Module Prier avec les Psaumes



Psaume 22



Psaume 22

 1 

Du chef de chœur, sur « Biche de l’aurore ». Psaume de David.

 2 

Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?
Mon salut reste loin des paroles de mon rugissement.

3

Mon Dieu, je crie pendant le jour et tu ne réponds pas ;
la nuit, et je ne trouve pas le silence.

 4 

Pourtant tu es saint :
tu habites, toi les louanges d’Israël !

 5 

Nos pères avaient confiance en toi ;
ils avaient confiance en toi, et tu les libérais.

 6 

Vers toi ils criaient, et ils étaient saufs ;
en toi ils avaient confiance, et ils n’avaient pas honte.

 7 

Mais moi, je suis un ver et non un homme,
injurié par les humains, méprisé du peuple.

 8 

Tous ceux qui me voient se moquent de moi ;
ils ricanent et hochent la tête :

 9 

« Tourne-toi vers le SEIGNEUR !
Qu’il le fasse échapper, qu’il le délivre,
puisqu’il l’aime ! »

 10 

Toi, tu m’as tiré du ventre
et tu m’as mis en confiance sur les seins de ma mère.

 11 

Dès la sortie de l’utérus, j’ai été jeté sur toi ;
dès la sortie du ventre de ma mère, mon Dieu, c’est toi !

 12 

Ne t’éloigne pas de moi, car la détresse est proche
et personne pour secourir.

 13 

De nombreux taureaux me cernent,
les puissants du Bashân m’encerclent.

 14 

Ils ouvrent leur gueule contre moi,
un lion déchirant et rugissant.

 15 

Comme les eaux je me répands ;
tous mes os se disloquent.
Mon cœur est comme la cire,
il fond au milieu de mes entrailles.

 16 

Ma vigueur est desséchée comme de la terre,
la langue me colle aux mâchoires.
Tu me déposes dans la poussière de la mort.

 17 

Des chiens me cernent ;
une bande de malfaiteurs m’entoure :
[comme un lion] les mains et les pieds.

 18 

Je peux compter tous mes os ;
eux, ils me voient, ils me regardent.

 19 

Ils se partagent mes habits
et tirent au sort mon vêtement.

 20 

Toi, SEIGNEUR, ne t’éloigne pas !
Ma force, mon secours, hâte-toi !

 21 

Délivre ma vie de l’épée
et mon être des pattes du chien ;

 22 

sauve-moi de la gueule du lion,
et des cornes des buffles…
Tu m’as répondu !


  • Quelles sont les images qui vous frappent dans ce texte ?
  • Quelle est la situation du psalmiste ?

Cliquez sur les termes soulignés : les notices s’affichent en dessous de ce texte

Psaume 22

 1 

Du chef de chœur, sur « Biche de l’aurore ». Psaume de David.

 2 

Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?
Mon salut reste loin des paroles de mon rugissement.

3

Mon Dieu, je crie pendant le jour et tu ne réponds pas ;
la nuit, et je ne trouve pas le silence.

 4 

Pourtant tu es saint :
tu habites, toi les louanges d’Israël !

 5 

Nos pères avaient confiance en toi ;
ils avaient confiance en toi, et tu les libérais.

 6 

Vers toi ils criaient, et ils étaient saufs ;
en toi ils avaient confiance, et ils n’avaient pas honte.

 7 

Mais moi, je suis un ver et non un homme,
injurié par les humains, méprisé du peuple.

 8 

Tous ceux qui me voient se moquent de moi ;
ils ricanent et hochent la tête :

 9 

« Tourne-toi vers le SEIGNEUR !
Qu’il le fasse échapper, qu’il le délivre,
puisqu’il l’aime ! »

 10 

Toi, tu m’as tiré du ventre
et tu m’as mis en confiance sur les seins de ma mère.

 11 

Dès la sortie de l’utérus, j’ai été jeté sur toi ;
dès la sortie du ventre de ma mère, mon Dieu, c’est toi !

 12 

Ne t’éloigne pas de moi, car la détresse est proche
et personne pour secourir.

 13 

De nombreux taureaux me cernent,
les puissants du Bashân m’encerclent.

 14 

Ils ouvrent leur gueule contre moi,
un lion déchirant et rugissant.

 15 

Comme les eaux je me répands ;
tous mes os se disloquent.
Mon cœur est comme la cire,
il fond au milieu de mes entrailles.

 16 

Ma vigueur est desséchée comme de la terre,
la langue me colle aux mâchoires.
Tu me déposes dans la poussière de la mort.

 17 

Des chiens me cernent ;
une bande de malfaiteurs m’entoure :
[comme un lion] les mains et les pieds.

 18 

Je peux compter tous mes os ;
eux, ils me voient, ils me regardent.

 19 

Ils se partagent mes habits
et tirent au sort mon vêtement.

 20 

Toi, SEIGNEUR, ne t’éloigne pas !
Ma force, mon secours, hâte-toi !

 21 

Délivre ma vie de l’épée
et mon être des pattes du chien ;

 22 

sauve-moi de la gueule du lion,
et des cornes des buffles…
Tu m’as répondu !


Après étude du texte, nous vous proposons une série de questions qui vous permettront d'actualiser le texte, et de faire de ce récit le vôtre
(nb : les visuels associés aux questions sont uniquement présents pour vous inspirer, mais ne constituent pas un élément de réponse)

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  • Qauj 1


    1. "L'abandon de Dieu", qu'est-ce que vous auriez envie de dire ?

  • Qauj 2


    2. Dans quelle situation personnelle auriez-vous recours au psaume 22 ?

  • Qauj 3


    3. Quels éléments du psaume 22 vous parlent particulièrement ? Pourquoi ?



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Soyez acteur de votre lecture


  1. Relevez les versets qui parlent du corps. Quelle réaction vous inspirent ces images ?
  2. A quel animal se compare le psalmiste ? Qu’évoque cet animal pour vous ?
  3. Relevez dans le texte les autres comparaisons avec des animaux. A votre avis, pourquoi le rédacteur du psaume a-t-il choisi cette façon de décrire les ennemis ?

Un peu de culture...

Les mosaïques de Saint-Marc à Venise

culture le christ

culture  mosaique venise

 

La basilique Saint-Marc à Venise est ornée d’une série de mosaïques qui racontent les épisodes importants de l’histoire de Joseph et ses frères. La mosaïque en illustration représente le moment où Joseph est vendu par ses frères. Joseph ressemble au Christ : il a un visage similaire à de nombreuses représentations du Christ ; son geste de la main est semblable au geste de bénédiction du Christ (Source: Joseph et ses frères. Les mosaïques de Saint-Marc à Venise, Paris:Cerf, 1987, p. 10.)

Voici pour comparaison une représentation du Christ sur la mosaïque de la Déisis à Sainte-Sophie (Istanbul, Turquie).


Les sept dernières paroles du Christ

culture 7 paroles3

culture 7 paroles2

culture 7 paroles

 

Voici trois des sept tableaux qu’a peints l’artiste contemporaine Macha Chmakoff, inspirée par les sept dernières paroles du Christ. Elle résume ainsi sa démarche : "La peinture, à condition qu'elle résiste à la tentation de l'anecdotique et du spectaculaire, peut entraîner le spectateur au-delà de la surface de la toile pour le mettre en contact avec l'intime du mystère ... comme si la toile absorbait en sa surface colorée notre extériorité pour nous permettre de nous rendre un instant au point aveugle de nous-mêmes, là où, irrémédiablement, une parcelle de divin s'est inscrite."


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Biche de l’aurore - [Clés de lecture]

L’expression « Biche de l’aurore », qui se trouve dans la suscription du psaume, est l’objet de plusieurs interprétations. Il pourrait s’agir d’une mélodie sur laquelle on chantait le psaume. Une autre interprétation affirme que ce serait une allusion au personnage de l’Ancien Testament Esther qui a fait lever l’aurore dans la nuit vécue par son peuple. Dans le judaïsme, le psaume 22 est utilisé dans la liturgie de la fête de Pourim qui rappelle chaque année l’action de sauvetage d’Esther. Dans le christianisme, à la suite de la lecture christologique du psaume 22 par les Pères de l’Eglise, le réformateur Martin LutherVoir le module "Une nuée de témoins 1", entrée "Luther" propose dans son commentaire d’ identifier la biche au Christ.

Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? - [Clés de lecture]

02 cl2 pourquoi

Le verset 2 débute le psaume avec une interrogation poignante : Dieu a abandonné le psalmiste. Cet abandon va être le thème principal de la première partie du psaume (versets 2 à 22) qui constitue la plainte. Le verset 2 est repris dans les évangiles selon Matthieu et selon Marc : il est mis dans la bouche de Jésus sur la croix. Dieu abandonne : c’est un paradoxe, un scandale. Cette affirmation revêt une importance capitale dans le Nouveau Testament. Outre le verset 2, plusieurs versets du psaume sont repris par les rédacteurs des quatre évangiles (versets 2, 8, 9, 16 et 19). Une lecture christologique du psaume s’est déployée au cours des siècles en relation avec les récits de la passion du Christ. L’événement de la passion a été interprété en lien étroit avec la tradition des psaumes de lamentation.

Et tu ne réponds pas, mon Dieu - [Clés de lecture]

02 cl3 et tu ne réponds pas

La détresse du psalmiste monte d’un degré car il est confronté au silence de Dieu. Pour le psalmiste, Dieu cache son visage. Le silence de Dieu ou le Dieu « caché » sont des thèmes fréquents dans les textes de l’Ancien Testament.

Dieu est compris comme un interlocuteur pour l’être humain. Il crée par sa parole au début du texte de la Genèse (Genèse 1,1-31 et 2,1-3). La parole de Dieu est centrale dans l’Ancien Testament. La création entière est comme suspendue à sa parole. Dieu qui ne répond pas représente un véritable danger, une menace de retour au chaos. Le psalmiste utilise le même verbe (« répondre ») au verset 3 et au verset 22 : c’est la réponse de Dieu (même si le contenu de la réponse reste inconnu) qui le sauve de la mort.

Nos pères avaient confiance en toi - [Clés de lecture]

cl4

Le psalmiste dénonce l’aspect particulièrement injuste, à ses yeux, de sa situation. Le ton est celui du reproche : si Dieu était présent pour ses pères, pourquoi l’abandonne-t-il ? L’action de se ressouvenir est centrale en temps de détresse : le psalmiste l’applique à lui-même. Quand la situation est difficile, il cherche des exemples de libération dans l’histoire de son peuple. Ainsi, le peuple, au moment de l’exil, se souvient de la sortie d’Egypte et des quarante années passées dans le désert. L’espérance d’une nouvelle libération renaît.

Je suis un ver et non un homme - [Clés de lecture]

02 cl5 je suis un ver bis

Cette comparaison du psalmiste à un ver contraste avec l’expression du verset 2 « Mon salut reste loin des paroles de mon rugissement » qui fait allusion à la force du lion. L’image du ver évoque un animal sans défense, nu et méprisé. On peut penser à l’expression française « être nu comme un ver ». C’est une première image de sa fragilité physique et psychique. Il y en aura d’autres dans le Psaume. Pire, cet animal évoque le dégoût et le rejet puisqu’il peut être associé à la vermine. Le psalmiste décrit ainsi son état de déchéance physique et sociale. La dévalorisation par les ennemis et le rejet social sont des thèmes importants dans les psaumes : l’individu ne peut pas vivre en dehors de la communauté.
La déchéance sociale se caractérise par les injures, le rejet, les railleries des autres (versets 7 à 9). Ils ironisent sur l’aide que Dieu pourrait apporter au psalmiste. Ils mettent en doute la qualité du lien entre Dieu et le psalmiste, ils doutent du véritable pouvoir de Dieu à lui venir en aide. Ce ton ironique de la part des ennemis se retrouve dans le Nouveau Testament. Les évangiles selon Matthieu, Marc et Luc présentent des scènes similaires dans lesquelles Jésus est l’objet de moqueries de la part de ses adversaires. En revanche, l’évangile selon Jean ne présente pas Jésus ainsi.

La détresse est proche et personne pour secourir - [Clés de lecture]

02 cl6

Le psalmiste évoque sa naissance et l’état de fragilité du nouveau-né (versets 10 et 11) : c’est une deuxième image de sa fragilité physique. Il insiste sur le fait que sa naissance et sa survie dépendent de sa mère et de Dieu. Il réaffirme ce lien vital à Dieu et demande que cesse cet éloignement de Dieu à son égard (verset 12). La solitude du psalmiste est totale, il n’a à présent plus ni mère ni Dieu pour le soutenir. Dans sa détresse, il est convaincu qu’ aucune aide n’est possible. Les versets 13, 14 et 17 puis, plus loin, les versets 21 et 22 décrivent les ennemis sous la forme d’animaux féroces et dangereux : taureaux (v. 13), lions (v. 14 et 22), chiens (v. 17 et 21), puissants du Bashân (v. 13) qui seraient des bœufs vivant dans les montagnes de la rive nord-est du Jourdain, buffles (v. 22). C’est une troisième image de sa fragilité physique : comment se défendre face à ces animaux ? L’utilisation du bestiaire est typique de la culture orientale de l’époque.

Comme les eaux je me répands - [Clés de lecture]

02 cl7 comme les eaux

Aux versets 15 et 16, le lecteur peut apprécier le style poétique du psaume. La 4e image de la fragilité physique du psalmiste est rendue par le contraste entre l’élément liquide (l’eau, je m’écoule, la cire, il fond) et la sécheresse (devenue sèche, la langue me colle, la poussière). L’état de sécheresse évoque la perte totale des muscles et une maigreur extrême au verset 18 « Je peux compter tous mes os ». On retrouve ici l’exagération du style dans cette déchéance physique et psychique comme pour la description des ennemis. Une image similaire se trouve dans les psaumes 38 et 39. Cette déchéance physique n’est pas sans rappeler la Passion du Christ dans le Nouveau Testament : la sécheresse, la soif intense.

Les mains et les pieds - [Clés de lecture]

02 cl8 comme un lion

La fin du verset 17 est difficile à traduire. Le texte hébreu de l’Ancien Testament dit « Comme un lion, mes mains et mes pieds ». Etant donné que le verbe manque dans cette phrase, dans certaines versions on trouve alors une modification de cette expression « comme le lion » qui est alors traduite comme un verbe : « Ils ont percé, lié ou entaillé mes pieds et mes mains ».

Il est vrai que, d’après Philippe Lefebvre, dans l’Ancien Testament « les corps des messies et de leurs proches sont souvent menacés de transpercement », ce qui expliquerait cette modification. Cette évocation du transpercement se trouve en particulier dans le livre de Samuel.
(Source : Philippe LEFEBVRE, « Corps des messies chez Samuel », in: Pierre GISEL (éd.), Le corps, lieu de ce qui nous arrive. Approches anthropologiques, philosophiques, théologiques, Genève: Labor et Fides (coll. Lieux théologiques), 2008, p. 118.)

Ils se partagent mes habits - [Clés de lecture]

02 cl9 ils se partagent

Le partage des vêtements finit d’enlever toute identité au psalmiste. Le vêtement est en effet un signe d’appartenance sociale et un moyen de garder sa dignité et son identité. Cette action serait conforme à une pratique juridique attestée chez les Assyriens selon laquelle les accusateurs pouvaient se partager les vêtements d’un condamné à mort. Le psalmiste se retrouve dénudé et sans défense : sa situation fait écho à l’image du « ver nu » du verset 7. Le verset 19 est repris dans le Nouveau Testament par les quatre évangiles. Ils font référence au partage des vêtements concernant Jésus.

Tu m’as répondu ! - [Clés de lecture]

02 cl10 tu m'as répondu

Alors que tout semblait perdu aux yeux du psalmiste, la fin du verset 22 est un « coup de théâtre » : le psalmiste affirme que Dieu lui a répondu, sans toutefois dévoiler le contenu de la réponse qui met fin à l’angoisse des versets 2 et 3. De façon tout à fait inattendue, la deuxième partie du psaume du verset 23 à 32 bascule dans la louange. C’est assez inhabituel de trouver à la fois plainte et louange individuelle et invitation à la communauté à rejoindre le psalmiste pour louer Dieu. Par la louange, le psaume atteste à la communauté qu’il ne faut pas désespérer car Dieu n’abandonne pas celui qui lui fait confiance. La douleur, le doute et le désespoir qui caractérisent la lamentation ne sont jamais définitifs : le psaume en témoigne. Lire ce psaume, c’est une invitation au lecteur d’aujourd’hui à entrer dans le mouvement de ce texte.

Le personnage d’Esther dans l’Ancien Testament - [Contexte]

02 cx 1

 

Les lectures juives associent le psaume 22 au livre d’EstherVous pouvez vous reporter au module « Esther, cacher ou exposer sa foi ? » dont l’histoire est rappelée lors de la fête de Pourim. D’après ce livre biblique, Esther est une jeune femme juive déportée à Babylone. Elle devient reine des Perses et, grâce à sa position importante, sauve les Juifs du massacre.

Proposition de plan du psaume 22 - [Contexte]

Les commentateurs s’accordent pour une composition du psaume en deux grandes parties :

v. 1 Suscription
v. 2 à 22a : 1ère partie : Une plainte adressée à Dieu
v. 2 à 12 : le psalmiste se sent abandonné par Dieu malgré son appel à l’aide. Il s’interroge car, par le passé, ses pères ont toujours eu une réponse de la part de Dieu. Sa situation suscite les railleries de ses adversaires. Il réitère sa demande à l’aide.
v. 13 à 22a : l’environnement est très hostile au psalmiste. Il a tout perdu et est en danger de mort.
v. 22b : Seul Dieu peut le sauver et il répond à la fin du verset 22.
v. 23 à 32 : 2e partie : Une louange dans l’assemblée
v. 23 à 25 : le psalmiste loue le Seigneur et témoigne devant l’assemblée de ce qui lui est arrivé.
v. 26 à 27 : le bénéfice de la louange concerne également les pauvres.
v. 28 à 32 : la louange a une dimension universelle pour les générations actuelles et pour les générations futures.

Le silence de Dieu - [Contexte]

Le thème du silence de Dieu se retrouve dans plusieurs textes de l’Ancien Testament : le livre de Job, le livre de Jérémie, les Psaumes (Psaumes 69, 143). Dans le livre de JobVous pouvez consulter le module "En quête de sagesse avec Job", par exemple, tout au long des 38 premiers chapitres Job pose la question suivante : pourquoi tant de souffrances et d’épreuves lui sont infligées ? Job se trouve dans la même situation que le psalmiste du psaume 22 : il n’a pas de réponse. Malgré une réponse qui tarde à venir à l’échelle de la chronologie humaine, il a la conviction contre vents et marées que Dieu répondra. Ainsi il affirme au chapitre 19, verset 25 : « je sais que mon rédempteur est vivant ». Il rejette fermement l’argumentation de ses amis sur la cause de ses malheurs. La réponse de Dieu est décalée : il ne s’adresse à Job qu’à partir du chapitre 38.

Dans le Nouveau Testament, le silence de Dieu apparaît au moment de la mort de Jésus dans l’évangile selon Marc (Marc 15,33-37). Le verset 2 du psaume 22 est mis dans la bouche de Jésus sous forme de cri (le verbe grec utilisé est boaô : crier) : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». Aucune réponse de la part de Dieu n’arrive. Les personnages restent sur un malentendu au sens propre : ils entendent le prénom « Elie » et non pas le mot « Dieu » (Elôi).

Dieu cache sa face - [Contexte]

Le thème du Dieu caché s’articule avec le thème du silence de Dieu. Dans les textes de l’Ancien Testament, Dieu semble parfois se dérober et abandonner l’individu ou son peuple. Du moins, c’est ainsi que le psalmiste ressent ce qui lui arrive dans un premier temps de révolte, de souffrance, d’incompréhension, d’impatience. Un Dieu qui n’est pas toujours présent, c’est à la fois très déstabilisant et nécessaire. Un Dieu qui ne s’impose pas, laisse un espace pour la liberté et la responsabilité de l’être humain.

La fonction des ennemis dans le psaume 22 - [Contexte]

Dans les psaumes de complainte, le psalmiste est souvent attaqué par des animaux, par des guerriers. Tous veulent lui nuire, le faire mourir. Ce bestiaire illustre l’expérience humaine du psalmiste : il voit les autres comme des ennemis, désignés ici par des noms d’animaux. Dans le psaume 22, les ennemis sont apparus aux versets 7 et 8. Ils se moquent du psalmiste. La moquerie des ennemis est un thème typique des psaumes de lamentations : on le retrouve par exemple dans les psaumes 3, 10, 35 et 42. La fonction des ennemis est de mettre en évidence le questionnement du psalmiste qui cherche à s’assurer du soutien et de l’aide de Dieu dans un moment dramatique de son existence.

La déchéance physique peut être comprise comme isolement - [Contexte]

La déchéance physique, qui s’apparente à une maladie mortelle, peut être comprise comme l’état de séparation du psalmiste d’avec Dieu, une crise existentielle profonde. Dans l’Ancien Testament une telle crise est décrite sous la forme d’attaques d’ennemis. La mort évoquée n’est pas tant la mort physique du psalmiste mais une vie hors de la communauté en isolement et exclusion. La maladie mortelle est autant dans le corps que dans l’esprit. Il y a un va-et-vient entre des images physiques et psychiques.

La fête de Pourim - [Espace temps]

Ce qui est fêté à Pourim, c’est le repos des Juifs après la parution du décretvoir l’entrée “La violence légalisée" du module “Avec Esther: cacher ou exposer sa foi” autorisant les Juifs à se défendre de leurs ennemis. Ce n’est pas la victoire sanglante qui est au cœur de la fête, mais le souvenir de la délivrance obtenue. C’est aussi le renversement de situation qui est célébré : le peuple Juif est passé du tourment à la joie et du deuil à la fête. Cette fête ressemble d’ailleurs aux fêtes de Carnaval, avec des masques et des déguisements, avec une inversion des rôles et des places sociales, avec des réjouissances et la participation des enfants, avec des échanges de cadeaux et des dons distribués aux pauvres.

Lecture christologique de l’Ancien Testament - [Espace temps]

Les auteurs du Nouveau Testament reprennent des textes de l’Ancien Testament et y discernent des prophéties concernant Jésus. L’évangile selon Luc (Luc 4,16-21) place dans la bouche de Jésus le texte d'Esaïe annonçant la venue du Messie. Jésus déclare que cette parole est accomplie: il est le Messie dont parlait le prophète Esaïe. D’autres textes de l’Ancien Testament ont été interprétés par des auteurs chrétiens qui, à travers une lecture dite « christologique » (ou « christocentrique »), discernent dans des figures de l’Ancien Testament des « préfigurations » de Jésus. Ainsi, le destin de Joseph (Genèse 37 à 50) est considéré comme une annonce prophétique de la passion et de la résurrection du Christ. Cette lecture christologique de l’histoire de Joseph a largement inspiré les artistes chrétiens. Aujourd’hui, cette lecture est largement abandonnée, car à travers elle on ne regarde et n'apprécie plus les textes de l'Ancien Testament pour eux-mêmes, mais on les instrumentalise dans une lecture orientée.

JOSEPH

JESUS

Joseph est envoyé par son père et ses frères en Egypte.

Jésus est envoyé par Dieu aux hommes.

Joseph est trahi et vendu par ses frères.

Jésus est trahi et livré aux autorités.

Joseph est élevé au rang de « seigneur » en Egypte.

Ce serait une allusion anticipée à la résurrection du Christ.

Joseph a sauvé son peuple.

Jésus a sauvé l’humanité.

La réception du psaume 22 par les Pères de l’Eglise - [Espace temps]

 

Dans leur grande majorité, les Pères de l’Eglise découvrent le psaume 22 à partir du Nouveau Testament et de la citation du verset 2 du Psaume. C’est le point de départ pour leur commentaire. C’est le cas de Justin qui utilise dans son ouvrage intitulé Dialogue avec Tryphon le psaume 22 pour affirmer que le Christ accomplit l’Ecriture sur la croix et qu’il est bien le Messie. Ces différentes interprétations alimentent la controverse entre lecture juive et lecture chrétienne du psaume 22. Cette controverse se poursuit au Moyen-âge. Au 2e siècle, la réception du psaume 22 par le christianisme a donné lieu à plusieurs lectures possibles qui mettent par exemple l’éclairage :

  • sur la Passion du Christ (sa mort sur la croix) : c’est le cas de Justin dans son Dialogue avec Tryphon 103,7-8.
  • sur l’incarnation (Jésus est le fils de Dieu sur terre) : citons Origène dans son Traité des principes II,8,1.
  • sur la résurrection : Eusèbe de Césarée rapproche le verset 27 du psaume 22 et l’image de Jésus comme pain de vie, en référence à l’évangile selon Jean:
    Jean 6,35 Jésus leur dit : "C’est moi qui suit le pain de vie ; celui qui vient à moi n’aura pas faim ; celui qui croit en moi jamais n’aura soif".

Controverses entre juifs et chrétiens - [Espace temps]

La majorité des commentateurs chrétiens du Moyen-Age utilisent le psaume 22 dans leur argumentation. Ils font particulièrement référence aux versets suivants en les mettant en miroir avec le récit de la Passion du Christ :

  • Verset 2 : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » : ces paroles ont été prononcées par Jésus sur la croix ;
  • Verset 7 : l’image de « l’homme-ver » est associée à la naissance virginale de Jésus (au Moyen-Age, on considère que les vers naissent par génération spontanée) ;
  • Verset 8 : les moqueries des ennemis du psalmiste sont les moqueries des juifs à l’égard de Jésus ;
  • Versets 13 à 19 : ces versets décrivent les différents moments de la Passion et les souffrances physiques de Jésus.

Le psaume 22 sert alors à démontrer que, dès l’Ancien Testament, Jésus est annoncé comme étant le Messie. Les exégètes chrétiens du Moyen âge considèrent que le texte du psaume 22 est à attribuer de façon littérale au Christ. C’est, par exemple, l’ opinion de Thomas d’Aquin. Les exégètes juifs refusent les lectures christologiques du psaume 22. Pour eux, le Messie est toujours à venir.

Prier le psaume 22 aujourd’hui - [Espace temps]

Le psaume 22 décrit des sentiments universels de l’être humain : la détresse, le doute, l’interrogation, la souffrance mais aussi l’espoir, la confiance, voire la joie dans la deuxième partie. Cette prière est valable pour tous les temps et pour toute personne qui est dans la détresse, ainsi chacun peut se l’approprier.

La croix - [Espace temps]

Le fait d’attacher ou de fixer quelqu’un à une croix est un supplice utilisé par l’armée romaine d’occupation en Judée. Dans les textes des évangiles, ce supplice est infligé à Jésus. La croix est ainsi devenue le symbole du christianisme. Les églises et les cathédrales sont bâties en forme de croix.

L’annonce du Messie à venir - [Textes bibliques]

Jésus lit un passage du livre d’Esaïe et affirme que la prophétie est accomplie.

Luc 4,16-21 Il vint à Nazara où il avait été élevé. Il entra suivant sa coutume le jour du sabbat dans la synagogue, et il se leva pour faire la lecture. On lui donna le livre du prophète Esaïe, et en le déroulant il trouva le passage où il était écrit : L’Esprit du Seigneur est sur moi
parce qu’il m’a conféré l’onction
pour annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres.
Il m’a envoyé proclamer aux captifs la libération
et aux aveugles le retour à la vue,
renvoyer les opprimés en liberté,
proclamer une année d’accueil par le Seigneur.
Il roula le livre, le rendit au servant et s’assit ; tous dans la synagogue avaient les yeux fixés sur lui. Alors il commença à leur dire : « Aujourd’hui, cette écriture est accomplie pour vous qui l’entendez. »

Le verset 2 dans le Nouveau Testament - [Textes bibliques]

Le verset 2 est repris dans le récit de la Passion du Christ dans les évangiles selon Matthieu et selon Marc.

Fait remarquable, la phrase est dite en araméen par Jésus, mais comme Matthieu et Marc écrivent en grec, ils translittèrent l'araméen avec des lettres grecques. Ce qui donne dans l’alphabet français « Eli, Eli, léma sabachtani ? » (Matthieu 27,46) ou « Eloï, Eloï, léma sabachtani ? » (Marc 15,34). Puis le rédacteur de chaque évangile prend soin de donner la traduction de ce verset au lecteur: « Mon Dieu, mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ? »

Le récit de la passion du Christ dans l’évangile selon Marc - [Textes bibliques]

Voici le texte de la passion du Christ dans l’évangile selon Marc. Plusieurs versets du psaume 22 sont repris mais avec une chronologie inverse des événements par rapport au texte du psaume.

Marc 15,21-41 Ils réquisitionnent pour porter sa croix un passant, qui venait de la campagne, Simon de Cyrène, le père d’Alexandre et de Rufus. Et ils le mènent au lieu-dit Golgotha, ce qui signifie lieu du Crâne. Ils voulurent lui donner du vin mêlé de myrrhe, mais il n’en prit pas. Ils le crucifient, et ils partagent ses vêtements, en les tirant au sort pour savoir ce que chacun prendrait. Il était neuf heures quand ils le crucifièrent. L’inscription portant le motif de sa condamnation était ainsi libellée : « Le roi des Juifs ». Avec lui, ils crucifient deux bandits, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche. [ …] Les passants l’insultaient hochant la tête et disant : « Hé ! Toi qui détruis le sanctuaire et le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même en descendant de la croix. » De même, les grands prêtres, avec les scribes, se moquaient entre eux : « Il en a sauvé d’autres, il ne peut pas se sauver lui-même ! Le Messie, le roi d’Israël, qu’il descende maintenant de la croix, pour que nous voyions et que nous croyions ! » Ceux qui étaient crucifiés avec lui l’injuriaient.
A midi, il y eut des ténèbres sur toute la terre jusqu’à trois heures. Et à trois heures, Jésus cria d’une voix forte : « Eloï, Eloï, lama sabaqthani ? » ce qui signifie : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Certains de ceux qui étaient là disaient, en l’entendant : « Voilà qu’il appelle Elie ! » Quelqu’un courut, emplit une éponge de vinaigre et, la fixant au bout d’un roseau, il lui présenta à boire en disant : « Attendez, voyons si Elie va venir le descendre de là. » Mais, poussant un grand cri, Jésus expira. Et le voile du sanctuaire se déchira en deux du haut en bas. Le centurion qui se tenait devant lui, voyant qu’il avait ainsi expiré, dit : « Vraiment, cet homme était Fils de Dieu. » Il y avait aussi des femmes qui regardaient à distance, et parmi elles Marie de Magdala, Marie, la mère de Jacques le Petit et de José, et Salomé, qui le suivaient et le servaient quand il était en Galilée, et plusieurs autres qui étaient montées avec lui à Jérusalem.

Le psaume 22 et les évangiles - [Textes bibliques]

 

Ce tableau récapitule les citations des versets du psaume 22 dans les évangiles et dans la lettre aux Hébreux attribuée à Paul.

verset du
Psaume 22

Matthieu

Marc

Luc

Jean

Hébreux

2

27,46

15,34

     

8a

   

23,35

   

8b

27,39

15,29

     

9

27,43

       

16

     

19,28

 

19

27,35

15,24

23,34

19,23

 

23

       

2,12

d’après Michel GOURGUES, Les Psaumes et Jésus. Jésus et les Psaumes, Paris: Cerf (Cahiers Evangile N° 25), 1978, p. 62.

Les psaumes 69 et 143 - [Textes bibliques]

Dans les psaumes 69 et 143 le psalmiste insiste sur l'attente d’une réponse de Dieu. Une réponse d’autant plus souhaitée rapidement que la situation décrite est dramatique et angoissante. Le temps de l’attente rend compte de l’angoisse du psalmiste.

Psaume 69,14-19 SEIGNEUR, voici ma prière :
c’est le moment d’être favorable ;
Dieu dont la fidélité est grande,
réponds-moi, car tu es le vrai salut.
Arrache-moi à la boue ; que je ne m’enlise pas ;
que je sois arraché à ceux qui me détestent
et aux eaux profondes !
Que le courant des eaux ne m’emporte pas,
que le gouffre ne m’engloutisse pas,
que le puits ne referme pas sa gueule sur moi !
Réponds-moi, SEIGNEUR, car ta fidélité est bonne ;
selon ta grande miséricorde, tourne-toi vers moi,
et ne cache plus ta face à ton serviteur.
Je suis dans la détresse ; vite, réponds-moi ;
viens près de moi, sois mon défenseur ;
j’ai des ennemis, libère-moi.

Psaume 143,1 SEIGNEUR, écoute ma prière,
prête l’oreille à mes supplications,
par ta fidélité, par ta justice, réponds-moi !

Dieu délivre son peuple de l’esclavage en Egypte - [Textes bibliques]

La sortie d’Egypte est un épisode central de l’Ancien Testament (livre de l'Exode). Il raconte comment Dieu a fait sortir son peuple d’Egypte sous la conduite de Moïse et l’a délivré de l’esclavage. Dieu apparaît comme celui qui intervient dans l’Histoire et dont le pouvoir est plus grand que celui de Pharaon, le personnage le plus puissant politiquement. Cette délivrance est assortie dans le texte d’une visée pédagogique : le peuple doit se souvenir de la sortie d’Egypte afin d’interpréter, grâce à cette clé de lecture, tous les moments de difficulté et d’angoisse à venir.

On retrouve une référence à l’épisode de la sortie d’Egypte et au séjour passé dans le désert dans le psaume 78.
Psaume 78,1,2 et 52-55 O mon peuple, écoute ma loi,
tends l’oreille aux paroles de ma bouche.
Je vais ouvrir la bouche pour une parabole et dégager les leçons du passé. [...]
Il fait partir son peuple comme un troupeau,
il les mène au désert comme des brebis ;
il les guide avec sûreté, ils n’ont pas à trembler
quand la mer recouvre leurs ennemis.
Il les amène à son domaine sacré,
à cette montagne acquise par sa droite.
Il chasse devant eux des nations,
il leur distribue par lots un patrimoine,
il installe sous leurs tentes les tribus d’Israël.

(On peut lire tout ce psaume pour retrouver le récit de la traversée du désert).

Le peuple a faim et il est rassasié - [Textes bibliques]

Le peuple est en proie à la contestation car il craint de manquer de nourriture dans le désert. Dieu leur envoie de la nourriture (16,1-18) assortie de recommandations et de règles de partage (16,19-36).

Exode 16,1-4 et 27-31 Ils partirent d’Elim, et toute la communauté des fils d’Israël arriva au désert de Sîn, entre Elim et le Sinaï, le quinzième jour du deuxième mois après leur sortie du pays d’Egypte. Dans le désert, toute la communauté des fils d’Israël murmura contre Moïse et Aaron. Les fils d’Israël leur dirent : « Ah ! si nous étions morts de la main du SEIGNEUR au pays d’Egypte, quand nous étions assis près du chaudron de viande, quand nous mangions du pain à satiété ! Vous nous avez fait sortir dans ce désert pour laisser mourir de faim toute cette assemblée ! »
Le SEIGNEUR dit à Moïse : « Du haut du ciel, je vais faire pleuvoir du pain pour vous. Le peuple sortira pour recueillir chaque jour la ration quotidienne, afin que je le mette à l’épreuve : marchera-t-il ou non selon ma loi ? [...]
Or le septième jour, il y eut dans le peuple des gens qui sortirent pour en recueillir et ils ne trouvèrent rien. Le SEIGNEUR dit à Moïse : « Jusques à quand refuserez-vous de garder mes commandements et mes lois ? Considérez que, si le SEIGNEUR vous a donné le sabbat, il vous donne aussi, le sixième jour, le pain de deux jours. Demeurez chacun à votre place. Que personne ne sorte de chez soi le septième jour. » Le peuple se reposa donc le septième jour.
La maison d’Israël donna à cela le nom de manne. C’était comme de la graine de coriandre, c’était blanc, avec un goût de beignets au miel.

Jésus est l’objet de moqueries - [Textes bibliques]

Les évangiles selon Matthieu, selon Marc et selon Luc présentent des scènes similaires au psaume 22 : les adversaires de Jésus l’injurient et se moquent de lui. S’il est véritablement le fils de Dieu, ne devrait-il pas faire preuve de force et de pouvoir ?

Matthieu 27,39-44 Les passants l’insultaient, hochant la tête et disant : « Toi qui détruis le sanctuaire et le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même, si tu es le Fils de Dieu, et descends de la croix ! » De même, avec les scribes et les anciens, les grands prêtres se moquaient : « Il en a sauvé d’autres et il ne peut pas se sauver lui-même ! Il est Roi d’Israël, qu’il descende maintenant de la croix, et nous croirons en lui ! Il a mis en Dieu sa confiance, que Dieu le délivre maintenant, s’il l’aime, car il a dit : “Je suis Fils de Dieu !” » Même les bandits crucifiés avec lui l’injuriaient de la même manière.

Marc 15,29-32 Les passants l’insultaient hochant la tête et disant : « Hé ! Toi qui détruis le sanctuaire et le rebâtis en trois jours, sauve-toi toi-même en descendant de la croix. » De même, les grands prêtres, avec les scribes, se moquaient entre eux : « Il en a sauvé d’autres, il ne peut pas se sauver lui-même ! Le Messie, le roi d’Israël, qu’il descende maintenant de la croix, pour que nous voyions et que nous croyions ! » Ceux qui étaient crucifiés avec lui l’injuriaient.

Luc 23,35-38 Le peuple restait là à regarder ; les chefs, eux, ricanaient ; ils disaient : « Il en a sauvé d’autres. Qu’il se sauve lui-même s’il est le Messie de Dieu, l’Elu ! » Les soldats aussi se moquèrent de lui : s’approchant pour lui présenter du vinaigre, ils dirent : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même. » Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui : « C’est le roi des Juifs. »

 

L’homme paralysé de Béthesda - [Textes bibliques]

L’homme paralysé est convaincu qu’il ne peut pas guérir. Dans sa détresse, il ne pense pas avoir la force d’aller jusqu’au bassin.

Jean 5,2-9 Or il existe à Jérusalem, près de la porte des Brebis, une piscine qui s’appelle en hébreu Bethzatha. Elle possède cinq portiques, sous lesquels gisaient une foule de malades, aveugles, boiteux, impotents. Il y avait là un homme infirme depuis trente-huit ans. Jésus le vit couché et, apprenant qu’il était dans cet état depuis longtemps déjà, lui dit : « Veux-tu guérir ? » L’infirme lui répondit : « Seigneur, je n’ai personne pour me plonger dans la piscine au moment où l’eau commence à s’agiter ; et, le temps d’y aller, un autre descend avant moi. » Jésus lui dit : « Lève-toi, prends ton grabat et marche. » Et aussitôt l’homme fut guéri ; il prit son grabat, il marchait.

Les ennemis qui se moquent du psalmiste - [Textes bibliques]

Différents passages des psaumes utilisent le thème de la moquerie des ennemis envers le psalmiste. Les ennemis posent toujours la question du pouvoir de Dieu lorsque le psalmiste est dans une situation dramatique.

Psaume 3,2-3 SEIGNEUR, que mes adversaires sont nombreux :
nombreux à se lever contre moi,
nombreux à dire sur moi :
« Pas de salut pour lui auprès de Dieu ! »Psaume 10,4-7 Dans sa suffisance, l’impie ne cherche plus :
« Il n’y a pas de Dieu », voilà toute son astuce.
Sa réussite se confirme en tout temps,
là-haut, tes sentences sont trop loin de lui ;
il crache sur tous ses adversaires.
Il se dit : « Je suis inébranlable,
il ne m’arrivera jamais malheur. »
Sa bouche est pleine de malédiction,
de tromperie et de violence ;
il a sous la langue forfait et méfait.

Psaume 35,21 La bouche grande ouverte contre moi,
Ils disent : « Ah ! ah ! notre œil l’a vu. »

Psaume 42,4 et 11 Jour et nuit,
mes larmes sont mon pain,
quand on me dit tous les jours :
« Où est ton Dieu ? » [...]
Mes membres sont meurtris,
mes adversaires m’insultent
en me disant tous les jours :
« Où est ton Dieu ? »

L’extrême faiblesse physique - [Textes bibliques]

Le thème de l’extrême faiblesse physique se retrouve dans le psaume 38. Ici l’image utilisée est celle de la fièvre (verset 8) qui s’apparente à l’image de la sécheresse du psaume 22. Au début du psaume 39, il s’agit également d’une image de brûlure (verset 4 : le cœur).

Psaume 38,4-9 Rien d’intact dans ma chair, et cela par ta colère,
rien de sain dans mes os, et cela par mon péché !
Car mes fautes ont dépassé ma tête,
comme un pesant fardeau, elles pèsent trop sur moi.
Mes plaies infectées suppurent,
et cela par ma sottise.
Je suis courbé et tout prostré ;
sombre, je me traîne tous les jours,
car mes reins sont envahis par la fièvre,
plus rien n’est intact dans ma chair.
Je suis engourdi, tout brisé,
mon cœur gronde, je rugis.Psaume 39,3-5 Je me suis enfermé dans le silence,
et plus qu’il n’était bon, je me suis tu.
Ma douleur devint insupportable,
mon cœur brûlait dans ma poitrine.
Obsédé, et brûlé par un feu,
j’ai laissé parler ma langue :
SEIGNEUR, fais-moi connaître ma fin
et quelle est la mesure de mes jours,
que je sache combien je suis éphémère !

La soif intense - [Textes bibliques]

La soif intense est un des éléments de la souffrance du Christ lors de sa crucifixion. On retrouve cet élément dans les quatre évangiles. L’eau que les personnages proposent au Christ est imbuvable car elle est mélangée à du vinaigre ou du fiel. Une action similaire est évoquée dans le psaume 69:

Psaume 69,22 « Ils ont mis du poison dans ma nourriture ; quand j’ai soif, ils me font boire du vinaigre ».
La soif n’est pas à comprendre uniquement dans son aspect physique. Plus largement, il s’agit d’une soif d’autre chose comme l’illustre le chapitre 4 de l’évangile selon Jean. La tradition catholique note l’expression « j’ai soif » comme la cinquième parole du Christ que l’on trouve dans Jean 19,28. Les sept paroles du Christ ont inspiré peintres et musiciens.
Matthieu 27,34 et 48-50 ils lui donnèrent à boire du vin mêlé de fiel. L’ayant goûté, il ne voulut pas boire. [...]
Aussitôt l’un d’eux courut prendre une éponge qu’il imbiba de vinaigre ; et, la fixant au bout d’un roseau, il lui présenta à boire. Les autres dirent : « Attends ! Voyons si Elie va venir le sauver. » Mais Jésus, criant de nouveau d’une voix forte, rendit l’esprit.
Marc 15,23 et 36 Ils voulurent lui donner du vin mêlé de myrrhe, mais il n’en prit pas. [...]
Quelqu’un courut, emplit une éponge de vinaigre et, la fixant au bout d’un roseau, il lui présenta à boire en disant : « Attendez, voyons si Elie va venir le descendre de là. »Luc 23,36-37 Les soldats aussi se moquèrent de lui : s’approchant pour lui présenter du vinaigre, ils dirent : « Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même. »
Jean 19,28-30 Après quoi, sachant que dès lors tout était achevé, pour que l’Ecriture soit accomplie jusqu’au bout, Jésus dit : « J’ai soif » ; il y avait là une cruche remplie de vinaigre, on fixa une éponge imbibée de ce vinaigre au bout d’une branche d’hysope et on l’approcha de sa bouche. Dès qu’il eut pris le vinaigre, Jésus dit : « Tout est achevé » et, inclinant la tête, il remit l’esprit.

Le transpercement dans le livre de Samuel - [Textes bibliques]

Le transpercement du corps de personnages importants comme David ou Jonathan se retrouve dans plusieurs passages du livre de Samuel. David échappe aux coups de lance de Saül, Jonathan est victime d’une attaque semblable.

1Samuel 18,11 Saül jeta la lance et dit : « Je vais clouer David au mur ! » Mais David, par deux fois, l’évita.

1Samuel 19,10 Saül chercha à clouer David au mur avec sa lance, mais David esquiva le coup de Saül, et la lance de Saül se planta dans le mur. David prit la fuite et s’échappa cette nuit-là.

1Samuel 20,33 Saül jeta la lance contre lui pour le frapper. Jonathan sut alors que c’était chose décidée de la part de son père de mettre à mort David.

L’aveugle Bartimée - [Textes bibliques]

Le manteau est l’unique bien de Bartimée. Il l’utilise comme vêtement, étalé devant lui pour délimiter sa place et pouvoir mendier, lui donnant en quelque sorte une identité. A l’appel de Jésus, il jette son manteau, comme s'il se débarrassait de sa vie d'aveugle et de mendiant, de sa « vieille peau » pour quelque chose de nouveau.

Marc 10,46-52 Ils arrivent à Jéricho. Comme Jésus sortait de Jéricho avec ses disciples et une assez grande foule, l’aveugle Bartimée, fils de Timée, était assis au bord du chemin en train de mendier. Apprenant que c’était Jésus de Nazareth, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, aie pitié de moi ! » Beaucoup le rabrouaient pour qu’il se taise, mais lui criait de plus belle : « Fils de David, aie pitié de moi ! » Jésus s’arrêta et dit : « Appelez-le. » On appelle l’aveugle, on lui dit : « Confiance, lève-toi, il t’appelle. » Rejetant son manteau, il se leva d’un bond et il vint vers Jésus. S’adressant à lui, Jésus dit : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » L’aveugle lui répondit : « Rabbouni, que je retrouve la vue ! » Jésus dit : « Va, ta foi t’a sauvé. » Aussitôt il retrouva la vue et il suivait Jésus sur le chemin.

Le partage des vêtements - [Textes bibliques]

Le verset 19 du psaume 22 est le seul verset qui est repris par les quatre évangiles :

Matthieu 27,35 Quand ils l’eurent crucifié, ils partagèrent ses vêtements en tirant au sort.

Marc 15,24 Ils le crucifient, et ils partagent ses vêtements, en les tirant au sort pour savoir ce que chacun prendrait.

Luc 23,34 Jésus disait : « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font. » Et, pour partager ses vêtements, ils tirèrent au sort.

Jean 19,23-24 Lorsque les soldats eurent achevé de crucifier Jésus, ils prirent ses vêtements et en firent quatre parts, une pour chacun. Restait la tunique : elle était sans couture, tissée d’une seule pièce depuis le haut. Les soldats se dirent entre eux : « Ne la déchirons pas, tirons plutôt au sort à qui elle ira », en sorte que soit accomplie l’Ecriture : Ils se sont partagé mes vêtements, et ma tunique, ils l’ont tirée au sort. Voilà donc ce que firent les soldats.

La louange du psaume 22 - [Textes bibliques]

Dans la deuxième partie du psaume 22, à partir du verset 23, le ton change. On retrouve les caractéristiques d’un psaume de louange : le psalmiste témoigne publiquement de l’action de Dieu envers lui et invite la communauté à le rejoindre dans cette louange à Dieu (verset 23 à 25). C’est l’occasion de rassembler la communauté autour du repas de fête (verset 27). Le psaume 22 se termine par cette affirmation : la transmission aux générations futures du témoignage de l’action de Dieu.

Psaume 22,22-32 […] Tu m’as répondu !
je veux raconter ton nom à mes frères
et au milieu de l’assemblée je te louerai :
Ceux qui craignent le SEIGNEUR, louez-le !
Vous tous, descendance de Jacob, glorifiez-le !
Vous tous, descendance d’Israël, redoutez-le !
Il n’a pas rejeté ni dédaigné la pauvreté du pauvre ;
il ne lui a pas caché sa face ;
et quand il criait vers lui, il a entendu.
De toi vient ma louange ! Dans la grande assemblée,
j’accomplis mes vœux devant ceux qui le craignent :
Les humbles mangeront et seront rassasiés ;
ils loueront le SEIGNEUR, ceux qui cherchent le SEIGNEUR :
« Que votre cœur vive pour toujours ! »
Les confins de la terre se souviendront et reviendront vers le SEIGNEUR ;
toutes les familles des nations se prosterneront devant sa face :
Au SEIGNEUR, la royauté ! Il domine les nations.
Tous les gras de la terre ont mangé : les voici prosternés devant sa face !
Devant sa face, se courbent tous ceux qui descendent vers la poussière :
leur être n’est pas resté en vie.
Une descendance le servira Adonaï ;
on parlera du Seigneur à cette génération ;
ils viendront et ils raconteront sa justice,
au peuple qui va naître ce que Dieu a fait.

.

Psaume 13 « Jusqu’à quand m’oublieras-tu ? » - [Textes bibliques]

Le psaume 13 est un autre exemple dans lequel le psalmiste témoigne de son sentiment d’abandon de la part de Dieu. Le psaume se termine cependant par la confiance que le psalmiste garde en Dieu et par la louange.

Psaume 13,1-6 Du chef de chœur. Psaume de David.
Jusqu’à quand, SEIGNEUR ? M’oublieras-tu toujours ?
Jusqu’à quand me cacheras-tu ta face ?
Jusqu’à quand me mettrai-je en souci,
le chagrin au cœur tout le jour ?
Jusqu’à quand mon ennemi aura-t-il le dessus ?
Regarde, réponds-moi, SEIGNEUR mon Dieu !
Laisse la lumière à mes yeux, sinon je m’endors dans la mort,
mon ennemi dira : « Je l’ai vaincu »,
et mes adversaires jouiront de ma chute.
Moi, je compte sur ta fidélité :
que mon cœur jouisse de ton salut,
que je chante au SEIGNEUR pour le bien qu’il m’a fait !

Le commentaire du psaume 22 par Luther - [Aller plus loin]

Le réformateur Martin Luther a commenté le psaume 22 à l’occasion d’un cours donné à Wittenberg en Allemagne entre août 1519 et avril 1521. Dès la suscription, il propose une lecture christologique du texte. Il affirme que l’image de la « biche de l’aurore » est en réalité le Christ souffrant. Il fait référence à la passion du Christ.
« C’est pourquoi David, de même qu’il l’avait fait avec le mot biche, semble pareillement avoir placé ici une aurore allégorique, afin d’entraîner le fidèle qui le lit de la biche charnelle à la biche spirituelle, qui est le Christ. En effet, pourquoi dirait-il biche de l’aurore plutôt que n’importe quel autre moment ? Mais le Christ est la Biche de l’aurore parce que lui-même, ayant souffert, l’a emporté sur la loi, détruit le péché, vaincu la mort, et qu’il a fait se lever un nouveau siècle et un nouveau jour, dans lequel commença la grâce, la vie et le salut ! Le sens est donc que ce psaume a été à l’adresse du Christ, auteur de la rénovation de tous, le "vieil être" […] ayant été emporté par sa Passion. Ainsi la nuit est avancée, et l’aurore est là, et le jour s’est approché ! »
Martin LUTHER, Œuvres, Tome XVIII, Etudes sur les psaumes, Genève: Labor et Fides, 2001, p. 397.

"Les prophètes annoncent la venue de Jésus à la lettre" - [Aller plus loin]

Thomas d’Aquin (1225 – 1274) est un théologien italien appartenant à l’ordre des dominicains. Il enseigne la théologie à Paris. Son ouvrage principal rédigé entre 1266 et 1273 est la Somme théologique. Il affirme dans son commentaire du psaume 22 que le texte doit être appliqué au sens littéral au Christ :

« Ainsi qu’on l’a dit plus haut, il en va ici comme dans les autres prophéties : il s’agit de certains personnages alors présents, mais qui étaient des figures du Christ et de certains faits relevant de la prophétie elle-même. Et il arrive donc parfois que l’on présente certaines choses concernant le Christ qui échappent aux limites de l’histoire. Et parmi elles, il y a ce psaume-ci, qui traite d’une manière spéciale de la Passion du Christ. Et tel est justement son sens littéral. C’est spécialement ce psaume que le Christ a dit lors de sa Passion, lorsqu’il s’écria : Hely, hely, lama sabacthani, ce qui veut dire : Dieu, mon Dieu, selon les premiers mots du même psaume. Aussi, bien que ce psaume au sens figuré soit dit de David, il doit spécialement être référé au Christ au sens littéral. »

Texte de Thomas d’Aquin cité dans : Service biblique évangile et vie, Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? psaume 22, Paris: Cerf (Cahier Evangile n° 121 supplément), septembre 2002, p. 77-78.

Extraits de textes de Justin, Origène, Eusèbe de Césarée - [Aller plus loin]

Justin, Dialogue avec Tryphon 103,7-8
« La parole : Comme de l’eau, tous mes os se sont répandus et ont été dispersés, mon coeur est devenu comme de la cire qui fond au milieu de mon ventre [Psaume 22,15], c’est bien ce qui lui [Jésus] est arrivé en cette nuit-là lorsqu’ils ont marché contre lui au mont des Oliviers pour le prendre : c’était une prédiction. (…) Il est clair que son cœur était tremblant, ses os pareillement, que son cœur semblait de la cire fondue dans son ventre, afin que nous sachions que le Père avait voulu que son propre Fils se trouve véritablement à cause de nous dans de telles souffrances, et que nous ne disions pas que, comme Fils de Dieu, il n’était pas saisi par ce qui survenait et lui arrivait ».

Origène, Traité des principes, II,8,1
« Dans le psaume 21 [c.à.d. Ps 22 TM] il a été dit du Christ – car il est certain que ce psaume est écrit au nom du Christ lui-même, comme l’atteste l’évangile - : Seigneur, ne tarde pas à me secourir, cherche à me défendre, délivre mon âme de l’épée, et mets à l’abri de la patte des chiens ma fille unique [= mon âme Ps 22,20-21]. Il y aurait beaucoup d’autres témoignages sur l’âme du Christ incarné. »

Eusèbe de Césarée, Sur le psaume 21 [c.à.d. 22 TM] PG 23,212C
« Lorsque les pauvres mangent, dit l’Ecriture, et lorsque ayant mangé ils sont rassasiés (ou repus, selon Symmaque), alors ils loueront le Seigneur, ceux qui le cherchent. [Ps 22,27] Après avoir mangé la nourriture qui leur a été donnée par lui, et après l’avoir cherché, ils auront le beau fruit qui est montré ensuite : Leurs cœurs vivront pour les siècles des siècles [Ps 22,27]. Car le pain de vie [Evangile selon Jean 6,35], qui leur a été offert par lui [Jésus], sera pour eux cause d’immortalité et de vie éternelle. »

Service biblique évangile et vie, Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? psaume 22, Paris: Cerf (Cahier Evangile n° 121 supplément), septembre 2002, p. 30-31 et 40- 41.

La crucifixion : un événement interprété - [Aller plus loin]

L’exégète Bernd Janowski propose une analyse du texte de la crucifixion dans l’évangile selon Marc en soulignant les liens avec la tradition des psaumes de lamentation, en particulier avec la première partie du psaume 22 (versets 1 à 22) et le psaume 69 :

« En résumé : le récit de la crucifixion n’est pas un compte rendu historique, mais correspond dès le départ à un événement interprété. Pour ce faire, l’auteur a fait appel aux psaumes de lamentation, Ps 22 et 69, qu’il reprend thématiquement ou linguistiquement, à l’exception du Ps 22,2a qui est cité dans Mc 15,34a. Ces allusions s’opèrent sur trois niveaux du texte : au niveau du narrateur de l’évangile, qui utilise la langue des psaumes comme la sienne propre (Mc 15,24.29.30s.34b [traduction].36), au niveau du personnage principal du récit (Jésus) qui, comme le narrateur, se sert de la langue des psaumes comme de la sienne et enfin au niveau des personnages secondaires, qui reprennent les psaumes à leur propre compte (Mc 11,9s). L’emploi des psaumes dans le récit de la Passion de Marc est caractérisé par le fait que les textes vétérotestamentaires "ne sont jamais considérés comme des parties de textes, et donc jamais comme des textes provenant d’ailleurs" [Löning, Funktion des Psalters, p. 271]. Ils fonctionnent "toujours comme des éléments qui font partie intégrante du texte proposé par l’auteur Marc" [Löning, Funktion des Psalters, p. 271]. Intégrés dans le texte, ces éléments l’interprètent dans l’horizon des expériences religieuses d’Israël. […]La citation du Ps 22,2 dans le récit de la crucifixion selon Marc devient dans cette perspective un indice herméneutique révélateur. La référence aux psaumes n’est pas le fait du hasard, mais voulue par Marc ou par la tradition qui le précède. Cette référence est la condition-cadre à la formulation de la croyance en la résurrection. Elle montre que la christologie néotestamentaire est principalement une "christologie des psaumes" [Zenger, Buch der Psalmen, p. 326]. L’importance de la spiritualité vétérotestamentaire de la lamentation pour la compréhension chrétienne de la mort et de la résurrection de Jésus prouve que les psaumes de lamentation font partie intégrante de la prière chrétienne. Le temps semble être venu de donner à cette compréhension à nouveau sa valeur (qui n’est point nouvelle) tant en théologie que dans la pratique de l’Eglise ».
Bernd JANOWSKI, Dialogues conflictuels avec Dieu. Une anthropologie des Psaumes, Genève: Labor et Fides (coll. Le monde de la Bible N° 59), 2008, p. 392-393.

Le silence de Dieu - [Aller plus loin]

Lors des conférences du Carême protestant de 1995 Gérard Delteil a parlé de la réception chrétienne du verset 2 du psaume 22 « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». Il s’appuie sur le texte de Marc 15,21 à 16,8 et porte un éclairage sur le silence de Dieu. En voici quelques extraits :

« Nous sommes tous aux prises avec l’absence. […] La plainte est là comme un appel qui reste souvent sans réponse.
La foi chrétienne porte en elle la question de l’absence. Une croix est au centre : la mort de l’homme et le silence de Dieu. Comment ce signe, qui était pour les premiers chrétiens la mémoire du malheur, et même de l’infamie, a-t-il pu devenir un emblème d’espérance ? Par quel retournement ?
Dès les origines, la communauté chrétienne rencontre la question de l’absence : Jésus disparu, où le rejoindre ? Celui qu’on a perdu peut-il être rencontré à nouveau aujourd’hui ? Comment l’absent peut-il se rendre présent ? Les évangiles portent la trace de ces questions, et y apportent diverses réponses. […]
Nous ne pouvons pas imaginer le choc que fut la mort de Jésus pour ceux qui l’avaient suivi, et qui avaient espéré que, par lui, le règne de Dieu était en route, allait enfin venir. […] Cette fin signe la mort de leur espérance. Si Jésus était le messie, il ne pouvait pas mourir. Un Messie ne meurt pas. […]
Ce qui frappe d’abord, c’est l’absence de toute idéalisation. La mort de Jésus n’est pas une mort noble, où le héros même vaincu apparaît transfiguré. Ce n’est même pas une mort sereine, pacifiée. La vie de Jésus chez Marc se brise sur un cri d’épouvante, sur l’effroi d’être abandonné par Dieu. C’est une mort tragique. […]
Plus surprenante apparaît la place faite à la dérision. Dans ce récit sobre, laconique presque comme un procès-verbal, les discours de dérision occupent une place étonnante. Il y a là une mise en scène où Jésus cloué en croix est objet de dérision de la part de divers personnages : les soldats, les spectateurs, les grands prêtres et les scribes, les autres suppliciés. Que traduit ce discours de la dérision ? Il oppose à la croix une contre-image, celle d’un messie tout-puissant qui échapperait à la souffrance au lieu de la subir, et dont le triomphe serait justement de s’évader de la croix. […]
Enfin la déréliction, le cri d’abandon de Jésus. Tout au long du récit, Jésus est objet : objet de violence, objet de sarcasmes, objet de spectacle. Soudain, à l’agonie, il redevient sujet. "Il cria d’une voix forte : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?". Ces mots sont la reprise du Psaume 22, la plainte du juste souffrant. Jésus meurt sur une question. La question la plus humaine, la plus dramatiquement humaine devant la souffrance : pourquoi ? Pourquoi m’as-tu abandonné ? Jésus a-t-il jamais prié ainsi ? C’est comme une déchirure entre lui et son Père : le gouffre de l’absence, pire : de l’abandon.
Luc et Jean écriront autrement la fin. Les derniers mots de Jésus seront d’apaisement ou d’accomplissement. Rien de tel chez Marc. Jésus ne prononce qu’une seule parole sur la croix : ce cri. Comme un appel. Comme un abîme : d’horreur ? d’incompréhension ? de révolte ? Jésus meurt sur une question sans réponse. Et rien. Aucune voix. Aucun signe. Aucun secours d’en-haut. Rien.Le scandale de cette mort reste là, béant. Rien qui vienne l’atténuer. La croix reste ici une énigme. […]
Marc, lui, plus fortement, plus sobrement que tous les autres, me dit l’absence comme la trace d’une présence. Son récit est tissé de silences : le silence de Jésus pendant son procès, sous les outrages des soldats ; son silence sur la croix jusque à l’ultime cri. Le silence de Dieu devant le cri de Jésus. Le silence des femmes au matin de Pâques. Tout se dit entre ces silences, comme quelque chose qui se chuchoterait à mi-voix. […]
Peut-on mieux dire que l’Evangile est le renversement de toutes nos images de Dieu ? Nous associons presque toujours Dieu à quelque pouvoir surnaturel, à quelque pouvoir au-dessus de tous les pouvoirs, qui nous ferait échapper à notre condition humaine. Le rêve religieux de tous les temps, c’est d’échapper à nos limites, à notre finitude, c’est un rêve de toute-puissance.
Mais ici, Dieu se dit dans la faiblesse, non dans la puissance. Dans la nuit, non dans la clarté. Dans la peur et la révolte, non dans l’apaisement. C’est l’absence, qui est trace de la présence. La mort de Jésus exorcise toute image de Dieu qui ne serait pas celle d’un amour allant jusqu’à l’extrême du don. […] »

La fonction des ennemis - [Aller plus loin]

L’exégète Michaela Bauks explique la fonction des ennemis dans le psaume 22. Il ne s’agit pas d’une simple dramatisation de l’histoire mais la mise en évidence du thème principal des lamentations, c’est-à-dire une interrogation sur la relation à Dieu :

« La description des ennemis connaît plusieurs formes stéréotypées, souvent confondues, afin d’intensifier encore la perception de la situation dangereuse dans laquelle se trouve l’orant. Dans le Ps 22, les ennemis sont présentés sous forme métaphorique, souvent comme des bêtes : taureaux (v.13.22), lion (14.22) ; chiens (17.21). Ensemble avec les héritiers (19) et la notion de l’épée (21) les bêtes forment toute une armée d’offenseurs qui ne symbolisent rien d’autre que la dissolution de l’orant en face de la mort, comme elle est décrite au v.15s.
La fonction des ennemis consiste dans le fait de faire apparaître le thème principal des lamentations : c’est le débat intérieur de l’orant qui cherche à se rassurer au sujet de Dieu, pour rassurer sa foi en surmontant une situation de crise. […]
On peut prolonger l’argumentation pour interpréter le Ps 22 en tant que lamentation d’un individu abandonné par Dieu. Les v. 2-22 sont une description de sa détresse personnelle qu’il a projetée sur les différents groupes d’ennemis. Les descriptions sont assez floues, elles ne parlent ni d’attaques ni d’actions concrètes des ennemis. Elles témoignent de leur présence sous des formes multiples. L’hypothèse selon laquelle les ennemis ne seraient qu’une projection de l’orant explique plusieurs moyens stylistiques utilisés dans ce psaume : l’hyperbole concernant le grand nombre d’ennemis, la description de leur inactivité (sauf au v. 19), leur disparition soudaine dans la deuxième partie du psaume ainsi que l’absence de leur punition. »
Michaela BAUKS, « La délivrance de la maladie mortelle selon le psaume 22 », in Représentations des maladies et de la guérison dans la Bible et ses traditions, Actes du colloque 1er et 2 décembre 2000, textes recueillis par Jean-Marie Marconot, Université Paul-Valéry, Recherche Biblique Interdisciplinaire, Université de Montpellier III, p. 38 et 40.

Les animaux dans la culture et l’iconographie orientales - [Aller plus loin]

Les animaux sont souvent utilisés dans l’iconographie orientale. Il s’agit d’une représentation métaphorique des ennemis du psalmiste :

« Dans l’iconographie orientale, les démons et les ennemis prennent souvent la forme d’animaux. Lion, taureau et serpent représentent des forces surnaturelles en symbolisant dans les bons cas des dieux et dans les mauvais cas des démons antagonistes de l’ordre cosmique. Un autre type d’animal sont les chiens qui entourent les villes, et qui sont des vagabonds, qui attendent la chance d’attaquer ceux qui sont bien intégrés dans l’ordre social et cosmique. Une catégorie tout à fait importante dans ce contexte est celle du dehors et du dedans : le temple, la maison, la ville et l’appartenance à un peuple caractérisent le fait d’être dedans. Les ennemis sont très souvent ceux qui sont dehors. Souvent ils prennent la forme des chasseurs, des guerriers qui essaient de vaincre la victime par ruse, par des fossés, des pièges, des filets etc. Ils se servent d’armes peu visibles qui montrent leur sang-froid et leur manque de scrupule. La présentation comme guerriers atroces qui s’enlèvent (qûm), entourent (sbb) et se dressent (shît) sont des métaphores de l’occupation totale qui se terminera par l’extinction de l’orant.
Or, en effet l’autorité de l’ennemi est bien limitée. Les psaumes et autres textes promettent des bénédictions à tous ceux qui sont fidèles et des malédictions à tous ceux qui sont en opposition avec l’ordre divin. Ceux qui suivent l’ordre divin n’ont rien à craindre. Ils seront protégés et sauvés par Dieu des mauvaises actions. »
Michaela BAUKS, « La délivrance de la maladie mortelle selon le psaume 22 », in Représentations des maladies et de la guérison dans la Bible et ses traditions, Actes du colloque 1er et 2 décembre 2000, textes recueillis par Jean-Marie Marconot, Université Paul-Valéry, Recherche Biblique Interdisciplinaire, Université de Montpellier III, p. 31.

Le lecteur d’aujourd’hui et le psaume 22 - [Aller plus loin]

Catherine Vialle explique comment le lecteur d’aujourd’hui peut, selon elle, recevoir et s’approprier le psaume 22 :

« Mais le lecteur peut-il partager l’espérance et la louange du psalmiste, quand certains psaumes font avant tout retentir les pleurs et les lamentations ? Oui, et pour trois raisons importantes. D’abord, parce que même dans la plus noire détresse, le psalmiste s’adresse encore à Dieu : sa communion avec Dieu n’est pas rompue, même s’il va jusqu’à accuser Dieu de l’avoir abandonné (par ex. Ps 22,2 : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? J’ai beau rugir, mon salut reste loin »). Le fait d’adresser à Dieu sa plainte témoigne encore, en creux, d’une espérance que le lecteur est invité à faire sienne. Ensuite, le lecteur ne doit pas oublier que chacun des psaumes fait partie de l’ensemble plus vaste du Psautier, ouvrage tout entier orienté vers la louange. Si les psaumes de lamentation sont bien présents, ils ne sont jamais le dernier mot du Psautier. Enfin, les psaumes de lamentations doivent être lus, paradoxalement, comme des témoignages de l’action salutaire de Dieu : le fait que ces mots aient été écrits et que nous puissions les lire témoigne que leur auteur a été sauvé, même si cela n’est pas toujours mentionné explicitement. »
Catherine VIALLE, « Le lecteur implicite et le lecteur réel du psautier » in: Jean-Marie AUWERS, Elena DI PEDE, Dany NOCQUET, Jacques VERMEYLEN, Catherine VIALLE, André WENIN, Psaumes de la Bible, Psaumes d’aujourd’hui, Paris: Cerf/Mediaspaul (coll. Lire la Bible), 2011, p. 104.

Les mosaïques de Saint-Marc à Venise - [Culture]

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La basilique Saint-Marc à Venise est ornée d’une série de mosaïques qui racontent les épisodes importants de l’histoire de Joseph et ses frères. La mosaïque en illustration représente le moment où Joseph est vendu par ses frères. Joseph ressemble au Christ : il a un visage similaire à de nombreuses représentations du Christ ; son geste de la main est semblable au geste de bénédiction du Christ (Source: Joseph et ses frères. Les mosaïques de Saint-Marc à Venise, Paris:Cerf, 1987, p. 10.)

Voici pour comparaison une représentation du Christ sur la mosaïque de la Déisis à Sainte-Sophie (Istanbul, Turquie).

Les sept dernières paroles du Christ - [Culture]

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Voici trois des sept tableaux qu’a peints l’artiste contemporaine Macha Chmakoff, inspirée par les sept dernières paroles du Christ. Elle résume ainsi sa démarche : "La peinture, à condition qu'elle résiste à la tentation de l'anecdotique et du spectaculaire, peut entraîner le spectateur au-delà de la surface de la toile pour le mettre en contact avec l'intime du mystère ... comme si la toile absorbait en sa surface colorée notre extériorité pour nous permettre de nous rendre un instant au point aveugle de nous-mêmes, là où, irrémédiablement, une parcelle de divin s'est inscrite."

Deux œuvres musicales inspirées par les sept paroles du Christ - [Culture]

 

Plusieurs œuvres musicales ont été composées à partir des sept paroles attribuées au Christ sur la croix. Le verset 2 du psaume 22, repris dans les évangiles selon Matthieu et selon Marc, correspond à la 4e parole du Christ.

1ère parole : Luc 23,34 « Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font »

2e parole : Jean 19,26-27 « Femme, voici ton fils » « Voici ta mère »

3e parole : Luc 23,43 « En vérité, je te le dis, aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis »

4e parole :Matthieu 27,46 et Marc 15,34 « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

5e parole : Jean 19,28 « J’ai soif »

6e parole : Jean 19,30 « Tout est achevé »

7e parole : Luc 23,46 « Père, entre tes mains, je remets mon esprit »

Le compositeur allemand Félix Mendelssohn-Bartholdy (1809 – 1847) a composé un motet (op. 78, n° 3 en 1844) intitulé Mein Gott, warum hast du mich verlassen (Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?) qui reprend presque tout le texte du psaume 22.
Le compositeur autrichien Joseph Haydn (1732 – 1809) a composé trois versions de l’œuvre intitulée « Les sept dernières paroles du Christ en croix » : une version pour orchestre en 1787, une version pour quatuor à cordes en 1788 et une version pour orchestre, chœur et solistes en allemand en 1796.

Septante

Traduction grecque de la Bible hébraïque entreprise par les communautés juives d'Alexandrie en Egypte au 3e siècle av. JC. Elle était destinée aux juifs qui ne connaissaient plus l'hébreu. La légende veut que 72 (septante deux) savants juifs, travaillant en différents lieux et sans se consulter, soient arrivés à la même traduction en 72 (septante deux) jours. D'où le nom de " Septante " que l’on abrège aussi parfois en chiffres romains : LXX.

Décalogue

Le terme signifie les "dix paroles". Il est plus connu sous le terme "les dix commandements". Ce texte que l'on trouve en Exode 20 et Deutéronome 5, est composé d'un prologue (qui rappelle : "c'est moi le Seigneur, ton Dieu qui t'ai fait sortir d'Egypte"), puis d'une première partie concernant la relation à Dieu, et une deuxième partie concernant les relation à l'autre. Il est important de ne pas séparer le prologue des commandements qui suivent. La loi est reçue par Israël comme une aide et une nécessité pour pouvoir vivre et conserver la liberté que Dieu leur a accordée. Exode 20 inaugure les lois d'Israël et joue le rôle de résumé et de table des matières pour toutes les lois qui vont suivre. Il convient de lire tous les codes législatifs à la lumière du Décalogue.

Tétragramme

C'est par les quatre consonnes appelées "tétragramme" (quatre lettres) YHWH que le Dieu d'Israël est désigné (on trouve aussi YHVH ou IHVH selon les auteurs). Aux quatre consonnes on a ajouté les voyelles du mot hébreu adonaï (mon Maître, mon Seigneur). Le tétragramme ne se prononce pas. Quand on lit le texte hébreu, on prononce "adonaï" d'après les voyelles ajoutées.

Apocryphes

Mot qui signifie " caché " et s'applique à certains livres de l'Ancien et du Nouveau Testament. Concernant l'Ancien Testament, la Réforme a considéré tout livre qui ne figure pas dans la Bible hébraïque comme " apocryphe ". Quant au Nouveau Testament, " apocryphe " est employé par les Eglises chrétiennes pour désigner des livres datant des premiers siècles de l'Eglise et qui n'ont pas été retenus dans le canon biblique.

Noms de Dieu dans la Bible

El est le nom de la divinité au Moyen-Orient et a donné aussi Allah. "El" signifie Dieu. On retrouve cette dénomination dans El Shaddaï traduit par "le Seigneur puissant". Mais le nom le plus utilisé est YHWH, le nom personnel du Dieu d'Israël. On ne sait pas comment ce nom -composé des quatre consonnes Y H W H - était prononcé. En effet, à partir d'un certain moment, les Juifs ne l'ont plus prononcé. Quand il apparaît dans les textes, il est alors remplacé à la lecture par adonaï, mot qui veut dire "seigneur" c'est-à-dire maître, propriétaire ou même Monsieur.
L'emploi d'une écriture en majuscules différencie dans la traduction le SEIGNEUR (YHWH) des seigneurs humains et aussi de l'emploi du mot seigneur dans l'expression "le Seigneur Dieu (adonaï Elohim)".

Qumran

Le site de Qumran au bord nord-ouest de la Mer Morte, était le lieu de séjour d’une importante communauté essénienne. Cette communauté vivait en marge du judaïsme, son but étant un retour à la sainteté et la pureté premières des relations entre Dieu et son peuple. Pour cela, les adeptes vivaient à part, en communauté fermée, et suivaient des règles de vie très strictes. Dans les grottes autour, on a retrouvé des textes propres à la communauté mais aussi des manuscrits de pratiquement tous les livres de l'Ancien Testament et de quelques fragments du Nouveau Testament.

Passion

Du verbe latin "patior" souffrir. La passion de Jésus recouvre le temps de ses souffrances : son arrestation, son jugement, sa condamnation, sa crucifixion et son ensevelissement. Matthieu, Marc, Luc et Jean insistent tous sur ce temps de souffrances, chacun à sa manière. Le lecteur attentif découvre des différences dues à l'auteur et à sa compréhension de cet événement. Dans les Actes, l'auteur Luc insiste sur la passion et la résurrection. Pour Paul, la passion est un immense signe d'amour de Dieu en Jésus Christ pour l'humanité. Si la passion n'était pas suivie de la résurrection de Jésus Christ, elle serait signe d'un lamentable échec ; les évangélistes insistent sur la passion parce qu'elle est suivie de la résurrection du Christ. Il a vaincu la mort.

Exil

Il s'agit de l'époque de la déportation du peuple d'Israël à Babylone. Une première grande déportation a lieu en 722 av. JC, après la prise de Samarie par les Assyriens. C'est la fin du Royaume d'Israël ou Royaume du Nord (dont Samarie était la capitale). A l'Empire assyrien succéda l'Empire babylonien avec le roi Nabuchodonosor qui envahit Jérusalem (capitale du royaume de Juda) en 597 av. JC. Il déporte le roi Yoyakïn ainsi qu'une grande partie de la population, essentiellement la classe dirigeante et l'élite intellectuelle. Le successeur de Yoyakïn, Sédécias se révolte contre Nabuchodonosor et en 588, Nabuchodonosor prend Jérusalem, détruit le Temple et déporte la population à Babylone. Il a fallu attendre l'édit de Cyrus, roi de Perse en 538 pour que les Juifs soient autorisés à rentrer dans leur pays.
Théologiquement, l'exil a été vécu par les prophètes comme le jugement de Dieu sur le peuple élu. Les prophètes annonçaient aussi un retour à Jérusalem et la reconstruction du Temple. L'exil est une période importante notamment pour la rédaction des textes bibliques. Beaucoup des textes de l'Ancien Testament ont été écrits après le retour de l'exil.

Bèze, Théodore de (1519-1605)

Né à Vézelay en 1519, il reçoit une formation humaniste, notamment de Melchior Wolmar qui avait déjà initié Calvin aux idées de la Réforme. Doué pour les lettres, il écrit des poèmes, une tragédie biblique Abraham sacrifiant, traduit les Psaumes en français. Il réalise une édition du Nouveau Testament avec commentaires et annotations qui fut rééditée plus de cent cinquante fois. Condamné en 1548 par le Parlement de Paris, il va à Genève puis s'installe à Lausanne. Il rejoint Calvin à Genève en 1558 et en devient un proche disciple. En 1559, il est le premier Recteur de l'Académie. Ses qualités de théologien, de débatteur et de diplomate vont l'amener à intervenir pour conduire des négociations. Ainsi, entre 1557 et 1558, il va trois fois en Allemagne pour un rapprochement avec les luthériens. Il conduit aussi la délégation réformée au Colloque de Poissy en 1561. Après la mort de Calvin, il poursuit son oeuvre à Genève et maintient l'influence de l'Eglise de Genève en France. Il veille à l'unité des réformés français contre les tentatives de repli et préside plusieurs synodes dont celui de la Rochelle (1571). Cette assemblée établit le texte définitif de la Confession de Foi dite de la Rochelle. Elaborée par le Synode clandestin de Paris en 1559, elle est inspirée dans une large mesure par Calvin. Théodore de Bèze meurt à Genève en 1605. Il est considéré comme une figure et un défenseur de la théologie réformée.

Origène (vers 185-253 ou 254)

Origène est un Père de l'Eglise du 3e siècle dont l'œuvre théologique et exégétique est très importante. Il naît à Alexandrie vers 185. Son père meurt martyr en 202. Il n'a que 18 ans quand Démétrios, l'évêque d'Alexandrie, lui confie la direction de l'école de catéchèse dans cette ville. Il y enseignera et rédigera ses traités et ses commentaires bibliques jusqu'en 232 environ. A cette date, un conflit avec l'évêque Démétrios l'oblige à quitter Alexandrie pour Césarée où il avait été ordonné prêtre et où il continuera son œuvre. Son but était l'enseignement de " la vérité de la foi " à partir des Ecritures et la réfutation des courants jugés hérétiques. Il a eu de son vivant une très forte influence sur la constitution de la théologie chrétienne et il a posé les règles de l'exégèse. Emprisonné et torturé pendant la persécution de l'empereur Dèce, il meurt vers 253 des suites des sévices subis. Après sa mort, son œuvre sera traduite en latin et commentée par ses disciples. Elle reste très vivante jusqu'au 6e siècle, suscitant des confrontations avec la doctrine de la Trinité définie par le concile de Nicée. L'empereur d'Orient Justinien condamne Origène et sa doctrine en 543. Du fait de cette condamnation, une grande partie de l'œuvre en grec d'Origène s'est perdue

Arche de l'Alliance

L'Arche de l'Alliance semble un objet de culte depuis la traversée du désert après la libération de l'Egypte . Les descriptions de cette " arche " datent du temps de l'Exil* et s'appuient sur des souvenirs ce qui rend difficile voire impossible une reconstruction. Par ailleurs, on mentionne plus que l'extérieur le contenu de cette arche : les tables de la loi. L'arche signifie la présence de Dieu au milieu de son peuple

Pères

On dit plus couramment " Pères de l'Eglise ". On désigne ainsi les théologiens des premiers siècles jusqu'aux 7e/8e siècles. En patristique (recherche sur les textes des Pères de l'Eglise), on appelle " Pères Apostoliques " ceux qui succèdent directement aux apôtres. Pour les suivants, on distingue entre " Pères latins " et " Pères grecs " selon la langue dans laquelle ils rédigeaient leurs écrits

Evangiles synoptiques

Synoptique vient d'un terme grec qui signifie « voir ensemble » (syn=ensemble et opsis=le regard/la vue). Les trois évangiles selon Matthieu, Marc et Luc sont appelés synoptiques car ils présentent suffisamment de ressemblances pour qu'on puisse les "regarder ensemble". Ils sont composés de petites unités narratives bien individualisables, dont un grand nombre figure dans deux ou trois de ces évangiles. L'évangile selon Jean apparaît d'emblée comme différent dans son style et sa structure.

Dans la recherche biblique, on parle de "synopse" quand on place des récits qui se ressemblent sur plusieurs colonnes pour les comparer.

Justin

Philosophe né en Palestine et mort en martyr à Rome vers 163-167. Il est connu pour ses deux apologies : Apologie pour les chrétiens dans laquelle il présente les grandes lignes du christianisme de son époque ; Dialogue avec Tryphon, dans lequel il veut démontrer la caducité du judaïsme et tente de persuader les juifs d’accepter la vérité du christianisme.

Goudimel, Claude (vers 1520 – 1572)

Compositeur français qui a composé des messes, des motets, des chansons. Il a également harmonisé les traductions des psaumes faites par Clément Marot et Théodore de Bèze.

Guittith

La signification de ce mot est incertaine. Il pourrait s’agir d’un instrument de musique de la ville de Gath. Il pourrait s’agir aussi d’un chant originaire de cette ville, d’un chant de vendanges, voire même d’une marche militaire.

Marot, Clément (1496-1544)

Clément Marot naît à Cahors en 1496. Il entre au service de Marguerite d’Angoulême, sœur de François Ier et future reine de Navarre. Puis il succède à son père auprès du roi François Ier et sera poète attitré de la cour.

Il fréquente les milieux humanistes et les cercles évangéliques. Ses sympathies pour la Réforme et sa grande liberté d’esprit lui attirent des ennuis. Si bien qu'à plusieurs reprises il s'exile (en Navarre, en Italie, à Genève), et même un moment abjure la religion réformée.L’œuvre de Marot est entièrement en vers. Il s’agit surtout de poésies profanes, notamment les Opuscules , les Élégies, les Épîtres (au roi, et à des grands personnages), les Épigrammes, les Complaintes de l’adolescence.Il met en vers différents textes bibliques, et en particulier les psaumes dont la beauté poétique l'a séduit. En 1539, il offre au roi François Ier le manuscrit des trente premiers psaumes. Des musiciens les mettent en musique sur des mélodies connues et des airs profanes. Le succès est considérable à la cour et dans toute la France. En 1542, réfugié à Genève auprès de Calvin et encouragé par lui, Marot reprend son travail sur les psaumes. À sa mort à Turin en 1544, il en aura versifié 49.

Cranach l’Ancien (1472-1553)

 

Le peintre et graveur Lucas Cranach (dit Cranach l’Ancien) se rend rapidement célèbre par des tableaux religieux. En 1502, appelé par le prince électeur Frédéric II le Sage, il s'établit à Wittenberg et est peintre officiel de la cour de Saxe depuis 1505 jusqu’à sa mort. il a réalisé, entre autres, le portrait de Frédéric le Sage et celui de Charles Quint, ainsi que plusieurs portraits de Martin Luther.Dès l’affichage des 95 thèses à Wittenberg (1517), Cranach s’engage du côté de Luther. L’amitié entre les deux hommes est immédiate et ne se démentira jamais. Cranach soutient l’œuvre réformatrice de Luther en développant une iconographie qui vise à illustrer les principaux arguments théologiques de la Réforme. Ce sont toutes les gravures illustrant des scènes bibliques et célébrant le Sola scriptura. Ce sont aussi des retables.Remarque: Sur le site http://museeprotestant.org vous pouvez trouver plus d’informations sur Cranach et de façon générale sur les personnages qui se rattachent au protestantisme.

Psalmodier

Du grec psalmos : psaume et odê : chant. C’est le fait de réciter ou de chanter un psaume sans inflexion de voix, avec des repos marqués.

Suscription

Dans le cadre d’un psaume, il s’agit du premier verset qui indique le plus souvent :

  1. la personne qui va psalmodier ou chanter le psaume (ex : le chef de chœur)
  2. l’instrument de musique à employer (ex : sur la Guittith [psaume 8] / sur la lyre à huit cordes [psaume 12]) ou la mélodie utilisée (ex : sur « Meurs pour le fils » [psaume 9] / sur « Biche de l’aurore » [psaume 22])
  3. l’auteur présumé par la tradition (ex : Psaume de David / De David).

Eusèbe de Césarée (vers 265 – 340)

Père de l’Eglise, il est évêque de la ville de Césarée en Palestine. Il participe aux controverses contre l’arianisme qui est la doctrine élaborée par Arius et qui nie la divinité de Jésus. L’arianisme est condamné par le concile de Nicée en 325.

Il est l’auteur d’une Histoire ecclésiastique dans laquelle il retrace l’histoire de l’Eglise des origines à Constantin.