Module Pour une première approche de la Bible



Conter l'Evangile



Evangile de Luc chapitre 15, versets 3-7

 

 3 

Alors il [Jésus] leur dit cette parabole:

 4 

"Lequel d'entre vous, s'il a cent brebis et qu'il en perde une, ne laisse pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller à la recherche de celle qui est perdue jusqu'à ce qu'il l'ait retrouvée?

 5 

Et quand il l'a retrouvée, il la charge tout joyeux sur ses épaules,

 6 

et, de retour à la maison, il réunit ses amis et ses voisins, et leur dit: Réjouissez-vous avec moi, car je l'ai retrouvée, ma brebis qui était perdue!

 7 

Je vous le déclare, c'est ainsi qu'il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de conversion."

Traduction œcuménique de la Bible


  • Que penser de ce berger : est-il sage ? Fou ? Inconscient ? Irresponsable ? Très généreux ?
  • Et les 99 brebis laissées dans le désert ?
  • Si j'étais l'une d'elles, laissé/e par le berger dans le désert, voici ce que je penserais...
  • Maintenant, si j'étais la brebis perdue et retrouvée, voici ce que je penserais...
  • Et le ciel, que représente le ciel dans cette histoire ?

Cliquez sur les termes soulignés : les notices s’affichent en dessous de ce texte

Evangile de Luc chapitre 15, versets 3-7

 

 3 

Alors il [Jésus] leur dit cette parabole:

 4 

"Lequel d'entre vous, s'il a cent brebis et qu'il en perde une, ne laisse pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller à la recherche de celle qui est perdue jusqu'à ce qu'il l'ait retrouvée?

 5 

Et quand il l'a retrouvée, il la charge tout joyeux sur ses épaules,

 6 

et, de retour à la maison, il réunit ses amis et ses voisins, et leur dit: Réjouissez-vous avec moi, car je l'ai retrouvée, ma brebis qui était perdue!

 7 

Je vous le déclare, c'est ainsi qu'il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de conversion."

Traduction œcuménique de la Bible


Après étude du texte, nous vous proposons une série de questions qui vous permettront d'actualiser le texte, et de faire de ce récit le vôtre
(nb : les visuels associés aux questions sont uniquement présents pour vous inspirer, mais ne constituent pas un élément de réponse)

Partager avec l'équipe Théovie vos réflexions


  • 20031120230308


    Est-ce que ce genre de récit imagé vous déconcerte, vous parle ou vous laisse indifférent ?

  • 20031120230404


    En quoi la figure de Dieu qui se dégage de cette parabole vous éclaire sur vous-même, votre vie, votre relation aux autres ?

  • 20031120230457


    Le mot conversion a-t-il encore un sens aujourd'hui ? Si oui lequel ? Quelle image de la conversion donne ce texte ? Quelle conception en avez-vous ?

  • 20031120230610


    La joie est-elle un sentiment qui vous est familier ? En quelles occasions plus particulières ? Comment l'exprimez-vous ? Avez-vous envie de la faire partager ?



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Soyez acteur de votre lecture


  • Après l'introduction du verset 3 se trouve la parabole.
    Dans celle-ci, faites la liste des différents personnages.
    Quelles sont leurs actions (relever les verbes) ? Sont-ils tous actifs ?
    Ces personnages ont-ils des relations entre eux ? Si oui, lesquelles ?
    Qui est le personnage principal de cette parabole ?
    Quelle est la situation au départ et à la fin de la parabole ? Où se situe la fin de la parabole ?
  • Comment comprenez-vous le lien du verset 7 avec ce qui précède ?
    Trouvez-vous des termes dans ce verset 7 qui reprennent des termes des versets 4-6 ? Voyez-vous des correspondances entre le verset 7 et les verset 4-6 ? Des différences ? Des oppositions ?
  • D'après ce texte, qu'est-ce qu'une parabole ? En connaissez-vous d'autres ?
  • Quel/s titre/s donneriez-vous à ce texte ?
  • Vous posez-vous d'autres questions ? Auriez-vous envie d'explorer d'autres pistes?

Un peu de culture...

Littérature

Cette parabole a inspiré de nombreuses créations s'adressant aux enfants :

  • La brebis égarée de Roland BACRI

    "AH ! DIS-MOI DONC, BERGÈRE
    A qui sont ces moutons ?
    - Par ma foi, doux Jésus,
    A moi qui les gardions Et tra la la déridérette
    Et tradéron la

    - Ah ! dis-moi donc, bergère,
    Combien as-tu d'moutons ?
    - Par ma foi, doux Jésus,
    Il faut que j'les comptions

    Allongeons-nous, bergère,
    Tes moutons nous compt'rons
    - En compt'rond, doux Jésus,
    Sûr que j'm'endormirons.

    N'aies peur du loup, bergère
    Par ma foi, j'y veill'rons
    - Par ma foi, doux Jésus,
    Mon compte serait bon.

    Je suis, vois-tu, bergère,
    La Porte des brebis !
    - Par ma foi, doux Jésus
    Ça qu'y faut pas en tondre !

    Morale de l'histouère
    N'est brebis égarée
    Que si elle n'envoie
    Pas paître pâtre apôtre."

    Bacri, Roland, J'ai descendu dans mon Jourdain, La Bible rechantée par le petit poète, La découverte, 1999, page 115.

  • La brebis perdue, Choeur parlé à 6 voix pour des jeunes, de Marion Combes.

    Ce choeur parlé à 6 voix pourrait devenir une petite saynète, mais dans ce cas il faudrait mémoriser le texte. En choeur parlé, les lecteurs, texte en main seront face au public, pas nécessairement alignés, mais les 5 brebis qui aiment leur "chez soi" devront être proches l'une de l'autre. Il ne faut pas aller trop vite et surtout respecter des temps: en particulier ceux qui sont indiqués, ceux que l'on peut sentir nécessaires, par exemple en fin de paragraphes et après les répliques de la brebis N°5.

    Voix (personnages) :
    Le Berger
    5 brebis (la cinquième est un peu dure d'oreille) : 1,2,3,4,5.

    Berger : (il compte) - une brebis, deux brebis, trois brebis, quatre brebis...
    1 - Nous sommes toutes ici.
    2 - Toutes les brebis, toutes rassemblées.
    3 - Pas une ne manque à l'appel.
    1 - Pas une
    4 - (à 5) Ca fait du bien d'être chez soi.
    5 - Comment ?
    4 - Je dis : ça fait du bien d'être à la maison !
    Berger : (il compte) - 97,98,99,... où est la centième ?
    1 - Nous sommes toutes ici.
    Berger : Vous étiez cent brebis...où est la dernière ?
    2 - Nous n'avons rien remarqué !
    Berger : Pourtant il en manque une, j'en suis sûr !
    3 - Nous ne manquons jamais à l'appel, nous !
    Berger : Elle est restée dehors ?
    4 - Nous, nous sommes dedans !
    Berger :- Je dois aller la chercher !
    5 - Qu'est ce qu'il dit ?
    1 (au berger :)- Ne sors pas ! Berger : Je dois sortir.
    2 - Dehors il fait nuit ! Berger : Je dois la trouver
    3 - Le loup pourrait te manger !
    Berger : le loup pourrait LA manger.
    4 - Qui s'occupera de nous ?
    Berger : Je veux la sauver
    1 - Ta place est ici. Berger : Je veux...
    2 - Avec nous....
    Berger : La sauver.
    3 - Dedans... (un temps)
    5 - J'ai compris : il manque la petite brebis !
    4 - Oui, celle qui est toujours à la traîne !
    5 - Ah bon ? Elle est toujours à la traite ?
    Berger :- Laissez-moi partir.
    1 - Une seule brebis a donc tant d'importance ?
    2 - Plus d'importance que 99 ?
    3 - Tu te soucies plus d'une brebis rebelle...
    4 - ...que de 99 brebis obéissantes ? C'est une honte !
    5 - A la tonte ? Mais qu'est-ce qu'elle fait à la tonte en cette saison ?
    1 - Tu veux nous laisser ! Berger : C'est elle qui est seule.
    2 - Sans notre berger, nous sommes perdues !
    Berger : C'est elle qui est perdue.
    3 - Nous avons peur !
    Berger : C'est elle qui tremble.
    4 - Nous allons mourir !
    Berger : C'est peut-être elle qui meurt. (Un temps)
    1 - Il a raison : ici nous ne risquons rien.
    2 - Nous avons suffisamment de nourriture pour tenir plusieurs jours.
    3 - Alors... va berger !
    4 - Va trouver la brebis perdue !
    1 - Ramène-la vite !
    2 - On se débrouillera !
    3 - Mais... reviens vite, berger !
    4 - Avec elle !
    1 - Oui, avec la brebis perdue !
    4 - retrouvée !
    3 - Oui avec la brebis retrouvée ! (le berger s'en va)
    5 - Mais où va t'il ?
    Fin (on peut prévoir sur cette fin suspendue un petit temps de musique)

  • Langis PLANTE a adapté ce récit de Luc et en a fait un conte pour enfant qu'il a illustré: "Par un bon après-midi de printemps…ou… une version se voulant inuit de la parabole de la brebis perdue" Le voici: http://www.samizdat.qc.ca/arts/av/bd/l_plante/am00.htm

Film

Le film "Bagdad Café", une parabole cinématographique.


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Il leur dit - [Clés de lecture]

20031118222915

Il s'agit de Jésus explicitement nommé en amont au chapitre 14, verset 3 dans le texte grec. Après avoir lu la parabole pour elle-même, il est important de lire les deux versets qui l'introduisent; ceux-ci indiquent la situation dans laquelle Jésus s'est exprimé et pointent ce qui fait problème.
Luc 15,1-2
Les collecteurs d'impôtsRencontre de Jésus avec un percepteur dans le module 12 rencontres et les pécheurs s'approchaient tous de lui [Jésus] pour l'écouter. Et les pharisiens et les scribes murmuraient; ils disaient: "Cet homme-là fait bon accueil aux pécheurs et mange avec eux !"

Aux yeux des scribes et des pharisiens, Jésus transgresse les lois de pureté rituelle en mangeant avec des pécheurs. La parabole va tenter de leur faire comprendre le sens de ces repas partagés et de leur faire adopter un nouveau point de vue sur ces pécheurs, sur Dieu et sur eux-mêmes.

Parabole - [Clés de lecture]

20031118223012

Lorsqu'une question délicate doit être abordée, lorsque l'on souhaite déplacer son interlocuteur, lui faire voir les choses autrement, il est parfois plus efficace de le faire indirectement, par le biais d'une histoire vivante, que par un long et difficile discours ! C'est ce que Jésus fait ici en disant une parabole.
Une parabole est un récit qui raconte une histoire, souvent très simple et brève. Cette histoire "parle" à ceux qui l'entendent car elle est un peu leur histoire : les images, les scènes, les personnages sont tirés de leur vie quotidienne, de leur culture.
Et en même temps, l'histoire racontée cherche à interpeller; elle souhaite faire réfléchir, s'interroger, par exemple sur Dieu, sur la foi. Une parabole espère amener ceux qui l'entendent à changer leur façon de comprendre la vie et de vivre. Cette intention est présente dans la partie de la parabole que l'on nomme généralement "application" ou "morale" qui s'adresse explicitement aux auditeurs (verset 7: "Je vous le déclare, c'est ainsi...")
D'autres paraboles existent dans l'évangile selon Luc, dans les autres évangiles du Nouveau Testament et dans l'Ancien Testament.
Dans l' antiquité, des paraboles étaient couramment utilisées par les enseignants.

Brebis - [Clés de lecture]

20031118224319

Cet animal évoque des images et des notions très importantes pour ceux à qui Jésus dit cette histoire et qui sont familiers des écritures bibliques.
Dans plusieurs Psaumes et textes prophétiques, les brebis représentent le peuple de Dieu et celui-ci est désigné comme le berger de ce peuple. Dieu est un berger attentif, aimant, il guide son peuple, le rassemble quand il se disperse, le protège des dangers, le sauve.
Dans la parabole de Jésus, Dieu n'est pas nommé explicitement. Mais pour ceux qui entendent cette histoire, il est clair que le berger qui abandonne tout et se démène pour retrouver l'une de ses brebis perdue évoque Dieu.
Dans l'évangile selon Jean, c'est Jésus qui s'identifie au bon berger.
En négatif, certains récits bibliques parlent de mauvais bergers ; ce sont ceux qui ne prennent pas soin de leurs brebis, les laissent se perdre et ne les recherchent pas. La parabole de Jésus n'identifie pas explicitement les auditeurs scribes et pharisiens à ces mauvais bergers, évitant ainsi de les affronter directement. Jésus les laisse faire ce travail d'identification eux-mêmes et laisse ainsi la porte ouverte.

Perdue - [Clés de lecture]

Luc 15,3-7 fait partie d'un ensemble de trois paraboles qui toutes construisent leur récit sur l' opposition perdu- retrouvé. Dans la première parabole, il s'agit d'une brebis, dans la seconde d'une pièce d'argent, dans la troisième d'un fils, tous perdus et retrouvés.

Réjouissez-vous - [Clés de lecture]

La joie est essentielle dans cette brève parabole (versets 5 et 6) et son application (verset 7). Il ne s'agit pas d'une joie individuelle, solitaire, mais d'une joie à partager, d'une joie à laquelle tous sont appelés alors qu'ils n'y sont pour rien : ils n'avaient pas eux-mêmes perdu de brebis. Mais ils sont invités à se réjouir avec celui qui est dans la joie.
Les scribes et pharisiens qui reprochent à Jésus de faire "bon accueil" aux pécheurs (verset 2) sont, par ce récit, implicitement invités à partager la joie du berger et celle de Dieu. Et donc invités à cesser de "murmurer" (verset 2), à changer de point de vue sur les faits et gestes de Jésus et sur l'idée qu'ils se font de Dieu.
L'évangile de Luc accorde une grande importance à la joie: c'est avec elle que s'ouvre et se referme cet évangile; elle ponctue également le récit.

Dans le ciel - [Clés de lecture]

20031118224348

L'évangile de Luc fait référence au ciel pour évoquer les interventions de Dieu dans la vie des humains, dans leur histoire, et notamment la naissance, le ministère et l'ascension de Jésus. L'expression ici désigne Dieu lui-même.

Pécheur - [Clés de lecture]

Dans l'évangile selon Luc, est pécheur aux yeux des pharisiens celui qui ne respecte pas les lois.
Dans la Bible, le terme "pécheur" n'a pas d'abord un sens moral mais théologique: Il désigne généralement toute personne qui ne vit pas en relation avec Dieu et ne vit pas selon la volonté de Dieu. La parabole insiste sur l'aspect relationnel avec l'opposition perdu - retrouvé, et en redoublant les termes qui disent l'importance de la brebis pour le berger. Etre pécheur, selon cette parabole, serait être perdu, être sans relation.

Justes - [Clés de lecture]

20031118223508

Les textes bibliques désignent ainsi les personnes "ajustées" à Dieu et à sa volonté. Il peu encore s'agir de personnes "justifiées" par Dieu. Dans ce dernier cas, le texte insiste sur le fait qu'aucun être humain ne peut de ses propres forces devenir juste.
Ici, Jésus brouille les cartes : ceux qui s'estiment être "justes", c'est-à-dire les scribes et pharisiens (verset 2), sont abandonnés dans le désert. La parole de Jésus dévoile leur raisonnement : ils considèrent qu'ils "n'ont pas besoin de conversion". Comment pourraient-ils se dire "justes" s'ils se révèlent incapables de se réjouir du "bon accueil" que Jésus fait aux pécheurs ?
Les "99 justes" sont invités à entrer dans une démarche de mise en question de leur justice et à se laisser chercher et trouver par Dieu.
D'autres récits dans l'évangile de Luc jouent sur l'opposition pécheurs-justes et insistent sur le fait que Jésus est venu non pour les justes mais pour les pécheurs.

Conversion - [Clés de lecture]

20031118223611

Le récit aide à comprendre ce terme. Le verset 7 opère un déplacement : l'unique brebis perdue et retrouvée (sans activité de sa part) de la parabole devient "un seul pécheur qui se convertit" dans ce que l'on appelle sur le plan littéraire, "l'application" de la parabole ("Je vous le déclare, c'est ainsi qu'il y aura ..."). Se convertir, ici, ne serait donc pas le fruit d'un effort, d'un surplus d'activités religieuses pour se hisser jusqu'à Dieu, mais consisterait à se reconnaître perdu et à se laisser chercher et retrouver par Dieu.

L'évangile de Luc - [Contexte]

Rédigé dans les années 80-90, l'évangile de Luc est dédié à un certain Théophile qui semble un personnage important de culture grecque et qui représente peut-être symboliquement les chrétiens d'origine païenne. En effet, Luc parle d'un Evangile qui s'est progressivement ouvert à tous les hommes. Point de frontière pour la Bonne Nouvelle : elle est pour tous, juif ou grec. Il faut pourtant du temps pour que s'opère cette universalisation de la parole de Jésus. C'est pourquoi, Luc l'inscrit dans une chronologie dont l'évangile est le premier volet et le livre des Actes, le second. Tout est offert en Jésus-Christ, une fois pour toutes, mais c'est peu à peu que la grâce donnée s'ouvre un chemin dans l'histoire et dans le coeur des hommes. La partie la plus originale de cette ouverture progressive est sans doute la montée à Jérusalem (9/, 51-19/, 28) que Luc inaugure par ces mots : "Jésus durcit son visage pour prendre la route de Jérusalem". Le drame est au bout du chemin et Jésus l'affronte comme la conséquence même de sa prédication. Dès lors, plus il avance, plus il rencontre l'opposition des chefs du peuple. Sa parole n'est pas celle d'un gourou qui fascine et force le genou à plier, mais une parole qui divise (12/, 49-53). Il ne peut en être autrement car le Christ qui s'avance n'a aucun des traits prévus pour un Messie. Seules les brebis perdues entendent parfois sa voix qui assure que le plus petit a un prix infini au regard de Dieu. L'évangile de Luc demande : es-tu de ceux-là ?

Opposition perdu-retrouvé - [Contexte]

20031207234756

Luc 15,3-7 fait partie d'un ensemble de trois paraboles qui toutes construisent leur récit sur l' opposition perdu (versets 4,6,8,9,17,24,32) - retrouvé (versets 4,5,6,8,24,32).
Dans la première parabole, versets 3-7, il s'agit d'une brebis, perdue-retrouvée;
dans la seconde d'une pièce d'argent perdue et retrouvée (versets 8-10);
dans la troisième d'un fils perdu et retrouvé (versets 11-32).
Les deux premières histoires, presque jumelles, insistent sur les efforts déployés pour retrouver ce qui était perdu ; la troisième, plus ample, met le projecteur sur trois personnages (deux fils et leur père) et les pensées et réactions de chacun dans ce jeu du perdu-retrouvé. Dans ce dernier récit, la colère et le refus du fils aîné (versets 28-30) font écho aux murmures et à l'opposition des scribes et pharisiens à l'égard de Jésus (verset 2).
Toutes trois disent l'évidence de la joie des personnages des récits (le berger, la femme et le père) et de Dieu lorsque ce qui était perdu est retrouvé.
A travers ces paraboles, Jésus tente de faire comprendre aux scribes et pharisiens pourquoi il accueille les pécheurs, partage leur table, et transgresse du coup les règles de pureté rituelle. Jésus invite ses adversaires à s'associer à sa joie, à faire la fête avec lui et ceux qui s'approchent de lui, écoutent sa parole et reconnaissent en lui Dieu qui se fait proche, le berger venu pour eux. Les scribes et pharisiens sont appelés à les regarder non plus comme des êtres rejetés mais pardonnés, appartenant désormais au même peuple de Dieu.
L'évangile de Luc offre de nombreuses autres paraboles. Certaines se trouvent également dans l'évangile de Matthieu. C'est le cas de celle que nous étudions. La comparaison des deux mettra en lumière les traits particuliers et intérêts de chacun des évangiles. L'évangile de Thomas, non canonique, offre lui aussi une version de cette parabole.

Les repas dans l'évangile de Luc - [Contexte]

20031208000855

Le thème du repas est très important dans les textes des évangiles. Le verbe "manger" se trouve 33 fois dans l'évangile de Luc ! Très souvent, c'est autour d'un repas que Jésus enseigne. Le repas est expression de communion, de joie, de vie.
Il est tout à fait significatif que Jésus choisit le repas de la Pâque pour montrer à travers la symbolique du pain rompu et de la coupe partagée à quel point il va se donner pour ceux qui lui appartiennent. Au repas dont parle la parabole, se retrouvent des invités de toute sorte. Ce qui choque les pharisiens et les scribes, c'est que Jésus prononce une invitation qui dépasse tout à fait le cadre du "convenable". Pour eux, on ne mange pas avec n'importe qui ! Alors que Jésus, au contraire, invite pécheurs et prostituées à sa table !
Le Royaume, cette communion totale avec Dieu à la fin des temps, est encore imaginé comme un grand repas, un festin où tous sont invités. Jésus dit à ses disciples:

Luc 22,30
"Vous êtes, vous, ceux qui ont tenu bon avec moi dans mes épreuves. Et moi, je dispose pour vous du Royaume comme mon Père en a disposé pour moi: ainsi vous mangerez et boirez à ma table dans mon royaume, et vous siégerez sur des trônes pour juger les douze tribus d'Israël."

Lois de pureté rituelle - [Contexte]

Ce sont des lois et rituels qui restaurent l'état de pureté et rendent aptes à la relation à Dieu. Certaines de ces lois, qui touchent tous les domaines de la vie, se trouvent dans le livre du Lévitique (chapitres 11 et suivants). Les pharisiens accordaient une grande importance au respect de ces prescriptions et évitaient tout contact avec ceux qui ne vivaient pas selon ces règles et étaient considérés comme impurs. Pour éviter toute souillure, et devenir eux-mêmes impurs, ils ne mangeaient pas avec ces derniers.

Enseignement en paraboles - [Espace temps]

Dans l'antiquité, des paraboles étaient couramment utilisées pour enseigner:

"Lorsque R. Bûn, le fils de R. Hiyya mourut, R. Zeira vint et fit ce discours d'adieu: "Doux est le sommeil de l'ouvrier, qu'il ait mangé peu ou beaucoup".
A quoi cela peut-il être comparé ? A un roi qui avait embauché beaucoup d'ouvriers. Il y en avait un qui se donnait trop de mal pour son travail. Que fit le roi ? Il l'emmena faire les cent pas avec lui. Quand le soir arriva, les ouvriers vinrent recevoir leur salaire et le roi paya aussi un salaire complet à cet ouvrier. Les autres se plaignirent en disant: Nous nous sommes fatigués tout le jour tandis que celui-ci ne s'est fatigué que deux heures, et il lui donne un salaire complet comme à nous! Le roi leur dit: celui-ci s'est fatigué en deux heures plus que vous durant toute la journée.
Ainsi en 28 ans, R. Bûn s'est fatigué dans l'étude de la Torah plus qu'un autre disciple sagace n'aurait pu le faire jusqu'à l'âge de cent ans. "

Jérémie Berakhot II,8, 5c - Traité des Bénédictions (Talmud de Jérusalem), Supplément Cahier Evangile 50 p. 23.

"Si tu écoutes vraiment la voix du Seigneur ton Dieu, en veillant à mettre en pratique tous ses commandements..." (Deutéronome 28,1).
R. Shim'on b. Halafta a dit: Celui qui a étudié la Torah sans la mettre en pratique sera châtié avec plus de rigueur que celui qui ne l'a pas étudiée du tout.
A quoi cela est-il comparable ? A un roi qui avait un jardin. Il y plaça deux métayers: l'un planta des arbres, puis les coupa; l'autre n'y planta rien du tout, et ne coupa rien. Contre qui le roi se mettra-t-il en colère ? Certainement contre celui qui a planté puis coupé!
De même, celui qui a étudié les paroles de la Torah sans les mettre en pratique, sera châtié avec plus de rigueur que celui qui n'a pas étudié du tout. D'où le savons-nous? De ce qu'il est dit: "Que l'on fasse grâce au méchant! Il n'a pas appris la justice" (Esaïe 26,10). Mais s'il a appris sans mettre en pratique, il ne sera pas grâcié. C'est pourquoi il est écrit: "En veillant à mettre en pratique tous ces commandements" (Deutéronome 28,1).

Deutéronome Rabba VII, 4 - Commentaire aggadique du Deutéronome, Supplément Cahier Evangile 50 p. 25

Autre version de la parabole - [Espace temps]

L'évangile de Thomas, non canonique, offre lui aussi une version de cette parabole.
Jésus a dit: "Le royaume est semblable à un berger qui avait cent brebis; l'une d'elles se perdit, qui était la plus grosse. Il laissa les quatre-vingt-dix-neuf (et) il chercha celle-là seule jusqu'à ce qu'il l'eût trouvée. Après qu'il eut peiné, il dit à la brebis: "Je t'aime plus que les quatre-vingt-dix-neuf ". (Thomas 107)

Opposition perdu / retrouvé - [Textes bibliques]

Cette opposition se retrouve dans tout le chapitre 15 de Luc :

Luc 15,1-32
Les collecteurs d'impôts et les pécheurs s'approchaient tous de lui pour l'écouter. Et les Pharisiens et les scribes murmuraient; ils disaient: " Cet homme-là fait bon accueil aux pécheurs et mange avec eux ! "
Alors il leur dit cette parabole: " Lequel d'entre vous, s'il a cent brebis et qu'il en perde une, ne laisse pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller à la recherche de celle qui est perdue jusqu'à ce qu'il l'ait retrouvée? Et quand il l'a retrouvée, il la charge tout joyeux sur ses épaules, et, de retour à la maison, il réunit ses amis et ses voisins, et leur dit: Réjouissez-vous avec moi, car je l'ai retrouvée, ma brebis qui était perdue!
Je vous le déclare, c'est ainsi qu'il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de conversion. "
" Ou encore, quelle femme, si elle a dix pièces d'argent et qu'elle en perde une, n'allume pas une lampe, ne balaie la maison et ne cherche avec soin jusqu'à ce qu'elle l'ait retrouvée? Et quand elle l'a retrouvée, elle réunit ses amies et ses voisines, et leur dit: Réjouissez-vous avec moi, car je l'ai retrouvée, la pièce que j'avais perdue!
C'est ainsi, je vous le déclare, qu'il y a de la joie chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. "
Il dit encore: " Un homme avait deux fils. Le plus jeune dit à son père: Père, donne-moi la part de bien qui doit me revenir. Et le père leur partagea son avoir. Peu de jours après, le plus jeune fils, ayant tout réalisé, partit pour un pays lointain et il y dilapida son bien dans une vie de désordre. Quand il eut tout dépensé, une grande famine survint dans ce pays, et il commença à se trouver dans l'indigence. Il alla se mettre au service d'un des citoyens de ce pays qui l'envoya dans ses champs garder les porcs. Il aurait bien voulu se remplir le ventre des gousses que mangeaient les porcs, mais personne ne lui en donnait. Rentrant alors en lui-même, il se dit: Combien d'ouvriers de mon père ont du pain de reste, tandis que moi, ici, je meurs de faim! Je vais aller vers mon père et je lui dirai: Père, j'ai péché envers le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils. Traite-moi comme un de tes ouvriers. Il alla vers son père. Comme il était encore loin, son père l'aperçut et fut pris de pitié: il courut se jeter à son cou et le couvrit de baisers. Le fils lui dit: Père, j'ai péché envers le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils... Mais le père dit à ses serviteurs: Vite, apportez la plus belle robe, et habillez-le; mettez-lui un anneau au doigt, des sandales aux pieds. Amenez le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, car mon fils que voici était mort et il est revenu à la vie, il était perdu et il est retrouvé. Et ils se mirent à festoyer. Son fils aîné était aux champs. Quand, à son retour, il approcha de la maison, il entendit de la musique et des danses. Appelant un des serviteurs, il lui demanda ce que c'était. Celui-ci lui dit: C'est ton frère qui est arrivé, et ton père a tué le veau gras parce qu'il l'a vu revenir en bonne santé. Alors il se mit en colère et il ne voulait pas entrer. Son père sortit pour l'en prier; mais il répliqua à son père: Voilà tant d'années que je te sers sans avoir jamais désobéi à tes ordres; et, à moi, tu n'as jamais donné un chevreau pour festoyer avec mes amis. Mais quand ton fils que voici est arrivé, lui qui a mangé ton avoir avec des filles, tu as tué le veau gras pour lui! Alors le père lui dit: Mon enfant, toi, tu es toujours avec moi, et tout ce qui est à moi est à toi. Mais il fallait festoyer et se réjouir, parce que ton frère que voici était mort et il est vivant, il était perdu et il est retrouvé. "

Autres paraboles dans l'évangile de Luc - [Textes bibliques]

L'évangile selon Luc est l'évangile qui contient le plus de paraboles. En plus des paraboles de la pièce perdue et du fils perdu et retrouvé qui suivent notre texte, voici celles qui se trouvent uniquement dans cet évangile :

Luc 7,41-43 Le créancier et ses débiteurs
Un créancier avait deux débiteurs; l'un lui devait cinq cents pièces d'argent, l'autre cinquante. Comme ils n'avaient pas de quoi rembourser, il fit grâce de leur dette à tous les deux. Lequel des deux l'aimera le plus? Simon répondit: " Je pense que c'est celui auquel il a fait grâce de la plus grande dette. " Jésus lui dit: " Tu as bien jugé. "

Luc 10,30-37 Le Bon Samaritain
Jésus reprit: " Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho, il tomba sur des bandits qui, l'ayant dépouillé et roué de coups, s'en allèrent, le laissant à moitié mort. Il se trouva qu'un prêtre descendait par ce chemin; il vit l'homme et passa à bonne distance. Un lévite de même arriva en ce lieu; il vit l'homme et passa à bonne distance. Mais un Samaritain qui était en voyage arriva près de l'homme: il le vit et fut pris de pitié. Il s'approcha, banda ses plaies en y versant de l'huile et du vin, le chargea sur sa propre monture, le conduisit à une auberge et prit soin de lui. Le lendemain, tirant deux pièces d'argent, il les donna à l'aubergiste et lui dit: Prends soin de lui, et si tu dépenses quelque chose de plus, c'est moi qui te le rembourserai quand je repasserai. Lequel des trois, à ton avis, s'est montré le prochain de l'homme qui était tombé sur les bandits ? " Le légiste répondit: " C'est celui qui a fait preuve de bonté envers lui. " Jésus lui dit: " Va et, toi aussi, fais de même. "

Luc 11,5-8 Les trois amis
Jésus leur dit encore: " Si l'un de vous a un ami et qu'il aille le trouver au milieu de la nuit pour lui dire: Mon ami, prête-moi trois pains, parce qu'un de mes amis m'est arrivé de voyage et je n'ai rien à lui offrir, et si l'autre, de l'intérieur, lui répond: Ne m'ennuie pas! Maintenant la porte est fermée; mes enfants et moi nous sommes couchés; je ne puis me lever pour te donner du pain, je vous le déclare: même s'il ne se lève pas pour lui en donner parce qu'il est son ami, eh bien, parce que l'autre est sans vergogne, il se lèvera pour lui donner tout ce qu'il lui faut. "

Luc 12,16-21 L'homme riche et son grenier
Et il leur dit une parabole: " Il y avait un homme riche dont la terre avait bien rapporté. Et il se demandait: Que vais-je faire? car je n'ai pas où rassembler ma récolte. Puis il se dit: Voici ce que je vais faire: je vais démolir mes greniers, j'en bâtirai de plus grands et j'y rassemblerai tout mon blé et mes biens. Et je me dirai à moi-même: Te voilà avec quantité de biens en réserve pour de longues années; repose-toi, mange, bois, fais bombance. Mais Dieu lui dit: Insensé, cette nuit même on te redemande ta vie, et ce que tu as préparé, qui donc l'aura? Voilà ce qui arrive à celui qui amasse un trésor pour lui-même au lieu de s'enrichir auprès de Dieu. "

Luc 12,36-38 Attendre le maître
" Et soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, afin de lui ouvrir dès qu'il arrivera et frappera. Heureux ces serviteurs que le maître à son arrivée trouvera en train de veiller. En vérité, je vous le déclare, il prendra la tenue de travail, les fera mettre à table et passera pour les servir. Et si c'est à la deuxième veille qu'il arrive, ou à la troisième, et qu'il trouve cet accueil, heureux sont-ils ! "

Luc 13,6-9 Le figuier qui ne porte pas de fruits
Et il dit cette parabole: " Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint y chercher du fruit et n'en trouva pas. Il dit alors au vigneron: Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier et je n'en trouve pas. Coupe-le. Pourquoi faut-il encore qu'il épuise la terre? Mais l'autre lui répond: Maître, laisse-le encore cette année, le temps que je bêche tout autour et que je mette du fumier. Peut-être donnera-t-il du fruit à l'avenir. Sinon, tu le couperas. "

Luc 13,24-30 La porte étroite
" Efforcez-vous d'entrer par la porte étroite, car beaucoup, je vous le dis, chercheront à entrer et ne le pourront pas. Après que le maître de maison se sera levé et aura fermé la porte, quand, restés dehors, vous commencerez à frapper à la porte en disant: Seigneur, ouvre-nous, et qu'il vous répondra: Vous, je ne sais d'où vous êtes, alors vous vous mettrez à dire: Nous avons mangé et bu devant toi, et c'est sur nos places que tu as enseigné; et il vous dira: Je ne sais d'où vous êtes. Éloignez-vous de moi, vous tous qui faites le mal. Il y aura les pleurs et les grincements de dents, quand vous verrez Abraham, Isaac et Jacob, ainsi que tous les prophètes dans le Royaume de Dieu, et vous jetés dehors. Alors il en viendra du levant et du couchant, du nord et du midi, pour prendre place au festin dans le Royaume de Dieu. Et ainsi, il y a des derniers qui seront premiers et il y a des premiers qui seront derniers. "

Luc 14,8-11 Invité au repas de noces
" Quand tu es invité à des noces, ne va pas te mettre à la première place, de peur qu'on ait invité quelqu'un de plus important que toi, et que celui qui vous a invités, toi et lui, ne vienne te dire: Cède-lui la place; alors tu irais tout confus prendre la dernière place. Au contraire, quand tu es invité, va te mettre à la dernière place, afin qu'à son arrivée celui qui t'a invité te dise: Mon ami, avance plus haut. Alors ce sera pour toi un honneur devant tous ceux qui seront à table avec toi. Car tout homme qui s'élève sera abaissé et celui qui s'abaisse sera élevé. "

Luc 14,28-32 Bâtir une tour
" En effet, lequel d'entre vous, quand il veut bâtir une tour, ne commence par s'asseoir pour calculer la dépense et juger s'il a de quoi aller jusqu'au bout ? Autrement, s'il pose les fondations sans pouvoir terminer, tous ceux qui le verront se mettront à se moquer de lui et diront: Voilà un homme qui a commencé à bâtir et qui n'a pas pu terminer!
Ou quel roi, quand il part faire la guerre à un autre roi, ne commence par s'asseoir pour considérer s'il est capable, avec dix mille hommes, d'affronter celui qui marche contre lui avec vingt mille ? Sinon, pendant que l'autre est encore loin, il envoie une ambassade et demande à faire la paix. "

Luc 16,1-8 Le gérant habile
Puis Jésus dit à ses disciples: " Un homme riche avait un gérant qui fut accusé devant lui de dilapider ses biens. Il le fit appeler et lui dit: Qu'est-ce que j'entends dire de toi? Rends les comptes de ta gestion, car désormais tu ne pourras plus gérer mes affaires. Le gérant se dit alors en lui-même: Que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gérance? Bêcher? Je n'en ai pas la force. Mendier? J'en ai honte.
Je sais ce que je vais faire pour qu'une fois écarté de la gérance, il y ait des gens qui m'accueillent chez eux. Il fit venir alors un par un les débiteurs de son maître et il dit au premier: Combien dois-tu à mon maître? Celui-ci répondit: Cent jarres d'huile. Le gérant lui dit: Voici ton reçu, vite, assieds-toi et écris cinquante. Il dit ensuite à un autre: Et toi, combien dois-tu? Celui-ci répondit: Cent sacs de blé. Le gérant lui dit: Voici ton reçu et écris quatre-vingts. Et le maître fit l'éloge du gérant trompeur, parce qu'il avait agi avec habileté. En effet, ceux qui appartiennent à ce monde sont plus habiles vis-à-vis de leurs semblables que ceux qui appartiennent à la lumière.

Luc 16,19-31L'homme et Lazare
" Il y avait un homme riche qui s'habillait de pourpre et de linge fin et qui faisait chaque jour de brillants festins. Un pauvre du nom de Lazare gisait couvert d'ulcères au porche de sa demeure. Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche; mais c'étaient plutôt les chiens qui venaient lécher ses ulcères. Or le pauvre mourut et fut emporté par les anges au côté d'Abraham; le riche mourut aussi et fut enterré. Au séjour des morts, comme il était à la torture, il leva les yeux et vit de loin Abraham avec Lazare à ses côtés. Alors il s'écria: Abraham, mon père, aie pitié de moi et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l'eau pour me rafraîchir la langue, car je souffre le supplice dans ces flammes. Abraham lui dit: Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu ton bonheur durant ta vie, comme Lazare le malheur; et maintenant il trouve ici la consolation, et toi la souffrance. De plus, entre vous et nous, il a été disposé un grand abîme pour que ceux qui voudraient passer d'ici vers vous ne le puissent pas et que, de là non plus, on ne traverse pas vers nous. "Le riche dit: Je te prie alors, père, d'envoyer Lazare dans la maison de mon père, car j'ai cinq frères. Qu'il les avertisse pour qu'ils ne viennent pas, eux aussi, dans ce lieu de torture. Abraham lui dit: Ils ont Moïse et les prophètes, qu'ils les écoutent. L'autre reprit: Non, Abraham, mon père, mais si quelqu'un vient à eux de chez les morts, ils se convertiront. Abraham lui dit: S'ils n'écoutent pas Moïse, ni les prophètes, même si quelqu'un ressuscite des morts, ils ne seront pas convaincus.

Luc 17,7-10 Les serviteurs inutiles
" Lequel d'entre vous, s'il a un serviteur qui laboure ou qui garde les bêtes, lui dira à son retour des champs: Va vite te mettre à table? Est-ce qu'il ne lui dira pas plutôt: Prépare-moi de quoi dîner, mets-toi en tenue pour me servir, le temps que je mange et boive; et après tu mangeras et tu boiras à ton tour? A-t-il de la reconnaissance envers ce serviteur parce qu'il a fait ce qui lui était ordonné? De même, vous aussi, quand vous avez fait tout ce qui vous était ordonné, dites: Nous sommes des serviteurs quelconques. Nous avons fait seulement ce que nous devions faire. "

Luc 18,2-8 Le juge sans justice
Il leur dit: " Il y avait dans une ville un juge qui n'avait ni crainte de Dieu ni respect des hommes. Et il y avait dans cette ville une veuve qui venait lui dire: Rends-moi justice contre mon adversaire. Il s'y refusa longtemps. Et puis il se dit: Même si je ne crains pas Dieu ni ne respecte les hommes, eh bien! parce que cette veuve m'ennuie, je vais lui rendre justice, pour qu'elle ne vienne pas sans fin me casser la tête. " Le Seigneur ajouta: " Ecoutez bien ce que dit ce juge sans justice. Et Dieu ne ferait pas justice à ses élus qui crient vers lui jour et nuit? Et il les fait attendre! Je vous le déclare: il leur fera justice bien vite. Mais le Fils de l'homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre ? "

Luc 18,10-14 Le pharisien et le publicain
" Deux hommes montèrent au temple pour prier; l'un était Pharisien et l'autre collecteur d'impôts. Le Pharisien, debout, priait ainsi en lui-même: O Dieu, je te rends grâce de ce que je ne suis pas comme les autres hommes, qui sont voleurs, malfaisants, adultères, ou encore comme ce collecteur d'impôts. Je jeûne deux fois par semaine, je paie la dîme de tout ce que je me procure. Le collecteur d'impôts, se tenant à distance, ne voulait même pas lever les yeux au ciel, mais il se frappait la poitrine en disant: O Dieu, prends pitié du pécheur que je suis. Je vous le déclare: celui-ci redescendit chez lui justifié, et non l'autre, car tout homme qui s'élève sera abaissé, mais celui qui s'abaisse sera élevé. "

Une parabole dans l'Ancien Testament - [Textes bibliques]

2Samuel 12,1-4
Le SEIGNEUR envoya Natan à David. Il alla le trouver et lui dit: " Il y avait deux hommes dans une ville, l'un riche et l'autre pauvre. Le riche avait force moutons et bœufs. Le pauvre n'avait rien du tout, sauf une agnelle, une seule petite, qu'il avait achetée. Il la nourrissait. Elle grandissait chez lui en même temps que ses enfants. Elle mangeait de sa pitance, elle buvait à son bol, elle couchait dans ses bras. Elle était pour lui comme une fille. Un hôte arriva chez le riche. Il n'eut pas le cœur de prendre de ses moutons et de ses bœufs pour apprêter le repas du voyageur venu chez lui. Il prit l'agnelle du pauvre et l'apprêta pour l'homme venu chez lui. "

L'évangile de Matthieu et l'évangile de Luc racontent la même parabole - [Textes bibliques]

La comparaison montre les différences comme les points communs :

Matthieu 18,12-14
Quel est votre avis? Si un homme a cent brebis et que l'une d'entre elles vienne à s'égarer, ne va-t-il pas laisser les quatre-vingt-dix-neuf autres dans la montagne pour aller à la recherche de celle qui s'est égarée? Et s'il parvient à la retrouver, en vérité je vous le déclare, il en a plus de joie que des quatre-vingt-dix-neuf qui ne se sont pas égarées. Ainsi votre Père qui est aux cieux veut qu'aucun de ces petits ne se perde.

Luc 15,3-7
Alors il leur dit cette parabole: " Lequel d'entre vous, s'il a cent brebis et qu'il en perde une, ne laisse pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller à la recherche de celle qui est perdue jusqu'à ce qu'il l'ait retrouvée? Et quand il l'a retrouvée, il la charge tout joyeux sur ses épaules, et, de retour à la maison, il réunit ses amis et ses voisins, et leur dit: Réjouissez-vous avec moi, car je l'ai retrouvée, ma brebis qui était perdue! Je vous le déclare, c'est ainsi qu'il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de conversion".

On explique généralement ces points communs par l'hypothèse selon laquelle les évangiles de Matthieu et de Luc auraient utilisé une sourcevoir Un message, plusieurs auteurs commune, appelée Source des logia (= paroles de Jésus). Ces évangiles ont adapté ces éléments en fonction de leurs projets, réflexions, situations, destinataires propres.

Dieu le berger de son peuple - [Textes bibliques]

Textes dans lesquels les brebis représentent le peuple de Dieu et celui-ci est désigné comme le berger de ce peuple. Dieu est un berger attentif, aimant, il guide son peuple, le rassemble quand il se disperse, le protège des dangers, le sauve.

  • Psaumes:

    Psaume 23,1-6
    Psaume de David. Le SEIGNEUR est mon berger, je ne manque de rien.
    Sur de frais herbages, il me fait coucher; près des eaux du repos, il me mène,
    il me ranime. Il me conduit par les bons sentiers, pour l'honneur de son nom.
    Même si je marche dans un ravin d'ombre et de mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi; ton bâton, ton appui, voilà qui me rassure.
    Devant moi tu dresses une table, face à mes adversaires. Tu parfumes d'huile ma tête, ma coupe est enivrante.
    Oui, bonheur et fidélité me poursuivent tous les jours de ma vie, et je reviendrai à la maison du SEIGNEUR, pour de longs jours.

    Psaume 80,1-3
    Du chef de chœur, èl-shôshannîm. Témoignage d'Asaf, psaume.
    Berger d'Israël, écoute. Toi qui mènes Joseph comme un troupeau, toi qui sièges sur les chérubins, révèle-toi, devant Éphraïm, Benjamin et Manassé. Réveille ta vaillance, viens pour nous sauver.

  • Textes prophétiques:

    Esaïe 40,9-11
    Quant à toi, monte sur une haute montagne, Sion, joyeuse messagère, élève avec énergie ta voix, Jérusalem, joyeuse messagère élève-la, ne crains pas, dis aux villes de Juda: " Voici votre Dieu, voici le Seigneur DIEU! Avec vigueur il vient, et son bras lui assurera la souveraineté; voici avec lui son salaire, et devant lui sa récompense. Comme un berger il fait paître son troupeau, de son bras il rassemble; il porte sur son sein les agnelets, procure de la fraîcheur aux brebis qui allaitent. "

    Jérémie 31,10 Nations, écoutez la parole du SEIGNEUR, annoncez-la aux rivages lointains, dites: Celui qui a jeté Israël aux quatre vents le rassemble, il le garde, comme un pasteur son troupeau.

Les mauvais bergers - [Textes bibliques]

Texte dans lequel Dieu s'attaque aux mauvais bergers qu'il va remplacer :

Ezéchiel 34
Il y eut une parole du SEIGNEUR pour moi: " Fils d'homme, prononce un oracle contre les bergers d'Israël, prononce un oracle et dis-leur, à ces bergers: Ainsi parle le Seigneur DIEU: Malheur aux bergers d'Israël qui se paissent eux-mêmes! N'est-ce pas le troupeau que les bergers doivent paître? Vous mangez la graisse, vous vous revêtez de la toison, sacrifiant les bêtes grasses; mais le troupeau, vous ne le paissez pas. Vous n'avez pas fortifié les bêtes débiles, vous n'avez pas guéri la malade, vous n'avez pas fait de bandage à celle qui avait une patte cassée, vous n'avez pas ramené celle qui s'écartait, vous n'avez pas recherché celle qui était perdue, mais vous avez exercé votre autorité par la violence et l'oppression. Les bêtes se sont dispersées, faute de berger, et elles ont servi de proie à toutes les bêtes sauvages; elles se sont dispersées. Mon troupeau s'est éparpillé par toutes les montagnes, sur toutes les hauteurs; mon troupeau s'est dispersé sur toute la surface du pays sans personne pour le chercher, personne qui aille à sa recherche. C'est pourquoi, bergers, écoutez la parole du SEIGNEUR: Par ma vie - oracle du Seigneur DIEU - parce que mon troupeau a été razzié, parce qu'il a servi de proie à toutes les bêtes sauvages, faute de berger, parce que mes bergers ne sont pas allés à la recherche de mon troupeau, mais que ces bergers se paissaient eux-mêmes sans faire paître mon troupeau, bergers, écoutez donc la parole du SEIGNEUR: Ainsi parle le Seigneur DIEU: Je viens contre ces bergers, je chercherai mon troupeau pour l'enlever de leurs mains, je mettrai fin à leur rôle de bergers, ils ne pourront plus se paître eux-mêmes; j'arracherai mon troupeau de leur bouche et il ne leur servira plus de nourriture. Car ainsi parle le Seigneur DIEU: Je viens chercher moi-même mon troupeau pour en prendre soin. De même qu'un berger prend soin de ses bêtes le jour où il se trouve au milieu d'un troupeau débandé, ainsi je prendrai soin de mon troupeau; je l'arracherai de tous les endroits où il a été dispersé un jour de brouillard et d'obscurité. Je le ferai sortir d'entre les peuples, je le rassemblerai des différents pays et je l'amènerai sur sa terre; je le ferai paître sur les montagnes d'Israël, dans le creux des vallées et dans tous les lieux habitables du pays. Je le ferai paître dans un bon pâturage, son herbage sera sur les montagnes du haut pays d'Israël. C'est là qu'il pourra se coucher dans un bon herbage et paître un gras pâturage, sur les montagnes d'Israël. Moi-même je ferai paître mon troupeau, moi-même le ferai coucher - oracle du Seigneur DIEU. La bête perdue, je la chercherai; celle qui se sera écartée, je la ferai revenir; celle qui aura une patte cassée, je lui ferai un bandage; la malade, je la fortifierai. Mais la bête grasse, la bête forte, je la supprimerai; je ferai paître mon troupeau selon le droit. Quant à vous, mon troupeau, ainsi parle le Seigneur DIEU: Je vais juger entre brebis et brebis, entre les béliers et les boucs. Ne vous suffit-il pas de paître un bon pâturage? Faut-il encore que vous fouliez aux pieds le reste de la pâture? Ne vous suffit-il pas de boire une eau claire? Faut-il que vous troubliez le reste avec vos pieds? Ainsi mon troupeau doit pâturer ce que vos pieds ont foulé et boire l'eau que vous avez troublée. C'est pourquoi, ainsi parle le Seigneur DIEU: Je viens juger moi-même entre la brebis grasse et la brebis maigre. Parce que vous avez bousculé du flanc et de l'épaule, et parce que vous avez donné des coups de cornes à toutes celles qui étaient malades jusqu'à ce que vous les ayez dispersées hors du pâturage, je viendrai au secours de mes bêtes et elles ne seront plus au pillage; je jugerai entre brebis et brebis. Je susciterai à la tête de mon troupeau un berger unique; lui le fera paître: ce sera mon serviteur David. Lui le fera paître, lui sera leur berger. Moi, le SEIGNEUR, je serai leur Dieu et mon serviteur David sera prince au milieu d'eux. Moi, le SEIGNEUR, j'ai parlé. Je conclurai avec mon troupeau une alliance de paix, je supprimerai du pays les bêtes féroces, il habitera en sécurité dans le désert et sommeillera dans les fourrés. De ce pays et des alentours de ma colline je ferai une bénédiction. Je ferai tomber en son temps la pluie qui sera une pluie de bénédiction. L'arbre des champs donnera son fruit et la terre ses récoltes; mon peuple sera en sécurité sur son territoire; alors ils connaîtront que je suis le SEIGNEUR quand j'aurai brisé les barres de leur joug et que je les aurai délivrés de la main de ceux qui les asservissaient. Les nations ne feront plus contre eux de razzias et les bêtes sauvages ne les dévoreront plus. Ils habiteront en sécurité sans personne pour les faire trembler. Je ferai croître pour eux une plantation renommée. Il n'y aura plus dans le pays des gens emportés par la faim; les nations ne leur feront plus porter de déshonneur. Alors ils connaîtront que je suis le SEIGNEUR, leur Dieu, qui suis avec eux, et qu'ils sont mon peuple, la maison d'Israël - oracle du Seigneur DIEU. Vous êtes mon troupeau, le troupeau de mon pâturage, vous les hommes. Moi, je suis votre Dieu - oracle du Seigneur DIEU. "

Jésus berger - [Textes bibliques]

Texte du Nouveau Testament où Jésus est le berger

Jean 10,1-18
" En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n'entre pas par la porte dans l'enclos des brebis mais qui escalade par un autre côté, celui-là est un voleur et un brigand. Mais celui qui entre par la porte est le berger des brebis. Celui qui garde la porte lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix; les brebis qui lui appartiennent, il les appelle, chacune par son nom, et ils les emmène dehors. Lorsqu'il les a toutes fait sortir, il marche à leur tête, et elles le suivent parce qu'elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un étranger; bien plus, elles le fuiront parce qu'elles ne connaissent pas la voix des étrangers. " Jésus leur dit cette parabole, mais ils ne comprirent pas la portée de ce qu'il disait. Jésus reprit: " En vérité, en vérité, je vous le dis, je suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands, mais les brebis ne les ont pas écoutés. Je suis la porte: si quelqu'un entre par moi, il sera sauvé, il ira et viendra et trouvera de quoi se nourrir. Le voleur ne se présente que pour voler, pour tuer et pour perdre; moi, je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu'ils l'aient en abondance. Je suis le bon berger: le bon berger se dessaisit de sa vie pour ses brebis. Le mercenaire, qui n'est pas vraiment un berger et à qui les brebis n'appartiennent pas, voit-il venir le loup, il abandonne les brebis et prend la fuite; et le loup s'en empare et les disperse. C'est qu'il est mercenaire et que peu lui importent les brebis. Je suis le bon berger, je connais mes brebis et mes brebis me connaissent, comme mon Père me connaît et que je connais mon Père; et je me dessaisis de ma vie pour les brebis. J'ai d'autres brebis qui ne sont pas de cet enclos et celles-là aussi, il faut que je les mène; elles écouteront ma voix et il y aura un seul troupeau et un seul berger. Le Père m'aime parce que je me dessaisis de ma vie pour la reprendre ensuite. Personne ne me l'enlève mais je m'en dessaisis de moi-même; j'ai le pouvoir de m'en dessaisir et j'ai le pouvoir de la reprendre: tel est le commandement que j'ai reçu de mon Père. "

La joie - [Textes bibliques]

L'évangile de Luc accorde une grande importance à la joie C'est avec elle que s'ouvre et se referme cet évangile; elle ponctue également le récit:

Luc 1,13-17
Mais l'ange lui dit: " Sois sans crainte, Zacharie, car ta prière a été exaucée. Ta femme Elisabeth t'enfantera un fils et tu lui donneras le nom de Jean. Tu en auras joie et allégresse et beaucoup se réjouiront de sa naissance. Car il sera grand devant le Seigneur; il ne boira ni vin ni boisson fermentée et il sera rempli de l'Esprit Saint dès le sein de sa mère. Il ramènera beaucoup de fils d'Israël au Seigneur leur Dieu; et il marchera par devant sous le regard de Dieu, avec l'esprit et la puissance d'Élie, pour ramener le coeur des pères vers leurs enfants et conduire les rebelles à penser comme les justes, afin de former pour le Seigneur un peuple préparé. "

Luc 2,8-14
Il y avait dans le même pays des bergers qui vivaient aux champs et montaient la garde pendant la nuit auprès de leur troupeau. Un ange du Seigneur se présenta devant eux, la gloire du Seigneur les enveloppa de lumière et ils furent saisis d'une grande crainte. L'ange leur dit: " Soyez sans crainte, car voici, je viens vous annoncer une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple: Il vous est né aujourd'hui, dans la ville de David, un Sauveur qui est le Christ Seigneur; et voici le signe qui vous est donné: vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. " Tout à coup il y eut avec l'ange l'armée céleste en masse qui chantait les louanges de Dieu et disait: " Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix pour ses bien-aimés. "

Luc 10,17-20
Les soixante-douze disciples revinrent dans la joie, disant: " Seigneur, même les démons nous sont soumis en ton nom. " Jésus leur dit: " Je voyais Satan tomber du ciel comme l'éclair. Voici, je vous ai donné le pouvoir de fouler aux pieds serpents et scorpions, et toute la puissance de l'ennemi, et rien ne pourra vous nuire. Pourtant ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis, mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont inscrits dans les cieux. "

Luc 15,7-10
" Je vous le déclare, c'est ainsi qu'il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n'ont pas besoin de conversion. Ou encore, quelle femme, si elle a dix pièces d'argent et qu'elle en perde une, n'allume pas une lampe, ne balaie la maison et ne cherche avec soin jusqu'à ce qu'elle l'ait retrouvée? Et quand elle l'a retrouvée, elle réunit ses amies et ses voisines, et leur dit: Réjouissez-vous avec moi, car je l'ai retrouvée, la pièce que j'avais perdue! C'est ainsi, je vous le déclare, qu'il y a de la joie chez les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. "

Luc 19,35-40
Ils amenèrent alors la bête à Jésus, puis jetant sur elle leurs vêtements, ils firent monter Jésus; et à mesure qu'il avançait, ils étendaient leurs vêtements sur la route. Déjà il approchait de la descente du mont des Oliviers, quand tous les disciples en masse, remplis de joie, se mirent à louer Dieu à pleine voix pour tous les miracles qu'ils avaient vus. Ils disaient: " Béni soit celui qui vient, le roi, au nom du Seigneur! Paix dans le ciel et gloire au plus haut des cieux! " Quelques Pharisiens, du milieu de la foule, dirent à Jésus: " Maître, reprends tes disciples! " Il répondit: " Je vous le dis: si eux se taisent, ce sont les pierres qui crieront. "

Luc 24,36-53
Comme ils parlaient ainsi, Jésus fut présent au milieu d'eux et il leur dit: " La paix soit avec vous. " Effrayés et remplis de crainte, ils pensaient voir un esprit. Et il leur dit: " Quel est ce trouble et pourquoi ces objections s'élèvent-elles dans vos coeurs? Regardez mes mains et mes pieds: c'est bien moi. Touchez-moi, regardez; un esprit n'a ni chair, ni os, comme vous voyez que j'en ai. " A ces mots, il leur montra ses mains et ses pieds. Comme, sous l'effet de la joie, ils restaient encore incrédules et comme ils s'étonnaient, il leur dit: " Avez-vous ici de quoi manger? " Ils lui offrirent un morceau de poisson grillé. Il le prit et mangea sous leurs yeux. Puis il leur dit: " Voici les paroles que je vous ai adressées quand j'étais encore avec vous: il faut que s'accomplisse tout ce qui a été écrit de moi dans la Loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. " Alors il leur ouvrit l'intelligence pour comprendre les Ecritures, et il leur dit: " C'est comme il a été écrit: le Christ souffrira et ressuscitera des morts le troisième jour, et on prêchera en son nom la conversion et le pardon des péchés à toutes les nations, à commencer par Jérusalem. C'est vous qui en êtes les témoins. Et moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Pour vous, demeurez dans la ville jusqu'à ce que vous soyez, d'en haut, revêtus de puissance. " Puis il les emmena jusque vers Béthanie et, levant les mains, il les bénit. Or, comme il les bénissait, il se sépara d'eux et fut emporté au ciel. Eux, après s'être prosternés devant lui, retournèrent à Jérusalem pleins de joie, et ils étaient sans cesse dans le temple à bénir Dieu.

L'évangile de Luc fait référence au ciel - [Textes bibliques]

La référence au ciel évoque les interventions de Dieu dans la vie des humains, dans leur histoire, et notamment la naissance, le ministère et l'ascension de Jésus :

Luc 2,10-15
L'ange leur dit: " Soyez sans crainte, car voici, je viens vous annoncer une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple: Il vous est né aujourd'hui, dans la ville de David, un Sauveur qui est le Christ Seigneur; et voici le signe qui vous est donné: vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. " Tout à coup il y eut avec l'ange l'armée céleste en masse qui chantait les louanges de Dieu et disait: " Gloire à Dieu au plus haut des cieux et sur la terre paix pour ses bien-aimés. " Or, quand les anges les eurent quittés pour le ciel, les bergers se dirent entre eux: " Allons donc jusqu'à Bethléem et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître."

Luc 3,21-22
Or comme tout le peuple était baptisé, Jésus, baptisé lui aussi, priait; alors le ciel s'ouvrit; l'Esprit Saint descendit sur Jésus sous une apparence corporelle, comme une colombe, et une voix vint du ciel: " Tu es mon fils, moi, aujourd'hui, je t'ai engendré. "

Luc 24,51
Or, comme il les bénissait, il se sépara d'eux et fut emporté au ciel.

Opposition pécheurs-justes - [Textes bibliques]

D'autres récits dans l'évangile de Luc jouent sur l'opposition perdu-retrouvé. Ils insistent sur le fait que Jésus est venu non pour les justes mais pour les pécheurs.

Luc 5,29-32
Lévi fit à Jésus un grand festin dans sa maison; et il y avait toute une foule de collecteurs d'impôts et d'autres gens qui étaient à table avec eux. Les Pharisiens et leurs scribes murmuraient, disant à ses disciples: " Pourquoi mangez-vous et buvez-vous avec les collecteurs d'impôts et les pécheurs? " Jésus prenant la parole leur dit: " Ce ne sont pas les bien-portants qui ont besoin de médecin, mais les malades. Je suis venu appeler non pas les justes, mais les pécheurs pour qu'ils se convertissent. "

Luc 7,36-50
Un Pharisien l'invita à manger avec lui; il entra dans la maison du Pharisien et se mit à table. Survint une femme de la ville qui était pécheresse; elle avait appris qu'il était à table dans la maison du Pharisien. Apportant un flacon de parfum en albâtre et se plaçant par-derrière, tout en pleurs, aux pieds de Jésus, elle se mit à baigner ses pieds de larmes; elle les essuyait avec ses cheveux, les couvrait de baisers et répandait sur eux du parfum. Voyant cela, le Pharisien qui l'avait invité se dit en lui-même: " Si cet homme était un prophète, il saurait qui est cette femme qui le touche, et ce qu'elle est: une pécheresse. " Jésus prit la parole et lui dit: " Simon, j'ai quelque chose à te dire. " - " Parle, Maître, dit-il. " - " Un créancier avait deux débiteurs; l'un lui devait cinq cents pièces d'argent, l'autre cinquante. Comme ils n'avaient pas de quoi rembourser, il fit grâce de leur dette à tous les deux. Lequel des deux l'aimera le plus? " Simon répondit: " Je pense que c'est celui auquel il a fait grâce de la plus grande dette. " Jésus lui dit: " Tu as bien jugé. " Et se tournant vers la femme, il dit à Simon: " Tu vois cette femme? Je suis entré dans ta maison: tu ne m'as pas versé d'eau sur les pieds, mais elle, elle a baigné mes pieds de ses larmes et les a essuyés avec ses cheveux. Tu ne m'as pas donné de baiser, mais elle, depuis qu'elle est entrée, elle n'a pas cessé de me couvrir les pieds de baisers. Tu n'as pas répandu d'huile odorante sur ma tête, mais elle, elle a répandu du parfum sur mes pieds. Si je te déclare que ses péchés si nombreux ont été pardonnés, c'est parce qu'elle a montré beaucoup d'amour. Mais celui à qui on pardonne peu montre peu d'amour. " Il dit à la femme: " Tes péchés ont été pardonnés. " Les convives se mirent à dire en eux-mêmes: " Qui est cet homme qui va jusqu'à pardonner les péchés? " Jésus dit à la femme: " Ta foi t'a sauvée. Va en paix. "

Luc 19,1-10
Entré dans Jéricho, Jésus traversait la ville. Survint un homme appelé Zachée; c'était un chef des collecteurs d'impôts et il était riche. Il cherchait à voir qui était Jésus, et il ne pouvait y parvenir à cause de la foule, parce qu'il était de petite taille. Il courut en avant et monta sur un sycomore afin de voir Jésus qui allait passer par là. Quand Jésus arriva à cet endroit, levant les yeux, il lui dit: " Zachée, descends vite: il me faut aujourd'hui demeurer dans ta maison. " Vite Zachée descendit et l'accueillit tout joyeux. Voyant cela, tous murmuraient; ils disaient: " C'est chez un pécheur qu'il est allé loger. " Mais Zachée, s'avançant, dit au Seigneur: " Eh bien! Seigneur, je fais don aux pauvres de la moitié de mes biens et, si j'ai fait tort à quelqu'un, je lui rends le quadruple. " Alors Jésus dit à son propos: " Aujourd'hui, le salut est venu pour cette maison, car lui aussi est un fils d'Abraham. En effet, le Fils de l'homme est venu chercher et sauver ce qui était perdu. "

Un texte d'Odon Vallet - [Aller plus loin]

"La parabole est hyperbole. Car il serait abusif, pour sauver un animal, d'abandonner quatre-vingt-dix-neuf brebis dans le désert où, sans guide, animaux et humains risquent de s'égarer. Même si le "désert" dont il est question ici est plutôt un pâturage sec de Judée ou de Samarie, parsemé de points d'eau.
Mais cette comparaison excessive illustre les principes de l'assurance et de la mutualité, tout comme les fondements du secours aux victimes et de l'aide aux sinistrés. Nous acceptons de majorer d'un pour cent le prix de nos voyages pour bénéficier d'une assistance-rapatriement. Cela ne nous empêche pas de nous enthousiasmer pour les récits de sauvetage en montagne ou sur les mers: Paul Keller, pasteur protestant et ancien président du syndicat des guides, a ainsi porté sur ses épaules, comme le bon pasteur de l'Evangile, un alpiniste anglais en perdition dans l'Himalaya, à sept mille mètres d'altitude.
Notre société a besoin tout à la fois de mécanismes de sécurité et d'actes de dévouement. Le problème est de savoir à quel prix les payer en termes de primes d'assurance ou de vies humaines lorsque est mise en danger la bourse de l'assuré ou la vie du sauveteur : il y a des recherches à interrompre et des risques à ne pas couvrir.
Il y en a d'autres à courir pour sauver son prochain et, enfants, nous avons tous admiré Tintin sauvant Tchang des eaux furieuses du Yang-tsé et de l'enfer blanc du Tibet. Avec Milou comme saint-bernard des neiges éternelles, le jeune reporter y porta son ami chinois sur les épaules comme Jésus sa brebis."

Odon Vallet

La brebis perdue et le pasteur déçu - [Aller plus loin]

Voici ce que dit un pasteur à propos de la parabole de la brebis perdue:
"Pendant longtemps, j'ai souffert de ma paroisse. Je la trouvais triste, peu fervente, éclatée, lourde. Lorsque je rencontrais des collègues, j'étais un peu jaloux de ce qu'ils me racontaient de leur propre Eglise. Je me considérais comme le pasteur d'un troupeau fragile, blessé, perdu.
En lisant la parabole, j'ai compris que la brebis perdue était particulièrement précieuse pour Dieu, et qu'il avait laissé le reste de son troupeau pour aller la chercher. Pour moi, cette parabole a été une parole de grâce."

Nouis Antoine Un catéchisme protestant Lyon Réveil Publications 1997 p. 469

Littérature - [Culture]

Cette parabole a inspiré de nombreuses créations s'adressant aux enfants :

  • La brebis égarée de Roland BACRI

    "AH ! DIS-MOI DONC, BERGÈRE
    A qui sont ces moutons ?
    - Par ma foi, doux Jésus,
    A moi qui les gardions Et tra la la déridérette
    Et tradéron la

    - Ah ! dis-moi donc, bergère,
    Combien as-tu d'moutons ?
    - Par ma foi, doux Jésus,
    Il faut que j'les comptions

    Allongeons-nous, bergère,
    Tes moutons nous compt'rons
    - En compt'rond, doux Jésus,
    Sûr que j'm'endormirons.

    N'aies peur du loup, bergère
    Par ma foi, j'y veill'rons
    - Par ma foi, doux Jésus,
    Mon compte serait bon.

    Je suis, vois-tu, bergère,
    La Porte des brebis !
    - Par ma foi, doux Jésus
    Ça qu'y faut pas en tondre !

    Morale de l'histouère
    N'est brebis égarée
    Que si elle n'envoie
    Pas paître pâtre apôtre."

    Bacri, Roland, J'ai descendu dans mon Jourdain, La Bible rechantée par le petit poète, La découverte, 1999, page 115.

  • La brebis perdue, Choeur parlé à 6 voix pour des jeunes, de Marion Combes.

    Ce choeur parlé à 6 voix pourrait devenir une petite saynète, mais dans ce cas il faudrait mémoriser le texte. En choeur parlé, les lecteurs, texte en main seront face au public, pas nécessairement alignés, mais les 5 brebis qui aiment leur "chez soi" devront être proches l'une de l'autre. Il ne faut pas aller trop vite et surtout respecter des temps: en particulier ceux qui sont indiqués, ceux que l'on peut sentir nécessaires, par exemple en fin de paragraphes et après les répliques de la brebis N°5.

    Voix (personnages) :
    Le Berger
    5 brebis (la cinquième est un peu dure d'oreille) : 1,2,3,4,5.

    Berger : (il compte) - une brebis, deux brebis, trois brebis, quatre brebis...
    1 - Nous sommes toutes ici.
    2 - Toutes les brebis, toutes rassemblées.
    3 - Pas une ne manque à l'appel.
    1 - Pas une
    4 - (à 5) Ca fait du bien d'être chez soi.
    5 - Comment ?
    4 - Je dis : ça fait du bien d'être à la maison !
    Berger : (il compte) - 97,98,99,... où est la centième ?
    1 - Nous sommes toutes ici.
    Berger : Vous étiez cent brebis...où est la dernière ?
    2 - Nous n'avons rien remarqué !
    Berger : Pourtant il en manque une, j'en suis sûr !
    3 - Nous ne manquons jamais à l'appel, nous !
    Berger : Elle est restée dehors ?
    4 - Nous, nous sommes dedans !
    Berger :- Je dois aller la chercher !
    5 - Qu'est ce qu'il dit ?
    1 (au berger :)- Ne sors pas ! Berger : Je dois sortir.
    2 - Dehors il fait nuit ! Berger : Je dois la trouver
    3 - Le loup pourrait te manger !
    Berger : le loup pourrait LA manger.
    4 - Qui s'occupera de nous ?
    Berger : Je veux la sauver
    1 - Ta place est ici. Berger : Je veux...
    2 - Avec nous....
    Berger : La sauver.
    3 - Dedans... (un temps)
    5 - J'ai compris : il manque la petite brebis !
    4 - Oui, celle qui est toujours à la traîne !
    5 - Ah bon ? Elle est toujours à la traite ?
    Berger :- Laissez-moi partir.
    1 - Une seule brebis a donc tant d'importance ?
    2 - Plus d'importance que 99 ?
    3 - Tu te soucies plus d'une brebis rebelle...
    4 - ...que de 99 brebis obéissantes ? C'est une honte !
    5 - A la tonte ? Mais qu'est-ce qu'elle fait à la tonte en cette saison ?
    1 - Tu veux nous laisser ! Berger : C'est elle qui est seule.
    2 - Sans notre berger, nous sommes perdues !
    Berger : C'est elle qui est perdue.
    3 - Nous avons peur !
    Berger : C'est elle qui tremble.
    4 - Nous allons mourir !
    Berger : C'est peut-être elle qui meurt. (Un temps)
    1 - Il a raison : ici nous ne risquons rien.
    2 - Nous avons suffisamment de nourriture pour tenir plusieurs jours.
    3 - Alors... va berger !
    4 - Va trouver la brebis perdue !
    1 - Ramène-la vite !
    2 - On se débrouillera !
    3 - Mais... reviens vite, berger !
    4 - Avec elle !
    1 - Oui, avec la brebis perdue !
    4 - retrouvée !
    3 - Oui avec la brebis retrouvée ! (le berger s'en va)
    5 - Mais où va t'il ?
    Fin (on peut prévoir sur cette fin suspendue un petit temps de musique)

  • Langis PLANTE a adapté ce récit de Luc et en a fait un conte pour enfant qu'il a illustré: "Par un bon après-midi de printemps…ou… une version se voulant inuit de la parabole de la brebis perdue" Le voici: http://www.samizdat.qc.ca/arts/av/bd/l_plante/am00.htm

Film - [Culture]

Le film "Bagdad Café", une parabole cinématographique.

Septante

Traduction grecque de la Bible hébraïque entreprise par les communautés juives d'Alexandrie en Egypte au 3e siècle av. JC. Elle était destinée aux juifs qui ne connaissaient plus l'hébreu. La légende veut que 72 (septante deux) savants juifs, travaillant en différents lieux et sans se consulter, soient arrivés à la même traduction en 72 (septante deux) jours. D'où le nom de " Septante " que l’on abrège aussi parfois en chiffres romains : LXX.

Juges (Livre des)

Le livre de la Bible qui leur est attribué, se présente comme une anthologie de héros qui interviennent après l'installation des tribus d'Israël en Canaan par Josué (successeur de Moïse) et avant l'instauration de la royauté en Israël (Saül, David, Salomon...), royauté qui durera jusqu'à l'Exil.
Ces figures appelées "juges" sont des figures héroïques toutes différentes les unes des autres. En tant que chefs d'une ou plusieurs tribus, les Juges sont censés, d'une part apporter une autorité en Israël et rétablir le peuple dans son intégrité religieuse, d'autre part délivrer Israël de la domination qu'exercent sur leurs tribus certains peuples comme les Philistins. Il s'agit pour le peuple d'Israël de vivre parmi les autres peuples autochtones en Canaan sans tomber dans la tentation du syncrétisme religieux.

Le livre des Juges révèle que règne le désordre ("chacun faisait ce qui était juste à ses yeux" Juges 17,6) parmi les fils d'Israël et que les Juges ne parviennent pas à rétablir l'ordre de façon durable ; au contraire, eux-mêmes contribuent encore au désordre. L'intention de l'auteur est de souligner que l'instauration de rois en Israël, élus par des prophètes, devient indispensable.
Parmi les juges, il y a ceux qu'on appelle "les petits juges", et les "grands juges".

  • "les petits juges" : tous originaires du centre du pays (montagne d'Ephraïm) ; de courtes notices nous informent de leurs actions : ce sont Otniel, Ehoud, Shamgar,Tola, Yaïr,Ibçân, Elôn,Abdôn.
  • "les grands juges" : Déborah, Baraq, Gédéon, Jephté, Samson. Déborah est aussi désignée comme prophétesse et Samson est un cas particulier. Il faut leur ajouter Samuel, qui est d'abord présenté comme juge (1Samuel 7,17). C'est lui qui élira sur la demande de Dieu les deux premiers rois d'Israël (Saül et David). Souvent ces juges sont porteurs d'un charisme guerrier qui n'implique ni autorité permanente ni administration de la justice. Leur fonction se résume à conduire la guerre, sauver du péril et ils n'exercent leur fonction qu'au profit d'un clan ou d'une tribu (sauf Baraq).

Bible

Le mot "Bible" transcrit en français un mot qui en grec est au pluriel et qui veut dire "les livres". En effet la Bible est un recueil qui comprend de nombreux livres, écrits sur plus d'un millénaire. On classe ces livres en deux grands ensembles : l'Ancien Testament et le Nouveau Testament (ils sont aussi parfois appelés : le Premier et le Second Testaments).
Deux religions, le judaïsme et le christianisme, se réclament de l'Ancien Testament. Les livres du Nouveau Testament fondent le christianisme. Ce sont des prédications et des témoignages pour exprimer ce que la vie et l'enseignement de Jésus-Christ signifient pour les chrétiens.
Les juifs et les premiers chrétiens, en parlant de leurs livres sacrés, disaient plutôt "l'Ecriture" ou "les Ecritures". On dit aussi "l'Ecriture sainte" ou "les saintes Ecritures".

Genèse (Le livre de la)

Il est le premier livre du Pentateuque. Il raconte d'abord les commencements du monde et de l'humanité (Genèse 1-11). Des récits montrent ce que Dieu veut pour le monde :
Le premier récit de création au chapitre 1 affirme que tout ce que Dieu a fait est bon ;
Cette volonté bonne pour le monde est reprise en 8, 20-9, 17 dans le rétablissement de la création après le déluge.
D'autres récits affrontent ce qui ne va pas dans le monde (2-3 ; 4, 1-16 ; 6-8 ; 11, 1-9).
Entre les récits, des listes de personnes (généalogies) décrivent la suite des générations : les êtres humains remplissent la terre et des peuples divers se forment.

Le livre de la Genèse raconte ensuite les commencements du peuple à travers de grands ancêtres (Genèse 12-50). Abraham (12, 1 - 25, 18), son fils Isaac, son petit-fils Jacob (25, 19 - 36, 43) sont présentés comme les ancêtres du peuple d'Israël. Les douze fils de Jacob donnent naissance aux douze tribus d'Israël. L'histoire des ancêtres raconte les difficultés rencontrées par les premiers groupes humains. Ils luttent entre eux pour obtenir des femmes, de la terre à cultiver, de l'eau pour les troupeaux. Chacun veut pouvoir vivre et recevoir la bénédiction de Dieu. Ces grands ancêtres ne sont pas installés sur un territoire : ils voyagent entre la Mésopotamie et l'Egypte, en passant par le pays de Canaan.

Récit étiologique

Un récit étiologique explique -le plus souvent à travers une histoire- l'origine d'un nom (de lieu ou de personne), d'une situation ou d'une coutume. Dans le récit de la création, la parole que Dieu adresse au serpent :
Genèse 3, 14 "tu marcheras sur ton ventre"

peut être comprise dans ce sens. On "explique" par là pourquoi cette bête n'a pas de pattes et rampe par terre.

Pentateuque

Le Pentateuque (le mot signifie les cinq rouleaux) comprend les cinq premiers livres de l'Ancien Testament, soit Genèse, Exode, Lévitique, Nombres et Deutéronome. Dans la tradition juive, ces cinq livres sont désignés comme "la Loi". Ce sont en effet des livres qui contiennent beaucoup de règles et de commandements. Cependant, le mot "loi" traduit le mot hébreu "torah" formé sur le verbe "enseigner". La loi enseigne comment vivre en obéissant à ce que Dieu veut. Dans les cinq premiers livres de la Bible, les récits et les lois sont liés. Les récits enseignent eux aussi ce qu'est la vie en relation avec Dieu et avec les autres.
Genèse 1-11 qui parle des commencements du monde et de l'humanité peut être considéré comme la préface du Pentateuque. Du ch. 12 de la Genèse jusqu'à la fin du Deutéronome, un grand récit se développe. Après avoir choisi Abraham, Dieu va choisir un peuple et faire alliance avec lui. Le livre de la Genèse situe cette alliance dans le cadre plus large des relations entre Dieu et tous les peuples (ch.12-50).

Genre littéraire

Les textes bibliques obéissent à un certain nombre de règles qui dépendent de leur genre littéraire : récits sous différentes formes (mythiques ou légendaires, rapportant des événements...), lois, poèmes, discours, lettres...Tous ces genres littéraires sont présents dans les textes bibliques où l'on trouve aussi des prières, des discours prophétiques..

Israélites

Israël est le nom que Dieu donne à Jacob en Genèse 32,29. Ses descendants s'appellent "fils d'Israël" ou Israélites. Un Israélite désigne donc un membre du peuple d'Israël dont il est question dans la Bible, à la fois au sens de l'appartenance à une communauté humaine et à une communauté religieuse. Actuellement le terme est synonyme de juif au sens religieux. Les citoyens de l'état contemporain d'Israël sont des Israéliens.
Pendant une période de l'histoire (de 933 à 722 av. JC), Israël est le nom du royaume du nord, séparé de celui du sud, le royaume de Juda. Mais au-delà de cette division, Israël reste un nom commun à tous ceux qui reconnaissent le Dieu d'Israël. Au moment de la division en deux royaumes, celui du sud s'est appelé Juda et ses habitants des Judéens. C'est de là que vient le nom de Juif, qui désigne celui qui se rattache à la foi israélite.

Le SEIGNEUR

Cette expression traduit dans la version de la TOB, comme dans beaucoup de versions contemporaines, le nom personnel du Dieu d'Israël. On ne sait pas comment ce nom -composé des quatre consonnes Y H W H- était prononcé. En effet, à partir d'un certain moment, les Juifs ne l'ont plus prononcé. Quand il apparaît dans les textes, il est alors remplacé à la lecture par adonaï, mot qui veut dire "seigneur" c'est-à-dire maître, propriétaire ou même Monsieur. L'emploi d'une écriture en majuscules différencie dans la traduction le SEIGNEUR (YHWH) des seigneurs humains et aussi de l'emploi du mot seigneur dans l'expression "le Seigneur Dieu (adonaï Elohim)".
Dans d'autres versions ce nom apparaît sous la forme des consonnes Yhwh (Bible Bayard), ou encore Yhvh ou Ihvh, dans d'autres il est vocalisé en Yahwé (Bible de Jérusalem) ou encore traduit par l'Eternel (versions Segond jusqu'à la nouvelle version de 2002).

Targoum

Targoum veut dire traduction. Du 6e au 4e s. av. JC, l'araméen est devenu la langue administrative des régions sous dépendance perse. Les textes de l'Ancien Testament écrits en hébreu ont alors été traduits en araméen de façon libre en étant assortis de commentaires et d'interprétations.

Mythe

Les mythes racontent une histoire hors de tout temps et de tout lieu. Celle-ci met en scène une question ou des questions universelles. Elle se déroule hors des réalités pour aller au-delà de celles-ci, donner des explications à ce qui n'est pas directement compréhensible, en proposer un sens.

Connaître

A côté du sens que nous donnons à se verbe, le verbe hébreu a un sens très concret : celui de relations sexuelles.

Ecclésiaste (livre de l')

Ce livre de l'Ancien Testament porte différents noms: "Qohélét", parfois aussi "Le Prédicateur Salomon", selon les versions. Il fait partie du genre littéraire de la littérature de sagesse. On l'attribue traditionnellement à Salomon, fils de David. Mais les recherches littéraires ont montré qu'il faudrait plutôt envisager sa rédaction au 3e siècle avant JC. Il surprend par sa manière lucide et décapante de voir la réalité. D'une certaine manière, il fait table rase de toutes les constructions humaines. C'est pourquoi la tradition chrétienne y a vu une préparation à une nouvelle espérance: le Christ, l'Evangile.

Juges

Ce sont des hommes et une femme qui avant la monarchie ont été choisis par Dieu pour gouverner Israël. Ils ont été appelés au sein de leurs tribus, ils avaient souvent des responsabilités militaires, veillaient à l'observation des commandements de Dieu et remplissaient une fonction juridique. Parmi les Juges, il y a Debora, Ehoud, Gédéon, Jephté et Samson. Samuel a été le dernier juge d'Israël.

Péché

Dans le langage biblique, le péché est ce qui empêche la relation entre Dieu et l'être humain soit par idolâtrie, soit par transgression, soit par opposition soit encore par l'omission d'un acte.

Septante ou Bible grecque

Les premières traductions de la Torah en grec furent entreprises par les communautés juives d'Alexandrie en Egypte au 3e siècle av. JC. Selon la légende, 72 savants ont été enfermés séparément pendant 72 jours et ils ont donné une traduction identique. D'où le nom "la Septante".

Saül

C'est le nom du premier roi d'Israël.

Sacrifice

Le sacrifice est un rite qui fait partie du culte rendu à Dieu. Selon les textes, il existe trois sortes de sacrifices :
1° l'holocauste où la bête est entièrement brûlée sur l'autel et offerte à Dieu.
2° le sacrifice de paix ou d'action de grâces offert en signe de reconnaissance à Dieu lors de cérémonies officielles ou lors de fêtes. Seule une partie de la bête est offerte à Dieu, l'autre partie est réservée pour un repas comme c'est le cas dans le récit d'Elqana qui offre de la viande à sa famille.
3° le sacrifice de repentance dont les règles sont très strictes et varient selon les péchés. Le sang et la graisse de la bête sacrifiée sont brûlés en un lieu saint.

Noms de Dieu dans la Bible

El est le nom de la divinité au Moyen-Orient et a donné aussi Allah. "El" signifie Dieu. On retrouve cette dénomination dans El Shaddaï traduit par "le Seigneur puissant". Mais le nom le plus utilisé est YHWH, le nom personnel du Dieu d'Israël. On ne sait pas comment ce nom -composé des quatre consonnes Y H W H - était prononcé. En effet, à partir d'un certain moment, les Juifs ne l'ont plus prononcé. Quand il apparaît dans les textes, il est alors remplacé à la lecture par adonaï, mot qui veut dire "seigneur" c'est-à-dire maître, propriétaire ou même Monsieur.
L'emploi d'une écriture en majuscules différencie dans la traduction le SEIGNEUR (YHWH) des seigneurs humains et aussi de l'emploi du mot seigneur dans l'expression "le Seigneur Dieu (adonaï Elohim)".

Samuel (Livres de)

Les deux livres de Samuel ne formaient qu'un seul ouvrage, ce n'est que sous l'influence de la Bible grecque que l'ouvrage a été divisé. Cette coupure a une logique biographique, le premier livre se termine par la mort du roi Saül, premier roi d'Israël, et le second se termine par la mort du roi David. L'ouvrage présente l'histoire d'Israël depuis les derniers Juges jusqu'à la mort du roi David, période de moins d'un siècle qui se caractérise par d'importantes modifications institutionnelles. Celles-ci sont mises en évidence par la construction littéraire qui fait alterner narration littéraire et ensembles plus réflexifs. Le texte des livres de Samuel est parmi ceux qui posent le plus de problèmes au traducteur et à l'interprète du fait des divergences entre le texte hébreu et le grec de la Septante ainsi que des variantes qui supposent différents manuscrits hébreux.

Torah

C'est le coeur de la Bible hébraïque qui contient 5 livres d'où son nom grec de Pentateuque (Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome). Ces livres racontent les événements de la création du monde jusqu'à la mort de Moïse et présentent la loi que tout Juif doit respecter.

Postexilique

On qualifie par cet adjectif des situations, des écrits, des références, des périodes... qui se situent après l' Exil.

Qumran

Le site de Qumran au bord nord-ouest de la Mer Morte, était le lieu de séjour d’une importante communauté essénienne. Cette communauté vivait en marge du judaïsme, son but étant un retour à la sainteté et la pureté premières des relations entre Dieu et son peuple. Pour cela, les adeptes vivaient à part, en communauté fermée, et suivaient des règles de vie très strictes. Dans les grottes autour, on a retrouvé des textes propres à la communauté mais aussi des manuscrits de pratiquement tous les livres de l'Ancien Testament et de quelques fragments du Nouveau Testament.

Jérémie (Livre de)

Un livre prophétique qui est compté parmi les écrits des "grands prophètes" (Esaïe, Jérémie, Ezéchiel). Le livre annonce la deuxième destruction de Jérusalem (587 avant JC). Le livre de Jérémie parle de Dieu à la manière du prophète Osée: le Seigneur est l'époux du peuple d'Israël. Le prophète demande continuellement au peuple de rester fidèle. Le livre de Jérémie combat les "faux prophètes" qui annoncent la paix pour tranquilliser le peuple, alors que Jérémie n'arrête pas de leur dire que la catastrophe est imminente.

Livres prophétiques

La tradition juive a donné le titre de "livres prophétiques" à l'ensemble des livres qui vont de Josué à Malachie. L'ensemble qui va du livre de Josué aux livres des Rois est appelé "premiers prophètes", alors que les autres livres sont appelés "derniers prophètes" (ce qui n'est pas à comprendre dans un sens chronologique, mais par rapport à leur emplacement dans la Bible).
La tradition chrétienne désigne les livres de Josué, celui des Juges, les livres de Samuel et les livres des Rois par l'expression "livres historiques".
L'expression "livres prophétiques" s'applique alors seulement aux livres qui sont nommément attribués aux prophètes : les livres des "grands prophètes" (Esaïe, Jérémie, Ezéchiel) et des "petits prophètes" (d'Osée à Malachie). Les adjectifs "grand" et "petit" font référence au volume des écrits.

Psaumes

Sont appelés "psaumes" les 150 prières qui forment à l'intérieur de l'Ancien Testament un recueil. Les thèmes des prières sont très variés : la louange, la plainte, la confession de péchés, le cri au secours, la confiance en Dieu... Certaines de ces prières sont très anciennes et datent de 1000 ans avant Jésus Christ. Le recueil s'est formé progressivement et a été achevé vers la fin du 3e siècle avant Jésus Christ.

Aramaïsme

Il s'agit d'une expression qui vient de l'araméen, mais qui est traduite dans une autre langue (hébreu, grec,...). Certaines particularités (tournure de la phrase, etc.) permettent aux spécialistes de les détecter. Ces importations d'expressions d'une langue dans une autre sont très fréquentes dans le texte biblique et viennent du fait que les auteurs "naviguent" entre plusieurs langues : ils pensent en araméen, ou en hébreu, ils s'expriment par écrit en grec.

Pseudépigraphie

Procédé qui consiste à mettre un écrit sous l'autorité d'une personnalité.

Christ

Nom commun qui vient du verbe "oindre", "consacrer au moyen d'une onction". C'est la traduction du terme hébreu "Messie". Dans la tradition juive, il désigne l'envoyé de Dieu, chargé d'accomplir une mission de salut pour le peuple (les rois d'Israël sont parfois appelés "Messie"). Les juifs du premier siècle attendaient la venue du Messie de Dieu qui rétablirait la gloire du royaume de David. Dans le Nouveau Testament, le terme "Christ" est employé le plus souvent comme apposition du nom "Jésus", si bien qu'il prend valeur de nom propre.

Jésus

Nom propre hébreu signifiant "Dieu sauve". Il était très courant en Palestine au premier siècle. Le Nouveau Testament l'emploie exclusivement pour désigner Jésus de Nazareth. L'historicité de l'existence de Jésus n'est plus contestée aujourd'hui, même si les spécialistes sont d'une grande prudence vis-à-vis des sources qui en témoignent (essentiellement le Nouveau Testament).

Théophile

C'est un prénom assez courant au premier siècle, aussi bien en milieu grec qu'en milieu juif. Parce que sa signification étymologique est "celui qui est aimé par Dieu" ou "celui qui aime Dieu", les Pères de l'Eglise y ont vu une allusion symbolique à tous les croyants. Cela n'exclut pas la possibilité de l'existence d'un "Théophile historique", destinataire de l'évangile de Luc et des Actes des apôtres.

Saint Esprit

Pour le Nouveau Testament, le Saint Esprit (ou Paraclet) est la présence de Dieu parmi les hommes et en l'homme. Il est une puissance transformatrice, toujours liée à l'événement du salut en Jésus-Christ. Il rend le Christ présent, il permet de comprendre les Ecritures qui lui rendent témoignage, il rappelle son enseignement, il pousse les chrétiens à annoncer la bonne nouvelle, il les unit dans la foi, dans l'espérance et dans l'amour, il leur donne les aptitudes au témoignage.

Abraham

"Père d'une multitude". Selon la tradition de l'Ancien Testament, le premier des patriarches du peuple d'Israël. Dieu a appelé celui qui s'appelait encore Abram ("mon père est grand") à partir de Charan où il habitait, pour aller dans le pays que lui-même lui donnerait. La saga d'Abraham et de ses descendants est racontée dans le livre de la Genèse, du chapitre 12 au chapitre 50.

David

Le deuxième roi d'Israël, après Saül rejeté par Dieu. David est reconnu par la tradition comme le véritable fondateur de la monarchie, celui qui lui a donné sa puissance grâce à sa fidélité à Dieu. Salomon, son fils, la consolide après lui, mais les rivalités divisent l'Etat hébreu en deux entités dès la deuxième génération après David. On trouve l'histoire de David dans les livres de Samuel, des Rois et des Chroniques.

Version/Traduction

Le processus de traduction a commencé très tôt avec la Septante en ce qui concerne les textes en hébreu. Pour les textes en grec la traduction en d'autres langues (latin, syriaque...) a commencé avant même que le Nouveau Testament ne soit constitué en tant que tel.
Au 4e siècle après JC, la langue grecque a été remplacée par le latin, c'est alors que Jérôme entreprend une nouvelle traduction, appelée la Vulgate du latin editio vulgata qui signifie édition vulgarisée.
Au 16e siècle apparaissent les premières traductions en français, allemand et anglais.
De nos jours il existe des versions de tradition, marquées par une identité confessionnelle, des versions "populaires" (en langue courante), des versions "laïques", une version œcuménique, la Traduction Œcuménique de la Bible (TOB), qui a vu le jour de 1972 (Nouveau Testament) à 1976 (Ancien Testament).
Toute traduction de la Bible se détermine par rapport à un certain nombre d'objectifs, de choix et de réalités, parmi lesquels le public pour lequel on traduit, le lieu et l'époque de traduction.

Disciple

Le terme grec désigne l'étudiant : celui qui reçoit un enseignement d'un maître. Dans le Nouveau Testament, il désigne d'une part, au sens restreint, les douze disciples que Jésus choisit comme compagnons durant son ministère, et d'autre part, au sens large, tous les chrétiens, c'est à dire tous ceux qui acceptent l'Evangile, la bonne nouvelle du salut par la confiance en Jésus-Christ le Fils de Dieu.

Marc (Evangile de)

L'évangile de Marc :
Sa construction est étonnante.
Il commence par ces mots :

Marc 1,1

Commencement de l'Evangile de Jésus Christ, Fils de Dieu.

Il s'agit donc d'un commencement d'une Bonne Nouvelle de Jésus qui est Fils de Dieu. Tout est dit.
Marc va dérouler son récit en invitant le lecteur à faire sienne cette affirmation.
On pense aujourd'hui que l'évangile de Marc dans sa forme originale s'arrêtait sur le silence et la peur des femmes, mais cette fin a suscité des réactions et les versets 9 à 19 ont été rajoutés plus tard.
Marc terminait son récit sur un constat de tristesse et de silence, Jésus a été crucifié, mais son tombeau est vide, les femmes venues pour l'embaumer sortent de la tombe et partent en courant. Elles tremblent, elles sont bouleversées, et elles ne disent rien à personne parce qu'elles ont peur. (Marc 16,8)
Le lecteur ne peut pas rester dans le silence et la peur des femmes. Il est renvoyé au début du récit où la Bonne Nouvelle ( Evangile) qui affirme qu'il y a un "Commencement d'une Bonne Nouvelle de Jésus Christ qui est Fils de Dieu" (1,1), comme si Marc invitait le lecteur à lire et relire l'Evangile jusqu'à ce qu'il ne soit plus aveugle mais qu'il suive Jésus sur le chemin.

Elian Cuvillier présente dans : la tragédie de Jésus, l'Evangile comme un drame théologique en trois actes.
Acte 1 : Marc 1,1-8,21 une introduction où tous les ingrédients du drame sont fournis, au fur et à mesure, au travers de plusieurs scènes significatives.
Acte 2 : Marc 8,22 à 10,52 pivot central de la tragédie, ce point de non-retour rend inévitable ce que l'on ressentait auparavant comme probable. Les diverses scènes font basculer le drame vers le but pressenti.
Acte 3 : Marc 11,1 à 16,8 le récit de la Passion, partie essentielle de l'Evangile, puisque lieu du paroxysme de la tragédie : la mort de Jésus.

Matthieu (Evangile de)

Matthieu est un juif qui vivait d'une attente religieuse intense et qui a reconnu en Jésus le Messie de Dieu. Sur la base de cette foi nouvelle, il a alors opéré un écart progressif mais décisif par rapport à sa tradition religieuse d'origine. L'évangile de Matthieu (vers 80) témoigne auprès de la communauté judéo-chrétienne de l'actualité des actes et des paroles de Jésus. Il montre comment la Parole du Messie de Nazareth est venue accomplir la loi ancienne, c'est-à-dire la déplacer radicalement. C'est ainsi, par exemple, que la question de l'universalisme occupe une place importante dans le premier évangile : alors que Jésus lui-même ordonne de n'aller que vers "les brebis perdues d'Israël" (Matthieu 10,4-5), il guérit pourtant le serviteur du centurion romain et souligne qu'il n'a jamais vu une telle foi (Matthieu 8,5-13). Plus loin dans le récit, il se laisse convaincre par une femme cananéenne que la Bonne Nouvelle est pour tous, même pour les païens (Matthieu 15,21-28). Matthieu témoigne donc de ce que tous sont indistinctement appelés au salut, indépendamment d'une appartenance au peuple élu. Autre thème : les disciples sont des "petits" (Matthieu 10,42, Matthieu 18,2-5). Mais, dans le même temps, ils reçoivent une dignité égale à celle des justes et des prophètes, figures éminentes de la tradition juive (Matthieu 10,40-41, Matthieu 13,16-17). Leur "petitesse" devient ainsi leur seule lettre de noblesse. Matthieu invite chacun à se laisser accueillir et aimer par un inconnu comme le Messie d'Israël fut accueilli par les païens.

Luc (Evangile de)

Rédigé dans les années 80-90, l'évangile de Luc est dédié à un certain Théophile qui semble un personnage important de culture grecque et qui représente peut-être symboliquement les chrétiens d'origine païenne. En effet, Luc parle d'un Evangile qui s'est progressivement ouvert à tous les hommes. Point de frontière pour la Bonne Nouvelle : elle est pour tous, juif ou grec. Il faut pourtant du temps pour que s'opère cette universalisation de la parole de Jésus. C'est pourquoi, Luc l'inscrit dans une chronologie dont l'évangile est le premier volet et le livre des Actes, le second. Tout est offert en Jésus-Christ, une fois pour toutes, mais c'est peu à peu que la grâce donnée s'ouvre un chemin dans l'histoire et dans le coeur des hommes. La partie la plus originale de cette ouverture progressive est sans doute la montée à Jérusalem (Luc 9,51 à 19,28) que Luc inaugure par ces mots : "Jésus durcit son visage pour prendre la route de Jérusalem". Le drame est au bout du chemin et Jésus l'affronte comme la conséquence même de sa prédication. Dès lors, plus il avance, plus il rencontre l'opposition des chefs du peuple. Sa parole n'est pas celle d'un gourou qui fascine et force le genou à plier, mais une parole qui divise (Luc 12,49-53). Il ne peut en être autrement car le Christ qui s'avance n'a aucun des traits prévus pour un Messie. Seules les brebis perdues entendent parfois sa voix qui assure que le plus petit a un prix infini au regard de Dieu. L'évangile de Luc demande : es-tu de ceux-là ?

Jean (Evangile de)

L' évangile de Jean a sans doute été rédigé à la fin du 1er siècle. Son style est bien différent de celui des autres évangiles. Par ailleurs, bon nombre de récits lui sont spécifiques. Le message qui est développé trouve son ancrage dans l'affirmation centrale du prologue : " La Parole a été faite chair " (1,18). L'ensemble de la narration de Jean désigne la révélation paradoxale d'un Dieu qui se donne à rencontrer dans la personne historique de l'homme Jésus de Nazareth. A la différence des autres évangiles, le Jésus que Jean présente ne révèle pas quelque chose. C'est sa propre personne qui est le contenu du message et c'est par la foi en lui que l'être humain passe de la mort à la vie. Cette révélation est tellement inouïe que personne ne peut la comprendre par lui-même. Jésus provoque sans cesse le malentendu, comme avec Nicodème qui ne parvient pas à comprendre la différence entre la " naissance d'en bas " et la " naissance d'en haut " (3,1-21). Seul Dieu peut donner de saisir la révélation paradoxale de Dieu en Jésus. Seul Dieu peut offrir la vérité qui rend libre. Tous les signes et toutes les paroles de Jésus n'ont pas pour but de faire entrer dans un mystère céleste mais de confronter l'auditeur et le lecteur à cette question : ce Jésus peut-il vraiment être l'incarnation de Dieu ? La place importante occupée par le récit de la Passion accentue la question dans le sens où il s'agit de décider de l'identité de Jésus à la croix et de le confesser quand, après Pâques, il montre encore à ses disciples les marques de son humanité (20,20)

Passion

Du verbe latin "patior" souffrir. La passion de Jésus recouvre le temps de ses souffrances : son arrestation, son jugement, sa condamnation, sa crucifixion et son ensevelissement. Matthieu, Marc, Luc et Jean insistent tous sur ce temps de souffrances, chacun à sa manière. Le lecteur attentif découvre des différences dues à l'auteur et à sa compréhension de cet événement. Dans les Actes, l'auteur Luc insiste sur la passion et la résurrection. Pour Paul, la passion est un immense signe d'amour de Dieu en Jésus Christ pour l'humanité. Si la passion n'était pas suivie de la résurrection de Jésus Christ, elle serait signe d'un lamentable échec ; les évangélistes insistent sur la passion parce qu'elle est suivie de la résurrection du Christ. Il a vaincu la mort.

La Pâque

La Pâque est la fête juive qui commémore la sortie d'Egypte sous la houlette de Moïse et la libération du peuple hébreu de la servitude égyptienne. Elle est racontée dans le livre de l'Exode aux chapitres 12 et 13. Les Hébreux reçurent l'ordre de prendre un agneau, de le partager avec les voisins pour qu'il n'y ait pas de restes, de recueillir le sang de l'agneau et d'en enduire les portes de la maison. L'agneau doit être accompagné de pain sans levain et d'herbes amères. Il faut être prêt pour le départ, manger vite, une ceinture autour des reins, les sandales aux pieds, un bâton à la main.
Aujourd'hui encore cette fête est très importante, elle rappelle la délivrance par Dieu et les grandes étapes de l'histoire juive. Plusieurs rites accompagnent cette commémoration : les jeunes enfants posent la question "pourquoi cette nuit est-elle différente des autres nuits ?" pour introduire le récit de la première Pâque. Le pain sans levain rappelle la précipitation du départ et les herbes amères la douleur de la servitude. La porte de la maison doit rester ouverte pour accueillir l'invité de la dernière minute. Jésus a célébré la Pâque. Après sa mort, cette fête a pris un autre sens.

Messie

Le mot "Messie" est un mot d'origine hébraïque qui apparaît dans l'Ancien Testament, alors que le mot "Christ" est d'origine grecque. Les deux mots veulent dire en français : "celui qui est oint". A l'origine celui qui reçoit l'onction est le roi qui était considéré comme le fils de Dieu parce que responsable et médiateur du peuple devant Dieu. D'autres personnes ont pu recevoir une onction : les grands prêtres plus tardivement alors qu'il n'y avait plus de roi. Déjà à l'époque des rois plus ou moins fidèles et aussi au temps de Jésus, les juifs attendaient le Messie qui devait être de la lignée de David, pour rétablir la véritable royauté en Israël : "le Messie qui vient". Le Messie précède dans d'autres textes la venue de Dieu lui-même.
L'image qu'on se fait de ce Messie n'est pas uniforme : les uns attendent de lui un rétablissement politique, le Messie est un roi puissant ; les autres pensent que s'ils restent fidèles à la loi, Dieu va finir par envoyer le Messie ; d'autres prennent l'image du Messie dans les textes du serviteur souffrant d'Esaïe (Esaïe 52,13-53,12) ; d'autres encore attendent un nouveau Moïse. Jésus va être confronté à ces différentes aspirations et en décevra certaines.

Collecteur d'impôts

Un métier méprisé et impopulaire parce qu'en relation avec l'occupant romain. On leur reprochait de ne pas être honnêtes, de prendre trop de taxes, d'utiliser leur situation à leur avantage et de collaborer avec le pouvoir romain en place. Dans les Evangiles, ils sont associés aux pécheurs, aux prostituées, aux païens. Jésus a toujours refusé de mettre les personnes dans des catégories. Voir l'histoire de Zachée (Luc 19,1-10) et la rencontre de Jésus avec un percepteur d'impôts (Luc 5,27-32).

Pharisien

D'un mot hébreu qui signifie "séparé". Courant religieux juif , parmi d'autres, qui met l'accent sur l'étude et le respect de la loi divine écrite. Les pharisiens sont des hommes pieux, vertueux, très soucieux d'appliquer la loi de Dieu et de se garder des impuretés rituelles. Pour vivre la sainteté de Dieu, il fallait être "séparé" des autres. Seules l'observance de la loi et la pratique du culte pouvaient sauver le peuple juif. Après la chute de Jérusalem en 70 ap. JC, le courant pharisien a été obligé de se reconstruire pour perpétuer les traditions. Il s'est alors trouvé en opposition avec le christianisme qui lui aussi était en train de se construire. Cela explique les oppositions fortes entre ces deux mouvements religieux. Au fils des ans, le terme "pharisien" a pris une connotation péjorative pour désigner tout comportement hypocrite.

Scribe

Le scribe est celui qui recopie la loi et qui l'enseigne.

Parabole

Dans une parabole, une idée, une pensée est représentée par une image, une histoire. Il est important de comprendre que, la plupart du temps, on n'illustre qu'une seule pensée : il n'est donc pas juste de vouloir chercher des correspondances pour tous les personnages, objets ou situations cités.
Il existe d'autres formes de liens entre une idée et une illustration : La comparaison établit un parallèle entre deux termes par l'intermédiaire d'une marque grammaticale (verbe, adjectif, adverbe, locution comparative). Exemple : "Soyez rusés comme les serpents et candides comme les colombes" (Matthieu 10,16)
Dans la métaphore, l'un (au moins) des trois éléments de la comparaison a disparu. Exemple: "Vous êtes la lumière du monde" (Matthieu 5,14)
L'allégorie est un récit qui cherche à interpréter la parabole: chaque élément de celle-ci est considéré comme l'expression de notions religieuses, morales et historiques. Exemple: Marc 4,14-20 est l'explication allégorique de la parabole racontée en Marc 4,3-9

Loi

Ce sont des prescriptions données par Dieu à son peuple pour l'aider à vivre. Les principales, " dix commandements " ou " dix paroles " se trouvent en Exode 20,1-17 et en Deutéronome 5,6-22. Le livre du Deutéronome (terme qui vient du grec et signifie " seconde loi ") est le livre de la loi qui permet au peuple de vivre devant Dieu. La loi n'a sa raison d'être que par le rappel de la libération du peuple par Dieu et par l'affirmation par Dieu qu'il est un Dieu qui libère.

Moïse

Moïse est le personnage qui a guidé le peuple d'Israël à travers le désert après l'avoir sorti d'Egypte. Dans la révélation à la montagne du Sinaï Dieu lui communique les tables de la Loi. La vie et l'oeuvre de Moïse sont rapportées dans la Bible, dans les livres de l'Exode, du Lévitique, des Nombres et du Deutéronome.

Canon

Le mot est d'origine grec et signifie à l'origine "baguette" ou "règle de charpentier" et par extension a pris le sens de "règle". Finalement ce mot a désigné une liste ou un catalogue de livres, représentant la règle qui délimite les Ecritures reconnues, et faisant autorité pour la foi juive puis chrétienne.

Evangile

Le mot grec veut dire littéralement "bonne nouvelle". A partir de l'empereur Auguste, il désigne l'instauration de la paix romaine. Les chrétiens l'adoptent très tôt pour désigner le centre de leur foi : la mort et la résurrection de Jésus. C'est dans ce sens que l'utilise Paul. Ce n'est que vers le milieu du 2e siècle que l'on commence à employer ce terme pour parler de récits de la vie de Jésus mis par écrit d'après les témoignages de ses disciples. Dans les évangiles ce mot (seuls Marc et Matthieu l'utilisent) désigne toujours l'enseignement de Jésus.

Païen

Quand la Bible utilise le mot de "païens", elle l'oppose aux juifs. Le mot ne veut donc pas dire que ce sont des personnes athées, mais qu'elles croient autrement, qu'elles ont d'autres dieux. Un synonyme est "Gentils" ou encore "Grecs".

Actes des apôtres

L'auteur de ce livre est l'évangéliste Luc, rédacteur du 3e évangile (Evangile de Luc). Luc y raconte la vie des premières communautés chrétiennes, après la mort et la résurrection de Jésus, pour fortifier dans leur foi les communautés nées de la proclamation de l'Evangile aux nations païennes. Les Actes des Apôtres relatent comment la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ se propage à Jérusalem et en Judée, puis dans les grandes villes de l'empire romain, en Asie mineure et en Grèce notamment. L'Evangile atteint non plus seulement des fidèles de la religion juive, mais aussi des sympathisants du judaïsme (comme l'eunuque éthiopien venu en pèlerinage à Jérusalem), et enfin des personnes totalement étrangères au milieu juif auxquelles on donnera le sobriquet de chrétiens (Actes 11).
Ce passage du judaïsme strict au mouvement chrétien est souligné par l'histoire détaillée que rapporte Luc de la vie de l'apôtre Paul, sa conversion, et ses 4 voyages missionnaires autour du bassin méditerranéen.

Etienne

Etienne était issu d'un groupe de juifs appelés " Hellénistes " car ils parlent grec. Il faisait partie des sept diacres élus pour distribuer la nourriture à la première communauté de disciples de Jérusalem. Il " opérait des prodiges et des signes remarquables " (Actes 6,5-15). Etienne affiche une liberté critique contre le légalisme juif et la pratique des rites sacrificiels au Temple. Dénoncé par des gens de la synagogue, il est traduit en procès devant les autorités religieuses juives et condamné à être lapidé. Cette lapidation d'Etienne provoque une vive persécution contre les Hellénistes, mais elle ouvre par contrecoup l'Evangile aux milieux non-juifs de Samarie et du littoral méditerranéen.

Prosélytes

Du verbe grec pros-erchomai : " s'approcher ". Personnes d'origine païenne qui s'intègrent au peuple juif par la circoncision

Jean le Baptiste

Prophète juif qui, dans les années 30 de notre ère en Palestine, annonçait la venue imminente du Messie, invitait les gens à se convertir et baptisait d'eau dans le Jourdain ceux qui venaient à lui. Il baptise Jésus qui vient à lui au début de son ministère public

Simon le Magicien

Personnage assez mystérieux dont parle le Livre des Actes (Actes 8,9-24).C'est un magicien qui par les prodiges qu'il accomplit frappe l'imagination et qui monnaie ses interventions. En même temps il propage une doctrine qui dévoie l'Evangile et spécule sur la puissance de Dieu. Il offre de l'argent à Philippe pour s'approprier l'Esprit de Dieu qui permet d'accomplir les miracles opérés par Philippe.
Il va passer à la postérité, en donnant le terme simonie qui désigne le trafic des choses saintes !

Diaspora

Ce terme désigne la dispersion des juifs hors de la Judée, sous l’effet des famines, guerres, exils, pratiques commerciales... La présence de juifs est attestée en Egypte au VIème siècle av. JC et en Perse où certains ont vécu après les déportations du début du VIème siècle av. JC. A partir du IVème siècle av. JC, avec Alexandre et ses successeurs, ils vont s’implanter dans les villes tout autour de la Méditerranée.
Au premier siècle de notre ère, la diaspora méditerranéenne est très développée dans les villes d’Asie Mineure, à Antioche et Alexandrie et jusqu’à Rome.

Puisqu’il n’y a qu’un seul Temple, celui de Jérusalem, les juifs de la diaspora vont créer la synagogue pour pouvoir observer les pratiques rituelles de la loi. Ils vont jouer un rôle considérable dans la religion juive et son évolution.

 

Syncrétisme

Système qui résulte de l'amalgame de plusieurs théories, théologies ou doctrines, apparemment inconciliables

Azôtos

Il s'agit d'une petite ville entre Jaffa et Gaza, à 5 kms environ de la mer. Au temps de Jésus, elle fait partie du royaume d'Hérode le Grand

Césarée

Césarée est le port le plus important de Palestine, construit par Hérode le Grand entre l'an 12 et l'an 9 avant JC. La ville deviendra résidence du procurateur romain et de sa garnison. Pilate y habitait donc. La population de Césarée est composée de païens, de juifs et de samaritains. Philippe, l'un des Sept des Hellénistes, demeure à Césarée (Actes 21,8) et y annonce l'Evangile (Actes 8,40). L'apôtre Paul passera quelques jours à Césarée chez Philippe (Actes 21,8-10)

Candace

Candace est le titre honorifique donné aux reines d'Ethiopie (comme pharaon, roi d'Egypte). Ce titre est considéré comme un nom propre par les Grecs et les Romains

Gaza

La ville se situe au sud-ouest de la Palestine, entre Haïffa et el Kantara.
Détruite un siècle avant JC, elle fut reconstruite et donnée au Royaume d'Hérode, puis incorporée à la Province romaine.

Règne de Dieu

Cette expression veut dire plusieurs choses à la fois. Pour comprendre, il faut regarder le contexte dans lequel elle est utilisée. Souvent, il est possible de la traduire par " présence de Dieu parmi les hommes " . Il est important d'insister sur le fait qu'il ne s'agit nullement d'un royaume qu'on pourrait localiser sur une carte. Dans l'histoire de l'Eglise, certains mouvements ont essayé d'instaurer ce règne par la force, alors que le Nouveau Testament parle d'un don de Dieu. L'expression vit d'une tension entre un " déjà là " (il y a des signes de ce règne déjà donnés) et un " pas encore " (le règne de Dieu est aussi en attente de s'accomplir)

Circoncision

Excision totale ou partielle du prépuce chez les garçons. La circoncision était très répandue parmi les peuples de l'Orient Ancien (p.ex. chez les Egyptiens, les Edomites, les Moabites). Tandis que ce rite était effectué au moment de la puberté (signe que le garçon était devenu un homme), le peuple d'Israël le comprend comme signe d'alliance conclue par Dieu avec Abraham et sa descendance (Genèse 17,9-14). L'âge de la circoncision est de huit jours. Déjà les prophètes utilisent la circoncision de manière métaphorique et demandent une "circoncision du coeur" (Deutéronome 10,16 ; Jérémie 4,4).
Dans l'église primitive, il y a eu discussion pour savoir si oui ou non, la circoncision devait précéder l'entrée en Eglise.
C'est au Concile de Jérusalem (Actes 15) que les apôtres refusent cette exigence.

Ancien

Ce titre n'indique pas forcément un chef hiérarchique d'une communauté, mais, d'après l'usage des Eglises d'Aise, quelqu'un qui avait appartenu au groupe des disciples du Seigneur ou qui avait encore connu ces derniers. C'était donc un homme qui jouissait d'une autorité considérable, en tant que témoin du début de la tradition apostolique

Citoyen romain

Titre qui distinguait ceux et celles qui appartenaient à l'Empire de Rome des autres habitants. Pour être " citoyen romain " , il fallait vivre dans une ville qui elle-même avait reçu le statut de " cité romaine " en récompense de services rendus. L'avantage d'être citoyen romain était de bénéficier de la justice de Rome ; le citoyen romain ne pouvait ni être battu, ni être crucifié, ni être jeté en pâture aux animaux dans les arènes. Paul ayant fait valoir ses droits devant les autorités romaines demande à être emmené à Rome pour y être jugé. Dans Actes 16,37 Paul le rappellera.

Epître

Vient du mot grec qui signifie " lettre " . Il s'agit d'un genre littéraire très utilisé dans l'Antiquité par les Grecs et les Romains. Les épîtres respectent généralement un schéma-type : nom de l'auteur, nom du destinataire, formule de salutation, contenu de la lettre, salutation finale. On recense dans la Bible de nombreuses épîtres de Paul, certaines comme l'épître aux
Romains sont de véritables traités théologiques

Philémon (Epître de Paul à )

Paul, Philémon et Onésime sont les trois protagonistes de l'histoire.
Au moment où il écrit cette lettre, Paul est emprisonné probablement à Ephèse (peut être à Rome) au milieu des années 50, donc empêché de poursuivre sa mission et de prêcher. Philémon, notable, est responsable d'une communauté qui se réunit dans sa maison, probablement à Colosses. Il a parmi ses esclaves un dénommé Onésime. La lettre laisse supposer qu'il s'est enfui pour des raisons que l'on ignore.
Peut être a-t-il volé ? Toujours est-il que ce départ a causé du tort à Philémon. Onésime s'est réfugié auprès de Paul et a été converti à la foi chrétienne devenant ainsi " un fils spirituel " de Paul qui a une profonde affection pour lui. Mais Paul renvoie Onésime à son maître avec cette lettre. Paul souhaite que Philémon reprenne son esclave non plus comme esclave mais comme un frère bien-aimé, et peut être même fasse encore plus en le renvoyant à Paul qui en ferait un collaborateur

Gamaliel

Petit-fils de Hillel, fondateur de l'école rabbinique pharisienne la plus libérale.
Gamaliel a été le maître de Paul.

Gentil

Personne étrangère au peuple juif, même sens que païen. Dans le Temple de Jérusalem, il y avait un parvis réservé aux Gentils

Talmud

Vient du mot hébreu qui signifie enseignement, leçon. C'est le titre d'un recueil de la tradition rabbinique composé entre le 1er et le 5e siècles. Il contient toute la tradition juive sous forme de discussions, de légendes, de paraboles et de débats. Il est composé de la Mishna qui est la tradition littéraire et de la Gemara qui renferme les commentaires

Saint

Dans l'Ancien Testament, le mot hébreu kadosh que l'on traduit par saint n'évoque pas d'abord la perfection morale, mais le fait que Dieu est tout autre que l'être humain. S'il est dit " Soyez saints comme moi je suis saint " (Lévitique 19,2 et 20,26) c'est pour inviter le peuple élu à vivre son appartenance à Dieu et sa différence d'avec les autres peuples.
Dans le Nouveau Testament, saint se dit de Dieu, de son nom, se dit du Christ qui appartient à Dieu et qui a été envoyé par lui. Ainsi en est-il des chrétiens qui appartiennent au Christ. Dans le Nouveau Testament, le mot " saint " désigne le croyant.

Apôtre

Du grec ^apostolos, envoyé de Dieu. Nom donné à chacun des 12 disciples que Jésus charge particulièrement de prêcher son Evangile. Paul prendra aussi rang et prérogatives d'apôtre

Synagogue

C'est un mot grec qui veut dire " assemblée " . On désigne par là le lieu de l'assemblée en non pas l'assemblée en elle-même. Après la destruction du Temple (586 avant JC) et l' Exil, le culte autour des sacrifices n'était plus possible. Ainsi, le culte à la synagogue était centré autour de la lecture et de l'interprétation des Ecritures

Exil

Il s'agit de l'époque de la déportation du peuple d'Israël à Babylone. Une première grande déportation a lieu en 722 av. JC, après la prise de Samarie par les Assyriens. C'est la fin du Royaume d'Israël ou Royaume du Nord (dont Samarie était la capitale). A l'Empire assyrien succéda l'Empire babylonien avec le roi Nabuchodonosor qui envahit Jérusalem (capitale du royaume de Juda) en 597 av. JC. Il déporte le roi Yoyakïn ainsi qu'une grande partie de la population, essentiellement la classe dirigeante et l'élite intellectuelle. Le successeur de Yoyakïn, Sédécias se révolte contre Nabuchodonosor et en 588, Nabuchodonosor prend Jérusalem, détruit le Temple et déporte la population à Babylone. Il a fallu attendre l'édit de Cyrus, roi de Perse en 538 pour que les Juifs soient autorisés à rentrer dans leur pays.
Théologiquement, l'exil a été vécu par les prophètes comme le jugement de Dieu sur le peuple élu. Les prophètes annonçaient aussi un retour à Jérusalem et la reconstruction du Temple. L'exil est une période importante notamment pour la rédaction des textes bibliques. Beaucoup des textes de l'Ancien Testament ont été écrits après le retour de l'exil.

Apocalypse (Livre de l')

Ce livre est attribué par la tradition à Jean, l'évangéliste, car l'auteur se présente avec le nom de Jean. Le texte a probablement été écrit autour de l'an 95 après JC. Le langage est pétri de symboles, de visions et de citations de l'Ancien Testament. Selon certains commentateurs, il est écrit dans un but de consolation des communautés persécutées, selon d'autres, il met en garde contre un affadissement de la foi des chrétiens qui commencent à s'arranger avec les réalités politiques de leur temps (le culte de l'Empereur en particulier). Les deux interprétations ne s'excluent pas mais mettent des accents différents

Prophète

Le mot " prophète " vient du grec prophètès, qui signifie " celui qui s'avance pro pour parler phèmi " . Il est parfois nommé " voyant " ou " visionnaire " dans certains textes bibliques. Le terme hébreu pour " prophète " est nabi'. Le prophète est essentiellement le porte-parole de Dieu. Aussi son discours est-il souvent introduit par " Ainsi parle le Seigneur " ou ponctué par la formule " oracle du Seigneur " .
Le prophète tient souvent son message de " la bouche " même du Seigneur. Mais Dieu peut aussi se révéler à lui par des visions.
Le prophète s'exprime le plus souvent par la parole, mais aussi par des gestes hautement symboliques que l'on nomme parfois des " actes-signes " .
Son rôle consiste moins à prédire l'avenir qu'à interpréter les événements qui lui sont contemporains à la lumière de la volonté divine.

Alliance

L'alliance est un motif central dans l’Ancien Testament. Dieu est présenté comme un Dieu de l'alliance. Deux compréhensions de cette alliance se trouvent dans les textes.
La première est celle d’un contrat passé entre Dieu et le peuple. Cette conception est celle des traités entre les états du Proche Orient Ancien et renvoie à l'idée générale d'une relation entre partenaires le plus souvent inégaux unis par un contrat. L’alliance fixe un certain nombre d'obligations, d'engagements réciproques qui lient les partenaires. On parle alors d’alliance conditionnelle. L'Ancien Testament souligne la fidélité de Dieu face à l'infidélité toujours répétée du peuple.
La seconde compréhension est celle de l’alliance inconditionnelle. L’alliance est alors un don gratuit offert à l'être humain. Après la mort et la résurrection de Jésus-Christ, les chrétiens ont parlé de "seconde alliance" ou de "nouvelle alliance" : ils ont vu en Jésus-Christ le signe de cette alliance que Dieu offre à tout homme.