Module Les mêmes droits pour tout le monde? Chrétiens et Droits de l'Homme*



La Bible, a-t-elle quelque chose à dire?



Les rapports entre nos questions et l'Ecriture

Il est habituel, légitime et nécessaire de se reporter à la Bible quand le chrétien et/ou les chrétiens se posent des questions existentielles, éthiques et théologiques.
Mais il est clair que la façon de se référer à la Bible n'est pas évidente. On ne peut pas y aller à la recherche anxieuse de recettes, de réconfort ou de caution idéologique.
Les rapports entre nos questions et l'Ecriture doivent être pensées et repensées à chaque époque de manière récurrente. Pour ce qui est de la " peine de mort ", chercher des " appuis directs, immédiats et explicites " à cette opinion dans l'Ecriture serait fort compliqué et risqué. On trouvera beaucoup plus de récits et de lois allant dans le sens contraire que de proclamations ou d'exemples prônant ou se battant contre la peine capitale.
Néanmoins, le texte biblique offre un horizon de sens qui oriente et affermit la perspective de la lutte des chrétiens contre la peine de mort. C'est d'une certaine façon " l'esprit " de la Bible qui peut travailler aujourd'hui encore nos prises de positions et nos institutions.

Extrait d'un cours de Jesus Asurmendi


  • Devant une question importante, avez-vous le réflexe d'aller voir ce que la Bible en dit ?
  • Pourquoi la Bible ne fournit-elle pas de réponses " claires et nettes " ?

Cliquez sur les termes soulignés : les notices s’affichent en dessous de ce texte

Les rapports entre nos questions et l'Ecriture

Il est habituel, légitime et nécessaire de se reporter à la Bible quand le chrétien et/ou les chrétiens se posent des questions existentielles, éthiques et théologiques.
Mais il est clair que la façon de se référer à la Bible n'est pas évidente. On ne peut pas y aller à la recherche anxieuse de recettes, de réconfort ou de caution idéologique.
Les rapports entre nos questions et l'Ecriture doivent être pensées et repensées à chaque époque de manière récurrente. Pour ce qui est de la " peine de mort ", chercher des " appuis directs, immédiats et explicites " à cette opinion dans l'Ecriture serait fort compliqué et risqué. On trouvera beaucoup plus de récits et de lois allant dans le sens contraire que de proclamations ou d'exemples prônant ou se battant contre la peine capitale.
Néanmoins, le texte biblique offre un horizon de sens qui oriente et affermit la perspective de la lutte des chrétiens contre la peine de mort. C'est d'une certaine façon " l'esprit " de la Bible qui peut travailler aujourd'hui encore nos prises de positions et nos institutions.

Extrait d'un cours de Jesus Asurmendi


Après étude du texte, nous vous proposons une série de questions qui vous permettront d'actualiser le texte, et de faire de ce récit le vôtre
(nb : les visuels associés aux questions sont uniquement présents pour vous inspirer, mais ne constituent pas un élément de réponse)

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  • 20080310161021


    Pensez-vous qu'il soit important que les droits de l'homme aient un fondement biblique ?

  • 20080310161108


    Peut-on tirer de la Bible des valeurs et des indications valables pour tout le monde ? Lesquelles ?

  • 20080310161152


    Quelles visions de l'être humain se dégagent des Ecritures Bibliques ? Sont-elles pertinentes pour les débats de société aujourd'hui ?



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Soyez acteur de votre lecture


  • En quoi la référence à la Bible n'est-elle pas " évidente " comme l'écrit l'auteur ? Donnez quelques exemples.
  • Selon la pensée de l'auteur, en quoi la Bible donne-t-elle une réponse ?
  • Comment comprenez-vous l'expression " le texte biblique offre un horizon de sens " ?
  • L'auteur parle de " l'esprit " de la Bible. De quoi s'agit-il ?

Un peu de culture...

La Bible, le seul livre d'air

20080309151834

Bobin, Christian, Le Très-Bas, Paris : Gallimard, 1992, p. 11 :
" La Bible est un livre qui est fait de beaucoup de livres, et dans chacun d'eux beaucoup de phrases, et dans chacune de ces phrases beaucoup d'étoiles, d'oliviers, de fontaines, de petits ânes et de figuiers, de champs de blé et de poissons - et le vent, partout le vent, le mauve du vent du soir, le rose de la brise matinale, le noir des grandes tempêtes. Les livres d'aujourd'hui sont en papier. Les livres d'hier étaient en peau. La Bible est le seul livre d'air - un déluge d'encre et de vent. "


Les multiples représentations de Jésus Christ dans l'art

Même si certaines images priment sur d'autres, selon les époques, les artistes ne représentent pas Jésus, le Christ, de la même manière. Différents aspects théologiques s'expriment à travers les productions artistiques. Tantôt, Jésus est le roi victorieux, tantôt le serviteur souffrant, tantôt l'agneau de Dieu. La Bible permet ces interprétations qui se corrigent mutuellement.

20080309151903


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Se reporter à la Bible - [Clés de lecture]

20080309130626

Pour trouver une réponse à une question importante, qu'elle soit d'ordre personnel, social, voire politique, le réflexe chrétien est d'aller interroger la Bible. Le croyant considère en effet que c'est à travers ces différents témoignages, collectionnés à travers les siècles que Dieu peut lui parler encore aujourd'hui. Ou pour le dire autrement : les textes bibliques fonctionnent comme référence pour le chrétien. Toutefois, cette référence peut se vivre de manière très diverse. Pour les uns, la Bible dicte le comportement jusque dans les moindres détails, pour les autres, elle indique simplement une grande ligne. L'autorité des textes bibliques n'est pas vécue de la même manière par tous les chrétiens. Cela montre que les rapports entre nos questions d'aujourd'hui et les indications que l'on peut trouver dans la Bible ne sont pas des rapports simples !

N'est pas évident - [Clés de lecture]

20080309130735

Les droits de l'homme, ont-ils un fondement biblique ? La Bible fournit-elle des arguments indiscutables pour défendre par exemple l'abolition de la peine de mort ? Ces questions sont vivement débattues, et les réponses ne sont pas unanimes. L'absence de clarté, l'absence d'évidence a plusieurs raisons. Tout d'abord, les textes bibliques que le chrétien consulte ne disent pas tous la même chose. Ils n'ont pas été écrits pas les mêmes personnes. Ils s'inscrivent dans des contextes historiques et religieux fort divers. En plus, ils n'ont pas été écrits d'abord pour répondre aux questions d'aujourd'hui. Ainsi, des contresens sont faciles à faire ! Des indications qui paraissent d'une violence extrême aujourd'hui représentent parfois dans leur contexte des avancées éthiques considérables.

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Une recherche anxieuse - [Clés de lecture]

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Parfois les textes bibliques sont consultés pour s'abriter derrière eux, pour ne pas oser une parole qui engage et qui rencontre peut-être de la critique. On utilise alors les textes de la Bible comme un paravent en proclamant haut et fort " Mais la Bible dit que... ". Ce n'est pas ainsi qu'elle aura le plus d'impact, car rapidement l'interlocuteur va trouver un autre passage biblique à citer. Et la discussion fraternelle dérive vers une bataille de mots, de citations bibliques plus ou moins appropriées. Dans le travail d'investigation biblique, il ne s'agit pas de trouver dans la Bible une justification idéologique, une recette à appliquer partout, une caution pour ses idées personnelles. Il s'agit plutôt de confronter des convictions personnelles, des choix politiques et sociaux aux textes bibliques. Les textes seront alors une instance critique et non pas une source inépuisable de justification.

Le texte biblique offre un horizon de sens - [Clés de lecture]

20080309130853

Si le texte biblique ne propose pas une réponse claire et nette à toutes les questions que l'on peut lui poser, on y trouve des pistes de réflexion qui ouvrent sur un " horizon de sens ". Le lecteur à la recherche d'une réponse à sa question trouvera donc non pas une réponse unique, valable depuis toujours et pour toujours, mais une variété de prises de position qui viennent questionner, enrichir et parfois déplacer la question initiale.
Ainsi, la manière dont les auteurs parlent de Dieu à l'intérieur de la Bible n'est pas univoque. Certains passages témoignent d'un Dieu en colère qui regrette jusqu'à la création même de l'être humain, d'autres passages insistent sur un Dieu qui ne cesse de montrer sa sollicitude et sa miséricorde envers l'être humain. Ainsi les images se corrigent et s'affinent. Les lois concernant les relations à entretenir avec les autres changent aussi selon le contexte historique. La vengeance dont il est question dans certains passages fait place à la loi du talion qui sera remplacée dans le Nouveau Testament par l'appel à aimer jusqu'à son ennemi.

" L'esprit " de la Bible - [Clés de lecture]

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Si on ne peut pas retenir un sens unique, une interprétation unique des textes bibliques, il y a bien quelque chose qui fait unité dans la diversité des livres et des prises de position. C'est ce que l'auteur appelle " l'esprit " de la Bible. Cela ne veut pas seulement dire que les croyants considèrent la Bible comme un livre inspiré, mais aussi qu'il y a quelque chose de spirituel qui se dégage de sa lecture, de sa méditation et aussi de son étude. Ce ne sont pas des lois particulières, ou des commandements précis, mais bien l'invitation à chercher Dieu, à chercher l'humain, à s'ouvrir " à un avenir et une espérance " (Livre de Jérémie, chapitre 29, verset 11).
Le Nouveau Testament témoigne tout particulièrement de la sollicitude de Dieu pour sa créature. Dans la personne de Jésus, le croyant discerne Dieu qui s'approche de l'être humain, qui " prend chair " comme l'exprime l'Evangile de Jean. C'est à travers ce Jésus que l'on perçoit le respect, la miséricorde et l'amour de Dieu pour chacun et chacune. Il se peut que pour chaque lecteur de la Bible, une attitude comparable envers ses semblables en résulte.

Ecritures bibliques ou Parole de Dieu ? - [Contexte]

On peut parfois entendre des expressions comme " nous lisons dans la Parole de Dieu que... " Il est important de se rendre compte que superposer ainsi " Ecritures bibliques " et " Parole de Dieu " peut avoir des conséquences graves. Car si ce qui est écrit est considéré comme la " Parole de Dieu ", alors, celle-ci s'impose sans discussion possible. On voit sur quoi cela peut déboucher en matière d'éthique. Considérer ainsi les textes de la Bible, c'est ignorer qu'ils ont été écrits par des humains, à des époques différentes et qu'ils n'ont pas tous la même portée pour le croyant. Il est évident qu'on ne peut pas mettre sur le même plan Paul qui demande de lui rapporter son manteau de Troas (2Timothée 4,13) et le Prologue de Jean qui parle de l'incarnation de Dieu (Jean 1,1ss).
Ainsi, dans un débat éthique, il ne s'agit pas de trouver le verset qui appuie la conviction du lecteur. Si on adopte cette manière d'argumenter, on peut tirer de la Bible des arguments pour la peine de mort, par exemple :

Genèse 9,6
Qui verse le sang de l'homme, par l'homme verra son sang versé; car à l'image de Dieu, Dieu a fait l'homme.

comme des arguments contre :

Exode 20,13
Tu ne commettras pas de meurtre.

et son parallèle en Deutéronome 5,17. Dans les deux cas, il s'agit de paroles humaines critiquables et sorties de leur contexte. Recourir à la Bible ne dispense pas d'un travail de réflexion responsable, sous prétexte qu'il s'agirait ici d'un texte sacré.

Les droits de l'homme comme conviction croyante - [Contexte]

20080309130947

Ce n'est pas tel ou tel article formulé dans les différentes déclarations des Droits de l'homme qui est une retombée directe de ce que l'on peut lire dans la Bible. Si les chrétiens défendent les droits de l'homme, c'est au nom d'une conviction plus large. En effet, ils considèrent que les droits de l'homme dans leur esprit même rendent compte d'exigences que pose aussi la Bible, et en particulier le Nouveau Testament. On peut retenir trois exigences fondamentales : le droit à la vie, le droit à la liberté et le droit à la justice.

Le fondamentalisme biblique - [Contexte]

20080309131027

On appelle fondamentalisme ou littéralisme biblique une manière de lire et d'appliquer les textes bibliques comme s'ils avaient été écrits pour répondre à une question précise dans la situation actuelle où se trouve le croyant. Ainsi, le fondamentalisme biblique est réticent à la recherche historico-critique qui situe les textes dans leur contexte pour comprendre la portée qu'ils avaient alors. Les adeptes d'une lecture fondamentaliste considèrent que les textes bibliques sont tels quels " Parole de Dieu " et ne peuvent donc en aucun cas errer ou se tromper. Dans ce cas, on ne peut pas discuter de la portée de ces textes, puisqu'on affirme que Dieu lui-même en est l'auteur.

Pas de modèles à reproduire ! - [Contexte]

20080309131058

La Bible ne nous donne pas de modèles à reproduire ou d'idéaux à calquer tels quels. Mais elle parle des hommes et des femmes dans leurs relations les uns avec les autres, en couple, en famille, en communauté, face à Dieu. On y parle de polygamie (les 4 femmes de Jacob), d'esclavage (Abraham envoie sa femme Sarah dans le harem de Pharaon), de pédophilie (conseillée au roi David), de viols (organisés et acceptés à Guibéa), d'inceste (de Loth avec ses filles), de jeune fille mère (Marie enceinte avant le mariage), d'adultère meurtrier (du roi David qui fait tuer son général Urie pour posséder la femme de ce dernier, Bethsabée), de lapidation (de la femme adultère), de misogynie (" Que les femmes se taisent... ") ... La Bible est un livre qui reflète ce que vivent les hommes et les femmes de tous les temps. Par ailleurs, la Bible témoigne aussi d'attitudes et de comportements autres. Il y est en effet également question de fidélité (de Joseph envers Marie), de protection (de Ruth envers sa belle mère Naomie), d'égalité (en Christ, il n'y a plus ni homme ni femme), de promesse (Sarah aura un avenir, Agar aussi), d'érotisme (le Cantique des cantiques), d'amour (1Corinthiens 13). Dans la Bible on trouve des parcours où l'avenir n'est pas fermé. La Bible encourage à la fidélité, au soutien, à l'amour. On trouve dans la Bible, comme dans nos vies, des tensions entre des expériences contradictoires. La Bible ne dispense jamais son lecteur d'une prise de conscience qui l'engage. C'est le croyant qui devra dire dans quelles paroles s'exprime pour lui le message divin central, libérateur et consolateur. C'est dans le partage avec d'autres croyants qu'un sens qui fait vivre se dégage des Ecritures. C'est ce sens plus que telle ou telle parole qui va faire autorité dans sa vie, et dans sa manière d'envisager ses relations avec les autres.

Quand les droits de l'homme contestent la religion - [Espace temps]

La Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 stipule que " nul ne doit être inquiété pour ses opinions même religieuses ". Ce qui veut dire qu'on ne veut plus accepter qu'une confession chrétienne (à ce moment-là il s'agit du catholicisme) ait le monopole et qu'elle puisse aller jusqu'à persécuter ceux qui ont d'autres manières de croire et de penser. Ainsi, les religions peuvent avoir une relation tendue avec des déclarations des droits de l'homme qui leur refusent de régenter la société. Ces déclarations ont souvent eu pour conséquence une restriction sévère des activités des Eglises pour empêcher " l'endoctrinement des consciences ". Ainsi, " les droits de l'homme limitent les droits des religions " comme le formule le théologien contemporain André Gounelle.

Pierre Bayle, un précurseur de la liberté de penser - [Espace temps]

Pierre Bayle, protestant français du 17e siècle a expérimenté les persécutions organisées par le roi contre les protestants. Ses réflexionsCf entrée Déclaration des Droits dans son Commentaire philosophique de 1686 concernent la notion de vérité :
" Il est impossible, dans l'état où nous nous trouvons, de connaître certainement que la vérité qui nous paraît (je parle des vérités particulières de la Religion, et non pas des propriétés des nombres ou des premiers principes de métaphysique, ou des démonstrations de géométrie) est la vérité absolue ; car tout ce que nous pouvons faire est d'être pleinement convaincus que nous tenons la vérité absolue, que nous ne nous trompons point, que ce sont les autres qui se trompent, toutes marques équivoques de vérité, puisqu'elles se trouvent dans les païens et dans les hérétiques les plus perdus. [...] Un Papiste est aussi satisfait de sa religion, un Turc de la sienne, un Juif de la sienne, que nous de la nôtre. [...] Les plus fausses religions ont leurs martyrs, leurs austérités incroyables, un esprit de faire des prosélytes qui surpasse bien souvent la charité des orthodoxes et un attachement extrême pour leurs cérémonies superstitieuses. [...] Dans la condition où se trouve l'homme, Dieu se contente d'exiger qu'il cherche la vérité le plus soigneusement qu'il pourra et que, croyant l'avoir trouvée, il l'aime et y règle sa vie. [...] Le principal est ensuite d'agir vertueusement ; et ainsi chacun doit employer toutes ses forces à honorer Dieu par une prompte obéissance à la morale. À cet égard, c'est-à-dire à l'égard de la connaissance de nos devoirs pour les moeurs, la lumière révélée est si claire que peu de gens s'y trompent, quand de bonne foi ils cherchent ce qui en est."
Extrait de Pierre Bayle, Commentaire philosophique sur ces paroles de Jésus-Christ: "Contrains-les d'entrer", où l'on prouve par plusieurs raisons démonstratives qu'il n'y a rien de plus abominable que de faire des conversions par la contrainte, et où l'on réfute tous les sophismes des convertisseurs à contrainte et l'apologie que Saint Augustin a faite des persécutions, 1686.

La loi du talion, une bonne nouvelle ? - [Textes bibliques]

Exode 21,23-25
Tu paieras vie pour vie, œil pour œil dent pour dent, main pour main, pied pour pied, brûlure pour brûlure, blessure pour blessure, meurtrissure pour meurtrissure.

Lévitique 24,19-20
Si quelqu'un blesse son prochain, il lui sera fait comme il a fait : fracture pour fracture, œil pour œil, dent pour dent; il lui sera fait la même blessure qu'il a faite à son prochain.

Il ne faut jamais oublier de replacer dans leur contexte d'origine les récits bibliques. Ainsi, on découvre par exemple que la loi du talion (où l'on autorise de crever un œil à celui qui a crevé un œil à quelqu'un, d'arracher une dent à celui qui a arraché une dent à quelqu'un,...) est une bonne nouvelle dans un contexte de vengeance où celui qui a subi un tort se venge n'importe comment sur son agresseur (où une dent peut ainsi " valoir " toute la mâchoire de l'agresseur !).

Dieu cherche à arrêter la vengeance - [Textes bibliques]

Dans le livre de la Genèse, premier livre de la Bible, on raconte l'histoire de Caïn qui tue son frère Abel. Par la suite, la question de la vengeance est abordée :
Caïn est chassé de sa terre et deviendra errant. Il a peur pour sa vie, car il réalise qu'il n'a plus aucun secours à attendre. Il dit alors à Dieu : " Si quelqu'un me trouve, il me tuera. " A son inquiétude Dieu répond : " Si quelqu'un tue Caïn, on le vengera sept fois. " On est bien ici dans le contexte traditionnel de la vengeance. Toutefois, et c'est ce que constitue la nouveauté de ce texte, au verset suivant, l'auteur précise que Dieu met un signe sur le front de Caïn pour empêcher ceux qui le trouvent de le tuer. Ainsi, Dieu lui-même empêche le processus de la vengeance.

Genèse 4,9-16
Le SEIGNEUR dit à Caïn: " Où est ton frère Abel? " - " Je ne sais, répondit-il. Suis-je le gardien de mon frère? " - " Qu'as-tu fait? reprit-il. La voix du sang de ton frère crie du sol vers moi. Tu es maintenant maudit du sol qui a ouvert la bouche pour recueillir de ta main le sang de ton frère. Quand tu cultiveras le sol, il ne te donnera plus sa force. Tu seras errant et vagabond sur la terre. " Caïn dit au SEIGNEUR: " Ma faute est trop lourde à porter. Si tu me chasses aujourd'hui de l'étendue de ce sol, je serai caché à ta face, je serai errant et vagabond sur la terre, et quiconque me trouvera me tuera. " Le SEIGNEUR lui dit: " Eh bien! Si l'on tue Caïn, il sera vengé sept fois. " Le SEIGNEUR mit un signe sur Caïn pour que personne en le rencontrant ne le frappe. Caïn s'éloigna de la présence du SEIGNEUR et habita dans le pays de Nod à l'orient d'Éden.

D'un Dieu qui efface l'humanité vers un Dieu qui offre l'alliance - [Textes bibliques]

Le récit du déluge présente un Dieu certes animé d'un sentiment de justice (il s'effraie de l'injustice qu'il voit sur la terre), mais tout de même sans pitié pour toutes ses créatures qui sont déclarés " injustes ". Puis, à la fin du récit, l'auteur précise que ce genre d'intervention n'aura plus jamais lieu : le signe de l'arc (instrument de guerre !) posé une fois pour toutes dans les cieux atteste l'alliance avec l'humanité.

Genèse 6,5-8
Le SEIGNEUR vit que la méchanceté de l'homme se multipliait sur la terre: à longueur de journée, son cœur n'était porté qu'à concevoir le mal, et le SEIGNEUR se repentit d'avoir fait l'homme sur la terre. Il s'en affligea et dit: " J'effacerai de la surface du sol l'homme que j'ai créé, homme, bestiaux, petites bêtes et même les oiseaux du ciel, car je me repens de les avoir faits. " Mais Noé trouva grâce aux yeux du SEIGNEUR.

Genèse 9,8-17 Dieu dit à Noé accompagné de ses fils: " Je vais établir mon alliance avec vous, avec votre descendance après vous et avec tous les êtres vivants qui sont avec vous: oiseaux, bestiaux, toutes les bêtes sauvages qui sont avec vous, bref tout ce qui est sorti de l'arche avec vous, même les bêtes sauvages. J'établirai mon alliance avec vous: aucune chair ne sera plus exterminée par les eaux du Déluge, il n'y aura plus de Déluge pour ravager la terre. " Dieu dit: " Voici le signe de l'alliance que je mets entre moi, vous et tout être vivant avec vous, pour toutes les générations futures. J'ai mis mon arc dans la nuée pour qu'il devienne un signe d'alliance entre moi et la terre. Quand je ferai apparaître des nuages sur la terre et qu'on verra l'arc dans la nuée, je me souviendrai de mon alliance entre moi, vous et tout être vivant quel qu'il soit; les eaux ne deviendront plus jamais un Déluge qui détruirait toute chair. L'arc sera dans la nuée et je le regarderai pour me souvenir de l'alliance perpétuelle entre Dieu et tout être vivant, toute chair qui est sur la terre. " Dieu dit à Noé: " C'est le signe de l'alliance que j'ai établie entre moi et toute chair qui est sur la terre. "

Créé à l'image de Dieu - [Textes bibliques]

Tout au début du livre de la Genèse se trouvent deux versets étonnants qui affirment que l'être humain, l'homme et la femme, sont créés à l'image de Dieu. Ce poème offre ainsi une vision d'une humanité où chacun peut et doit être regardé comme création de Dieu, indépendamment des particularités d'appartenance à un peuple, une culture, une société, une couche sociale, etc.

Genèse 1,26-27
Dieu dit: "Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu'il soumette les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bestiaux, toute la terre et toutes les petites bêtes qui remuent sur la terre!" Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa ; mâle et femelle il les créa.

Fondements bibliques des droits de l'homme - [Aller plus loin]

Extrait de la conférence d'André Gounelle, intitulée " Les fondements des droits de l'homme ", troisième partie :
Fondements bibliques des droits de l'homme "
Après avoir répondu aux objections que certaines théologies adressent aux droits de l'homme, je termine en montrant comment les trois principaux, celui à la vie, celui à la liberté et celui à la justice peuvent se fonder sur des thèmes bibliques.

  • a) Le droit à la vie
    Je m'appuie ici sur une histoire bien connue, celle du sacrifice avorté d'Isaac (Genèse 22). Dieu demande à Abraham de lui immoler son fils; le patriarche obéit, et au moment où il va égorger son fils, un ange arrête son bras.
    Dans le judaïsme, le christianisme, et l'Islam, domine une interprétation de ce récit qui y voit l'affirmation du droit absolu de Dieu sur toute vie humaine. Quand il en exige une, même sans raison ni justification apparente, il faut la lui donner. Abraham ne discute pas, ne proteste pas, ne se révolte pas; il agit comme Dieu le lui demande. Sa soumission en fait un modèle pour le croyant. Lu ainsi, ce texte apparaît comme une radicale négation du droit à l'existence. La vie d'un homme ne lui appartient pas, il n'en dispose pas ; il n'a pas à la défendre et à la protéger. Elle est la propriété de Dieu qui en fait ce qu'il juge bon.
    Cette interprétation me paraît être un contresens. Pour bien comprendre ce récit, il importe de le replacer dans son contexte, celui du monde phénicien où l'on pratiquait abondamment les sacrifices d'enfants. On immolait l'aîné pour que les dieux, satisfaits, laissent vivre les suivants. On retrouve au Proche Orient et en Afrique du Nord, dans les régions dominées par Carthage, colonie phénicienne, des milliers de stèles commémorant l'offrande pieuse d'un premier-né. Un des rois d'Israël, Manassé a voulu introduire cette pratique en Israël. On lui a alors opposé le cas d'Isaac, qui a fondé théologiquement l'interdiction dans la religion juive de sacrifices humains.
    Ce récit ne signifie donc pas : vous devez accepter de tout donner à Dieu, y compris la vie de vos enfants. Au contraire il affirme que Dieu refuse que l'on tue pour lui et en son nom des êtres humains. Il en résulte qu'aucune cause politique, ethnique, religieuse ou idéologique ne justifie des assassinats ou des exterminations. La vie est sacrée, tout être humain y a droit, comme l'affirment les Déclarations [Déclarations de la Virginie (article 1), de la Pennsylvanie (article 1), du Delaware (article 10), du Massachusetts (article 10), de l'O.N.U. (article 3)], et Dieu lui-même reconnaît ce droit, il exige qu'on le respecte : "Tu ne tueras point", dit l'un des commandements.
  • b) Le droit à la liberté
    La Bible insiste beaucoup sur la foi. Pour le Nouveau Testament, elle détermine l'existence humaine et constitue le coeur de la religion. Elle sauve; elle inspire nos actions et nos comportements. Elle rend positives nos relations avec Dieu, avec nos semblables et avec le monde. Elle constitue le centre et l'essentiel; le reste en découle et en dépend. Ce en quoi nous croyons décide de ce que nous sommes et donne sa valeur à ce que nous faisons.
    Or, la foi présente deux caractéristiques qui vont conduire à mettre l'accent sur la liberté personnelle.
    1. En premier lieu, la foi concerne et engage l'individu en tant que tel, et non pas en tant que membre d'un groupe. Elle ne relève pas de choix collectifs, mais de la conscience et des orientations de chacun. Les appartenances sociales, ethniques, religieuses passent donc au second plan, et la personne devient l'instance essentielle. Les Déclarations des droits de l'homme vont dans le même sens. Elles le font en parlant de l'homme, et pas seulement de l'américain ou du français ou de l'occidental, et surtout en mettant "homme" au singulier, ce qui indique bien qu'il s'agit de chacun de nous en particulier. L'importance donnée à la foi a pour corollaire la prise en considération et le respect de la personne en tant que telle.
    2. En second lieu, la foi ne se commande pas, ni ne se décrète. On peut obliger quelqu'un à accomplir des rites, à obéir à des autorités et à des lois, à se soumettre à des coutumes. Par contre, on n'arrivera jamais à lui imposer une foi, parce que la foi, comme la confiance et l'amour, implique une sincérité, c'est à dire une conviction intime, un consentement profond de la personne [Cf. E. Fuchs et P.A. Stucki Au nom de l'autre Genève Labor et Fides 1985 p.182-183]. La foi naît d'une parole qui s'adresse à moi en cherchant mon assentiment, en agissant par le moyen de la persuasion, en refusant la contrainte. L'édit de tolérance adopté en 1568 par la diète de Transylvanie, sous l'influence de Ferencz David et du roi Jean-Sigismond, souligne ce point avec beaucoup de clarté et de pertinence. Cet édit proscrit toute persécution parce que la foi est un don de Dieu, qu'elle vient de l'écoute de la parole de Dieu. La primauté de la foi conduit donc à la liberté de conscience, telle que la proclament les diverses Déclarations des droits de l'homme [Déclarations de la Virginie (article 16), de la Pennsylvanie (article 2), du Delaware (article 2), du Maryland (articles 33-34), de Caroline (article 19), du Massachusetts (article 2), de la France (article 10), de l'O.N.U. (article 18)].
  • c) Le droit à la justice
    Le droit à la justice comporte trois aspects :
    1. D'abord, un aspect juridique. La justice consiste ici dans l'impartialité. Les tribunaux doivent appliquer les mêmes règles à tous, et permettre à chacun de se défendre dans des conditions convenables [Déclarations de la Virginie (article 8), de la Pennsylvanie (article 9), du Delaware (article 11 à 17), du Maryland (articles 19 à 23), de Caroline (article 7 à 14), du Massachusetts (article 12 à 15), de la France (articles 7 à 9), de l'O.N.U. (articles 7 à 11)].
    2. Elle a, ensuite, un aspect politique. Elle exige des dirigeants qu'ils servent les peuples et ne les exploitent pas [Déclarations de la Virginie, (articles 3, 5,15), de la Pennsylvanie (articles 4 et 5), du Delaware (article 5), du Maryland (article 4), de la France (articles 12 à 16)]. Les peuples ont le droit de renverser des gouvernements qui ne respectent pas cette obligation; dans ce cas, la révolte peut être légitime [Déclarations de Virginie (article 3), de Pennsylvanie (préambule et article 5), du Delaware (article 5), du Maryland (article 4), du Massachusetts (préambule, et article 7) et la Déclaration d'indépendance des Etats-Unis]
    3. Elle a enfin un aspect social, affirmé seulement par la Déclaration de l'O.N.U. en 1948 [Déclaration de l'O.N.U.(article 22 à 27). En 1789, Sieyès propose d'inscrire dans la déclaration l'obligation d'une solidarité économique et le droit des démunis aux secours publics. Il ne sera pas suivi. [Voir S.Rials, La déclaration des droits de l'homme et du citoyen, p.140, 181] ; on n'en parle pas dans les textes du dix-huitième siècle. La justice signifie qu'il n'y ait pas une trop forte disproportion entre la richesse des uns et la pauvreté des autres. Elle demande que l'on s'occupe des démunis. Ces trois aspects de la justice peuvent s'appuyer sur de très nombreux textes de l'Ancien Testament, en particulier des prophètes qui s'en prennent vigoureusement, parfois véhémentement à ceux qui s'en écartent et les oublient.
    Il vaut la peine de remarquer que l'Ancien Testament ne réserve pas la justice au peuple élu et à ses membres. Le Décalogue mentionne que les étrangers y ont aussi droit au repos hebdomadaire du sabbat. Si Israël ne se conduit pas justement avec les autres nations, Dieu s'en désolidarise.
    L'exigence de justice est universelle.
    Les Déclarations de droits de l'homme reprennent ces divers aspects de la justice, et se trouvent là également en consonance avec la Bible. Et surtout la volonté de justice s'enracine dans l'aspiration en une cité fraternelle, en une société où régneraient l'accord et l'harmonie [Cf. P.A. Stucki Lecture de la "Déclaration des droits de l'homme et du citoyen" (1789) P. Buhler (ed.) Justice en dialogue p.90-91 qui souligne très fortement ce point]. Pour la Bible, cette cité représente une espérance eschatologique. Pour les rédacteurs des Déclarations des droits de l'homme, qui ne sont pas aussi naïfs qu'on l'a parfois dit, il s'agit d'un idéal dont ils savent bien qu'il est utopique. Mais l'eschatologie oriente le présent; l'utopie donne des directions et des directives. Dans les deux cas, on pense que l'humanité est en marche et on veut lui indiquer le but. Les droits de l'homme s'inspirent d'une espérance agissante [Cf. E. Fuchs et P.A. Stucki Au nom de l'autre p.206-207], à laquelle le thème théologique du Royaume de Dieu fournit un fondement.

Conclusion
J'aurais pu faire d'autre rapprochements. Je m'en tiens à ceux-là. Ils suffisent pour montrer qu'à mes yeux le message biblique tel que je le reçois, et les principes théologiques du christianisme tels que je les comprends conduisent aux droits de l'homme. Beaucoup de gens les acceptent et les défendent sans partager nos orientations religieuses. Nous pouvons et nous devons nous joindre à eux sans aucune réserve ni réticence, car l'évangile et les droits de l'homme s'accordent pour affirmer que la fraternité humaine dépasse toutes les frontières, qu'elles soient culturelles, religieuses, ou nationales. "

La Bible, le seul livre d'air - [Culture]

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Bobin, Christian, Le Très-Bas, Paris : Gallimard, 1992, p. 11 :
" La Bible est un livre qui est fait de beaucoup de livres, et dans chacun d'eux beaucoup de phrases, et dans chacune de ces phrases beaucoup d'étoiles, d'oliviers, de fontaines, de petits ânes et de figuiers, de champs de blé et de poissons - et le vent, partout le vent, le mauve du vent du soir, le rose de la brise matinale, le noir des grandes tempêtes. Les livres d'aujourd'hui sont en papier. Les livres d'hier étaient en peau. La Bible est le seul livre d'air - un déluge d'encre et de vent. "

Les multiples représentations de Jésus Christ dans l'art - [Culture]

Même si certaines images priment sur d'autres, selon les époques, les artistes ne représentent pas Jésus, le Christ, de la même manière. Différents aspects théologiques s'expriment à travers les productions artistiques. Tantôt, Jésus est le roi victorieux, tantôt le serviteur souffrant, tantôt l'agneau de Dieu. La Bible permet ces interprétations qui se corrigent mutuellement.

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Asurmendi, Jesus (1945-...)

Théologien et professeur d'Ancien Testament à l'Institut catholique de Paris. Le texte retenu comme texte d'ouverture ici est extrait d'une présentation qu'Asurmendi a faite lors d'un colloque théologique sur la peine de mort intitulé " Les Eglises face à la peine de mort " (ACAT, décembre 2007)

Historico-critique

L'étude historico-critique de la Bible vise une approche rigoureuse des textes bibliques. Ainsi, elle met en oeuvre plusieurs méthodes scientifiques : la critique textuelle vise à l'établissement du texte original. La critique littéraire s'intéresse à la formation des textes et à leur origine. La critique des formes analyse les genres littéraires. La critique de la rédaction s'intéresse à la composition des textes et aux traditions (écrites ou orales) qu'ils transmettent

Inspiré

La notion d'" inspiration " fait référence à l'action du Esprit Saint auprès des auteurs des textes bibliques. L'auteur se comprend comme serviteur de paroles qui portent un message venant de Dieu, du Saint Esprit et non pas comme une simple marionnette à qui Dieu dicterait les textes. La conviction croyante qu'un texte est ainsi " inspiré " ne rend donc pas superflu son interprétation et son analyse historique et contextuelle

Antiquité

On appelle " antiquité " la période du monde occidental qui englobe à la fois l'Egypte des Pharaons, le monde grec et le monde romain jusqu'à la prise de Rome par les barbares au début du 5e siècle ap. JC. Plus précisément on parle de l'antiquité grecque et de l'antiquité romaine, comprenant le premier millénaire av. JC jusqu'au 5e siècle ap.JC.
Après l'Antiquité commence le Moyen-Age.

Aristote

Philosophe grec du 4e siècle av. JC. Il est l'élève de Platon et le précepteur d'Alexandre, fils de Philippe de Macédoine, le futur Alexandre le Grand. Sa philosophie qui critique celle de Platon a une influence immense sur la pensée occidentale et notamment sur la pensée chrétienne au 13e siècle. Dans ses travaux sur la cité et sur l'éthique, il établit les droits et les devoirs du citoyen envers l'ensemble de la cité (Ethique à Nicomaque). Mais il considère la réalité de l'esclavage comme une nécessité qui ne pose guère de questions

Communautariens

Courant philosophique contemporain aux Etats-Unis, qui insiste sur le lien étroit entre la nation et la communauté morale. Pour ses philosophes (ainsi Charles Taylor), la nation est par excellence une communauté morale qui permet de résoudre les conflits à partir de valeurs partagées. Ces philosophes ne sont pas hostiles aux idées de liberté, d'égalité et de fraternité, mais la communauté a pour eux une priorité de droit et de fait sur l'individu. Le risque est que l'intérêt de la communauté, notamment dans ses valeurs culturelles, prévale sur la liberté et le libre choix des individus

Exil

En 597 avant JC, les Babyloniens assiègent et prennent Jérusalem. Ils déportent à Babylone le roi et son entourage, et bon nombre de dignitaires. Dix ans plus tard, ils détruisent la ville et procèdent à une déportation plus massive des élites, prêtres, scribes et artisans. Israël connaît alors l'exil. Il durera cinquante ans, jusqu'en 538 avant JC.

C'est l'occasion d'une remise en cause profonde de la foi d'Israël. De grands prophètes comme Ezéchiel et Esaïe aident les exilés à se ressaisir, à méditer sur les causes de la catastrophe, à reprendre confiance et à reconstruire l'identité d'Israël sur le repentir et le retour à Dieu et sur la fidélité au Dieu unique qui a conclu avec son peuple une alliance perpétuelle.

En 538, après la prise de Babylone par les Perses, le roi perse Cyrus autorise par décret ceux des exilés qui le souhaitent à rentrer dans leur pays. Ce retour est vécu comme un nouvel exode, et plus encore comme une nouvelle création.

Levinas Emmanuel (1906-1995)

Philosophe juif contemporain, dont l'oeuvre a une influence majeure sur la réflexion morale de la fin du 20e siècle. Il refuse de penser la morale à partir de la transcendance de Dieu et fonde la responsabilité absolue de chaque homme sur la rencontre avec l'autre, et plus particulièrement avec le visage de l'autre.
Ses œuvres principales sont Totalité et Infini (1961), Difficile liberté (1962), Humanisme de l'autre homme (1972), Du Dieu qui vient à l'idée (1982)

Les Lumières

En Europe occidentale, et notamment en Allemagne, en Angleterre et en France, le 18e siècle a vu le développement et l'épanouissement de l'esprit critique et le triomphe de la raison, comme source d'un progrès de l'humanité à la fois dans l'ordre de la connaissance et dans celui de la morale. Des philosophes comme J.Locke, D.Hume en Angleterre, G.Lessing, E.Kant en Allemagne, ou en France P.Bayle, C. de Montesquieu et D.Diderot, ont marqué de façon décisive cet usage de la raison qui affirme la liberté de l'individu, récuse toute autorité absolue, qu'elle soit religieuse, politique ou morale, et qui prétend à une vérité universelle. L'usage de la raison critique permet aux philosophes de dénoncer toutes les pseudo-justifications religieuses ou culturelles de la domination des puissants sur les plus faibles : dénonciation de l'esclavage en Amérique, dénonciation des condamnations religieuses, dénonciation des inégalités sociales

Sénèque (4 avant JC - 65 après JC)

Né à Cordoue en Espagne en 4 av. JC meurt à Rome en 65 ap. JC.
Précepteur du futur empereur Néron, il devient l'un des premiers conseillers de l'empereur, il est nommé consul en 57, mais il tombe rapidement en disgrâce. Il participe à la conjuration de Pison contre Néron, il est condamné et meurt en s'ouvrant les veines sur l'ordre de Néron. Il fait partie de l'école philosophique des Stoïciens et s'intéresse surtout à la morale.

Sénèque laisse une œuvre littéraire importante : des tragédies, des dialogues, les Questions naturelles, et les Lettres à Lucilius, dans lesquelles il critique les mœurs de ses concitoyens, qu'il cherche à redresser.

Stoïciens, stoïcisme

Disciples d'une école philosophique créée par Zénon, ils considèrent que l'univers entièrement matériel est organisé de façon harmonieuse et animé par une âme subtile, la raison ou logos. Il s'agit donc pour l'homme de vivre en accord avec l'harmonie de l'univers.
Pour cela il lui faut éviter la souffrance en supprimant au maximum ses désirs.
La sagesse stoïcienne peut se résumer par l'adage : " Supporte et abstiens-toi ".

Cimade

Fondée en septembre 1939 pour faciliter l'installation des populations alsacienne et lorraine évacuées vers le Sud de la France à cause de l'entrée en guerre, la Cimade (Comité intermouvements auprès des évacués), en tant que service œcuménique d'entraide, est organisée en association à but non lucratif (loi 1901). La Cimade se consacre aujourd'hui à l'accueil des étrangers dans les permanences régionales, à la gestion d'établissements sanitaires et sociaux, à des actions de solidarité internationale, à des interventions en prison et en locaux de rétention administrative. Elle accompagne les étrangers dans la connaissance et la défense de leurs droits et tente d'intervenir pour influer sur la législation (campagnes d'information, prises de position relayées par les Eglises).
La CIMADE " a pour but de manifester une solidarité active avec ceux qui souffrent, qui sont opprimés et exploités et d'assurer leur défense, quelles que soient leur nationalité, leur origine, ou leur position politique ou religieuse. En particulier, elle a pour objet de combattre le racisme, veiller scrupuleusement au respect des droits et de la dignité des personnes, quelle que soit leur situation. La Cimade rassemble des personnes d'horizons nationaux, confessionnels, philosophiques et politiques divers, engagées dans ce service. "

Réseau Education sans Frontières

Le Réseau Education sans Frontières (RESF), créé en 2004, est un réseau composé de collectifs d'associations, de mouvements associatifs, de mouvements syndicaux et de personnes issues de la société civile. Il milite contre l'expulsion d'enfants scolarisés en France quand les parents de ces enfants risquent d'être expulsés du territoire français, en raison de leur situation irrégulière. Le Réseau, ayant pour but de permettre aux personnes scolarisées en France de rester sur le territoire si elles le souhaitent, demande donc non seulement la régularisation des jeunes étudiants et lycéens majeurs, mais également celle des parents d'enfants scolarisés en France (les jeunes mineurs étant donc déjà en situation régulière)

Code noir

En 1685, l'ordonnance royale de Louis XIV ou " Edit du Roi servant de règlement pour le gouvernement et l'administration de la justice et de la police des îles françaises de l'Amérique, et pour la discipline et le commerce des nègres et esclaves dans lesdits pays (1685) " reçoit dès son impression le nom de Code noir. Elle définit le statut juridique des esclaves. Elle leur reconnaît, fidèle en cela au droit canon, une âme. Mais, héritière du droit romain, elle les traite en " biens meubles " (dans les comptes de plantation, les esclaves sont le plus souvent rangés à l'article " cheptel "). Le Code noir est un recueil d'une soixantaine d'articles. Il est publié plusieurs fois, notamment au 18e siècle. Il rassemble toutes les dispositions réglant la vie des esclaves noirs dans les colonies françaises des Antilles, de Guyane, et de l'île Bourbon. Il sert de modèle à d'autres règlements utilisés dans d'autres colonies européennes. Dans le Sud des Etats-Unis, après la Guerre de Sécession (1861-1865), les propriétaires fonciers réussissent à faire adopter des codes noirs qui restreignent le droit de propriété des Noirs et leur liberté de mouvement

Ghetto

A l'origine le ghetto est le quartier juif de Venise. Puis ce terme désigne d'autres quartiers juifs de diverses villes d'Europe. Pendant la 2e guerre mondiale, les habitants du ghetto juif de Varsovie sont de plus en plus opprimés puis déportés. Dès lors le mot ghetto, quartier à forte concentration d'une minorité ethnique, culturelle ou religieuse, en vient à évoquer la promiscuité, la ségrégation, et un environnement urbain dégradé

Ségrégation

C'est le terme utilisé aux Etats-Unis (en Afrique du Sud on parle d'apartheid), pour désigner le fait que les Noirs et les Blancs vivent physiquement de manière séparée. En réalité, cette séparation accorde aux blancs un nombre important de privilèges et de droits auxquels les noirs n'ont pas accès

King, Martin Luther (1929-1968)

Pasteur baptiste noir américain né en 1929 à Atlanta. Il a lutté contre la discrimination raciale et pour les droits civiques des Noirs aux Etats-Unis. Ses méthodes non-violentes sont inspirées de sa lecture de l'Evangile et de l'expérience de Gandhi : boycott, manifestations, marches, sit-in, grèves, désobéissance civile. Les actions qu'il a conduites lui ont valu plusieurs séjours en prison, mais ont abouti à ce que la Cour Suprême des Etats-Unis déclare illégale la ségrégation pratiquée envers les noirs. Prix Nobel de la paix en 1964, il meurt assassiné en 1968

Gandhi (1869-1948)

Mohandas Karamchan Gandhi, dit Mahatma (ce qui veut dire " grande âme "), développe en Afrique du Sud (1893-1914) dans le combat pour les droits politiques des immigrants indiens sa méthode de la résistance non-violente. L'adversaire doit être amené à reconnaître ses méfaits et à engager un changement de son comportement. En politique, dans son combat pour l'indépendance de l'Inde, il proteste contre le monopole du textile et du sel des Britanniques, et s'engage à partir de 1934 pour les " intouchables ". En 1947, il s'efforce de conserver l'unité de l'Inde ; après son échec il intervient une dernière fois en politique pour calmer les combats sanglants entre hindous et musulmans. Il sera tué par un hindou fanatique.

ACAT

Une quarantaine de chrétiens fonde le 16 juin 1974 l'Action des chrétiens pour l'abolition de la torture (ACAT) à Versailles, en France.
A l'origine, deux femmes, Hélène Engel et Edith du Tertre, sensibilisées à la question de la torture à la suite d'une conférence d'un pasteur italien revenant du Sud-Vietnam, décident de s'engager dans la lutte contre la torture. Membres de l'Eglise réformée, elles choisissent de mobiliser particulièrement les chrétiens considérant que le message de l'Evangile est incompatible avec la torture. Elles réunissent autour d'elles quelques amis protestants, catholiques et quakers. Des orthodoxes les rejoindront. La vocation oecuménique de l'ACAT est née.
La mission de l'ACAT est strictement définie :

  • Combattre la torture
  • Abolir les exécutions capitales
  • Protéger les victimes

L'ACAT enracine son combat dans sa foi, en référence à l'Evangile, et dans la déclaration universelle des droits de l'Homme.
" Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ". Déclaration universelle des droits de l'homme, article 5
" Chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits qui sont mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait ". Evangile selon Matthieu 25,40.

Amnesty International

Amnesty International est un mouvement mondial composé de bénévoles qui œuvrent en faveur du respect des droits de l'être humain internationalement reconnus.
La vision d'Amnesty International est celle d'un monde où chacun peut se prévaloir de tous les droits énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l'homme et d'autres textes internationaux relatifs aux droits humains.
Afin de poursuivre cet idéal, Amnesty International mène de front sa mission de recherche et d'action dans le but de prévenir et d'empêcher les graves atteintes aux droits à l'intégrité physique et mentale, à la liberté de conscience et d'expression et à une protection contre toute discrimination.
Amnesty International est indépendante de tout gouvernement, de toute puissance économique, de toute tendance politique ou croyance religieuse.
Au dernier décompte, elle regroupait plus de 2,2 millions de membres et de sympathisants actifs dans plus de 150 pays et territoires.

Bayle, Pierre (1647-1706)

Ecrivain et érudit né au Carla (aujourd'hui Le Carla-Bayle, Ariège) en 1647, mort à Rotterdam en 1706. Formé à Genève, il est professeur d'histoire et de philosophie à l'Académie protestante de Sedan jusqu'en 1681, puis s'établit à Rotterdam où il enseigne la philosophie. En 1693, il est destitué de sa chaire. Bayle se consacre alors à l'écriture de son Dictionnaire historique et critique (1696-97) qui connaît 10 éditions avant 1760. Esprit libre et critique, il s'attaque à tout, en particulier au dogme et à l'autorité, et recherche les faits et l'authenticité

Cathares

Du grec katharos qui veut dire " pur ", il s'agit d'un mouvement religieux qui se considère comme chrétien. Il se développe en Lombardie et en Languedoc dans la deuxième moitié du 12e siècle. Les Cathares donnent une importance particulière à certains aspects du message évangélique comme la pureté. Ils vont élaborer une doctrine simple et exigeante, fondée sur l'opposition entre le Bien et le Mal. Le mouvement a pris la forme d'une véritable communauté religieuse avec des rites, des cérémonies, des livres sacrés, des ministres (les " bonshommes ", les parfaits), des membres et des sympathisants, des assemblées délibératives. Devant ce phénomène qui représente une menace, est créé à Toulouse en 1215 l'ordre des Dominicains ou Frères Prêcheurs, en vue de convertir les cathares. Mais le succès étant trop long à venir, la répression se met en place, organisée par la tristement célèbre Inquisition confiée aux Dominicains. La Croisade contre les Cathares, appelés aussi Albigeois du nom de la ville d'Albi où ils étaient nombreux, se déchaîne en 1208. La capitulation des Cathares du Languedoc se termine par le bûcher de Montségur (Ariège) en 1244

Edit de Nantes

Après presque 40 ans de guerres civiles entre catholiques et protestants, l'Edit de Nantes (1598) est un édit unique en Europe qui reconnaît aux protestants la liberté de conscience et, de manière limitée, la liberté de culte. Elle leur rend, par ailleurs, l'intégralité de leurs droits civiques. Même s'il fut peu à peu entièrement vidé de son contenu jusqu'à sa révocation par Louis XIV (1685), l'Edit de Nantes demeure un jalon pionnier de la longue histoire de la conquête des libertés publiques et individuelles

Hérétique/Hérésie

Vient d'un verbe grec (haireo) qui veut dire " choisir ". Dans le monde grec, il décrit un choix opéré dans le domaine scientifique, religieux ou politique. Par la suite, on désigne par " hérésie " un mode de penser ou de croire qui est différent de la doctrine officielle. Le reproche d'hérésie peut concerner des points de doctrine variés : la manière de comprendre l'Eglise, la conception de la figure du Christ, les critères pour accéder au salut, etc. Il est toutefois toujours nécessaire de considérer le contexte précis d'une " hérésie ". Car au moment où la doctrine officielle change, ce qui était déclaré " hérétique " peut devenir " orthodoxe ", c'est-à-dire considéré comme la " doctrine droite et juste ", et réciproquement. Le protestantisme a été ainsi traité d'hérésie par rapport à la doctrine officielle de l'Eglise catholique ce qui n'est plus le cas aujourd'hui. Souvent l'Eglise officielle a confondu sous ce même terme, pour les condamner, aussi bien des mouvements de réforme fidèles à l'Evangile (p.ex. les Vaudois) que des mouvements religieux qui s'en séparaient nettement sur différents points (p.ex. les Cathares)

Huguenot

Ce mot, qui est utilisé parfois pour désigner les protestants, a une étymologie controversée. Il apparaît à Genève en 1536 et vient vraisemblablement d'une déformation de l'allemand eidgenossen, les fédérés. Des Genevois voulaient en effet s'allier aux Bernois pour défendre le protestantisme. En France, le mot a pu s'amalgamer avec d'autres sobriquets, au point d'être employé péjorativement par les catholiques. Au 16e siècle, les protestants se l'approprient, et il prend alors une coloration politique (le " parti huguenot "). Après la Révocation de l'Edit de Nantes (1685) le terme désigne, jusqu'à aujourd'hui, les protestants qui trouvent asile dans les pays dits du Refuge (Allemagne, Angleterre, Pays-Bas...). En France, certains protestants sont attachés à ce mot pour exprimer leur fidélité au protestantisme historique

Hussites

On appelle hussite le mouvement qui se réclame de Jan HusVoir module Une nuée de témoins 1. Celui-ci naît vers 1370 à Husinec en Bohême méridionale dans une famille rurale pauvre. Doué pour les études et avide de promotion sociale, il se rend à Prague, où il étudie les lettres puis la théologie. En 1398, il obtient sa licence d'enseignement en théologie. Nommé professeur à l'Université, il entre en contact avec le mouvement de réforme et subit l'influence de Wyclif. En 1400, il est ordonné prêtre. Il s'illustre par une prédication évangélique et sociale, dénonçant les vices des laïcs et les profits du clergé. Dans des disputes universitaires, des prédications, des publications, il se lance dans la controverse contre les indulgences. En 1412, Hus s'exile en Bohême du sud où il développe une intense activité littéraire. En juillet 1415 il refuse d'abjurer devant le concile de Constance qui le condamne, le dégrade de ses titres sacerdotaux et le remet à l'autorité civile pour être exécuté sur le bûcher (6 juillet 1415)

Locke, John (1632-1704)

Philosophe anglais, auteur en particulier d'une Lettre sur la tolérance (1689) et d'un Traité sur le gouvernement civil (1690). En défenseur du libéralisme, il affirme que le pacte social n'annihile pas les droits naturels des individus.

Martyr

Le mot martyr, en grec martus, veut d'abord dire simplement " témoin ". Mais il a ensuite été associé à la persécution. En effet dès les premiers siècles, les chrétiens qui mourraient pour ne pas avoir renié leur foi étaient appelés martyrs car il s'agissait pour eux d'un témoignage de leur foi devant le pouvoir de l'empereur.

Romero (Mgr) (1917-1980)

Né au Salvador en 1917, Oscar Romero accède à la prêtrise en 1942, puis devient archevêque de San Salvador en 1977. Peu après sa nomination, son ami, le père Rutilio Grande, est assassiné par les " pelotons de la mort " chargés d'éliminer les opposants au régime. Plus que jamais conscient de la corruption du pouvoir en place, Mgr Romero refuse désormais d'apparaître dans les cérémonies publiques en présence de l'armée ou du gouvernement jusqu'à ce que la lumière soit faite sur le meurtre du père Grande et qu'un véritable changement social ait vu le jour. Plus que jamais, Mgr Romero considère l'Eglise comme moyen de défier l'oppresseur et de protéger les persécutés. " Une Eglise qui ne s'unit pas aux pauvres et, à partir d'eux, ne dénonce pas les injustices commises contre eux, déclare-t-il, n'est pas la véritable Eglise de Jésus-Christ ". Dès lors, chaque dimanche, dans sa cathédrale ainsi qu'à des stations de radio, il dénonce les exactions commises par la junte militaire au pouvoir, massacres, assassinats et autres atteintes aux droits de l'Homme.
Alors qu'il venait de lire la parabole du grain de blé qui doit mourir afin de porter ses fruits, Mgr Romero est assassiné le 24 mars 1980 en pleine messe, au moment de l'eucharistie. Une immense foule assista aux obsèques de l'archevêque martyr.

Pères de l'Eglise

On désigne ainsi les théologiens des premiers siècles jusqu'aux 7e/8e siècles. En patristique (recherche sur les textes des Pères de l'Eglise), on appelle " Pères Apostoliques " ceux qui succèdent directement aux apôtres. Pour les suivants, on distingue entre " Pères latins " et " Pères grecs " selon la langue dans laquelle ils rédigeaient leurs écrits

Refuge (Pays du)

Suite à la révocation de l'Edit de Nantes en 1685, les pays dits du Refuge (Allemagne, Angleterre, Pays-Bas...) accueillent les protestants fuyant alors la France et leur donnent asile

Thomas d'Aquin (1225 ou 1226-1274)

Philosophe et théologien. De naissance noble, il entre en 1230 à l'abbaye bénédictine du Mont-Cassin. Puis il fait ses études à Naples et entre en 1243 chez les dominicains malgré le désaccord de sa famille. Ses études et son enseignement vont l'amener à Paris, Cologne, Orvieto, Viterbe et Rome. Alors qu'à la suite des croisades, l'Occident retrouve les oeuvres perdues d'Aristote qu'avait conservées la civilisation arabe, Thomas d'Aquin va tenter de faire la synthèse de la philosophie d'Aristote et du christianisme. Il développe ainsi une synthèse globale entre foi et savoir, révélation et raison, théologie et philosophie. Son oeuvre culmine dans la Somme théologique, écrite entre 1266 et 1273 et non achevée. La canonisation de Thomas d'Aquin en 1323 et sa promotion comme " Docteur de l'Eglise " en 1567 ont garanti, du point de vue institutionnel, l'influence de sa doctrine

Vaudois

Aux 12e et 13e siècles, plusieurs mouvements réformateurs font leur apparition, avec pour idéal un retour aux pratiques et à la simplicité de l'Eglise primitive. L'un des plus importants de ces mouvements est celui des Pauvres de Lyon, appelés communément Vaudois, du nom de son inspirateur, Vaudès ou Valdès. L'usage a retenu la forme italienne de ce patronyme : ValdoVoir module Une nuée de témoins 1. Ce riche bourgeois de Lyon connaît la double vocation de pauvreté et de prédication. Il quitte son métier, sa famille, sa cité, regroupant à ses côtés un certain nombre de partisans pour mener avec eux la vie communautaire des premiers chrétiens. Méprisés par les uns comme des sortes de fous, injuriés comme prêchant l'Evangile sans autorisation, les Vaudois progressent quand même et se dispersent dans les régions les plus diverses : Dauphiné, Languedoc, Provence, Italie du Nord, Lorraine, Allemagne, jusqu'en Bohême où serait mort Valdo. Interdite par l'archevêque de Lyon, condamnée par le concile du Latran, l'œuvre de Valdo se poursuit malgré de nombreuses persécutions. Les Vaudois choisissent en 1532 d'adhérer à la Réforme. Une Eglise vaudoise s'est constituée en Italie et dans le Rio de la Plata (Argentine et Uruguay).

Droit naturel

Le " droit naturel ", notion controversée, est un droit fondé non pas sur le contrat social et sur une loi historique, mais sur l'idée d'un droit " inhérent à la nature humaine ". La notion de " nature " apparaît ici comme absolue et normative et se réfère à une " loi du cosmos ", une " loi éternelle " ou encore une " loi des dieux "