La tradition dite « concordiste »

La tradition dite « concordiste » identifie Marie de Magdala à la femme pécheresse anonyme de l’évangile selon Luc (7,36-50). Ainsi Marie de Magdala est assimilée à cette femme de « mauvaise vie » qui lave les pieds de Jésus et les essuie avec sa chevelure lors d’un repas chez Simon le pharisien. La légende d’une Marie « prostituée repentie » se développe.
Elle est également assimilée à Marie de Béthanie, sœur de Marthe et de Lazare, personnages qui se trouvent dans l’évangile selon Jean (12,1-8). L’étude des textes refuse cette assimilation car elle mélange les données des différents évangiles et alimente l’émergence de plusieurs visages de Marie de Magdala. L’Eglise semble avoir eu tendance à minimiser le rôle qu’a cette femme dans l’évangile selon Jean, où elle est le premier témoin de la résurrection de Jésus et reçoit la mission de le dire aux disciples.


Marie de Magdala à la Sainte Baume

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Dans le sud de la France, une légende s’est développée qui raconte que Marie de Magdala, appelée également Marie-Madeleine, aurait débarqué à Marseille en compagnie de Marthe, Marie et Lazare. Marie de Magdala aurait converti les habitants de Marseille avant de se retirer dans la grotte de la Sainte Baume. Elle y aurait vécu jusqu’à sa mort en pénitente et en ermite. Des pèlerinages à la grotte de « Sainte Marie-Madeleine » dans le massif de la Sainte Baume existent toujours de nos jours. Pas moins de 450 000 personnes font chaque année l’ascension jusqu’à la grotte de Marie-Madeleine transformée en sanctuaire. Le reliquaire de Marie-Madeleine (Marie de Magdala) renferme un tibia qui lui est attribué. Il est exposé dans la grotte qui lui est consacrée.


Les différents visages de Marie de Magdala au cours des siècles

Dans la tradition de l’Eglise, les Pères grecs n’ont généralement pas confondu Marie de Magdala avec Marie de Béthanie (Matthieu 26,6-13 et Marc 14,3-9), avec Marie sœur de Marthe (Jean 12,1-8), ni avec la femme pécheresse en Luc 7,37-50. Les Pères latins, surtout à partir d’Augustin (4e - 5e siècle) ainsi que le pape Grégoire le Grand (pape en 590), ont souvent fait l’amalgame.

Dans les écrits gnostiques (évangile selon Marie et évangile selon Philippe) qui ne sont pas des textes qui ont été retenus dans le canon, Marie de Magdala a un rôle important. Dans l’évangile selon Marie, écrit en 150 de notre ère en Egypte ou en Syrie, elle est celle à qui Jésus donne et confie son enseignement. Elle semble avoir un rôle supérieur aux autres disciples.
Au 16e et 17e siècles, l’accent est mis sur une Marie-Madeleine repentante et mystique. Elle inspire la littérature et la peinture.
Un quatrième personnage féminin se greffe aux trois autres : Marie-Madeleine qui se retire dans la grotte de la Sainte Baume près de Marseille.
Aux 19e et 20e siècles, les Dominicains mettent en avant une Marie-Madeleine qui est l’exemple « du péché devenu l’amour par la pénitence » (Lacordaire).


Georges de La Tour (1593-1652)

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La Madeleine pénitente à la veilleuse, 1642-1644, Musée du Louvre.

 


L’église Dominus flevit à Jérusalem

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L’église actuelle est récente (1955) mais elle se situe sur un site très ancien, dans un magnifique jardin sur le Mont des Oliviers. De là, on peut admirer toute la vieille ville de Jérusalem.La tradition octroie à ce jardin une signification particulière : c’est là en effet où Jésus se serait rendu avec ses disciples lorsqu’il revint à Jérusalem. C’est en ce lieu où il aurait pleuré. Le nom latin de l’église Dominus flevit signifie « le Seigneur a pleuré ». Cette église se situe également sur l’itinéraire des processions qui vont du Mont des Oliviers au Saint Sépulcre.


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