Formation biblique et théologique

Apocalypse, mode d’emploi - Espace temps

Contexte historique

L’Apocalypse est un livre de résistance écrit dans un contexte de persécutions. Dès les années 60, Néron puis Caligula persécutent les chrétiens. Les années 70-73 voient l’écrasement de la révolte juive par les romains. L’interprétation différente de la destruction du Temple de Jérusalem en 70 aboutit à la rupture quasi complète entre juifs et chrétiens au tournant des années 90. Domitien qui règne de 81 à 96 continue d’imposer le culte de l’Empereur. L’Apocalypse aurait été rédigé dans les années 90-95 selon le seul témoignage d’Irénée de Lyon Irénée est originaire d'Asie Mineure. Il rapporte qu'encore jeune il a entendu le vieux Polycarpe, évêque de Smyrne, ce qui, en conséquence, situe sa naissance entre 130 et 140.* (130-202) qui date le livre au temps de Domitien.

Le refus du culte de l’empereur a été identifié comme la cause première des persécutions contre les communautés chrétiennes. Depuis Auguste (27 avant à 14 après J-C), c’est dans l’Asie Mineure que ce culte a eu le plus de succès. Son omniprésence occupe l’espace (temples) et le temps (fêtes). Les persécutions sous Caligula et Néron ont été sanglantes. Sous Domitien -qui se faisait appeler « Notre Seigneur et notre dieu »- on ne trouve aucune décision officielle de persécutions systématiques mais l’existence de mesures de coercitions, locales et limitées dans le temps. Celles-ci étaient par contre redoutables (emprisonnement, déportation, exécution capitale).

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Les destinataires

Jean s’adresse à 7 Églises d’Asie mineures identifiées en Ap 1,1-11. Comme symbole de totalité, le chiffre 7 conduit à élargir la compréhension du texte à l’Église universelle.
La foi des communautés d’Asie mineures, petites et minoritaires, les amène à se démarquer de la société païenne – particulièrement par le refus du culte de l’empereur – et d’en subir les conséquences. S’y rassemblent des personnes d’origine juive et grecque, ayant une bonne connaissance de la Bible hébraïque, principalement dans sa version grecque, la Septante Traduction grecque de la Bible hébraïque faite au 3e siècle av. JC.*. Le quotidien les confronte aux conséquences sociales de leur résistance. À travers les lettres aux Églises (Ap 2 et 3), on note que l’auteur a une bonne connaissance de leur situation concrète, ce qui indique qu’il en est sûrement issu.

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Canon biblique au 1er siècle

L’expression « canon biblique » désigne communément la liste des livres de la Bible. Pour les Églises chrétiennes, le canon du NT Le Nouveau Testament (NT) est l'ensemble des écrits relatifs à la vie de Jésus et à l'enseignement de ses premiers disciples, écrits reconnus comme « canoniques » par les autorités chrétiennes au terme d'un processus de plusieurs siècles. Ils sont dès l’origine rédigés en grec ancien.* n’a été officiellement fixé qu’au IVᵉ siècle.

Pour les chrétiens de la fin du 1er siècle, l’autorité des écritures reposait d’une part sur la BH La Bible Hébraïque (abréviation : BH), appelée Ancien Testament ou 1er Testament dans la culture chrétienne. Au 21è siècle, l’usage des termes Bible Hébraïque ou 1er Testament, est préféré au terme Ancien Testament pour ne pas déprécier les écrits religieux juifs.*, et d’autre part sur quelques textes contenant l’enseignement de Jésus, et le témoignage des apôtres. L’enseignement du Christ et la prédication des apôtres furent d’abord conservées oralement avant d’être fixés par écrit.

Un recueil d’épîtres de Paul circule dans la 2ᵉ moitié du 1er siècle sans atteindre l’autorité de la BH La Bible Hébraïque (abréviation : BH), appelée Ancien Testament ou 1er Testament dans la culture chrétienne. Au 21è siècle, l’usage des termes Bible Hébraïque ou 1er Testament, est préféré au terme Ancien Testament pour ne pas déprécier les écrits religieux juifs.*. À partir de 150 environ on lit les quatre évangiles lors des assemblées dominicales en leur attribuant la même autorité que celle de la BH La Bible Hébraïque (abréviation : BH), appelée Ancien Testament ou 1er Testament dans la culture chrétienne. Au 21è siècle, l’usage des termes Bible Hébraïque ou 1er Testament, est préféré au terme Ancien Testament pour ne pas déprécier les écrits religieux juifs.*. Un canon du NT Le Nouveau Testament (NT) est l'ensemble des écrits relatifs à la vie de Jésus et à l'enseignement de ses premiers disciples, écrits reconnus comme « canoniques » par les autorités chrétiennes au terme d'un processus de plusieurs siècles. Ils sont dès l’origine rédigés en grec ancien.* se dessine comme un état de fait. La liste des livres s’établira progressivement. Au seuil du II° siècle, les quatre évangiles s’imposent. S’y ajoute treize épîtres de Paul, les Actes des Apôtres, la 1ʳ épître de Pierre, la 1ʳ épître de Jean. L’épître aux Hébreux, la 2ᵉ de Pierre, celle de Jacques et celle de Jude, les 2ᵉ et 3ᵉ de Jean vinrent plus tard pendant que d’autres livres sont écartés (« le Pasteur » d’Hermas, la Didachè, 1ʳ épître de Clément, l’épître de Barnabé, l’Apocalypse de Pierre). L’Apocalypse de Jean fut rejetée pendant longtemps en Orient. Enfin, le « canon officiel » est arrêté au concile de Rome en 382.

Il faut noter que les siècles suivants connurent des remises en questions aboutissant à des différences de contenu, par exemple au 16ᵉ siècle entre l’Église catholique romaine et les Églises issues de la Réforme protestantes.

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Patmos

Île grecque de l’archipel du Dodécanèse en mer Égée. Les Romains l’utilisèrent comme lieu de déportation. Jean y aurait vécu dans une grotte transformée en chapelle. En 1088, le monastère de Saint-Jean-le-Théologien fut érigé à l’emplacement du temple d’Artémis.

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