Paul et le début de sa mission d’apôtre avec le texte des Actes 9,1-25. Paul parle de son zèle à persécuter les premiers chrétiens. Il était un pharisien « pur et dur » (versets 13-14) qui respectait la loi à la lettre, et en ce sens il pensait avoir réussi. L’appel qu’il a vécu le surprend totalement : cela ne peut venir que de Dieu. Il interprète sa mission comme une mise à part dès le sein maternel (verset 15), ce qui rappelle d’autres vocations prophétiques comme, par exemple, celle de Jérémie dans l’Ancien Testament.

Galates 1,13-24 Car vous avez entendu parler de mon comportement naguère dans le judaïsme : avec quelle frénésie je persécutais l’Église de Dieu et je cherchais à la détruire ; je faisais des progrès dans le judaïsme, surpassant la plupart de ceux de mon âge et de ma race par mon zèle débordant pour les traditions de mes pères. Mais, lorsque celui qui m’a mis à part depuis le sein de ma mère et m’a appelé par sa grâce a jugé bon de révéler en moi son Fils afin que je l’annonce parmi les païens, aussitôt, loin de recourir à aucun conseil humain ou de monter à Jérusalem auprès de ceux qui étaient apôtres avant moi, je suis parti pour l’Arabie, puis je suis revenu à Damas. Ensuite, trois ans après, je suis monté à Jérusalem pour faire la connaissance de Céphas et je suis resté quinze jours auprès de lui, sans voir cependant aucun autre apôtre, mais seulement Jacques, le frère du Seigneur. Ce que je vous écris, je le dis devant Dieu, ce n’est pas un mensonge. Ensuite, je me suis rendu dans les régions de Syrie et de Cilicie. Mais mon visage était inconnu aux Églises du Christ en Judée ; simplement, elles avaient entendu dire : « celui qui nous persécutait naguère annonce maintenant la foi qu’il détruisait alors », et elles glorifiaient Dieu à mon sujet.

La conversion de Paul - [Textes bibliques]

Le livre des Actes raconte la vie de Paul. Au début du chapitre 9, l’auteur décrit avec précision la conversion de Paul sur le chemin de Damas. Ce récit aux événements incroyables rappelle des éléments caractéristiques des récits de vocation de l’Ancien Testament : la lumière aveuglante, la voix de Dieu qui s’adresse directement aux êtres humains, le doute ou l’incrédulité de la personne choisie ou d’un témoin (Ananias dans les Actes), la guérison soudaine d’une infirmité, la mise en mouvement de la personne choisie par Dieu. De nombreux parallèles peuvent être établis entre le récit des Actes et la vocation de Moïse par exemple (Exode 3,1-6).

Actes 9,1-25 Saul, ne respirant toujours que menaces et meurtres contre les disciples du Seigneur, alla demander au Grand Prêtre des lettres pour les synagogues de Damas. S’il trouvait là des adeptes de la Voie, hommes ou femmes, il les amènerait, enchaînés, à Jérusalem.Poursuivant sa route, il approchait de Damas quand, soudain, une lumière venue du ciel l’enveloppa de son éclat. Tombant à terre il entendit une voix qui lui disait : « Saoul, Saoul, pourquoi me persécuter ? » – « Qui es-tu, Seigneur ? » demanda-t-il. « Je suis Jésus, c’est moi que tu persécutes. Mais relève-toi, entre dans la ville, et on te dira ce que tu dois faire. » Ses compagnons de voyage s’étaient arrêtés, muets de stupeur : ils entendaient la voix, mais ne voyaient personne. Saul se releva de terre, mais bien qu’il eût les yeux ouverts, il n’y voyait plus rien et c’est en le conduisant par la main que ses compagnons le firent entrer dans Damas où il demeura privé de la vue pendant trois jours, sans rien manger ni boire.Il y avait à Damas un disciple nommé Ananias ; le Seigneur l’appela dans une vision : « Ananias ! » – « Me voici, Seigneur ! » répondit-il. Le Seigneur reprit : « Tu vas te rendre dans la rue appelée rue Droite et demander, dans la maison de Judas, un nommé Saul de Tarse ; il est là en prière et vient de voir un homme nommé Ananias entrer et lui imposer les mains pour lui rendre la vue. » Ananias répondit : « Seigneur, j’ai entendu bien des gens parler de cet homme et dire tout le mal qu’il a fait à tes saints à Jérusalem. Et ici il dispose des pleins pouvoirs reçus des grands prêtres pour enchaîner tous ceux qui invoquent ton nom. » Mais le Seigneur lui dit : « Va, car cet homme est un instrument que je me suis choisi pour répondre de mon nom devant les nations païennes, les rois et les Israélites. Je lui montrerai moi-même en effet tout ce qu’il lui faudra souffrir pour mon nom. » Ananias partit, entra dans la maison, lui imposa les mains et dit : « Saoul, mon frère, c’est le Seigneur qui m’envoie – ce Jésus, qui t’est apparu sur la route que tu suivais – afin que tu retrouves la vue et que tu sois rempli d’Esprit Saint. » Des sortes de membranes lui tombèrent aussitôt des yeux ; il retrouva la vue et reçut alors le baptême ; puis, quand il se fut alimenté, il reprit des forces.Il passa quelques jours avec les disciples de Damas, et, sans attendre, il proclamait dans les synagogues que Jésus est le Fils de Dieu. Tous ceux qui l’entendaient en restaient stupéfaits et ils disaient : « N’est-ce pas lui qui, à Jérusalem, s’acharnait contre ceux qui invoquent ce nom ? Et n’était-il pas venu tout exprès pour les conduire, enchaînés, aux grands prêtres ? » Mais Saul s’affirmait d’autant plus et il confondait les habitants juifs de Damas en prouvant que Jésus était bien le Messie.Un temps assez long s’était écoulé, quand ces Juifs se concertèrent pour le faire périr. Saul eut alors connaissance de leur complot. Ils allaient jusqu’à garder les portes de la ville, jour et nuit, pour pouvoir le tuer. Mais, une nuit, ses disciples le prirent et le descendirent le long de la muraille dans une corbeille.

La vocation de Jérémie - [Textes bibliques]

L’intention de Dieu d’appeler un prophète avant même sa naissance, voire sa conception, apparaît dans le texte de vocation du prophète Jérémie.

Jérémie 1,4-10 La parole du SEIGNEUR s’adressa à moi :
« Avant de te façonner dans le sein de ta mère,
je te connaissais ;
avant que tu ne sortes de son ventre, je t’ai consacré ;
je fais de toi un prophète pour les nations. »
Je dis : « Ah ! Seigneur DIEU, je ne saurais parler, je suis trop jeune. » Le SEIGNEUR me dit : « Ne dis pas : Je suis trop jeune.
Partout où je t’envoie, tu y vas ;
tout ce que je te commande, tu le dis ;
n’aie peur de personne :
je suis avec toi pour te libérer
– oracle du SEIGNEUR. ».
Le SEIGNEUR, avançant la main, toucha ma bouche, et le SEIGNEUR me dit : « Ainsi je mets mes paroles dans ta bouche.
Sache que je te donne aujourd’hui autorité
sur les nations et sur les royaumes,
pour déraciner et renverser,
pour ruiner et démolir,
pour bâtir et planter. »

 

Les faux prophètes dénoncés dans le livre de Jérémie - [Textes bibliques]

Les arguments des faux prophètes ne sont le fruit que de leur imagination et non pas de la volonté de Dieu.
Jérémie 23,16, 21-22 Ainsi parle le SEIGNEUR de l'univers : Ne faites pas attention aux paroles des prophètes qui vous prophétisent ; ils vous leurrent ; ce qu’ils prêchent n’est que vision de leur imagination, cela ne vient pas de la bouche du SEIGNEUR. […] Je n’envoie pas ces prophètes, et pourtant ils courent ; je ne leur parle pas et pourtant ils prophétisent. S’ils se tenaient dans mon conseil, ils feraient entendre mes paroles à mon peuple ; ils les feraient revenir de leur mauvaise conduite, de leurs agissements pervers.

L’importance de la croix - [Textes bibliques]

Le thème de la mort sur la croix et de la résurrection de Jésus est déjà évoqué dès l’adresse de la lettre aux Galates (versets 1-5). Cette introduction condense en quelques versets le centre du message que Paul défend et prêche. Il termine sa lettre en réaffirmant l’importance de la croix et de la résurrection pour lui et pour tous les êtres humains (Galates 6,14-16). Cette affirmation va être reprise avec force par le réformateur Martin Luther au 16e siècle : la « théologie de la croix » est centrale dans son œuvre.

Galates 6,14-16 Pour moi, non, jamais d’autre fierté que la croix de notre Seigneur Jésus Christ ; par elle, le monde est crucifié pour moi, comme moi pour le monde. Car, ce qui importe, ce n’est ni la circoncision, ni l’incirconcision, mais la nouvelle création. Sur ceux qui se conduisent selon cette règle, paix et miséricorde, ainsi que sur l’Israël de Dieu.

 

Les récits de la Passion du Christ et de la résurrection - [Textes bibliques]

Les récits de la Passion décrivent sur plusieurs chapitres les derniers jours de la vie de Jésus : trahison, arrestation, procès, maltraitances et humiliations subies, mort par crucifixion. Cependant la résurrection de Jésus porte un message d’espérance : la souffrance et la mort n’ont pas le dernier mot.

Voici les références de ces textes:

Evangile selon Matthieu, chapitres 26 à 28
Evangile selon Marc, chapitres 13 à 16
Evangile selon Luc, chapitres 22 à 24.
Evangile selon Jean, chapitres 13 à 21.

Les différentes appellations de l’Evangile - [Textes bibliques]

Le terme grec euaggelion signifie « bonne nouvelle ». Dans ses lettres, Paul utilise plusieurs formulations pour parler de cet Evangile :

  • « Evangile de Dieu » en Romains 1,1 ou 15,16,
  • « Evangile du Christ » en Romains 15,19 ou 1Corinthiens 9,12,
  • « Evangile de la gloire du Christ » en 2Corinthiens 4,4,
  • « Evangile de son fils » en Romains 1,9.

Dans le texte à travailler, on retrouve au verset 7 la deuxième formulation.

La conquête des villes de Canaan - [Textes bibliques]

Le passage ci-dessous du livre de Josué décrit la victoire du peuple d’Israël sur les Cananéens. Les habitants sont « voués à l’interdit », c’est-à-dire qu’ils sont massacrés :
Josué 10,34-40 Josué, et tout Israël avec lui, passa de Lakish à Eglôn ; ils l’assiégèrent et lui firent la guerre. Ils s’en emparèrent ce jour-là et la passèrent au tranchant de l’épée. Toutes les personnes qui s’y trouvaient, il les voua par interdit en ce jour-là, tout comme il avait traité Lakish.
Josué, et tout Israël avec lui, monta de Eglôn à Hébron et il lui fit la guerre. Ils s’en emparèrent et la passèrent au tranchant de l’épée ainsi que son roi, toutes ses villes et toutes les personnes qui s’y trouvaient. Il ne lui laissa aucun survivant, tout comme il avait traité Eglôn. Il la voua par interdit ainsi que toutes les personnes qui s’y trouvaient.
Josué, et tout Israël avec lui, se tourna vers Devir et lui fit la guerre. Il s’en empara ainsi que de son roi et de toutes ses villes ; on les passa au tranchant de l’épée et on voua par interdit toutes les personnes qui s’y trouvaient.
Josué ne laissa pas de survivant. Il traita Devir et son roi comme il avait traité Hébron et comme il avait traité Livna et son roi. Josué battit tout le pays : la Montagne, le Néguev, le Bas-Pays, les Pentes, ainsi que tous leurs rois. Il ne laissa pas de survivant et il voua par interdit tout être animé comme l’avait prescrit le SEIGNEUR, Dieu d’Israël.

 

L’introduction d’une idole - [Textes bibliques]

 

Deutéronome 7,26 Tu ne feras pas entrer un objet abominable dans ta maison, car tu serais voué par interdit comme lui. Tu l’auras en horreur, totalement, et tu l’auras en abomination, car il est voué par interdit.

Une cause de hérem (être voué à l’interdit) consiste pour un israélite à introduire une idole dans sa maison. La sentence est sans appel : c’est non seulement la destruction de l’idole mais aussi de la personne l’ayant introduite. Elle fait écho au deuxième commandement et à l’affirmation du monothéisme :

Exode 20,3-5a Tu n’auras pas d’autres dieux face à moi. Tu ne te feras pas d’idole, ni rien qui ait la forme de ce qui se trouve au ciel là-haut, sur terre ici-bas, ou dans les eaux sous la terre. Tu ne te prosterneras pas devant ces dieux …

Le mot “doulos” dans les lettres de Paul - [Textes bibliques]

Le mot doulos (serviteur, esclave) apparaît plusieurs fois dans les lettres de Paul. Il est utilisé au sens propre et au sens figuré. Paul l’utilise également pour se présenter en début de lettre : les traductions choisissent alors généralement le mot « serviteur ». Dans la lettre aux Romains et dans la lettre aux Philippiens, Paul se présente comme « serviteur de Jésus Christ ». En revanche, dans la lettre à Tite, Paul se présente comme « serviteur de Dieu, apôtre de Jésus Christ ».

  • Sens propre:

1Corinthiens 7,21-22 Etais-tu esclave quand tu as été appelé ? [...] Car l’esclave qui a été appelé dans le Seigneur est un affranchi du Seigneur.
1Corinthiens 12,13 Car nous avons tous été baptisés dans un seul Esprit en un seul corps, Juifs ou Grecs, esclaves ou hommes libres, et nous avons été abreuvés d’un seul Esprit.
Galates 3,28 Il n’y a plus ni Juif, ni Grec ; il n’y a plus ni esclave, ni homme libre ; il n’y a plus l’homme et la femme ; car tous, vous n’êtes qu’un en Jésus Christ.

  • Sens figuré:

Romains 6,16-20 Ne savez-vous pas qu’en vous mettant au service de quelqu’un comme esclaves pour lui obéir, vous êtes esclaves de celui à qui vous obéissez, soit du péché qui conduit à la mort, soit de l’obéissance qui conduit à la justice (…)

1Corinthiens 7,23 Quelqu’un a payé le prix de votre rachat : ne devenez pas esclaves des hommes.
Galates 4,7 Tu n’es donc plus esclave mais fils ; et, comme fils, tu es aussi héritier : c’est l’œuvre de Dieu.

  • Paul se présente:

Romains 1,1 Paul, serviteur de Jésus Christ, appelé à être apôtre, mis à part pour annoncer l’Evangile de Dieu.
Philippiens 1,1 Paul et Timothée, serviteurs de Jésus Christ (…)
Tite 1,1 Paul, serviteur de Dieu, apôtre de Jésus Christ (…)

Le plan de la lettre aux Galates - [Aller plus loin]

L’exégète François Vouga propose le plan suivant pour la lettre aux Galates dans son Introduction au Nouveau Testament, Genève: Labor et Fides, 2001, p. 215-216):

  • Introduction

1,1-5

Adresse et salutation

1,6-9

Objet de la lettre : la distinction nécessaire entre l’Evangile et ce qui ne l’est pas.

1,10-12

Thèse de la lettre : l’Evangile paulinien est Evangile de Dieu.

 

  • Paul, apôtre de l’Evangile de Dieu pour les nations (1,13-2,21)

1,13-14

La vie passée de Paul dans le judaïsme

1,15-17

La vocation de l’apôtre des païens

1,18-20

Première visite à Jérusalem

1,21-24

La joie des Eglises de Judée devant le succès de la mission paulinienne

2,1-10

Seconde visite à Jérusalem

2,11-21

Conflit et discours de Paul à Antioche : conséquences et vérité de l’Evangile

 

  • L’appel de la liberté : mourir et vivre avec Jésus-Christ (3,1-5,12)

3,1-5

Rappel de l’expérience que les Galates ont faite de l’Esprit

3,6-29

Explications exégétiques et théologiques de l’Evangile
Première redéfinition de la Promesse : être enfants d’Abraham et bénis par la foi (3,6-9) ;
Seconde redéfinition de la Promesse : passer de la malédiction de la Loi à la foi, à la bénédiction
et à la promesse de l’Esprit (3,10-14) ;
Troisième redéfinition de la Promesse : passer de la Loi à la Promesse, à l’Alliance
et à l’héritage d’Abraham (3,15-18) ;
Quatrième redéfinition de la Promesse : fonction et subordination de la Loi
sous la Promesse (3,19-22) ;
Cinquième redéfinition de la Promesse : pour Paul et les croyants de la première génération,
le but du passé sous la Loi a été la justification par la foi (3,23-29)

4,1-20

Mise en garde des Galates contre un retour dans le temps ancien.
Les Galates ne sont plus esclaves, mais fils et héritiers (4,1-7) ;
tout progrès ne serait qu’un retour en arrière (4,8-11) ;
Première recommandation : les Galates doivent imiter l’apôtre (4,12-20)

4,21-5,1

La raison : la liberté eschatologique

5,2-12

Seconde recommandation : les Galates doivent rester dans la liberté

 

  • L’existence dans l’Esprit dans le temps nouveau (5,13-6,10)

5,13-15

Transition : liberté, existence sous la puissance de la chair et amour mutuel

5,16-24

Les chrétiens doivent vivre dans l’Esprit

5,25-6,6

Les chrétiens, qui vivent dans l’Esprit, doivent s’aimer les uns les autres

6,7-10

L’horizon eschatologique de la décision des Galates

 

  • Post-scriptum autographe : la création nouvelle (6,11-18).

On peut trouver d’autres découpages en particulier pour le chapitre 5 (cf Jean-Pierre Lémonon, Pour lire la lettre aux Galates, Paris: Cerf / Médiapaul, 2012, p. 15-17).

Junia, une femme apôtre - [Aller plus loin]

Céline Rohmer, théologienne, présente dans sa recension l’hypothèse soutenue par Eldon Jay EPP selon laquelle Junia serait une femme apôtre de l’entourage de Paul. Ce personnage apparaît dans la lettre aux Romains au chapitre 16, verset 7.

« […] Ce remarquable état des lieux de la critique textuelle contemporaine donne le ton de l’affaire Junia. L’histoire des manuscrits ne laisse aucun doute : le mot Junia a été traduit comme un nom féminin durant le 1er millénaire de l’Église et durant une bonne partie du deuxième. Origène, Jean Chrysostome ou encore Jérôme en ont même été les témoins. Le premier passage de Junia à Junias a lieu au 13e siècle, puis est repris par Luther dont la traduction de la Bible a tant influencé l’Europe. Une passionnante rétrospective historique s’ensuit et met au jour la manière dont les spécialistes favorisent – plus ou moins volontairement – Junias au détriment de Junia. Au 19e siècle, une improbable théorie de nom abrégé (Junias pour Junianus) achève le processus de transformation. En 1927, la 13e édition du texte grec par Nestle efface définitivement Junia et impose Junias, prénom masculin qui ne connaît aucune attestation ancienne : l’erreur perdurera jusqu’à la version NA de 1998…sans la moindre explication. Il faut bien se rendre à l’évidence, l’environnement socio-culturel des trois quarts du 20e siècle, imbu de l’idée que les femmes ne pouvaient avoir qu’un rôle limité dans l’Église, l’emporte sur la rigueur scientifique des chercheurs. Car enfin le véritable problème est là : Junia ne peut être femme puisque ce personnage est – incontestablement – désigné « apôtre éminent ayant appartenu au Christ » par Paul lui-même ! Une femme apôtre ? Voilà bien des soucis. Or, nous tenons entre nos mains cet ouvrage qui redit ensemble la force des a priori larvés et la fragilité de l’honnêteté intellectuelle. Ne vous en déplaise messieurs, dans la première génération chrétienne, il y eut – fait scientifiquement incontestable – une femme apôtre, désignée comme telle explicitement par Paul. Son nom était Junia. »

Etudes Théologiques et Religieuses (ETR), Montpellier, Tome 91, 2016/2, p. 305-306 : Recension de Céline Rohmer de l'ouvrage de Eldon Jay EPP, Junia. Une femme apôtre ressuscitée par l'exégèse, trad. de l'anglais (Etats-Unis) par Gabrielle Rivier et John E. Jackson, Genève, Labor et Fides, coll. "Le Monde de la Bible 67", 2014.

La proposition 21 de Luther - [Aller plus loin]

Lors de la controverse de Heidelberg en 1518, Luther écrit un certain nombre de propositions qui constituent les bases de sa pensée théologique. La proposition 21 jette les grandes lignes de sa théologie de la croix : l’opposition entre les œuvres et la foi, entre la théologie de la gloire et la théologie de la croix. Il cite également dans cette même logique (proposition 23) l’épître aux Galates :

Galates 3,13 Christ nous a libérés de la malédiction de la loi.Martin LUTHER, Œuvres, Tome I, Genève: Labor et Fides, 1957, p. 136-137, traduction de Pierre Jundt:

« Proposition 21 Le théologien de la gloire dit que le mal est bien et le bien mal. Le théologien de la croix dit les choses telles qu’elles sont véritablement.
Cela est évident, car, en ignorant Christ, il ignore le Dieu caché dans ses souffrances. Ainsi, il préfère les œuvres aux souffrances, et la gloire à la croix, la sagesse à la folie, et, d’une façon générale, le bien au mal. Tels sont ceux que l’apôtre appelle ennemis de la croix du Christ. Ceci surtout parce qu’ils haïssent la croix et les souffrances, mais aiment les œuvres et leur gloire. Mais ainsi, ils disent que le bien de la croix est mal et que le mal de l’œuvre est bon. Or, l’on ne trouve pas Dieu, sinon dans les souffrances et la croix, nous l’avons déjà dit. Au contraire, les amis de la croix disent que la croix est bonne et que les œuvres sont mauvaises, car, par la croix, détruites sont les œuvres et crucifié Adam, lequel est bien plutôt édifié par les œuvres. Il est en effet impossible qu’il ne soit pas plein de ses bonnes œuvres, celui qui n’est pas d’abord anéanti et détruit par les souffrances et les maux, au point de savoir qu’il n’est lui-même rien et que ses œuvres ne sont pas les siennes, mais celles de Dieu. »

Les actions des adversaires de Paul - [Aller plus loin]

L’exégète François Vouga liste les actions néfastes des faux missionnaires dans les Eglises de Galatie. On comprend alors mieux la réaction vive de Paul face au danger qu’ils représentent.

VOUGA François, Introduction au Nouveau Testament, Genève: Labor et Fides, 2001, p. 220:« Paul ne les désigne que par des jugements de valeur négatifs sur ce qu’ils font, sur ce qu’ils ont fait et ce qu’ils veulent (4,17 ; 5,10.12 ; 6,12-13) : ils retournent l’Evangile en son contraire (1,7) ; ils séduisent les Galates (3,1) ; ils prennent soin d’eux, mais afin de se les attacher et de les isoler d’autres influences extérieures (4,17-18) ; ils empêchent qu’ils suivent la vérité (5,10). La plaisanterie de 5,12 (« Qu’ils aillent donc jusqu’à se mutiler tout à fait [i.e se castrer], ceux qui sèment le désordre parmi vous ! ») établit le premier lien entre l’activité de ces gens et le problème de la circoncision. Celui-ci réapparaît en 6,12 : ils s’efforcent de contraindre les Galates à se faire circoncire pour éviter d’être persécutés eux-mêmes à cause de la croix du Christ. Cette dernière remarque est intéressante : elle montre que ces missionnaires ne sont pas libres, mais subissent eux-mêmes des pressions extérieures.Les résultats du travail entrepris par les nouveaux missionnaires en Galatie sont évidents : les Galates sont prêts à tourner le dos à l’Evangile paulinien (3,1-5), à se soumettre à de nouvelles observances (4,8-11), à trahir leur loyauté envers l’apôtre (4,12-20), et pour certains à se faire circoncire (5,2-4) et à exercer des pressions sur les autres membres des communautés (6,13). »

Les destinataires de la lettre - [Aller plus loin]

F.Vouga présente les deux hypothèses « nord-galatique » et « sud-galatique » sur l’origine des Galates et sur la situation géographique de la Galatie.

VOUGA François, Introduction au Nouveau Testament, Genève: Labor et Fides, 2001, p. 218-219:

« 3.2 Les destinataires
La difficulté que présente l’identification précise des destinataires de l’épître tient au fait que la « Galatie » désigne, au temps de Paul, deux aires géographiques différentes. La Galatie est tout d’abord une région, dont le nom vient de l’origine celte de ses habitants. Mais cette région, dont le centre est Ancyre (aujourd’hui Ankara) et qui s’étend des plateaux d’Anatolie à la Mer Noire, a donné son nom à une province romaine qui inclut plusieurs provinces au sud de la Galatie proprement dite. On parle pour cette raison d’hypothèse "nord-galatique" si l’on entend que Ga [la lettre aux Galates] a été envoyée à des Galates de la région de Galatie ; on parle d’hypothèse "sud-galatique" si l’on pense que les destinataires de l’épître étaient des habitants de la province romaine de Galatie, située plus au sud.

La Galatie et les Galates
La Galatie est la région qui entoure le bassin du Halys, entre la Cappadoce et le Pont ; elle comprenait entre autres les villes d’Ancyre (Ankara), Tavium et Pessinonte. Elle fut occupée en 277 av. J.-C. par trois tribus gauloises, les Tolistoboges, les Trocmes et les Tectosages (Pausanias 10,23 ; Strabon 12,5,1-3 ; Tite-Live 38,16). Vaincus en 189 av. J.-C. par le consul Manlius (Polybe, 21,37-41 ; Tite-Live 38,17-27 ; Strabon 13,1,27), ils s’hellénisèrent progressivement, conservèrent leur liberté sous protectorat romain, jusqu’à ce qu’ils soient intégrés à l’empire sous Auguste en 25 av. J.-C. Les Actes des Apôtres mentionnent deux voyages de Paul à travers la région galate : Ac 16,6 et 18,23. Depuis l’Antiquité patristique jusqu’au XVIIe siècle, identifier les Galatie de Ga 1,2 et les Galates de Ga 3,1 avec la région galate et ses habitants n’a fait aucun doute. L’histoire de l’hypothèse dite "sud-galatique"L’évidence a été ébranlée par J.J. Schmidt en 1748, puis par J.-P. Mynster (connu grâce à Kierkegaard), et en français par Ernest Renan (1869). Selon Schmidt, Ga 2,5 implique que les Galates s’étaient déjà convertis à l’Evangile paulinien avant le second voyage de l’apôtre à Jérusalem, ce qui suppose que les Galates sont à chercher dans les régions désignées en Ga 1,21. Il s’ensuit que la Galatie ne désigne ici pas la région galate, mais la province romaine de Galatie qui comprenait effectivement la Lycaonie, l’Isaurie, le district sud-est de la Phrygie et une portion de la Pisidie. En 6/5 av. J.-C. lui fut encore adjointe la Paphlagonie et en 3/2 av. J.-C. le Pont galate.Si la Galatie de Ga 1,2 désigne la province et si ses habitants sont prêts à prendre pour eux l’insulte de Ga 3,1, ce qui est peu probable, alors l’évangélisation de Galatie pourrait correspondre au récit d’Ac 14,6-24. L’avantage de l’hypothèse sud-galatique résiderait dans le fait que la présence de colonies juives dans la province est bien attestée. Mais rien n’indique que les missionnaires à l’œuvre en Galatie aient agi en lien avec la Synagogue, et le manque de contact des églises de Galatie avec le judaïsme explique qu’elles aient été désarmées par leur argumentation. »

 

La faiblesse de l’hypothèse classique - [Aller plus loin]

François Vouga attire ici l’attention sur la faiblesse de l’hypothèse classique visant à identifier les missionnaires, adversaires de Paul. L’hypothèse classique propose de voir dans ses missionnaires soit des judéo-chrétiens conservateurs proches de Jacques, soit des judéo-chrétiens à tendance gnostique. L’exégète propose une autre hypothèse.

VOUGA François, Introduction au Nouveau Testament, Genève, Labor et Fides, 2001, p. 221:« La faiblesse de l’hypothèse classique réside dans le fait que les missionnaires ne s’opposent en aucune manière à la mission des païens, à la différence des tendances judéo-chrétiennes conservatrices qui s’expriment en Mt 10,5-6 ; ils tiennent pour nécessaire la circoncision des païens convertis. D’autre part, il est surprenant de constater qu’ils ne sont pas intéressés à promouvoir auprès des Galates l’observance de l’ensemble de la Loi (Ga 5,3), mais seulement ces commandements marquant l’identité juive : circoncision, sabbat et fêtes annuelles (Ga 5,3 et 4,10). L’hypothèse la plus probable est par conséquent la suivante : les missionnaires défendent le point de vue juif classique selon lequel la fin des temps coïncidera avec l’ouverture de l’Alliance aux païens. Leur point d’accord avec Paul réside dans la reconnaissance de la proclamation pascale comme événement eschatologique inaugurant le nouvel éon. Leur point de désaccord réside dans le fait que leur eschatologie implique l’entrée des païens dans le peuple de l’Alliance, et donc leur circoncision. Or cette exigence, pour Paul, est caractéristique de l’ancien éon. »

Paul sur le chemin de Damas - [Culture]

 

 

Ces trois œuvres d’art représentent Paul tombant de cheval lors de sa rencontre avec le Christ. Ce détail ne se trouve pas dans les textes bibliques.

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Dans le vitrail, Paul est représenté en armure de chevalier. Les artistes représentent souvent les personnages bibliques avec les vêtements de leur propre époque. Ils les situent également dans un décor correspondant à leur lieu de vie et pas forcément à la géographie du bassin méditerranéen au temps de Paul.

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La statue contemporaine représente également Paul tombant de cheval. Elle est exposée dans la ville même de Damas.

Cantique « Nous venons près de toi » - [Culture]

Nous venons près de toiPour écouter ce cantique, vous pouvez suivre le lien suivant : http://cantiques.karaokes.free.fr/select.php?video=3223 », ô Dieu, dans nos misères,

Désireux de trouver le bonheur et le pain;

Implorant ton secours, ta protection de Père,

Nous élevons nos voix et nous tendons les mains.

Nous venons près de toi, ô Dieu, dans ta misère,

O Seigneur méprisé, sans refuge et sans pain;

Surpris de découvrir l’ampleur de ta faiblesse,

Donne nous de veiller pour toi qui nous soutiens.

Tu viens auprès de nous, ô Dieu, dans nos misères,

Tu rassasies nos cœurs et nos corps de ton pain;

Car tu souffris la mort, tu partageas nos peines:

Ton pardon est pour tous, ils sont déjà les tiens.

Gnose/Gnostique

Ce terme, qui signifie " connaissance " en grec, désigne au début de l'ère chrétienne la connaissance portant sur l'essentiel, à savoir les mystères divins. Cette connaissance dépasse la simple foi. Pour les gnostiques, elle est acquise par initiation et elle garantit le salut

Diaspora

Ce terme désigne la dispersion des juifs hors de la Judée, sous l’effet des famines, guerres, exils, pratiques commerciales... La présence de juifs est attestée en Egypte au VIème siècle av. JC et en Perse où certains ont vécu après les déportations du début du VIème siècle av. JC. A partir du IVème siècle av. JC, avec Alexandre et ses successeurs, ils vont s’implanter dans les villes tout autour de la Méditerranée.
Au premier siècle de notre ère, la diaspora méditerranéenne est très développée dans les villes d’Asie Mineure, à Antioche et Alexandrie et jusqu’à Rome.

Puisqu’il n’y a qu’un seul Temple, celui de Jérusalem, les juifs de la diaspora vont créer la synagogue pour pouvoir observer les pratiques rituelles de la loi. Ils vont jouer un rôle considérable dans la religion juive et son évolution.

 

Irénée de Lyon (2e siècle)

Irénée est originaire d'Asie Mineure. Il rapporte qu'encore jeune il a entendu le vieux Polycarpe, évêque de Smyrne, ce qui, en conséquence, situe sa naissance entre 130 et 140. Il se rattache ainsi très haut dans la transmission de la doctrine, puisque Polycarpe était contemporain d'Ignace d'Antioche, lui-même contemporain de la rédaction des écrits les plus tardifs du Nouveau Testament. Cette familiarité revendiquée avec Polycarpe est importante, elle permet de comprendre son action et sa pensée. On sait qu'Irénée était à Lyon en 177 parce que la communauté de cette ville l'envoie à Rome pour qu'il porte la Lettre des martyrs de Lyon. A son retour, il succède à Pothin comme évêque. Le dernier acte ecclésial que l'on connaît de lui est une intervention auprès de Victor, évêque de Rome entre 189 et 198. Il est mort martyr à une date inconnue. Deux ouvrages d'Irénée nous sont parvenus : Contre les Hérésies (Adversus haereses) et une traduction arménienne d'un court ouvrage De la Démonstration de la prédication apostolique, résumé de la foi chrétienne de nature catéchétique.

Christianisme social

A la fin du 19e siècle, naît parmi les protestants ce nouveau mouvement théologique qu'est le Christianisme social. La révolution industrielle provoque de telles misères dans les quartiers ouvriers des villes que des pasteurs sont émus et amorcent une réflexion théologique sur la question sociale. À partir de 1878, le pasteur Tommy Fallot, issu d'une famille d'industriels et pasteur de la chapelle du Nord de Paris (ancienne Chapelle Taitbout), plaide pour un socialisme chrétien. Pour lui, il ne s'agit plus seulement d'assistance, de charité ou de morale mais de justice sociale. En 1896 est créée la Revue du Christianisme social. Le relais de Tommy Fallot est pris par les pasteurs Elie Gounelle à Roubaix et Wilfred Monod à Rouen. Ils oeuvrent dans des paroisses ouvrières et créent des associations appelées " solidarités ", sortes de maisons chrétiennes du peuple, où se côtoient protestants, catholiques et agnostiques. Si le socialisme n'accueille pas ce mouvement à cause de sa dimension chrétienne, l'Église protestante du début du 20e siècle est fortement marquée par la dimension sociale chrétienne.

Tertullien

Né à Carthage (Tunisie) vers 155, Tertullien est un païen converti et le premier des écrivains chrétiens de langue latine. Il est l’auteur d’une Apologétique et du Contre Marcion. Il fait partie des Pères latins de l’Église. Il a eu une grande influence dans la formation de la langue théologique latine.

Sanhédrin

Le sanhédrin est l'assemblée suprême du peuple juif, ayant autorité dans les domaines religieux, administratif et judiciaire. Son nom n'est pas d'origine hébraïque mais dérive du grec sunédrion, signifiant « assemblée qui siège ». Il est présidé par le Grand prêtre.

Chair

Dans les lettres de Paul, la notion de « chair » désigne la condition humaine, sans connotation négative a priori. A travers cette notion Paul entend la matérialité de la vie d’un individu, qui est toujours un corps agissant dans un espace, un temps et un milieu donnés. Ainsi la chair ou la condition charnelle prend différents sens suivant le contexte. Sous la plume de Paul, cette notion apparaît le plus fréquemment dans la lettre aux Romains et dans la lettre aux Galates quand il décrit en quoi notre condition humaine nous tient prisonniers. Elle est alors présentée en opposition avec l’Esprit de Dieu. Il ne faut donc pas comprendre cette opposition comme un combat entre la chair qui serait mauvaise et ce qui relèverait du spirituel en l’homme. Pour Paul, il n’y a pas d’opposition en l’homme entre chair et esprit. C’est bien la personne humaine qui est prisonnière dans la « chair », essentiellement parce qu’elle veut être à elle-même sa propre référence.

Vincent de Paul (1581 – 1660)

Il a été à l’origine de la fondation de plusieurs congrégations en France. Proche du pouvoir royal et grâce à l’apport financier de Marguerite de Valois dont il est l’aumônier en 1610, il créé la congrégation des filles de la charité. Confesseur de Madame de Gondi (dont le mari Pierre-Emmanuel de Gondi est général des galères de France), il crée avec son aide financière la congrégation de la mission (les Lazaristes) en 1625. En 1653, il fonde l’hospice du Saint-Nom-de-Jésus.

Zélotes

Les zélotes constituent une secte juive aux revendications nationalistes. Ils jouent un rôle actif dans la révolte de 66 à 70 après J.C. contre le pouvoir romain. Ils se réfugient dans la forteresse de Massada que les Romains assiègent et finissent par faire tomber en 74 après J.C.