Ce n'est pas bien : un Jésus qui refuse son aide

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L'interprétation classique du refus initial de Jésus par une mise à l'épreuve de la femme est discutable.

En effet une telle épreuve serait assez isolée dans les textes des évangiles, et certainement très surprenante pour une femme qu'on qualifie d'entrée de jeu de païenne. Ce serait un non-sens de vouloir vérifier la foi d'une païenne qui par définition ne partage pas la foi juive.
Par ailleurs, il faut prendre au sérieux l'Incarnation de Jésus, son caractère véritablement humain. Jésus est profondément juif, il demande à ses disciples de s'occuper des " brebis perdues de la maison d'Israël ", de ne pas aller vers les païens

Si mise à épreuve il y a, c'est peut-être bien Jésus qui en est l'objet ! Car répondre positivement à la demande de la femme veut dire ouvrir des portes jusqu'alors closes, ne pas réserver aux seuls juifs l'annonce de l'évangile. Un salut qui dépasse le cadre du peuple élu n'est pas une évidence qui s'impose d'emblée !

On peut aller jusqu'à dire que Jésus voit dans la demande de la femme une tentation de s'écarter de son chemin qui le mène exclusivement vers le peuple élu.

  • Matthieu 10,5-6

    Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes : "Ne prenez pas le chemin des païens et n'entrez pas dans une ville de Samaritains ; allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d'Israël."


C'est vrai, Seigneur, mais... : une femme qui insiste

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La femme insiste, mais sans agressivité aucune. elle reprend même l'image si cruelle des petits chiens et des enfants. elle la reprend pour poursuivre la comparaison et changer la conclusion.

Son obstination à ne pas partir sans avoir eu une réponse positive vient-elle de ce qu'elle intervient pour quelqu'un qui est encore plus vulnérable qu'elle : sa fille ? Ou bien a-t-elle perçu que la réponse de son vis-à-vis n'était pas si bien fondée que cela ? Qu'une autre réponse pouvait venir ? On ne peut le savoir.

Toujours est-il qu'elle espère et croit au-delà de ce que Jésus lui-même est en train de lui signifier. Cette obstination a quelque chose de bouleversant. Comme si elle disait : "Je sais que ce sont les enfants à qui le pain est destiné, mais malgré cela, il doit y avoir aussi quelque chose pour moi !"


Le démon l'avait quittée : une fille guérie

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La guérison dans le Nouveau Testament est toujours vue comme signe du royaume de Dieu qui s'approche. elle est encore signe de salut qui dépasse l'intégrité physique de quelqu'un. Si la fille de la femme syro-phénicienne est guérie, cela veut alors dire que le salut, que Dieu lui-même est venu chez elle, chez une païenne.

Cette guérison intervient "de loin". Jésus ne va pas se rendre chez l'enfant malade.

Dans la plupart des autres récits de guérison du Nouveau Testament, il y a rencontre, échange de paroles et/ou de gestes avec celui ou celle qui est malade. est-ce une manière de signifier que Dieu peut agir pour les païens, ceux qui sont "loin" dans tous les sens du terme ? Cela semble possible.


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