L’évangile selon Jean

L’évangile selon Jean, le quatrième évangile, est tout à fait original par rapport aux évangiles dits synoptiques, Matthieu, Marc et Luc. Il ne suit pas la même trame chronologique du ministère public de Jésus et rapporte peu de paroles et gestes en commun avec les évangiles synoptiques. Il se présente comme un livre rapportant les paroles prononcées et les signes opérés par Jésus. Ce livre est destiné à une communauté qui confesse sa foi dans le Prologue : « personne n’a jamais vu Dieu ; Dieu Fils unique qui est dans le sein du Père nous l’a dévoilé. » (Jean 1,18). Cet évangile se donne pour but d’affermir la foi de cette communauté qui trouve son identité dans l’affirmation qu’en Jésus Christ Dieu s’est totalement donné et dit. On appelle cette communauté la communauté johannique.

L’évangile selon Jean se caractérise par un langage original. En dehors d’un vocabulaire spécifique, le trait essentiel est l’utilisation d’un langage symbolique. Il s’agit souvent de couples de termes opposés, comme lumière/ténèbres, vie/mort… Cela permet à l’auteur d’exprimer sa vision dualiste de la réalité. Les titres donnés à Jésus sont nouveaux par rapport aux évangiles synoptiques : le Fils, l’envoyé du Père. Le Fils se présente dans des affirmations introduites par « je suis » suivies généralement d’images symboliques. La mort et la résurrection de Jésus sont présentées comme un seul évènement. Il est dit que Jésus est « élevé » ou « glorifié ». Le salut se dit aussi avec des images nouvelles. Se présentant délibérément comme un écrit qui part de la foi d’après Pâques, de la foi en Jésus glorifié, l’évangile selon Jean est écrit dans un style spécifique. Le temps du récit n’est jamais le même que celui de l’écriture et il y a souvent des anticipations qui expliquent une situation du récit par ce qui est advenu après. Il utilise aussi le malentendu et l’ironie, le lecteur étant toujours supposé en savoir plus que le personnage du récit. Les séquences sont toujours très longues et représentent un lent cheminement de la pensée. Cela rend d’autant plus problématiques les affirmations théologiques faites à partir de sélections de versets pris hors de leur contexte.


Jésus à Jérusalem

Dans l’évangile selon Jean, Jésus se rend plusieurs fois à Jérusalem alors que dans les évangiles synoptiques il monte à Jérusalem pour la Passion. Il ne faut pas s’en étonner. En effet, les évangiles sont des constructions théologiques et les évènements historiques vécus par Jésus et ses disciples sont rapportés en fonction du sens de l’ensemble de l’ouvrage. Dans l’évangile selon Jean, le ministère de Jésus est marqué par ses séjours à Jérusalem lors des grandes fêtes juives : la Pâque (Jean 2,13-3,21), une fête (Jean 5), la fête des tentes (Jean 7,1-10,21), la fête de la Dédicace (Jean 10,22-39), la Pâque (Jean 12,12-20,29). Les scènes qui se passent à Jérusalem montrent l’opposition et l’hostilité grandissantes des autorités juives vis-à-vis de Jésus.


Le devenir de Nicodème dans l’évangile selon Jean

On croise de nouveau Nicodème dans l’évangile de Jean à deux reprises. Il n’est plus en présence de Jésus mais il intervient à son sujet et ses paroles et ses actes nous montrent que Jésus est resté présent dans sa vie après leur première rencontre. Lors de la fête des tentes à Jérusalem, les grands prêtres et pharisiens sont réunis en conseil. Ils veulent arrêter Jésus parce que dans la foule certains voient en lui le Messie, ce qu’eux, représentant les autorités, ne peuvent admettre. Nicodème prend sa défense et demande que Jésus ait le droit de répondre aux accusations, comme le veut la loi juive. C’est une prise de position courageuse parce qu’il s’oppose à la décision des autorités juives dont il fait partie. Il met en doute leur capacité à interpréter correctement la loi juive et les Ecritures. Au contraire il fait confiance à Jésus pour qu’il révèle si oui ou non il est le Messie. Après la crucifixion et la mort de Jésus, Nicodème se joint à Joseph d’Arimathée pour ensevelir le corps de Jésus. Il ne se préoccupe pas de contrevenir aux ordres des autorités romaines ni d’affronter l’hostilité des autorités juives. Il apporte une fortune en parfum pour oindre le corps du crucifié avant sa mise au tombeau. Ce geste va au-delà des simples honneurs rendus à l’homme qu’a été Jésus. Nicodème glorifie le corps de Jésus plus encore qu’on le ferait pour le corps d’un roi. Ce geste révèle l’attente implicite de Nicodème : cette mort sur la croix est-elle vraiment le dernier mot de Dieu prononcé sur la vie de Jésus ?


Rencontres personnelles avec Jésus

L’évangile selon Jean est jalonné de rencontres entre Jésus et des personnes avec lesquelles il engage un dialogue. Parmi celles mises plus particulièrement en valeur, il y a la Samaritaine (Jean 4), la femme adultère (Jean 8, 1-11), l’aveugle-né guéri par Jésus (Jean 9), Marthe et Marie (Jean 11,17-29).

Chacune de ces rencontres est l’occasion, pour l’auteur de cet évangile, de développer un trait de l’identité de Jésus ou un élément de sa mission. Certaines rencontres ouvrent à des échanges où Jésus révèle son identité : avec Nicodème comme avec la Samaritaine (Jean 4,26), avec l’aveugle-né (Jean 9,36-37) ou avec Marthe (11, 21-27).On ne sait rien de ces personnes en dehors de leur dialogue avec Jésus. Par le biais de ces dialogues l’évangéliste montre l’importance de la rencontre personnelle avec Jésus sur le chemin de la foi. Le message et le messager se confondent. La foi ne naît pas par l’apprentissage d’un savoir mais dans l’expérience d’une rencontre avec celui qui donne la vie.


Lumière et ténèbres

L’évangile selon Jean présente une réalité coupée en deux et exprime cela en utilisant des oppositions symboliques, lumière/ténèbres étant une des plus fondamentales. La lumière est la vie (Jean 1,4-5), et à l’inverse la nuit est le symbole du monde qui se détourne de Dieu. Ainsi il fait nuit quand Judas s’apprête à trahir Jésus (Jean 13,30). Autre exemple : les êtres humains restent dans les ténèbres pour ne pas connaître la vérité sur leurs œuvres mauvaises (Jean 3,19). La foi consiste donc à aller des ténèbres à la lumière, c’est ce qu’entreprend Nicodème en s’approchant de Jésus, « lumière du monde » (Jean 8,12). C’est aussi ce que fait tout lecteur qui se plonge dans les évangiles.


Usage du mot signe dans l’évangile selon Jean

Dans de nombreuses versions françaises du texte biblique, le mot « signe » est traduit par « miracle » ou « prodige ». Pourtant le mot grec choisi par l’auteur de l’évangile signifie bien «signe». Dans les autres évangiles, le mot grec qui signifie « puissance» est utilisé pour parler des miracles. L’accent est alors mis sur la puissance de Dieu qui se manifeste dans les actes extraordinaires de Jésus. Le prodige, manifestation de puissance, se suffit à lui-même. Par contre le signe renvoie à quelque chose ou quelqu’un au-delà de lui. En utilisant le mot « signe », cet évangile choisit de façon délibérée de ne pas porter son intérêt sur l’aspect incroyable des actions de Jésus. Il veut mettre en évidence que les actes de Jésus font signe. Ils appellent à voir au-delà des faits, à dépasser l’évènement pour trouver son sens véritable. Cela passe par la parole, et le signe invite à entrer en communication. Jésus répond à l’attente des personnes qui croient que la présence de Dieu change quelque chose dans leur vie. Mais il se méfie de ceux qui ne se tournent vers lui que parce qu’ils voient en lui un faiseur de miracles (Jean 2,23-25). Voir la puissance de Dieu à l’œuvre dans les miracles doit conduire à croire en sa présence aimante et agissante dans le monde malgré le mal et la mort.


Les principaux signes de Jésus selon Jean

L’Evangile selon Jean rapporte sept signes de Jésus, chacun déployant une dimension de la mission de Jésus. Le signe de Cana où l’eau est changée en vin, est le signe de la vie abondante en Dieu (Jean 2,1-11). La guérison du fils de l’officier royal est le signe de la vie donnée et redonnée par Dieu (Jean 4,43-54). La guérison du paralysé de Bethzatha est le signe de la dignité d’une vie devant Dieu (Jean 5,1-18). La multiplication des pains est le signe d’une vie rassasiée par Dieu (Jean 6,1-14). La marche sur la mer est le signe de la maîtrise de Jésus sur les forces de la nature, maîtrise confiée par Dieu (Jean 6,16-21). La guérison de l’aveugle-né révèle que Jésus est la lumière du monde (Jean 9). La guérison du fils de l’officier royal, celle du paralysé et celle de l’aveugle-né sont les trois signes effectués à Jérusalem. Ils suscitent tous les trois l’hostilité grandissante des autorités juives vis-à-vis de Jésus. Le dernier signe, le relèvement de Lazare, est à la fois le plus spectaculaire et le plus ambivalent. Il provoquera la décision de faire périr Jésus (Jean 11).

Les prises de parole de Jésus dans l’évangile selon Jean Dans l’évangile selon Jean, les paroles de Jésus sont souvent introduites (25 fois) par la formule « en vérité, en vérité, (ou amen, amen) je vous le dis ». Dans la tradition juive, « amen » est un répons qui marque l’approbation. Dans l’évangile de Jean, et aussi dans la tradition synoptique*, cette formulation solennelle est toujours mise dans la bouche de Jésus. Elle porte à la fois sur le locuteur, Jésus, et sur les paroles qu’il va dire. Les paroles ainsi introduites sont des révélations divines parce que c’est Jésus qui les prononce. Mais cela ne veut pas dire que le lecteur doive sacraliser ces paroles ainsi introduites. L’évangéliste les présente bien comme un témoignage à recevoir et à interpréter.


Naître et vivre

Dans l’évangile selon Jean, le thème de la naissance est très présent et traité de manière nouvelle par rapport au reste de la Bible. A l’image de la relation qui le lie à Jésus Christ, son Fils, Dieu le Père, appelle toute personne à devenir son enfant. Ainsi dans le Prologue de l’évangile, celles et ceux qui ont accueilli le Verbe fait chair (Jésus) « ne sont pas nés du sang ni d’un vouloir de chair, ni d’un vouloir d’homme mais de Dieu » Jean 1,12. Le salut de l’être humain est ainsi exprimé par le don d’une vie nouvelle. Cette nouvelle naissance est offerte à toute personne, quelle que soit son appartenance religieuse. Elle permet de relativiser les assignations imposées par la naissance dans un temps, un lieu et une société donnés. L’auteur de l’évangile rapporte ainsi plusieurs rencontres avec Jésus qui ouvrent à un changement radical pour celui qui naît en Dieu.


Le Royaume/Règne de Dieu dans la Bible

Un des titres de Dieu dans l’Ancien Testament est d’être le roi de son peuple, Roi des rois, le roi du monde (1 Samuel 12,12 ; Ésaïe 6,5 ; Jérémie 10,7 ; Psaume 24). Cette souveraineté est toujours envisagée dans le sens dynamique d’exercice du pouvoir : Dieu règne. Mais on n’y trouve jamais l’expression « royaume/règne de Dieu » alors qu’elle est très fréquente dans les évangiles synoptiques pour exprimer la dynamique du salut. Le mot grec utilisé peut se traduire soit par « royaume », soit par « règne ». L’expression « royaume de Dieu ou des cieux » souligne la dimension spatiale. Le mot « règne » fait ressortir le dynamisme de l’exercice de la royauté.

Dans les évangiles synoptiques, la prédication de Jésus consiste à annoncer que le Royaume s’est rendu proche (Matthieu 4,17). Les paraboles de Jésus racontent à quoi ressemble cette présence de Dieu porteuse de salut (Matthieu 13, 24-33 ; Marc 4, 26-31). La prière que Jésus laisse à ses disciples invoque aussi la venue du Règne de son Père (Luc 11,2). Jusqu’au bout des évangiles, le thème de la royauté sera présent et source de malentendus ou d’incompréhension, puisque le motif de la condamnation de Jésus est d’être Roi des Juifs (Matthieu 27,37). Dans l’évangile selon Jean l’accent est mis sur la révélation en Jésus Christ de Dieu comme Père. Le thème du Royaume est donc inexistant. Toutefois, ce thème revient dans le face à face entre Jésus et Pilate. A la différence des évangiles synoptiques, Jésus est explicite au sujet de sa royauté et répond à Pilate qu’elle « n’est pas de ce monde. » (Jean 18, 36-38).


L’Esprit dans l’évangile selon Jean

L’Esprit de Dieu, le souffle de Dieu est dans la Bible la manière symbolique de parler de la présence de Dieu parmi les hommes. Dans l’évangile selon Jean, l’esprit est le concept qui exprime symboliquement ce qui vient d’en-haut, ce qui vient du Père et ce qui détermine l’existence nouvelle du croyant en opposition au monde. Dans l’évangile selon Jean, l’esprit dans le sens d’Esprit divin est toujours en lien avec Jésus. Jésus est l’envoyé de Dieu qui a reçu l’Esprit et manifeste sa volonté d’après le témoignage de Jean le Baptiste. Le Saint Esprit n’est envoyé qu’après la mort et la résurrection de Jésus, comme il en fait la promesse à ses disciples. Il est appelé « paraclet », que l’on peut traduire par avocat ou intercesseur. Dans ce temps d’après Pâques, l’Esprit témoigne de la présence de Dieu parmi les hommes. Il permet aux croyants de rester en lien avec Jésus et de relire tout ce que Jésus a dit et fait en tant qu’envoyé de Dieu. L’évangile selon Jean est écrit selon ce principe. L’évangéliste se place délibérément dans le temps d’après Pâques, après la mort et la résurrection du Christ, comme témoin avec d’autres de la révélation de Dieu en Jésus Christ. Cet évènement passé est rendu actuel par l’action de l’Esprit. L’Esprit agit pour les rédacteurs de ces témoignages comme après il agit pour les destinataires et lecteurs de l’évangile.


Le baptême dans les évangiles

Les évangiles parlent du baptême de repentance prêché par Jean le Baptiste. Le baptême chrétien, inscrit dans la continuité du baptême de repentance, prend un sens complètement différent pour les disciples de Jésus après sa résurrection. Même si Jésus a pu commencer son ministère dans le sillage des mouvements baptistes, les évangélistes vont insister sur la rupture essentielle entre la prédication de Jean le Baptiste et la mission de Jésus. Les trois évangiles synoptiques décrivent le baptême de Jésus par Jean le Baptiste. Ce geste est accompagné d’une manifestation de Dieu qui révèle l’identité de Jésus, le Fils bien-aimé (Matthieu 3,17). Dans l’évangile selon Jean il n’y a pas de récit du baptême de Jésus. Jean le Baptiste témoigne que Jésus est le Fils de Dieu parce qu’il a vu et entendu cette révélation. Dans son témoignage, il fait la distinction entre son baptême, qui est un baptême d’eau, alors que Jésus est celui qui « baptise dans l’Esprit saint » (Jean 1,29-34). Ainsi l’évangéliste fait bien ressortir la spécificité du baptême chrétien pratiqué dans les communautés. Ce baptême est le geste symbolique de la nouvelle naissance selon l’Esprit, et le signe de la foi en Jésus Christ, l’envoyé du Père.


Le témoignage dans l’évangile selon Jean

Le témoignage est un concept très important dans l’évangile selon Jean. L’évangile lui-même se présente comme le témoignage des signes faits par Jésus, signes étant eux-mêmes la révélation de la proximité de Dieu en Jésus (Jean 19,35-37 ; 20,30-31 ; 21,24). Il s’agit d’un emboîtement de témoignages. Le premier témoignage dans l’évangile est celui de Jean le Baptiste (Jean 1,29-34). Il est celui qui a été envoyé par Dieu pour témoigner que Jésus est le Christ attendu. Ce témoignage est fait au tout début de l’évangile et ensuite Jean Baptiste s’efface pour laisser la place au témoignage de Jésus. Ce sont les œuvres de Jésus qui lui rendent témoignage, et non pas les hommes. Elles lui ont été données par son Père et de ce fait témoignent qu’il est l’envoyé de son Père. Son Père lui-même lui rend témoignage en ce qu’il se révèle en lui. Enfin les Ecritures (qui désignent ici l’Ancien Testament) témoignent aussi de cet envoi par le Père.

Il est important de noter que le témoignage est celui de l’envoi par le « Père » et non par « Dieu ». Dans l’évangile de Jean, l’essentiel est la révélation d’un Dieu Père, un Dieu qui veut faire des êtres humains ses enfants. Après sa résurrection, appelée son retour au Père, le témoignage de Jésus est relayé par l’Esprit, le Paraclet. Le témoignage des disciples qui est transmis pour devenir écriture dans l’évangile, porte sur ce qu’ils ont vécu avec Jésus, de son vivant mais aussi après son retour au Père. En effet Jésus Christ est alors rendu présent par l’Esprit qui permet d’interpréter ses œuvres et sa mort.


La figure du Fils de l’homme

L’expression « Fils de l’homme » revient 30 fois chez Matthieu, 15 fois chez Marc, 25 fois chez Luc et 13 fois chez Jean. C’est dire son importance et pourtant son origine reste assez énigmatique. Dans l’Ancien Testament le titre « Fils d’homme » se trouve dans le livre de Daniel pour désigner un homme céleste qui viendra d’auprès de Dieu à la fin des temps pour le jugement. Dans le livre d’Ézéchiel c’est un nom propre donné au voyant dans les oracles qui annoncent la fin des temps. Ce titre est plus fréquent dans les écrits juifs apocalyptiques où il désigne l’homme véritable tel qu’il interviendra à la fin des temps.

Dans le Nouveau Testament, l’expression Fils de l’homme n’est utilisée que dans les évangiles. Ce titre est toujours placé exclusivement dans la bouche de Jésus (une exception dans Actes 7,56). Il l’emploie toujours à la 3ème personne, comme s’il faisait parler un autre que lui-même, pour définir sa mission : juge de la fin des temps (Matthieu 10,23-24), envoyé de Dieu qui pardonne les péchés (Marc 2,10-11). Ce titre accompagne l’annonce de la passion de Jésus (Luc 9,22-44). Dans l’évangile selon Jean, il accompagne souvent l’annonce du jugement du monde qui est contemporain de Jésus et non plus renvoyé à la fin des temps. Les évangiles affirment donc que Jésus est le Fils de l’homme, cette figure messianique de la fin des temps annoncée dans la tradition juive. Contrairement à la perspective juive où le Fils d’homme ne meurt pas, Jésus annonce précisément la fin de sa vie, en parlant du Fils de l’homme qui va souffrir et mourir. Cette assimilation permet de dire que l’évènement de la croix est l’évènement messianique qui ouvre la fin des temps.


La vie dans l’évangile selon Jean

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Dans l’évangile selon Jean le salut de l’être humain s’exprime par le don de la vie éternelle. L’expression « vie éternelle » n’a pas seulement le sens temporel de vie sans limite. La vie éternelle est d’abord une vie qualitativement différente, telle qu’elle est voulue par Dieu. Dans l’évangile selon Jean, la vie n’appartient pas au monde. Dieu est à l’origine de la vie et c’est ce qui le distingue du monde. Dans le Prologue le Verbe divin a amené le monde à l’existence. Cette Parole de Dieu s’est incarnée en Jésus Christ dans l’histoire et à travers les paroles et les œuvres de Jésus elle continue à apporter la vie au monde. La mission de Jésus est d’apporter la vie en plénitude. Cette vie en plénitude est donnée à quiconque croit en lui. Ainsi le don de la vie éternelle concerne l’aujourd’hui de la foi tout autant que l’au-delà de la mort.


L’amour dans l’évangile selon Jean

Foi et amour sont liés l’une à l’autre. La foi est la confiance totale en l’amour de Dieu révélé dans la vie, la mort et la résurrection de Jésus Christ. L’amour de soi et du prochain est la mise en acte de la vérité de l’Evangile reconnue dans la foi. L’évangile selon Jean développe ce lien entre foi et amour de façon tout à fait originale. L’amour qualifie en premier lieu la relation que le Père entretient avec le Fils (Jean 15,9). Le Père a tout montré et tout donné au Fils. Les disciples, ceux qui appartiennent à Jésus, sont aimés du Fils qui leur révèle tout ce que le Père lui a montré. Le Fils donne aux disciples de s’aimer les uns les autres et de transmettre l’offre de la révélation dans le monde. L’amour est donc dans l’évangile selon Jean l’appartenance réciproque du Père, du Fils et des disciples au même univers de la révélation de Dieu, de la connaissance de la vérité et du don de la vie. L’amour trouve donc son sens et sa fonction dans la transmission de la révélation. C’est en s’aimant les uns les autres que les disciples témoigneront de ce qu’ils ont reçu du Fils.


Le monde dans l’évangile selon Jean

Dans l’évangile selon Jean, le concept de « monde » désigne le monde humain et non pas l’univers comme dans la pensée gréco-hellénistique. C’est le lieu où Dieu s’est révélé dans la création (Jean 1,10) et continue à se révéler comme un Dieu aimant et créateur de nouveauté. Le monde est aussi caractérisé par son refus de recevoir Dieu (Jean 1,11 ; 15,18 ; 16,33). Mais il n’est pas mauvais en soi et les croyants ne doivent pas le rejeter. Il ne s’agit ni de le craindre, ni de le fuir. Au contraire, les croyants reçoivent la vie éternelle dans ce monde et pour ce monde et témoignent de leur foi ici et maintenant.


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