Module L'oeuvre théologique de l'apôtre Paul



La vocation de Paul



Epître aux Galates, chapitre 1, versets 1 et 11-17

 1 

Paul, apôtre non de la part des hommes, ni par un homme, mais par Jésus Christ et Dieu le Père qui l'a ressuscité d'entre les morts,

(...)

 

 11 

Car, je vous le déclare, frères: cet Évangile que je vous ai annoncé n'est pas de l'homme;

 12 

et d'ailleurs, ce n'est pas par un homme qu'il m'a été transmis ni enseigné, mais par une révélation de Jésus Christ.

 13 

Car vous avez entendu parler de mon comportement naguère dans le judaïsme avec quelle frénésie je persécutais l'Église de Dieu et je cherchais à la détruire;

 14 

je faisais des progrès dans le judaïsme, surpassant la plupart de ceux de mon âge et de ma race par mon zèle débordant pour les traditions de mes pères.

 15 

Mais, lorsque celui qui m'a mis à part depuis le sein de ma mère et m'a appelé par sa grâce a jugé bon

 16 

de révéler en moi son Fils afin que je l'annonce parmi les païens aussitôt loin de recourir à aucun conseil humain

 17 

ou de monter à Jérusalem auprès de ceux qui étaient apôtres avant moi, je suis parti pour l'Arabie, puis je suis revenu à Damas.


 

  • Cette « auto-présentation » de Paul vous permet-elle de vous faire une idée du personnage ?
  • Connaissez-vous d’autres récits similaires à celui-ci, dans la Bible ou dans la littérature profane ?

Cliquez sur les termes soulignés : les notices s’affichent en dessous de ce texte

Epître aux Galates, chapitre 1, versets 1 et 11-17

 1 

Paul, apôtre non de la part des hommes, ni par un homme, mais par Jésus Christ et Dieu le Père qui l'a ressuscité d'entre les morts,

(...)

 

 11 

Car, je vous le déclare, frères: cet Évangile que je vous ai annoncé n'est pas de l'homme;

 12 

et d'ailleurs, ce n'est pas par un homme qu'il m'a été transmis ni enseigné, mais par une révélation de Jésus Christ.

 13 

Car vous avez entendu parler de mon comportement naguère dans le judaïsme avec quelle frénésie je persécutais l'Église de Dieu et je cherchais à la détruire;

 14 

je faisais des progrès dans le judaïsme, surpassant la plupart de ceux de mon âge et de ma race par mon zèle débordant pour les traditions de mes pères.

 15 

Mais, lorsque celui qui m'a mis à part depuis le sein de ma mère et m'a appelé par sa grâce a jugé bon

 16 

de révéler en moi son Fils afin que je l'annonce parmi les païens aussitôt loin de recourir à aucun conseil humain

 17 

ou de monter à Jérusalem auprès de ceux qui étaient apôtres avant moi, je suis parti pour l'Arabie, puis je suis revenu à Damas.


Après étude du texte, nous vous proposons une série de questions qui vous permettront d'actualiser le texte, et de faire de ce récit le vôtre
(nb : les visuels associés aux questions sont uniquement présents pour vous inspirer, mais ne constituent pas un élément de réponse)

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  • AUJ 1


    Dans ce début de lettre, Paul essaie de répondre à la question à laquelle tout croyant est confronté : comment affirmer sa foi alors que rien de ce qui est proclamé ne peut être prouvé ?

  • AUJ-2.jpg


    Que pensez-vous pouvoir retenir pour aujourd'hui de l'argumentation de Paul ? Pourquoi ?



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Soyez acteur de votre lecture


 

  1. Quelles « identités » Paul décline-t-il dans son récit de vie ?
  2. Qu’est-ce que Paul nomme « Évangile » ? Qu’est-ce que ce mot recouvre pour lui ?
  3. Comment pourriez-vous qualifier l’expérience vécue par Paul, telle qu’il la rapporte ici ?
  4. A votre avis, pourquoi Paul insiste-t-il sur cet événement de sa vie ?
  5. Que veut dire le mot « révélation » ?

Un peu de culture...

La conversion de Paul

culture-1

Dans le livre La conversion de Paul, Philippe Morel choisit de commenter le tableau de Parmigianino (le Parmesan) "conversion de saint Paul", conservé au Kunsthistorisches Museum de Vienne. Ce tableau ne présente comme figures que Paul et un cheval blanc. Pour Philippe Morel, ce tableau illustre le passage étudié de Galates 1, ou l’extase de 2Corinthiens 12,1-7, plus que le récit des Actes qui fait intervenir d’autres personnages.

« Il est évident que Parmesan (…) a écarté toute forme de mise en scène dramatique, au profit d’une contemplation extatique et (…) d’une interprétation essentiellement mystique et allégorique largement détachée des récits des Actes où les compagnons sont les témoins d’un miracle auquel ils participent de façon variable selon les textes et leurs interprétations postérieures. Ici encore on comprend que Parmesan s’est plutôt inspiré des épîtres pauliniennes et qu’il en a notamment dégagé l’idée de solitude et d’exception, Paul étant celui qui se dit « mis à part » et qui va d’abord s’isoler en Arabie. » Morel, Philippe, in: Kéchichian, Patrick; Breton,Stanislas; Morel, Philippe, La conversion de Paul, Paris:Desclée de Brouwer, 2001, p 95.


Les tableaux du 16e siècle sur la conversion de Paul

culture 3

 

Daniel Arasse met en relation les tableaux de conversion de Paul avec la Contre-Réforme au 16e siècle« Le maniérisme est une période fascinante, en tout cas pour moi, en particulier du fait qu’elle croit profondément à la puissance de l’art. L’art y est une véritable puissance, il peut apporter des réponses aux inquiétudes ou aux questions que pose le monde. Un des beaux exemples aussi, c’est le thème de la conversion de saint Paul, qui prend une actualité extraordinaire au XVIème siècle. Il y a énormément de Conversions de saint Paul représentées à cette époque, et ce n’est pas sans raison. Saint Paul est à la fois un nom de pape -il y a deux papes du nom de Paul au XVIème siècle, Paul III et Paul IV, au total il y en a eu six dont deux en un seul siècle- et, il est en même temps le disciple favori de Luther, qui choisit Paul par rapport à Pierre. Donc, la Conversion de saint Paul est évidemment un message envoyé à Luther : Luther-Paul doit se convertir. Ce qui est intéressant c’est de voir que cette conversion est traitée de façon assez simple au départ, selon la lettre du texte –saint Paul s’en va à pied vers Damas et tombe aveuglé, etc.-, et progressivement, avec le XVIème siècle, ça devient une bataille immense, un chaos cosmique. La foule de soldats augmente et on a l’impression que c’est au cœur d’une bataille que viendra la conversion de Paul-Luther. » Arasse, Daniel, Histoires de peintures, Paris: France Culture /Denoël, 2004, p.132.


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Paul, apôtre - [Clés de lecture]

CL 1

 

Pour connaître Paul, sa pensée et sa théologie, nous ne disposons que des écrits du Nouveau Testament qui le concernent : ses lettres et le livre des Actes des Apôtres. Il n’existe aucune autre littérature contemporaine parlant de sa vie ou de son action aux débuts du christianisme. Toutefois, les lettres de Paul sont les écrits les plus anciens du Nouveau Testament, attribuables sans discussion à un auteur précis, ce qui en fait des témoins inégalés quand on s’intéresse à Paul. Luc, l’auteur des Actes, livre une biographie de l’apôtre Paul, qui a une visée théologique plus qu’historique. C’est à partir de ce récit, rédigé après la mort de Paul, et de quelques indications dans ses lettres que l’on peut reconstituer ses voyages de mission, ses rencontres, les fondations des différentes communautés, au fur et à mesure de sa progression géographique. La tradition populaire et iconographique qui retrace la vie de Paul s’inspire largement des récits des Actes des Apôtres. Pour une présentation de thèmes théologiques pauliniens, la source des lettres sera privilégiée.

 

Cet Evangile que je vous ai annoncé - [Clés de lecture]

CL 2

Le mot « évangile » est la transcription en français du terme grec « euangelion » qui signifie « bonne nouvelle ». Ce mot est d’abord un nom commun utilisé pour annoncer la victoire par exemple. Dans ses lettres Paul forge le sens théologique de ce nom commun, à savoir « la bonne nouvelle de la Seigneurie de Jésus Christ, ressuscité des morts ». Il utilise généralement ce terme pour désigner le message et son contenu, à savoir la personne même de Jésus Christ, mais aussi la proclamation de cette bonne nouvelle. Pour Paul, contrairement à un enseignement ordinaire, l’Evangile ne tient pas sa force de la qualité de l’enseignant ou de l’orateur, mais bien de ce qui est proclamé. Dans l’annonce de l’Evangile, la puissance de Dieu est à l’œuvre. Paul se considère comme un simple instrument au service de l’Evangile. Le mot évangile désignera ensuite la présentation qui en sera faite sous forme de récits par les 4 évangélistes, comme l’indique le début de l’évangile selon Marc : « Commencement de l’Evangile de Jésus Christ » (Marc 1,1)

Une révélation de Jésus Christ - [Clés de lecture]

CL 3

 

Pour parler de l’origine de sa conviction chrétienne Paul parle de révélation. Il reste très discret sur ce que la tradition va appeler sa « conversion ». Sans jamais employer ce terme, il insiste toujours sur la soudaineté et l’extériorité de cette expérience. L’Evangile de Jésus Christ ne s’est pas imposé à lui après une réflexion mûrie mais comme une évidence fulgurante venue de l’extérieur. Ainsi, il peut dire ne pas l’avoir reçu ni appris des hommes, mais directement de Jésus Christ, objet et contenu de cette révélation.Pour justifier son autorité dans l’annonce de l’Evangile, Paul ne s’appuie pas sur ses propres capacités et connaissances, mais sur une expérience existentielle inexprimable. Ainsi l’Evangile qu’il annonce n’est pas la répétition d’une tradition humaine, mais ce n’est pas non plus la transcription de paroles tombées du ciel.

Un retournement - [Clés de lecture]

CL 4

 

L’origine de la vocation de Paul est rapportée par Luc dans le livre des Actes sous la forme d’un récit, bien connu de la tradition sous l’appellation de « conversion sur le chemin de Damas ». Le mot de conversion n’apparaît ni dans le récit de Luc, ni sous la plume de Paul pour parler de son expérience. Pourtant, comme dans une conversion, il y a bien un avant et un après la révélation. Paul se décrit comme un juif zélé. Il a été élevé dans la tradition de ses pères. Il a étudié les Ecritures, appris la Loi et les commentaires des maîtres, ce qui permet de le qualifier de pharisien. Paul fait ressortir un double contraste : sa longue éducation dans le judaïsme s’oppose à la révélation foudroyante de Jésus Christ, et sa pratique d’un judaïsme exclusif s’oppose à sa vocation d’apôtre auprès de toutes les nations. Ce retournement s’illustre parfaitement dans la figure du persécuteur qui devient un serviteur de celui qu’il persécutait. En affirmant que sa pratique parfaite du judaïsme l’a conduit à persécuter l’Eglise, Paul souligne l’incompatibilité entre les traditions juives et la foi en Jésus Christ. Paul, en bon pharisien, ne pouvait croire en un Messie, un envoyé de Dieu, mort sur la croix. Loin de cacher ou minimiser ces faits peu glorieux, il insiste sur son engagement dans le combat contre la foi qui va se retourner en engagement dans le combat pour la foi. Le fondement de la théologie de Paul se trouve dans cet instant où il découvre un autre visage de Dieu, ce qui transforme complètement son existence.

Une vocation - [Clés de lecture]

CL5

 

Paul décrit ici un peu plus précisément l’expérience intérieure qui marque pour lui un nouveau départ. Pour lui, cette expérience est inscrite dans un projet divin qui remonte avant même sa naissance. Paul a été « mis à part dès le sein de sa mère » pour annoncer la Bonne Nouvelle aux païens. Cette expression fait écho à la vocation du prophète Jérémie, connu et consacré dès le sein de sa mère (Jérémie 1,5), et aussi au prophète Esaïe, mis à part dès le sein de sa mère pour aller porter la parole aux nations (Esaïe 49,1). Paul inscrit la nouveauté de la révélation de Jésus Christ dans la continuité de cette tradition prophétique. Il insiste sur l’absence complète de ses propres mérites dans cette vocation, qui est une pure grâce de Dieu. Il a été choisi par Dieu et il n’est pas libre de refuser. Cette non-liberté devient paradoxalement pour Paul une nouvelle liberté : il n’a plus besoin de compter sur ses propres forces

La révélation du Fils - [Clés de lecture]

CL6

Paul bénéficie d’un véritable dévoilement, sens littéral du mot grec apokalupsis, qui lui fait percevoir le lien unique qui unit le Dieu d’Israël, le Dieu objet de son zèle, avec ce Jésus crucifié. Paul le reconnaît maintenant comme le Fils. « Etre pendu au bois » était une malédiction, selon la loi dans laquelle Paul se perfectionnait (Galates 3,10, Deutéronome 21,23). Il lui était impossible de confondre le Messie, la grandeur divine, avec cet homme mort misérablement. Dans cet acte de Dieu qui ressuscite le crucifié, le révélant comme son Fils, Paul découvre l’échec de la loi qui a conduit à mettre à mort pour blasphème l’envoyé de Dieu. Seule l’intervention de Dieu, de pure grâce, lui permet de comprendre ce qu’il ira jusqu’à appeler « folie ». La révélation de Jésus Christ détruit l’image de Dieu que se faisait Paul. Le Dieu puissant, exigeant et lointain se révèle fragile, solidaire et proche.

La mission auprès des païens - [Clés de lecture]

CL7

Paul lie très étroitement la révélation qui lui fait découvrir la vérité de l’Evangile et la mission qui en découle : annoncer la Bonne Nouvelle aux païens. « Aussitôt » écrit Paul : il y a simultanéité entre la révélation et l’envoi en mission par Dieu et Paul part en « Arabie » (dans le sud de la Transjordanie), c'est-à-dire vers les païens. Paul interprète l’événement de la révélation comme un don reçu en vue des autres, en vue de l’annonce du Christ crucifié. Et cette annonce est destinée à tous, et donc aussi aux païens. En effet, Paul a fait l’expérience que son identité dépend de la personne du Christ, lui est donnée de l’extérieur. Peu importent désormais ses origines juives. C’est pourquoi Paul envisage sa mission de manière universaliste : tous les « marqueurs » d’identité particulière qui fonctionnent dans la société du premier siècle deviennent tout d’un coup caducs au regard du Christ venu pour tous. Paul se fera le défenseur d’un Evangile qui n’est pas réservé à telle ou telle tradition religieuse, à l’homme ou la femme, à l’esclave ou l’homme libre (Galates 3,28)

L’indépendance de Paul - [Clés de lecture]

CL8

Paul reconnaît la prééminence des apôtres à Jérusalem. Mais son expérience, sa rencontre avec le Christ lui suffit pour être lui aussi apôtre et partir proclamer l’Evangile sans attendre. Paul se place directement sous l’autorité de Dieu, sans passer par l’autorisation des premiers apôtres à Jérusalem, compagnons de Jésus et témoins de la résurrection. Dans la suite de sa lettre, il fait état de sa venue à Jérusalem mais là encore, il insiste sur le fait qu’il n’a rencontré que Céphas (Pierre) et Jacques, le frère du Seigneur. Son séjour a été bref puisque « les Eglises du Christ en Judée » ne le connaissaient pas. Paul ne veut pas que l’on puisse croire que sa mission en Syrie et Cilicie soit initiée par une décision des apôtres de Jérusalem, ni qu’il ait reçu l’Evangile de quelqu’un d’autre que le Christ lui-même. C’est de Dieu que tout est parti. Paul le prend à témoin pour confirmer la vérité de ce qu’il écrit. La question de l’autorité se pose continuellement dans les lettres de Paul, son autorité sur les communautés et son autorité parmi les apôtres. Comment affirmer détenir la vérité alors qu’il s’appuie sur une intime conviction et qu’il ne peut rien prouver ?

Eléments biographiques sur Paul - [Contexte]

CX 1

Seuls quelques éléments d’autobiographie dans les lettres de Paul permettent de reconstituer sa vie. Les données postérieures à sa mort s’attachent surtout à décrire la vie d’un saint martyr. Il est né entre 6 et 10 après JC à Tarse en Cilicie (actuellement Tarsus çay en Turquie) dans la diaspora juive. Citoyens romains, ses parents faisaient partie de la petite élite de cette ville, élite qui bénéficiait de droits et de privilèges accordés par l’administration romaine. Il a reçu une éducation auprès des maîtres pharisiens, peut-être à Jérusalem auprès de Gamaliel. L’étude de ses lettres montre qu’il possède aussi l’art de l’argumentation : la rhétorique gréco-romaine. Il a donc reçu une éducation dans une école philosophique grecque. Sa conversion se situe entre 32 et 34 après JC et, jusqu’à sa mort à Rome, sans doute entre 64 et 66, il parcourt le monde méditerranéen pour annoncer l’Evangile.

Les lettres de Paul - [Contexte]

CX 2

 

Sur les 27 livres qui composent le Nouveau Testament, 13 sont des lettres - ou épîtres - qui se présentent comme écrites par l’apôtre Paul. Dans le Nouveau Testament, elles sont classées par ordre décroissant de taille, et non par date de rédaction. Il est donc nécessaire de tenter d’en reconstituer la chronologie. Aujourd’hui les exégètes s’accordent pour reconnaître que seules 7 lettres ont été écrites par l’apôtre lui-même : 1 Thessaloniciens, 1 et 2 Corinthiens, Galates, Philippiens, Romains et Philémon, placées ici dans l’ordre chronologique probable de leur rédaction. La théologie de Paul doit être étudiée prioritairement à partir d’elles. Les lettres aux Éphésiens et aux Colossiens, la seconde aux Thessaloniciens et les lettres dites Pastorales (1 et 2 Timothée et Tite) sont attribuées à une tradition paulinienne. Elles sont les témoins de la première réception de la pensée de Paul et de l’évolution de la tradition paulinienne.

Une chronologie des lettres de Paul - [Contexte]

CX 3

 

Il est impossible de dater précisément les lettres de Paul. On peut tenter d’en reconstituer une chronologie en les situant par rapport aux événements de la vie de Paul. Pour cela on fait des recoupements à partir des éléments biographiques que l’on trouve dans ses lettres et éventuellement dans le livre des Actes des Apôtres. Il y a donc des divergences dans les tentatives de reconstitution d’une chronologie paulinienne qui relèvent plutôt du débat théologique que de questions historiques. Il y a accord pour reconnaître que la première épître aux Thessaloniciens est la plus ancienne, datée entre 50 et 52, compte tenu de la théologie qui s’y exprime. Cette question de la datation sera abordée dans le déroulement du module.

Les apôtres dans le Nouveau Testament - [Contexte]

CX 4

Dans les lettres dont il est le seul signataire, Paul se présente toujours comme « apôtre ». En grec, ce nom commun signifie « messager ». Paul l’utilise pour désigner des prédicateurs itinérants ou des messagers de la communauté (1Corinthiens 9,5 ; Romains 16,7), ou plus spécifiquement pour qualifier les missionnaires « envoyés par le Christ » (1 Thessaloniciens 2,7). Comme dans le texte proposé, en plusieurs autres endroits, Paul réserve le terme d’apôtre à ceux qui ont vu le Ressuscité. Seule son expérience personnelle de rencontre avec le Christ l’autorise à se désigner comme « apôtre ».

Cette conception paulinienne de l’apôtre va s’imposer au tout début du christianisme. Ainsi dans l’évangile de Luc les douze sont appelés « apôtres » par Jésus (Luc 6,13). Leur fonction d’envoyés, de missionnaires, devient leur titre. Dans le livre des Actes des Apôtres, cette fonction s’estompe pour laisser place à une fonction de garantie de continuité dans l’histoire de l’expansion du christianisme.

Les titres de Jésus - [Contexte]

cx 5

Quand Paul parle de Jésus, il associe toujours un titre à son nom : Christ ou Seigneur, sauf exceptionnellement quand il parle du Jésus terrestre (par exemple 1 Thessaloniciens 4,14). « Christ », est la traduction en grec de Messie. Paul utilise aussi très souvent « Christ » tout seul pour désigner Jésus Christ, transformant ce titre en nom propre.

Le titre « Seigneur » est associé soit à Jésus, Jésus Christ ou employé seul. Ce titre est sans doute celui qui est le moins évocateur aujourd’hui. Il s’agit de la traduction des mots hébreu et grec signifiant « maître » et qui désignent une personne ayant du pouvoir sur d’autres, comme le seigneur dans le régime féodal. Mais dans la Bible ce titre revêt un sens particulier puisqu’il désigne Dieu. En hébreu, le nom de Dieu révélé à Moïse, le tétragramme YHWH, ne se prononce pas. A la place, on dit adonaï c'est-à-dire Seigneur. La traduction grecque de la Bible hébraïque a traduit le tétragramme par kurios, en français : Seigneur. Dire que Jésus est le Seigneur, c’est reconnaître que Dieu lui-même est présent en lui. Paul utilise aussi l’expression Fils de Dieu, qui marque le lien de Jésus avec Dieu, son Père.

Des paroles inexprimables - [Contexte]

cx 6

Dans d’autres lettres Paul décrit avec plus de détail ce qu’il appelle « révélation ». Dans la 1ère lettre aux Corinthiens, il parle de « vision », disant simplement « avoir vu Jésus notre Seigneur » sans faire état de paroles qu’il aurait entendues lors de cet événement décisif de rencontre avec le Christ :

1Corinthiens 9,1 « N'ai-je pas vu Jésus, notre Seigneur? ».Dans la 2ème lettre aux Corinthiens, il fait part d’une expérience extatique accompagnée de paroles :
2Corinthiens 12,1-7 J'en viendrai aux visions et révélations du Seigneur. Je connais un homme en Christ qui, voici quatorze ans - était-ce dans son corps? je ne sais, était-ce hors de son corps? je ne sais, Dieu le sait - cet homme-là fut enlevé jusqu'au troisième ciel. Et je sais que cet homme - était-ce dans son corps? était-ce sans son corps? je ne sais, Dieu le sait, cet homme fut enlevé jusqu'au paradis et entendit des paroles inexprimables qu'il n'est pas permis à l'homme de redire.Ce genre d’expérience est semblable à celles décrites dans les livres des prophètes, Ezéchiel par exemple, à une différence près : les paroles entendues par Paul sont « inexprimables » alors que la vocation du prophète consiste précisément à rapporter les paroles entendues. De même dans le livre de l’Apocalypse (mot qui signifie « révélation »), Jean doit écrire dans un livre, transcrire, tout ce qu’il voit et entend dans ses visions :
Apocalypse 1,17-19 A sa vue, je tombai comme mort à ses pieds, mais il posa sur moi sa droite et dit: Ne crains pas, Je suis le Premier et le Dernier, et le Vivant; je fus mort, et voici, je suis vivant pour les siècles des siècles, et je tiens les clés de la mort et de l'Hadès. Ecris donc ce que tu as vu, ce qui est et ce qui doit arriver ensuite.

La vocation de Paul dans les Actes des Apôtres - [Contexte]

cx 7

 

Luc rapporte la vocation de Paul dans un récit au chapitre 9 du livre des Actes des Apôtres. Il donne un cadre géographique précis à cet événement : sur la route de Damas. Il indique le motif du voyage de Paul : pourchasser les chrétiens sous l’autorité du Grand Prêtre. Luc dessine le portrait de Paul comme il se définit lui-même dans sa lettre aux Galates, mais en forçant le trait, ce qui permet de mieux faire ressortir la radicalité du changement. L’événement de la révélation est décrit comme une théophanie et reprend des éléments traditionnels des récits de vocation. Il y a une lumière aveuglante, une chute et une voix qui parle. Seul Paul vit cet événement. Les témoins ne peuvent qu’en constater les traces : un homme à terre qui se relève aveugle, qu’il faut guider jusqu’à Damas, où il reste trois jours sans manger ni boire. Là où Paul parle d’une décision qui suit immédiatement la révélation, Luc introduit un temps symbolique de mort et un intermédiaire, Ananias. Ce dispositif rappelle deux autres récits de conversion que Luc raconte dans le même livre des Actes. L’apparition d’Ananias ne contredit pas complètement le récit de Paul qui insiste sur le fait qu’il n’est pas allé chercher l’autorisation des apôtres à Jérusalem. En effet, Ananias est un simple disciple. Il reçoit lui aussi une révélation de Jésus qui lui permet de croire que Paul s’est converti et n’est plus un persécuteur de l’Eglise. « Un instrument que j’ai choisi », ces paroles mises dans la bouche de Jésus par Luc font écho à ce que Paul affirme dans la lettre aux Galates : ce n’est pas une décision de l’être humain qui est à l’origine de l’événement, mais bien un choix de Dieu. Si la raison du choix reste dans l’ombre, Luc établit clairement un lien entre la conversion de Paul et sa mission. Pour que le persécuteur des Eglises devienne un apôtre annonçant lui-même le Christ avec fougue, Luc a besoin d’un événement hors du commun pour faire comprendre le changement. Dans le cadre du livre des Actes, la conversion de Paul n’a pas son but en elle-même. On pourrait presque dire qu’il « faut » cette conversion éclatante pour que l’Evangile sorte de son cadre judéo-chrétien.

Les voyages de Paul - [Espace temps]

ET carte 3bis

Jusque dans les années 1950, la chronologie des activités de Paul était tirée du livre des Actes des Apôtres. Mais Luc, l’auteur de ce livre, n’écrit pas les Actes dans l’intention de rédiger des chroniques. Il construit un récit pour livrer son projet théologique, et ne décrit pas forcément les déplacements de Paul dans leur ordre chronologique. En partant d’indications historiques dans les lettres de Paul et en recoupant avec les Actes des Apôtres, les chercheurs proposent une chronologie qui fait consensus. En voici les grandes lignes.

On peut situer la conversion de Paul dans les années 32-34. Le commencement de son activité tel qu’il est décrit dans le texte proposé se passe dans les années 34-35. Deux événements peuvent ensuite être datés un peu précisément : l’assemblée de Jérusalem (Galates 2,1-10 et Actes 15) en 48-49 et l’incident d’Antioche (Galates 2,11-20) en 49. Entre temps, Paul réside à Antioche de 36-37 à 49, en faisant un premier voyage missionnaire avec Barnabas (Actes 13-14). De 49 à 50, Paul effectue un deuxième voyage missionnaire en toute autonomie, en passant par la Galatie, Philippes et Thessalonique, où il fonde des communautés. Il séjourne à Corinthe entre 50 et 52. Entre 53 et 56, il effectue son troisième voyage missionnaire à Ephèse et en Asie. Sa prédication suscite une forte opposition et il est mis en danger et même emprisonné, sans que l’on puisse déterminer exactement où et quand. Il retourne en Macédoine et à Corinthe, et de là se rend à Jérusalem en 57 ou 58. Il est arrêté, gardé captif à Césarée puis transféré à Rome. Ses lettres sont rédigées entre 50 et 56.

La place de Paul dans le christianisme naissant - [Espace temps]

Le nombre de lettres attribuées à Paul présentes dans le Nouveau Testament souligne l’importance du personnage et de son œuvre dans le christianisme naissant et au-delà. L’auteur de la seconde épître de Pierre se réfère à Paul quand il parle de la patience du Seigneur (2 Pierre 3,15-16). Dans l’épître de Jacques, les débats autour de la théologie de Paul, particulièrement sur la place de la loi par rapport à la foi, sont très clairement illustrés dans un passage comme Jacques 2,14-26.

Le courant des Pharisiens - [Espace temps]

Les Pharisiens représentent un courant important du judaïsme au premier siècle. Ce courant se caractérise par le souci d’observer la loi de Dieu, telle qu’elle est contenue dans les Ecritures, à savoir la Loi ( le Pentateuque) et les Prophètes. La Loi, ou enseignement suivant le sens du mot hébreu torah, a toujours été étudiée et commentée dans le judaïsme. Les Pharisiens recueillent les dires et les commentaires des maîtres (rabbins). Cet ensemble représente la tradition orale qui permet de vivre conformément à la Loi en tenant compte des circonstances présentes. Ce courant est assez novateur, les maîtres qui interprètent la Loi étant issus du peuple. Ils exercent un métier .et sont donc indépendants, non rémunérés pour ce travail de rabbins.La Loi (torah) va être définitivement fixée après la chute du temple en 70, au moment où le Nouveau Testament commence lui aussi à être écrit. Le courant pharisien devient alors prédominant et se donnera pour fonction de garder la tradition orale. Paul donne à ce courant pharisien le nom de « judaïsme » terme rare dans le Nouveau Testament.

Les divers courants du judaïsme au premier siècle - [Espace temps]

 

Au premier siècle, le judaïsme n’est plus unifié. La Judée est sous domination romaine et même si le Temple demeure le lieu d’unité du peuple, le sacerdoce et le règne des Hérode sont discrédités aux yeux de la société qui cherche ses références ailleurs. La synagogue devient le lieu central de la pratique, dans la Judée et la diaspora : Prière, étude des Ecritures et office du sabbat s’y déroulent. Le courant pharisien y est dominant. Les sadducéens sont plus conservateurs. Ils restent attachés à la centralité du Temple et à la lettre de la Loi écrite et ils ne survivront pas à la destruction du Temple.Les esséniens, secte juive établie au bord de la mer Morte et anéantie en 68, sont maintenant mieux connus depuis la découverte de la bibliothèque de Qumran. Cette communauté avait rompu avec tous les autres courants, se considérant comme le « vrai Israël » et vivait à part dans l’attente de la fin des temps, en respectant des règles de pureté très strictes.A côté de ces principaux courants, se trouvent des courants moins structurés autour de guérisseurs ou de prédicateurs comme Jean Baptiste, ou des courants messianiques qui se déclinent soit en initiatives révolutionnaires soit en espérance pieuse.

Paul et la persécution de l’Eglise - [Espace temps]

 

Quand Paul parle des persécutions qu’il a menées contre l’Eglise, il écrit plus de 25 ans après les faits. Il fait donc un anachronisme en parlant d’« Eglise », ce terme n’apparaissant que plus tard, et sous sa plume, quand ce qui n’était qu’un mouvement dans le judaïsme va devenir le christianisme. Dans les années 30, Paul n’a pu rencontrer qu’un mouvement d’adeptes de Jésus, composé de juifs fréquentant les synagogues. Il s’est heurté à eux, sans doute avec violence, parce qu’ils remettaient en cause l’observance de la Loi, et donc le judaïsme dans son particularisme. Mais il exagère sans doute les persécutions qu’il a pu mener contre l’Eglise naissante. En effet, quelques versets plus loin, il reconnaît que les Eglises de Judée ne le connaissaient pas, ce qui semble improbable s’il avait mené des persécutions contre les chrétiens. Par persécution, il faut donc comprendre la volonté de Paul d’empêcher la prédication de l’Evangile, ce Jésus de Nazareth, mort sur la croix, ne pouvant être le Messie, le Christ, pour le juif zélé qu’il était.

L'Asie mineure au premier siècle - [Espace temps]

ET 1bis

Le début des activités de Paul - [Textes bibliques]

Le texte proposé à la lecture se poursuit en décrivant les premiers voyages de Paul :

Galates 1,18-24 Ensuite, trois ans après, je suis monté à Jérusalem pour faire la connaissance de Céphas et je suis resté quinze jours auprès de lui, sans voir cependant aucun autre apôtre, mais seulement Jacques, le frère du Seigneur. Ce que je vous écris, je le dis devant Dieu, ce n'est pas un mensonge. Ensuite, je me suis rendu dans les régions de Syrie et de Cilicie. Mais mon visage était inconnu aux Églises du Christ en Judée; simplement, elles avaient entendu dire: «celui qui nous persécutait naguère annonce maintenant la foi qu'il détruisait alors», et elles glorifiaient Dieu à mon sujet.

Salutations et signature - [Textes bibliques]

Les formules de salutation placées au début des lettres de Paul comportent à la fois sa signature et le nom des destinataires. Voici des exemples où il se présente comme « apôtre »:

1 Corinthiens 1,1 Paul, appelé à être apôtre du Christ Jésus par la volonté de Dieu,
2 Corinthiens 1,1 Paul, apôtre du Christ Jésus par la volonté de Dieu,
Galates 1,1 Paul, apôtre, non de la part des hommes, ni par un homme, mais par Jésus Christ et Dieu le Père qui l'a ressuscité d'entre les morts,
Romains 1,1 Paul, serviteur de Jésus Christ, appelé à être apôtre, mis à part pour annoncer l'Évangile de Dieu.

Témoins de la résurrection - [Textes bibliques]

Dans ce passage de la 1ère lettre aux Corinthiens, le terme d’ « apôtres » désigne les témoins de la résurrection et non plus ceux qui sont envoyés :

1Corinthiens 15,1-10 Je vous rappelle, frères, l'Évangile que je vous ai annoncé, que vous avez reçu, auquel vous restez attachés, et par lequel vous serez sauvés si vous le retenez tel que je vous l'ai annoncé; autrement, vous auriez cru en vain. Je vous ai transmis en premier lieu ce que j'avais reçu moi-même: Christ est mort pour nos péchés, selon les Écritures. Il a été enseveli, il est ressuscité le troisième jour, selon les Écritures. Il est apparu à Céphas, puis aux Douze. Ensuite, il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois; la plupart sont encore vivants et quelques-uns sont morts. Ensuite, il est apparu à Jacques, puis à tous les apôtres. En tout dernier lieu, il m'est aussi apparu, à moi l'avorton. Car je suis le plus petit des apôtres, moi qui ne suis pas digne d'être appelé apôtre parce que j'ai persécuté l'Église de Dieu.

L’Evangile que Paul annonce - [Textes bibliques]

En de nombreux passages Paul attribue l’autorité et la force de l’Evangile à la puissance de l’Esprit. Il va ainsi jusqu’à dénigrer son talent oratoire. En voici deux exemples :
1Thessaloniciens 1,5 En effet, notre annonce de l'Évangile chez vous n'a pas été seulement discours, mais puissance, action de l'Esprit Saint, et merveilleux accomplissement.

1Corinthiens 2,1-5 Moi-même, quand je suis venu chez vous, frères, ce n'est pas avec le prestige de la parole ou de la sagesse que je suis venu vous annoncer le mystère de Dieu. Car j'ai décidé de ne rien savoir parmi vous, sinon Jésus Christ, et Jésus Christ crucifié. Aussi ai-je été devant vous faible, craintif et tout tremblant: ma parole et ma prédication n'avaient rien des discours persuasifs de la sagesse, mais elles étaient une démonstration faite par la puissance de l'Esprit, afin que votre foi ne soit pas fondée sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu.

Révélation-révéler - [Textes bibliques]

L’Evangile n’est pas une philosophie ou une sagesse humaine qui s’apprend ou se découvre au terme de longues spéculations, il est une révélation qui se saisit dans la foi. Comme dans le texte proposé de Galates 1, en 2Corinthiens Paul parle de son expérience comme révélation:
2Corinthiens 12,1-7 Il faut s'enorgueillir! C'est bien inutile! Pourtant j'en viendrai aux visions et révélations du Seigneur. Je connais un homme en Christ qui, voici quatorze ans - était-ce dans son corps? je ne sais, était-ce hors de son corps? je ne sais, Dieu le sait - cet homme-là fut enlevé jusqu'au troisième ciel. Et je sais que cet homme - était-ce dans son corps? était-ce sans son corps? je ne sais, Dieu le sait - , cet homme fut enlevé jusqu'au paradis et entendit des paroles inexprimables qu'il n'est pas permis à l'homme de redire. Pour cet homme-là, je m'enorgueillirai, mais pour moi, je ne mettrai mon orgueil que dans mes faiblesses. Ah! si je voulais m'enorgueillir, je ne serais pas fou, je ne dirais que la vérité; mais je m'abstiens, pour qu'on n'ait pas sur mon compte une opinion supérieure à ce qu'on voit de moi, ou à ce qu'on m'entend dire. Et parce que ces révélations étaient extraordinaires, pour m'éviter tout orgueil, il a été mis une écharde dans ma chair, un ange de Satan chargé de me frapper, pour m'éviter tout orgueil.

Cette expérience de révélation du mystère de Dieu en Jésus Christ est commune à tous les croyants :
1Corinthiens 2,7-10 Nous enseignons la sagesse de Dieu, mystérieuse et demeurée cachée, que Dieu, avant les siècles, avait d'avance destinée à notre gloire. Aucun des princes de ce monde ne l'a connue, car s'ils l'avaient connue, ils n'auraient pas crucifié le Seigneur de gloire. Mais, comme il est écrit, c'est ce que l'œil n'a pas vu, ce que l'oreille n'a pas entendu, et ce qui n'est pas monté au cœur de l'homme, tout ce que Dieu a préparé pour ceux qui l'aiment. En effet, c'est à nous que Dieu l'a révélé par l'Esprit. Car l'Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu.
Galates 3,23 Avant la venue de la foi, nous étions gardés en captivité sous la loi, en vue de la foi qui devait être révélée.
Paul parle d’autres expériences de révélation, au sens d’inspiration :
Galates 2,2 Or, j'y montai à la suite d'une révélation et je leur exposai l'Évangile que je prêche parmi les païens; je l'exposai aussi dans un entretien particulier aux personnes les plus considérées, de peur de courir ou d'avoir couru en vain.
Dans la première épître aux Corinthiens, Paul parle de révélations qui marquent la vie de foi de la communauté et qui sont toujours interprétées en vue de l’édification de la communauté:
1Corinthiens 14,6 et 26 Supposez maintenant, frères, que je vienne vous voir et vous parle en langues: en quoi vous serai-je utile, si ma parole ne vous apporte ni révélation, ni connaissance, ni prophétie, ni enseignement? [...] Que faire alors, frères? Quand vous êtes réunis, chacun de vous peut chanter un cantique, apporter un enseignement ou une révélation, parler en langues ou bien interpréter: que tout se fasse pour l'édification commune.

Récits de conversion dans les Actes des Apôtres - [Textes bibliques]

Dans le livre des Actes des Apôtres, en plus de la conversion de Paul (Actes 9), Luc raconte deux autres récits de conversion : la rencontre entre Philippe et l’eunuque éthiopien (Actes 8) et celle entre Pierre et Corneille (Actes 10). On trouve le même déroulement : une audition céleste prépare l’événement ; un messager humain reçoit la mission de se rendre auprès du futur converti ; que le messager obéisse de suite ou refuse d’abord, la rencontre des deux personnages se déroule ; elle est suivie du baptême. Luc emprunte un genre littéraire de récit de conversion qu’il utilise à plusieurs reprises.

Paul et la persécution de l’Eglise - [Textes bibliques]

Paul rappelle plusieurs fois dans ses lettres qu’il a persécuté l’Eglise.

Galates 1,13 et 23 Car vous avez entendu parler de mon comportement naguère dans le judaïsme: avec quelle frénésie je persécutais l'Église de Dieu et je cherchais à la détruire;
[...] simplement, elles avaient entendu dire: "celui qui nous persécutait naguère annonce maintenant la foi qu'il détruisait alors."
1Corinthiens 15,9 Car je suis le plus petit des apôtres, moi qui ne suis pas digne d'être appelé apôtre parce que j'ai persécuté l'Église de Dieu.
Philippiens 3,6 pour le zèle, persécuteur de l'Église; pour la justice qu'on trouve dans la loi, devenu irréprochable.

Jonas - [Textes bibliques]

Le récit de l’envoi de Jonas à Ninive pour porter un message de Dieu est emblématique de l’impossibilité pour le prophète d’échapper à sa vocation. Après l’échec de la fuite, le séjour au fond de la mer dans le ventre du poisson et son retour sur la terre ferme, Jonas doit se soumettre.

Jonas 1,1-3 La parole du SEIGNEUR s'adressa à Jonas, fils d'Amittaï:"Lève-toi! va à Ninive la grande ville et profère contre elle un oracle parce que la méchanceté de ses habitants est montée jusqu'à moi." Jonas se leva, mais pour fuir à Tarsis hors de la présence du SEIGNEUR. Il descendit à Jaffa, y trouva un navire construit pour aller à Tarsis; il l'affréta, s'embarqua pour se faire conduire par l'équipage à Tarsis hors de la présence du SEIGNEUR.
Jonas 2,1-2 Alors le SEIGNEUR dépêcha un grand poisson pour engloutir Jonas. Et Jonas demeura dans les entrailles du poisson, trois jours et trois nuits. Des entrailles du poisson, il pria le SEIGNEUR, son Dieu.
Jonas 2,11 Alors le SEIGNEUR commanda au poisson, et aussitôt le poisson vomit Jonas sur la terre ferme.
Jonas 3,1-3a La parole du SEIGNEUR s'adressa une seconde fois à Jonas:"Lève-toi, va à Ninive la grande ville et profère contre elle l'oracle que je te communiquerai."Jonas se leva et partit, mais - cette fois - pour Ninive, se conformant à la parole du SEIGNEUR.

Folie et sagesse - [Textes bibliques]

Paul oppose la sagesse humaine à la sagesse de Dieu, qui apparaît comme pure folie aux yeux des hommes.

1Corinthiens 1,22-24 Les Juifs demandent des signes, et les Grecs recherchent la sagesse; mais nous, nous prêchons un Messie crucifié, scandale pour les Juifs, folie pour les païens, mais pour ceux qui sont appelés, tant Juifs que Grecs, il est Christ, puissance de Dieu et sagesse de Dieu.

Paul, une chronologie possible - [Aller plus loin]

Cuvillier, Elian, « Lire les lettres de Paul », in: Debergé, P./J. Nieuviarts, J., Guide de lecture du Nouveau Testament, Paris : Bayard, 2004, p. 391-448:
"Dater les écrits de Paul n’est pas chose facile. Il faut pour cela établir une chronologie de l’activité de Paul lui-même. Une entreprise forcément hypothétique compte tenu des informations en notre possession, parcellaires et souvent très imprécises. Il s’agit en fait de trouver un point d’ancrage dans l’histoire (chronologie absolue) permettant de dater l’ensemble des informations contenues dans les lettres de Paul et dans les Actes (chronologie relative) en les organisant autour de ce point fixe. Fort heureusement, deux épisodes (l’un dans les Actes, l’autre mentionné par Paul lui-même) fournissent des points d’ancrage pour l’établissement d’une chronologie solide : - En 2 Co 11,32, Paul, qui fait allusion à la période suivant sa conversion, indique : « à Damas l’ethnarque du roi Arétas faisait garder la ville pour m’arrêter » (cf. Ac 9,24-25). Sachant qu'Arétas IV, roi nabatéen, régna de 9 av. JC à 39 ap. JC, on peut dater la fuite de Damas d’avant 39. L’auteur du livre des Actes précise, quant à lui, que le premier séjour de Paul à Corinthe, lorsqu’il fonda la communauté, se déroula "sous le proconsulat de Gallion en Achaïe" (Ac 18,12). Or, la période de ce proconsulat a été identifiée par l’inscription dite de Delphes (du lieu où elle a été découverte par les archéologues) aux années 51-52 : « Tibère Claude César Auguste germanicus pontife en la douzième année de son tribunat, acclamé empereur pour la 26e fois (c.-à-d. pour des succès militaires) salue la ville de Delphes […] mon ami Lucius Julien Gallion m’informe... ». Connaissant par ailleurs précisément les dates de règne des empereurs romains, on peut assez précisément dater l’inscription. Sachant d’autre part que Gallion fut proconsul pendant une période d’un an et demi, c’est autour de cette période que se situe le premier séjour de Paul à Corinthe. D’où la proposition de chronologie, relativement classique :
32-34 : conversion-vocation de Paul (Ga 1,15, cf. Ac 9)
32-35/34-37 : voyage en Arabie et à Damas (Ga 1,17 ; 2 Co 11,32-33) ; rencontre avec Pierre à Jérusalem (Ga 1,18-19 ; cf. Ac 9,26-30) ; départ pour la Syrie et la Cilicie (Ga 1,21, cf. Ac 9,20) ; installation à Antioche (Ac 11,25)
av. 48 : premier voyage missionnaire (Ac 13-14)48/49 : assemblée de Jérusalem (Ga 2,1-10, cf. Ac 15)
49 : incident d’Antioche (Ga 2,11-20)
49-50 : second voyage missionnaire (Ac 16-18) : passage à Philippes et Thessalonique : fondation de communautés dans ces villes.
50-52 : Séjour à Corinthe ; fondation de l’Eglise ; rédaction de 1 Thessaloniciens ;
53-56 : troisième voyage missionnaire (Ac 19-20) : séjour à Éphèse et en Asie ; emprisonnement ; retour en Macédoine ;
57/58 : d’Éphèse à Jérusalem (cf. Rm 15,25, cf. Ac 21-23) ;
entre 54 et 58, rédaction de Philippiens et Philémon, de la correspondance corinthienne, de Galates et Romains
58-60 : 3e séjour à Jérusalem : arrestation (cf. Ac 21-23) ; captivité à Césarée (cf. Ac 24-26) ; transfert à Rome (cf. Ac 27)
61-62 : captivité à Rome (cf. Ac 28)
64/66 (?) : sans doute mort martyr (cf. 2 Tm 4,6-8) sous Néron."

Celui qui est appelé par une révélation - [Aller plus loin]

Kierkegaard, Soeren, Discours édifiants, cité par Patrick Kéchichian, in Kéchichian, Patrick, Breton, Stanislas et Morel, Philippe, La conversion de Paul, Paris: Desclée de Brouwer, 2001, p14

« Celui qui est appelé par une révélation, celui à qui une doctrine est confiée, part, en son argumentation, du fait de la révélation, de l’autorité dont il est investi. Je ne dois pas écouter Paul parce qu’il est un grand, un incomparable esprit, mais je dois m’incliner devant lui parce qu’il est revêtu de l’autorité divine ; et, que je le fasse ou non, il garde en tout cas la responsabilité de produire cette impression d’autorité. Il ne doit pas se prévaloir de la finesse de son esprit, sinon il est un bouffon ; il ne doit pas se mêler de discussions d’ordre purement esthétique ou philosophique sur le fond de sa prédication, sinon il est un distrait. Non ; il doit invoquer son autorité divine et, par elle, tandis qu’il sacrifie de bon gré sa vie et tous ses avantages, couper court à toute impertinente familiarité que l’esthétique ou la philosophie pourraient se permettre à l’égard de la forme et du fond de sa doctrine. »

La conversion de Paul - [Culture]

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Dans le livre La conversion de Paul, Philippe Morel choisit de commenter le tableau de Parmigianino (le Parmesan) "conversion de saint Paul", conservé au Kunsthistorisches Museum de Vienne. Ce tableau ne présente comme figures que Paul et un cheval blanc. Pour Philippe Morel, ce tableau illustre le passage étudié de Galates 1, ou l’extase de 2Corinthiens 12,1-7, plus que le récit des Actes qui fait intervenir d’autres personnages.

« Il est évident que Parmesan (…) a écarté toute forme de mise en scène dramatique, au profit d’une contemplation extatique et (…) d’une interprétation essentiellement mystique et allégorique largement détachée des récits des Actes où les compagnons sont les témoins d’un miracle auquel ils participent de façon variable selon les textes et leurs interprétations postérieures. Ici encore on comprend que Parmesan s’est plutôt inspiré des épîtres pauliniennes et qu’il en a notamment dégagé l’idée de solitude et d’exception, Paul étant celui qui se dit « mis à part » et qui va d’abord s’isoler en Arabie. » Morel, Philippe, in: Kéchichian, Patrick; Breton,Stanislas; Morel, Philippe, La conversion de Paul, Paris:Desclée de Brouwer, 2001, p 95.

Les tableaux du 16e siècle sur la conversion de Paul - [Culture]

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Daniel Arasse met en relation les tableaux de conversion de Paul avec la Contre-Réforme au 16e siècle« Le maniérisme est une période fascinante, en tout cas pour moi, en particulier du fait qu’elle croit profondément à la puissance de l’art. L’art y est une véritable puissance, il peut apporter des réponses aux inquiétudes ou aux questions que pose le monde. Un des beaux exemples aussi, c’est le thème de la conversion de saint Paul, qui prend une actualité extraordinaire au XVIème siècle. Il y a énormément de Conversions de saint Paul représentées à cette époque, et ce n’est pas sans raison. Saint Paul est à la fois un nom de pape -il y a deux papes du nom de Paul au XVIème siècle, Paul III et Paul IV, au total il y en a eu six dont deux en un seul siècle- et, il est en même temps le disciple favori de Luther, qui choisit Paul par rapport à Pierre. Donc, la Conversion de saint Paul est évidemment un message envoyé à Luther : Luther-Paul doit se convertir. Ce qui est intéressant c’est de voir que cette conversion est traitée de façon assez simple au départ, selon la lettre du texte –saint Paul s’en va à pied vers Damas et tombe aveuglé, etc.-, et progressivement, avec le XVIème siècle, ça devient une bataille immense, un chaos cosmique. La foule de soldats augmente et on a l’impression que c’est au cœur d’une bataille que viendra la conversion de Paul-Luther. » Arasse, Daniel, Histoires de peintures, Paris: France Culture /Denoël, 2004, p.132.

Une évidence fulgurante - [Culture]

Luther, Martin, " Préface au Premier volume des œuvres latines ", in Œuvres tome VII, Genève : Labor et Fides, 1962, pp. 306-307.

" J'avais été saisi par un désir, certes étonnant, de connaître Paul dans l'Epître aux Romains, mais ce qui avait jusque-là constitué un obstacle n'était pas un sang différent dans les entrailles, mais un seul mot qui se trouve au chapitre I : "La justice de Dieu est révélée en lui (l'Evangile)." Je haïssais, en effet, ce terme "Justice de Dieu", que j'avais appris, selon l'usage et la coutume de tous les docteurs, à comprendre philosophiquement comme la justice formelle et active, par laquelle Dieu est juste, et punit les pécheurs et les injustes. Or, moi qui, vivant comme un moine irréprochable, me sentais pécheur devant Dieu avec la conscience la plus troublée et ne pouvais trouver la paix par ma satisfaction, je haïssais d'autant plus le Dieu juste qui punit les pécheurs, et je m'indignais contre ce Dieu, nourrissant secrètement sinon un blasphème, du moins un violent murmure ; [...] J'étais ainsi hors de moi, le coeur en rage et bouleversé, et pourtant, intraitable, je bousculai Paul à cet endroit, désirant ardemment savoir ce que Paul voulait. Jusqu'à ce qu'enfin, Dieu ayant pitié, et alors que je méditais jours et nuits, je remarquais l'enchaînement des mots, à savoir : "La justice de Dieu est révélée en lui", comme il est écrit "Le juste vit de la foi" ; alors je commençai à comprendre que la justice de Dieu est celle par laquelle le juste vit du don de Dieu, à savoir de la foi et que la signification était celle-ci : par l'Evangile est révélée la justice de Dieu, à savoir la justice passive, par laquelle le Dieu miséricordieux nous justifie par la foi, selon qu'il est écrit : Le juste vit de la foi. Alors, je me sentis un homme né de nouveau et entré, les portes grandes ouvertes, dans le paradis même. A l'instant même, l' Ecriture m'apparut sous un autre visage. "

Luther, Martin (1483-1546)

Réformateurvoir entrée Luther allemand né et mort à Eisleben. Moine, prêtre, docteur en théologie, professeur d'exégèse biblique, il était habité par une intense quête spirituelle concernant le salut. En travaillant l'épître aux Romains il découvre ce qui sera le coeur de son oeuvre et de la Réforme protestante au 16e siècle, le message du salut par la seule grâce de Dieu, en dehors des mérites de l'homme. En 1517 il rédige " 95 thèses " où il développe cette affirmation et dénonce la vente des indulgences. Déclaré hérétique en 1518, il est excommunié et mis au ban de l'Empire à la Diète de Worms en 1521. Il trouve alors un appui auprès des princes allemands. Auteur d'une oeuvre théologique considérable et traducteur de la Bible en allemand, il a pris part aux débats de son temps (controverse avec Erasme, attitude lors de la Guerre des Paysans...). Il a résisté à toute forme de désordre ecclésial et a commencé à poser les bases d'une Eglise " luthérienne "

Qumran

Le site de Qumran au bord nord-ouest de la Mer Morte, était le lieu de séjour d’une importante communauté essénienne. Cette communauté vivait en marge du judaïsme, son but étant un retour à la sainteté et la pureté premières des relations entre Dieu et son peuple. Pour cela, les adeptes vivaient à part, en communauté fermée, et suivaient des règles de vie très strictes. Dans les grottes autour, on a retrouvé des textes propres à la communauté mais aussi des manuscrits de pratiquement tous les livres de l'Ancien Testament et de quelques fragments du Nouveau Testament.

Exil

Il s'agit de l'époque de la déportation du peuple d'Israël à Babylone. Une première grande déportation a lieu en 722 av. JC, après la prise de Samarie par les Assyriens. C'est la fin du Royaume d'Israël ou Royaume du Nord (dont Samarie était la capitale). A l'Empire assyrien succéda l'Empire babylonien avec le roi Nabuchodonosor qui envahit Jérusalem (capitale du royaume de Juda) en 597 av. JC. Il déporte le roi Yoyakïn ainsi qu'une grande partie de la population, essentiellement la classe dirigeante et l'élite intellectuelle. Le successeur de Yoyakïn, Sédécias se révolte contre Nabuchodonosor et en 588, Nabuchodonosor prend Jérusalem, détruit le Temple et déporte la population à Babylone. Il a fallu attendre l'édit de Cyrus, roi de Perse en 538 pour que les Juifs soient autorisés à rentrer dans leur pays.
Théologiquement, l'exil a été vécu par les prophètes comme le jugement de Dieu sur le peuple élu. Les prophètes annonçaient aussi un retour à Jérusalem et la reconstruction du Temple. L'exil est une période importante notamment pour la rédaction des textes bibliques. Beaucoup des textes de l'Ancien Testament ont été écrits après le retour de l'exil.

Parousie

Le mot parousie vient du grec " parousia " qui signifie " présence, arrivée, venue ". Il se dit principalement du dernier avènement du Christ. En terme théologique, il désigne le retour glorieux du Christ sur terre à la fin des temps

Ethique / Morale

Ces deux mots sont souvent confondus. L'un et l'autre désignent ce qui permet de déterminer les finalités de la vie humaine, ce qui est bien et mal, bon et mauvais, juste et injuste. On peut toutefois les distinguer en précisant que la morale s'intéresse plutôt aux dispositions et prescriptions concrètes et l'éthique aux orientations ou convictions générales permettant à chacun de s'orienter dans ses comportements. La Bible n'établit ni l'une ni l'autre qui serait directement transposable pour aujourd'hui. Mais en essayant de comprendre comment les auteurs bibliques ont affronté les questions éthiques de leur temps, on peut tenter de répondre aux défis de notre époque

Augustin (354 - 430)

Augustin est sans doute le plus célèbre des Pères de l'Eglise. C'est lui qui a laissé l'œuvre la plus abondante, la mieux conservée et qui a produit un héritage important, même si ses héritiers n'ont pas toujours été fidèles à la pensée du maître. Il est aussi connu à cause de son livre Les Confessions, où il parle de sa vie à la première personne. Augustin est né en Afrique à Thagaste, dans une famille de la classe moyenne. Seule sa mère Monique était chrétienne. Brillant élève, il peut continuer ses études de rhétorique grâce à l'appui financier d'un ami de son père. Il est très ambitieux et voudrait gravir les échelons de la société romaine. Il fait remonter lui-même le tournant majeur de sa vie à la lecture de l'Hortensius de Cicéron. Commence alors pour Augustin une quête de la vérité qui aboutira quatorze ans plus tard au baptême, puis à la prêtrise et à sa charge d'évêque d'Hippone. Entre temps, il découvre la philosophie, tout en lisant la Bible qui le déçoit beaucoup. Nommé rhéteur à Milan en 384, il rencontre Ambroise dont la qualité de la prédication lui permet de se faire une autre idée de la foi chrétienne. En même temps il découvre, sans doute à partir de la philosophie de Plotin, la voie de l'intériorité. A la suite d'une expérience spirituelle, il renonce à son métier. Il mène pendant quelque temps une vie monastique en communauté.
De retour en Afrique, après la mort de sa mère et de son fils Adéodatus, sa vie se confond avec sa double tâche d'évêque et de théologien. Il a contribué au maintien de l'unité de l'Eglise en Afrique, fortement menacée par des hérésies et isolée après la chute de Rome. Il meurt le 28 août 430 dans Hippone assiégée par les Vandales, laissant 800 sermons, 300 lettres, et une centaine de traités. La Cité de Dieu, ouvrage apologétique rédigé à la fin de sa vie, reste son chef d'œuvre. Son traité dogmatique La Trinité a exercé une influence décisive sur la doctrine trinitaire occidentale.

Loi

La Loi est l'ensemble des prescriptions données par Dieu à son peuple pour l'aider à vivre. Les principales, " dix commandements " ou " dix paroles " se trouvent en Exode 20,1-17 et en Deutéronome 5,6-22. Le livre du Deutéronome (terme qui vient du grec et signifie " seconde loi ") est le livre de la loi qui permet au peuple de vivre devant Dieu. La loi n'a sa raison d'être que par le rappel de la libération du peuple par Dieu et par l'affirmation par Dieu qu'il est un Dieu qui libère. C'est bien entendu à cette Loi que les auteurs du Nouveau Testament se réfèrent.

Eschatologie

Ce terme désigne, littéralement, la doctrine de la chose dernière (du grec eschatos, dernier, et logos, discours), ce qui touche à la fin du monde. Israël a toujours été tourné vers l'avenir, et l'Ancien Testament parle de ce temps où Dieu rétablira la justice et la paix. Dans le Nouveau Testament, Jésus annonce que le Royaume de Dieu est déjà là. Mais ce Royaume ne sera réalisé qu'à la fin des temps quand le Christ reviendra. Par extension, est aussi appelé eschatologique un événement attendu pour la fin des temps et qui s'est déjà produit (la venue du Christ : 1Corinthiens 10,11 ; Hébreux 1,2 ; 1Pierre 1,20), ou une réalité future dont on vit déjà même si elle n'a pas encore entièrement déployé ses effets (le salut reçu et encore espéré : Romains 8,24). Ainsi, en théologie, le terme " eschatologie " rassemble tout ce qui concerne l'espérance chrétienne dans sa plénitude présente et à venir, l'accomplissement, l'achèvement dans le temps et l'espace de l'œuvre de salut de Dieu. La théologie des Réformateurs accentuera une approche plus existentielle de cette notion, centrée sur l'œuvre du Christ pour le croyant. Ainsi pour Luther, la foi qui justifie est une réalité réellement eschatologique.

Esprit (Saint)

Pour le Nouveau Testament, le Saint Esprit (ou Paraclet) est la présence de Dieu parmi les hommes et en l'homme. Il est une puissance transformatrice, toujours liée à l'événement du salut en Jésus-Christ. Il rend le Christ présent, il permet de comprendre les Ecritures qui lui rendent témoignage, il rappelle son enseignement, il pousse les chrétiens à annoncer la bonne nouvelle, il les unit dans la foi, dans l'espérance et dans l'amour, il leur donne les aptitudes au témoignage.

Littérature apocalyptique

La littérature apocalyptique est un genre d'écriture qui répond à plusieurs critères. Les plus importants le caractérisent comme un discours sous forme de vision, exhortant les lecteurs à tenir ferme dans une période périlleuse et leur réaffirmant l'horizon d'un jour dernier qui verra la victoire de Dieu sur le monde. Présent dans plusieurs littératures, il l'est également dans la Bible : on en recense notamment dans le livre de Daniel, certains chapitres de livres prophétiques (comme Esaïe ou Ezéchiel), certains chapitres des trois premiers évangiles ainsi que le livre de l'Apocalypse

Gloire de Dieu

En hébreu comme en grec, le mot « gloire » est le même appliqué aux hommes et à Dieu. En hébreu, la racine du mot « gloire » se rapproche de « ce qui a du poids » et en grec la gloire a plutôt à voir avec la renommée, la célébrité.
Dans les textes bibliques, l’image symbolique de la gloire de Dieu désigne la manifestation de sa présence, le rayonnement de sa sainteté dans le monde.
Dans le Nouveau Testament, Jésus Christ rend visible la gloire du Père.
La liturgie comprend des formules (doxologies, de doxa = gloire en grec) par lesquelles sont glorifiés Dieu et Jésus Christ, comme celle prononcée à la fin du Notre Père : « car c’est à toi qu’appartiennent, le règne, la puissance et la gloire, pour les siècles des siècles. »

Episcope, évêque

Le mot épiscope est une transcription du mot grec episkopos qui signifie le surveillant. Le mot évêque vient directement de ce mot grec. On parle d’ « épiscopes » pour distinguer cette fonction collégiale de direction et de surveillance de la fonction d’évêque, telle qu’elle existe aujourd’hui dans certaines Eglises.

Didachè

On désigne sous ce terme un des documents les plus anciens du christianisme. Son nom complet est « La doctrine (didachè en grec) des douze apôtres ». Sa rédaction finale daterait de la fin du 1er siècle. Son contenu est une compilation d’enseignements tirés de la tradition de différentes communautés. On distingue un ensemble de traditions liturgiques (baptême, jeûne, prière, repas eucharistique), et une partie disciplinaire.

Irénée de Lyon

 

Irénée est originaire d'Asie Mineure. Il rapporte qu'encore jeune il a entendu le vieux Polycarpe, évêque de Smyrne, ce qui, en conséquence, situe sa naissance entre 130 et 140. Il se rattache ainsi très haut dans la transmission de la doctrine, puisque Polycarpe était contemporain d'Ignace d'Antioche, lui-même contemporain de la rédaction des écrits les plus tardifs du Nouveau Testament. Cette familiarité revendiquée avec Polycarpe est importante, elle permet de comprendre son action et sa pensée. On sait qu'Irénée était à Lyon en 177 parce que la communauté de cette ville l'envoie à Rome pour qu'il porte la Lettre des martyrs de Lyon. A son retour, il succède à Pothin comme évêque. il fut mêlé à certaines controverses ecclésiastiques entre Eglises orientales et Rome sous les papes Eleuthère et Victor (175-199). Son oeuvre, dirigée en grande partie contre le gnosticisme, contient des formules qui ont trouvé beaucoup d'écho dans la pensée chrétienne moderne. En fait, il est avant tout un homme de tradition qui reproduit des enseignements transmis dans l'Eglise bien avant lui. Il est par là un précieux témoin, à la fois des systèmes gnostiques qu'il combat et de la tradition chrétienne primitive qu'il utilise contre le gnosticisme.Le dernier acte ecclésial que l'on connaît de lui est une intervention auprès de Victor, évêque de Rome entre 189 et 198. Il est mort martyr à une date inconnue. Deux ouvrages d'Irénée nous sont parvenus: Contre les hérésies (Adversus haereses) et une traduction arménienne d'un court ouvrage De la Démonstration de la prédication apostolique, résumé de la foi chrétienne de nature catéchétique.

Croyant

Dans le cadre du module sur la théologie de Paul, la dénomination « croyant » a le sens que lui donne Paul dans ses lettres. Il emploie ce terme pour désigner les personnes qui croient en Jésus Christ, et donc les membres de l’Eglise. Ainsi l’Eglise est la communauté des « croyants », de celles et ceux qui ont mis leur confiance, leur foi en Christ, et qui partagent la même espérance. Dans ce module, "croyants" est donc synonyme de « chrétiens », terme encore inusité quand Paul rédige ses lettres.

Chair

Dans les lettres de Paul, la notion de « chair » désigne la condition humaine, sans connotation négative a priori. A travers cette notion Paul entend la matérialité de la vie d’un individu, qui est toujours un corps agissant dans un espace, un temps et un milieu donnés. Ainsi la chair ou la condition charnelle prend différents sens suivant le contexte. Sous la plume de Paul, cette notion apparaît le plus fréquemment dans la lettre aux Romains et dans la lettre aux Galates quand il décrit en quoi notre condition humaine nous tient prisonniers. Elle est alors présentée en opposition avec l’Esprit de Dieu. Il ne faut donc pas comprendre cette opposition comme un combat entre la chair qui serait mauvaise et ce qui relèverait du spirituel en l’homme. Pour Paul, il n’y a pas d’opposition en l’homme entre chair et esprit. C’est bien la personne humaine qui est prisonnière dans la « chair », essentiellement parce qu’elle veut être à elle-même sa propre référence.

Actes des apôtres

L'auteur de ce livre est l'évangéliste Luc, rédacteur du 3e évangile (Evangile de Luc). Luc y raconte la vie des premières communautés chrétiennes, après la mort et la résurrection de Jésus, pour fortifier dans leur foi les communautés nées de la proclamation de l'Evangile aux nations païennes. Les Actes des Apôtres relatent comment la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ se propage à Jérusalem et en Judée, puis dans les grandes villes de l'empire romain, en Asie mineure et en Grèce notamment. L'Evangile atteint non plus seulement des fidèles de la religion juive, mais aussi des sympathisants du judaïsme (comme l'eunuque éthiopien venu en pèlerinage à Jérusalem), et enfin des personnes totalement étrangères au milieu juif auxquelles on donnera le sobriquet de chrétiens (Actes 11).
Ce passage du judaïsme strict au mouvement chrétien est souligné par l'histoire détaillée que rapporte Luc de la vie de l'apôtre Paul, sa conversion, et ses 4 voyages missionnaires autour du bassin méditerranéen.

Alliance

L'alliance est un motif central dans l’Ancien Testament. Dieu est présenté comme un Dieu de l'alliance. Deux compréhensions de cette alliance se trouvent dans les textes.
La première est celle d’un contrat passé entre Dieu et le peuple. Cette conception est celle des traités entre les états du Proche Orient Ancien et renvoie à l'idée générale d'une relation entre partenaires le plus souvent inégaux unis par un contrat. L’alliance fixe un certain nombre d'obligations, d'engagements réciproques qui lient les partenaires. On parle alors d’alliance conditionnelle. L'Ancien Testament souligne la fidélité de Dieu face à l'infidélité toujours répétée du peuple.
La seconde compréhension est celle de l’alliance inconditionnelle. L’alliance est alors un don gratuit offert à l'être humain. Après la mort et la résurrection de Jésus-Christ, les chrétiens ont parlé de "seconde alliance" ou de "nouvelle alliance" : ils ont vu en Jésus-Christ le signe de cette alliance que Dieu offre à tout homme.

Anathème

Le grec anathèma signifie littéralement " ce qu'on place par-dessus ", " ce qu'on offre par surcroît ", " ce qu'on met à part ". Ce terme appartient déjà au langage religieux avant le christianisme. Il désigne l'offrande faite à une divinité ou encore ce que l'on appelle des ex voto comme en témoigne Luc 21,5.

Il traduit dans la Septante (la Bible en grec) le terme hébreu qui signifie « mis à l’interdit », donc « exclu de la communauté ». L’interdit a un rapport étroit avec le sacré, soit que la personne ou l’objet souille l’espace sacré, soit qu’il est déclaré interdit parce que réservé à Dieu, comme pour le butin de guerre par exemple dans l’Ancien Testament.

Ce mot est présent avec d'autres significations dans le Nouveau Testament où il est très rare. C'est alors un serment par lequel, en cas de parjure, on affirme s'en remettre au jugement, à la malédiction de Dieu (Actes 23,14), une imprécation pour vouer quelqu'un à la malédiction de Dieu (1Corinthiens 12,3;16,22, Galates 1,8s). C'est encore le fait d'être séparé de Dieu (Romains 9,3).

Dans l'Antiquité chrétienne, le mot anathème désigne la mise au ban de la communauté. L'anathème est généralement porté contre les hérétiques qui combattent la doctrine ou l'autorité de l'Eglise. Le concile d'Elvire en 306 est le premier à comporter des anathèmes, qui deviendront ensuite très fréquents.

Aoriste

L’aoriste est un des temps de la conjugaison des verbes en grec. C’est un temps ponctuel qui se rapporte à une action simplement considérée comme un événement. Il se traduit généralement par le passé simple, mais aussi par le passé composé. On peut comparer son sens à celui du parfait, autre temps ponctuel, (traduit généralement par le passé composé) qui représente un état présent résultant d’une action passée. Les traductions en français ne peuvent pas toujours rendre compte de cette différence, sans alourdir le style. Exemples :

Romains 4,24-25, traduction TOB Nous croyons en celui qui a ressuscité [ayant ressuscité = aoriste] d’entre les morts Jésus notre Seigneur, livré [qui fut livré= aoriste passif] pour nos fautes et ressuscité [fut ressuscité = aoriste passif] pour notre justification.
1Corinthiens 15,3-4, traduction TOB Christ est mort [mourut = aoriste] pour nos péchés, selon les Écritures. Il a été enseveli [fut enseveli = aoriste passif], il est ressuscité [a été ressuscité = parfait passif] le troisième jour, selon les Écritures.

Apocalypse (Livre de l')

Ce livre est attribué par la tradition à Jean, l'évangéliste, car l'auteur se présente avec le nom de Jean. Le texte a probablement été écrit autour de l'an 95 après JC. Le langage est pétri de symboles, de visions et de citations de l'Ancien Testament. Selon certains commentateurs, il est écrit dans un but de consolation des communautés persécutées, selon d'autres, il met en garde contre un affadissement de la foi des chrétiens qui commencent à s'arranger avec les réalités politiques de leur temps (le culte de l'Empereur en particulier). Les deux interprétations ne s'excluent pas mais mettent des accents différents

Circoncision

Excision totale ou partielle du prépuce.

  • En Israël : il en est question dans de nombreux passages de la Bible. Dieu institue la circoncision avec Abraham, comme signe d'alliance entre Lui et ses descendants. C’est parce qu’il a obéi à ce commandement avant même le don de la loi qu’Abraham est considéré dans le judaïsme comme le premier des croyants.
    La circoncision devait être pratiquée avant le huitième jour du garçon. Ismaël est le premier descendant d'Abraham à être circoncis (Genèse 17, Lévitique 12,3).
    La circoncision devient le signe distinctif de l'appartenance d'Israël à Yahvé. A l'époque hellénistique (333 à 63 av. JC), certains Juifs cherchaient à masquer la marque de leur circoncision en se faisant opérer.
  • Chez les peuples voisins : la plupart ne pratiquaient pas la circoncision, sauf l'Egypte et ceci à une époque très ancienne.

Deutérocanonique

Du grec deuteros, " deuxième", et canon, " règle, norme ". Nom donné à sept livres qui se trouvent dans la traduction grecque de la Bible, version dite de la Septante (LXX). Ils comprennent deux livres de récits historiques 1 et 2 Maccabées, deux récits fictifs : Judith et Tobie, et trois livres de sagesse : la Sagesse (de Salomon), le Siracide (ou l'Ecclésiastique) et Baruch. Par contre ces livres ne figurent pas dans la Bible hébraïque. En effet, le " synode " juif de Jamnia (environ 90-95), qui en fixa le canon, ne les retint pas dans la liste des livres canoniques. Ces livres font partie du canon des Ecritures tel que le reconnaissent les Eglises catholique et orthodoxe. S'ils figurent dans les traductions protestantes jusqu'au 19e siècle, et dans la traduction œcuménique moderne (TOB), les Eglises issues de la Réforme ne leur reconnaissent pas la valeur normative des autres livres bibliques. Ainsi, la Confession de foi dite de La Rochelle déclare à leur sujet : " ... encore qu'ils soient utiles, on ne peut fonder [sur eux] aucun article de foi ".

Diaspora

Ce terme désigne la dispersion des juifs hors de la Judée, sous l’effet des famines, guerres, exils, pratiques commerciales... La présence de juifs est attestée en Egypte au VIème siècle av. JC et en Perse où certains ont vécu après les déportations du début du VIème siècle av. JC. A partir du IVème siècle av. JC, avec Alexandre et ses successeurs, ils vont s’implanter dans les villes tout autour de la Méditerranée.
Au premier siècle de notre ère, la diaspora méditerranéenne est très développée dans les villes d’Asie Mineure, à Antioche et Alexandrie et jusqu’à Rome.

Puisqu’il n’y a qu’un seul Temple, celui de Jérusalem, les juifs de la diaspora vont créer la synagogue pour pouvoir observer les pratiques rituelles de la loi. Ils vont jouer un rôle considérable dans la religion juive et son évolution.

 

Evangiles synoptiques

Synoptique vient d'un terme grec qui signifie « voir ensemble » (syn=ensemble et opsis=le regard/la vue). Les trois évangiles selon Matthieu, Marc et Luc sont appelés synoptiques car ils présentent suffisamment de ressemblances pour qu'on puisse les "regarder ensemble". Ils sont composés de petites unités narratives bien individualisables, dont un grand nombre figure dans deux ou trois de ces évangiles. L'évangile selon Jean apparaît d'emblée comme différent dans son style et sa structure.

Dans la recherche biblique, on parle de "synopse" quand on place des récits qui se ressemblent sur plusieurs colonnes pour les comparer.

Judéo-chrétiens

Désigne, dans les toutes premières communautés chrétiennes, les chrétiens d’origine juive.

Messie

Terme qui vient de l'hébreu et qui a le même sens que celui venant du grec "Christ" ou celui venant du latin "Oint". C'est le nom donné à celui qui a reçu l'onction ; la plupart du temps, c'est le roi d'Israël ou de Juda ; mais cela peut aussi désigner quelqu'un qui est considéré comme ayant reçu une mission de Dieu. Le messie était considéré comme le Fils de Dieu.

Pagano-chrétiens

Opposé à judéo-chrétiens, ce terme n’a de sens que pour les toutes premières communautés chrétiennes. On peut alors encore distinguer les chrétiens issus des nations, c’est-à-dire les non juifs, de ceux venant du judaïsme. Après la rupture entre judaïsme et christianisme dès le début du 2e siècle cette distinction n’a plus de raison d’être : il n’y a plus que des juifs ou des chrétiens.

Païen

La TOB a choisi de traduire le mot grec qui signifie « nation » (ethne, racine que l’on retrouve dans « ethnique ») par « païens ». Certaines traductions parlent de « gentils » du latin gens signifiant « nation ». Dans les lettres de Paul, ces mots « gentils » ou « païens » désignent tous les non juifs. Il ne faut donc pas prendre le terme « païens » dans le sens, souvent péjoratif, de non chrétien ou idolâtre.

Pentateuque

Le Pentateuque désigne l’ensemble formé par les 5 premiers livres de la Bible : Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deutéronome. Cet ensemble est appelé torah, ou Loi, dans la Bible hébraïque et en constitue la première partie, les deux autres étant les Prophètes, puis les Autres Ecrits. Dans la tradition juive, le Pentateuque ou la Loi représente l’enseignement reçu par Moïse sur le mont Sinaï. Mais la tradition chrétienne les recevra comme le début d’une « histoire sainte », qui sera continuée par tous les « livres historiques ». Aussi, dans la tradition chrétienne, c’est l’ordre de la traduction grecque (la Septante) qui sera la référence pour l’édition de l’Ancien Testament. Les 5 premiers livres, le Pentateuque, sont toujours placés en tête de la Bible, dans le même ordre. Mais les Prophètes seront placés à la fin de l’Ancien Testament, faisant ainsi le lien avec le Nouveau Testament. La Traduction Œcuménique de la Bible (TOB) reprend dans son édition l’ordre des livres de la Bible hébraïque pour l’Ancien Testament.

Rabbins

Leur fonction au premier siècle est l'enseignement, ils peuvent aussi siéger dans des tribunaux pour éclairer - à partir des Ecritures et de la tradition justement - tel ou tel cas juridique. Par contre, ils n'ont pas la fonction de présider les célébrations. Ce sont davantage des Sages que l'on consulte quand on a une question précise.

Saint

Dans l'Ancien Testament, le mot hébreu kadosh que l'on traduit par saint n'évoque pas d'abord la perfection morale, mais le fait que Dieu est tout autre que l'être humain. S'il est dit " Soyez saints comme moi je suis saint " (Lévitique 19,2 et 20,26) c'est pour inviter le peuple élu à vivre son appartenance à Dieu et sa différence d'avec les autres peuples.
Dans le Nouveau Testament, saint se dit de Dieu, de son nom, se dit du Christ qui appartient à Dieu et qui a été envoyé par lui. Ainsi en est-il des chrétiens qui appartiennent au Christ. Dans le Nouveau Testament, le mot " saint " désigne le croyant.

Septante

Traduction grecque de la Bible hébraïque entreprise par les communautés juives d'Alexandrie en Egypte au 3e siècle av. JC. Elle était destinée aux juifs qui ne connaissaient plus l'hébreu. La légende veut que 72 (septante deux) savants juifs, travaillant en différents lieux et sans se consulter, soient arrivés à la même traduction en 72 (septante deux) jours. D'où le nom de " Septante " que l’on abrège aussi parfois en chiffres romains : LXX.

Tétragramme

C'est par les quatre consonnes appelées "tétragramme" (quatre lettres) YHWH que le Dieu d'Israël est désigné (on trouve aussi YHVH ou IHVH selon les auteurs). Aux quatre consonnes on a ajouté les voyelles du mot hébreu adonaï (mon Maître, mon Seigneur). Le tétragramme ne se prononce pas. Quand on lit le texte hébreu, on prononce "adonaï" d'après les voyelles ajoutées.

Théophanie

Le mot comme tel ne fait pas partie du vocabulaire biblique. Il désigne littéralement une apparition de Dieu (de theo, dieu et phaineo, apparaitre). Les apparitions dans la Bible constituent un des modes de la révélation de Dieu. On peut parler de théophanie lorsque Dieu lui-même se manifeste (Exode 3,1-6) ou lorsqu'il se rend présent par un ange (un messager). Dieu « se fait voir » et les visions dépassent toujours les capacités ordinaires de l’homme. Dans le Nouveau Testament, c’est en Jésus que Dieu se manifeste d’une manière décisive. On retrouve comme dans l’Ancien Testament des apparitions d'anges pour manifester la volonté de Dieu (annonces de la naissance de Jésus en Luc 1,26,38 de sa résurrection en Matthieu 28,2). La résurrection de Jésus manifestée par ses apparitions (par exemple en 1Corinthiens 15,5-9) est l’élément nouveau du Nouveau Testament. Les récits de vision d’Etienne (Actes 7,55 ss) et de Paul (Actes 9,1-19) intègrent cet élément dans le schéma classique de la théophanie.

TOB

Traduction oecuménique de la Bible. C'est celle qui, sauf indication contraire, est utilisée dans les citations bibliques de Théovie (version 1988 ou versions ultérieures)