A

Alliance

L'alliance est un motif central dans le livre de l'Exode, thème qui prolonge l'alliance de la Genèse et se poursuit jusque dans le Deutéronome. L'origine du terme alliance, en hébreu : berît, reste incertaine. Le mot alliance est souvent associé au verbe hébreu "couper" traduit par "conclure". L'expression "couper l'alliance" fait référence à un rituel d'engagement solennel dans un traité qui liait deux royaumes et dans lequel un animal était coupé en deux. La notion d'alliance de l'Ancien Testament provient de la pratique des relations diplomatiques entre les états du Proche Orient Ancien et renvoie à l'idée générale d'une relation entre partenaires unis par un contrat. Les textes de traités entre un suzerain et son vassal contiennent un certain nombre d'obligations, d'engagements réciproques qui lient les partenaires.

Apocryphes

Mot qui signifie " caché " et s'applique à certains livres de l'Ancien et du Nouveau Testament. Concernant l'Ancien Testament, la Réforme a considéré tout livre qui ne figure pas dans la Bible hébraïque comme " apocryphe ". Quant au Nouveau Testament, " apocryphe " est employé par les Eglises chrétiennes pour désigner des livres datant des premiers siècles de l'Eglise et qui n'ont pas été retenus dans le canon biblique.

Arche

Il ne faut pas confondre l'"arche de l'alliance" et l'arche de Noé. L'hébreu ne fait pas cette confusion, mais en français, elle est possible. Le mot hébreu que l'on utilise pour désigner l'arche de Noé parle d'une barque tandis que pour l'alliance, il s'agit d'un autre mot qui veut dire "coffre" ou encore "armoire". Une seule fois, la "barque" de Noé apparaît encore dans la Bible : pour parler de la corbeille dans laquelle on a trouvé Moïse (Exode 2, 2,3,5).

B

Balaam

Balaam est un mage qui a une grande réputation. Balak, le roi de Moab l'appelle à son aide lorsqu'il voit le peuple d'Israël menacer son pays (Nombres 22,22-35). Balak souhaitait que le devin maudisse les enfants d'Israël. Balaam hésite. Une rencontre entre l'ange du Seigneur et l'ânesse de Balaam (qui se met à parler !) fait basculer le récit. Balaam terrorisé n'obéira pas au roi mais dira les paroles que Dieu mettra dans sa bouche et au lieu de maudire le peuple, il le bénit.

C

Canon

Canon vient d'un mot grec signifiant "roseau", " bâton ", " règle pour mesurer ". Le canon est une règle concernant la foi et la discipline. Le canon des Ecritures est le catalogue des livres reconnus par l'Eglise et réunis dans la Bible.

Circoncision

Excision totale ou partielle du prépuce.

  • En Israël : il en est question dans de nombreux passages de la Bible. Dieu institue la circoncision avec Abraham, comme signe d'alliance entre Lui et ses descendants. C’est parce qu’il a obéi à ce commandement avant même le don de la loi qu’Abraham est considéré dans le judaïsme comme le premier des croyants.
    La circoncision devait être pratiquée avant le huitième jour du garçon. Ismaël est le premier descendant d'Abraham à être circoncis (Genèse 17, Lévitique 12,3).
    La circoncision devient le signe distinctif de l'appartenance d'Israël à Yahvé. A l'époque hellénistique (333 à 63 av. JC), certains Juifs cherchaient à masquer la marque de leur circoncision en se faisant opérer.
  • Chez les peuples voisins : la plupart ne pratiquaient pas la circoncision, sauf l'Egypte et ceci à une époque très ancienne.

Coeur

Dans la Bible, le coeur désigne l'humain dans son entier. Le coeur est le siège de la vie physique (identifiée au sang qui coule du coeur dans le corps), de la vie psychique (l'homme intérieur), de la vie intellectuelle (le coeur a des pensées), de la vie affective et de la volonté (le coeur veut, décide, délibère).

D

Décalogue

Le terme signifie les "dix paroles". Il est plus connu sous le terme "les dix commandements". Ce texte que l'on trouve en Exode 20 et Deutéronome 5, est composé d'un prologue (qui rappelle : "c'est moi le Seigneur, ton Dieu qui t'ai fait sortir d'Egypte"), puis d'une première partie concernant la relation à Dieu, et une deuxième partie concernant les relation à l'autre. Il est important de ne pas séparer le prologue des commandements qui suivent. La loi est reçue par Israël comme une aide et une nécessité pour pouvoir vivre et conserver la liberté que Dieu leur a accordée. Exode 20 inaugure les lois d'Israël et joue le rôle de résumé et de table des matières pour toutes les lois qui vont suivre. Il convient de lire tous les codes législatifs à la lumière du Décalogue.

E

Eléphantine

Eléphantine est une station du sud de l'Egypte sur le Nil où vivait une communauté juive dans la deuxième moitié du premier millénaire av. JC. La communauté d'Eléphantine était une garnison militaire chargée de la surveillance de la frontière méridionale de l'Egypte. La communauté d'Eléphantine n'a connu ni la réforme que l'on appelle " deutéronomiste " ni l' Exil et elle conserve une forme de religion sans doute ancienne comme en témoignent les textes d'Eléphantine qui contiennent la correspondance entre la communauté de Judée et la communauté d'Egypte.

Ephratéen

Originaire d'Ephrata ou d'Ephraïm au Nord de Jérusalem. Un groupe d'Ephratéens habitait dans la région de Bethléem, c'est pourquoi dans certains manuscrits, Bethléem s'appelle aussi Bethléem-Ephrata.

Esdras (Livre d')

Le livre d'Esdras a probablement été rédigé vers l'an 300 av. JC et il fait partie (avec les deux livres des Chroniques et le livre de Néhémie) de ce que l'on peut appeler une écriture de l'histoire dans son déroulement chronique. Il décrit le retour des Juifs exilés autorisé par l'édit de Cyrus, la reconstruction du temple de Jérusalem et la réorganisation de la communauté à Jérusalem. C'est un livre qui parle de reconstruction d'où l'interdiction faite au peuple de se mélanger aux autres, mais l'essentiel est de retrouver les racines d'autrefois.

Esséniens

Membres de l'un des principaux mouvements du judaïsme avant 70. Le terme vient de l'hébreu "pieux" et désigne à l'origine les Hassidim ou Assidéens, qui s'étaient dressés contre l'hellénisation du judaïsme. Les Esséniens formaient de petites communautés disséminées en Israël. Au 2e siècle avant JC, un grand prêtre de Jérusalem (évincé par un concurrent de connivence avec les occupants grecs) fonda ou restaura un monastère à Qumran près de la Mer Morte ; ses adeptes l'ont appelé le "Maître de Justice". Le site fut envahi en 68 après JC par les armées romaines. Auparavant sa bibliothèque fut mise en sûreté dans une grotte du désert de Juda. Cette bibliothèque contenait la plupart des livres de l'Ancien Testament (manuscrits datant du 1er siècle avant JC) et divers textes du mouvement dont sa Règle.
Epris de pureté rituelle, les Esséniens pratiquaient des ablutions quotidiennes, s'adonnaient à la méditation et à divers travaux manuels. Le célibat était d'usage et quand le mariage avait lieu c'était uniquement pour la procréation. La pensée grecque dualiste a fortement influencé ce courant, notamment dans sa doctrine des deux Esprits (le Bien, le Mal, Dieu et Satan).

Esther (livre d')

Ce livre raconte l'histoire d'Esther, femme juive en exil dans l'empire perse, qui devient reine et peut ainsi sauver son peuple du massacre programmé par Haman en demandant au roi, son mari, de permettre aux juifs de se défendre le jour prévu pour le massacre ; ce qui sera présenté comme étant l'origine de la fête juive de Pourim (des "sorts"). Le livre de la Bible hébraïque ne comporte pas le nom de Dieu ; la version grecque (plus longue) mentionne Dieu plusieurs fois, ce qui l'a rendu plus acceptable et en tout cas plus religieux.
Ce livre débute en situant historiquement les faits racontés la troisième année du règne perse de Xerxès (Xerxès 1er a régné de 486 à 465 avant JC, il peut toutefois aussi s'agir de son successeur). Pourtant, certaines choses mentionnées dans le texte indiquent qu'il faudrait plutôt le dater de la fin du 2e siècle avant JC (sous le règne d'Antiochus IV Epiphane qui persécuta les juifs).

Etiologique

Un récit étiologique explique -le plus souvent à travers une histoire- l'origine d'un nom (de lieu ou de personne), d'une situation ou d'une coutume. Dans le récit de la création, la parole que Dieu adresse au serpent :
Genèse 3,14
"tu marcheras sur ton ventre"

peut être comprise dans ce sens. On "explique" par là pourquoi cette bête n'a pas de pattes et rampe par terre.

Exil

Il s'agit de l'époque de la déportation du peuple d'Israël à Babylone. Une première grande déportation a lieu en 722 av. JC, après la prise de Samarie par les Assyriens. C'est la fin du Royaume du Nord. A l'Empire assyrien succéda l'Empire babylonien avec le roi Nabuchodonosor qui envahit Jérusalem de 598 à 597 av. JC. Il déporte le roi Yoyakïn ainsi qu'une grande partie de la population, essentiellement la classe dirigeante et l'élite intellectuelle. Le successeur de Yoyakïn, Sédécias se révolte contre Nabuchodonosor et en 588, Nabuchodonosor prend Jérusalem, détruit le Temple et déporte la population à Babylone. Il a fallu attendre l'édit de Cyrus, roi de Perse en 538 pour que les Juifs soient autorisés à rentrer dans leur pays.
Théologiquement, l'exil a été vécu par les prophètes comme le jugement de Dieu sur le peuple élu. Les prophètes annonçaient aussi un retour à Jérusalem et la reconstruction du Temple. L'exil est une période importante notamment pour la rédaction des textes bibliques. Beaucoup des textes de l'Ancien Testament ont été écrits après le retour de l'exil.

Exode

Au coeur de l'histoire du peuple d'Israël, il y a la mémoire de la sortie d'Egypte que raconte le livre de l'Exode. Le nom du livre est tiré d'un mot grec qui signifie la sortie, le départ. En hébreu le livre s'appelle shemôt "noms". Le livre raconte l'événement fondateur par excellence par lequel le peuple d'Israël dit comment il est advenu comme peuple de Dieu. Lorsqu'il résume son histoire, Israël peut omettre de mentionner les patriarches, mais il n'oublie jamais la tradition de l'Exode, la libération d'Egypte, Deutéronome 4,32-40; 6,20-24.

F

Fils de Dieu

Le roi dans l'Ancien Testament est considéré comme le fils de Dieu (Psaume 2,7). Le roi David a laissé un tel souvenir par sa vie ou par le récit qu'on a fait de lui qu'après la fin de la royauté (597 av. JC) une attente est née : c'est celle d'un nouveau David qui serait un descendant du roi David et qui gouvernerait le peuple en faisant ce qui est bien aux yeux de Dieu. Dans le Nouveau Testament, les premiers chrétiens ont compris que cela se réalisait avec Jésus et ils ont cru que Jésus était le fils de David, le nouveau roi qui devait bien gouverner son peuple ; c'est pourquoi ils ont raconté son histoire en faisant référence à David : Mt 1,6-16 ; Mc 10,46-52 ; Lc 1,31-33 ; 2,4-7; 10-11.
Même un roi étranger peut être appelé "fils de Dieu" : Esaïe 45,1s.

G

Genèse (Livre de la)

Le nom "Genèse" vient de la Bible grecque où le terme genesis traduit le mot hébreu toledôt ("généalogies"). Le nom hébreu du livre est ber'éshît "au commencement" de la racine rô'sh qui signifie "tête". Comme son nom l'indique, la Genèse raconte les origines, les naissances du monde, de l'humanité et d'Israël. La Genèse est un long récit où alternent contes mythiques, épopées humaines, discours divins, listes généalogiques. Les généalogies de la Genèse jouent un rôle de lien. Elles entrecoupent et relient toutes les narrations en annonçant et en terminant chaque cycle narratif. Le premier récit de la création s'achève par une formule qui est spécifique du livre : "voici la famille" 'éllèh tôledôt. Une formule que l'on retrouve tout le long de la Genèse.
Dans la Genèse il y a deux grandes parties, Genèse 1-11, l'histoire des commencements de l'univers et Genèse 12-50, l'histoire des commencements d'Israël avec les figures d'Israël.

H

Hapax

Il s'agit d'une expression ou d'un mot rarement attesté. Par conséquent, sa signification ne peut pas être toujours clairement établie.

Hauts-lieux

Dans l'Ancien Testament, les "hauts-lieux" désignent les endroits de cultes aux divinités païennes. On parle de "hauts lieux" car ils se situent généralement sur les montagnes. Nous en avons un écho dans le
Psaume 121 "Je regarde vers les montagnes. D'où me viendra le secours ?"

Et le psalmiste de répondre que ce secours qu'il cherche pour entreprendre le voyage ne lui viendra pas des "hauts lieux" et de leurs dieux, mais bien du Dieu d'Israël.

Hébreu

L'étymologie de ce nom viendrait du verbe "passer" (ce qui rappelle le passage de la Mer Rouge au moment de la sortie d'Egypte), verbe qui a donné la compréhension "de l'autre côté". Le mot reçoit donc un sens proche de "étranger". Ce mot est rarement utilisé dans la Bible. Quand il l'est, c'est généralement en lien avec les Egyptiens ou les Philistins (sur 34 emplois, 18 le sont avec les premiers, en désignant les Israélites en opposition à leurs maîtres égyptiens, et 8 utilisations le sont dans un contexte qui indique leur assujettissement aux Philistins). Ce nom semble avoir été imposé aux Israélites par des étrangers et il souligne leur condition inférieure, asservie (cela a pu aider à faire le rapprochement avec les Apirou du 2ème millénaire av. JC). La notion la plus commune pour désigner les Israélites est "fils d'Israël". Jonas est le seul à parler de lui-même en terme "d'hébreu". Partout ailleurs le terme hébreu est utilisé pour désigner d'autres individus.

Holocauste

L'Ancien Testament connaît divers sacrifices. L'holocauste est le sacrifice d'animal le plus hautement considéré. Il s'agit d'un sacrifice "entier", c'est-à-dire que l'animal est brûlé entièrement. Dans les sacrifices d'action de grâces, on n'offrait sur l'autel que le sang et la graisse (plus certaines parties) de la bête. Aux prêtres revenait une part et le reste était mangé par ceux qui l'avaient offert.

Horeb

Le nom signifie "sécheresse" et désigne en alternance avec le nom de Sinaï la montagne sur laquelle Dieu donne la loi à Israël en Exode 19. La désignation Horeb se trouve le plus souvent dans le Deutéronome et les textes apparentés au Deutéronome.

I

Israël : les douze tribus

Les douze tribus d'Israël que l'on dit issues de la descendance de Jacob rebaptisé Israël (cf. entrée "Jacob", Genèse 32,23-33) ont eu des importances politiques inégales.
Les dix fils suivants ont donné leur nom à une tribu : Ruben, Lévi, Juda, Issakar, Zabulon, Dan, Nephtali, Gad, Asher, Benjamin.
Siméon n'a pas donné de nom à une tribu, Joseph non plus. Mais les deux fils de ce dernier, Manassé et Ephraïm, seront du coup les patronymes de tribus et territoires.

Israélite

Membre du peuple d'Israël.

J

Jérusalem

Capitale du royaume d'Israël sous David et Salomon, puis du royaume de Juda. Ville où le temple fut construit.

Jessé

Il ne joue pas un grand rôle dans le texte biblique mais un rôle plus important dans les traditions juive et chrétienne pour la simple raison qu'il est le père de David et que l'aura de David illumine sa personne. Il devient la souche de la royauté élue de Dieu étant toujours cité dans les généalogies de l'Ancien Testament et du Nouveau Testament. L'Arbre de Jessé, représentant la descendance qui passe par Jessé et David jusqu'à Jésus, devient un thème classique de l'iconographie chrétienne ; les protestants qui l'appellent Isaï (par une transcription différente de l'hébreu) le chantent : "D'un arbre séculaire ... "

Job, livre de

Le livre appartient à la littérature de sagesse dans l'Ancien Testament. L'auteur du livre reste inconnu, mais il existe plusieurs théories anciennes : Moïse en serait l'auteur. Une note de la Septante, citant une ancienne tradition, identifie Job à Yobab, deuxième roi d'Edom (Genèse 36,33). Job aurait vécu à l'époque des débuts d'Israël en Egypte. Selon la tradition juive, le livre de Job fut écrit par Moïse pendant ses quarante années dans le désert de Madian. Madian se trouvait à côté d'Edom, et les deux peuples avaient développé des liens commerciaux. Il semble probable que le livre a connu plusieurs couches successives de rédaction. La partie en prose (début et fin du livre) pourrait dater du temps de David et Salomon, mais remonterait à une tradition orale qui pourrait être plus ancienne encore. Ezéchiel (vers 592-580 av. JC) connaissait déjà la figure de Job. Après l' Exil , les chapitres 3 à 31 et 38 à 42 auraient vu le jour : une exhortation pastorale à un moment de doute et de désarroi. Les chapitres 32 à 37 semblent être d'une autre main : un rajout. Dans le Proche Orient Ancien, il existe différentes traditions qui mettent en scène le personnage du "Juste souffrant".

Jonas (Le livre de)

Inséré dans l'ensemble des 12 petits prophètes, ce livre est un livre à part : seul livre narratif dans cette série. De plus, Jonas est un prophète envoyé auprès des non juifs. Son oracle est très bref et il n'est connu du lecteur qu'au moment où Jonas l'annonce à ses destinataires ( "Encore 40 jours et Ninive sera mise sens dessus dessous." Jonas 3 4).
Le texte se présente comme un conte : un gros poisson qui avale Jonas avant de le recracher 3 jours plus tard, une ville étrangère qui se convertit entièrement après que Jonas ait pendant un jour annoncé son oracle, les animaux qui prennent l'habit de deuil, un arbre qui pousse en un jour... Il faut bien lire cela comme une histoire merveilleuse et dès le premier chapitre la répétition excessive de l'adjectif "grand" l'indique.
Jonas est un prophète mentionné très brièvement en 2Rois 14,25. S'il est question du même personnage, l'histoire se passerait sous le règne de Jéroboam II (environ 783-743 av. JC) mais la majorité des spécialistes indiquent que ce nom a été emprunté pour servir les propos d'une autre époque où il ne s'agit plus de défendre la préférence nationale coûte que coûte mais bien plutôt de vivre le mieux possible avec les voisins, les gens différents de soi. La rédaction de ce livre se situerait donc plutôt après l' Exil, au 5e siècle av. JC.

Juda

Tribu importante, qui resta fidèle à la dynastie davidique avec la tribu de Benjamin au moment du schisme en 2 royaumes (celui du Nord, Israël et celui du Sud, Juda). Son territoire et celui de Benjamin devinrent le royaume de Juda, jusqu'à la prise de Jérusalem en 586 av. JC par les Babyloniens.

Juges (Livre des)

Le livre de la Bible qui attribué aux juges se présente comme une anthologie de héros qui interviennent après l'installation des tribus d'Israël en Canaan par Josué (successeur de Moïse) et avant l'instauration de la royauté en Israël (Saül, David, Salomon...), royauté qui durera jusqu'à l' Exil.
Ces figures appelées "juges" sont des figures héroïques toutes différentes les unes des autres. En tant que chefs d'une ou plusieurs tribus, les juges sont censés, d'une part apporter une autorité en Israël et rétablir le peuple dans son intégrité religieuse, d'autre part délivrer Israël de la domination qu'exercent sur leurs tribus certains peuples comme les Philistins. Il s'agit pour le peuple d'Israël de vivre parmi les autres peuples autochtones en Canaan sans tomber dans la tentation du syncrétisme religieux.
Le livre des Juges révèle que règne le désordre parmi les fils d'Israël ("chacun faisait ce qui était juste à ses yeux", Juges 17,6) et que les Juges ne parviennent pas à rétablir l'ordre de façon durable, au contraire, eux-mêmes contribuent encore au désordre. L'intention de l'auteur est de souligner que l'instauration de rois en Israël, élus par des prophètes, devient indispensable.
Parmi les juges, il y a ceux qu'on appelle "les petits juges", et les "grands juges".

  • "les petits juges" : tous originaires du centre du pays (montagne d'Ephraïm); de courtes notices nous informent de leurs actions : ce sont Otniel, Ehoud, Shamgar,Tola, Yaïr,Ibçân, Elôn,Abdôn.
  • "les grands juges" : Déborah, Baraq, Gédéon, Jephté, Samson. Déborah est aussi désignée comme prophétesse et Samson est un cas particulier.
L

Les noms de Dieu

El est le plus ancien nom sémitique de Dieu, son sens symboliserait la sagesse et l'expérience. (Dérivés : Ela, Eloa, Elim, Elohim...)
Shaddaï est parfois employé comme un nom divin dans des passages poétiques et surtout dans le livre de Job ; l'étymologie du mot est mal connue, on peut traduire par puissant, Dieu des seins féconds, Dieu des hautes montagnes, le Seigneur des rocs.
YHWH est le nom personnel du Dieu d'Israël. Il est pratiquement impossible de savoir comment les Hébreux prononçaient le nom IHWH à l'époque biblique. Après l'Exil, l'emploi du nom de Dieu a été progressivement évité par respect, et l'on dira "Adonaï" (mon Seigneur) à la place de YHWH. Il était interdit de prononcer le nom de Dieu. Quand les textes bibliques ou liturgiques portaient le tétragramme YHWH, on le prononçait Adonaï qui signifie "Mon Seigneur", "Monsieur", "Maître", "Maîtres". C'est ainsi que l'être humain de la Bible invoque le plus souvent Dieu.
La Traduction oecuménique de la Bible (TOB) traduit le tétragramme (les quatre lettres désignant le nom de Dieu) par "Seigneur" en reprenant la traduction grecque. L'autre nom de Dieu, Elohim est traduit par Dieu.

M

Messie

Terme qui vient de l'hébreu et qui a le même sens que celui venant du grec "Christ" ou celui venant du latin "Oint". C'est le nom donné à celui qui a reçu l'onction ; la plupart du temps, c'est le roi d'Israël ou de Juda ; mais cela peut aussi désigner quelqu'un qui est considéré comme ayant reçu une mission de Dieu. Le messie était considéré comme le fils de Dieu.

Midrash

Vient d'un mot hébreu qui signifie recherche. Ce sont des commentaires, des explications, des interprétations de versets et textes de l'Ancien Testament sous formes d'opinions, de sermons, de paraboles qui suivent les règles des rabbins.

Moab/Moabite

Un pays dans lequel habitent des tribus qui ont des liens de parenté avec Israël. Le récit de Genèse 19,30-33,37 (Moab est engendré par inceste entre père et fille) explique le mépris d'Israël vis-à-vis de Moab et explique le nom "Moab" de manière populaire ("du père"). La région des Moabites se situe au sud-est de la Mer Morte.

Moïse

Moïse porte un nom d'origine égyptienne qui signifie "né de, enfant de". Certains pharaons portent ce nom : Touthmoses ("né de Touth") ou Ramses ("né de Râ"). Ces liens avec l'Egypte ont donné lieu à beaucoup d'hypothèses. C'est ainsi que la religion de Moïse en tant qu'adoration d'un seul dieu a été rapprochée de la religion du pharaon Akhénaton qui imposa le seul culte de la divinité Aton. Ces liens apparemment suggestifs n'ont guère de fondements comme le suggèrent les quelques différences suivantes. Le Dieu des Israélites est un dieu personnel qui parle, or Aton est un dieu muet impersonnel ; Aton est davantage un principe dont le pharaon Akhénaton est le seul intermédiaire, or le Dieu biblique se révèle par l'entremise de multiples témoins. Le culte d'Akhénaton à l'unique lumière date du 14e siècle. Le culte israélite de l'unique Yhwh est un culte qui est le fruit d'une longue élaboration qui s'épanouit à une époque tardive en Israël, surtout avec l'Exil, au 6e siècle av. JC.

Monothéisme

Le monothéisme est la croyance en un dieu unique à l'exclusion de toute autre divinité. Par son caractère exclusif, le monothéisme se distingue de l'hénothéisme ou de la monolâtrie qui, tout en reconnaissant un dieu unique ne nient pas l'existence d'autres divinités. Sont monothéistes les religions israélite, chrétienne et musulmane. La conviction monothéiste n'est pas uniforme dans l'Israël ancien : on peut distinguer le monothéisme pur professé dans certains milieux prophétiques de la religion populaire souvent mêlée aux usages hérités ou empruntés à d'autres religions du milieu ambiant.

N

Nabuchodonosor

Selon la transcription de l'hébreu : Neboukadnetsar ou Nébucadnetsar: roi de Babylone, 604-562 av. JC.

Naziréat/ Nazir

Nazir : celui qui observe les règles du Naziréat. Le nazir est un homme ou une femme qui fait le voeu de se consacrer à Dieu et par conséquent, doit observer certaines règles : s'abstenir de vin ou de boissons fermentées, n'avoir aucun contact avec la mort (en touchant des cadavres), laisser pousser sa chevelure. A l'origine il s'agissait d'une consécration à vie capable de donner au nazir une puissance guerrière. La vocation a évolué en service cultuel.

Néhémie (Livre de)

Le livre de Néhémie était autrefois lié au livre d'Esdras et ne faisait qu'un ouvrage. Néhémie avait été envoyé dans la Province de Juda vers l'an 445 av. JC pour reconstruire les murailles de Jérusalem. L'auteur parle en "je". Il raconte tous les événements qui se passent autour de la reconstruction : recensement de la population, cérémonie de la fête du Tabernacle, arrivée de la population paysanne à Jérusalem, interdiction des mariages mixtes, engagement du peuple à la Loi ... Comme le livre d'Esdras, c'est un livre qui reconstruit un peuple et son histoire.

O

Orient

Tout dépend du point de vue de celui qui parle... Généralement, l'Orient désigne les pays à l'est du fleuve Euphrate, mais pour ceux qui vivent en Palestine, il s'agit plutôt de la région à l'est du Jourdain.

P

Philistins

Dans le livre des Juges, le peuple philistin, peuple de la mer, apparaît comme l'adversaire majeur s'opposant aux tribus d'Israël et comme un peuple impie (incirconcis : n'étant pas marqué par le signe de la circoncision). Même dans la période de la royauté qui suivra celle des Juges, les Philistins sont encore désignés comme l'ennemi d'Israël ; l'exemple le plus connu est celui du jeune David -pas encore roi- abattant de sa fronde le géant philistin Goliath.

R

Ruth

Le livre de Ruth est un récit du temps des Juges. Dans le culte juif, il est lu à certaines occasions comme la fête des prémices (puisque le récit relate la moisson). La rédaction finale du livre semble être très tardive, bien après le moment des faits que l'on raconte. Ainsi, le déchaussement (Ruth 4,7) est présenté comme une coutume périmée.

S

Sacerdotale

La Bible a été écrite en plusieurs étapes et avec de nombreuses sources. La source dite sacerdotale s'inscrit dans la tradition des prêtres qui daterait de la période de l'exil ou post-exilique.

Saül

Il est le premier roi d'Israël, on date sa royauté de 1030 à 1010 avant JC, mais on n'est pas sûr de son existence historique dans le sens où il n'y a aucun document autre que l'Ancien Testament qui nous renseigne sur lui.

Septante

Traduction grecque de la Bible hébraïque entreprise par les communautés juives d'Alexandrie en Egypte au 3e siècle av. JC. Elle était destinée aux juifs qui ne connaissaient plus l'hébreu. La légende veut que 72 (septante deux) savants juifs, travaillant en différents lieux et sans se consulter, soient arrivés à la même traduction en 72 (septante deux) jours. D'où le nom de " Septante " que l’on abrège aussi parfois en chiffres romains : LXX.

Sinaï

Le terme est rapproché du nom Sin qui était le nom d'une divinité lunaire en Mésopotamie et en Arabie, Exode 16,1. Il désigne le massif montagneux au sud du Néguev dans la péninsule du Sinaï dominée par le Djebel Moussa (montagne de Moïse). Cette localisation traditionnelle au dessus du monastère de Sainte Catherine, est liée à la tradition chrétienne du 4e siècle ap. JC. Cette localisation correspond malgré tout à Deutéronome 1,2 qui parle de "11 jours de marche à partir de Qadesh Barnéa".
Certains situent le mont Sinaï dans la région de Qadesh Barnéa : Djebel Arba au Nord Ouest du Sinaï. En
Galates 4,24-25, Paul désigne le Sinaï comme une montagne volcanique située au nord ouest de l'Arabie. L'Ancien Testament ne nous aide pas à localiser précisément ce lieu, son importance est plus symbolique que géographique. Dans l'Ancien Testament, le terme Sinaï est surtout utilisé dans des passages de l'Exode, du Lévitique et des Nombres, passages attribués à une école d'écriture sacerdotale, c'est-à-dire issue des prêtres en Israël.

T

Talmud

Vient du mot hébreu qui signifie "enseignement", "leçon". Talmud est le titre d'un recueil de la tradition rabbinique composé entre le 1er siècle et le 5e siècle. Il contient toute la tradition juive sous forme de discussions, de légendes, de paraboles et de débats. Il est composé de la "Mishna" (la tradition littéraire) et de la "Gemara" (les commentaires).

Tétragramme

C'est par les quatre consonnes appelées "tétragramme" (quatre lettres) YHWH que le Dieu d'Israël est désigné (on trouve aussi YHVH ou IHVH selon les auteurs). Aux quatre consonnes on a ajouté les voyelles du mot hébreu adonaï (mon Maître, mon Seigneur). Le tétragramme ne se prononce pas. Quand on lit le texte hébreu, on prononce "adonaï" d'après les voyelles ajoutées.

Théophanie

Ce mot d'origine grecque veut dire "Manifestation de Dieu" ou encore "Révélation de Dieu".

Tribu

La Bible raconte que c'est à partir des 12 fils de Jacob/Israël que se fit la division du peuple d'Israël en tribus. Mais les textes diffèrent au sujet du nombre et des noms des tribus à comptabiliser à cause des 2 fils de Joseph, Ephraïm et Manassé parfois comptés comme 2 tribus distinctes, parfois non car la tribu de Lévi était mise à part. (cf. Genèse 48-49 ;
Nombres 26).

Y

YHWH

YHWH ne comporte pas de voyelles en hébreu. Il vient de l'hébreu "hava" qui signifie "être" ce nom signifierait "celui qui était, est et sera". La racine arabe "hawa" signifie "l'air qui souffle" et a donné le nom d'Allah en arabe.
Quand l'hébreu, qui est une langue qui s'appuie sur des consonnes, fut fixé, le nom de Dieu le plus fréquemment utilisé dans l'Ancien Testament, "Yhwh", ne fut pas vocalisé (par ajout de voyelles) afin qu'il ne puisse pas être prononcé. En effet, après l'Exil* l'emploi du nom de Dieu a été progressivement évité par respect, et l'on dira "Adonaï" (mon Seigneur) à la place de Yhwh. C'est pour cette raison que les Massorètes (savants juifs du 4e-6e siècle qui ont vocalisé l'hébreu pour fixer le contenu du texte sur le plan grammatical) ont ajouté sous le tétragramme les voyelles de "Adonaï".
Le nom même de Dieu illustre la règle du Qeré Ketib : un certain nombre de mots hébreux écrits d'une certaine manière doivent être prononcés d'une autre manière. Le nom de Dieu s'écrit Yahvé et se prononce Adonaï.
La tradition qui a ajouté les voyelles d'Adonaï a donné le nom de Jéhovah. Une autre tradition a tenté de lire YAHVE, ce qui a été repris par de nombreuses traductions chrétiennes. Aujourd'hui, on accepte que le mot YHWH soit imprononçable, pour respecter le mystère et la transcendance de Dieu. Il est traduit par le SEIGNEUR en majuscules dans la plupart des Bibles.

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