Nicodème

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Cette rencontre de Jésus avec Nicodème se trouve au début de l’évangile selon Jean. Le fait de connaître le nom de cet homme montre son importance. Les deux indications qui qualifient Nicodème, pharisien et notable juif, permettent de dire qu’il est une personne publique et influente de Jérusalem. Comme pharisien, il connait la loi juive et fait partie du conseil qui a autorité pour l’interprétation et l’application de cette loi. Nicodème, dont le nom grec signifie soit « Peuple vainqueur », soit « Vainqueur du peuple » est ainsi au carrefour de la culture grecque et de la culture juive. Mais comme toutes les personnes importantes de l’évangile selon Jean, il représente plus que lui-même. Il personnifie l’élite intellectuelle et religieuse juive, et parmi cette élite ceux qui sont sensibles à la prédication de Jésus, bienveillants à son égard. Il caractérise une manière d’être disciple, discret et courageux, fidèle à la foi traditionnelle et ouvert à la nouveauté qu’amène Jésus. La rencontre entre Jésus et Nicodème est le premier tête à tête que rapporte cet évangile.Cette première rencontre éveille la curiosité du lecteur sur l’identité de Jésus, curiosité qui est maintenue à la fin du récit car la rencontre ne se termine pas de manière nette. Nicodème s’efface de la scène sans que l’on sache s’il a mieux compris qui est Jésus et si cette rencontre provoquera un changement dans sa vie. C’est une manière d’écrire l’Évangile qui garde en haleine l’attention du lecteur. Comprendre qui est Jésus prend du temps, le temps de lire tout un évangile !


La nuit

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Nicodème, ce savant, ce spécialiste de la loi juive, prend l’initiative de la rencontre avec Jésus mais rien n’est dit quant à ses motivations. Il choisit une heure calme et silencieuse pour rencontrer Jésus. Ainsi cette visite restera-t-elle secrète. Cela confère une note de vraisemblance au récit : il est probable qu’un notable juif ait préféré rencontrer Jésus incognito, alors que la ville de Jérusalem est remplie de pèlerins venus pour la fête de la Pâque juive. Et Jésus s’est déjà fait remarquer en chassant les marchands du temple, ce qui n’a pas été du goût des autorités juives (Jean 2,13-22). La nuit, selon cet évangile qui aime le langage symbolique, représente aussi la part obscure et ignorante que chacun a en soi. Nicodème le savant va se confronter à la limite de son savoir. Il vient vers Jésus avec une certaine idée de son identité et de son rôle : un envoyé de Dieu qui opère des actes miraculeux. Mais la suite de l’échange avec Jésus lui montrera son ignorance et l’emmènera loin de ses certitudes.


Les signes

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Nicodème ne vient pas vers Jésus avec une question, ni même avec une parole personnelle. Il exprime l’opinion que les pharisiens ont de Jésus : « nous savons… ». Et ce sont les signes, autrement dit les miracles, faits par Jésus qui éveillent la curiosité de Nicodème. Il a vu les signes ; sa connaissance des Écritures lui permet de voir la main de Dieu derrière ces signes. Mais il ne s’arrête pas à ces faits miraculeux. Il veut rencontrer Jésus. Il est impressionné par son pouvoir et veut en savoir plus sur celui qu’il reconnaît comme étant un envoyé de Dieu. Nicodème commence l’entretien en soulignant le savoir et le pouvoir de Jésus. Il salue en Jésus un faiseur de miracles, que l’on appelle aussi thaumaturge, et aussi un spécialiste de la Loi. C’est pour cela qu’il le nomme « Rabbi », terme hébreu pour « Maître ». Mais il pressent que Jésus n’est pas un maître comme les autres. Il lui reconnaît une autorité particulière, fondée dans sa relation à Dieu.


Naître d’en haut

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Jésus introduit sa réponse par l’affirmation solennelle : « en vérité, en vérité, je te le dis », ce qui est une façon d’insister sur l’importance de sa parole. Nicodème a reconnu en lui un « maître qui vient de Dieu » et Jésus donne à sa parole le poids d’une révélation divine. Il pose d’abord la condition « naître d’en haut » avant de dire que sans cette condition, personne n’a accès à la connaissance de Dieu. Il prend au dépourvu Nicodème qui vient avec tout son savoir sur Dieu. Le discours change de perspective : non plus les faits observables mais ce qui touche à l’existence, non plus les déductions raisonnables mais le langage imagé. Ce changement de registre va être source de malentendus pour Nicodème. Jésus associe la naissance, ce sur quoi l’être humain n’a aucune prise, à la possibilité de voir la présence de Dieu. Or, Nicodème soulève avec justesse qu’on ne peut retourner à la vie utérine, à l’origine, ni physiquement ni même en faisant appel aux souvenirs. Le malentendu réside là dans le double sens du mot « d’en haut » qui, en grec, signifie aussi « de nouveau ». Nicodème comprend « naître de nouveau » pris dans un sens physiologique sans passer au sens symbolique. Mais en même temps il met bien le doigt sur le fait que cette nouvelle naissance est un don. Le texte joue sur ce double sens pour dire que l’existence de toute personne n’est pas jouée définitivement à la naissance. Dieu peut donner une autre origine à notre vie et un nouveau départ.


Le malentendu dans l’évangile selon Jean

01 jean cl4bis  le malentendu

Le malentendu est un procédé employé fréquemment dans l’évangile selon Jean. L’évangéliste rapporte des dialogues initiés par une parole de Jésus qui peut être entendue de différentes façons. Le malentendu nait du décalage entre ce qu’entend l’interlocuteur de Jésus et le message que l’évangéliste met dans la bouche de Jésus. Le malentendu peut être une impasse, le vis-à-vis de Jésus restant embourbé dans son incompréhension (Jean 2,19 ; Jean 11,11). Ou bien le plus souvent, comme dans ce texte, le malentendu permet de rendre possible une démarche de compréhension. Nicodème relance le dialogue en posant une nouvelle question. Ses interrogations témoignent de sa perplexité et de son souci de comprendre ce que Jésus dit. Par ce jeu de questions/réponses, le lecteur est intégré dans la conversation. Contrairement à la personne qui fait face à Jésus dans le récit, il perçoit le décalage ou le changement de registre. Il peut alors se questionner sur sa propre compréhension des mots employés par Jésus. Ces dialogues avec malentendus permettent au lecteur de s’interroger sur sa façon d’exprimer la foi en Jésus Christ.


Le Royaume de Dieu

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Nicodème vient s’assurer qu’il a bien vu la puissance de Dieu à l’œuvre dans les actes de Jésus. Jésus lui répond que la naissance d’en haut est la condition nécessaire pour « voir le royaume de Dieu ». L’expression « Royaume de Dieu » est une image qui symbolise la proximité de Dieu dans le monde. Dans l’évangile selon Jean c’est la seule et unique fois où cette expression apparaît. Et c’est la seule fois dans les évangiles où il est question de « voir » le Royaume de Dieu (entrer dans le Royaume est plus fréquent). Ici l’accent est mis sur le fait que ce Royaume est vu et qu’on y entre à condition de naître d’en haut, de naître d’eau et d’Esprit. Nicodème est encore une fois décentré. Il a vu des signes ; il y a lu la puissance de Dieu mais pas plus. Jésus l’invite à voir plus et même à entrer dans cet espace de proximité avec Dieu. Et le fait que Nicodème interroge Jésus sur comment faire pour « voir le Royaume de Dieu » montre bien que le Royaume est une de ses attentes.


Naître d’eau et d’esprit

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Dans la réponse de Jésus à Nicodème, l’évangéliste développe l’image de la naissance en utilisant un langage symbolique. En parlant de « naître d’eau et d’esprit » on pourrait presque dire qu’il joue sur les mots. En effet, en grec, le même mot désigne le souffle, la respiration, et le vent. De ces sens concrets découlent le sens abstrait de souffle de vie, d’où l’esprit humain, et le sens religieux d’esprit divin qui insuffle la vie à l’être humain. Au début et à la fin du verset 8 se trouve le même mot grec, traduit ici en français au début par « esprit » et à la fin par « vent ». La personne née de l’esprit est comparée au vent libre et imprévisible que l’on ne voit pas, mais que l’on entend. La vie de la personne née de l’esprit trouve sa source en Dieu, au-delà de tout savoir humain.Ainsi au début du dialogue, Nicodème voulait en savoir plus sur la relation entre Jésus et Dieu. La réponse de Jésus porte sur la relation que Dieu tisse avec toute personne. Mais cette proximité avec Dieu reste incompréhensible pour Nicodème. Il veut des explications et pose encore la question du « comment » : « comment toutes ces choses peuvent-elles advenir ? ». Question immense dans son imprécision qui laisse voir son désarroi et amène ainsi le lecteur à remettre en cause tout ce qu’il croit déjà savoir.


Du souffle créateur au baptême

Pour les lecteurs de l’évangile selon Jean au premier siècle comme pour le lecteur d’aujourd’hui, l’expression « naître d’eau et d’esprit » évoque le baptême.

Dans le cadre du dialogue entre Nicodème et Jésus, la double signification de l’expression « naître d’en haut » ou « naître de nouveau » (versets 3 et 7) va résonner avec « naître d’eau et d’esprit ». Le malentendu est alors fécond : la seconde naissance envisagée par Nicodème au verset 4 va s’appliquer au baptême. Cette seconde naissance vient rappeler que l’existence de chaque personne dépend aussi de Dieu. La distinction entre chair et esprit qui est faite au verset 6 est une autre manière de symboliser les deux origines de l’être humain. Distinguer ne signifie pas opposer. Chair et esprit sont, dans la langue de la Bible, comme les deux versants de la condition humaine. L’être humain est mortel, limité, vulnérable, capable de faire le mal. C’est sa part charnelle. L’esprit, c’est le souffle de Dieu porteur de vie : « je mettrai mon souffle en vous pour que vous viviez. » (Ézéchiel 37,14). L’image de la naissance « d’eau et d’esprit » permet à l’évangéliste de souligner la nouveauté qui est signifiée dans le baptême. Il est le signe d’une vie toujours renouvelée donnée par Dieu sans contrepartie. Cette nouvelle relation à Dieu ouvre la conscience du croyant sur sa propre identité et sa place dans le monde. Cette possibilité de nouvelle naissance relativise tous les déterminismes liés aux conditions de la naissance.


Tu es maître en Israël

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Le dialogue entre Jésus et Nicodème se termine sur une note ironique. A la question de Nicodème qui veut en savoir plus sur la naissance d’eau et d’esprit, Jésus répond en mettant en évidence qu’un maître tel que Nicodème ne sait donc pas tout. Un maître en Israël, au sens d’enseignant, est un spécialiste de la Loi (ou Torah). Il a le souci de conformer sa vie aux préceptes édictés dans cette loi donnée par Dieu. Il est reconnu comme une autorité et les débats auxquels il prend part et les décisions qui en résultent constituent la loi orale. Nicodème est donc rompu aux discussions portant sur l’interprétation des textes. Jésus précise même que Nicodème est « le » maître en Israël, l’enseignant d’Israël, article qui a disparu dans les traductions en français. Or, par cet article, le ton change : la parole de Jésus est teintée d’ironie. Nicodème avait qualifié Jésus de « maître venant de Dieu ». Jésus appelle Nicodème « le maître d’Israël ». Le maître, personnifié en Nicodème, peut enseigner Israël mais il est incapable de comprendre ce dont parle Jésus. On trouve ici une critique du savoir doctoral des pharisiens qui fait passer à côté de l’évènement Jésus Christ.


Recevoir le témoignage

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Le dialogue avec Nicodème se clôt sur une deuxième affirmation solennelle de Jésus : « En vérité, en vérité, je te le dis ». A partir de là, il y a un changement de ton dans le dialogue. Le cercle des participants est maintenant élargi. Jésus associe d’autres personnes à son acte de témoignage : « nous témoignons ». Qui sont-elles ? D’abord Jésus, puis le cercle des disciples et enfin ceux qui ont reçu le témoignage des disciples, comme l’évangéliste, et qui témoignent à leur tour. Quel est ce témoignage ? Ce qui a été vu, les signes opérés par Jésus, mais aussi ce qui sera « vu » et « cru », après la croix et la résurrection, avec la venue de l’Esprit. Ainsi l’évangile dans sa totalité se présente comme un témoignage. Dans ce texte, il est dit que ce témoignage n’est pas reçu par tous. L’évangéliste met ainsi en évidence le fait que la réception du témoignage ne tient pas à son contenu, mais aux conditions dans lesquelles il est entendu. Ce témoignage ne peut être reçu que si l’on a foi en celui qui témoigne. Or maintenant, les paroles mises dans la bouche de Jésus sont destinées non plus seulement à Nicodème mais à un ensemble de personnes. Dans le cadre du dialogue, il s’agit de Nicodème et ses semblables. Mais ces paroles sont aussi adressées à tous les lecteurs. Chacun est alors placé devant le choix de recevoir ou non le témoignage. Le lecteur est ainsi mis en condition d’écoute pour la suite du discours.


Croire en une autre réalité

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Le verset 12 est le dernier du dialogue. Une dernière fois Jésus parle en son nom propre. Ces paroles servent de transition pour une nouvelle étape dans le discours. A partir du verset 13 celui-ci devient impersonnel. C’est l’évangéliste qui tire les conclusions du dialogue qu’il a rapporté précédemment. Un autre vocabulaire émerge pour mettre en mots et faire comprendre la relation qui existe entre Dieu et Jésus et les conséquences que cela a pour l’humanité. Les « choses terrestres » se rapportent au début du dialogue et concernent le passage de la vie ancienne à la vie nouvelle, autrement dit le salut de l’être humain. Ceux qui ne croient pas en la possibilité d’une nouvelle naissance, d’une vie nouvelle, sont tous ceux qui s’estiment justes devant Dieu, ou qui n’ont pas besoin de Dieu. Ceux-là ne peuvent pas croire à ce qui va être dit ensuite : « les choses du ciel », qui sont la réponse à la question de Nicodème « comment est-ce possible ? ». La foi naît d’un manque, d’un désir qui conduit à questionner sans cesse et à se remettre en question.


Le Fils de l’homme

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Pour la deuxième fois dans l’évangile selon Jean, il est question du « Fils de l’homme ». Comme dans les évangiles synoptiques, ce titre est mis dans la bouche de Jésus quand il parle de lui. Il parle alors de sa mission et de sa relation à Dieu à la troisième personne. C’est à l’interlocuteur et au lecteur de l’évangile d’identifier Jésus au Fils de l’homme. Cette figure est dans la tradition juive une figure de la fin des temps. Le Fils de l’homme annonce le jour du jugement du monde par Dieu et de la révélation définitive. Si Jésus est le Fils de l’homme, alors ses paroles et ses actes permettent d’ « ouvrir » le ciel (Jean 1,51) c’est-à-dire de révéler ce que Dieu veut pour le monde. L’évangéliste dit ici que le Fils de l’homme descend du ciel, ce qui signifie qu’il est proche de Dieu, le ciel définissant symboliquement le lieu de la présence de Dieu. Jésus, le Fils de l’homme est le médiateur entre le ciel et la terre, l’envoyé de Dieu.


L’élévation du Fils de l’homme

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En ce tout début de l’évangile, les propos de Jésus restent encore très énigmatiques. Il compare l’élévation du Fils de l’homme au serpent d’airain dressé au désert par Moïse (Nombres 21,4-9). Dans cet épisode les israélites malades qui regardent le serpent d’airain fixé sur une poutre sont guéris. Ce serpent est un signe et non un objet magique. Seul un regard de foi, de confiance en Dieu à travers Moïse, donne la guérison. Ce récit est bien connu de Nicodème et ses contemporains. Par contre, le destin du Fils de l’homme élevé sur une poutre en bois n’a aucune signification pour eux puisque le Fils de l’homme est une figure divine de la fin des temps. Le lecteur de l’évangile, lui, peut y lire l’annonce de la mort de Jésus, d’autant plus que l’évangéliste a déjà anticipé sur ce destin précédemment (Jean 2,19-22). Ici l’image de l’élévation permet de donner un sens à la mort de Jésus sur la croix. Tout comme le serpent dressé était le lieu du salut pour le peuple d’Israël empoisonné par le venin, ainsi la mort de Jésus sur la croix est-elle paradoxalement l’évènement décisif du salut. La mort de Jésus comme élévation ou glorification est une caractéristique de l’évangile selon Jean. La crucifixion, supplice infamant, est interprétée comme un sujet de gloire, un retour au Père, ce qui ne va pas sans questionnements. L’évangile selon Jean se donne pour but d’interpréter théologiquement cet évènement paradoxal de la croix.


La vie éternelle

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La comparaison avec le signe du serpent d’airain prend tout son sens ici. Tout comme le regard de la foi rendait la vie aux Israélites, ainsi toute personne pour qui Jésus crucifié (élevé sur la croix) est victorieux de la mort (élevé vers le Père) reçoit la vie éternelle. Cette vie éternelle est donnée à toute personne qui appartient à Christ parce que Jésus est l’envoyé du Père qui apporte la vie dans le monde. La vie éternelle désigne le passage à une existence nouvelle, existence qui ne s’achèvera pas avec la mort. Cette possibilité de vie nouvelle est donnée à l’instant de la rencontre avec la présence de Dieu incarnée en Jésus Christ. Elle est offerte sans condition à quiconque croit en cet évènement de l’incarnation.


L’amour de Dieu pour le monde

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A partir du verset 16 et jusqu’à la fin de ce passage au verset 21, le ton change à nouveau. Il s’agit du commentaire théologique de l’évangéliste qui expose le fondement de l’évènement paradoxal décrit dans les versets 14-15. C’est l’expression de l’amour de Dieu pour le monde qui conduit au don de la vie éternelle. L’évangéliste introduit la dénomination « Fils unique de Dieu » pour désigner Jésus, expression qui lui est propre. Le fils unique est de fait le fils bien aimé, le bien le plus précieux. En donnant ce qu’il a de plus cher, Dieu veut se révéler comme un Dieu qui s’offre au monde dans un acte d’amour illimité. L’amour de Dieu a une portée universelle, et le Fils a été envoyé pour sauver le monde. L’amour de Dieu n’est pas un sentiment, une empathie, mais bien un acte créateur qui culmine dans le don du Fils. Comme dans le verset précédent, la réponse à ce don pour le monde, pour tous, ne peut être qu’individuelle. Et la seule réponse possible pour recevoir la vie (être sauvé) est de croire en ce don du Fils de Dieu et de l’accepter. Autrement dit de confesser qu’en Jésus Christ, Dieu est présent et son amour agissant.


Jugement et salut

Après avoir parlé du salut individuel, recevoir la vie éternelle, l’évangéliste envisage les conséquences de l’envoi du Fils pour le monde. Dire que le Fils est l’envoyé de Dieu signifie qu’il est son représentant dans le monde, qu’il révèle son visage. Or ce visage est celui d’un Dieu qui sauve et non pas d’ un Dieu qui juge. Le monde s’est détourné de Dieu (Jean 1,10), mais Dieu reste présent. Le Fils révèle au monde que Dieu est un Dieu qui veut renouveler la vie sans cesse abimée ou détruite. En Jésus Christ, Dieu n’est pas du côté de la mort et de la condamnation mais du côté de la vie.

En donnant à Jésus à la fois les noms de « Fils de l’homme » et de « Fils unique », l’évangéliste signifie que la fin des temps advient avec la venue de Jésus dans le monde. Il n’y a pas à attendre le salut dans un futur inconnu.L’évangéliste met en relief ensuite cette priorité du salut sur la condamnation en opposant deux attitudes humaines. Celui qui ne croit pas est déjà jugé parce qu’en refusant de croire au Fils il s’enferme dans sa perdition. Le jugement relève donc de la responsabilité de l’être humain. Le croyant est sauvé, préservé du jugement et le non-croyant s’est jugé lui-même dans son refus de croire.


Venir à la lumière

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Comment la personne qui ne croit pas en Jésus Christ se soumet-elle elle-même au jugement ? Pour expliquer cela l’évangéliste recours à l’opposition entre lumière et ténèbres à la fin de ce discours. La venue du Fils, et donc le jour du jugement, est ici symbolisée (comme dans le prologue) par la venue de la lumière. A l’amour du Père pour le monde, répond l’amour de l’humanité pour les ténèbres : « les humains aimèrent plus les ténèbres que la lumière » (Jean 3,19). Rester dans les ténèbres signifie pour l’individu vivre dans un monde sans Dieu, à l’abri de tout jugement de vérité sur sa vie et sa conduite. Les « œuvres mauvaises » s’opposent aux « œuvres de vérité ». Il n’y a donc pas ici constat de déficience morale mais un refus de se confronter à l’Autre, un refus d’être au bénéfice de l’amour inconditionnel de Dieu. Au contraire, mises en pleine lumière les « œuvres de vérité » se révèlent être des œuvres qui ont leur origine en Dieu, faites par celui/celle qui est né/e d’en haut.


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