La Réforme

La Réforme a identifié divers types de ministères, en se fondant sur la diversité des modèles dans l'Eglise naissante présentée dans le Nouveau Testament. Ces ministères reconnus sont donnés à l'Eglise pour son édification et pour l'aider à exercer sa responsabilité missionnaire. Le premier des ministères reconnus est celui du pasteur dont la charge principale est l'étude et l'annonce de la Parole. Il exerce aussi un ministère d'unité (communion au sein de l'Eglise locale et au sein de l'union des Eglises et au-delà avec l'Eglise universelle). Calvin distingue encore le ministère d'ancien (conseiller presbytéral) qui au sein d'un collège (le conseil des anciens ou conseil presbytéral) a la charge de gouverner l'Eglise locale et le ministère de diacre (service des démunis). Enfin un ministère doctoral est exercé par celles et ceux qui ont la charge de la recherche et de l'enseignement de la théologie dans les facultés de théologie.


Au sein ou en marge des Eglises de la Réforme

Des communautés ou mouvements, en marge de l'Eglise, apparaissent dès le 17e siècle avec Spener et le piétisme. Le 19e et le 20e siècle voient l'éclosion de multiples communautés protestantes, y compris de type monastique, alors qu'elles avaient disparu dans le protestantisme, suite aux critiques de Luther (lui-même ancien moine) visant les voeux monastiques. Ce sont tout d'abord, au milieu du 19e siècle, des communautés de diaconesses (avec un souci d'évangélisation et une forte préoccupation sociale). Au moment de la seconde guerre mondiale apparaissent de nouvelles communautés religieuses dont la structure se rapproche de celle des ordres monastiques catholiques (en France Taizé et Pomeyrol). Puis dans les années 70 a lieu une efflorescence de communautés très diverses par leur forme, leur organisation, leur spiritualité. Plusieurs sont marquées par le mouvement du Renouveau charismatique et certaines sont des communautés œcuméniques.


Communautés religieuses

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L'apparition de communautés religieuses au sein du Protestantisme a lieu au 19e siècle avec la naissance des organisations de diaconesses en Allemagne d'abord, puis en France (Reuilly, 1841) et en Suisse (Saint-Loup, Vaud, Riehen, Berne 1842). Animées par un souci d'évangélisation, elles regroupent des femmes protestantes qui s'engagent dans des services sociaux, en vivant une vie communautaire. Ces créations suscitent alors de fortes réactions de la part d'un protestantisme qui voyait dans ses " sœurs " un retour à des erreurs catholiques. Dans la première moitié du 20e siècle apparaissent en Europe de nouvelles communautés protestantes dont la structure se rapproche de celle des ordres monastiques catholiques. En Allemagne leur fondation est liée aux circonstances historiques (lutte contre le nazisme). Ce sont les communautés de Darmstadt, Imshausen. En France et en Suisse, dans la mouvance de la spiritualité de la fraternité des Veilleurs (appelé à l'origine Tiers-Ordre protestant, créé par le pasteur Wilfred Monod en 1923) naissent les communautés de femmes de Pomeyrol dans le sud de la France et de Grandchamp en Suisse, ainsi que celle de Taizé, première tentative de communauté monastique masculine. La communauté des diaconesses de Reuilly s'oriente dans le même temps vers une forme plus directement monastique, dissociant partiellement la vocation communautaire de celle du service diaconal. Cette réalité de communautés protestantes monastiques reste cependant un sujet de controverse au sein du protestantisme.


Des dérives individualistes

De fait, dès la Réforme sont apparues des dérives. Les Réformateurs se sont heurtés et opposés à ce qu'ils ont appelés l'illuminisme. Il s'agit de mouvements qui privilégient l'illumination intérieure du Saint-Esprit au détriment de la parole extérieure, biblique. Sans nier le rôle du Saint-Esprit qui éclaire l'Ecriture, Luther et Calvin notamment, se sont opposés à cette dérive individualiste où la personne prétend recevoir une révélation divine, sans que celle-ci passe par la Bible. La lecture et l'interprétation communautaire de la Bible apparaissent ainsi comme un garde-fou indispensable, par rapport à " une piété qui s'expose aux dangers de l'individualisme sauvage " (C-A. Keller et D. Müller). Les mouvements du Réveil au 19e siècle en développant l'intériorisation extrême de la piété, l'introspection intensifiée, la vie chrétienne hors du culte, ont contribué aussi à développer la face individualiste de la spiritualité protestante au détriment de la vie ecclésiale institutionnelle. En insistant sur la conversion personnelle, la " nouvelle naissance ", ils ont renforcé une compréhension individualiste du sacerdoce universel. Avec l'individualisme contemporain, le danger du subjectivisme se renforce : chacun se construit sa religion, sa conviction, sans les confronter à celles des autres, ni les enrichir à leur contact.
Cela peut produire un affadissement de la foi et de la spiritualité, voire conduire à des dérives sectaires. L'individu s'isole alors ou recherche des semblables afin de vivre une spiritualité fusionnelle qui refuse la confrontation des points de vue.


Les mouvements du Réveil

On caricature parfois le protestantisme en disant que si un individu n'y est pas en accord avec ce qui se vit dans son Eglise, il en fonde une autre ce qui entraîne un morcellement à l'infini. Ce qui peut ainsi apparaître comme un appauvrissement et une faiblesse concernant la communion fraternelle peut s'avérer en fait porteur de renouveau et de vitalité. C'est le cas avec l'oeuvre du pasteur John Wesley (1703-1791). Membre de l'Eglise anglicane, il s'en sépare en 1784, lui reprochant son manque de conviction et d'engagement spirituels. Il insiste sur la conversion et la sanctification : le converti doit attester de son renouvellement intérieur par une conduite pieuse disciplinée. Wesley appartenait lors de ses études à Oxford à un groupe d'étudiants qui pratiquaient travail et prière avec " méthode ". On appela alors, par dérision, son mouvement " méthodiste ". Avec son frère et un ami (Whitefield), pasteurs anglicans comme lui, il eut un ministère très actif de prédicateur du Réveil. Ils prêchèrent en dehors des lieux de culte traditionnel, sur les lieux même de travail et de vie des personnes. Les résultats furent étonnants : John Wesley rassembla des auditoires de milliers de personnes, notamment les laissés pour compte de la révolution industrielle. Il dut faire appel à des prédicateurs laïcs, qu'il prépara à ce service. Le mouvement qui a gagné toutes les classes sociales a très fortement marqué l'atmosphère de la Grande-Bretagne à la fin du 18e siècle (oeuvres sociales, scolaires, bibliques, missionnaires). De là le mouvement se répandit dans le monde entier, en particulier aux Etats-Unis. En France le méthodisme fut introduit au 19e siècle par le pasteur anglais Charles Cook. Il contribua à une revitalisation du protestantisme. En 1938, quand la plupart des Eglises réformées en France constituèrent l'Eglise réformée de France, la majorité des paroisses méthodistes choisirent de s'y rattacher. De même, dans plusieurs pays, les Méthodistes se sont unis aux Réformés au sein d'une même Eglise. Les Eglises méthodistes ont aujourd'hui environ 45 millions de membres. William Booth (1829-1912), issu du méthodisme, créa en 1878 l'Armée du Salut, organisme d'évangélisation et d'aide aux plus démunis, qui devint ensuite indépendante. Son action sociale est aujourd'hui reconnue internationalement.


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