Module Douze rencontres avec Jésus



une femme païenne



Evangile de Marc chapitre 7, versets 24-30


 24 

Parti de là, Jésus se rendit dans le territoire de Tyr. Il entra dans une maison et il ne voulait pas qu'on le sache, mais il ne put rester ignoré.

 25 

Tout de suite, une femme dont la fille avait un esprit impur entendit parler de lui et vint se jeter à ses pieds.

 26 

Cette femme était païenne, syro-phénicienne de naissance. Elle demandait à Jésus de chasser le démon hors de sa fille.

 27 

Jésus lui disait : "Laisse d'abord les enfants se rassasier, car ce n'est pas bien de prendre le pain des enfants pour le jeter aux petits chiens."

 28 

Elle lui répondit : " C'est vrai, Seigneur, mais les petits chiens, sous la table, mangent des miettes des enfants."

 29 

Il lui dit : "A cause de cette parole, va, le démon est sorti de ta fille."

 30 

Elle retourna chez elle et trouva l'enfant étendue sur le lit : le démon l'avait quittée.


  • Un Dieu pour tous ?
  • L'attitude de Jésus vous surprend-elle ?

Cliquez sur les termes soulignés : les notices s’affichent en dessous de ce texte

Evangile de Marc chapitre 7, versets 24-30


 24 

Parti de là, Jésus se rendit dans le territoire de Tyr. Il entra dans une maison et il ne voulait pas qu'on le sache, mais il ne put rester ignoré.

 25 

Tout de suite, une femme dont la fille avait un esprit impur entendit parler de lui et vint se jeter à ses pieds.

 26 

Cette femme était païenne, syro-phénicienne de naissance. Elle demandait à Jésus de chasser le démon hors de sa fille.

 27 

Jésus lui disait : "Laisse d'abord les enfants se rassasier, car ce n'est pas bien de prendre le pain des enfants pour le jeter aux petits chiens."

 28 

Elle lui répondit : " C'est vrai, Seigneur, mais les petits chiens, sous la table, mangent des miettes des enfants."

 29 

Il lui dit : "A cause de cette parole, va, le démon est sorti de ta fille."

 30 

Elle retourna chez elle et trouva l'enfant étendue sur le lit : le démon l'avait quittée.


Après étude du texte, nous vous proposons une série de questions qui vous permettront d'actualiser le texte, et de faire de ce récit le vôtre
(nb : les visuels associés aux questions sont uniquement présents pour vous inspirer, mais ne constituent pas un élément de réponse)

Partager avec l'équipe Théovie vos réflexions


  • 20031218151028


    Comment se laisser déplacer hors de ses limites habituelles pour accueillir l'autre ?

  • 20031218151043


    Est-ce que notre conception de Dieu peut avoir comme conséquence d'exclure l'autre qui croit différemment ou ne croit pas du tout ?

  • 20031218151100


    C'est une femme étrangère à la foi juive qui révèle à Jésus un côté essentiel de sa mission. Aujourd'hui peut-on recevoir de tels messages, de telles interrogations ? de l'extérieur; de l'autre, de celui qui est différent ?

  • 20031218151118


    Le message de l'évangile nous interroge sur nos manières de penser et de voir, et rencontre en nous une résistance. Pensez-vous à des situations précises où vous l'avez expérimenté ?



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Soyez acteur de votre lecture


Dans le récit de la femme païenne:

  • Pourquoi Jésus veut-il se cacher ?
  • Que pensez-vous de l'argumentation de la femme ?
  • Jésus refuse t-il son aide ?
  • Jésus ne se rend pas chez l'enfant malade. est-ce normal ?

Un peu de culture...

Le refus de Jésus, dans l'art

Jésus et la femme syrophénicienne

On ne trouve que peu de peintures qui illustre le refus de Jésus d'accorder son aide. Dans le tableau ci-dessous (nous n'avons pas pu trouver le nom de l'artiste), c'est le geste de la main de Jésus qui traduit ce premier refus. En bas à gauche du tableau apparaît un chien, animal auquel la femme est comparé dans le récit. Du côté droit du tableau se trouvent les disciples.


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Tyr - [Clés de lecture]

20031218144907

Pourquoi tout se passe-t-il dans un territoire païen ?
Nous ignorons les motivations que Jésus a eues de se rendre dans une terre aussi peu attirante pour un juif que celle de Tyr et de Sidon, ces deux villes étant connues comme faisant partie des ennemis héréditaires d'Israël. Nous pouvons exclure au moins une motivation : l'évangélisation ! En effet dans le texte Jésus se cache, s'étonne de la demande de la femme syro-phénicienne et apparemment veut passer tranquillement son chemin.

Syro-phénicienne - [Clés de lecture]

Le texte désigne la femme doublement comme étrangère : au plan religieux (elle est grecque ce qui veut dire : païenne) et au plan géographique (elle est syro-phénicienne). La question de l'impureté évoquée dans les textes précédents semble se poursuivre et redoubler d'importance puisqu'on y ajoute la question de l'étranger. Le débat pur-impur (qui est un débat à l'intérieur du peuple) s'intensifie en dépassant les frontières : territoire d'Israël- territoire étranger.

Ce n'est pas bien - [Clés de lecture]

Comment comprendre cette parole de Jésus qui semble si peu convenir à l'image que nous pouvons avoir de lui par ailleurs ! Toute une tradition d'interprétation de ce texte insiste sur le fait que le refus de Jésus n'est pas un vrai refus, mais qu'il veut éprouver la foi de la femme. Il s'agirait de vérifier que la femme est digne de l'intervention de Jésus. On peut se demander si cette manière de comprendre ne naît pas d'abord de la perplexité du lecteur qui n'arrive pas à imaginer que Jésus puisse s'exprimer aussi rudement face à une demande d'aide ! Ne serait-ce pas plutôt une manière d'innocenter Jésus que de voir dans son refus une mise à l'épreuve de la foi ? De faire oublier la rudesse de ses paroles ?

Pain - [Clés de lecture]

20031218145149

Dans les textes du Nouveau Testament, il est souvent question de pain. Parfois celui-ci (comme dans l'évangile de Jean) désigne Jésus lui-même, le pain descendu du ciel, le pain vivant. Parfois, le mot " pain " fait allusion au dernier repas de Jésus. Le pain associé normalement au repas -comme dans notre texte- est toujours un signe de communion, comme le repas lui-même. A travers le thème du pain partagé ou pas partagé, se dit une communion possible ou impossible.

Derrière notre texte, nous pouvons lire toute la problématique que posait à l'Eglise du premier siècle la communion entre chrétiens d'origines juive et païenne.

Petits chiens - [Clés de lecture]

20031218145237

Ce terme de petit chien n'a rien d'attendrissant pour les oreilles d'un lecteur du premier siècle! Le chien en Orient est un animal impur que personne ne nourrit et qui cherche seul sa nourriture. Les petits chiens s'opposent aux chiens de race dont les riches s'occupent malgré tout.

C'est vrai, Seigneur, mais..." - [Clés de lecture]

Regardons comment la femme réagit au rejet de sa demande et au qualificatif de "petit chien" auquel on ne jette pas le pain destiné aux enfants. Tout le monde aurait compris qu'elle se retourne pour ne plus jamais adresser la parole à celui qui l'insulte au lieu de l'aider. Mais voilà que sa réaction est toute autre. et ce n'est peut-être pas seulement le lecteur qui est surpris, mais aussi l'interlocuteur de cette femme, c'est-à-dire Jésus lui-même !

Le démon l'avait quittée - [Clés de lecture]

20031218145406

Cette phrase est une manière d'exprimer la guérison de la fille. Dans les textes du Nouveau Testament la guérison ne se limite jamais à ce que quelqu'un de malade retrouve la santé. La guérison est toujours aussi vue comme signe du royaume de Dieu qui s'approche.

Territoire païen - [Contexte]

20031218150036

Ce que Marc nous raconte juste avant notre texte peut faire comprendre pourquoi Jésus franchit la frontière pour se rendre d'un territoire juif (Génésareth, donc la Galilée) à un territoire païen ( Tyr et Sidon). en effet, Jésus vient de s'affronter violemment avec les pharisiens Jésus les traite d'hypocrites. Même ses propres disciples ne semblent pas comprendre sa position par rapport à la loi, la tradition. Jésus recherche-t-il alors la solitude, un refuge ? Cela semble possible, d'autant que Marc précise dans notre passage que Jésus ne souhaite pas qu'on sache dans quelle maison il est entré. De plus Marc ne mentionne pas la présence des disciples.

Le texte qui suit notre passage montre que Jésus avance encore en pays païen: il traverse la Décapole (territoire dont la population est majoritairement non-juive) et y guérit un sourd-muet.

Pain - [Contexte]

20031218150127

Au chapitre 8 de Marc le récit de la (deuxième) multiplication des pains reprend le thème du pain (qu'on distribue désormais à tous) et semble avoir lieu dans ce même territoire païen.

Palestine - [Espace temps]

20031218150206

Syrie/Phénicie - [Espace temps]

La Syrie, au sens géographique du terme, est la région de l'Asie occidentale baignée à l'ouest par la méditerranée et limitée au nord par les chaînes du Taurus, à l'est par l'Euphrate, au sud-est et au sud par l'Arabie.

La Phénicie s'étend sur la côte de Syrie, entre les monts du Liban et la mer. Le texte parallèle de Matthieu emploie à la place de "syro-phénicienne" l'adjectif "cananéenne". Canaan englobait la Palestine et la Phénicie.

La même histoire dans l'évangile de Matthieu - [Textes bibliques]

  • Matthieu 15,21-28

    Partant de là, Jésus se retira dans la région de Tyr et de Sidon.
    Et voici qu'une Cananéenne vint de là et elle se mit à crier : "Aie pitié de moi, Seigneur, Fils de David !
    Ma fille est cruellement tourmentée par un démon."
    Mais il ne lui répondit pas un mot. Ses disciples, s'approchant, lui firent cette demande : "Renvoie-la, car elle nous poursuit de ses cris."
    Jésus répondit : "Je n'ai été envoyé qu'aux brebis perdues de la maison d'Israël."
    Mais la femme vint se prosterner devant lui : "Seigneur, dit-elle, viens à mon secours !"
    Il répondit : "Il n'est pas bien de prendre le pain des enfants pour le jeter aux petits chiens." --
    "C'est vrai, Seigneur ! reprit-elle ; et justement les petits chiens mangent des miettes qui tombent de la table de leurs maîtres." Alors Jésus lui répondit : "Femme, ta foi est grande ! Qu'il t'arrive comme tu le veux ! " Et sa fille fut guérie dès cette heure-là.

    Ce récit comporte quelques différences avec le texte de Marc : les disciples sont présents et actifs ; Jésus se tait d'abord face à la femme qui supplie ; sa réponse intervient au moment où les disciples lui demandent d'agir : ... Renvoie-la ... ou bien ... Délie-la ..., les deux traductions sont possibles.

La guérison - [Textes bibliques]

Des païens demandent une guérison pour un proche :

  • Luc 7,1-10

    Quand Jésus eut achevé tout son discours devant le peuple, il entra dans Capharnaüm.
    Un centurion avait un esclave malade, sur le point de mourir, qu'il appréciait beaucoup.
    Ayant entendu parler de Jésus, il envoya vers lui quelques notables des Juifs pour le prier de venir sauver son esclave.
    Arrivés auprès de Jésus, ceux-ci le suppliaient instamment et disaient : "Il mérite que tu lui accordes cela, car il aime notre nation et c'est lui qui nous a bâti la synagogue."
    Jésus faisait route avec eux et déjà il n'était plus très loin de la maison quand le centurion envoya des amis pour lui dire : "Seigneur, ne te donne pas cette peine, car je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit.
    C'est pour cela aussi que je ne me suis pas jugé moi-même autorisé à venir jusqu'à toi ; mais dis un mot et que mon serviteur soit guéri.
    " Ainsi moi, je suis placé sous une autorité, avec des soldats sous mes ordres, et je dis à l'un : "Va" et il va, à un autre : "Viens" et il vient, et à mon esclave : "Fais ceci" et il le fait.
    En entendant ces mots, Jésus fut plein d'admiration pour lui ; il se tourna vers la foule qui le suivait et dit : "Je vous le déclare, même en Israël je n'ai pas trouvé une telle foi."
    et de retour à la maison, les envoyés trouvèrent l'esclave en bonne santé.

  • Jean 4,46b-54

    Jésus revint donc à Cana de Galilée où il avait fait du vin avec de l'eau. Il y avait un officier royal dont le fils était malade à Capharnaüm.
    Ayant entendu dire que Jésus arrivait de Judée en Galilée, il vint le trouver et le priait de descendre guérir son fils qui se mourait.
    Jésus lui dit : "Si vous ne voyez signes et prodiges, vous ne croirez donc jamais !"
    L'officier lui dit : "Seigneur, descends avant que mon enfant ne meure !"
    Jésus lui dit : "Va, ton fils vit." Cet homme crut à la parole que Jésus lui avait dite et il se mit en route.
    Tandis qu'il descendait, ses serviteurs vinrent à sa rencontre et dirent : "Ton enfant vit !"
    Il leur demanda à quelle heure il s'était trouvé mieux et ils répondirent : "C'est hier, à la septième heure, que la fièvre l'a quitté."
    Le père constata que c'était à cette heure même que Jésus lui avait dit : "Ton fils vit." Dès lors il crut, lui et toute sa maisonnée.
    Tel fut le second signe que Jésus accomplit lorsqu'il revint de Judée en Galilée.

L'Evangile annoncé aux païens - [Textes bibliques]

  • Actes 10,44

    Pierre exposait encore ces événements quand l'Esprit Saint tomba sur tous ceux qui avaient écouté la Parole.

  • Actes 11,18

    (l'apôtre Pierre se rend chez le païen Corneille.)
    A ces mots les auditeurs retrouvèrent leur calme et ils rendirent gloire à Dieu : "Voilà que Dieu a donné aussi aux nations païennes la conversion qui mène à la vie !"

  • Ephésiens 2,11-22

    Souvenez-vous donc qu'autrefois, vous qui portiez le signe du paganisme dans votre chair, vous que traitaient "d'incirconcis" ceux qui se prétendent les "circoncis", à la suite d'une opération pratiquée dans la chair, souvenez-vous qu'en ce temps-là, vous étiez sans Messie, privés du droit de cité en Israël, étrangers aux alliances de la promesse, sans espérance et sans Dieu dans le monde.
    Mais maintenant, en Jésus Christ, vous qui jadis étiez loin, vous avez été rendus proches par le sang du Christ.
    C'est lui, en effet, qui est notre paix : de ce qui était divisé, il a fait une unité. Dans sa chair, il a détruit le mur de séparation : la haine.
    Il a aboli la loi et ses commandements avec leurs observances. Il a voulu ainsi, à partir du Juif et du païen, créer en lui un seul homme nouveau, en établissant la paix, et les réconcilier avec Dieu tous les deux en un seul corps, au moyen de la croix : là, il a tué la haine.
    Il est venu annoncer la paix à vous qui étiez loin, et la paix à ceux qui étaient proches.
    et c'est grâce à lui que les uns et les autres, dans un seul Esprit, nous avons l'accès auprès du Père.
    Ainsi, vous n'êtes plus des étrangers, ni des émigrés ; vous êtes concitoyens des saints, vous êtes de la famille de Dieu.
    Vous avez été intégrés dans la construction qui a pour fondation les apôtres et les prophètes, et Jésus Christ lui-même comme pierre maîtresse.
    C'est en lui que toute construction s'ajuste et s'élève pour former un temple saint dans le Seigneur.
    C'est en lui que, vous aussi, vous êtes ensemble intégrés à la construction pour devenir une demeure de Dieu par l'Esprit.

Ce n'est pas bien : un Jésus qui refuse son aide - [Aller plus loin]

20031218150721

L'interprétation classique du refus initial de Jésus par une mise à l'épreuve de la femme est discutable.

En effet une telle épreuve serait assez isolée dans les textes des évangiles, et certainement très surprenante pour une femme qu'on qualifie d'entrée de jeu de païenne. Ce serait un non-sens de vouloir vérifier la foi d'une païenne qui par définition ne partage pas la foi juive.
Par ailleurs, il faut prendre au sérieux l'Incarnation de Jésus, son caractère véritablement humain. Jésus est profondément juif, il demande à ses disciples de s'occuper des " brebis perdues de la maison d'Israël ", de ne pas aller vers les païens

Si mise à épreuve il y a, c'est peut-être bien Jésus qui en est l'objet ! Car répondre positivement à la demande de la femme veut dire ouvrir des portes jusqu'alors closes, ne pas réserver aux seuls juifs l'annonce de l'évangile. Un salut qui dépasse le cadre du peuple élu n'est pas une évidence qui s'impose d'emblée !

On peut aller jusqu'à dire que Jésus voit dans la demande de la femme une tentation de s'écarter de son chemin qui le mène exclusivement vers le peuple élu.

  • Matthieu 10,5-6

    Ces douze, Jésus les envoya en mission avec les instructions suivantes : "Ne prenez pas le chemin des païens et n'entrez pas dans une ville de Samaritains ; allez plutôt vers les brebis perdues de la maison d'Israël."

C'est vrai, Seigneur, mais... : une femme qui insiste - [Aller plus loin]

20031218150817

La femme insiste, mais sans agressivité aucune. elle reprend même l'image si cruelle des petits chiens et des enfants. elle la reprend pour poursuivre la comparaison et changer la conclusion.

Son obstination à ne pas partir sans avoir eu une réponse positive vient-elle de ce qu'elle intervient pour quelqu'un qui est encore plus vulnérable qu'elle : sa fille ? Ou bien a-t-elle perçu que la réponse de son vis-à-vis n'était pas si bien fondée que cela ? Qu'une autre réponse pouvait venir ? On ne peut le savoir.

Toujours est-il qu'elle espère et croit au-delà de ce que Jésus lui-même est en train de lui signifier. Cette obstination a quelque chose de bouleversant. Comme si elle disait : "Je sais que ce sont les enfants à qui le pain est destiné, mais malgré cela, il doit y avoir aussi quelque chose pour moi !"

Le démon l'avait quittée : une fille guérie - [Aller plus loin]

20031218150924

La guérison dans le Nouveau Testament est toujours vue comme signe du royaume de Dieu qui s'approche. elle est encore signe de salut qui dépasse l'intégrité physique de quelqu'un. Si la fille de la femme syro-phénicienne est guérie, cela veut alors dire que le salut, que Dieu lui-même est venu chez elle, chez une païenne.

Cette guérison intervient "de loin". Jésus ne va pas se rendre chez l'enfant malade.

Dans la plupart des autres récits de guérison du Nouveau Testament, il y a rencontre, échange de paroles et/ou de gestes avec celui ou celle qui est malade. est-ce une manière de signifier que Dieu peut agir pour les païens, ceux qui sont "loin" dans tous les sens du terme ? Cela semble possible.

Le refus de Jésus, dans l'art - [Culture]

Jésus et la femme syrophénicienne

On ne trouve que peu de peintures qui illustre le refus de Jésus d'accorder son aide. Dans le tableau ci-dessous (nous n'avons pas pu trouver le nom de l'artiste), c'est le geste de la main de Jésus qui traduit ce premier refus. En bas à gauche du tableau apparaît un chien, animal auquel la femme est comparé dans le récit. Du côté droit du tableau se trouvent les disciples.

Septante

Traduction grecque de la Bible hébraïque entreprise par les communautés juives d'Alexandrie en Egypte au 3e siècle av. JC. Elle était destinée aux juifs qui ne connaissaient plus l'hébreu. La légende veut que 72 (septante deux) savants juifs, travaillant en différents lieux et sans se consulter, soient arrivés à la même traduction en 72 (septante deux) jours. D'où le nom de " Septante " que l’on abrège aussi parfois en chiffres romains : LXX.

Marc

L'évangile de Marc : Sa construction est étonnante. Il commence par ces mots :
Marc 1, 1 Commencement de l'Evangile de Jésus Christ, Fils de Dieu.

Il s'agit donc d'un commencement d'une Bonne Nouvelle de Jésus qui est Fils de Dieu. Tout est dit. Marc va dérouler son récit en invitant le lecteur à faire sienne cette affirmation. On pense aujourd'hui que l'évangile de Marc dans sa forme originale s'arrêtait sur le silence et la peur des femmes, mais cette fin a suscité des réactions et les versets 9 à 19 ont été rajoutés plus tard. Marc terminait son récit sur un constat de tristesse et de silence, Jésus a été crucifié, mais son tombeau est vide, les femmes venues pour l'embaumer sortent de la tombe et partent en courant. Elles tremblent, elles sont bouleversées, et elles ne disent rien à personne parce qu'elles ont peur. (Marc 16, 8) Le lecteur ne peut pas rester dans le silence et la peur des femmes. Il est renvoyé au début du récit qui affirme qu'il y a un "Commencement d'une Bonne Nouvelle de Jésus Christ qui est Fils de Dieu" (1, 1), comme si Marc invitait le lecteur à lire et relire l'Evangile jusqu'à ce qu'il ne soit plus aveugle mais qu'il suive Jésus sur le chemin. Elian Cuvillier présente dans : la tragédie de Jésus, l'Evangile comme un drame théologique en trois actes.

Acte 1 :
Marc 1,1 - 8,21 une introduction où tous les ingrédients du drame sont fournis, au fur et à mesure, au travers de plusieurs scènes significatives.

Acte 2 :
Marc 8, 22 - 10, 52 pivot central de la tragédie, ce point de non-retour rend inévitable ce que l'on ressentait auparavant comme probable. Les diverses scènes font basculer le drame vers le but pressenti.

Acte 3 :
Marc 11, 1 - 16, 8 le récit de la Passion, partie essentielle de l'Evangile, puisque lieu du paroxysme de la tragédie : la mort de Jésus

Disciple

Etre disciple c'est suivre et servir un maître et son enseignement. Dans le Nouveau Testament, à côté du groupe des 12 disciples d'autres disciples ne sont pas mentionnés nommément. Aujourd'hui encore le chrétien se considère comme "disciple de Jésus" ou "disciple du Christ".

Rabbi

Terme courant dans le judaïsme, qui désigne une personne considérée comme apportant un enseignement ; un rabbi est généralement entouré de disciples. Il peut aussi être appelé Rabbouni.

Evangile / Evangéliste

Le mot " évangile " est un mot d'origine grecque qui veut dire " bonne nouvelle ", " bon message ". Aujourd'hui, il y a parfois une confusion entre deux compréhensions. Car le mot désigne à la fois (et ceci depuis 150 après J.C.) quatre livres du Nouveau Testament (évangiles de Matthieu, Marc, Luc et Jean), et aussi un contenu pris dans ces livres et en dehors d'eux. L'Evangile est associé à Jésus, sa venue, le salut, la vie qu'il apporte. Il est aussi associé à son royaume, sa victoire sur la mort. Parfois, dans les épîtres de Paul par exemple, on pourrait lire à la place du mot " Evangile " : Jésus Christ. La Bonne Nouvelle est intimement liée à sa personne. L'Evangile est d'abord une personne avant d'être une parole

Jéricho

On trouve la ville de Jéricho déjà dans l'Ancien Testament. Le peuple d'Israël sous la direction de Josué tourne autour de cette ville sept fois et les murs s'écroulent ( Josué 6). Est-ce qu'il s'agit de la même ville? Les commentateurs n'en sont pas sûrs. Dans le Nouveau Testament, on la situe à l'ouest du Jourdain, au nord de Qumran, à 30 km à l'est de Jérusalem. La ville est située à un point de douane important et les percepteurs peuvent accumuler une certaine richesse

Messie

Le mot "Messie" est un mot d'origine hébraïque qui apparaît dans l'Ancien Testament, alors que le mot "Christ" est d'origine grecque. Les deux mots veulent dire en français : "celui qui est oint". A l'origine celui qui reçoit l'onction est le roi qui était considéré comme le fils de Dieu parce que responsable et médiateur du peuple devant Dieu. D'autres personnes ont pu recevoir une onction : les grands prêtres plus tardivement alors qu'il n'y avait plus de roi. Déjà à l'époque des rois plus ou moins fidèles et aussi au temps de Jésus, les juifs attendaient le Messie qui devait être de la lignée de David, pour rétablir la véritable royauté en Israël : "le Messie qui vient". Le Messie précède dans d'autres textes la venue de Dieu lui-même. L'image qu'on se fait de ce Messie n'est pas uniforme : les uns attendent de lui un rétablissement politique, le Messie est un roi puissant ; les autres pensent que s'ils restent fidèles à la loi, Dieu va finir par envoyer le Messie ; d'autres prennent l'image du Messie dans les textes du serviteur souffrant d'Esaïe (Esaïe 52, 13 -53, 12) ; d'autres encore attendent un nouveau Moïse. Jésus va être confronté à ces différentes aspirations et en décevra certaines.

Josué

Même nom que Jésus qui signifie " Dieu sauve " .
Du temps de Moïse, Josué a été son bras droit, et à la mort de Moïse, Josué a pris la suite. C'est lui qui a fait entrer les Hébreux dans le pays de Canaan dont la conquête est racontée dans le Livre de Josué

Alliance, Arche de

Le Dieu de l'Ancien est un Dieu de l'alliance (avec Noé, Abraham...). Deux compréhensions de cette alliance coexistent dans les textes :
a) l'idée d'un contrat entre Dieu et l'être humain (voire le peuple tout entier) dans lequel on souligne la fidélité de Dieu face à l'infidélité toujours répétée du peuple,
b) l'idée d'un don gratuit offert à l'être humain / au peuple, les signes en sont le sabbat et la circoncision. L'Arche de l'Alliance semble un objet de culte depuis la traversée du désert après la libération de l'Egypte . Les descriptions de cette "arche" datent du temps de l'Exil et s'appuient sur des souvenirs ce qui rend difficile voire impossible une reconstruction. Par ailleurs, on mentionne plus que l'extérieur le contenu de cette arche : les tables de la loi. L'arche signifie la présence de Dieu au milieu de son peuple. C'est une présence "mobile" et puissante. On s'approche d'elle avec crainte.

Abraham

Abraham a reçu l'ordre de Dieu de quitter sa patrie qui était Our en Chaldée pour partir vers un pays inconnu qui allait devenir la terre promise. Il est parti avec Sarah, sa femme et son neveu Loth. Dieu fait alliance avec lui et lui promet une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que les grains de sable. On ajoute souvent à la mention de Dieu lui-même qu'il est Dieu d'Abraham, d'Isaac et de Jacob. Les expressions "fils d'Abraham", "enfants d'Abraham" ou encore "fille d'Abraham" expriment une appartenance. Abraham est l'ancêtre du peuple d'Israël.

Esaïe 51, 2
Regardez Abraham, votre père, et Sara qui vous a mis au monde ; il était seul, en effet, quand je l'ai appelé ; or je l'ai béni, je l'ai multiplié !
Abraham est l'ancêtre des croyants des trois religions monothéistes : le Judaïsme, le Christianisme et l'Islam.

Romains 4, 1
Que dirons-nous donc d'Abraham, notre ancêtre...

Commandements/Loi

Les dix commandements ou dix Paroles se trouvent dans le livre de l'Exode et dans le livre du Deutéronome :

Exode 20, 1-17
Et Dieu prononça toutes ces paroles :
"C'est moi le SEIGNEUR, ton Dieu, qui t'ai fait sortir du pays d'Egypte, de la maison de servitude :
Tu n'auras pas d'autres dieux face à moi.

Tu ne te feras pas d'idole, ni rien qui ait la forme de ce qui se trouve au ciel là-haut, sur terre ici-bas ou dans les eaux sous la terre.

Tu ne te prosterneras pas devant ces dieux et tu ne les serviras pas, car c'est moi le SEIGNEUR, ton Dieu, un Dieu jaloux, poursuivant la faute des pères chez les fils sur trois et quatre générations -s'ils me haïssent- mais prouvant sa fidélité à des milliers de générations -si elles m'aiment et gardent mes commandements.

Tu ne prononceras pas à tort le nom du SEIGNEUR, ton Dieu, car le SEIGNEUR n'acquitte pas celui qui prononce son nom à tort.

Que du jour du sabbat on fasse un mémorial en le tenant pour sacré.

Tu travailleras six jours, faisant tout ton ouvrage,

mais le septième jour, c'est le sabbat du SEIGNEUR, ton Dieu. Tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, pas plus que ton serviteur, ta servante, tes bêtes ou l'émigré que tu as dans tes villes.

Car en six jours, le SEIGNEUR a fait le ciel et la terre, la mer et tout ce qu'ils contiennent, mais il s'est reposé le septième jour. C'est pourquoi le SEIGNEUR a béni le jour du sabbat et l'a consacré.

Honore ton père et ta mère, afin que tes jours se prolongent sur la terre que te donne le SEIGNEUR, ton Dieu.

Tu ne commettras pas de meurtre.

Tu ne commettras pas d'adultère.

Tu ne commettras pas de rapt.

Tu ne témoigneras pas faussement contre ton prochain.

Tu n'auras pas de visées sur la maison de ton prochain. Tu n'auras de visées ni sur la femme de ton prochain, ni sur son serviteur, sa servante, son boeuf ou son âne, ni sur rien qui appartienne à ton prochain."

Deuteronome 5, 6-22
"C'est moi le SEIGNEUR ton Dieu, qui t'ai fait sortir du pays d'Égypte, de la maison de servitude.

Tu n'auras pas d'autres dieux face à moi.

Tu ne te feras pas d'idole, rien qui ait la forme de ce qui se trouve au ciel là-haut, sur terre ici-bas ou dans les eaux sous la terre.

Tu ne te prosterneras pas devant ces dieux et tu ne les serviras pas, car c'est moi le SEIGNEUR ton Dieu, un Dieu jaloux, poursuivant la faute des pères chez les fils et sur trois et quatre générations -s'ils me haïssent- mais prouvant sa fidélité à des milliers de générations -si elles m'aiment et gardent mes commandements.

Tu ne prononceras pas à tort le nom du SEIGNEUR ton Dieu, car le SEIGNEUR n'acquitte pas celui qui prononce son nom à tort.

Qu'on garde le jour du sabbat en le tenant pour sacré comme le SEIGNEUR ton Dieu te l'a ordonné.

Tu travailleras six jours, faisant tout ton ouvrage, mais le septième jour, c'est le sabbat du SEIGNEUR ton Dieu. Tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton boeuf, ni ton âne, ni aucune de tes bêtes, ni l'émigré que tu as dans tes villes, afin que ton serviteur et ta servante se reposent comme toi.

Tu te souviendras qu'au pays d'Egypte tu étais esclave, et que le SEIGNEUR ton Dieu t'a fait sortir de là d'une main forte et le bras étendu ; c'est pourquoi le SEIGNEUR ton Dieu t'a ordonné de pratiquer le jour du sabbat.

Honore ton père et ta mère, comme le SEIGNEUR ton Dieu te l'a ordonné, afin que tes jours se prolongent et que tu sois heureux sur la terre que te donne le SEIGNEUR ton Dieu.

Tu ne commettras pas de meurtre.

Tu ne commettras pas d'adultère.

Tu ne commettras pas de rapt.

Tu ne témoigneras pas à tort contre ton prochain.

Tu n'auras pas de visées sur la femme de ton prochain. Tu ne convoiteras ni la maison de ton prochain, ni ses champs, son serviteur, sa servante, son bœuf ou son âne, ni rien qui appartienne à ton prochain."

Ces paroles, le SEIGNEUR les a dites à toute votre assemblée sur la montagne, du milieu du feu, des nuages et de la nuit épaisse, avec une voix puissante, et il n'a rien ajouté ; il les a écrites sur deux tables de pierre, qu'il m'a données.

Exode 20, 2
Je suis l'Eternel, ton Dieu qui t'ai fait sortir du pays d'Egypte, la maison de servitude.

Deutenomme 5, 6
Moi, je suis l 'Eternel, ton Dieu, qui t'ai fait sortir d'Egypte, de la maison de servitude.

Ce sont des prescriptions données par Dieu à son peuple pour l'aider à vivre. Le livre du Deutéronome dont le terme vient du grec et signifie "seconde loi" est le livre de la loi pour permettre au peuple de vivre devant Dieu. La loi n'a sa raison d'être que par le rappel de la libération du peuple par Dieu et par l'affirmation par Dieu qu'il est un Dieu qui libère.

Salut /sauveur /être sauvé

L'Ancien Testament comprend le salut comme l'action de Dieu qui libère. Le texte de référence est la sortie d'Egypte, la libération de l'esclavage, de l'oppression. Cette idée de libération est reprise par le Nouveau Testament. La guérison d'une maladie, la relation rétablie avec Dieu et les autres, l'accueil de celui qui se considère perdu...sont signes du salut que Dieu donne. Le verbe "sauver" s'emploie au passif ce qui souligne le fait que Dieu est l'auteur du salut. L'être humain est sauvé, il ne se sauve pas lui-même.

Païen

Quand la Bible utilise le mot de "païens", elle l'oppose aux juifs. Le mot ne veut donc pas dire que ce sont des personnes athées, mais qu'elles croient autrement, qu'elles ont d'autres dieux. Un synonyme est "Gentils" ou encore "Grecs".

Royaume

Dans la Bible et la littérature chrétienne ce terme, abrégé de " Royaume des cieux ", ou encore " Royaume de Dieu " veut dire plusieurs choses à la fois. Pour le comprendre, il faut regarder le contexte dans lequel il est utilisé. Souvent, il est possible de traduire le terme par " présence de Dieu parmi les hommes ". Il est important d'insister sur le fait qu'il ne s'agit nullement d'un royaume qu'on pourrait localiser sur une carte. Dans l'histoire de l'Eglise, certains mouvements ont essayé d'instaurer ce royaume par la force, alors que le Nouveau Testament parle d'un don de Dieu. Le mot vit d'une tension entre un " déjà là " (il y a des signes de ce royaume déjà donnés) et un " pas encore " (le règne de Dieu est aussi en attente de s'accomplir).

Eglise

Le mot Eglise vient de la racine " assembler ", " rassembler ". Il s'utilise dans différents sens, voisins mais distincts. Il peut désigner :
- le bâtiment où se rassemblent les fidèles et où on célèbre le culte (dans ce cas on met une minuscule).
- les personnes qui se rassemblent, l'assemblée qui se réunit. - l'ensemble des chrétiens : le Nouveau Testament compare l'Eglise au corps du Christ ou à son épouse, images qui entendent souligner le lien étroit entre le Christ et l'Eglise. En ce sens, on parle de l'Église au singulier (elle regroupe tous les fidèles, à travers le temps et l'espace).
- une institution ou une organisation religieuse chrétienne : on parle de l'Église réformée de France, de l'Église de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine, de l'Église orthodoxe grecque, de l'Église catholique romaine. Dans ce cas, on parle des Églises au pluriel.
La compréhension de l'Eglise (on parle alors d'ecclésiologie) est aujourd'hui l'un des enjeux principaux du dialogue oecuménique. C'est en effet ce point qui demeure l'une des différences fondamentales entre les grandes confessions chrétiennes.
Pour les protestants, les 2ème et 3ème sens ne se recouvrent pas. L'Eglise du Christ, Eglise invisible, ne coïncide pas avec les formes visibles des Eglises particulières. C'est une réalité spirituelle que Dieu seul connaît.
Pour les catholiques, par contre, l'Eglise du Christ s'identifie à l'Eglise catholique romaine.

Oecuménique / Oecuménisme

Le 20e siècle, et notamment sa seconde moitié, se caractérise par le développement des relations entre les différentes Eglises chrétiennes. On nomme ces relations " relations oecuméniques ". Mais en fait, il serait plus juste de les appeler " interconfessionnelles " car étymologiquement le mot oecuménique signifie " l'ensemble de la terre habitée ".

Péager, publicain, taxateur

Trois mots pour signifier percepteur ou collecteur d'impôts. Un métier méprisé et impopulaire parce qu'en relation avec l'occupant romain. On leur reprochait de ne pas être honnêtes, de prendre trop de taxes, d'utiliser leur situation à leur avantage et de collaborer avec le pouvoir romain en place. Dans les Evangiles, ils sont associés aux pécheurs, aux prostituées, aux païens. Jésus a toujours refusé de mettre les personnes dans des catégories. Voir l'histoire de Zachée (Luc 19, 1-10) et la rencontre de Jésus avec un percepteur d'impôts (Luc 5, 27-32).

Péché / Pécheur

Du mot hébreu "manquer un but", "être séparé de". Dans la Bible, le péché est la rupture du lien de la personne avec Dieu. Le pécheur est celui qui oublie l'alliance avec Dieu en ne respectant pas ses commandements, en violant ses droits et en transgressant ses lois. Les pécheurs sont aussi des personnes qui sont malades, les lépreux par exemple, ou ont des métiers en lien avec ce qui, aux yeux des Juifs, est considéré comme impur : le contact avec certains animaux, certains métiers en contact avec le sang ou la mort, certaines catégories sociales comme les prostituées et les païens, les relations sexuelles, les mains non lavées avant le repas ...

Deux compréhensions de ce mot existent dans le langage de la Bible. Certains textes jouent justement sur ces deux compréhensions. L'une est morale et l'autre religieuse. La compréhension morale appelle "pécher" commettre des actions non conformes à la loi.
Par exemple : voler quelque chose à quelqu'un, mentir, etc.

Il existe aussi une compréhension religieuse de ce terme. "Pécher" veut alors dire vivre sans référence à Dieu, sans référence à un autre, être coupé de Dieu. "Pécher" dans ce sens-là ne concerne pas les fautes morales.

Pur / impur

Dans l'Ancien et le Nouveau Testament, pur et impur ne font pas partie d'un registre moral mais éthique. Il s'agit de prescriptions nécessaires au culte adressé à Dieu. Les lois de pureté (et d'impureté) se trouvent dans le livre du Lévitique qui définit également les lois de sainteté. Il faut que les prêtres enseignent au peuple la distinction entre le sacré et le profane, le pur et l'impur pour s'approcher de Dieu.

"Je suis l'Éternel, votre Dieu ; vous vous sanctifierez et vous serez saints, car je suis saint ; et vous ne vous rendrez pas impurs par toutes ces petites bêtes qui rampent sur la terre." (Lévitique 11, 44)

Fils de l'homme

Cette expression en hébreu est une manière de dire " l'être humain " . Dans les évangiles, cette expression est placée dans la bouche de Jésus qui se désigne lui-même ainsi. Elle fait partie des noms ou titres de Jésus

Bible / Ecritures

Le mot " Bible " transcrit en français un mot qui en grec est au pluriel et qui veut dire " les livres ". En effet la Bible est un recueil qui comprend de nombreux livres, écrits sur plus d'un millénaire. On classe ces livres en deux grands ensembles : l'Ancien Testament et le Nouveau Testament (ils sont aussi parfois appelés : le Premier et le Second Testaments). Deux religions, le judaïsme et le christianisme, se réclament de l'Ancien Testament. Les livres du Nouveau Testament fondent le christianisme. Ce sont des prédications et des témoignages pour exprimer ce que la vie et l'enseignement de Jésus-Christ signifient pour les chrétiens. Les juifs et les premiers chrétiens, en parlant de leurs livres sacrés, disaient plutôt " l'Ecriture " ou " les Ecritures ". On dit aussi " l'Ecriture sainte " ou " les saintes Ecritures "

Luc

L'évangile de Luc
Rédigé dans les années 80-90, l'évangile de Luc est dédié à un certain Théophile qui semble un personnage important de culture grecque et qui représente peut-être symboliquement les chrétiens d'origine païenne. En effet, Luc parle d'un Evangile qui s'est progressivement ouvert à tous les hommes. Point de frontière pour la Bonne Nouvelle : elle est pour tous, juif ou grec. Il faut pourtant du temps pour que s'opère cette universalisation de la parole de Jésus. C'est pourquoi, Luc l'inscrit dans une chronologie dont l'évangile est le premier volet et le livre des Actes, le second. Tout est offert en Jésus-Christ, une fois pour toutes, mais c'est peu à peu que la grâce donnée s'ouvre un chemin dans l'histoire et dans le coeur des hommes. La partie la plus originale de cette ouverture progressive est sans doute la montée à Jérusalem (9,, 51-19,, 28) que Luc inaugure par ces mots : J" ésus durcit son visage pour prendre la route de Jérusalem ". Le drame est au bout du chemin et Jésus l'affronte comme la conséquence même de sa prédication. Dès lors, plus il avance, plus il rencontre l'opposition des chefs du peuple. Sa parole n'est pas celle d'un gourou qui fascine et force le genou à plier, mais une parole qui divise (12,, 49-53). Il ne peut en être autrement car le Christ qui s'avance n'a aucun des traits prévus pour un Messie. Seules les brebis perdues entendent parfois sa voix qui assure que le plus petit a un prix infini au regard de Dieu. L'évangile de Luc demande : es-tu de ceux-là ?

Imposition des mains

Par le geste de l'imposition des mains, on peut transmettre différentes choses à quelqu'un : bénédiction, autorité, l'esprit, guérison. Dans l'Ancien Testament, c'est aussi par l'imposition des mains que le péché du peuple est transmis à l'animal : le bouc émissaire

Loi

Sabbat

Le sabbat est le jour de repos hebdomadaire observé de manière stricte. Dans l'Ancien Testament sont nommées deux sources pour l'observance de ce jour : la sortie d'Egypte et le septième jour de la création où Dieu lui-même se repose. Respecter le sabbat devient une marque identitaire pour tout Juif.
Comme en français on garde le mot hébreu, on trouve également les orthographes shabbat ou chabbat.

Satan

Le mot même de Satan veut dire " l'accusateur ". Il est le symbole du mal qui accuse l'être humain devant Dieu et qui par là essaie de le séparer d'avec Dieu. On trouve aussi le mot " diable ", ce qui peut se traduire par celui qui divise. Les maladies sont souvent associées à l'oeuvre du diable ou de ses esprits. On est à une époque où la maladie physique et toujours aussi quelque part interprétée comme une maladie spirituelle. L'âme et le corps ne sont pas pensés comme deux ensembles distincts

Synagogue

Lieu de rassemblement cultuel d'une communauté juive. Les juifs s'y retrouvent pour la prière, la lecture, son interprétation et la bénédiction. Au temps de Jésus on trouve des synagogues dans tout le bassin méditerranéen

TOB

Traduction oecuménique de la Bible. C'est celle qui, sauf indication contraire, est utilisée dans les citations bibliques de Théovie (version 1988 ou versions ultérieures)

Temple

Lorsque le roi David s'est installé à Jérusalem, il décida de construire un temple pour accueillir l'Arche de l'alliance dans laquelle il y avait les tables de la loi donnée par Dieu à Moïse. Mais Dieu lui fait savoir qu'il s'est contenté de voyager sous une tente pendant la traversée du désert et que, pour le moment, il n'a pas besoin d'un temple (Lire
2 Samuel 7). Salomon, fils de David, construira le temple vers 960 av. JC. La construction du temple de Jérusalem est détaillée dans
1 Rois 6. Il fut magnifique. Il reprenait le plan de l'arche de l'alliance. En 587 av. JC, le temple fut détruit par Nabuchodonosor. Vers 515 av. JC, au retour de l'Exil, il fut reconstruit, mais beaucoup plus modeste. En 168 av. JC Antiochus IV Epiphane, de la dynastie des Séleucides, installa un autel païen dans le temple. Suprême sacrilège ! En 164, le temple fut purifié, on redressa les murs, on construisit un nouvel autel de pierres non taillées conformément à la loi, on brûla de l'encens, on alluma le chandelier à sept branches, c'est la fête de la dédicace, la hanoukka, célébrée chaque année. On entoura le temple d'une solide muraille et on y plaça une garnison. En 63 av. JC, lorsque Pompée prit Jérusalem, il pénétra dans le temple mais le laissa intact. En 70 ap. JC, le temple fut détruit lors de la prise de Jérusalem par les Romains, les mobiliers et ustensiles furent emmenés à Rome par Titus. Le temple est le signe visible de la présence de Dieu au milieu de son peuple. Jésus dit à ses disciples :
Matthieu 12, 6 Or, je vous le dis, il y a ici plus grand que le temple.

Et dans l'Evangile de Jean, après que Jésus eut chassé les marchands du temple, il dit aux Juifs :
Jean 2, 19-21> Jésus leur répondit : " Détruisez ce temple et, en trois jours, je le relèverai. " Alors les Juifs lui dirent : " Il a fallu quarante-six ans pour construire ce Temple et toi, tu le relèverais en trois jours ? " Mais lui parlait du temple de son corps

. Pour Paul, le chrétien est membre du Corps du Christ, lui-même temple de Dieu, habité par l'Esprit.
1 Corinthiens 3, 16-17 > Ne savez-vous pas que vous êtes le temple de Dieu et que l'Esprit de Dieu habite en vous ? Si quelqu'un détruit le temple de Dieu, Dieu le détruira. Car le temple de Dieu est saint et ce temple, c'est vous

Baptême

On distingue dans les textes du Nouveau Testament deux types de baptême :

  • 1. le baptême de Jean le Baptiste, un baptême de conversion qui s'apparente aux purifications rituelles de l'Ancien Testament et
  • 2. celui qui sera le premier sacrement des chrétiens. Ce dernier est aussi appelé un baptême d'eau et d'esprit

Jean 3,, 5 Jésus lui répondit : " En vérité, en vérité, je te le dis : nul, s'il ne naît d'eau et d'Esprit, ne peut entrer dans le Royaume de Dieu. "


Actes 1,, 5 Jean a bien donné le baptême d'eau, mais vous, c'est dans l'Esprit Saint que vous serez baptisés d'ici quelques jours.

Le baptême signifie la pleine communion avec le Christ et en même temps l'entrée dans l'Eglise. L'eau reste le symbole du baptême chrétien.

Heure

Dans certaines traductions du Nouveau Testament, on parle de la troisième, neuvième etc.. heure. Ces heures correspondent au découpage romain de la journée en douze heures. Ainsi, la troisième heure se traduit donc par 9h, la sixième heure par midi, la neuvième par 3h de l'après-midi. La première heure correspond à 7h du matin

Jean l'Evangeliste

L' Evangile de Jean a sans doute été rédigé à la fin du 1er siècle. Son style est bien différent de celui des autres Evangiles. Par ailleurs, bon nombre de récits lui sont spécifiques. Le message qui est développé trouve son ancrage dans l'affirmation centrale du prologue : " La Parole a été faite chair

" (1,, 18). L'ensemble de la narration de Jean désigne la révélation paradoxale d'un Dieu qui se donne à rencontrer dans la personne historique de l'homme Jésus de Nazareth. A la différence des autres Evangiles, le Jésus que Jean présente ne révèle pas quelque chose. C'est sa propre personne qui est le contenu du message et c'est par la foi en lui que l'être humain passe de la mort à la vie. Cette révélation est tellement inouïe que personne ne peut la comprendre par lui-même. Jésus provoque sans cesse le malentendu, comme avec Nicodème qui ne parvient pas à comprendre la différence entre la naissance d'en bas et la " naissance d'en haut " (3,, 1-21). Seul Dieu peut donner de saisir la révélation paradoxale de Dieu en Jésus. Seul Dieu peut offrir la vérité qui rend libre. Tous les signes et toutes les paroles de Jésus n'ont pas pour but de faire entrer dans un mystère céleste mais de confronter l'auditeur et le lecteur à cette question : ce Jésus peut-il vraiment être l'incarnation de Dieu ? La place importante occupée par le récit de la Passion accentue la question dans le sens où il s'agit de décider de l'identité de Jésus à la croix et de le confesser quand, après Pâques, il montre encore à ses disciples les marques de son humanité (20,, 20)

Prophète

Le prophète est l'envoyé de Dieu. C'est celui qui voit plus loin que le reste des humains. Il a une connaissance des êtres et des choses qui dépasse celle du commun des mortels. Appeler Jésus prophète ne lui confère pas un statut exceptionnel

Samarie

Ce nom désigne à la fois la capitale du Royaume du Nord et toute la région autour. Dans les textes du Nouveau Testament, le territoire est considéré comme païen bien que le culte du Dieu d'Israël existe. Mais d'autres cultes ont pris de l'importance à la suite du mélange des populations

Trinité

La doctrine de la trinité ne se trouve telle quelle ni dans les textes de l'Ancien Testament ni dans ceux du Nouveau. Elle a été formulée comme doctrine face à des interrogations importantes lors des premiers conciles de l'Eglise. Père, Fils et Saint Esprit sont une seule réalité

Saint Esprit

Souffle de vie qui permet la communication entre Dieu et les humains. Il est associé au père et au fils dans la Trinité

Adultère

L'un des 10 commandements est :
Exode 20,14
Tu ne commettras pas d'adultère.

Nous lisons dans le livre du Lévitique :
Lévitique 20,10
Quand un homme commet l'adultère avec la femme de son prochain, ils seront mis à mort, l'homme adultère aussi bien que la femme adultère.

Et dans le livre du Deutéronome :
Deutéronome 22,, 20
Si l'on prend sur le fait un homme couchant avec une femme mariée, ils mourront tous les deux, l'homme qui a couché avec la femme, et la femme elle-même. Tu ôteras le mal d'Israël.

Symboliquement l'adultère signifie la rupture avec Dieu. Dans le livre du prophète Ezéchiel, au chapitre 16, Dieu accuse Jérusalem de se prostituer avec les dieux païens et de commettre l'adultère :
Ezéchiel 16,32
Tu as été la femme adultère, qui reçoit des étrangers au lieu de son mari.

Exode

Un exode c'est un départ. Dans la Bible, l'Exode fait référence au départ du peuple de Dieu, esclave du pharaon en Egypte, pour le pays de Canaan sous la direction de Moïse. L'Exode c'est aussi un livre. Le deuxième livre d'un ensemble de 5 livres appelés le Pentateuque qui raconte l'événement de la sortie d'Egypte et une longue traversée du désert qui a duré 40 ans. C'est aussi le récit de la relation de Dieu avec son peuple qu'il accompagne dans cette traversée en lui donnant un chef, une loi, une destination

Sinaï

Aujourd'hui la péninsule qui s'enfonce dans la mer rouge, entre le Golfe de Suez et le Golfe d'Aqaba à l'Est. Mais dans la Bible, le lieu n'est pas vraiment situé. Le Sinaï appelé aussi Horeb est la montagne de Dieu ! C'est là que Dieu s'est révélé à Moïse en se nommant :
Exode 3, 14
Je suis celui qui suis Et c'est là que Dieu a donné la Loi :

Néhémie 9, 13
Tu es descendu sur le Mont Sinaï, tu leur as parlé du haut des cieux et tu leur as donné tes ordonnances droites, des lois de vérité, des prescriptions et des commandements excellents

Tables de la loi

Deux tablettes de pierre sur lesquelles étaient gravés les dix commandements

Passion

Du verbe latin " patior " souffrir. La passion de Jésus recouvre le temps de ses souffrances : son arrestation, son jugement, sa condamnation, sa crucifixion et son ensevelissement. Matthieu, Marc, Luc et Jean insistent tous sur ce temps de souffrances, chacun à sa manière. Le lecteur attentif découvre des différences dues a l'auteur et à sa compréhension de cet événement. Dans les Actes, l'auteur Luc insiste sur la passion et la résurrection. Pour Paul, la passion est un immense signe d'amour de Dieu en Jésus Christ pour l'humanité. Si la passion n'était pas suivie de la résurrection de Jésus Christ, elle serait signe d'un lamentable échec ; les évangélistes insistent sur la passion parce qu'elle est suivie de la résurrection du Christ. Il a vaincu la mort. Le thème de la passion a donné lieu à de nombreuses oeuvres picturales et musicales

Scribe

Le scribe est celui qui recopie la loi et qui l'enseigne

Moïse

Moïse est tout d'abord le personnage qui a guidé le peuple d'Israël à travers le désert après l'avoir sorti d'Egypte. Mais ce rôle-là a été en quelque sorte supplanté par celui qu'il joue par la suite dans la révélation à la montagne du Sinaï quand Dieu lui communique les tables de la Loi. Ainsi, dans le langage courant du premier siècle, parler de Moïse est quasiment équivalent à parler de la Loi

Pentateuque

Du grec qui signifie 5 sous-entendu livres. Ce sont les 5 premiers livres de la Bible qui constituent la Loi = Tora pour les Juifs : Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome

Pâques

Nom pluriel du mot grec qui signifie " passage " ou " souffrir " qui est le jour de la résurrection du Christ. D'après Matthieu, Marc et Luc, Jésus a célébré la Pâque avec ses disciples, il a été arrêté après le repas, jugé, condamné, crucifié et il est ressuscité le premier jour de la semaine. Pâques est une fête chrétienne qui célèbre la victoire de la vie sur la mort

Tribu de Lévi

Dans l'Ancien Testament, Lévi est le troisième fils de Jacob, qu'il a eu avec Léa, sa première épouse. C'est dans cette tribu que Dieu choisira Moïse et Aaron pour libérer le peuple hébreu de la servitude en Egypte. C'est ainsi que la tribu de Lévi deviendra de génération en génération une tribu de prêtres pour servir et bénir Dieu. Une tribu à part qui n'aura pas droit à hériter de la terre avec Israël :

Deutéronome 18, 2
Ils n'auront pas d'héritage au milieu de leurs frères : l'Eternel sera leur héritage, comme il le leur a dit.

La Pâque

La Pâque est la fête juive qui commémore la sortie d'Egypte sous la houlette de Moïse et la libération du peuple hébreu de la servitude égyptienne. Elle est racontée dans le livre de l'Exode aux chapitres 12 et 13. Les Hébreux reçurent l'ordre de prendre un agneau, de le partager avec les voisins pour qu'il n'y ait pas de restes, de recueillir le sang de l'agneau et d'en enduire les portes de la maison. L'agneau doit être accompagné de pain sans levain et d'herbes amères. Il faut être prêt pour le départ, manger vite, une ceinture autour des reins, les sandales aux pieds, un bâton à la main. Aujourd'hui encore cette fête est très importante, elle rappelle la délivrance par Dieu et les grandes étapes de l'histoire juive. Plusieurs rites accompagnent cette commémoration : les jeunes enfants posent la question " pourquoi cette nuit est-elle différente des autres nuits ? " pour introduire le récit de la première Pâque. Le pain sans levain rappelle la précipitation du départ et les herbes amères la douleur de la servitude. La porte de la maison doit rester ouverte pour accueillir l'invité de la dernière minute. Jésus a célébré la Pâque. Après sa mort, cette fête a pris un autre sens.

Collecteur d'impôts

voir péager

Lieu Saint / Lieu très Saint

Ces deux lieux se situent à l'intérieur du Temple. On n'accédait pas indifféremment aux différents lieux à l'intérieur du Temple. Le lieu saint était réservé aux prêtres et contenait entre autres l'autel des parfums. Le lieu saint était séparé du lieu très saint par deux portes en bois du temps de Salomon, et plus tard, après sa reconstruction par un mur en pierre avec une porte dans laquelle se trouvait un rideau précieux. Le lieu très saint qui est aussi parfois appelé : le saint des saints était une pièce obscure qui renfermait l'arche de l'alliance qui n'y sera plus lors de la reconstruction du Temple. Seul le grand prêtre avait le droit de pénétrer dans ce lieu très saint une fois par an

Centurion

Officier de l'armée romaine placé à la tête d'une centurie, compagnie de 100 hommes à l'origine, puis de 60 hommes

Grand prêtre

Les prêtres sont affectés au culte et soumis à des règles de vie particulières. Leur rôle est essentiellement d'offrir des sacrifices. Le grand prêtre est le personnage le plus important de ce clergé hiérarchisé. Des privilèges et des devoirs particuliers sont attachés à sa charge. Notamment, il préside le Grand conseil (Sanhédrin), assemblée suprême ayant autorité dans les domaines religieux, administratif et judiciaire

Psaumes

Sont appelés " psaumes " les 150 prières qui forment à l'intérieur de l'Ancien Testament un recueil. Les thèmes des prières sont très variés : la louange, la plainte, la confession de péchés, le cri au secours, la confiance en Dieu... Certaines de ces prières sont très anciennes et datent de 1000 ans avant Jésus Christ. Le recueil s'est formé progressivement et a été achevé vers la fin du 3e siècle avant Jésus Christ

Esprit mauvais / Esprit impur

Voir Démons

Elie

Elie est un prophète de l'Ancien Testament (1 Rois 17). La fin du récit raconte qu'il a été enlevé au ciel. Le judaïsme attend son retour juste avant l'arrivée du Messie. Le Nouveau Testament se fait écho de cette idée. Dans le judaïsme Elie était considéré comme un personnage qui vient en aide aux hommes justes et pieux. Jésus associe Jean le baptiste à cette figure d'Elie qui est donc déjà venu et qui n'a pas été accueilli alors qu'il est le Messie (Matthieu 11, 14 et 17, 10-13).
Elie symbolise par ailleurs les prophètes, tout comme la figure de Moïse représente la loi

Vie / vie éternelle

C'est une expression qui revient très souvent dans les textes du Nouveau Testament. Il est important de rappeler qu'il ne s'agit ici nullement d'une vie qui ne commencerait qu'après la mort. Pour un Juif (et ce sont là les racines du Nouveau Testament même s'il est écrit en grec), l'éternité est certes quelque chose qui s'inscrit dans la durée, mais qui dit avant tout l'intensité. On pourrait traduire le mot en français par "vraie vie" ou "plénitude de vie". Dans l' évangile de Jean en particulier, il est clair que cette vie commence dès ici-bas, au moment où l'être humain rencontre Dieu et commence à vivre avec lui

Démons

Selon l'imaginaire grec ce sont des êtres divins. L'être humain les expérimente ou bien comme force maléfique ou bien comme aide et soutien. L'Ancien Testament connaît l'existence des démons. Mais ceux-ci sont subordonnés à Dieu et fonctionnent selon ses ordres. Il n'y a pas de dualisme. Le Nouveau Testament associe souvent un démon (un esprit mauvais) à la maladie qui reste inexplicable du point de vue humain. L'insistance est sur l'action de Jésus contre les démons qui cherchent à dominer l'être humain. Si on affirme leur existence, c'est pour dire que Jésus les combat et en libère

Esprit

En théologie chrétienne l'Esprit est celui qui se tient à l'origine de ce qui est donné (il inspire la Bible), au cœur de la réception (il éclaire le lecteur) et dans le témoignage extérieur (il dynamise la militance au cœur du monde).

Hypocrites /Esprits pervertis

Le mot grec hypocrite est parfois traduit par esprit perverti, mais n'est pas d'abord négatif. Il signifie tout simplement le comédien, celui qui joue un rôle. C'est dans les textes et de l'Ancien et du Nouveau Testament que le mot reçoit une connotation franchement négative, l'hypocrite est celui dont les actes ne correspondent pas aux paroles.
Dire aux autres et ne pas faire soi-même est aussi un signe d'hypocrisie.

Royaume de Dieu / Royaume des cieux

Cette expression veut dire plusieurs choses à la fois. Pour comprendre, il faut regarder le contexte dans lequel elle est utilisée. Souvent, il est possible de la traduire par " présence de Dieu parmi les hommes ". Il est important d'insister sur le fait qu'il ne s'agit nullement d'un royaume qu'on pourrait localiser sur une carte. Dans l'histoire de l'Eglise, certains mouvements ont essayé d'instaurer ce royaume par la force, alors que le Nouveau Testament parle d'un don de Dieu. L'expression vit d'une tension entre un " déjà là " (il y a des signes de ce royaume déjà donnés) et un " pas encore " (le règne de Dieu est aussi en attente de s'accomplir). Des synonymes sont : " Royaume des cieux " , ou encore " Royaume "

Sidon

Ville située en territoire païen. Actuelle ville de Saïda au Liban.

Tyr

Ville située en territoire païen. Actuelle ville de Sour au sud du Liban

Matthieu

Matthieu est un juif qui vivait d'une attente religieuse intense et qui a reconnu en Jésus le Messie de Dieu. Sur la base de cette foi nouvelle, il a alors opéré un écart progressif mais décisif par rapport à sa tradition religieuse d'origine. L'évangile de
Matthieu (vers 80) témoigne auprès de la communauté judéo-chrétienne de l'actualité des actes et des paroles de Jésus. Il montre comment la Parole du Messie de Nazareth est venue accomplir la loi ancienne, c'est-à-dire la déplacer radicalement. C'est ainsi, par exemple, que la question de l'universalisme occupe une place importante dans le premier évangile : alors que Jésus lui-même ordonne de n'aller que vers " les brebis perdues d'Israël " (10,, 4-5), il guérit pourtant le serviteur du centurion romain et souligne qu'il n'a jamais vu une telle foi (8,, 5-13). Plus loin dans le récit, il se laisse convaincre par une femme cananéenne que la Bonne Nouvelle est pour tous, même pour les païens (15,, 21-28). Matthieu témoigne donc de ce que tous sont indistinctement appelés au salut, indépendamment d'une appartenance au peuple élu. Autre thème : les disciples sont des " petits " (10,42, 18,25). Mais, dans le même temps, ils reçoivent une dignité égale à celle des justes et des prophètes, figures éminentes de la tradition juive (10,, 40-41, 13,, 16-17). Leur " petitesse " devient ainsi leur seule lettre de noblesse. Matthieu invite chacun à se laisser accueillir et aimer par un inconnu comme le Messie d'Israël fut accueilli par les païens.

Incarnation

Il s'agit d'un mot qui vient du latin et veut dire "prendre chair". Le mot ne fait pas partie du vocabulaire du Nouveau Testament bien que ce soit son message central : Dieu s'est fait homme en Jésus Christ. Il a ainsi accepté tout ce que comporte une vie humaine jusque dans sa fragilité et sa mort.

Ange

Le mot " ange " vient du grec angelos qui signifie " messager ". Les anges sont ceux qui transmettent la parole ou les signes de Dieu.

Fils de Dieu

L'expression " Fils de Dieu " n'est pas d'abord une expression biblique. Dans l'Ancien Orient c'était un roi considéré comme adopté par la divinité et vénéré comme un dieu. Dans l'Ancien Testament, le roi est parfois appelé Fils de Dieu, mais il n'est jamais considéré comme Dieu. Dans le Nouveau Testament, l'expression " Fils de Dieu " appliquée à Jésus décrit sa relation intime avec Dieu. " Jésus est Fils de Dieu " devient une confession de foi des premières Églises. Dans l'évangile de Jean et l'épître aux Hébreux, l'expression " Fils de Dieu " manifeste la divinité de Jésus

Agneau pascal

Désigne l'animal qui est immolé lors de la célébration de la Pâque juive : cette célébration rappelle la libération de l'esclavage en Egypte. Jésus est souvent désigné comme l'agneau

Sadducéen

Parti religieux contemporain de l'époque du Nouveau Testament et dont les membres se recrutent principalement parmi les prêtres. Seuls les cinq premiers livres de la Bible (Pentateuque) font autorité pour eux. Contrairement aux pharisiens, ils rejettent la tradition orale, la résurrection des morts et l'existence des anges. Ils acceptent la domination romaine et ont une politique conservatrice.

Augustin

Père de l'EgliseOn peut consulter l'entrée "Augustin" du module "Une nuée de témoins 1" d'Occident (354-430). En 396, il devient évêque d'Hippone, près de Bône en Algérie. Il exerça une forte influence sur la théologie et plus tard sur certains aspects de la théologie protestante. Son oeuvre la plus connue d'un large public est probablement les Confessions.

Pharisien

D'un mot hébreu qui signifie "séparé". Il s'agit d'un courant religieux juif parmi d'autres, qui met l'accent sur l'étude et le respect de la loi divine écrite. Les pharisiens sont des hommes pieux, vertueux, très soucieux d'appliquer la loi de Dieu et de se garder des impuretés rituelles. Pour vivre la sainteté de Dieu, il fallait être "séparé" des autres, seules l'observance de la loi et la pratique du culte pouvaient sauver le peuple juif. Après la chute de Jérusalem en 70 après J.C., le courant pharisien a été obligé de se reconstruire pour perpétuer les traditions. Il s'est alors trouvé en opposition avec le christianisme qui lui aussi était en train de se construire. Cela explique les oppositions fortes entre ces deux mouvements religieux. Au fils des ans, le terme "pharisien" a pris une connotation péjorative pour désigner tout comportement hypocrite.

Jean-Baptiste

Jean-Baptiste est présenté comme celui qui ouvre la route au Messie. Il baptise dans le fleuve du Jourdain. Il est témoin du baptême de Jésus, il sera exécuté sous Hérode.