Module Des femmes dans la Bible



Marie de Magdala



Evangile selon Jean, chapitre 20, versets 1,2 et 11 à 18

 

 1 

Le premier jour de la semaine, à l’aube, alors qu’il faisait encore sombre, Marie de Magdala se rend au tombeau et voit que la pierre a été enlevée du tombeau.

 2 

Elle court, rejoint Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé du tombeau le Seigneur, et nous ne savons pas où on l’a mis ».

[...]

 11 

Marie était restée dehors, près du tombeau, et elle pleurait. Tout en pleurant elle se penche vers le tombeau

 12 

et elle voit deux anges vêtus de blanc, assis à l'endroit même où le corps de Jésus avait été déposé, l'un à la tête et l'autre aux pieds.

 13 

"Femme, lui dirent-ils, pourquoi pleures-tu?" Elle leur répondit: " ils ont enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où ils l’ont mis."

 14 

Tout en parlant, elle se retourne et elle voit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c'était lui.

 15 

Jésus lui dit: " Femme, pourquoi pleures-tu? Qui cherches-tu?" Mais elle, croyant qu'elle avait affaire au jardinier, lui dit: "Seigneur, si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis, et moi je l’enlèverai."

 16 

Jésus lui dit: "Marie." Elle se retourna et lui dit en hébreu: "Rabbouni" - ce qui signifie maître.

 17 

Jésus lui dit: " Ne me touche pas! car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Pour toi, va trouver mes frères et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père (11), et vers mon Dieu et votre Dieu."

 18 

Marie de Magdala vint donc annoncer aux disciples: " J'ai vu le Seigneur" et il lui [= à elle] a dit cela.

D’après la Traduction Oecuménique de la Bible (T.O.B)


 

  • Mettez-vous à la place de Marie de Magdala. Comment auriez-vous réagi ?
  • Qu’est-ce qui retient le plus votre attention ?

Cliquez sur les termes soulignés : les notices s’affichent en dessous de ce texte

Evangile selon Jean, chapitre 20, versets 1,2 et 11 à 18

 

 1 

Le premier jour de la semaine, à l’aube, alors qu’il faisait encore sombre, Marie de Magdala se rend au tombeau et voit que la pierre a été enlevée du tombeau.

 2 

Elle court, rejoint Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé du tombeau le Seigneur, et nous ne savons pas où on l’a mis ».

[...]

 11 

Marie était restée dehors, près du tombeau, et elle pleurait. Tout en pleurant elle se penche vers le tombeau

 12 

et elle voit deux anges vêtus de blanc, assis à l'endroit même où le corps de Jésus avait été déposé, l'un à la tête et l'autre aux pieds.

 13 

"Femme, lui dirent-ils, pourquoi pleures-tu?" Elle leur répondit: " ils ont enlevé mon Seigneur, et je ne sais pas où ils l’ont mis."

 14 

Tout en parlant, elle se retourne et elle voit Jésus qui se tenait là, mais elle ne savait pas que c'était lui.

 15 

Jésus lui dit: " Femme, pourquoi pleures-tu? Qui cherches-tu?" Mais elle, croyant qu'elle avait affaire au jardinier, lui dit: "Seigneur, si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis, et moi je l’enlèverai."

 16 

Jésus lui dit: "Marie." Elle se retourna et lui dit en hébreu: "Rabbouni" - ce qui signifie maître.

 17 

Jésus lui dit: " Ne me touche pas! car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Pour toi, va trouver mes frères et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père (11), et vers mon Dieu et votre Dieu."

 18 

Marie de Magdala vint donc annoncer aux disciples: " J'ai vu le Seigneur" et il lui [= à elle] a dit cela.

D’après la Traduction Oecuménique de la Bible (T.O.B)


Après étude du texte, nous vous proposons une série de questions qui vous permettront d'actualiser le texte, et de faire de ce récit le vôtre
(nb : les visuels associés aux questions sont uniquement présents pour vous inspirer, mais ne constituent pas un élément de réponse)

Partager avec l'équipe Théovie vos réflexions


  • Qauj 1


    1. Le parcours de foi de Marie de Magdala débute dans le désespoir et l'absence. Et pour vous ?

  • Qauj 2


    2. Quelle parole, quel geste, quelle rencontre a pu vous aider à vivre le deuil d'un être cher ?

  • Qauj 3


    3. Le témoignage de Marie de Magdala consiste à dire aux disciples "ce que Jésus lui a dit". Et aujourd'hui ?

  • Qauj 4


    4. Pensez-vous que le rôle des femmes dans les évangiles a été parfois minimisé dans l'histoire de la réception des textes ? Si oui, pourquoi ? Si non, pourquoi ?

  • Qauj 5

     


    5. Le mot résurrection : qu'évoque-t-il aujourd'hui pour vous ?



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Soyez acteur de votre lecture


 

  1. Combien de personnages comptez-vous ?
  2. Relevez les gestes et les paroles de Marie de Magdala : constatez-vous des changements ? Lesquels ?
  3. A quoi servent les deux anges dans ce récit ?
  4. Qu’est-ce que Jésus demande à Marie de Magdala ?

Un peu de culture...

Tableau de Fra Angelico

Culture Fra Angelico

Le personnage de Marie de Magdala (ou Marie-Madeleine) a inspiré de nombreux artistes : peintres, romanciers, cinéastes. L'épisode particulier de Marie de Magdala au tombeau a souvent été représenté en peinture.

En voici un exemple, dans lequel Marie de Magdala tente de toucher Jésus. Ce tableau de Fra Angelico (1395 - 1455) fait partie d'une série de fresques dans l’église San Marco de Florence. Il porte le titre latin : Noli me tangere qui signifie « Ne me touche pas ». Il s’agit en latin d’une défense (pour la 2e personne du singulier : noli avec l’infinitif présent).

 


Tableau du Titien (vers 1488 - 1576)

Culture le Titien

Ce tableau du Titien intitulé Noli me tangere (Ne me touche pas) est exposé à la National Gallery de Londres.


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Marie de Magdala - [Clés de lecture]

cl1bis

Dans les évangiles, beaucoup de femmes portent le nom de Marie : MarieVous pouvez vous reporter à l’entrée "Marie", la mère de Jésus, Marie de Béthanie, sœur de MartheVous pouvez vous reporter à l’entrée "Marthe et Marie". Il s'agit ici de Marie de Magdala. L’auteur la distingue des autres Marie par son lieu d’origine. Littéralement, le texte grec parle de Marie la Magdaléenne (versets 1 et 18) qui est souvent traduit par Marie de Magdala. En français, on trouve aussi la traduction : Marie-Madeleine. Ce prénom se retrouve dans l’expression « Pleurer comme une Madeleine » et fait allusion au chagrin de Marie, mais l’associe (alors que la Bible ne le fait pas) à la Marie qui pleure sur les pieds de Jésus. Dans l’évangile selon Jean, Marie est présente à trois reprises : au pied de la croix (Jean 19,25), au tombeau (Jean 20,1-2), au moment de la résurrection de JésusVous pouvez vous reporter au module "Les gros mots de la théologie", entrée "Résurrection" (Jean 20,11-18). Elle a une place importante. Le récit est centré sur un seul personnage que Jésus appelle par son prénom : « Marie ». Elle va recevoir la mission d’annoncer la Bonne Nouvelle et elle exécute cette mission. Dans les autres évangiles, Marie de Magdala est présente à plusieurs reprises avec des nuances quant à l’importance de son rôle.

Près du tombeau - [Clés de lecture]

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Il y a deux séquences dans lesquelles Marie de Magdala se trouve près du tombeau. Dire qu’elle est restée près du tombeau n’est donc pas logique dans la chronologie du récit mais cela ne semble pas déranger l’auteur. La première fois, elle a constaté le tombeau ouvert et a couru le dire aux disciples (verset 1). La seconde fois (verset 11), les événements se déroulent en trois temps : elle rencontre les anges, puis Jésus ressuscité et elle va témoigner. Il s’agit de son second témoignage porté par les paroles d’envoi de Jésus. Ce sont ces paroles qui mettent en mouvement Marie de Magdala.

 

L'un à la tête et l'autre aux pieds - [Clés de lecture]

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Les deux anges (littéralement : « les messagers ») se tiennent à la tête et aux pieds du tombeau. Ils encadrent un espace vide, une absence. Leur présence identifie ce tombeau comme étant vraiment celui de Jésus. Au début du chapitre 20 (versets 6-7), les linges funéraires sont soigneusement rangés. Cette situation évoque une première fois l’absence du corps de Jésus. La présence des anges en lien avec le fils de Dieu est déjà signalé tout au début de l’évangile selon Jean (Jean 1,51) puis au chapitre 12 verset 29 comme une interprétation par la foule de la voix de Dieu.

Ils ont enlevé mon Seigneur - [Clés de lecture]

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La thèse de l'enlèvement du corps de Jésus a circulé dès les premiers siècles pour démentir la résurrection. L'évangile selon Matthieu, dans l'épisode du matin de Pâques, la développe longuement comme une rumeur des adversaires de Jésus. L'évangile selon Jean l'évoque plus sobrement : il axe son message sur le fait que voir n'est pas croire, que voir ne provoque pas la foi, les signes ne parlent pas comme des évidences.Dans l’évangile selon Jean, les anges au tombeau n'annoncent pas, ils questionnent. Ils entrent en conversation avec Marie de Magdala, ce qui lui permet d'expliquer la raison de son chagrin et de son désarroi. Marie ne pleure pas seulement la mort de Jésus mais aussi la disparition de son corps.

Elle se retourne et elle voit Jésus - [Clés de lecture]

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Le texte précise que Marie de Magdala ignore l’identité de l’homme en face d’elle. Dans les récits dits d'apparition, Jésus le Ressuscité n'est jamais reconnaissable au premier abord par ses disciples : c’est notamment le cas dans l'épisode des disciples sur le chemin d’Emmaüs dans l'évangile selon Luc. Marie de Magdala se tourne en arrière. Ce retournement a une valeur symbolique : il indique que Jésus n'est plus dans le tombeau. Elle se détourne du tombeau donc de la mort, mais elle ne se tourne pas encore vers l’avenir. Elle n’a pas encore fait le deuil de ce qui n'est plus. On peut imaginer qu’elle a senti une présence derrière elle sans l'identifier pour autant. Voir ne provoque pas forcément une reconnaissance et ne conduit pas automatiquement à la foi. L’évangile selon Jean invite en son début (chapitre 1) à « venir et voir » pour se terminer au chapitre 20 dans un « voir et croire ».

Femme, pourquoi pleures-tu? Qui cherches-tu? - [Clés de lecture]

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Jésus répète la question des deux anges. Il y ajoute : « qui cherches-tu ? ». Une question similaire est posée aux deux premiers disciples au début de l’évangile selon Jean. Jésus appelle Marie de Magdala : « femme » et non pas « Marie ». Elle reste dans sa conviction que le corps de Jésus a été déplacé. L’interpellation de Jésus permet à Marie d’exprimer son chagrin et sa recherche et, peut-être, de l’ouvrir à un avenir.

Jardinier - [Clés de lecture]

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Dans un premier temps, Marie a répondu aux anges au verset 13 « ils ont enlevé mon Seigneur ». Dans le texte grec, le verbe « enlever » est à la 3e personne du pluriel. Il n’y a aucune précision sur l’identité de « ils ». Dans un deuxième temps, elle poursuit son enquête et s’adresse au prétendu jardinier, et veut savoir si c’est lui qui a emporté le corps de Jésus. Le verbe « enlever » revient au verset 15 comme le projet même de Marie : enlever le corps de Jésus. Cette scène se passe dans un jardin et elle semble pour le moins paradoxale dans sa construction. Cependant l’auteur a pris soin au verset 14 d’avertir le lecteur que Marie ignore la véritable identité du jardinier auquel elle s’adresse.

Elle se retourna - [Clés de lecture]

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Ce second retournement de Marie (versets 14 et 16) signalé par le texte n’est peut-être pas seulement un mouvement dans l'espace. Il atteste d’un changement de regard sur celui qu'elle prenait jusque-là pour le jardinier. C’est au moment même où Jésus l’appelle par son prénom « Marie » qu’elle « se retourne » et le reconnaît. Le verbe grec strephô (littéralement : se tourner en arrière) évoque le verbe hébreu shouv qui lui aussi à une signification à la fois spatiale et spirituelle : « se retourner » et « se convertir ». Cette reconnaissance a lieu grâce à la parole entendue. Jésus l’a appelée par son prénom. Marie est reconnue dans sa véritable identité et ainsi elle peut reconnaître le Christ, qui dans l'évangile selon Jean est décrit comme celui qui connaît parfaitement les siens (Jean Zumstein).

Rabbouni - [Clés de lecture]

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Ce mot n’apparaît qu’une seule fois dans l’évangile selon Jean. On le retrouve également une seule fois dans l’évangile selon Marc (Marc 10,51). L’auteur du texte prend soin de donner la traduction du mot hébreu : « ce qui signifie maître ». Rabbouni est un diminutif de Rabbi. Il porte une nuance d’affection ou même de familiarité. Habituellement le mot utilisé est Rabbi. Le texte grec traduit Rabbouni comme Rabbi par didaskalé qui veut dire « maître » dans le sens d’enseignant.
A ce stade du texte, Marie de Magdala est toujours dans la même relation de respect et d’affection envers Jésus.

Ne me touche pas ! - [Clés de lecture]

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Le verbe utilisé est à l’impératif présent : il s’agit bien d’une interdiction. Dans le texte, rien n’indique une attitude particulière de Marie de Magdala : ni si elle est prosternée aux pieds de Jésus, ni si elle tente de le retenir. Peut-être faut-il mettre l’interdiction en lien avec le projet de Marie qui a affirmé : « et moi je l’enlèverai » au verset 15. C’est Jésus lui-même qui donne l’explication de son interdiction afin qu’elle se tourne vers l’avenir.
On retrouve dans l’expression latine Noli me tangere (« ne me touche pas »), le verbe tango qui a également comme premier sens « toucher ».

Je monte vers mon Père et votre Père - [Clés de lecture]

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Marie de Magdala est la première, dans l’évangile selon Jean, à rencontrer le Ressuscité et à l’entendre parler de son départ vers son Père. Marie ne reste pas seule : Jésus la renvoie vers ses frères, il l'établit dans une fraternité. « Vers mon Père et votre Père, et vers mon Dieu et votre Dieu »: les disciples et Jésus se retrouvent sur un pied d’égalité. Les disciples deviennent les frères de Jésus, Dieu est le Père de Jésus et des disciples.

J'ai vu le Seigneur - [Clés de lecture]

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Dans l’évangile selon Jean, c’est une femme, Marie de Magdala qui se met en route et qui va témoigner de la résurrection et de l’ascension de Jésus auprès du Père. On peut la rapprocher de la Samaritaine, une autre femme qui témoigne également de ce que Jésus lui a dit. Le regard de Marie de Magdala a changé et elle a laissé partir Jésus pour se tourner vers l’avenir. Selon l’exégète Jean Zumstein : « Marie de Magdala symbolise l’aptitude à croire ». En accomplissant sa mission, elle est la première à inaugurer la proclamation de la Bonne Nouvelle. En ce sens, elle illustre le but de l’évangile selon Jean.

La ville de Magdala - [Contexte]

cx1

Magdala était une ville portuaire à mi-chemin entre Tibériade et Carphanaüm, au bord du lac de Tibériade (appelé aussi Mer de Galilée) très riche en poissons. C’était une ville florissante par ses pêcheries et son artisanat du textile, d'après l'historien Flavius Josèphe. Au 2e siècle avant J.C., les grecs appelaient cette ville Tarichée (Tarichae), qui signifie : « poissons salés ».

La place de Marie de Magdala dans les évangiles selon Marc, Matthieu et Luc - [Contexte]

Marie de Magdala apparaît dans les récits de la passion et de la résurrection de Jésus.

Marc

Matthieu

Luc

Marie de Magdala suit et sert Jésus pendant son ministère en Galilée. (Mc 15,41).

Marie de Magdala accompagne Jésus depuis la Galilée. (Mt 27,55-56)

Marie de Magdala fait partie du groupe de femmes qui suit Jésus. Elle est expressément nommée.
Sa guérison par Jésus est signalée. Elle apporte une contribution financière. (Lc 8,1-3)

Elle est la première nommée parmi les 4 femmes assistant à la crucifixion. (Mc 15,40).

 

Elle se trouverait dans le groupe de femmes qui assiste à la crucifixion. (Lc 23,49)

La première nommée parmi les 2 femmes au moment de la mise au tombeau du corps de Jésus. (Mc 15,47).

La première nommée parmi les 3 femmes qui retournent au tombeau avec les aromates. (Mc 16,1-8).

Elle est la première nommée parmi les femmes qui assistent à la mise au tombeau. (Mt 27,55-57)

Elle reste devant le tombeau. (Mt 27,61)

Elle se trouverait dans le groupe de femmes qui assiste à la mise au tombeau. (Lc 23,55-56)

Elle ferait partie du groupe de femmes qui retourne au tombeau.

La première femme à qui apparaît Jésus ressuscité. (Mc 16,9-11 conclusion longue)

Elle est le premier témoin de la résurrection avec « l’autre Marie ». (Mt 28,1-10)

Elle n’est pas témoin de la résurrection de Jésus (Lc 24,1-8)

Elle est nommée la première dans le groupe qui raconte aux disciples et à tous les autres ce qui s’est passé autour du tombeau vide. (Lc 24,9-11)

L’annonce des messagers dans les évangiles selon Marc, Matthieu et Luc - [Contexte]

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Dans l'évangile selon Marc (Marc 16,5-7), un jeune homme vêtu de blanc fait l'annonce de la résurrection et transmet un ordre de mission : annoncer aux autres disciples la résurrection. Jésus n'apparaît pas.
Dans l'évangile selon Matthieu (Matthieu 28,1-10), le messager au tombeau annonce la résurrection et donne aux femmes une mission qui leur sera confirmée par Jésus leur apparaissant en chemin. Il s'agit d'annoncer la résurrection aux autres disciples.
Dans l'évangile selon Luc (Luc 24,2-10), deux hommes vêtus de vêtements éblouissants annoncent la résurrection et sa signification. Les femmes prennent elles-mêmes l'initiative d'aller l'annoncer aux autres disciples. Jésus n'apparaîtra que plus tard sur le chemin d’Emmaüs.

L’utilisation du mot « Rabbi » - [Contexte]

Dans l’évangile selon Jean, le mot « Rabbi » est le mot habituellement utilisé par les différents personnages, en particulier les disciples, pour s’adresser à Jésus.

En Jean 1,38 : les deux premiers disciples l’appellent « Rabbi » lorsqu’ils s’adressent de vive voix à Jésus.
En Jean 3,2 : c’est Nicodème, le chef des juifs, qui nomme Jésus « Rabbi » et qui affirme savoir que Dieu a envoyé Jésus comme enseignant (didaskalos).
En 4,31, les disciples disent à Jésus : « Rabbi, mange ».
En 6,25 : « Rabbi, quand es-tu arrivé ici ? ».
En 9,2, ils posent la question suivante : « Rabbi, qui a péché de lui ou de ses parents pour qu’il soit né aveugle ? ».
En 11,8, une nouvelle question est posée sur les actions de Jésus : « Rabbi, les Juifs te cherchaient à ce moment pour te lapider, et tu vas là de nouveau ? ».
Le mot désigne Jésus à des moments où les disciples ont des incompréhensions sur les événements qui se déroulent. Le Rabbi Jésus est le maître ou l’enseignant qui peut répondre aux questions.

Le mot « toucher » dans les autres textes bibliques - [Contexte]

Le verbe aptô n’apparaît qu’une seule fois (chapitre 20, verset 17) dans l’évangile selon Jean. Dans les évangiles selon Matthieu, selon Marc ou selon Luc, ce même verbe est utilisé dans des situations où Jésus touche quelqu’un ou quelque chose (le cercueil en Luc 7,14), et lorsque des personnages touchent Jésus. Le verbe aptô est utilisé dans les récits de miracles : guérisons ou résurrections (Matthieu 9,21 et 14,36 ; Marc 3,10 / 5,27 / 10,13 ; Luc 6,19 et 7,14). L’utilisation de ce verbe permet de témoigner du pouvoir de guérison de Jésus pendant son ministère.

Dans la première lettre de Jean (1Jean 5,18), le verbe est utilisé sous la forme moyenne aptomai avec une notion très différente d’emprise psychologique.

La tradition dite « concordiste » - [Espace temps]

La tradition dite « concordiste » identifie Marie de Magdala à la femme pécheresse anonyme de l’évangile selon Luc (7,36-50). Ainsi Marie de Magdala est assimilée à cette femme de « mauvaise vie » qui lave les pieds de Jésus et les essuie avec sa chevelure lors d’un repas chez Simon le pharisien. La légende d’une Marie « prostituée repentie » se développe.
Elle est également assimilée à Marie de Béthanie, sœur de Marthe et de Lazare, personnages qui se trouvent dans l’évangile selon Jean (12,1-8). L’étude des textes refuse cette assimilation car elle mélange les données des différents évangiles et alimente l’émergence de plusieurs visages de Marie de Magdala. L’Eglise semble avoir eu tendance à minimiser le rôle qu’a cette femme dans l’évangile selon Jean, où elle est le premier témoin de la résurrection de Jésus et reçoit la mission de le dire aux disciples.

Marie de Magdala à la Sainte Baume - [Espace temps]

ET2

Dans le sud de la France, une légende s’est développée qui raconte que Marie de Magdala, appelée également Marie-Madeleine, aurait débarqué à Marseille en compagnie de Marthe, Marie et Lazare. Marie de Magdala aurait converti les habitants de Marseille avant de se retirer dans la grotte de la Sainte Baume. Elle y aurait vécu jusqu’à sa mort en pénitente et en ermite. Des pèlerinages à la grotte de « Sainte Marie-Madeleine » dans le massif de la Sainte Baume existent toujours de nos jours. Pas moins de 450 000 personnes font chaque année l’ascension jusqu’à la grotte de Marie-Madeleine transformée en sanctuaire. Le reliquaire de Marie-Madeleine (Marie de Magdala) renferme un tibia qui lui est attribué. Il est exposé dans la grotte qui lui est consacrée.

Les différents visages de Marie de Magdala au cours des siècles - [Espace temps]

Dans la tradition de l’Eglise, les Pères grecs n’ont généralement pas confondu Marie de Magdala avec Marie de Béthanie (Matthieu 26,6-13 et Marc 14,3-9), avec Marie sœur de Marthe (Jean 12,1-8), ni avec la femme pécheresse en Luc 7,37-50. Les Pères latins, surtout à partir d’Augustin (4e - 5e siècle) ainsi que le pape Grégoire le Grand (pape en 590), ont souvent fait l’amalgame.

Dans les écrits gnostiques (évangile selon Marie et évangile selon Philippe) qui ne sont pas des textes qui ont été retenus dans le canon, Marie de Magdala a un rôle important. Dans l’évangile selon Marie, écrit en 150 de notre ère en Egypte ou en Syrie, elle est celle à qui Jésus donne et confie son enseignement. Elle semble avoir un rôle supérieur aux autres disciples.
Au 16e et 17e siècles, l’accent est mis sur une Marie-Madeleine repentante et mystique. Elle inspire la littérature et la peinture.
Un quatrième personnage féminin se greffe aux trois autres : Marie-Madeleine qui se retire dans la grotte de la Sainte Baume près de Marseille.
Aux 19e et 20e siècles, les Dominicains mettent en avant une Marie-Madeleine qui est l’exemple « du péché devenu l’amour par la pénitence » (Lacordaire).

Georges de La Tour (1593-1652) - [Espace temps]

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La Madeleine pénitente à la veilleuse, 1642-1644, Musée du Louvre.

 

L’église Dominus flevit à Jérusalem - [Espace temps]

ET6

L’église actuelle est récente (1955) mais elle se situe sur un site très ancien, dans un magnifique jardin sur le Mont des Oliviers. De là, on peut admirer toute la vieille ville de Jérusalem.La tradition octroie à ce jardin une signification particulière : c’est là en effet où Jésus se serait rendu avec ses disciples lorsqu’il revint à Jérusalem. C’est en ce lieu où il aurait pleuré. Le nom latin de l’église Dominus flevit signifie « le Seigneur a pleuré ». Cette église se situe également sur l’itinéraire des processions qui vont du Mont des Oliviers au Saint Sépulcre.

Jésus est crucifié - [Textes bibliques]

Lors de la crucifixion de Jésus, plusieurs femmes prénommées Marie sont au pied de la croix : la mère de Jésus, Marie femme de Clopas et Marie de Magdala. Jésus s’adresse à sa mère et au disciple.

Jean 19,25 Près de la croix de Jésus se tenaient debout sa mère, la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas et Marie de Magdala.

 

Le tombeau vide - [Textes bibliques]

Trois personnages animent cet épisode. Leur ordre d’entrée dans le tombeau n’est pas anodin. Cette scène inaugure « la mise en récit de la naissance de la foi pascale» selon l’exégète Jean Zumstein. Marie de Magdala constate que la pierre qui obstrue le tombeau a été déplacée mais elle n’entre pas dans le tombeau. Dans l’épisode suivant (Jean 20,11-18), elle n’entre toujours pas : elle se baisse pour voir dans le tombeau tout en restant à l’extérieur.

L’autre disciple arrive le premier au tombeau mais n’entre pas. Pierre arrive le deuxième sur les lieux et entre le premier dans le tombeau. L’autre disciple entrera après Pierre : « il voit et il croit ».

Jean 20,1-10 Le premier jour de la semaine, à l’aube, alors qu’il faisait encore sombre, Marie de Magdala se rend au tombeau et voit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle court, rejoint Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé du tombeau le Seigneur, et nous ne savons pas où on l’a mis. » Alors Pierre sortit, ainsi que l’autre disciple, et ils allèrent au tombeau. Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. Il se penche et voit les bandelettes qui étaient posées là. Toutefois il n’entra pas. Arrive, à son tour, Simon-Pierre qui le suivait ; il entre dans le tombeau et considère les bandelettes posées là et le linge qui avait recouvert la tête ; celui-ci n’avait pas été déposé avec les bandelettes, mais il était roulé à part, dans un autre endroit. C’est alors que l’autre disciple, celui qui était arrivé le premier, entra à son tour dans le tombeau ; il vit et il crut. En effet, ils n’avaient pas encore compris l’Ecriture selon laquelle Jésus devait se relever d’entre les morts. Après quoi, les disciples s’en retournèrent chez eux.

 

Jésus annonce ce qui va arriver - [Textes bibliques]

Lorsque Jésus invite Philippe et Nathanaël à le suivre, il annonce à ce dernier les événements à venir. Les anges établissent un lien entre Dieu et le Fils de l’homme (Jésus).

Jean 1,51 Et il ajouta : « En vérité, en vérité, je vous le dis, vous verrez le ciel ouvert et les anges de Dieu monter et descendre au-dessus du Fils de l’homme. »

 

L’enlèvement du corps de Jésus - [Textes bibliques]

Dans ces deux épisodes, les adversaires de Jésus cherchent à éviter la disparition du corps de Jésus qui serait d’après eux interprétée comme résurrection. Il faut donc éviter que les disciples volent le corps et fassent croire à une résurrection. Les autorités et Pilate mettent en place une garde devant le tombeau et scellent son entrée. Après la résurrection de Jésus, les autorités achètent le silence des gardes avec une forte somme d’argent. Ces derniers font alors courir le bruit que ce sont les disciples de Jésus qui ont enlevé son corps.

Matthieu 27,62-66 Le lendemain, jour qui suit la Préparation, les grands prêtres et les Pharisiens se rendirent ensemble chez Pilate. « Seigneur, lui dirent-ils, nous nous sommes souvenus que cet imposteur a dit de son vivant : “Après trois jours, je ressusciterai.” Donne donc l’ordre que l’on s’assure du sépulcre jusqu’au troisième jour, de peur que ses disciples ne viennent le dérober et ne disent au peuple : “Il est ressuscité des morts.” Et cette dernière imposture serait pire que la première. » Pilate leur déclara : « Vous avez une garde. Allez ! Assurez-vous du sépulcre, comme vous l’entendez. » Ils allèrent donc s’assurer du sépulcre en scellant la pierre et en y postant une garde.

Matthieu 28,11-15 Comme elles étaient en chemin, voici que quelques hommes de la garde vinrent à la ville informer les grands prêtres de tout ce qui était arrivé. Ceux-ci, après s’être assemblés avec les anciens et avoir tenu conseil, donnèrent aux soldats une bonne somme d’argent, avec cette consigne : « Vous direz ceci : “Ses disciples sont venus de nuit et l’ont dérobé pendant que nous dormions.” Et si l’affaire vient aux oreilles du gouverneur, c’est nous qui l’apaiserons, et nous ferons en sorte que vous ne soyez pas inquiétés. » Ils prirent l’argent et se conformèrent à la leçon qu’on leur avait apprise. Ce récit s’est propagé chez les Juifs jusqu’à ce jour.

 

L’apparition aux disciples - [Textes bibliques]

Les disciples cheminent et parlent avec Jésus sans le reconnaître. Le texte grec dit littéralement : « mais leurs yeux étaient empêchés pour ne pas le reconnaître ». Dans le deuxième passage, ils sont même effrayés et croient voir un esprit. On comprend bien ici que la vision n’est pas le moyen essentiel pour croire, elle est même source d’erreur.

Luc 24,13-16 Et voici que, ce même jour, deux d’entre eux se rendaient à un village du nom d’Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem. Ils parlaient entre eux de tous ces événements. Or, comme ils parlaient et discutaient ensemble, Jésus lui-même les rejoignit et fit route avec eux ; mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.

Luc 24,36-38 Comme ils parlaient ainsi, Jésus fut présent au milieu d’eux et il leur dit : « La paix soit avec vous. » Effrayés et remplis de crainte, ils pensaient voir un esprit. Et il leur dit : « Quel est ce trouble et pourquoi ces objections s’élèvent-elles dans vos cœurs ? »

 

Viens et vois !... - [Textes bibliques]

Le disciple appelé Thomas est devenu le modèle de l’incrédule qui ne croit que ce qu’il voit. Or, dans le texte, il exige ce qui a été accordé aux autres disciples, c’est-à-dire de voir. Jésus accède à sa demande tout en expliquant à tous - y compris au lecteur - que la foi est indépendante de la vision ou d’une quelconque preuve matérielle.

Jean 20,29 Jésus lui dit : « Parce que tu [Thomas] m’as vu, tu as cru ; bienheureux ceux qui, sans avoir vu, ont cru. »

 

L’appel des deux premiers disciples - [Textes bibliques]

Jésus pose à ses deux premiers disciples la question suivante : « Que cherchez-vous ? ». Les disciples sont en quête d’un lieu : où habite donc Jésus ? La quête n’est pas tant matérielle (peu importe où il habite) que spirituelle. S’attacher à un lieu empêche la mise en mouvement. Or, les disciples sont invités à se mettre en mouvement pour croire.

Jean 1,37-39a Les deux disciples, l’entendant parler ainsi, suivirent Jésus. Jésus se retourna et, voyant qu’ils s’étaient mis à le suivre, il leur dit : « Que cherchez-vous ? » Ils répondirent : « Rabbi – ce qui signifie Maître –, où demeures-tu ? » Il leur dit : « Venez et vous verrez. »

 

Un lieu singulier - [Textes bibliques]

Le jardin est un lieu important : c’est là où Jésus et ses disciples ont l’habitude de se réunir, c’est là également où Jésus est arrêté. Le tombeau dans lequel on a déposé le corps de Jésus se trouve aussi dans un jardin.

Jean 18,1-6 Ayant ainsi parlé, Jésus s'en alla, avec ses disciples, au-delà du torrent du Cédron; il y avait là un jardin où il entra avec ses disciples. Or Judas, qui le livrait, connaissait l'endroit, car Jésus s'y était maintes fois réuni avec ses disciples. Il prit la tête de la cohorte et des gardes fournis par les grands prêtres et les Pharisiens, il gagna le jardin avec torches, lampes et armes. Jésus, sachant tout ce qui allait lui arriver, s'avança et leur dit: "Qui cherchez-vous?" Ils lui répondirent: "Jésus le Nazôréen." Il leur dit: "C'est moi." Or, parmi eux, se tenait Judas qui le livrait. Dès que Jésus leur eut dit c'est moi, ils eurent un mouvement de recul et tombèrent.

Le bon berger - [Textes bibliques]

Jésus se compare à un bon berger dont les brebis (re-)connaissent la voix qui les appelle.

Jean 10,1-4 « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n’entre pas par la porte dans l’enclos des brebis mais qui escalade par un autre côté, celui-là est un voleur et un brigand. Mais celui qui entre par la porte est le berger des brebis. Celui qui garde la porte lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix ; les brebis qui lui appartiennent, il les appelle, chacune par son nom, et il les emmène dehors. Lorsqu’il les a toutes fait sortir, il marche à leur tête, et elles le suivent parce qu’elles connaissent sa voix. »

Un Dieu d’amour - [Textes bibliques]

Dieu d'amour

Un parallélisme s’instaure entre la relation qu’a Jésus avec Dieu et la relation que tout disciple aura avec Dieu s’il garde les commandements, et en particulier le commandement d’amour. Cette relation d’amour en Jean 15,9-12 part du Père (Dieu) pour aller au Fils (Jésus) et du Fils pour aller aux disciples. Elle devient en Jean 20,17 une relation d’amour qui part du Père pour aller aussi bien vers le Fils que vers les disciples.

Jean 15, 9-12 Comme le Père m'a aimé, moi aussi je vous ai aimés; demeurez dans mon amour. Si vous observez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme, en observant les commandements de mon Père, je demeure dans son amour. Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous et que votre joie soit parfaite. Voici mon commandement: aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.

Jésus et la Samaritaine - [Textes bibliques]

Cet épisode a des similitudes avec celui de Marie de Magdala. Jésus s’adresse à une femme et l’échange porte sur l’identité de la SamaritaineVous pouvez vous reporter au module “Douze rencontres avec Jésus”, entrée : “Au bord du puits” comme sur l’identité de Jésus. Elle part vers la ville et rapporte ce que Jésus lui a dit. Par son témoignage, elle suscite la foi parmi les Samaritains.

Jean 4,21-30 et 39-42 Jésus lui [la Samaritaine] dit : « Crois-moi, femme, l’heure vient où ce n’est ni sur cette montagne ni à Jérusalem que vous adorerez le Père. Vous adorez ce que vous ne connaissez pas ; nous adorons ce que nous connaissons, car le salut vient des Juifs. Mais l’heure vient, elle est là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité ; tels sont, en effet, les adorateurs que cherche le Père. Dieu est esprit et c’est pourquoi ceux qui l’adorent doivent adorer en esprit et en vérité. » La femme lui dit : « Je sais qu’un Messie doit venir – celui qu’on appelle Christ. Lorsqu’il viendra, il nous annoncera toutes choses. » Jésus lui dit : « Je le suis, moi qui te parle. »
Sur quoi les disciples arrivèrent. Ils s’étonnaient que Jésus parlât avec une femme ; cependant personne ne lui dit « Que cherches-tu ? » ou « Pourquoi lui parles-tu ? » La femme alors, abandonnant sa cruche, s’en fut à la ville et dit aux gens :« Venez donc voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait. Ne serait-il pas le Messie ? » Ils sortirent de la ville et allèrent vers lui.
(...) Beaucoup de Samaritains de cette ville avaient cru en lui à cause de la parole de la femme qui attestait : « Il m’a dit tout ce que j’ai fait. » Aussi, lorsqu’ils furent arrivés près de lui, les Samaritains le prièrent de demeurer parmi eux. Et il y demeura deux jours. Bien plus nombreux encore furent ceux qui crurent à cause de sa parole à lui ; et ils disaient à la femme : « Ce n’est plus seulement à cause de tes dires que nous croyons ; nous l’avons entendu nous-mêmes et nous savons qu’il est vraiment le Sauveur du monde. »

L’attitude différente des femmes dans l'évangile selon Marc - [Textes bibliques]

Dans l’évangile selon Marc, les femmes (Marie-Madeleine, Marie mère de Jacques, Salomé) ne partent pas témoigner comme le jeune homme vêtu de blanc le leur demande. Elles sont remplies de peur et partent en courant, silencieuses.

Marc 16,5-8 Entrées dans le tombeau, elles virent, assis à droite, un jeune homme, vêtu d’une robe blanche, et elles furent saisies de frayeur. Mais il leur dit : « Ne vous effrayez pas. Vous cherchez Jésus de Nazareth, le crucifié : il est ressuscité, il n’est pas ici ; voyez l’endroit où on l’avait déposé. Mais allez dire à ses disciples et à Pierre : “Il vous précède en Galilée ; c’est là que vous le verrez, comme il vous l’a dit.” » Elles sortirent et s’enfuirent loin du tombeau, car elles étaient toutes tremblantes et bouleversées ; et elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur.

 

Le but de ce livre - [Textes bibliques]

Voici comment l’auteur de l’évangile selon Jean présente lui-même le but de son récit :

Jean 20,30-31 Jésus a opéré sous les yeux de ses disciples bien d’autres signes qui ne sont pas rapportés dans ce livre. Ceux-ci l’ont été pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour que, en croyant, vous ayez la vie en son nom.

 

L’assimilation de Marie de Magdala à la pécheresse de Luc - [Aller plus loin]

L’auteur a été pasteur de l’Eglise réformée de France. Il se rattache au courant théologique libéral. Il a travaillé tout particulièrement sur les courants gnostiques du christianisme des premiers siècles. Dans cet ouvrage consacré à Marie de Magdala, il réhabilite ce personnage féminin et insiste particulièrement sur son rôle de premier témoin de la résurrection de Jésus. Il passe en revue les différentes approches exégétiques et les différentes compréhensions plus ou moins positives du personnage de Marie de Magdala:
« D’autre part, Jésus a chassé de Marie de Magdala sept démons. Mais les démons indiquent une carence de santé physique ou nerveuse, mais peu probablement une faille de santé morale, comme le voudraient ceux qui assimilent Marie de Magdala à la pécheresse de Luc. Ainsi Helmut Gollwitzer déclare : “Il ne faut pas identifier selon la vieille légende Marie de Magdala avec la pécheresse du chapitre 7 [de Luc]”. De même, Jean-Samuel Javet écrit : “Marie, appelée Madeleine ou de Magdala qui ne doit pas être identifiée ni avec la pécheresse anonyme du chapitre précédent, ni avec Marie de l’onction de Béthanie, avait été l’objet d’une guérison particulièrement frappante ; rien n’indique qu’elle ait été une femme de mauvaise vie” ».

Pierre-Jean RUFF, Marie de Magdala. Figure de proue du christianisme de sensibilité gnostique, Nîmes: éditions LACOUR, 2004, p. 76-77.

Marie de Magdala dans l’évangile selon Jean - [Aller plus loin]

Selon les options théologiques, Marie de Magdala apparaît comme « amante parfaite » et « témoin de la naissance de l’Eglise ».

1. Alain Marchadour, assomptionniste, a écrit un ouvrage sur les personnages dans l’évangile selon Jean. Il y consacre un chapitre à Marie de Magdala.
« Jean a réservé à Marie de Magdala un traitement de choix, qui a été déterminant dans la naissance de la figure de Marie Madeleine l’amante parfaite. En effet il a choisi de lui donner un rôle de premier plan, à travers sa présence dans les deux scènes vers lesquelles converge la marche de Jésus depuis le commencement de l’évangile : la crucifixion de Jésus et sa sortie du tombeau. Elle se tient près de la croix, témoin et acteur silencieux de la naissance de l’Eglise. Puis elle rencontre, la première, le ressuscité. Envoyée par Jésus vers les disciples, elle devient la première missionnaire ».
Alain MARCHADOUR, Les personnages dans l’évangile de Jean. Miroir pour une christologie narrative, Paris: Cerf (coll. Lire la Bible), 2004, p. 116.

2. Le cheminement de Marie de Magdala vers la compréhension de la Résurrection se fait par étapes d’après l’exégète protestante France Quéré; mais, fait essentiel, c’est bien elle qui est choisie pour en témoigner.
« Tandis qu’il parle à Marie, Jésus est ressuscité ; il n’est que ressuscité. A ce témoin comblé au-delà de ses espérances, il montre que le rêve infini de Dieu ne fait que commencer. Et, dès maintenant, Jésus fait participer Marie aux œuvres ultérieures de la glorification. La mort n’est rien, la résurrection elle-même, peu de chose. L’Heure est venue. « Cesse de me toucher », tu verras mieux encore. Va dire aux disciples que le Christ monte. Ainsi enseigne-t-il à croire, non avec ses sens, mais « en esprit et en vérité ».Et cette Marie qui, à quatre reprises, n’a pas cru, n’ayant pressenti ni la résurrection devant le tombeau vide, ni dans le jardinier, Jésus, ni dans Jésus, le Christ, ni dans la résurrection, la glorification, Marie est choisie pour apporter la suprême nouvelle aux disciples. Elle ne leur annoncera pas qu’il est ressuscité. Ce stade est dépassé. Mais dans une éblouissante absence de transition, que Jésus est glorifié. Il y avait un homme enseveli : il monte vers le Père. Cette fois, elle a compris. »
France QUERE, Les femmes de l’Evangile, Paris: Seuil, 1982, p. 49.

Marie de Magdala symbolise l’aptitude à croire - [Aller plus loin]

Jean Zumstein, théologien protestant, est un des spécialistes de l’évangile selon Jean. Il livre ici ces conclusions sur le personnage de Marie de Magdala en Jean 20,11-18:
« Marie de Magdala symbolise l’aptitude à croire. Son chagrin (v. 11) démontre son profond attachement à Jésus. La radicale absence du Christ (v. 13b.15b) est pour elle une cause de souffrance. Sa quête de l’endroit où trouver Jésus (v. 15a) détermine son comportement. Pourtant Marie de Magdala n’est pas en mesure de parvenir à la foi par elle-même. Seule l’initiative et la parole du Ressuscité créent la possibilité du croire. La foi demeure un don. La parole suscitant la foi de Marie de Magdala n’est pourtant pas une parole d’autorévélation du Christ, mais une parole du Christ portant sur l’identité de Marie. Découverte du Ressuscité et découverte de soi vont de pair. La rencontre pascale de Marie avec le Ressuscité débouche sur une mise en responsabilité : elle est le premier témoin appelé à répandre le message pascal, le premier apôtre. Elle endosse le rôle qui est dévolu à Pierre dans la tradition paulinienne».

Jean ZUMSTEIN, L’évangile selon Saint Jean (13-21), Genève: Labor et Fides, 2007, p. 275-281.

Tableau de Fra Angelico - [Culture]

Culture Fra Angelico

Le personnage de Marie de Magdala (ou Marie-Madeleine) a inspiré de nombreux artistes : peintres, romanciers, cinéastes. L'épisode particulier de Marie de Magdala au tombeau a souvent été représenté en peinture.

En voici un exemple, dans lequel Marie de Magdala tente de toucher Jésus. Ce tableau de Fra Angelico (1395 - 1455) fait partie d'une série de fresques dans l’église San Marco de Florence. Il porte le titre latin : Noli me tangere qui signifie « Ne me touche pas ». Il s’agit en latin d’une défense (pour la 2e personne du singulier : noli avec l’infinitif présent).

 

Tableau du Titien (vers 1488 - 1576) - [Culture]

Culture le Titien

Ce tableau du Titien intitulé Noli me tangere (Ne me touche pas) est exposé à la National Gallery de Londres.

« Mary », le film - [Culture]

Culture Film

Un film s’est inspiré du personnage de Marie de Magdala. Il s’intitule « Mary » et a été réalisé par Abel Ferrara. Marie est interprétée par Juliette Binoche. Le film a reçu le Lion d'Argent au festival de Venise en 2005.
« Film atypique, aussi éloigné de Da Vinci code que de la Passion selon Gibson, il nous laisse, étonnés ou dubitatifs, devant le pouvoir qu’ont certaines figures bibliques de changer les vies et ceci, malgré les incertitudes originelles qui entourent ces figures. Si Marie-Madeleine est une construction de la mémoire croyante, elle n’en reste pas moins rattachée, par de solides liens, au socle évangélique des premiers temps. Alors, après la vision du film, il restera à ceux et celles qu’intéressent les écrits chrétiens à relire la fin de l’évangile de Jean et, bien sûr, l’étonnant apocryphe appelé évangile de Marie. Qu’est-ce que cet apocryphe a pu garder, dans son excès même, de la beauté originaire de l’Évangile du Christ ? Dans sa préface à un recueil de textes apocryphes, la théologienne France Quéré remarquait que « la foi, sous les désaveux officiels, a gardé une sensible mémoire » dont témoigne la popularité de certains de ces textes. Elle ajoutait que « le véritable service de la foi exige de la pensée qu’elle s’échappe, en rebelle et en artiste ». © Gérard BILLON, Service biblique catholique Evangile et Vie

La Navette - [Culture]

Culture navette

Le voyage maritime de Marie-Madeleine (ou Marie de Magdala) est évoqué dans la plus ancienne boulangerie de Marseille par la fabrication d’un petit gâteau en forme de barque allongée : la Navette, que l’on mange à la Chandeleur (fête traditionnelle des gens de la mer). C’est un boulanger qui, en 1781, eut l’idée de confectionner un petit gâteau. Il le proposa aux pèlerins qui venaient à jeun à l’abbaye de Saint Victor.

Et voici la recette :
Cuisson : 10 minutes - Préparation : 15 minutes
Ingrédients pour 20 navettes environ :- 40 g de beurre- 400 g de farine- 1/2 sachet de levure chimique - 150 g de sucre - 2 cuillères à soupe de fleur d'oranger- 2 oeufs
Préparation :Faites fondre le beurre et laissez le refroidir.
Dans une casserole, portez à ébullition le sucre avec le quart d'un verre d'eau, laissez bouillir 2 minutes puis ajoutez la fleur d'oranger.
Versez sur la farine mélangée à la levure puis mélangez à la cuillère en bois, ajouter le beurre fondu, les 2 oeufs légèrement battus puis mélangez bien jusqu'à ce que la pâte se décolle des parois.
Laissez reposer la pâte 2 heures à température ambiante.
Prélevez des petites portions de pâte d'environ 30 grammes.
Roulez la pâte en forme de boule entre vos mains, puis formez un boudin.
Déposez les boudins de pâte sur une plaque recouverte de papier sulfurisé et incisez-les dans la longueur en laissant 2 cm de chaque côté.
Enfournez à 180 °C pour environ 10 minutes, les navettes doivent rester blanches et durciront à l'extérieur du four.

Eckhart, Maître (vers 1260-1328)

Maître Eckhart, dominicain allemand, enseigne dans différents monastères. En 1302, il obtient une maîtrise à Paris et à partir de 1323, il enseigne à Cologne. Ses charges dans l'ordre dominicain l'ont amené à faire de nombreux déplacements. Il doit quitter Cologne pour aller se justifier devant la Curie Pontificale, alors en Avignon. Il meurt en cours de route et nul ne sait où. Depuis 1326 déjà, il est soupçonné d'hérésie. Le centre de son enseignement est l'union du croyant avec Dieu, la pauvreté absolue qui va jusqu'à exiger l'abandon (ou détachement) de soi, de la vertu, voire, dans certains de ses textes, de Dieu lui-même. Ses écrits ne sont pas faciles à lire ; Eckhart crée dans son écriture des expressions nouvelles qui entrent dans la langue allemande et l'influencent profondément. Maître Eckhart est définitivement condamné comme hérétique le 27 mars 1329

Septante

Traduction grecque de la Bible hébraïque entreprise par les communautés juives d'Alexandrie en Egypte au 3e siècle av. JC. Elle était destinée aux juifs qui ne connaissaient plus l'hébreu. La légende veut que 72 (septante deux) savants juifs, travaillant en différents lieux et sans se consulter, soient arrivés à la même traduction en 72 (septante deux) jours. D'où le nom de " Septante " que l’on abrège aussi parfois en chiffres romains : LXX.

Fils de l'homme

Cette expression en hébreu est une manière de dire " l'être humain " . Dans les évangiles, cette expression est placée dans la bouche de Jésus qui se désigne lui-même ainsi. Elle fait partie des noms ou titres de Jésus

Satan

Le mot même de Satan veut dire " l'accusateur ". Il est le symbole du mal qui accuse l'être humain devant Dieu et qui par là essaie de le séparer d'avec Dieu. On trouve aussi le mot " diable ", ce qui peut se traduire par celui qui divise. Les maladies sont souvent associées à l'oeuvre du diable ou de ses esprits. On est à une époque où la maladie physique et toujours aussi quelque part interprétée comme une maladie spirituelle. L'âme et le corps ne sont pas pensés comme deux ensembles distincts

Psaumes

Sont appelés " psaumes " les 150 prières qui forment à l'intérieur de l'Ancien Testament un recueil. Les thèmes des prières sont très variés : la louange, la plainte, la confession de péchés, le cri au secours, la confiance en Dieu... Certaines de ces prières sont très anciennes et datent de 1000 ans avant Jésus Christ. Le recueil s'est formé progressivement et a été achevé vers la fin du 3e siècle avant Jésus Christ

Ange

Le mot " ange " vient du grec angelos qui signifie " messager ". Les anges sont ceux qui transmettent la parole ou les signes de Dieu.

YHWH

YHWH ne comporte pas de voyelles en hébreu. Il vient de l'hébreu "hava" qui signifie "être" ce nom signifierait "celui qui était, est et sera". La racine arabe "hawa" signifie "l'air qui souffle" et a donné le nom d'Allah en arabe.
Quand l'hébreu, qui est une langue qui s'appuie sur des consonnes, fut fixé, le nom de Dieu le plus fréquemment utilisé dans l'Ancien Testament, "Yhwh", ne fut pas vocalisé (par ajout de voyelles) afin qu'il ne puisse pas être prononcé. En effet, après l'Exil* l'emploi du nom de Dieu a été progressivement évité par respect, et l'on dira "Adonaï" (mon Seigneur) à la place de Yhwh. C'est pour cette raison que les Massorètes (savants juifs du 4e-6e siècle qui ont vocalisé l'hébreu pour fixer le contenu du texte sur le plan grammatical) ont ajouté sous le tétragramme les voyelles de "Adonaï".
Le nom même de Dieu illustre la règle du Qeré Ketib : un certain nombre de mots hébreux écrits d'une certaine manière doivent être prononcés d'une autre manière. Le nom de Dieu s'écrit Yahvé et se prononce Adonaï.
La tradition qui a ajouté les voyelles d'Adonaï a donné le nom de Jéhovah. Une autre tradition a tenté de lire YAHVE, ce qui a été repris par de nombreuses traductions chrétiennes. Aujourd'hui, on accepte que le mot YHWH soit imprononçable, pour respecter le mystère et la transcendance de Dieu. Il est traduit par le SEIGNEUR en majuscules dans la plupart des Bibles.

Alliance

L'alliance est un motif central dans le livre de l'Exode, thème qui prolonge l'alliance de la Genèse et se poursuit jusque dans le Deutéronome. L'origine du terme alliance, en hébreu : berît, reste incertaine. Le mot alliance est souvent associé au verbe hébreu "couper" traduit par "conclure". L'expression "couper l'alliance" fait référence à un rituel d'engagement solennel dans un traité qui liait deux royaumes et dans lequel un animal était coupé en deux. La notion d'alliance de l'Ancien Testament provient de la pratique des relations diplomatiques entre les états du Proche Orient Ancien et renvoie à l'idée générale d'une relation entre partenaires unis par un contrat. Les textes de traités entre un suzerain et son vassal contiennent un certain nombre d'obligations, d'engagements réciproques qui lient les partenaires.

Exode

Au coeur de l'histoire du peuple d'Israël, il y a la mémoire de la sortie d'Egypte que raconte le livre de l'Exode. Le nom du livre est tiré d'un mot grec qui signifie la sortie, le départ. En hébreu le livre s'appelle shemôt "noms". Le livre raconte l'événement fondateur par excellence par lequel le peuple d'Israël dit comment il est advenu comme peuple de Dieu. Lorsqu'il résume son histoire, Israël peut omettre de mentionner les patriarches, mais il n'oublie jamais la tradition de l'Exode, la libération d'Egypte, Deutéronome 4,32-40; 6,20-24.

Tétragramme

C'est par les quatre consonnes appelées "tétragramme" (quatre lettres) YHWH que le Dieu d'Israël est désigné (on trouve aussi YHVH ou IHVH selon les auteurs). Aux quatre consonnes on a ajouté les voyelles du mot hébreu adonaï (mon Maître, mon Seigneur). Le tétragramme ne se prononce pas. Quand on lit le texte hébreu, on prononce "adonaï" d'après les voyelles ajoutées.

Apocryphes

Mot qui signifie " caché " et s'applique à certains livres de l'Ancien et du Nouveau Testament. Concernant l'Ancien Testament, la Réforme a considéré tout livre qui ne figure pas dans la Bible hébraïque comme " apocryphe ". Quant au Nouveau Testament, " apocryphe " est employé par les Eglises chrétiennes pour désigner des livres datant des premiers siècles de l'Eglise et qui n'ont pas été retenus dans le canon biblique.

Esdras (Livre d')

Le livre d'Esdras a probablement été rédigé vers l'an 300 av. JC et il fait partie (avec les deux livres des Chroniques et le livre de Néhémie) de ce que l'on peut appeler une écriture de l'histoire dans son déroulement chronique. Il décrit le retour des Juifs exilés autorisé par l'édit de Cyrus, la reconstruction du temple de Jérusalem et la réorganisation de la communauté à Jérusalem. C'est un livre qui parle de reconstruction d'où l'interdiction faite au peuple de se mélanger aux autres, mais l'essentiel est de retrouver les racines d'autrefois.

Néhémie (Livre de)

Le livre de Néhémie était autrefois lié au livre d'Esdras et ne faisait qu'un ouvrage. Néhémie avait été envoyé dans la Province de Juda vers l'an 445 av. JC pour reconstruire les murailles de Jérusalem. L'auteur parle en "je". Il raconte tous les événements qui se passent autour de la reconstruction : recensement de la population, cérémonie de la fête du Tabernacle, arrivée de la population paysanne à Jérusalem, interdiction des mariages mixtes, engagement du peuple à la Loi ... Comme le livre d'Esdras, c'est un livre qui reconstruit un peuple et son histoire.

Hébreu

L'étymologie de ce nom viendrait du verbe "passer" (ce qui rappelle le passage de la Mer Rouge au moment de la sortie d'Egypte), verbe qui a donné la compréhension "de l'autre côté". Le mot reçoit donc un sens proche de "étranger". Ce mot est rarement utilisé dans la Bible. Quand il l'est, c'est généralement en lien avec les Egyptiens ou les Philistins (sur 34 emplois, 18 le sont avec les premiers, en désignant les Israélites en opposition à leurs maîtres égyptiens, et 8 utilisations le sont dans un contexte qui indique leur assujettissement aux Philistins). Ce nom semble avoir été imposé aux Israélites par des étrangers et il souligne leur condition inférieure, asservie (cela a pu aider à faire le rapprochement avec les Apirou du 2ème millénaire av. JC). La notion la plus commune pour désigner les Israélites est "fils d'Israël". Jonas est le seul à parler de lui-même en terme "d'hébreu". Partout ailleurs le terme hébreu est utilisé pour désigner d'autres individus.

Juges (Livre des)

Le livre de la Bible qui leur est attribué, se présente comme une anthologie de héros qui interviennent après l'installation des tribus d'Israël en Canaan par Josué (successeur de Moïse) et avant l'instauration de la royauté en Israël (Saül, David, Salomon...), royauté qui durera jusqu'à l'Exil.
Ces figures appelées "juges" sont des figures héroïques toutes différentes les unes des autres. En tant que chefs d'une ou plusieurs tribus, les Juges sont censés, d'une part apporter une autorité en Israël et rétablir le peuple dans son intégrité religieuse, d'autre part délivrer Israël de la domination qu'exercent sur leurs tribus certains peuples comme les Philistins. Il s'agit pour le peuple d'Israël de vivre parmi les autres peuples autochtones en Canaan sans tomber dans la tentation du syncrétisme religieux.

Le livre des Juges révèle que règne le désordre ("chacun faisait ce qui était juste à ses yeux" Juges 17,6) parmi les fils d'Israël et que les Juges ne parviennent pas à rétablir l'ordre de façon durable ; au contraire, eux-mêmes contribuent encore au désordre. L'intention de l'auteur est de souligner que l'instauration de rois en Israël, élus par des prophètes, devient indispensable.
Parmi les juges, il y a ceux qu'on appelle "les petits juges", et les "grands juges".

  • "les petits juges" : tous originaires du centre du pays (montagne d'Ephraïm) ; de courtes notices nous informent de leurs actions : ce sont Otniel, Ehoud, Shamgar,Tola, Yaïr,Ibçân, Elôn,Abdôn.
  • "les grands juges" : Déborah, Baraq, Gédéon, Jephté, Samson. Déborah est aussi désignée comme prophétesse et Samson est un cas particulier. Il faut leur ajouter Samuel, qui est d'abord présenté comme juge (1Samuel 7,17). C'est lui qui élira sur la demande de Dieu les deux premiers rois d'Israël (Saül et David). Souvent ces juges sont porteurs d'un charisme guerrier qui n'implique ni autorité permanente ni administration de la justice. Leur fonction se résume à conduire la guerre, sauver du péril et ils n'exercent leur fonction qu'au profit d'un clan ou d'une tribu (sauf Baraq).

Le SEIGNEUR

Cette expression traduit dans la version de la TOB, comme dans beaucoup de versions contemporaines, le nom personnel du Dieu d'Israël. On ne sait pas comment ce nom -composé des quatre consonnes Y H W H- était prononcé. En effet, à partir d'un certain moment, les Juifs ne l'ont plus prononcé. Quand il apparaît dans les textes, il est alors remplacé à la lecture par adonaï, mot qui veut dire "seigneur" c'est-à-dire maître, propriétaire ou même Monsieur. L'emploi d'une écriture en majuscules différencie dans la traduction le SEIGNEUR (YHWH) des seigneurs humains et aussi de l'emploi du mot seigneur dans l'expression "le Seigneur Dieu (adonaï Elohim)".
Dans d'autres versions ce nom apparaît sous la forme des consonnes Yhwh (Bible Bayard), ou encore Yhvh ou Ihvh, dans d'autres il est vocalisé en Yahwé (Bible de Jérusalem) ou encore traduit par l'Eternel (versions Segond jusqu'à la nouvelle version de 2002).

Saint Esprit

Pour le Nouveau Testament, le Saint Esprit (ou Paraclet) est la présence de Dieu parmi les hommes et en l'homme. Il est une puissance transformatrice, toujours liée à l'événement du salut en Jésus-Christ. Il rend le Christ présent, il permet de comprendre les Ecritures qui lui rendent témoignage, il rappelle son enseignement, il pousse les chrétiens à annoncer la bonne nouvelle, il les unit dans la foi, dans l'espérance et dans l'amour, il leur donne les aptitudes au témoignage.

Passion

Du verbe latin "patior" souffrir. La passion de Jésus recouvre le temps de ses souffrances : son arrestation, son jugement, sa condamnation, sa crucifixion et son ensevelissement. Matthieu, Marc, Luc et Jean insistent tous sur ce temps de souffrances, chacun à sa manière. Le lecteur attentif découvre des différences dues à l'auteur et à sa compréhension de cet événement. Dans les Actes, l'auteur Luc insiste sur la passion et la résurrection. Pour Paul, la passion est un immense signe d'amour de Dieu en Jésus Christ pour l'humanité. Si la passion n'était pas suivie de la résurrection de Jésus Christ, elle serait signe d'un lamentable échec ; les évangélistes insistent sur la passion parce qu'elle est suivie de la résurrection du Christ. Il a vaincu la mort.

Moïse

Moïse est le personnage qui a guidé le peuple d'Israël à travers le désert après l'avoir sorti d'Egypte. Dans la révélation à la montagne du Sinaï Dieu lui communique les tables de la Loi. La vie et l'oeuvre de Moïse sont rapportées dans la Bible, dans les livres de l'Exode, du Lévitique, des Nombres et du Deutéronome.

Diaspora

Ce terme désigne la dispersion des juifs hors de la Judée, sous l’effet des famines, guerres, exils, pratiques commerciales... La présence de juifs est attestée en Egypte au VIème siècle av. JC et en Perse où certains ont vécu après les déportations du début du VIème siècle av. JC. A partir du IVème siècle av. JC, avec Alexandre et ses successeurs, ils vont s’implanter dans les villes tout autour de la Méditerranée.
Au premier siècle de notre ère, la diaspora méditerranéenne est très développée dans les villes d’Asie Mineure, à Antioche et Alexandrie et jusqu’à Rome.

Puisqu’il n’y a qu’un seul Temple, celui de Jérusalem, les juifs de la diaspora vont créer la synagogue pour pouvoir observer les pratiques rituelles de la loi. Ils vont jouer un rôle considérable dans la religion juive et son évolution.

 

Exil

Il s'agit de l'époque de la déportation du peuple d'Israël à Babylone. Une première grande déportation a lieu en 722 av. JC, après la prise de Samarie par les Assyriens. C'est la fin du Royaume d'Israël ou Royaume du Nord (dont Samarie était la capitale). A l'Empire assyrien succéda l'Empire babylonien avec le roi Nabuchodonosor qui envahit Jérusalem (capitale du royaume de Juda) en 597 av. JC. Il déporte le roi Yoyakïn ainsi qu'une grande partie de la population, essentiellement la classe dirigeante et l'élite intellectuelle. Le successeur de Yoyakïn, Sédécias se révolte contre Nabuchodonosor et en 588, Nabuchodonosor prend Jérusalem, détruit le Temple et déporte la population à Babylone. Il a fallu attendre l'édit de Cyrus, roi de Perse en 538 pour que les Juifs soient autorisés à rentrer dans leur pays.
Théologiquement, l'exil a été vécu par les prophètes comme le jugement de Dieu sur le peuple élu. Les prophètes annonçaient aussi un retour à Jérusalem et la reconstruction du Temple. L'exil est une période importante notamment pour la rédaction des textes bibliques. Beaucoup des textes de l'Ancien Testament ont été écrits après le retour de l'exil.

Dogme

Vient d'un verbe grec dokein qui signifie " croire ", " décider " et qui a donné dogma : " opinion " ou " décision ". Dans l'usage théologique actuel, le dogme désigne une vérité que l'Eglise pose comme devant être crue. Mais cette notion ne s'est imposée qu'à partir du siècle des Lumières, remplaçant les expressions " articles de foi " ou " vérités de foi ".

Immaculée Conception

L'immaculée conception de Marie est un dogme de l'Eglise catholique, décrété le 8 décembre 1854 par le pape Pie IX dans sa bulle Ineffabilis Deus. Le dogme signifie que Marie, mère de Jésus-Christ, fut conçue exempte du péché originel. La bulle déclare :
" Nous déclarons, prononçons et définissons que la doctrine, qui tient que la bienheureuse Vierge Marie a été, au premier instant de sa conception par une grâce et une faveur singulière du Dieu tout-puissant, en vue des mérites de Jésus-Christ, Sauveur du genre humain, préservée intacte de toute souillure du péché originel, est une doctrine révélée de Dieu, et qu'ainsi elle doit être crue fermement, et constamment par tous les fidèles. "

Assomption

L'Assomption est un dogme catholique selon lequel, au terme de sa vie terrestre, Marie a été " enlevée corps et âme " au ciel. C'est aussi le nom de la fête catholique célébrant cet événement. Le terme vient du latin assumptio qui signifie " prendre, enlever, assumer ". Les Eglises orthodoxes parlent de " dormition " de la Vierge. Les protestants n'y souscrivent pas parce qu'il ne repose sur aucun fondement biblique

Grâce

Emprunté au latin gratia, le mot signifie d'abord "reconnaissance", "ce que l'on accorde à quelqu'un". Au sens religieux, la grâce désigne le don de Dieu, ce qu'il offre aux hommes gratuitement. Dans l'épître aux
Ephésiens (2, 8), Paul écrivait : "vous êtes sauvés par la grâce, par le moyen de la foi, cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu". Il exprime ainsi une des affirmations centrales du Nouveau Testament : celle du salut gratuit, ou de la justification par grâce (les deux expressions équivalent ici). Avec les Réformateurs, cette notion de don est intimement liée à celle de salut. Luther insistera sur le caractère totalement gratuit du salut : la justification ne vient pas de l'être humain, elle se passe extra nos, littéralement "en dehors de nous". On retrouve là l'affirmation du Sola Gratia (la grâce seule) issus du message de la Réforme. En l'articulant à la foi (dont la notion est très proche), Calvin distinguera d'une part "la grâce générale" dont bénéficient tous les êtres humains sans qu'elle les conduise à la foi (Dieu offre la vie, la nature, les liens familiaux, etc.) et d'autre part "la grâce particulière" qui touche les seuls croyants et fait surgir en eux la foi en Christ.

Canon / canonique

Le mot est d'origine grec et signifie à l'origine " baguette " ou " règle de charpentier " et par extension a pris le sens de " règle " . Finalement ce mot a désigné une liste ou un catalogue de livres, représentant la règle qui délimitait les Ecritures reconnues, et faisant autorité pour la foi juive puis chrétienne. Dans le christianisme, on appelle " canon biblique " la liste des livres qui constituent la Bible.

Péché originel

Le terme de " péché originel " se rapporte à la théologie d'Augustin qui, pour expliquer le mal toujours déjà là, développe l'idée selon laquelle la transgression d'Adam et Eve se transmets (en allemand, on parle de Erbsünde ce qui veut dire " péché hérité ") quasi biologiquement à tous leurs descendants. Très vite, l'acte sexuel devient alors le moment de cette transmission. Cette représentation explique en partie pourquoi la sexualité censée véhiculer le péché " des origines " a été considérée avec autant de méfiance par toute une partie de la tradition chrétienne.

Athanase d'Alexandrie

Evêque d'Alexandrie de 328 à 373, Athanase, mêlé à toutes les péripéties de la crise arienne, a joué un grand rôle dans la formulation et le maintien de la doctrine officielle de l'Eglise.

Origène (vers 185-253 ou 254)

Origène est un Père de l'Eglise du 3e siècle dont l'œuvre théologique et exégétique est très importante. Il naît à Alexandrie vers 185. Son père meurt martyr en 202. Il n'a que 18 ans quand Démétrios, l'évêque d'Alexandrie, lui confie la direction de l'école de catéchèse dans cette ville. Il y enseignera et rédigera ses traités et ses commentaires bibliques jusqu'en 232 environ. A cette date, un conflit avec l'évêque Démétrios l'oblige à quitter Alexandrie pour Césarée où il avait été ordonné prêtre et où il continuera son œuvre. Son but était l'enseignement de " la vérité de la foi " à partir des Ecritures et la réfutation des courants jugés hérétiques. Il a eu de son vivant une très forte influence sur la constitution de la théologie chrétienne et il a posé les règles de l'exégèse. Emprisonné et torturé pendant la persécution de l'empereur Dèce, il meurt vers 253 des suites des sévices subis. Après sa mort, son œuvre sera traduite en latin et commentée par ses disciples. Elle reste très vivante jusqu'au 6e siècle, suscitant des confrontations avec la doctrine de la Trinité définie par le concile de Nicée. L'empereur d'Orient Justinien condamne Origène et sa doctrine en 543. Du fait de cette condamnation, une grande partie de l'œuvre en grec d'Origène s'est perdue

Arche de l'Alliance

L'Arche de l'Alliance semble un objet de culte depuis la traversée du désert après la libération de l'Egypte . Les descriptions de cette " arche " datent du temps de l'Exil* et s'appuient sur des souvenirs ce qui rend difficile voire impossible une reconstruction. Par ailleurs, on mentionne plus que l'extérieur le contenu de cette arche : les tables de la loi. L'arche signifie la présence de Dieu au milieu de son peuple

Pères

On dit plus couramment " Pères de l'Eglise ". On désigne ainsi les théologiens des premiers siècles jusqu'aux 7e/8e siècles. En patristique (recherche sur les textes des Pères de l'Eglise), on appelle " Pères Apostoliques " ceux qui succèdent directement aux apôtres. Pour les suivants, on distingue entre " Pères latins " et " Pères grecs " selon la langue dans laquelle ils rédigeaient leurs écrits

Sanhédrin

Le sanhédrin est l'assemblée suprême du peuple juif, ayant autorité dans les domaines religieux, administratif et judiciaire. Son nom n'est pas d'origine hébraïque mais dérive du grec sunédrion, signifiant « assemblée qui siège ». Il est présidé par le Grand prêtre.

Euripide

Euripide est né à Salamine en 480 av. JC. et est mort à Pella en 406 av. JC. C’est un auteur majeur de la littérature grecque antique. Il a écrit de nombreuses tragédies. Il a inspiré des siècles plus tard des auteurs français comme Racine qui écrit également une tragédie intitulée « Iphigénie ».

Hittites

 

Les Hittites constituent un peuple indo-européen possédant un empire puissant en Anatolie centrale (au centre de l’actuelle Turquie). Sa puissance atteint son apogée entre le 14e et le 13e siècle av. JC. Il rivalise avec la puissance de l’Egypte. L’empire Hittite disparaît au 12e siècle avec l’invasion des Peuples de la Mer (peuples indo-européens venant de la Mer Egée). L’Ancien Testament fait allusion à ce peuple qui habite le pays promis à Abraham (Exode 3,8), l’actuelle Palestine.

Araméen

L’araméen était la langue usuelle de la vie quotidienne. C’est une langue sémitique, proche de l’hébreu, parlée au cours de l’Antiquité dans tout le Proche-Orient.

Lévites/Tribu de Lévi

Les lévites sont ceux qui appartiennent à la tribu de Lévi, le troisième fils que Jacob a eu avec Léa, sa première épouse. C'est dans cette tribu que Dieu choisira Moïse et Aaron pour libérer le peuple hébreu de la servitude en Egypte. La tribu de Lévi sera chargée de servir et bénir Dieu. Dans le désert, les lévites portaient l'arche d'Alliance ; en terre d'Israël, jusqu'à la construction du temple de Jérusalem, ils officiaient dans divers sanctuaires. Dans le Temple, ils étaient choristes, musiciens, gardiens, juges, artisans, mais restaient subordonnés aux lévites descendants d'Aaron, qui étaient prêtres. Cette tribu à part n'aura pas droit à hériter de la terre avec Israël :

Deutéronome 18, 2 Ils n'auront pas d'héritage au milieu de leurs frères : l'Eternel sera leur héritage, comme il le leur a dit.

 

Flavius Josèphe

Historien juif (37 – 100 après J.-C.). Il est le commandant de la Galilée pendant la guerre contre les Romains. Il a écrit La guerre des juifs et Les Antiquités judaïques. Ces deux livres donnent de nombreux renseignements sur la situation de la Galilée à cette époque.

Eglise

Le mot Eglise vient de la racine " assembler ", " rassembler ". Il s'utilise dans différents sens, voisins mais distincts. Il peut désigner :
- le bâtiment où se rassemblent les fidèles et où on célèbre le culte (dans ce cas on met une minuscule).
- les personnes qui se rassemblent, l'assemblée qui se réunit. - l'ensemble des chrétiens : le Nouveau Testament compare l'Eglise au corps du Christ ou à son épouse, images qui entendent souligner le lien étroit entre le Christ et l'Eglise. En ce sens, on parle de l'Église au singulier (elle regroupe tous les fidèles, à travers le temps et l'espace).
- une institution ou une organisation religieuse chrétienne : on parle de l'Église réformée de France, de l'Église de la Confession d'Augsbourg d'Alsace et de Lorraine, de l'Église orthodoxe grecque, de l'Église catholique romaine. Dans ce cas, on parle des Églises au pluriel.
La compréhension de l'Eglise (on parle alors d'ecclésiologie) est aujourd'hui l'un des enjeux principaux du dialogue oecuménique. C'est en effet ce point qui demeure l'une des différences fondamentales entre les grandes confessions chrétiennes.
Pour les protestants, les 2ème et 3ème sens ne se recouvrent pas. L'Eglise du Christ, Eglise invisible, ne coïncide pas avec les formes visibles des Eglises particulières. C'est une réalité spirituelle que Dieu seul connaît.
Pour les catholiques, par contre, l'Eglise du Christ s'identifie à l'Eglise catholique romaine.